Il existe différentes manières d'aborder l'amour. Ce qui différencie couple et amitié, passe pour certains par des « je t'aime ». Pour d'autres, plus physique, par des nuits endiablées. Finalement, il y a ceux pour qui les nuits étaient toujours ardentes. Pour cette dernière catégorie, seule l'exclusivité permet le nom de couple.
Le Patron et le geek faisait parti de cette dernière, et ils en avaient conscience. C'est d'ailleurs pourquoi l'un comme l'autre craignait l'infidélité de son partenaire. Pour l'un, cette crainte passait par des larmes. Pour l'autre, par une indifférence montée de toute pièce, cachant peine et colère.
Aussi, quand le Patron rentrait le soir, qu'il entendait dans sa chambre le geek pleurnicher au lieu de jouer, puis passer au rire tout aussi tôt, il se contentait de boire, fumer, et s'endormir sur le canapé.
Ce n'était que le début ça.
Quelques semaines plus tard, il voyait ses toilettes devenir dégueulasses. Les bords se tapissaient de toutes sortes d'aliments à moitié digérés. Il s'en échappait une odeur d'enzymes, piquante.
Alors qu'il se réveillait un matin, se dirigeant vers sa salle de bain, il tomba sur son amant, à genoux au sol devant le toilette. Le gamin se mettait à vomir. Les doutes se développaient tout doucement. Ils s'approchaient bien vite d'une conviction.
Le Patron se souvenait avec méticulosité de ses moments avec son amant. Les premiers temps, il n'était que son jeu. Le geek, encore plus fragile qu'un bébé, le craignait. Il sanglotait beaucoup à l'époque. Il jouait en même temps, pour oublier ses craintes.
Puis, il y eut la période où il commença à lire de la tendresse dans les yeux saphirs pures. Il tenta de s'éloigner de lui à ce moment. Maladroitement, le geek le forçait toujours à revenir vers lui. Il oubliait ses peluches partout, lui préparait des en-cas, s'endormait dans la cuisine pour qu'il le porte jusqu'au canapé, allait même jusqu'à l'attendre dans sa chambre, entièrement nu.
Son affection pour lui débutait vers cette époque. L'attention particulière que lui portait le geek le flattait. Ses sentiments naquirent aussi de sa candeur. Une ingénuité qui devenait presque insolente, un amour pur et fluide. Il l'admirait pour ça. Il l'admirait d'être ce qu'il ne pouvait être. De représenter tout ce qu'il n'avait jamais connu. La soif de l'inconnu se transformant en tendresse.
Cependant, ces sentiments qu'ils supposaient faibles et destructeurs l'effrayaient. Alors, il couchait avec d'autres personnes, s'en vantait devant le Geek. Ce dernier, en souffrait. Il le voyait. Il pleurait, il vomissait, il se rendait malade. Il le rendait malade.
Alors, touché par ses actes, il lui offrait son corps, et se livrait à la flamme qu'il combattait à la fois. Le geek souriait à nouveau.
Le voir donc ainsi aller mal le soulageait quelque part. Il ne s'exprimait pas dessus : il avait honte. Oui, il pensait sérieusement que le geek s'amourachait d'un autre. Il avait d'ailleurs quelques méfiances envers son créateur, avec qui le gamin passait beaucoup trop de temps. Mais au moins, il était rejeté et il souffrait. Cette pensée le réconfortait. Un peu. Quand elle ne lui donnait pas l'impression de se détester lui même.
Les semaines passaient. Quand ils couchaient ensemble – ce qui se faisait de plus en plus rare –, le Patron se montrait de plus en plus brutal. Il assouvissait sa vengeance et ses pulsions, mais l'intérêt du sexe ne volait pas plus haut. Cela faisait presque un an qu'il n'utilisait plus le geek juste comme un garage à bite. Lui même ne comprenait pas comment le petit pouvait rester à se faire traiter de salope, se faire cracher dessus sans lui demander un tant soi peu d'amour. Il ne l'aimait vraiment plus, c'était la seule option.
Mr Chacha, un matou qu'ils avaient adopté ensemble peu après leur emménagement, les fréquentaient plus qu'ils ne se voyaient. Pourtant, ce chat pouvait disparaître des jours entiers. Il sentait que quelque chose n'allait vraiment pas.
