Keep on breathing
Quand j'essaie d'écrire une fanfiction assez longue, de réfléchir à ce que j'écris, de faire attention au développement de mes personnages, ça donne une charmante petite fanfiction. Elle se situe comme vous le verrez en 1990, juste après la Guerre Sainte. Parce que oui c'est de l'originalité dans le scénario m'voyez.
Chapitre 2 : Fix you
Mardi 06 mars 1990
L'écureuil changea de branche. Trop occupé à récupérer des glands, il ne cherchait pas à comprendre ce qu'il se passait dans le troisième temple. Il voulait même en rester à l'écart. Cette partie du Sanctuaire était la seule encore éclairée malgré l'aube qui arrivait.
Il y eut un instant de silence. Kanon ouvrit le frigo, attrapa une bière et la but en quelques gorgées.
"Eh c'est à moi ! grogna Saga.
- L'armure des Gémeaux aussi est sensée être à toi, et pourtant ...
- ... Tu ne comptes donc pas t'arrêter.
- Jamais."
Epuisé, l'aîné secoua la tête et frotta ses yeux pour se maintenir éveillé.
"Tu m'en veux et j'ai compris, mais admets que tu avais tes tords.
- J'ai eu raison, comme j'ai toujours eu raison."
Kanon était intarissable. Il le regarda s'asseoir à l'autre bout de la table. La colère dans ses yeux était toujours présente. Saga s'était ammendé de tout, s'était excusé quelques dizaines de fois, mais cela ne semblait pas lui suffir. Surtout qu'il refusait de reconnaître ses propres erreurs.
"Et maintenant quoi, on s'entretue sur le carrelage ?
- Ca me plairait, mais pas sans témoin. J'aimerai qu'on me voit en train de t'en mettre une."
Il se retenait de lui jeter un couteau ou n'importe quel objet qui pourrait le tuer, ou au moins le faire taire. Quand il s'était retrouvé face à Mû ou à Aiolia, la culpabilité l'avait submergée. Il avait tout encaissé, en espérant au moins un semblant de pardon. Mais avec son jumeau, il ne parvenait pas à rester calme. Kanon le mettait tout simplement hors de lui.
Comprenant qu'ils n'arriveraient à rien de plus s'il s'obstinait à rester sur ses positions, Saga se releva.
"Je vais me coucher.
- On a pas fini notre discussion, rétorqua le cadet.
- Je ne m'excuserai pas une fois de plus d'avoir cru agir pour ton bien, de d'avoir mis dans cette prison pour qu'Athéna reste sauve, de t'avoir repoussé, renié, caché, mis de coté comme une chausette qui n'a plus l'autre moitié de sa paire. Ce serait plutôt à tord de réfléchir sur ce que tu as fait à Poseidon, à Julian Solo et aux autres. Mais comme tu n'en as pas l'intention, je vais tâcher de dormir, parce que moi je tiens à réparer toutes mes erreurs et je n'ai pas que toi dans ma vie."
Sans attendre la réponse de Kanon, il tourna les talons en direction de sa chambre et claqua la porte. Il regrettait déjà ses paroles même si elles avaient eu le mérite de lui clouer le bec. Mais il lui avait surement fait du mal, se dit-il en se déshabillant.
Il s'allongea sous les couvertures puis songea qu'il n'avait pas dormi dans ce lit depuis des années. Il se tourna sur le dos et fixa le plafond. Le silence était angoissant. Après l'emprisonnement de Kanon, il s'était retrouvé seul ici et il se souvient qu'il ne dormait pas beaucoup à cette époque. Il soupira. Dehors, le jour commençait à se lever. Il se força à fermer les yeux. Dans sa tête il fit la liste des conversations qu'il allait devoir avoir : presque l'ensemble de la chevalerie y passa. Il grogna et se tourna sur le coté.
La porte se rouvrit lentement et son regard croisa celui de Kanon. Il se redressa et le laissa s'avancer. Son sourire narquois avait disparu.
"Donc pour toi je ne suis qu'un minable ?"
Saga avait sans doute été trop loin. Il haussa les épaules.
"Non je n'ai pas dit ça. Je pense que tu ... tu ne réfléchis pas ... ou du moins pas dans la bonne logique.
- Et c'est toi qui dit ça ?
- Je t'emmerde", répliqua-t-il avant d'avoir pu s'en empêcher.
Kanon lui adressa un regard mauvais.
"Répète ça pour voir ?
- Je t'emmerde Kanon. Tu n'es pas un minable, mais un connard et un égoïste.
- Ca doit être de famille."
