Traduction : This doesn't feel like falling

Auteur : Dark3Star

Traducteur : Uzelle

Eh voilà le premier chapitre, j'espère que vous allez l'apprécier. Je devais, au départ le poster plus tôt mais j'ai eu un problème avec un des chiens de la famille...

Même si cela coule de source, je tiens à dire que rien ne m'appartient, ni la série Sherlock (sinon je peux vous garantir que ça ferait un bon moment que Sherlock et John se seraient sautés dessus et...hum, je m'égare...), ni la fanfiction qui, elle à été écrite par Dark3Star. Vos reviews lui seront bien entendu toutes retransmises.

Bonne lecture !


Chapitre 1 : Peut-être, peut-être, peut-être

John s'appuya dos à la porte de son appartement et gémit doucement. Il était heureux d'être à la maison. Autant il aimait son travail, autant celui-ci pouvait parfois être épuisant, particulièrement quand, la moitié du temps, il devait puiser dans ses réserves d'énergie et son temps de sommeil pour courir comme un fou furieux avec Sherlock. John s'éloigna de la porte et s'avança dans l'appartement, cherchant Sherlock. Il trouva son détective consultant dans la cuisine, penché sur des béchers et des boîtes de Pétri. Il ne voulait pas savoir. Pourtant, il ne pouvait s'empêcher de sourire à la vue de l'intense concentration sur le visage de Sherlock.

''Bonsoir Sherlock'' murmura John, s'appuyant sur le cadre de la porte de la cuisine, ''Comment était ta journée ?''

Sherlock leva immédiatement les yeux de son expérience, ses yeux se radoucirent et sa bouche forma un sourire de bienvenue. ''Bonsoir John,'' répondit-il en posant ses affaires. Il s'éloigna de son expérience et avança vers son blogueur. ''Après ton manque abyssal de réponse à mon SMS, j'ai commencé à expérimenter sur les colonies de moisissures et leur évolution sur la chair décomposée.''

John pâlit un peu et allongea le cou, tentant de voir par-dessus l'épaule de Sherlock. Sherlock pouffa et John eut un petit sursaut quand il sentit un souffle chaud sur son oreille.

''Détends-toi'' dit Sherlock, ses yeux brillant d'amusement ''J'ai demandé de petits morceaux de chair morte, assez pour pouvoir les mettre dans les boîtes qui sont sur la table. Ils ont besoin d'être mis sous des lampes chauffantes, ils ne vont donc pas abîmer ta nourriture.''

John sentit la chaleur lui monter aux joues et baissa les yeux un instant. C'était stupide de penser que des petits morceaux de chair morte étaient un geste touchant. Ils ne seraient pas dans le frigidaire, comme l'avait dit Sherlock, et puisque ce n'était que des morceaux il ne serait pas perturbant de tomber dessus par hasard. Sherlock avait pensé à lui. Spécifiquement. Yep, hypothèse confirmée, il était stupide.

''Comment était ta journée, John ?'' La question était douce et chaleureuse.

Un picotement, sentiment heureux, monta dans la poitrine de John à cette question. Sherlock ne s'embarrassait de civilités pour personne, alors quand il s'intéressait à vous, vous saviez que c'était sincère. Ça faisait John se sentir spécial. John inspira et planta son regard dans celui brillant de Sherlock.

''Bonne'' commença John, un sourire se formant sur ses lèvres, ''Chargée. J'ai incisé un autre abcès, plutôt salissant. Oh, et quand je suis arrivé au travail j'étais un peu en retard, il y avait quelqu'un qui criait dans la salle d'attente et deux possibles overdoses. Je suis surpris d'avoir réussit à faire passer tout le monde, il y avait tellement de gens.''

Le détective consultant fit un autre pas vers John, et sourit chaleureusement. ''Tu as vraiment un faible pour le danger, hein ?''

Sherlock était tout près de lui maintenant. Si proche que John appuya sa tête contre le mur pour le regarder, ayant soudainement chaud et sa tête tournant. ''On peut dire ça,'' murmura John, ordonnant à son cœur se remette à battre normalement. Il n'obéit pas. Sa poitrine était serrée. Non. Ce n'était pas bon. Ou peut-être que ça l'était, mais John ne voulait pas réfléchir à ça de trop près pour le moment. Il devait rassembler ses neurones. Penser à quelque chose. Sherlock était un génie qui ignorait tout des relations humaines; ça ne voulait rien dire. Oui. Vraiment ?

