Keep on breathing
Quand j'essaie d'écrire une fanfiction assez longue, de réfléchir à ce que j'écris, de faire attention au développement de mes personnages, ça donne une charmante petite fanfiction. Elle se situe comme vous le verrez en 1990, juste après la Guerre Sainte. Parce que oui c'est de l'originalité dans le scénario m'voyez.
Chapitre 3 : Believe
Mercredi 07 mars 1990
Eaque fixait Minos, essayant de comprendre à quoi pensait son amant. Il était incroyable de constater combien ils pouvaient être déconnectés. Il prit le temps de s'assoeir dans un fauteuil.
"J'espère que tu n'es pas sérieux ?
- Il a un fouet," déclara simplement Minos.
Il fronça les sourcils. La logique de Minos semblait implacable. Même se jeter à ses pieds pour le supplier de renoncer à ce nouveau projet serait inutile. Visiblement, Minos était devenu futile. Dire qu'Eaque pensait profiter de cette nouvelle résurrection pour passer de longues heures dans le lit de son amant.
"Et moi pendant ce temps ? grogna-t-il.
- Il n'y a pas d'autres spectres que tu voudrais goûter ?"
Très futile, corrigea Eaque pour lui même. Il se retient de lui hurler qu'il ne voulait que lui et sortit du bureau en faisant claquer ses tongs. Il parcourut les couloirs sans y penser puis se ravisa. Il fit demi tour pour chercher Rune, qu'il dénicha à son bureau. Le spectre se leva en le voyant mais Eaque ne le laissa pas prononcer un mot.
"Minos veut visiter ton lit pour voir de quoi tu es capable. Si tu oses faire rentrer en contact sa peau et ton fouet, je jure que tu auras affaire à moi."
Et il ressortit sans entendre les balbutiements d'incompréhension du subordonné. Une fois sortit de Tolomea, il courut presque jusqu'au palais d'Hadès. Il ignora superbement Pandore qui lui hurlait de retournait travailler et rentra dans l'immence bibliothèque.
"Dame Perséphone ? cria-t-il en cherchant sa Déesse dans les rayons.
- Oui ? cria une voix un peu plus loin. Eaque c'est toi ?
- Majesté," fit le Juge en s'agenouillant devant elle.
Perséphone fit un signe de la main pour qu'il se relève et reposa son livre.
"Je souhaiterai vous parler, marmonna Eaque. A propos de Minos. Vous avez dit ... que nous pouvions vous confier à vous.
- Bien sur. Je t'écoute. Je sens bien que quelque chose te tracasse."
Jeudi 08 mars 1990
"Si on remettait les entraînements du matin ? Cela créé une unité en forçant les chevaliers à être ensemble.
- T'es sur qu'il n'y a rien de plus urgent ?" grogna Dohko.
Shion releva la tête et fixa son amant allongé sur le canapé. Il semblait en colère.
"Peut être voir avec Athéna qui est officiellement au poste de chevalier du Sagittaire ..."
Le chinois se releva et remit sa veste.
"Je n'arrive toujours pas à croire que tu ai repris le poste.
- Dohko, je suis le Pope.
- Donc être Pope passe avant tout c'est ça ?
- Mais non ... enfin ...
- Clairement si."
Dohko le fixait et Shion sentait la tristesse au milieu de la colère.
"Je n'ai qu'à attendre dans ton lit que monsieur veuille bien me rejoindre dix minutes ?
- Ne te mets pas dans la peau d'un objet sexuel, gronda Shion. Tu sais que tu es plus que ça et que je t'aime.
- Ah oui ? Et bien tu as de drôles de façon de le montrer. Et s'il n'y avait que moi. Combien de temps as-tu passé avec Mû ?"
Le pope baissa les yeux comme un enfant pris en faute. Il voulut commencer une phrase mais quelques coups frappés à la porte l'en dissuadèrent. Il leva les yeux vers Dohko qui avait croisé les bras.
"On peut en reparler plus tard ?
- Ouais. Evidemment, c'est toujours le même qui attend."
Shion poussa un soupire alors que Dohko manquait de percuter Kanon en sortant.
"Comment ça tu pars ? s'écria Milo en tendant le joint à Aiolia.
- Je reprends mon poste chez Poseidon, répondit Kanon.
- Mais enfin pourquoi ? T'es un des notres !
- Pas tout à fait ... J'ai jamais été fait pour être le Saint des Gémeaux. Et puis si je reste plus longtemps, Saga va me tuer."
Shaka acheva de rouler et tendit une cigarette à Kanon.
