Keep on breathing
Quand j'essaie d'écrire une fanfiction assez longue, de réfléchir à ce que j'écris, de faire attention au développement de mes personnages, ça donne une charmante petite fanfiction. Elle se situe comme vous le verrez en 1990, juste après la Guerre Sainte. Parce que oui c'est de l'originalité dans le scénario m'voyez.
Chapitre 4 : All of me
Vendredi 09 mars
Ils avaient terminé sur la plage, essoufflés tous les deux. Aphrodite l'avait lâché pour s'approcher de la mer. Il avait pris sur lui pour ne tuer personne au passage. La voix de Shura l'insultant de monstre résonnait encore à ses oreilles. Et les regards des autres. Les cheveux turquoise volaient avec le vent.
"On l'a perdu, murmura-t-il.
- Définitivement" approuva son amant dans un murmure.
Aphrodite se tourna vers lui. Il ne semblait même plus triste. Seulement épuisé. DeathMask s'approcha et le prit dans ses bras pour qu'il s'y blotisse. Il ferma les yeux et inspira l'odeur de rose et de sucre qui se dégageait de lui.
"J'aurai pu le tuer, murmura-t-il.
- Ne dis pas ça.
- Mais c'est vrai. J'aurai pu l'expédier aux enfers d'un tour de main pour qu'il arrête de parler. C'était insupportable. Et j'aurai vraiment pu ...
- Dante. Arrête."
Il avait levé les yeux vers lui, pour l'embrasser avec tendresse.
"Ca faisait longtemps que tu ne m'avais pas appelé comme ça ... chuchota l'italien surpris.
- Parce que tu n'étais pas vraiment là. Mais DeathMask repart, Dante revient. Je ne veux pas savoir comment tu as fait. Mais je sens que tu reviens."
Il prit sa main et sourit. Peut être qu'Aphrodite avait raison.
"Et pour Shura ?
- Il reviendra, assura le chevalier des Poissons.
- Et s'il ne ...
- Alors laisse le. Il a choisit. Ne le force pas à revenir. Il faut qu'on avance nous aussi."
Sa montre émit un bruit aïgu. Il s'écarta un peu pour le regarder, mettant de coté sa rancoeur et sa tristesse.
"Bon anniversaire."
Samedi 10 mars 1990
"Tu ne crois pas que tu y as été un peu fort ? marmonna Milo.
- Peut être un peu. Mais ... dans le fond ça m'a fait du bien.
- Shura ... tu leur as fait du mal.
- Je sais. Moi aussi j'ai mal. Des fois j'ai envie qu'ils souffrent.
- Tu n'as même pas essayé de les comprendre ! Arrange les choses. Sinon tu vas les perdre à jamais."
Dimanche 11 mars 1990
"Tu crois vraiment ? demanda Rhadamanthe en bougeant sa tour.
- Bien sur, répondit Minos en rejetant une mèche de cheveux. Il revient toujours. Depuis des siècles.
- Quand même. Du Petrus 1929 ? En pleine journée ? Et rien ne t'alarme ?
- L'influence festive de Dame Persephone.
- Minos, je suis sérieux. J'ai l'impression que quelque chose ne va pas.
- Tu t'es toujours inquiété pour rien dès qu'il s'agit d'Eaque."
Minos prit le pion de son adversaire en souriant. Le blond semblait mécontent.
"Mais tu l'aimes pas vrai ?
- C'est la chose la plus précieuse que je possède. C'est pour cela que je sais qu'il reviendra. Il doit mal réagir à cause de Rune.
- Je ne comprendrai jamais votre couple.
- On s'autorise mutuellement des aventures. Pour ne pas se lasser. Echec mon cher."
Rhadamanthe bougea sa reine pour contrer l'attaque de Minos et croisa les jambes dans le fauteuil.
"Comme la fois où il est parti avec Kagaho ?"
Il perdit son sourire confiant et renversa une pièce.
"Pourquoi me parles-tu de lui ?
- Oh et bien ... parce que tu devrais vraiment t'inquiéter pour Eaque." répéta-t-il.
Minos déplaca son fou.
"Echec et mat Rhadamanthe."
Lundi 12 mars 1990
Isaak s'étira avant de se retourner sous les couvertures. A coté de lui, Kanon enfouit son visage dans l'oreiller. Il observa l'épaule dénudée et la trace de morsure qu'il y avait laissé la veille. Il allait lui en vouloir : le dragon des mers détestait les marques.
Il eut le réflexe de ramener la couette à lui quand il entendit des bruits à la porte. Heureusement, Thétis n'entra pas.
"Commandant ? Tout le monte t'attend.
- J'arrive ! Laisse moi dix minutes !"
Kanon se redressa et passa une main dans ses cheveux.