''D-diner ?''

Le sourire de Sherlock s'élargit ''Je suis affamé''. Et avec un rapide 'swoosh' de tissu, Sherlock s'était retourné et commençait à se diriger vers la prote d'entrée. ''Chez Angelo, ça te va ?''

John pris quelques inspirations avant de répondre, ''Oui, parfait''. Une autre inspiration et il suivit Sherlock qui était presque déjà dans la rue.

John sourit alors qu'Angelo les conduit vers ce qui était rapidement devenu ''leur'' table. ''Tu te souviens de la première fois où nous sommes venus ici ?'' demanda John, jetant un œil à Sherlock par dessus son menu.

Sherlock gloussa puis acquiesça. ''Bien sûr. Le début de notre collaboration.''

John secoua la tête et retourna à son menu. ''Jamais je n'aurait cru que nous en finirions là.''

Sherlock approuva et pris sa pose de réflexion, les mains jointes contre ses lèvres. Après un moment il dit ''Il y a peu d'affaires en ce moment. Oublies les meurtres, j'aimerais me faire les dents sur un serial-killer qui serait au moins à moitié intelligent.'' Après une pause, Sherlock jeta un coup d'œil à John qui le regardait les yeux plissés. ''Pas bien ?''

''Un peu pas bien, effectivement.'' John ris malgré lui. ''T'es vraiment à part, Sherlock.''

''Mes amis !'' s'extasia Angelo en s'approchant de leur table. Avec une bougie. John ignora intentionnellement la bougie. ''Comment allez vous ce soir ?''

''Bien Angelo'' répondit John, posant son menu. ''Je prendrais les raviolis de homard s'il te plaît''

''Les champignons farcis pour moi.'' ajouta Sherlock, tendant leurs menus au propriétaire du restaurant.

John fixa Sherlock, incrédule, jusqu'à ce que le détective consultant rencontre son regard et dise, ''Quoi ?''

''Tu manges.'' répondit doucement John.

''Je mange'' se vexa Sherlock, un peu indigné.

''Pas souvent, et pas récemment.''

Sherlock se pencha vers John, le menton sur ses doigts entrelacés. ''Peut-être me suis-je fatigué de ton entêtement.''

John sourit, ''Tu pourrais en supporter plus.''

Sherlock haussa les épaules et but une gorgée d'eau.

John se renfonça dans sa chaise et pris un moment pour se détendre. Aussi brillant que puisse être le travail (et spécialement les cas avec Sherlock) ça faisait un bon moment qu'il ne s'était pas juste relaxé. Une pensée lui vint.

''Sherlock,'' il commença ''Est ce que tu penses parfois à partir en vacances ?''

Sherlock le regarda et haussa un sourcil. ''Avec toi ?''

De manière inattendue, John rougit. Il prit une gorgée d'eau pour se donner contenance avant de poursuivre. ''Seul ou accompagné. Est-ce tu penses à partir en vacances tout court ?''

''Pour quoi faire ? Tu penses qu'il y a de meilleurs cas à l'étranger ?''

''Seigneur Sherlock, est ce que tu penses parfois à autre chose que les affaires ? Ne t'es tu pas arrêté durant une affaire pour apprécier le ciel étoilé ?''

Les yeux de Sherlock se plissèrent alors qu'il sourit. ''Je suis surpris que tu te souviennes de ça.'' Puis il réfléchit un moment. ''Parfois, en particulier en ce moment.''

John pencha la tête sur le coté en signe de confusion. ''Parfois quoi ?''

Sherlock le regarda sévèrement. ''Tu m'as demandé si je pensais parfois à autre chose que les affaires. J'ai dis parfois, essaie de suivre un peu ta propre conversation, John.''

John feint la contrariété, puis sourit ''Mange tes champignons,'' marmonna t-il alors que leurs dîners arrivaient.

Sherlock sourit et le fit docilement. ''Alors, où voudrais tu aller ?'' demanda t-il après un moment à mâcher.