"Alors à toi. Tu auras toujours ta place ici."
Les cinq hommes levèrent leurs bières et les entrechoquèrent. Milo remarqua des éraflures sur les doigts de DeathMask.
"Jardinage ?
- Non. Décoration. J'ai cassé des murs," marmonna l'italien.
Aiolia passa le joint à Kanon qui s'empressa de tirer une bouffée puis tourna la tête vers son voisin de temple.
"Tu vires les maccabés ?
- Hm. A coup de masse. Ca me détend."
Milo hésiter entre féliciter son ami pour cette bonne résolution ou le rassurer quand à sa future réconciliation avec Shura. Après tout, il s'était excusé auprès de toute la chevalerie. Il leur avait fait sentir son envie et son besoin de se racheter et de leur montrer qu'il était aussi quelqu'un de bien.
Shaka reprit le joint entre ses doigts.
"C'est bien. Tout finit par s'arranger."
DeathMask haussa les épaules et leva les yeux vers le haut du Sanctuaire dont ils apercevaient les toits des temples. Kanon parla fort pour détourner l'attention.
"Dis donc Shaka ton herbe est excellente. T'utilises quoi comme engrais ?
- Non, je ne t'en donnerai pas, répliqua le Chevalier de la Vierge.
- Cherche pas. Il n'a jamais cédé, marmonna Aiolia.
- Ca te fera une excuse pour revenir" ajouta Milo.
Vendredi 09 mars 1990
"Qu'est ce qu'on fait pour l'anniversaire d'Aphrodite ? demanda Mu en posant le tire bouchon à coté de Camus.
- Bonne question, d'habitude il fait une fête gigantesque, répondit le français en débouchonnant la bouteille.
- M'étonnerait que ça arrive, dit Aldébaran depuis la cuisine. On est sûr qu'on peut rien faire ?
- Tu veux dire à part éclater la tête de Shura sur le carrelage pour lui faire comprendre à quel point il est con ? Je ne vois pas." conclue Dohko.
La porte du premier temple s'ouvrit une nouvelle fois sur Aphrodite, en jogging nota Milo en ouvrant les yeux de surprise et DeathMask qui marchait derrière lui. Les conversations s'étaient stoppés un instant puis Saga avait fait de la place sur le canapé et Aiolia avait trouvé deux verres de plus.
"Merci, dit le chevalier des Poissons.
- De quoi ? rétorqua Mu. On s'est tout dit. On a compris. Maintenant, on en parle plus."
Shion leva son verre et les autres l'imitèrent.
"Et Ayoros ? remarqua Seiya, retranché avec ses amis dans un coin de la pièce.
- Il discute avec Shura, répondit Aiolia. Peut être qu'ils se joindront à nous après."
DeathMask, penché au dessus de l'évier, se coupa avec le couteau qu'il tenait.
Ils étaient mal à l'aise. Ils évitaient de se regarder dans les yeux. Ayoros avait suggéré qu'ils s'installent sur les marches. Ils étaient proches mais pas trop et Shura pouvait ainsi fixer un point au loin, sans l'avoir dans son champ de vision. Ils restèrent un bon moment sans parler, chacun dans ses pensées.
"Je ne connais personne ici, déclara Ayoros au bout d'un moment. Je me rappelle de toi comme d'un enfant qui me suivait partout.
- On s'entraînait ensemble, marmonna Shura avec un léger sourire.
- Oui. Mais maintenant ... tu es une personne différente. Et j'aimerai bien te connaître."
Shura tourna la tête sous la surprise et vit le sourire d'Ayoros.
"Mais ... je t'ai ... alors que tu ... balbutia-t-il.
- Oui je sais, le coupa le Sagittaire. Mais ce n'était pas ta faute. Pour la troisième fois, je ne t'en veux pas. Décidément tu es aussi buté qu'Aiolia.
- Mais Ayoros je ...
- N'essaie même pas de refuser. On m'a dit que tu es devenu quelqu'un de formidable et j'ai bien envie de comprendre comment."
Shura rougit légèrement même s'il en était pas persuadé.
Sylphide n'aimait pas venir dans le palais d'Eaque. Il n'y régnait pas un cadre propice au travail comme chez Rhadamanthe ou Minos. Pourtant le spectre n'entendait aucun bruit. Un silence total régnait, contrairement aux éclats de voix habituels. Intrigués, il frappa à la porte du bureau du juge qui lui cria d'entrer.
Comme à son habitude, il s'inclina respectueusement puis détailla Eaque. Assis derrière son bureau, il buvait du vin. La bouteille de Bordeaux était ouverte à coté de dossiers et de crayons.