Jusqu'à ce que le Patron se décida à s'abstenir totalement. Parce que le gamin riait. Un visage heureux, délicieux, des sourires amoureux qu'il lui offrait. Amoureux, certes. Mais de lui ? La vigilance du Patron à son comble ne lui autorisait pas à se laisser berner. Le Geek devait s'être entiché d'un autre. Ce dernier avait fini par accepter son amour.
Peu importe combien de fois il y pensait, il comprenait que le Geek s'était trouvé quelqu'un d'autre. Il lui avait fait part de sa faiblesse, et ce qui devait arriver arriva. Quand à celui qui possédait désormais son cœur, le Patron ne pouvait que reconnaître son bon goût. Le gamin, depuis qu'ils vivaient ensemble, était toujours parfait. Sauf maintenant. Sa trahison, bien qu'il la rationalisait, le démolissait.
Il l'avait perdu sans être vraiment le Patron ? Il le retrouverait en l'étant. Personne ne touche à son Geek. Au delà d'être celui qu'il aimait, il devait être sa chose. A lui. Son repère fixe. A lui.
« Patron ? »
Le Geek lui souriait jovialement. Il lui répondit avec son ton habituel.
« Quoi gamin ?
- Je vais devoir sortir... Mais tu pourrais être là à mon retour ? Dans deux heures je pense. Il y a des choses dont nous devons parler. »
Il se moquait de lui. En plus. Ce petit salopard n'avait rien de l'être chaste qu'il eut aimé.
« Je crois aussi oui, siffla-t-il entre ses dents. »
Le geek lui porta un regard étonné, puis lui offrit un nouveau sourire épanoui.
« A tout à l'heure alors ! »
Il ouvrit la porte, mais avant de passer le pas, il tourna la tête vers le Patron.
« Cet appartement commence à me lasser, pas toi ? »
Puis, il disparut. Le lasser ? Il voulait quitter l'appartement ? Leur foyer conjugal ? Pour aller où ? Chez leur créateur sans doute ! Il se fichait de qui lui volait son amant. Il anéantirait cet homme. Ensuite, il détruirait le Geek, pour le faire entièrement sien à nouveau. Qu'il finisse comme l'esclave sexuel qu'il aurait dû rester. En cet instant précis, le Patron abhorrait son colocataire. Sa faiblesse l'avait contaminé.
Il enfila sa veste et le prit en filature, bien décidé à savoir dans les bras de quel connard il le retrouverait. Il marchait quelques mètres derrière lui. Le Geek ne le remarquerait pas: il ne prêtait attention à rien dans cette phase d'euphorie. A cause de lui.
Le Patron bouillonnait. Ses entrailles lui hurlaient de répandre le sang du geek sur le sol. De violer son corps morts. De le conserver, pour pouvoir recommencer chaque fois que son cul préféré lui manquerait.
Toute sa haine se tut à l'instant où le Geek entra dans un grand bâtiment gris. Devant, des personnes fumaient. A leur bras était attaché une perfusion pour certains. D'autres personnes en blouse les accompagnaient.
Qu'est-ce que le gamin foutait à l'hôpital ?
Les derniers événements prirent un tout autre sens dans le crâne du Patron. Il passa ses mains dans ses cheveux qu'il avait laissé pousser. Exprès. Pour ressembler à celui qu'il croyait être son rival. Pour peut-être plaire au Geek. Peut-être pas. Inconsciemment sans doute.
Pleure : incompréhension, peur. Vomissements : mal-être, refus. Rire : acceptation, optimisme. Pour s'être déjà tapé des infirmières, il connaissait ce refrain. Celui qui faisait danser ceux qui se savaient condamné à mort.
Le Geek rentrait de l'hôpital. Il avait profité du soir doux de décembre pour acheter quelques poireaux, et des agrumes. Maintenant, sa seule impatience était de pouvoir enfin dire la vérité au Patron. Sa plus grande peur résidait dans le timing. Le comportement plus qu'effrayant du Patron lui laissait sous-entendre que le miracle s'était produit trop tard.
« Je préférerai que tu ailles habiter avec Mathieu, entendit le Geek a peine fut-il dans le salon. »
Le Patron, un verre de whisky devant lui, jouait avec son arme entre ses doigts. Il connaissait cet expression sur le visage de son criminel.