John regarda ses raviolis et réfléchit un moment. Une fois encore, il avait l'attention de Sherlock sur lui, sur ce qui le concernait lui et ses souhaits. C'était agréable...John secoua la tête et leva les yeux. ''En Amérique peut-être. J'ai entendu dire qu'il y avait de magnifiques paysages en Oregon. Et que les Appalaches sont belles. Il est supposé y avoir de belles vues sur la côté Est près de New-York. De bons musées.''

Sherlock haussa les épaules, peu impressionné. ''Je trouve que Londres garde mon esprit occupé adéquatement.''

John leva les yeux au ciel alors qu'un sourire affectueux se formait sur ses lèvres. ''Je sais que tu connais Londres comme ta poche, Sherlock, mais tout l'intérêt des vacances est de partir dans un endroit où tu n'irais pas normalement, te détendre et voir des choses intéressantes.''

''Je ne savais pas qu'il y avait des règles'' songea Sherlock.

''Je suis curieux maintenant,'' commença John, se rapprochant de ses raviolis avec un air conspirateur, ''Où irais-tu Sherlock ?''

Sherlock réfléchi un moment avant de répondre, ''Sûrement dans des ruines à travers l'Europe, c'est un bon endroit pour s'entraîner à la déduction'' John pouffa, et après un regard noir, Sherlock continua. ''Le Japon est intéressant aussi. Leur culture est si pleine de complexité que la plupart des autres ne peuvent suivre.'' Sherlock réfléchi de nouveau, les dents de sa fourchette pressées contre ses lèvres pâles. Ce qui ne distrayait pas du tout John. Pas du tout.

''Mais si tu vas en Amérique, je suppose que je pourrais te convaincre d'aller à Hawaï''

''Tu partirais en vacances avec moi ?'' demanda John, surpris, sa propre fourchette suspendue au-dessus de son assiette.

Sherlock haussa un sourcil, puis sourit. ''Je ne vois pas pourquoi pas. J'ai entendu dire que voyager est plus agréable lorsque l'on est en bonne compagnie.''

John baissa les yeux et rougit, encore. Ça devenait une mauvaise habitude. C'était juste un compliment sur sa compagnie; pas besoin d'exagérer. Mais tout de même...ça venait de Sherlock; il ne complimentait pas à la légère.

John se força à lever les yeux et à regarder Sherlock de nouveau. Son visage pâle brillait à la lumière de la bougie. ''Pourquoi voudrais-tu aller à Hawaï ? J'ai cru comprendre que c'était supposé être un endroit décontracté.''

Sherlock lui sourit par-dessus sa fourchette. ''Meilleure vue du ciel étoilé. Loin de la plupart des lumière de la ville, les hauteurs, sur les volcans offrent une meilleure vue.''

John acquiesça. Ça avait du sens.L'idée de Sherlock regardant les étoiles juste pour en apprécier la vue le fit sourire. Plus tôt, John avait mentionné la seule fois où il avait vu Sherlock regarder le ciel, juste un instant. Il serait agréable de le revoir.

''C'était une bonne affaire,'' dit Sherlock, ses yeux prenant une expression lointaine alors qu'il se souvenait de ces jours bien remplis.

John étouffa un rire.'' Tu as une drôle d'idée du ''bon'' tu sais. On a failli mourir, tous les deux. Plusieurs fois.''

Sherlock haussa les épaules et ramena son attention au visage de John. ''Ce ne serait pas la première fois. Fourni avec le boulot, je suppose''

Le visage de John pris une expression contrariée et Sherlock sut qu'il pensait à sa chute de St Bart's. Un lointain et désagréable souvenir pour eux deux. Il ne pouvait toujours pas croire que John ai accepté son retour aussi facilement qu'il l'avait fait.

Voulant mettre un terme à l'inconfort de John, Sherlock recommença à parler. ''Tu te souviens de la fois où je suis rentré à l'appartement, couvert de sang avec ce harpon ?''

John ris dans son verre. ''Comment je pourrais oublier ? Dieu, Sherlock, tu valais le coup d'œil.''

Sherlock lui rendit son sourire.''C'était amusant de rentrer à pied''

''J'imagine bien'' répondit John entre deux bouchées. ''Tu as apprécié les regards n'est ce pas?''

