Salut les enfants !
Bon sang, j'ai cruellement besoin de vacances ! Je suis épuisée, explosée, déquaire, et tous les synonymes argotiques qui vont avec. Mais bon, va falloir attendre Avril ! Sans compter que j'ai, encore, passé une semaine difficile (vive les exam' blancs !). Décidément, je me demande bien pourquoi je continue mes études au lieu d'aller m'exiler très loin ! Bref...
Donc, voici le deuxième chapitre, transitionnel, de cette fiction ! Je vous laisse le déguster sans plus tarder !
Bonne lecture !
- … et cette guerre a été tellement traumatisante que les écrivains ont remis en question l'écriture-même. Puisqu'elle n'avait sauvé personne pendant la guerre, à quoi servait-elle ? A partir de cette constatation, ils ont décidé de réinventer le roman. Donc, dans les années 50, un nouveau mouvement très éclectique émerge : le Nouveau Roman. Parmi les écrivains, on retrouve… Byron, tu m'écoutes ?
- Hmm… Quoi ? Pardon, tu peux répéter ?
- Quand est-ce que tu as lâché la rampe ?
- Après le mot « guerre », la première fois que tu l'as prononcé.
- Il y a vingt minutes, donc.
Le jeune homme aux cheveux blonds hausse les épaules, les yeux toujours plantés dans les nuages. Il fait particulièrement beau et doux aujourd'hui, alors Byron a réussi à convaincre Chang Su de lui faire cours ailleurs que dans sa tente, pour une fois. Il lui avait indiqué la clairière de la frontière Nord, s'était allongé dans l'herbe et avait laissé le professeur débuter sa leçon d'histoire littéraire, parce que la littérature-tout-court sans livre, ce n'est pas possible. Le problème, c'est que Byron a cessé de suivre au bout de dix minutes, happé par d'autres problèmes.
- Byron, qu'est-ce que tu as ?
- Rien. On s'est engueulé avec Henry ce matin. A cause de toi ! Encore. Il trouve que je passe trop de temps avec toi, que je délaisse les autres.
- Ça fait six mois qu'il te fait une scène tous les matins pour la même raison.
- Là, c'était plus violent.
A force de le fréquenter, Byron a appris une chose de Chang Su : il ne montre jamais ses sentiments. Neutralité totale. C'est comme ça, on lui a appris très tôt à tout cacher, sentiments et avis. Pourtant, avec Byron, il se montre très franc, un peu trop parfois. Il ne force pas son cadet à rester près de lui, c'est bien lui qui demande à le retrouver tous les jours au moins une heure.
Le silence entre eux est habituel, il n'a rien d'embarrassant. Pourtant, Byron préfère mettre les choses au clair.
- J'te dis pas ça pour te faire des reproches. Si je dois choisir entre mes escapades avec eux et tes cours, mon choix est vite fait !
- Je sais.
Ses yeux noirs se posent sur le visage paisible du jeune homme, sur ses yeux fermés et tournés vers le ciel. Il soupire devant l'attitude innocente et inconsciente du garçon, devant les airs nonchalants de cet enfant de bientôt dix-sept ans. Étrangement, malgré son tempérament borné et parfois autoritaire, Byron est capable de produire chez un être froid et d'apparence insensible, comme Chang Su, un besoin irrépressible de le protéger de tout.
- Tu devrais peut-être écouter Henry, pour une fois.
- Quoi ?
Byron se redresse brusquement et maladroitement, surpris par la réflexion de son ami.
- Tu veux te débarrasser de moi ?
- Byron, réfléchis un peu. Depuis que tu me fréquentes, tu ne vas plus du tout en cours, tu as tourné le dos à tous tes amis, tes parents te voient à peine… Tu crois que c'est sain pour quelqu'un de ton âge de se couper du monde comme ça ?
- Je n'apprends rien en cours, et de toute façon, je ne vois presque jamais mes parents ! Quant à mes amis… Henry me manque un peu. Pas les autres. Ils sont tous là, persuadés que s'ils le demandent poliment, je vais passer la nuit avec eux ! Toi, tu me fais plus de bien que tous les autres réunis.
- Qui te dit que je ne suis pas comme eux ?
