Elle s'avance vers le premier aquarium, y plonge sa main et en ressort un morceau de papier contenant le nom du tribut féminin. La foule retient son souffle, et le couperet tombe :

- Rose Laurens ! Annonçe Effie.

Il me faut 10 bonnes secondes pour réaliser que c'est mon nom que l'hôtesse vient d'énoncer. Moi ! Je n'arrive pas à y croire. Ma dernière moisson. La panique monta si vite que j'entendis à peine Effie demander s'il y a des volontaires. Non. Aucune fille ne s'avance pour prendre ma place. A ma grande surprise. Je m'avance alors d'un pas lourd et lent vers la scène, où Effie m'attends, un immense sourire aux lèvres. Ne pas pleurer. Voilà l'ordre que je me donne alors que je monte les marches.

Arrivée aux côtés d'Effie, je tourne directement le regard en direction de Taylor. Il a les yeux brillants de larmes, ce qui ne m'aide pas vraiment à retenir les miennes. Sans plus attendre, l'hôtesse se dirige vers le second aquarium, pour y tirer au sort le nom du tribut masculin qui m'accompagnera dans l'arène.

- Taylor Lynch ! Entonna Effie.

Non ! Ce n'est pas possible ! Pas lui ! Mon angoisse et ma tristesse remontèrent d'un coup. Une fois de plus, personne ne se porte volontaire pour lui, à mon plus grand regret. C'est à travers un rideau de larmes que je vois mon meilleur ami s'avancer vers la scène d'un pas sûr. A peine arrivé, je sens sa main se glisser dans la mienne, comme pour me dire « Je suis là, ne t'en fais pas ».

Ce geste n'échappe évidemment pas à Effie, qui s'empresse de déclarer au micro qu'une flagrante complicité uni les deux tributs du District 4 cette année.

Taylor ne lâche pas ma main pour autant, surement pour essayer de me rassurer, me faire croire que tout ira bien. Mais tout n'ira pas bien. Durant ces jeux nous serons séparés. Dans quelques semaines, le duo Rose/Taylor n'existera plus. Je ne suis pas dupe, ce qu'il s'est produit lors des 74èmes Hunger Games pour Katniss Everdeen et Peeta Mellark ne se reproduira pas. Quel que soit le degré de complicité unissant les tributs, les juges n'en feront gagner qu'un seul sur les 22 en lice.

Vint à présent le traditionnel moment de la présentation du mentor. Depuis de nombreuses années, il s'agit d'Annie Cresta, dernière vainqueur en date du District 4.

- Accueillons à présent le mentor de nos deux jeunes chanceux aujourd'hui, Annie Cresta ! Rejoignez nous ma chère Annie, Invita Effie.

C'est sans le moindre sourire ni applaudissement de notre part à Taylor et à moi, qu'une jeune femme brune très élégante monta sur scène. Elle salua Effie, serra la main de Taylor et me pris dans ses bras, d'une étreinte que je senti amicale. Effie entonna alors le discours de fin de cérémonie, puis Taylor et moi furent escortés à l'intérieur de l'hôtel de justice. C'était déjà le moment de se quitter. Taylor me pris dans ses bras et me chuchota à l'oreille :

- Soit forte Rose. Ne pleure pas.

Je n'eu pas la force de lui répondre, les larmes me barrant la gorge. Il m'embrassa sur le front, puis on m'entraina dans un petit salon privé où mes proches viendront me dire au revoir d'un instant à l'autre. Au revoir ? Non. Dans mon cas je devrai dire « adieu ». Soyons réaliste, je ne suis pas préparée, je n'ai donc aucune chance de sortir vivante de ces jeux. De plus Taylor ne sera sûrement pas toujours à mes côtés. Je pense que lui, contrairement à moi, à des chances de s'en sortir. Mais il y aura forcément un moment où nous serons séparés. C'est à ce moment là que je finirai, j'en suis convaincue.

C'est à ce moment là de ma réflexion que mes parents entrèrent dans la pièce, les yeux embués de larmes. Ma mère me serra dans ses bras la première en murmurant entre deux sanglots « ma petite fille. Ma toute petite fille ». Au bout de 2 minutes elle fût contrainte de me lâcher, afin que mon père puisse s'approcher à son tour. Il m'enlaça lui aussi, mais plus brièvement, puis s'écarta pour me laisser ses dernières recommandations :

- Soit forte ma fille, ne te laisse pas impressionner. Et fais confiance à Taylor, il est ta plus grande chance.

Ma mère prit la parole à son tour, mais plus lentement, ayant du mal à retenir ses larmes.

- Ton père… Ton père à raison ma chérie. Ait confiance en lui. Mais je t'en pris, essaye de revenir !

Les pacificateurs ouvrirent la porte à la volée, priant mes parents de sortir. J'eu juste le temps de leur crier « Je me battrai ! Je vous aime ! » Avant que la porte ne se referme. Je rectifiai silencieusement, pour moi-même : « J'essayerai de me battre. Adieu ».