Sherlock haussa les épaules en mastiquant. Une fois sa bouchée avalée, il dit, ''J'aime faire réfléchir les esprit inférieurs pour changer.''

''N'es-ce pas humble ?'' lança John malicieusement.

''On a tous nos défauts'' dit Sherlock, insouciant.

Ils mangèrent en silence pendant quelques minutes avant que John ne commence à rire tout seul.

''Qu'est ce qu'il y a ?'' s'enquérit Sherlock.

''Je me souvenais de quelque chose, c'est tout. Buckingham Palace. Est ce qu'on a toujours ce cendrier ?''

Sherlock acquiesça, ''Et le drap. Le cendrier est à coté du crâne, sur le manteau de la cheminée.''

John secoua la tête ''Dieu, le drap. Tu t'imagines si la Reine avait été dans les alentours ?''

Sherlock leva légèrement les mains en signe de rédemption. ''C'est Mycroft qui m'a presque enlevé mon drap, et il dit que nous sommes immatures.''

''Nous l'étions assez pour survivre au fait d'être menottés ensemble,'' songea John en prenant une autre bouchée de raviolis.

''Je pense qu'on s'en est plutôt bien sortis,'' nota Sherlock.

John bredouilla. ''Bien ? Tu essayais d'ignorer les lois de la physique, en sautant par dessus cette clôture avec moi attaché à ton bras.''

Sherlock haussa les épaules. ''On s'en est bien sortis, non ?''

''Oui, une fois que tu as commencé à m'écouter'' répondit John.

''Hm, je pourrais peut-être travailler là-dessus''

''Peut-être ? Pourrais ? Éventuellement ? Tu te souviens quand tu t'es fais surprendre par un assassin chinois parce que tu m'as laissé dans la rue, à l'extérieur de l'appartement de cette fille, non ?"

Sherlock étudia un moment le champignon au bout de sa fourchette. "Je me souviens de quelque chose de ce genre, oui."

"S'il te plait Sherlock, tout le monde sait que tu as une mémoire éidétique quand tu n'effaces pas les choses. C'était une bonne afaire alors n'essaie pas de me faire croire que tu l'as effacé."

Sherlock sourit et pris son dernier champignon du bout de sa fourchette. Après avoir maché et avalé, il dit, "Je pense vraiment que nous avons amélioré nos compétences de coopérativité au fil des années."

John approuva, "Que tu agisses comme si tu me faisait confiance aide sûrement."

"Bien sûr que je te fais confiance" répondit Sherlock, "Tu as été..." il s'arrêta, comme si les mots étaient coincés dans sa gorge "très loyal et confiant. Peut-être jusqu'a l'inconscience, remarque, mais bon..." Sherlock laissa les mots planer un moment.

John roula les yeux et sourit. "C'est difficile de ne pas faire confiance à quelqu'un qui se jeterait d'un toit pour vous sauver la vie." dit-il doucement. Leurs yeux se rencontrèrent, miroitant à la lumière des bougies, et ils soutinrent ce regard, souriant.

"Puis-je vous servir un dessert ce soir ?" demanda Angelo, venant débarasser leurs assiettes vides.

John eu une idée et un sourire mauvais se forma sur ses lèvres. "Oui," répondit-il. "Un fondant au chocolat s'il te plait, deux cuillères."

Angelo sourit et fis un clin d'oeil "Tout de suite."

Sherlock le regardait, incrédule et John dut se retenir de rire.

"Tu es toujours trop mince. J'essaie juste de profiter de toi pendant que tu es d'humeur à manger." Il s'arrêta, gémit et appuya son front sur la paume de sa main droite. "Ce n'est pas ce que je voulais dire."

C'était au tour de Sherlock de rire. Il plaça sa main droite doucement au dessus de la gauche de John, qui était toujours sur la table. "Merci de te soucier de moi."

John regarda Sherlock, retourna sa main de sorte à ce que leurs paumes soient en contact, et serra doucement. "Je t'en prie. J'ai toujours été derrière toi Sherlock, que tu le veuilles ou non." Il retira sa main après un moment, et regarda le restaurant. Il ne cherchait rien en particulier, simplement à faire autre chose que regarder Sherlock. Il se sentait étrange à nouveau et se résolut à ne pas chercher plus loin concernant ces sentiments. Il avait besoin d'une distraction.