Byron plante ses yeux rougeoyants dans ceux de Chang Su qui soutient son regard. Byron est encore à un âge où il ne se maîtrise pas, où le tempérament romantique prend le pas sur tout le reste, à fleur de peau. Il perd ses moyens, il abandonne son attitude détachée pour laisser des larmes de colère brouiller son regard brûlant. Ça, c'est le signal d'alarme, la preuve que Chang Su a frôlé la limite du raisonnable, et qu'il a intérêt à s'arrêter là. C'est comme ça, Byron ne supporte pas, ne supporte plus de découvrir qu'on le fréquente avec une idée en tête, qu'on l'écoute pour savourer un plaisir visuel, charnel si affinité. Avec Chang Su, ça prend des dimensions plus importantes, parce qu'il l'estime et qu'il l'admire. Parce qu'il aimerait que Chang Su voit en lui autre chose qu'un adolescent au charme indéniable.
Le jeune homme s'approche du garçon, il s'assoit et pose sa main sur son visage, en s'appliquant pour gommer les prémices de larmes. Les élans affectifs de Chang Su sont trop rares pour ne pas en profiter. Entre la colère de la dispute du matin avec Henry et la tendresse surprenante de Chang Su, le cœur de Byron tourne à l'orage, et les sanglots se pressent aux portes de ses yeux. Il mord sa lèvre inférieure pour ne pas pleurer, mais les larmes se bousculent quand même. Alors il s'avance, s'engouffre entre les deux bras de son ami, cache sa tête blonde contre sa poitrine. Chang Su serre ses bras autour de lui et pose son menton sur sa tête.
- J'suis désolé, s'excuse Byron. Je suis un peu fatigué en ce moment…
- Tu y es pour rien, c'est moi qui suis allé trop loin. Ce que je voulais dire, c'est que tu ne peux pas uniquement compter sur ma présence.
- Pourquoi pas ?
- Parce que je ne vais pas passer ma vie ici, Byron. Je vais partir, bientôt.
- Moi aussi, je veux partir d'ici. Je n'ai qu'à venir avec toi.
Le jeune étranger esquisse un sourire qui se perd entre les cheveux blonds du garçon.
- J'aimerais bien. Mais tu es un peu jeune.
- Pas tant que ça.
Comme pour prouver ce qu'il avance, Byron s'éloigne de la poitrine réconfortante de son ami. Il essuie lui-même les larmes sur sa joue. Puis, accompagné de son regard le plus incertain, il approche ses lèvres de celles de Chang Su. Persuadé que le jeune homme cherchera à s'échapper lorsqu'il se rendra compte de la situation, il entoure son cou de ses bras, il le garde prisonnier.
Étonnamment, Chang Su ne cherche pas à faire taire le baiser. Il ne répond pas non plus, il ne sert pas le garçon dans ses bras. Il se contente de le laisser faire. Au bout de quelques secondes, Byron s'éloigne, l'inquiétude au bord des yeux.
- A quoi tu joues ? demande calmement Chang Su.
- Je croyais que c'était clair.
- Oui, c'était clair.
- Alors, tu m'en veux ?
- Non, pas du tout. Mais, à quoi ça sert de t'accrocher à ce point à quelqu'un qui va partir ?
- Je veux partir avec toi, se contente de répéter le garçon.
- Tu n'es pas majeur, Byron. C'est dans la résistance que je veux m'engager, et on ne prendra jamais un garçon de dix-sept ans.
- Je peux mentir ! De toute façon, je n'ai pas de papiers ! Je veux juste rester avec toi !
- Moi aussi, j'aimerais rester avec toi, mais c'est trop dangereux.
- Dis, tu m'aimes au moins un peu, alors ?
- C'est compliqué, Byron. J'aime beaucoup passer du temps avec toi, et je te trouve très intelligent. Tu me plais, ça c'est indéniable. Mais je n'ai aucune envie que tu penses que je suis comme tes amis.
Le jeune homme aux cheveux blonds soupire. Non, il ne le considère pas comme ses amis, ni comme tous ceux qui le regardent d'un peu trop près. Pour une fois, ça lui plait de plaire autant. Pour une fois, il aimerait que Chang Su le prenne contre lui, à l'abri des regards, l'embrasse passionnément, lui demande de s'abandonner complètement dans ses bras. Pour une fois. Mais Chang Su n'est pas comme ça. Il ne lui demandera rien. Peut-être que cette fois-ci, c'est à Byron de prendre les devants, pour lui montrer ce qu'il pense de lui.