« Qu'est-ce que tu as fait Patron?
- Je suis un homme affreux geek. »
La première fois qu'il avait entendu ça, le Patron lui avouait, dans des hurlements coupables, qu'il l'avait trompé. Alors que quelques mois avant, il lui jurait de ne plus lui briser le cœur avec d'autres amants. Le geek posa sa main sur son ventre qui commençait doucement à se bomber.
« C'est de ma faute, gémit le plus jeune.
- Quoi?! Non ! Ce n'est pas...
- Tu es allée voir une femme n'est-ce pas? Pour qu'elle tombe enceinte?! Pour avoir ce gosse que je ne peux pas t'offrir? Parce que j'ai moins de libido peut-être ? Combien de fois tu l'as baisé ?»
Le Patron se leva brusquement, son arme toujours à la main. Il la pointait au plafond, vers les meubles, vers lui-même. Dans son mouvement véhément, ses lunettes tombèrent sur le sol. Ses yeux s'emplissait de peine, derrière un voile d'alcool. Le spiritueux parcouraient pleinement son corps. Les larmes du geek montèrent. Si seulement il lui avait dit plus tôt.
« Ça n'a rien à voir geek ! Je m'en fous... J'ai été aveugle. Dans mon petit monde, dans mes désirs toujours égoïste, je t'ai oublié. Et tu sais le pire? J'ai douté de toi ! De ton amour pour moi, de toute cette tendresse que tu m'offres ! J'ai cru que tu m'avais trompé. J'étais prêt à tuer l'homme que tu aimes pour t'avoir, alors que la semaine avant, je te souhaitais de souffrir d'en aimer un autre ! J'ai besoin de te croire perdu pour t'aimer. Et c'est ce que je fais là ! Je veux mourir mon ange. Je veux mourir pour ne pas avoir à te voir malade, à te voir t'accrocher à moi, je ne veux pas te dire que tu battras la maladie alors que je sais que c'est fini. Vomissements, pleurs, vertiges... Je te croyais en mal d'amour alors que tu étais en mal tout court ! Et pour ne pas plus me blesser, tu m'as laissé dans l'ignorance, luttant seul. Sans moi... Qui aurait besoin d'un homme comme le Patron aussi? Un fou, un taré, une larve ! Tu n'es rien de tout ça. Toi, tu es la bonté même. Un ange je vous dis ! Putain de merde, pourquoi c'est pas moi qui suit à l'article de la mort, je le mérite cent fois plus !"
Les larmes du geek séchèrent d'elles même au fur et à mesure que la tirade avançait. Il s'avança vers le Patron, inquiet toujours encore de cette arme qui se pointait bien trop près de sa tête. Il lui avait pourtant demandé de ne plus la sortir. C'était la condition sinéquanone à leur emménagement ensemble. Et là, le flingue menaçait son possesseur. Il posa sa main sur la gueule du pistolet. Le Patron ne tirerait pas, il le savait. Pour une fois, son dos était bien droit : il faisait la même taille que son amant.
« Je ne veux pas que tu meurs. J'ai besoin de toi. »
Le pistolet s'écroula au sol. La sécurité toujours active empêcha un coup perdu. Le geek caressa la joue du Patron, le forçant avec délicatesse à relever ses yeux dans les siens. La brume spiritueuse s'était un peu dissipé, sans doute à cause du monologue. Il lui prit le poignet, et l'entraîna à poser sa main sur son ventre.
« On a besoin de toi. »
Le Patron fronça les sourcils. Son menton dériva sur la gauche, démontrant toute son incompréhension. Le geek lui sourit, non pas tendrement, mais avec un véritable air de troll.
« Je vais pas crever idiot. Je ne suis pas malade. »
Il s'amusa de le voir ainsi déphasé. L'expression d'un Patron médusé, ça valait tous les malentendus du monde. Même si celui-ci lui avait fait peur.
« Mais... L'hopital avant...