Alors que le détective consultant était toujours aussi agaçant, depuis son retour, il était plus ouvert avec John. C'était un petit changement qui voulait dire beaucoup.

Angelo arriva rapidement avec leur dessert et l'addition.

"Bon" John commença alors qu'il prennait sa cuillère et Sherlock la sienne "Tu vas en manger la moitié, pas de discussion."

"Si tu insistes," concéda Sherlock avec un soupir de rédition.

Un silence confortable se mit en place, où chacun des deux hommes était simplement concentré sur l'assiette en face d'eux. John sourit. C'était une des choses qu'il appréciait avec Sherlock; les silences entre eux étaient aussi satisfaisants que de courir avec lui sur une affaire. Ils étaient à l'aise avec l'autre, et ne ressentaient aucune obligation à remplir le silence. Après tant de temps à être partenaires (de travail, évidemment) ils pouvaient par moment communiquer sans avoir recours aux mots.

"Pourquoi es-tu si heureux ?" murmura Sherlock, l'amusement perçant dans sa voix.

John leva les yeux et pouffa. "Sherlock, tu as un peu de chocolat ici." John montra le coté droit de son menton, près de sa bouche.

Sherlock sortit sa langue et la passa sur le coin de sa bouche, nettoyant le chocolat, John avala sa salive et la pièce sembla soudain se réchauffer. Il baissa les yeux sur l'assiette, et essaya de se concentrer sur le goût de chocolat dans sa bouche, plutôt que sur les battements erratiques de son coeur.

Quelques longues minutes plus tard, leur plat était vide et leur addition réglée. John était plus calme, mais toujours troublé.

"Prêt à partir?" demanda Sherlock, son souffle sur l'oreille de John. Sa voix était douce et chaleureuse.

John cligne des yeux et réalisa qu'il devait avoir fixé la nappe, encore une fois perdu dans ses pensées. Il acquiesça bêtement, espérant que Sherlock se sentait mieux maintenant qu'il avait vraiment mangé quelque chose.

Une rapide course en taxi plus tard, ils étaient de retour à leur appartement. Aucun d'eux ne fit un mouvement pour allumer la lumière, étant donné qu'ils pouvaient voir grâce à l'éclairage public de la rue, plus bas.

John se tourna vers Sherlock après avoir fermé la porte, et pris son poignet. "Merci pour ce soir."

Sherlock baissa les yeux sur lui dans la douce lumière , ayant l'air heureux et quelque peu confus. "Je t'en prie" murmura t-il. Ils restèrent ainsi un moment, se souriant l'un à l'autre.

Impulsivement, John leva les bras et étreignit Sherlock un instant, ressentant la présence de l'homme près de lui. Les étreintes étaient en quelque sorte devenues plus communes (disons que ça arrivait occasionellement) depuis le retour de Sherlock. John se demanda un instant pourquoi, et si les raisons de ces étreintes étaient toutes aussi innoncentes qu'elles en avaient l'air. Puis il décida que ça avait été une bonne soirée, et qu'il était trop fatigué ce soir pour la ruiner en pensant un peu trop. "Bonne nuit Sherlock." murmura t-il "Essaie de dormir un peu cette nuit."

"Bonne nuit John." répondit Sherlock, au creux de son oreille. John sourit, se recula et pris le chemin de sa chambre. Il était heureux et était impatient de dormir.

Sherlock suivit John des yeux alors qu'il disparaissait dans l'ombre. Il resta près de la porte pendant de longues minutes avant de se diriger vers son violon et de le récupérer de la petite table où il était posé. Il amena l'instrument familier sous son menton et commença à jouer. Après de nombreuses conversations sur la nécessité de dormir, John et Sherlock étaient parvenus à un accord concernant les concerts de violon nocturnes. Sherlock y était autorisé tant tant qu'il ne jouait ni trop fort ni trop aigu.

Les cordes chantaient sous les délicates intentions de Sherlock, la chanson était douce, entêtante et pensive. La musique de Sherlock reflétait souvent ses humeurs, et cette fois n'était pas différente.