De nouveau, il s'empare des lèvres du jeune homme, les yeux presque fermés. Il rétablit sa prise derrière sa nuque, se rapproche de lui. Au bout de quelques secondes immobiles et suspendues, Chang Su accepte cette présence étrangère contre lui, sur ses lèvres. Il permet à Byron d'être aussi proche, il laisse les deux langues se rencontrer et se découvrir.
Le jeune étranger ignore encore jusqu'à quel point son corps peut s'enflammer pour ce gosse qui cherche à tout prix à rejoindre l'âge adulte, il ignore s'il souhaite réellement apprivoiser cet ange sauvage. Et puis, est-ce possible de l'apprivoiser, de le faire sien ? Peut-être est-il capable d'en donner l'illusion, quelques minutes, une heure tout au plus… Mais au fond, chercher à mettre en cage Byron, lui demander d'appartenir à quelqu'un, chercher à le dompter, ce serait couper les ailes si pures, si éblouissantes de cet ange.
Lentement, sa main se perd dans ses cheveux blonds, douce, puis puissante, solidement accrochée. Byron rit. C'est la première fois qu'il voit Chang Su perdre le contrôle. Il recommence à l'embrasser, il part en exploration du cou du jeune homme. Tant que Chang Su n'impose pas une limite à ne pas franchir, il continue !
- Byron… On est dans une clairière.
- Et alors ? Personne passe jamais ici ! Les gosses sont à l'école, les adultes bossent… J'te jure, elle est rien qu'à nous !
- T'es sûr que c'est ce que tu veux ?
- Quoi ? Faire l'amour avec toi ? demande-t-il avec un sourire.
- Ça, partir avec moi, laisser ici ta famille et tes amis ?
Byron fronce les sourcils et fait une moue. Ça veut dire qu'il réfléchit. Un sourire discret commence à naître sur les lèvres de Chang Su, parce que Byron, malgré toute la maturité qu'il revendique, ressemble à un enfant lorsqu'il réfléchit. Il passe une main dans les cheveux blonds du jeune homme. Byron a dix-sept ans. Il n'a pas l'âge de quitter sa famille ou ses amis pour s'engager dans une résistance dont il ignore presque tout. Surtout pas pour rester auprès d'un jeune homme dont il se croit amoureux ! Cet ange blond à qui personne n'a jamais expliqué l'amour, cet enfant qui croit à un sentiment dont il commence tout juste à comprendre les rouages… Ce gamin aux yeux intrigants ! Cette créature surnaturelle dont il ne parvient presque plus à se passer…
- Oui. Je suis prêt à renoncer à tout ça. Je veux entrer dans la résistance pour être avec toi, mais aussi pour changer les choses, parce que tu m'as appris que ce pays ne tourne pas rond. Pour ma famille, pour mes amis, je veux qu'ils aient droit au même statut que n'importe qui. Oui, je suis sûr de t'aimer, je suis sûr de vouloir faire l'amour avec toi.
Finalement, c'est peut-être ça l'amour. Laisser son imagination déborder, sans se soucier des conventions, sans réfléchir aux codes des romans et des poèmes, oublier les clichés du cinéma et de la peinture. Une concentration de sentiments purs, que personne n'a su distiller, une envie sauvage et passionnée. C'est comme ça que fonctionne l'amour de Byron.
Alors, ému et troublé par cette réflexion, Chang Su accepte.
Il concentre ses baisers sur la peau blanche et dénudée de Byron, il appuie son corps contre le sien. Ses cheveux blonds se mélangent à l'herbe verte, comme dans un tableau de musée. Il tremble légèrement, sous le coup de l'inconnu, de l'excitation, et peut-être du froid. Il refuse de lâcher la main de son nouvel amant.
- Tu sais, tous ceux qui disent au village que j'ai couché avec des hommes contre de l'argent… C'est pas vrai…
Chang Su sourit, pour le rassurer. Oui, il le sait, il n'a jamais cru ces rumeurs, jamais. Il se penche au dessus du corps tendu du garçon, il caresse sa peau vierge, il imprime les premiers baisers qu'elle connaisse. Lentement, pour ne pas l'effrayer. Bien sûr, il les comprend tous ces types qui ont un jour rêvé de posséder ce corps à peine sorti de l'enfance, ce corps tout juste construit. Quelque part, il ressent une certaine fierté à se dire qu'il est le premier à avoir le droit de toucher ce corps, qu'il est le premier à voir ses fantasmes se réaliser. Que le ciel lui soit témoin ! Ici, dans cette clairière, sous l'œil-même de celui qui les a créés, cet étranger venu de l'Est va faire l'amour à un ange descendu sur Terre, il va l'embrasser, le caresser, ne faire qu'un avec lui, et peu importe le châtiment pour avoir profané ce corps si pur, peu importe la punition divine !
