~Bunya~
Je ne sais même plus d'où l'idée était sortie pour celui-là.
Mais je me souviens que c'était un soir où Maman-SunWings_Fn était pas trop dans son assiette,
et que je lui avait donc proposé d'écrire un texte pour lui remonter le moral.
Celui qui trouve le couple de criminels a droit à un câlin~
Oh, d'ailleurs, on vient de dépasser la centaine de vues. C'est assez impressionnant
de voir autant de vues et pas un seul avis..?
(comment ça j'insinue que j'aimerais bien en avoir ?)
Bonne (re)lecture~
Un rayon de soleil d'un orange insolent bravait les stores pour venir caresser le mur d'un crème douteux. Enfin, telle avait dû être sa couleur d'origine, mais dans cette ville, tout virait au gris. Le ciel, les murs, les gens. Même les fleurs pâlissaient d'un mélange d'ennui, de lassitude et de tristesse latente. Comme si des larmes s'étaient dissoutes dans l'atmosphère de la ville. Ainsi rêvait l'adolescente maigrichonne à la chevelure écarlate assise sur une chaise, dans un coin du bureau.
Elle attendait. Oh, elle pouvait toujours attendre, elle savait, mais la lune serait levée avant qu'elle ne sorte du bâtiment. Comme d'habitude. Et c'est pour cela qu'on l'avait reléguée dans ce bureau, dégagée du passage. L'inspecteur la surveillait. Un bien grand mot a vrai dire, puisqu'à l'instar de ses collègues, l'adulte ne lui jetait pas un regard, concentré sur son travail. Elle n'aimait pas les flics. Les autres, qui l'ignoraient vaguement ou toisaient sa chevelure et son visage d'enfant avec un mépris suintant. Mais l'inspecteur Sun Wings avait quelque chose de différent. Un quelque chose de cool, selon l'enfant.
Elle était assise, les jambes en travers du bureau et les yeux au plafond. Un mikado se balançait au bout de ses lèvres pour y disparaître peu à peu, toujours remplacé une fois totalement ingéré. A force de ce petit manège, arriva le moment fatidique où la boîte fut vide. Avec un soupir, la jeune femme se pencha pour jeter la boîte dans la poubelle où gisaient d'autres cartons vidés, puis fouilla dans ses tiroirs. Las ! Sa réserve était terminée. Avec un grognement mi-paniqué mi-rageur, elle claqua violemment les tiroirs, le fermant dans un bruit d'apocalypse.
Totalement en synchronisation, la porte du bureau s'ouvrit en fracas et laissa rentrer un jeune homme, mégot aux lèvres, qui laissa tomber une pile de dossiers sur le bureau avant de faire demi-tour sous l'œil lourd de l'inspecteur. Maugréant, elle commença à feuilleter les dossiers, les reposant un à un avec une moue désintéressée. Vers le milieu de la pile cependant, un dossier sembla l'intéresser plus que les autres. Elle tourna une page, et un long sifflement se fit entendre. Se tordant le cou, l'invité indésirable aperçut une longue liste, probablement celle de méfaits liés au dossier. Dossier où figurait quelques photos, du moins le devina-t-elle en apercevant un reflet sur quelques rectangles de papier dans les mains de Sun. Fatiguée d'essayer de voir ainsi, l'observatrice se leva pour s'approcher.
Les photos, car c'en était bien, montraient deux hommes d'une trentaine d'années dans différentes situations. Marchant dans la rue. S'embrassant. Riant dans un bar en compagnie de deux autres personnes. Ils semblaient heureux. Ce couple semblait tout droit sortit d'un monde de fiction, où une réalité parfaite permettait à deux êtres de s'appartenir et de s'aimer sans partage et de
- Il ne faut pas se fier aux apparences...
Elle sursauta. L'adulte tira pensivement deux autres photos du dossiers, montrant des silhouettes bien reconnaissables. Penchées sur un plan. Menaçants des gens.
Le couple semblait s'adonner à de bien sombres activités, et à côté couler une vie paisible. L'image idéale de ces deux personnes si belles, éblouissantes et semblants rayonner, s'opposait à la photo d'une enfant, une petite fille, dont le corps désarticulé gisait au sol.
- Tu va les arrêter ?
Se tournant vers elle, Sun lui fit un clin d'œil.
- Je vais essayer !
Elle restèrent quelques instants pensives, contemplant les autres photos. Que ce couple semblait parfait, jusque dans le crime... Avec un soupir, la rouge s'écarta en saisissant sa veste.
- Je rentre à la maison. Tu me racontera ?
- On verra.
Le dossier retomba sur le bureau, synchronisé avec le bruit d'un paquet de mikado sortis de la poche de la veste. Un petit silence se fit entendre, puis l'inspectrice reprit:
- Je te raconterais. A demain Klervia.
- A demain maman.