Au moment où Sherlock avait sauté du toit de Saint Bart's, il savait qu'il était amoureux de John Watson. Il n'aurait jamais été prêt à tout risquer pour quelqu'un d'autre. Même s'il évitait tout forme d'attache et disait que l'amour n'était qu'une défaillance chimique, le sentiment qu'il ressentait pour John s'était installé silencieusement et complètement. Le temps qu'il réalise qu'il était là, il était profondément ancré dans son coeur et il n'y avait aucun moyen de l'en déloger. Plus étonnant...il ne le voulait pas. Il sauterait du toit de nouveau si ça pouvait garder John en sécurité.

La musique se rempli d'un nouveau besoin sous-jacent.

Il savait que John n'était pas gay. Il avait eu des doutes au début, particulièrement après que John lui ai posé des questions sur sa vie sentimentale, lors de leur premiers moments ensemble chez Angelo. Cependant, plus ils enchaînaient les affaires plus Sherlock constatait que John était irrésistiblement attiré par la traque. John était presque aussi excité que lui par leurs enquêtes. Tant qu'ils étaient traités avec empathie et pratique. Toujours est-il, c'était par les affaires, et non par Sherlock, que John était attiré. John l'aimait aussi, mais simplement comme un ami.

La musique développa un rythme régulier, comme celui d'une respiration ou de battements de coeur.

Sherlock se souvint du jour où il était revenu d'entre les morts. Ça avait duré trois ans. Trois longues années. Sans son blogueur...sans John. Sherlock avala difficilement sa salive, et se souvint.

Il avait été prudent. Il avait pourchassé jusqu'au dernier des membres du réseau de Moriarty, jusqu'à ce qu'aucun d'eux ne reste. Il ne pouvait prendre de risque; il ne pouvait se l'autoriser. Quand, enfin, la voie fut dégagée, il hésita. Devrait-il revenir ? Ce serait dur pour John et pour ceux qui l'aimaient (même s'il y en avait peu).

Au final, son sentiment, son amour pour John avait gagné. John méritait la vérité, et Sherlock espérait au moins pouvoir reprendre leur amitié au point où ils l'avaient laissée.

Mais même si Sherlock voulait revenir, il ne pouvait se contenter de simplement réapparaitre. Il savait que ce serait un choc pour son blogueur. En premier lieu, il demanda à Mycroft d'expliquer ce qu'il s'était vraiment passé, le jour où Sherlock avait sauté. Même s'il détestait devoir faire appel à son frère, il avait également peur que John ne le renvoie d'où il était venu sans même lui donner une chance de s'expliquer. John devait connaître toute la vérité, avant de décider quoi faire.

Ce fut difficle pour John, le soir où il appris la vérité. Mais c'était tout ce que Sherlock pouvait faire pour ne pas entrer dans leur appartement et essayer de le réconforter (ndt : je dois avouer que même dans la version originale, je n'ai pas bien compris cette phrase qui semble presque sortir de nulle part... ).Mais Sherlock, cette fois, avait à coeur l'impact qu'il avait sur les autres, et voulait que tout se passe aussi bien que possible.

Finalement, Sherlock inventa une affaire pour John; une série bien étudiée d'indices et de puzzles, lui révélant doucement la vérité, ou laissant le doute apparaître dans son esprit. Il avait encore une fois eu recours à Mycroft. Mycroft lui avait présenté cette 'affaire' comme un exercice, au cas où John voudrait travailler pour lui. Sherlock ne savait toujours pas pourquoi exactement, mais John avait accepté, il avait mordu à l'hameçon. Il avait courru à travers Londres, comme ils en avaient l'habitude,cette fois sur la trace de Sherlock.

John l'avait trouvé, enfin, au parc St James, debout près de l'étang. John s'était arrêté quand il avait vu Sherlock, comme s'il ne pouvait pas y croire, en dépit des précédents indices et de la preuve devant ses yeux. Pendant un moment, John s'était appuyé sur ses genoux, et Sherlock avait craint qu'il ne s'évanouisse. Mais avant qu'il ne puisse s'avancer, John se reprit et couru vers le détective consultant. Sherlock se prépara à un impact, et plus particulièrement à un coup de poing. Étonnamment, John ne l'avait pas frappé. Il s'était simplement jeté sur lui, entourant de ses bras sa grande silhouette, alors qu'ils tombait dans la terre. Sherlock lui avait rendu son étreinte avec autant de force. Il avait serré son blogueur contre lui, alors que la colère et le chagrin de déversaient sur lui. "Connard!" avait sifflé John. "Espèce d'enfoiré ! Bâtard !"