"Ca va pas de crier comme ça dès le matin ?
- Il est déjà dix heures, rétorqua Isaak. Bon matin."
Il évita son baiser et sortit du lit en enroulant un drap autour de lui.
"Pas besoin d'être pudique ...
- J'ai froid. Tu n'as pas du travail monsieur le commandant ?"
Isaak sourit et observa son amant remettre ses vêtements, jetés au hasard la veille. Kanon affichait vraiment une plastique parfaite, se dit-il en souriant, un air un peu rêveur sur le visage.
"Alors tu comptes rester ?" murmura-t-il.
Il se figea, le pantalon à moitié enfilé et se tourna vers lui. Isaak sut alors la réponse.
"Je ... je vais surement faire pas mal d'allers retours ... et puis j'aimerai bien allez aux Enfers.
- Aux Enfers ? Pourquoi faire ?
- J'ai une conversation à finir avec Rhadamanthe."
Il haussa les épaules et se releva pour le rejoindre dans la salle de bain.
"Officiellement tu es le Dragon des Mers, le Général qui protège le Pilier de l'Atlantique Nord.
- Et alors ? Tu vas m'interdire de partir ?
- Comme si je pouvais. Seulement moi, j'aimerai bien que tu restes."
Kanon se dégagea de l'etreinte d'Isaak et le fixa. Au moins aurait-il essayé.
"Et pourquoi resterai-je ?"
Il le laissa sortir sans répondre. De toute façon, tenter de retenir était peine perdue. Il resta un instant figé devant le miroir, observant son visage. Il dut se forcer à sourire. Kanon n'avait aucune envie de rester. Il ne comptait pas pour lui. Et maintenant il devait se reprendre. Thétis l'attendait.
Mû s'attacha les cheveux rapidement et s'approcha de Kiki pour lui ébouriffer les cheveux. Son disciple grogna et croisa les bras.
"Et mon entraînement alors ?
- Tu n'as qu'à aller voir Aldebaran. Je ne serai parti que deux heures.
- Il est avec Shaina ! Est ce quelqu'un sait où vous allez ?
- On va courir sur la plage."
Il ne prêta pas plus attention aux rochonnements de Kiki et sortit du temple pour aller guetter Saga. Il n'avait pas perdu de temps pour accepter ces entraînements privés avec le chevalier des Gémeaux. Le prétexte de l'effort pour ressouder les liens fonctionnait bien. Il ne put s'empêcher de détailler le torse finement musclé de son aîné quand il descendit les marches.
"Bonjour Mû. Prêt ?
- Et comment. J'ai pris un chronomètre.
- Oh. Parfait."
Ils se regardèrent dans les yeux et Saga sourit un peu gêné.
"Après toi je t'en pris ..."
Kiki avait dû monté jusqu'au temple du Lion pour trouver âme qui vive. Il pénétra dans la cuisine sans frapper et Milo jeta sa cigarette dans l'évier.
"On frappe avant d'entrer ! grogna Aiolia. T'as besoin de quelque chose ?
- Mon maître est allé courir avec Saga !
- On sait oui. Et alors ?
- Et si jamais il a une nouvelle teinte de cheveux subite ?"
Milo frappa l'arrière du crâne du garçon.
"Crétin. Ca n'arrivera pas. Tout va très bien. A part Shura le con, ça va.
- Et Dohko, ajouta Aiolia. Et Shaka qui part."
"Mais enfin on est une équipe ! cria Seiya. On doit rester unis !
- Ouvre les yeux, tout va bien maintenant, répondit Hyoga. Athéna ne risque plus rien, le monde est en paix. Et j'ai besoin de me retrouver seul.
- Je trouve cela ridicule.
- C'est son choix, intervient Shiryu. Tout le monde n'a pas le luxe de vivre avec Athéna, donc si Hyoga a envie d'être seul, laisse le."
Ikki ricana et Seiya rougit.
"Je ... je ne sais pas ce que tu sous entends mais mais sache que ma relation avec Saori est ...
- Chaste et pure on sait. Quoi que, depuis le temps, t'aurai pu passer à l'étape supérieure.
- Ikki ! cria Shun. Laisse le tranquille."
Le chevalier de Pégase se rassit à l'écart du Phoénix. Pendant un moment personne ne parla. Puis Shiryu les regarda tour à tour.
"Je vais rester ici. Maître Dohko va me former pour un jour être digne de porter l'armure de la Balance."
Ses quatre amis hochèrent la tête. Shun se rapprocha de Hyoga et posa la tête sur son épaule.
"Et bien ... balbutia Seiya, je suis le Sagittaire ... Enfin je crois. Du moins c'est ce que dit le Pope.
- Et toi ? chuchota le blond.