Une nouvelle fois, il se retient de le frapper. Comment pouvait-il être aussi buté ? A cause de lui, leur conversation tournait en rond depuis des heures. Alors que Saga songea à une nouvelle façon de lui faire comprendre qu'il avait mal agir au risque de le traiter comme un enfant de cinq ans, Kanon laissa les yeux et murmura :
"T'as raison. J'ai été un être vil et je mérite tes insultes."
Saga ne put retenir un sourire de satisfaction et Kanon lui lança un coussin.
"Ne compte pas sur moi pour le répéter ! Ni pour faire des longs discours comme toi !
- Je ne t'en demande pas tant, marmonna l'aîné en remettant ses cheveux en place. Mais tu vois, quand tu veux, tu peux être ..."
Une nouvelle fois, il voulut le frapper avec le coussin, mais Saga esquiva et se jeta sur son frère pour rendre les coups. Déséquilibré, ils glissèrent du lit et se cognèrent au sol.
"Aïe ... gémit Kanon.
- Tu l'as mérité. M'attaquer à coup de coussin, franchement ?
- J'ai pas envie de te tuer ..."
Il s'assit en tailleur en s'efforçant d'ignorer la nudité de son aîné.
"On peut pas passer le reste de cette vie à se battre ou à se détester.
- On peut aussi déclarer la paix et avoir une relation n ... normale." proposa Saga.
Kanon leva un sourcil mais ne refusa pas.
Ayoros peina à sortir de son lit. Le temple du Sagittaire étant occupé par les guerriers de Poseidon, il avait dormi au temple du Lion dans un lit assez inconfortable. Dans le miroir en pied, il observa son corps et grogna devant ses formes d'adolescents qu'il ne reconnaissait plus comme étant siennes. Son petit frère avait maintenant dix ans de plus que lui et malgré la futilité de cet aspect, il avait du mal à encaisser.
D'après les odeurs qui lui parvenaient, Aiolia était réveillé. Il enfila rapidement quelques vêtements pour rejoindre la cuisine. Son frère lui tournait le dos, occupé à mettre de l'eau dans le réservoir de la cafetière. Il l'enclancha et se tourna, deux tasses à la main. Il y eut un silence gênant où aucun des deux ne bougea. Puis Aiolia sourit.
"Bien dormi ? dit-il en posant les tasses sur la table.
- Oui merci, se força-t-il à répondre. Toi ?
- Ca a été. Qu'est ce que tu prends au petit déjeuner ? J'ai du café, du thé ... du lait."
Ayoros se mordilla la lèvre pour ne pas dire qu'il n'avait jamais goûté au café. Son dernier petit déjeuner avait été composé d'une simple pomme. Il s'assit et prit une des tasses.
"Comme toi. Et ... des fruits ?
- Oh, bien sûr. J'ai pas l'habitude de manger le matin."
En quelques minutes, la table était recouverture de fruits, gâteaux sucrés ou salés, de viande froide, d'oeufs durs. Aiolia servit le café et posa la boîte de sucre à coté de lui. Ayoros souriait. Il adorait le coté attentionné de son frère.
"Tiens, va s'y ... mange.
- Merci, mais je n'ai pas autant d'appétit."
Aiolia avala une gorgée de café et grimaça en se brulant. Ayoros l'imita. Le café était très amer, goût qu'il tenta de couvrir en ajoutant du sucre. Son frère prit un gâteau et le mangea doucement.
"Dis je ... je pensais ... commença-t-il. J'aimerai qu'on parle avec Shura de ...
- Oh Shura ! l'interrompit-il. Le petit Shu ! Qu'est ce qu'il est devenu ?"
Le blond perdit son sourire et plongea son regard dans celui de son frère.
"Tu veux dire après qu'il t'ait assassiné ?"
Surpris, Ayoros faillit lâcher la tasse. Il la reposa sans boire et avança sa main vers celle d'Aiolia.
"Ce n'est pas à lui que tu dois en vouloir. Mais à ... celui qui possédait Saga. Et je suis vivant maintenant.
- Oui mais tu n'étais pas là. Et ... tu ne peux pas imaginer combien j'étais perdu sans toi."
Il frappa du poing sur la table avec une violence qui surprit Ayoros, se leva et fit quelques pas dans la pièce. Il se leva à son tour et posa une main sur son bras.
"Je ... je suis là. Et je ne sais pas trop comment, mais je vais redevenir ton grand frère. Et prendre soin de toi."
Aiolia sourit et lui donna un léger coup d'épaule.
"Oui enfin c'est moi le plus grand.
- Je voulais instaurer une ambiance, bravo.
- Merci grand frère."
Il reprit les deux tasses et lui tendit la sienne. Ayoros les entrechoqua doucement.
Son visage s'illumina quand il vit Shunrei dans sa robe rose. Elle s'inclina respectueusement devant Athéna puis son regard croisa celui de Shiryu. Elle s'approcha de lui et prit sa main dans la sienne.