"Je suis désolé, John. Je suis si désolé." murmurait-il entre les insultes de John. Après un moment, John arrêta de crier et pleura doucement, sur l'épaule de Sherlock. Sherlock passa les doigts dans les cheveux courts de John, essayant de le calmer, prêt à rester là toute la nuit si c'était ce dont John avait besoin. John se calma doucement. Après un moment, Sherlock se demanda s'il ne s'était pas endormi. C'est à ce moment que John parla.

''Tu es de retour pour de bon ?'' Le son était étouffé par le manteau de Sherlock, et John ne semblait pas vouloir lâcher Sherlock de sitôt.

''Oui John'' lui dit-il doucement à l'oreille. ''Je suis de retour pour de bon''

John le serra fort contre lui pendant un moment, puis commença à se lever. John lui offrit une main pour l'aider à se lever et Sherlock la saisit. Ils restèrent debout dans l'air frais de la nuit pendant un certain temps, se regardant simplement. Un sourire prudent apparu sur les lèvres de John, que Sherlock lui rendit.

''Diner ?'' s'enquit Sherlock.

John lâcha un rire étranglé. ''Je suis affamé, mais je ne pense pas pouvoir avaler quoique ce soit pour le moment. Trop d'adrénaline.''

Sherlock acquiesça; il pouvait voir John trembler. ''Tu prendras un petit déjeuner demain matin. Pas de discussion.''

John rit une nouvelle fois. '' C'est gonflé, venant de ta part.''

''Alors je le prendrais avec toi, pour montrer l'exemple'' conclut Sherlock.

John lui fit un sourire rayonnant et acquiesça.''Ca m'a l'air bien. Pour l'instant, rentrons à la maison.'' John tendit son bras, que Sherlock prit. Ils restèrent ainsi durant le trajet en taxi, durant tout le trajet vers le 221B Baker Street.

Sherlock laissa son bras lié à celui de John alors qu'ils entraient dans l'appartement, l'entrainant vers le canapé.

''Sherlock ?'' La confusion fit se froncer les sourcils de John et il regarda le détective consultant. Sherlock resserra son emprise sur le bras de John.

''Tu trembles depuis le parc. Je m'en voudrais si je te laissais entrer en état de choc. Nous allons rester assis sur le canapé et regarder de la télé poubelle jusqu'à ce que tu sois plus calme.''

John gloussa et s'appuya sur l'épaule de Sherlock alors qu'ils se dirigeaient vers le sofa. ''C'est moi le docteur.'' mumura t-il ''Je pense que je le saurais, si j'était sur le point d'entrer en état de choc.''

Sherlock se contenta de dire 'hmmm' avant de séparer leurs bras et de s'installer sur le sofa, le dos contre un accoudoir. John le rejoins, son dos contre le dossier du canapé.

Sherlock se pencha et incita John à s'installer dos contre son torse, blottit entre ses jambes. Dans le même temps il dit ''Ne m'as-tu pas dit, plus d'une fois, que le contact humain pouvait être utile la plupart du temps lors d'état de choc ? N'est-ce pas pour cette raison que l'on donne ces couvertures oranges, pour simuler la présence de quelqu'un ?''

C'était au tour de John de ne répondre que par 'hmmm' pendant qu'il s'installait sur le torse de Sherlock. Sherlock avait raison, comme d'habitude, et il était trop fatigué et trop nerveux pour protester. De plus, il était rassurant de sentir le battement régulier du coeur du détective consultant derrière lui.

Sherlock attrapa la télécommande et alluma la télé sur un talk show au hasard. Alors que l'émission avançait, John et lui parlaient. Ils commentaient l'inintêrêt du sujet et l'intelligence des invités(majoritairement Sherlock). C'était une conversation calme et facile, entrecoupée de doux rires. Le bras de Sherlock s'était frayé un chemin autour de la taille de John et John avait posé sa main au dessus de la sienne, entrelaçant leurs doigts.