- Oui... C'est parce que tu vois... »
Le troll disparut aussi vite qu'il apparut du visage du geek. Il rougit fortement. D'un coup, le doute le prit. Qu'à cela ne tienne, il secoua sa tête pour refuser ses propres pensées. Il aimait le Patron, parce qu'il avait appris peu à peu à connaître chaque parcelle de lui. Si certaines lui semblaient instables et prédisposées à la fuite dans les circonstances actuelles, une autre la bouleversait complètement. « Il m'aime. »
« Tu voulais un enfant Patron. Je le lisais dans ton regard. Je ne pensais pas que tu serais le premier d'entre toutes les personnalités à être prêt... Mais si. Je croyais ne pas avoir à prendre peur des femmes, parce que tu ne voulais pas de la seule chose que je ne pouvais pas t'offrir. Outre les boobies, mais tu n'en as pas non plus en fait."
Il rigola. Devant l'air sérieux du Patron, que sa plaisanterie n'avait en rien atteint, il poursuivit.
« Mais tu as voulu un enfant. J'ai d'abord pensé à t'autoriser à coucher avec une nana... Pour l'enfant. Une mère porteuse. Mais tu es à moi Patron. »
Son propre regard se fit grave à ce moment. Il combla la distance entre son homme et lui, coinçant la main du Patron entre leur deux abdomens.
« A moi seul. »
Il lui sourit, rougissant encore de son audace. Il s'en détacha ensuite pour errer dans le salon. Son pas léger effleurait le sol sans bruit. Il n'arriverait pas à lui dire la suite en face. Le Patron lui avait apprit des choses depuis qu'ils étaient ensemble. Être jaloux. Mais aussi être fier. Ne pas montrer qu'on se donne entièrement.
« Je ne pouvais me résoudre à en autoriser une seule à t'avoir. Alors, il ne me restait plus qu'une option. Je suis allé voir Mathieu, pour lui demander de faire de moi une femme. Ça n'a pas marché... Il n'a plus assez de contrôle sur nous, tu vois. Pas pour un tel changement. Alors je pleurais. Je pleurais, parce que je pensais au moment où le désir de procréer serait plus grand que ton amour pour moi. Je pleurais sans comprendre que Mathieu avait réussi. Et puis, il y a eu les vomissements. »
Il s'arrêta à quelques mètres du Patron, dos à lui. Ses deux mains se posèrent sur son ventre, qu'il contemplait tendrement.
« Tu m'en auras fais baver. Ton père aussi me fait vomir, quand il y va trop fort. »
Le plancher craqua. Deux bras, qu'il connaissait puissants, mais qui à cet instant n'avait rien d'assurés, l'enlacèrent. Il sentit le front du Patron contre ses épaules. Il crut même percevoir une larme glisser sur sa peau.
« Tu es enceint.
- Oui. »
Le Geek se retourna, et reçut un baiser auquel il s'attendait. Le Patron ne le laisserait pas voir son émotion. Il lui imposerait ses sentiments, comme toujours. Malgré la tendresse de la scène, un petit quelque chose dérangeait le gamer. Il le repoussa doucement.
« Patron?
- Mh? Répondit-il, ne semblant pas comprendre pourquoi leur étreinte s'achevait si vite.
- Tu as pensé que je te trompais. »
Le Patron serra ses lèvres ensemble dans un moment de stress.
« Tu as vraiment cru que moi, je te trompais.
- N'importe qui me tromperait... Avec mon caractère, ça doit pas être facile de me supporter. Tu cherchais peut-être de la tendresse ou... »
Il tentait de se justifier, cherchant ses mots, mais se rendait bien compte de son incapacité dans ce domaine. Le Geek le poussa jusqu'au sofa, où il le fit s'allonger en s'installant sur lui. Le Patron se détendit en voyant un clin d'œil s'adresser à lui.
« Je suis désolé. Je n'aurais pas dû.
- Apprends une chose, lui susurra-t-il en se glissant à son oreille, je t'appartiens autant que tu m'appartiens. »
Il le sentit frissonner. Ce genre de phrase lui faisait toujours cet effet. Il se redressa sur ses genoux, pour enlever son t-shirt avec langueur, sous le yeux d'un Patron admiratif. Devant la beauté de ce corps qu'il n'avait plus touché depuis longtemps. Devant le parfait de son blanc immaculé. Devant le léger arrondi de son ventre.
« Ca m'excite de penser à ce que tu me feras quand j'aurais un ventre plus gros, indiqua-t-il en comprenant son regard.