Le garçon étendu au sol ferme les yeux, ses mains s'accrochent au corps de Chang Su alors que son propre corps commence à brûler. Son amant multiplie les baisers, comme pour le rassurer, lui rappeler qu'il est là, qu'il n'a pas à avoir peur. Entre deux soupirs, Chang Su murmure à son oreille. Le premier cri de Byron vient mourir contre la paume de sa main. Son corps se cambre de façon soudaine, sous la douleur, sous le plaisir. Ce sont deux corps qui s'imbriquent, une entité qui s'engouffre dans l'enveloppe charnelle de sa jumelle. Les paroles de Chang Su ne s'arrêtent pas, elles accompagnent ses mouvements qu'il tempère. Deux corps en équilibre, l'un contre l'autre, pour quelques minutes… deux corps qui se rencontrent et se séparent brutalement. Une rencontre avec l'immensité, avec l'infini le plus pur. Les râles du jeune homme viennent rejoindre ses soupirs, alors que le cadet refuse toujours d'ouvrir les yeux, reste concentré sur ce corps étranger qui s'empare de lui, qui l'appréhende comme personne avant. La sensation brute, voluptueuse et douloureuse, d'un corps étranger à l'intérieur de lui… Chang Su, lui, a déjà perdu pied, il est ailleurs, il prouve au ciel qu'un homme aussi peut le visiter. L'apothéose sensorielle que l'on perçoit lorsqu'on décide de donner une preuve physique et charnelle de son amour pour un ange.
Le mot passion implique deux choses : le plaisir et la souffrance.
Orgasme recherché qui vient les unir encore, dans un cri ultime, un arrachement définitif à toute la pureté qui émanait encore de leurs êtres en recomposition. Les corps s'achèvent, l'un contre l'autre, accompagnés des soupirs qui sont d'usage. L'ange ouvre les yeux alors que le corps de son amant abandonne le sien. Son cœur résonne au fond de sa poitrine, il trouve un écho dans sa tête. Byron cache son visage entre ses mains, et Chang Su s'étend à ses côtés, le prend contre lui.
- J'suis épuisé, dit Byron.
Sans s'en rendre compte, il confond les bras de son amant avec ceux de Morphée et s'endort. Le jeune homme aux cheveux noirs sourit. Ils sont toujours nus, au milieu de cette clairière où tout le monde peut les surprendre, mais Byron dort, entre ses bras, après l'amour. Il a besoin d'un peu de repos, juste un peu. Alors, encore une fois, les yeux de Chang Su suivent les lignes de ce corps blanc. Les traits du visage du garçon, son cou où perlent encore les dernières gouttes de sueur, l'épaule, le bras, la poitrine qui se soulève, les hanches et la taille, le bassin, les fesses, la cuisse… Lentement, sa main vient se poser au creux de son dos, remonte sur les omoplates. Il s'attendait presque à ce qu'une telle perte de contrôle de son corps et de ses sens amène Byron à oublier de retenir ses ailes, à ce qu'elle sortent de son dos, à ce qu'il s'envole… Mais non.
Fais-toi une raison, cet ange-là, on lui a coupé les ailes. Sans ça, il ne serait jamais tombé dans tes bras !
Après quelques minutes, le corps de Byron se réveille, les mouvements se réenclenchent mécaniquement. Il lève ses yeux ensommeillés vers Chang Su, frotte son visage endormi.
- Ça va, toi ?
Byron hoche lentement la tête, sans s'écarter de la poitrine de son amant. Il va se rendormir.
- Allez, habille-toi, mon ange. Je te ramène chez toi.
Le garçon ne proteste pas. Il enfile son T-shirt et son jean sans rien dire. Il attrape la main du jeune homme, se laisse guider à travers le visage, ignorant les quelques regards étranges qu'on lui adresse. Tiens ! l'ange a encore vendu ses charmes… Son amant leur jette un regard noir. Allez vous faire foutre !