- Je reste aussi ... je n'ai pas d'autre endroit où aller de toute façon", conclue Shun avec un petit sourire.
Ils se tournèrent vers Ikki. Les bras croisés, il regardait les douze maisons zodiacales dont ils voyaient les toits.
"Shaka part en Inde la semaine prochaine. Il m'a proposé de l'accompagner."
Son petit frère sourit et se tourna vers Hyoga pour l'embrasser doucement. Il profita de la fraîcheur de sa bouche un instant et enfouit son visage dans son cou.
Mardi 13 mars 1990
Dante rit nerveusement. Il congédia le garde et claqua la porte de ses appartements. De la poussière vola. Il lâcha le reste de son courrier sur la table et ouvrit l'enveloppe, même s'il savait ce qu'elle contenait. Il en sortit le programme complet de la coupe du monde de football, deux pass pour le mois de compétition et deux billets d'avions.
Cela aurait du être leur troisième coupe du monde se dit-il en pensant à Shura. Depuis leur enfance au Sanctuaire, ils suivaient avec attention les matchs de leurs pays respectifs. En 1982, ils s'étaient rendus en Espagne pendant un mois, ils avaient parcouru le pays et ils en avaient profité pour rentre visite à la famille de Shura. Il se rappelait même avoir pleuré dans ses bras quand l'Italie avait gagné. Même en 1986, quand Saga craignait une attaque, ils étaient partis deux semaines au Mexique, sacrifiant les matchs de groupes.
Enfin maintenant cela ne servait plus à rien. Il donnerait les billets à Aldebaran.
Rhadamanthe n'y avait pas cru. Même en voyant Kanon devant lui dans son bureau, il n'y croyait toujours pas. Que venait-il faire ici et pourquoi avait-il demandé à le voir personnellement ? Intrigué, il avait congédié Valentine et sorti une bouteille de son meilleur whisky. Kanon semblait aussi mal à l'aise que lui.
"Que me vaut le plaisir ? Tu es bien le dernier que je pensais voir ici.
- Bah justement, je me suis dit qu'on pourrait parler de ce qu'il s'est passé ... quand on s'est affronté."
Le juge tendit le bras pour qu'il prenne son verre. Il ne pouvait détacher ses yeux de lui.
"Merci. Enfin tu vois ... maintenant on est en paix, on a plus de raison de se battre ou de s'en vouloir pour ce qu'il s'est passé.
- Tu as raison, répondit-il en buvant une gorgée. Mais tu n'as pas besoin de t'excuser.
- Je comptais pas m'excuser. Je ne regrette pas notre combat. En plus tu es mort donc c'était encore mieux.
- Tu es mort aussi", rétorqua le blond.
Kanon souriait. Il avala un peu de whisky et toussa.
"Mais c'est super fort !
- Ah ça. C'est pas fait pour les petites natures."
Ils rirent en même temps. Rhadamanthe lui montra le canapé et il s'installèrent face à face, Kanon en tailleur. Ils revinrent sur leur combat puis sur le traité de paix qui avait suivi la fin de la guerre. Et la conversation dévia. Sur le Génaral principalement. Parce que le Juge voulait en savoir plus sur lui. Il ne voyait pas en quoi sa propre vie pourrait être intéressante pour son invité. D'autant plus que Kanon semblait adorer s'écouter parler.
"Je ne vois pas en quoi coucher avec une fille peut être bon, disait-il après avoir vidé son verre une seconde fois.
- C'est agréable. Leur peau est douce, elles sentent bon.
- Forcément, si tu ne fréquentes que des princesses.
- Je dois avouer que je préfère les princes."
Intrigué, Kanon sourit de plus belle et se rapprocha.
"Alors le seigneur Rhadamanthe fréquente les lits des hommes ?
- Bien sûr. Quoi ? Cela me rend-t-il immoral ?
- Absolument pas. Cela te rend attirant."
C'était surement la faute de l'alcool, se dit le Juge quand il se leva.
"Je suis encore plus attirant sans vêtement."
La gorge de Kanon s'assécha. Il se leva à son tour et vient poser une main sur son torse, passa sur les boutons de la chemise jusqu'à sa ceinture.
"Montre moi.
- La chambre. Là bas."
A contre coeur, ils se détachèrent. Rhadamanthe verrouilla l'entrée et rejoignit l'autre homme dans ses appartements privés. Il se fichait que ce soit à cause du whisky ou non. Le corps de Kanon était au moins aussi attirant que le sien. Peut être allait-il s'en vouloir. Ce n'était pas dans ses habitudes d'inviter quelqu'un dans son lit au bout de quelques choses, mais il décida en collant ses hanches aux siennes qu'aucune de ses questions n'avait d'importance.
