Chapitre 4


Précédemment

Il hocha la tête en signe d'approuvement et Jack claqua ses mains sur ses cuisses avant de se relever de sa chaise. Il atteignait juste la porte quand la voix du Général l'arrêta.

- Et Jack ?

Le Colonel se retourna à moitié pour lui faire face.

- Oui Monsieur ?

- Faites attention fiston.

Jack se redressas. Il n'y avait pas d'erreur possible dans le regard qu'avait son supérieur. Ce regard qui pensait à la stricte loi de non fraternisation entre militaires. Cependant, il y avait aussi le ton presque sympathique avec lequel il lui avait parlé. Celui qui lui disait qu'il se faisait surtout du soucis pour ses amis.

Il hocha la tête doucement et Jack ouvrit la porte du bureau.

- Oui Monsieur.

Alors que le colonel traversait la salle de Briefing puis descendait les escaliers, Hammond soupira bruyamment. Il avait soudain cette sensation horrible que les choses étaient sur le point de se compliquer.

Sam ne s'attarda pas autour du miroir lorsque le Colonel l'a dépassa. Elle décida également de ne pas suivre ses coéquipiers à l'infirmerie, mais si elle savait qu'elle aurait dû. La scientifique qui était en elle avait tellement de questions, de théories à explorer... Mais elle n'arrivait à en exprimer aucune.

Elle eu un bref aperçu de son supérieur hiérarchique avant que les portes de l'ascenseur ne glisse sur lui et elle relâcha sa respiration lorsqu'elle réalisa qu'elle n'avait plus à partager ce petit espace avec lui. Après une brève attente dans l'ascenseur, Sam se retrouva très vite au 25ème, debout devant son casier, fixant intensément la photo dans sa main.

Elle n'était pas sûr de savoir si des heures ou des minutes avaient passées quand elle prit enfin sa décision. Retournant la photo, elle claqua la porte de son casier et tourna des talons. Quelques minutes plus tard Sam se retrouvait devant le bureau du Général Hammond la main levée pour toquer sur la porte avant de pouvoir l'arrêter.

Alors qu'elle se tenait devant le bureau d'une taille démesurée, déblatérant une foulée de mots qui n'avaient peut-être aucun sens, Sam essaya d'ignorer le regard inquiet du Général et continua de parler. Au final, elle ne savait pas vraiment ce qu'elle avait dit mais elle supposa que ça avait eu un peu de sens. Soit ça, soit il s'était simplement senti désolé pour elle parce qu'après luis avoir gentiment dit qu'il n'était pas nécessaire qu'elle assiste au debriefing, il lui avait donné le reste de la journée.

Il ne lui fallu que 15 minutes pour changer de vêtement, dé-badger et rentrer chez elle.

Sam ferma sa porte d'entrée et s'appuya contre elle. En fermant les yeux, elle essaya de repasser les évènements de ces derniers jours dans sa tête, spécialement ceux de ces dernières heures. Mais elle ne savait pas par où commencer. Soupirant, elle jeta ses clé sur la petite table haute. Passant le hall d'entrée, la cuisine et la petite lueur rouge de son répondeur, Sam ôta sa veste et monta pour se rendre dans la salle de bain.

Elle plaça ses mains au bord du lavabo et se pencha vers le miroir, étudiant son reflet. Elle semblait fatiguée et plus pale que ce qu'elle aurait pensée. Si elle regardait d'un peu plus près, elle pouvoir voir une série de petites rides autour de ses yeux.

Elle se redressa pour essayer de mettre un peu de distance entre elle et l'image qui la reflétait. Se retournant, elle se figea quand un bout de papier tomba de sa poche. Elle s'agenouilla pour le récupérer et le fixa avec nostalgie. Elle pouvait sentir ses yeux s'embuer de larmes mais elle refuser de pleurer.

Elle ne savait même pas pourquoi elle avait envie de pleurer. Elle se sentait soudainement frustrée, elle le reposa et frappa le bord de la baignoire avec plus de force qu'il n'était vraiment nécessaire puis elle essaya de se relaxer en regardant la baignoire se remplir d'eau.

Coulant sous les bulles, Sam tendit le bras et attrapa la photo qui reposait sur le bord de la baignoire. Elle l'étudia de près, la tenant à longue distance, la retourna dans tous les sens et se retrouva même à passer délicatement son doigt sur les personnes de l'image.

Elle secoua la tête un peu perdue, elle ne savait même pas ce qu'elle cherchait. Si elle cherchait quelque chose. Tout ce qu'elle pouvait voir et penser était le moment où elle était entrée en possession de cette photo.

Sam fronça des sourcils en entendant le doux bruit de quelqu'un s'éclaircissant la gorge derrière elle. Se retournant doucement, ses yeux s'élargirent en voyant le Docteur Carter se tenir dans l'entrée.

- Je tombe mal ? Demanda-t-elle nerveusement avant d'entrer un peu plus dans le labo du Majors Carter.

Sam regarda par dessus son épaule.

- Non, je voulais juste vérifier quelque chose avant de vous envoyer tous à travers le miroir, dit-elle en faisant une pause avant de continuer. Vous ne devriez pas être en train de vous préparer ? Demanda-t-elle en remarquant l'absence d'armes ou de quoique ce soit d'autre qui puisse la protéger des Goa'Uld.