"Le seigneur Rhadamanthe vous prie de bien vouloir l'honorer de votre présence au diner de demain, récita-t-il en se jurant de rapporter ce qu'il avait vu à son supérieur.
- Oh. Oui bien sur. On sera samedi," soupira le Juge.
Il grogna et se leva pour reposer son verre. Son regard se perdit dans celui de Sylphide qui leva un sourcil en signe d'interrogation.
"Seigneur Eaque ?
- Je me demandais ... Est ce que Phlegyas te trompe ?"
Sylphide rougit. Jusque là, il lui semblait que sa liaison avec le Lycaon était tenue secrète. La joie de le retrouver l'avait-il sans doute fait manquer de prudence. Il fixa Eaque en fronçant les sourcils.
"Je ne crois pas. Et cela ne vous ...
- Crois-tu que toi, tu pourrais le tromper ? ajouta le Juge en souriant. Avec moi par exemple ?"
Le spectre bomba le torse. Il détestait ce genre d'avance qu'Eaque pouvait faire naturellement. Sans réfléchir, il s'avança et prit la bouteille.
"Je ne pense pas que ce genre de parole soit approprié. Si vous vous sentez seul, achetez un canard. D'autant plus que vous avez le seigneur Minos à votre disposition. Avec tout mon respect."
Il quitta le bureau excédé et entendit un bruit de verre brisé.
Io savait qu'il devrait être occupé à autre chose. Comme donner quelques tuyaux à Isaak pour bien gérer le Sanctuaire sous marin ou frapper Kanon ou encore remercier Thétis d'avoir d'avoir toujours été là pour les aider et servir les intérêts de Poseidon. Au lieu de cela, il se laissait embrasser par Baian. Il avait cédé exactement au moment où son amant avait allongé son corps sur le lit et relevé son tshirt pour le caresser.
Un peu plus détendu, Shura avait accepté de suivre Ayoros jusqu'au premier temple où Mu avait selon ses dires improviser une petite reception. Pourtant il le regretta à l'instant où plusieurs regards se tournèrent vers eux. Il en évita la plupart pour s'approcher de Milo et Camus. Le français tendit une bière.
"Sympa que tu sois venu, marmonna Milo. La délicatesse n'étant pas ton fort en ce moment.
- Milo ! gronda Camus.
- Non, laisse, répondit Shura. Tu as raison Milo, j'aurai du venir te voir mais ...
- Mais tu as préféré régler tes comptes avec les plus grands connards de l'humanité, déclara une voix derrière lui. Forcément c'était plus urgent."
DeathMask aurait dû controler ses paroles, se dit-il quand Shura se tourna vers lui.
"Je ne me souviens pas vous avoir insulté de connard, commença Shura.
- Oh non, le terme exact était traître, n'est ce pas Aphrodite ?"
Mu jeta un regard à tous les membres de l'assemblée, qui suivaient l'échange sans un mot. Aphrodite jouait avec une mèche de cheveux.
"Arrêtez ça ... murmura-t-il.
- Lui d'abord, dit l'Italien en regardant Shura. Excuse toi.
- Surement pas, rétorqua-t-il. Je ne suis pas un hypocrite comme vous deux. J'ai dis ce que j'avais à dire et je ne reviendrais pas dessus.
- T'as un sacré culot ...
- Et toi alors ? Qui s'est caché derrière un pseudonyme pour ne pas assumer la responsabilité de ses massacres ?
- Mais arrêtez ça bordel ! répéta Aphrodite en se levant.
- T'as pas le droit dedire ça, chuchota DeathMask sans prêter attention à l'intervention. Pas toi.
- J'ai toujours été sincère, répondit Shura. Surtout avec toi. Avec vous deux. Et en retour, j'apprends que vous êtes deux monstres indignes qui se plaisaient dans la traîtrise.
- Tu vas trop loin Shura ! s'écria Aldébaran.
- Non justement, c'est bien, il vide son sac, ajouta DeathMask les poings fermés. Autre chose à ajouter avant qu'on coupe définitivement les ponts ?
- Je ne me repeterai pas une troisième fois : ne vous approchez plus de moi. J'aurai été un homme meilleur sans vous."
Beaucoup sentirent la soudaine souffrance émaner du chevalier du Cancer. La dernière phrase de Shura avait visiblement été le choc de trop. Aphrodite s'approcha et frappa violemment l'Espagnol, lui faisant perdre l'équilibre. Il tomba contre le mur mais avant qu'il ne se relève, Aphrodite et DeathMask avaient quitté le Sanctuaire.