Allongé sur le corps de son amant, Aphrodite peinant à retrouver son souffle. Il redressa la tête pour repousser ses longs cheveux bouclés et chercha la bouche de DeathMask pour glisser sa langue à l'intérieur. Il passa ses doigts sur ses hanches avant de glisser à coté de lui. Des mains puissantes se glissèrent contre sa nuque et il frissonna.
"J'ai chaud, marmonna-t-il.
- Moi aussi. Et alors ?
- Faut qu'on sorte de ce lit."
Un grognement lui répondit et DeathMask se tourna sur le ventre.
"Sors si tu veux. Moi je reste là. Pas l'intention de bouger."
Aphrodite hésita et caressa le flanc nu. L'autre gémit doucement.
"S'il te plait.
- Non.
- Même pas pour moi ?
- J'ai dit demain.
- Donc j'y vais seul ?"
Il n'y eut pas de réponse. Il se leva et prit une douche rapide. Pendant que l'eau froide coulait sur sa peau, il réfléchit à toutes les discussions qu'ils avaient eu, à celles qu'ils auraient. Il se jura de ne pas y passer des heures pour retourner auprès de DeathMask, qui n'avait pas l'air décidé à quitter les draps.
Et puis Shura avait été clair : il voulait leur parler aujourd'hui.
Les bouffées d'angoisses qu'il avait réussi à refouler la veille grace à l'italien revinrent. Il prit le temps de s'habiller, de se coiffer et passa dans la cuisine mettre de l'eau à bouillir. Dans la chambre, il n'avait pas bougé.
"Tu ne pourras pas te cacher des autres éternellement, dit Aphrodite.
- J'ai pas envie de les voir.
- C'est ça. Dis le, que tu as peur."
DeathMask se redressa et se leva d'un bond pour écraser ses lèvres sur les siennes. Il le laissa faire mais avant qu'il puisse véritablement répondre à son étreinte, celui ci s'était écarté.
"J'ai peur, déclara-t-il en le regardant dans les yeux. Ils vont surement me renier et ils auraient raison de le faire. Et je le pense, même si tu me certifies que le contraire va arriver. Donc laisse moi un jour de répit."
Aphrodite serra les dents et hocha la tête, sans pouvoir trouver de réponse.
Aldébaran sortit son gâteau du four et le posa sur le rebord du plan de travail. Mû sourit et Shion repoussa son assiette.
"Je n'en peux plus.
- Mangez maître, répliqua le chevalier du Taureau. Et vous aussi," ajouta-t-il en direction de Julian Solo et de Sorrente qui peinaient à finir.
Un cosmos glacial émanait de Shura. Aphrodite renonça à courir vers lui pour le prendre dans ses bras. Le regard de son ami exprimait divers sentiments, mais par dessus tout les autres, la colère. Il sourit, mais n'obtient aucune réaction. Pire, Shura tourna les talons et pénétra dans son temple, l'obligeant à le suivre. Il s'arrêta devant la statue d'Athéna et leva les yeux vers elle. Les bouffées d'angoisses se faisaient plus fortes.
"Vous saviez, déclara-t-il simplement. Vous saviez que ... Saga avait tué Shion. Et pourtant, vous l'avez servi. Vous avez tué pour lui alors qu'il ... et tout ce temps, vous saviez. Et vous n'avez rien dit."
La douleur, la colère, la détresse, l'incompréhension, l'horrible sensation d'avoir été trahi. La souffrance avait envahit Shura et Aphrodite le sentait. Il cherchait quoi répondre et ne trouvait pas.
"Nous ... on ne voulait pas que tu souffres ..."
Il le fusilla du regard.
"Que je souffres ? Toute ma vie, j'ai cru bien agir, servir la justice, tout ça pour découvrir que j'ai été manipulé et que vous ... vous saviez ... que vous participiez à cette tromperie ... ne pas vouloir que je souffres, vraiment ..."
Les mains de Shura tremblaient. Aphrodite avança d'un pas, mais il en fit un en arrière.
"Ne m'approche pas ! Ne t'approche plus jamais de moi ! Je vous faisais confiance, on était amis ! Les meilleurs amis !
- On l'est toujours ! tenta Aphrodite.
- Non ! Je ne veux pas d'amis comme vous. Les vrais traitres, c'est vous," déclara Shura.
Il secoua la tête, comme incapable de réagir.
"Non ... Shura s'il te plait ...
- Sors de mon temple. Et sors de ma vie."
Il disparu dans ses appartements, sans prêter attention aux sanglots d'Aphrodite. Il ne sut même pas comment il redescendit les étages, ni combien de temps il passa à pleurer blotti contre le torse de DeathMask.