- Oh, je suis prête, dit-elle avec un haussement d'épaules qui rappelait le Colonel. Je, euh... Je voulais vous parler de quelque chose.

- Ok, répondit-elle doucement en se redressant pour ne pas avoir l'air mal à l'aise.

Sam regarda l'autre Sam jeter un coup d'oeil dans le labo. Même s'il y avait de majeures différences entre elles deux, elle savait exactement comment son double devait se sentir en ce moment. Elle était nerveuse, mais aussi inquiète – comme si elle débattait pour savoir si oui ou non elle devrait dire ce qu'elle avait en tête. Cependant, ce qui était la tête du Docteur Carter n'était pas dans celle de Sam et elle ne pu cacher sa confusion quand elle brisa enfin le silence.

La scientifique approcha d'un pas.

- Je veux que vous gardiez ça, dit-elle simplement en lui tendant un bout de papier. C'était face contre terre donc Sam ne pouvait pas voir de quoi il s'agissait. Elle fronça doucement des sourcils et rencontra les yeux de son double pour y chercher des réponses. Tout ce qui s'y trouvait était un petit sourire.

Elle fronça d'autant plus les sourcils quand le Docteur Carter ajouta :

- Ce n'est pas parce que c'est une autre réalité que c'est moins vrai.

Sur ce, elle plaça l'objet dans la main de Sam.

Elle jeta un coup d'oeil et le Major allait lui demander de quoi il s'agissait quand elle réalisa qu'elle était à nouveau seule dans son , elle baissa son regard et retourna le papier. Elle se figea en voyant l'image qui la fixait maintenant. C'était une photo d'elle et du Colonel O'Neill dans une étreinte amoureuse à ce qui semblait être un mariage.

Sam aspira une longue respiration et tendis le bras pour se pencher contre le plan de travail alors que la pièce commençait à tourner. Elle n'avait pas eu beaucoup de temps pour penser aux implications de ce que son double venait de suggérer et de ce qui se passerait si quiconque à la base voyait cette photo car Daniel apparu dans l'encadrement.

- On est prêt à y aller Sam.

Sa tête se releva brusquement et elle essaya de se concentrer sur son ami. Elle s'éclaircit la gorge et se força à sourire.

- Merci Daniel. J'arrive.

Elle attendit qu'il ait disparu avant d'oser à nouveau regarder la photo une dernière fois avant de la glisser dans la poche de son uniforme.

Sam n'était pas sur de savoir combien de temps elle était resté dans la baignoire avant que l'eau désormais glaciale de la ramène à la réalité. Elle se força à s'assoir, commença à vider la baignoire et attrapa une serviette.

Alors qu'elle se séchait et s'habillait elle ne comprenait toujours pas ce qui s'était passé depuis que son double et Kawalsky étaient passés à travers le miroir, elle ne comprenait vraiment pas le commentaire de son double.

Ce n'est pas parce que c'est une autre réalité que c'est moins vrai.

Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire de toute façon ? Murmura Sam dans sa chambre vide. Elle n'était pas aveugle. Elle savait que le Colonel était un homme attirant – elle l'avait su dès leur première rencontre. Elle avait apprécié son humour sombre et tordu, sa loyauté et son leadership. Mais elle n'était pas stupide non plus. Tout ce qui pourrait être qualifié de « romantique » entre eux les entrainerait tous les deux en cours martiale.

Sam fronça des sourcils à cette pensée. Quand avait-elle commencé à penser au Colonel et à la romance dans une même phrase ?

Secouant la tête pour se l'éclaircir, elle repensa aux moment où ils avaient été fait prisonnier par Hathor quelques mois plus tôt. Si elle fermait ses yeux et y pensait suffisamment fort, elle pouvait presque sentir les bras du Colonel autour d'elle quand il l'avait prise dans ses bras après avoir découverts qu'elle était toujours vivante. Et elle pouvait presque encore sentir l'odeur unique de quand il l'avait attiré à lui et doucement placé sa main sur son visage quand ils avaient croisés les gardes Jaffas.

Elle déglutit péniblement à ces souvenirs et se senti rougir. Elle pensait que le Colonel avait commencé à agir différemment depuis qu'ils étaient revenus de cette mission. Ce n'était pas une grosse différence, juste des petites choses. Comme se pointer à son labo plus souvent dans la semaine, ou quand il la fixait dans les yeux quelques secondes de plus.

Elle n'y avait jusqu'alors pas prêté beaucoup d'attention, mais maintenant qu'elle était assise sur le bord de son lit avec la photo à ses côtés, Sam réalisa qu'il y avait eu un tournant dans sa relation avec son supérieur hiérarchique.

Son baiser avec le Docteur Carter l'avait prouvé non ? Et si ce n'était que pour réconforter la femme, pourquoi ne l'avait-il pas simplement enlacé ?

Sam roula des yeux au ridicule de ses arguments. Si ce n'était pas tant déboussolant elle pourrait en rire. Mais quand elle se demanda se qu'elle aurait fait à la place du Colonel... Elle ne savait vraiment pas.

Elle ne pouvait pas tout à fait s'imaginer poser ses lèvres contre les siennes, aussi tentant que ça soit.

Cependant, avant qu'elle ne puisse s'attarder sur cette pensée, un brusque coup fut frappé à sa porte d'entrée et Sam senti son estomac devenir de plomb.

Ça ne pouvait être qu'une seule personne.