Finalement, il sentit le rythme cardiaque de John et sa respiration ralentir jusqu'à un rythme plus normal, plus calme. Sherlock baissa les yeux vers son meilleur ami, l'homme qu'il aimait, et sourit. Il pouvait voir les yeux de John papillonner alors que son souffle ralentissait. S'il était honnête avec lui même, Sherlock devait admettre qu'il était lui aussi, mort de fatigue. Vivre en dehors de la société durant trois ans avait tendance à avoir cet effet sur les gens. Quand les yeux de John restèrent fermés durant cinq minutes, Sherlock, avec sa main libre, éteignit silencieusement la télévison et mis la couverture qui était sur le dossier du canapé, sur eux. Avec un soupir heureux, Sherlock appuya sa joue sur la tête de John et ferma les yeux.

La musique de Sherlcok s'éleva doucement dans la nuit, demandeuse, tout comme lui. Les dernières notes entêtantes se suspendirent dans l'air et il laissa son bras tenant l'archet retomber à ses cotés. Les choses étaient progressivement revenues à la normale après cette soirée, plus d'un an auparavant maintenant. Ils étaient tous deux un peu plus intimes physiquement, ce qui voulait dire qu'ils s'étreignaient parfois, et qu'il y avait quelques autres contacts. C'était si loin de ce qu'il voulait.

Avec un soupir, Sherlock baissa son violon. Il plaça l'archet et l'instrument sur la petite table avant de se diriger vers la grande fenêtre qui avait vue sur la rue. Ces petits changements dans leurs interactions physiques et la manière dont ils se parlaient, avec plus de confiance et d'ouverture, semblait plus naturelle à Sherlock. John était, en général, plus affectueux que Sherlock. Après tout ce qu'ils avaient traversé, il était évident qu'il serait plus démonstratif avec un ami aussi proche que lui. C'était une torture de ne pouvoir l'être encore plus. Sherlock se retrouva à harceler John souvent...et à désirer sa présence, lorsqu'il partait travailler. La plupart du temps, il sentait qu'il marchait sur un fil avec John; il ne voulait vraiment pas que celui-ci devienne suspicieux.

Mais quel genre de relation pourrait-il offrir à John , si tenté qu'il veuille bien de lui ? Sherlock aimait toujours son travail. Même s'il n'y était plus "marié", son travail était sans conteste sa maîtresse. Une qui ne pouvait être ignorée ou éconduite. Cette situation convenait à leur amitié, mais il ne pouvait demander à John d'accepter une relation de couple en ces termes.

Sherlock leva la main et l'apposa doucement sur la vitre froide, regardant la rue en bas. Ses yeux suivirent un couple enlacé, luttant contre le vent froid. Son coeur souffrait. Sherlock cligna des yeux et secoua la tête. Il était inutile de poursuivre sur ce chemin. John n'était pas gay. John ne l'aimait pas de la façon dont lui l'aimait. Ils étaient amis et partenaires (professionnels, évidemment). C'aurait dû être assez.

Projettant son esprit sur un terrain plus productif, Sherlock considéra ses options pour la nuit. Ses expériences avaient encore besoin de temps pour incuber. Il aurait pu se tourner vers d'autres expériences, ou jeter un oeil à certains anciens dossiers...John ne lui avait-il pas demandé de dormir un peu ? En plus de la légère satisfaction que ça donnerait à Sherlock de contenter John, c'était également raisonnable. Il n'y avait pas eut d'enquête depuis un moment. Peu importe qu'un nouveau cas se présente, ou qu'il fasse une nouvelle expérience, il serait plus en forme s'il se reposait.

Sherlock s'éloigna de la fenêtre et se dirigea vers sa chambre. Alors qu'il se préparait pour la nuit, il se força à énumérer ses expériences mentalement. Terre à terre. Rester terre à terre. Quand sa tête toucha l'oreiller, il n'eut toutefois pas le coeur à se battre contre lui-même. Sherlock laissa son esprit se remplir de l'image de John, assoupit sur son torse, le soir de son retour. John était en paix, rassurant, et Sherlock se sentait chez lui.


Eh voilà, qu'en pensez vous ?