Ils arrivent tous deux à la maison bricolée de Byron. L'ange n'a rien dit du trajet, et il ne le regarde pas dans les yeux. A l'abri des regards, Chang Su pose sa main sous la mâchoire du garçon et le force à lever les yeux. Mais il se dérobe.
- J'ai fait quelque chose de mal ?
Il soupire et secoue énergiquement la tête.
- Je veux partir avec toi.
Oui. Ça fait trois fois que tu me le dis en une après-midi, je crois que je l'ai bien compris. J'ai bien compris que, dorénavant, je ne pourrai plus exister sans toi. Malgré tes dix-sept ans non révolus et ton corps entre l'enfance et l'âge adulte, malgré tout ça… Je ne peux plus me passer de toi.
- On en reparle demain matin.
- On est demain matin, Chang Su ! Il faut qu'on en reparle !
- D'accord. Je t'ai déjà parlé du Réseau de Résistance des 7 Péchés, tu te souviens ? Eh bien, l'un de leurs secteurs manque de monde. Du coup, ils sont prêts à nous accueillir, même si tu es mineur.
- Tu es sûr ?
- C'est un membre de leur secteur qui me l'a dit. Et c'est lui qui nous y emmènera.
Byron refuse toujours de le regarder, et Chang Su a enfin compris pourquoi. Ce garçon est encore un peu trop jeune pour être certain de ses décisions, pour être certain de vouloir quitter ce qu'il a toujours connu. Il a besoin de s'épargner un regard trop long à son compagnon pour ne pas plonger la tête la première, pour avoir les idées claires. Il respire et ses yeux se posent sur sa maison, cette maison bricolée de toutes pièces. Ses soupirs trahissent sa tristesse et sa peur de l'inconnu.
- On part quand ?
- Ce soir, si tu es prêt.
- Je le serai.
- Tu auras le temps de dire au revoir à tes parents ?
- Je ne veux dire au revoir à personne. Pas d'adieux. Ils m'en voudraient et t'en voudraient. Je ne veux faire pleurer personne, sinon, je risque de renoncer. On peut passer la journée à la clairière ?
Son compagnon hoche la tête. Il passe la journée à la clairière, à prouver son amour au garçon, à sécher ses larmes et à le rassurer pour tout.
Byron, tu es encore un enfant ! Un enfant que je vais forcer, par égoïsme, à affronter les pires désirs des hommes, leurs plus cruelles satisfactions. Je vais t'obliger à faire face au monde adulte, à ce qu'il cache de plus malsain. Parce que je t'aime, mon enfant, et parce que c'est égoïste d'aimer un enfant créé par le Tout Puissant ! Byron… je t'en supplie… pardonne-moi.
Mysterious skin : Film de Araki qui m'a beaucoup perturbée lorsque je l'ai vu la première fois, mais que j'ai trouvé incroyable de justesse ! Bref, c'est l'histoire de deux garçons, l'un a perdu la mémoire sur une heure de son enfance et pense avoir été enlevé par des extra-terrestres, l'autre est devenu prostitué après avoir été violé dans son enfance. Donc, rien à voir avec le chapitre, c'est juste la formulation du titre qui me plaisait.
Nouveau Roman : Mouvement un peu arbitraire post-2nde GM, incluant Sarraute, Robbe-Grillet, Simon, Duras (mais elle s'en défendra). Le Nouveau Roman cherche à réinventer l'écriture, se construit contre le roman du XIXème, où il s'agissait d'avoir, et non d'être.
En me relisant, je me suis rendu compte que, obnubilée que je l'étais dans l'écriture par la métaphore entre Byron et l'ange, j'ai juste overdosé le chapitre de lexique religieux. L'un de mes professeurs m'a dit un jour que le problème avec les littéraires, c'est qu'ils étaient incapables de lire un texte sans y voir des références sexuelles et/ou religieuses. Ben faut croire que j'ai été biberonnée à cette théorie un peu fantaisiste !
Le prochain chapitre sera donc le dernier, et il sera, du coup, un peu plus long et mouvementé. Celles et ceux qui ont lu Liberté comprennent bien pourquoi.
En espérant que le chapitre vous a plu, et que certaines d'entre vous parviennent à supporter Byron ! N'hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé !
A la semaine prochaine !