- Moi aussi gamin. »
Le geek enleva son jeans et son boxer sans gêne. Il descendit le pantalon du Patron, massant le caleçon sous ses yeux. Il aimait voir le tissu se tendre. Bientôt, ce seront ses t-shirts qui se tendront.
Son bassin ondulait sur l'érection mûrissante sous lui. Il se masturbait avec lenteur, tout en jouant avec son téton entre deux doigts. Les yeux du Patron reluirent de leur perversion habituelle. Elle lui avait tellement manqué.
Quand les mains du plus âgé s'aventurèrent vers lui, il les attrapa et les leva au dessus de sa tête. Il l'embrassa au passage, lui mordant la lèvre pour le prévenir de ne plus recommencer sans sa permission.
Il le relâcha, pour reculer un peu et se pencher sur le sous-vêtement maltraité. Il y donna un coup de langue. Le sexe frétilla en dessous. Le Patron lança un râle, qui rassura le geek. Il ne s'était tapé personne pendant leur pause sexuelle. Sa salive se répondait sur le coton, alors qu'il jouait avec de sa langue. Quand il décida ce châtiment-ci achevé, il lui arracha la souffrance de l'habit.
« Suce moi, gronda la voix grave. »
Le Geek n'en fit rien. Ses doigts se glissèrent derrière le membre, frôlant ses testicules qui tressautèrent. Il atteint l'orifice derrière, et entreprit de le masser. Le Patron ne semblait pas s'attendre à ça, car il tenta de se relever, mais fut bien vite stoppé par une main sur son torse et un regard dominant. Le benjamin en avait besoin. Se sentir homme. Malgré tout.
La visite de son corps se poursuivit rapidement. Le Geek connaissait son amant : ce n'était pas une chochotte. S'il souffrait, tant mieux, il prendrait encore plus son pied. Alors, le définissant prêt très vite, il lui prit les jambes d'un geste, les souleva et le pénétra. Son sexe peina à s'enfoncer entièrement, mais il se força dans des coups de reins puissants, qu'il accompagna d'un gémissement.
Il lui offrit quelques mouvements lents pour qu'il s'habitue, avant de s'abattre sur lui. Le Patron se tordait en grognant des vulgarités, qui enhardissaient encore son amant.
« Patron... »
La voix du Geek restait fébrile, même lorsqu'il le dominait. Lorsqu'il touchait sa prostate, ils criaient du même plaisir. Le Geek se saisit de la nuque du Patron pour le redresser et l'embrasser avec fougue. Les mouvements de hanche de l'aîné s'associaient maintenant au sien.
« T'as plus intérêt à douter de moi maintenant, lui gronda-t-il. Après ce que je fais pour toi. »
Le Patron acquiesça dans un gémissement plus aigu. Le Geek le poussa à nouveau sur le canapé, mais dos à lui. Il lui releva la croupe pour le prendre.
« Tu sais pourquoi je t'offres tout?! Même ma putain de virilité? »
Le Patron ne savait plus que penser. D'un côté le geek se déchaînait si fort entre ses fesses qu'il tenait mal sur ses avant bras. De l'autre, il l'entendait lui livrer le don humiliant de son personne. Dominant ou dominé, il ne savait plus trop où se placer.
« C'est parce que... parce que... »
Le gamin s'essoufflait. Sa débauche le fatiguait, mais leur prodiguait un plaisir inouïe. Le Patron le sentait partir, et lui même n'était plus loin de l'orgasme.
"Parce que je t'aime !"
Les gestes du Geek reprirent de l'envergure, ses mains s'agrippèrent aux hanches du Patron jusqu'à le griffer, et dans un ultime gémissement, il se déversa en lui. Le Patron lui même s'étala sur le canapé après y avoir étalé sa semence.
Les deux hommes se perdirent dans les bras l'un de l'autre, cherchant leur souffle en s'accrochant, se possédant, s'incorporant. Le silence retomba dans leur appartement. Mr Chacha débarqua dans le salon, miaula puis s'en alla tout aussi vite qu'il vint.
« Patron? Demanda la douce voix du geek.
- Quoi?
- Ne doute plus jamais de moi. Je t'en supplie. Tu sais pas tout ce que je ferai pour toi. »
Le Patron caressa les cheveux de l'homme qui partageait sa vie.
« Si, je crois que j'imagine. »
