Et voici le second chapitre ! Mon nouveau travail ne me laisse pas autant de temps que je l'espérait...Mais j'ai fait de mon mieux pour vous faire parvenir ce chapitre au plus vite.
Merci à tous pour vos reviews, c'était un plaisir de les lire.
Ptitanonymous : Merci pour ta review, je laisse apprécier (enfin j'espère) ce second chapitre ^^
Johnlock40 : Merci, je dois dire que je m'arrache les cheveux à relire tout correctement pour qu'aucune faute ne subsiste...Mais n'ayant pas de bêta, il est très probable que j'en laisse tout de même passer dans le futur =) Merci pour ta review et bonne lecture !
Avertissement : ce chapitre contient des descriptions d'une scène de crime. Cela peut heurter la sensibilité de certains.
Chapitre 2 : Premier sang
Le bruit de pas dans l'escalier fût le seul avertissement de John avant que la porte de sa chambre ne s'ouvre violemment.
''John ! John, réveille-toi ! Nous avons une affaire !''
John gémit et se redressa dans son lit alors qu'un détective consultant très enthousiaste sortait de sa chambre. Il s'assit lourdement et jeta un œil vers la lumière de l'aube qui perçait au travers de ses rideaux. Il n'avait pas assez dormi et rêvait de retourner sous ses couvertures bien chaudes.
''Dépêche-toi John !'' Appela Sherlock depuis le bas des escaliers. Malgré lui, John sentit un sourire se former sur ses lèvres. L'enthousiasme de Sherlock était communicatif.
''J'arrive !'' répondit-il. John, debout, regarda sa chambre un moment et enfila des vêtements propres. Sherlock était bien connu pour tenir un rythme effréné pendant qu'il travaillait sur ses enquêtes et il y avait peu de chances pour que John puisse se changer avant un moment.
John dévala les escaliers en enfilant son manteau. C'était la fin du printemps, et s'il se fiait au son filtrant par la fenêtre, un pluie fine et froide tombait dehors. Il s'arrêta au bas des marches pour enfiler ses chaussures. Il faisait ses lacets, quand il se rendit compte que Sherlock s'agitait autour de lui.
''Je vais aussi vite que po-'' John s'interrompit quand il vit le mug que Sherlock lui tendait, se balançant d'un pied sur l'autre, plein d'énergie.
''Je t'ai fait du thé.'' dit doucement Sherlock.
John sourit à son colocataire et saisit le mug en se redressant. ''Merci'' répondit-il.
Sherlock lui sourit avant de s'engouffrer dans la cage d'escaliers. John eut un petit rire avant de le suivre, l'adrénaline pulsant dans ses veines par avance.
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John ferma les yeux en sentant le thé chaud couler dans sa gorge. C'était bon meilleur que le café que Sherlock lui avait fait, en guise d'excuse, après lui avoir dit qu'il était son seul ami. Était-ce déjà si loin ?
Une chaleur qui n'avait rien à voir avec le thé s'insinua en John. Il se souvenait de l'appréhension de Sherlock alors qu'il cherchait son approbation. Les signes étaient discrets, mais il pouvait lire au travers de son détective consultant. Cet aperçu de vulnérabilité avait été pour le moins touchant. Souriant, John amena le mug à ses lèvres et pris une nouvelle gorgée.
John soupira avec une sorte d'exaspération affectueuse alors qu'il sentait Sherlock s'agiter sur le siège près de lui. ''Sherlock'' commença t-il en se tournant vers l'homme. ''Le taxi ne peut pas aller plus vite. Détends-toi, d'accord ?''
''C'est un double meurtre cette fois'' Sherlock lui dictait les faits que Lestrade devait lui avoir donné au téléphone.''Nous sommes tombés sur un fanatique.''
John pris une nouvelle gorgée de thé avant de demander, ''Comment ça ?''
Le regard de Sherlock se fixa sur John avec une étonnante intensité. John sentit le souffle chaud de Sherlock sur son visage, alors qu'il répondait ''Les victimes ont étés crucifiées.''
oOoOoOoOo
Comparé à sa précédente énergie, Sherlock était très calme et concentré alors qu'il sortait du taxi. Il y avait des criminels à traquer. John paya la course avant de suivre son ami.
Le ruban jaune de la police entourait l'entrée de ce qui semblait être un ancien bâtiment industriel reconvertit en maison. C'était propre, avec quelques jardinières de fleurs suspendues aux fenêtres. Sherlock avançait d'un pas décidé, passant sous le ruban et le tenant pour que John puisse passer.
John sourit alors qu'il suivait Sherlock. Sourire qui disparût rapidement à la vue de l'agent Donovan, les regardant de loin. ''Sherlock. John.'' On ne pouvait dire que c'était un accueil chaleureux. John lui rendit son regard glacial et la vit reculer d'un pas, satisfait.
Anderson et elle avaient cessés d'être insultants avec Sherlock depuis son retour. Partiellement à cause de la réalisation de ce que Sherlock avait fait pour protéger les autres. Et également en partie, enfin principalement selon John, à cause du fait qu'ils ressentait à présent à son égard un certain respect teinté de crainte. John ne leur avait jamais pardonné d'avoir perdu confiance en Sherlock.
Lors du premier cas après le retour de Sherlock, Anderson et Donovan avaient tous deux lancé leurs insultes habituelles. John n'avait jamais été aussi près de frapper un officier de police. Il les aurait mis à terre, tous les deux si Sherlock ne l'avait pas retenu en posant une main sur son épaule. De fait, John avait les avait rabaissés verbalement pour leur incompétence, jugements présomptueux, manque de respect et tout ce à quoi il avait pu penser. John n'avait pas le moins du monde regretté ses paroles face à leurs regards confus et visages baissés, et encore moins après qu'il se soit rendu compte que Sherlock lui souriait. Apparemment, le détective consultant approuvait ses insultes et n'avait, pour une fois, rien à rajouter.
Passant à côté de Donovan et ignorant complètement Anderson, John gravit les marches du perron. Par-dessus l'épaule de Sherlock, il pouvait voir les habituels officiers présents sur les scènes de crime ainsi que d'autres personnes lui étant inconnues.
Sherlock s'était arrêté afin d'examiner l'encadrement de la porte et l'entrée. John pris un moment pour observer la maison. Les sols avaient l'air d'être, pour la plupart, du plancher ciré. Les murs étaient blanc et décorés avec quelques tableaux et photos. Deux hommes et parfois un chat noir le regardaient depuis différentes images.
''C'était un couple gay donc ?''
Sherlock fit simplement 'hmmm' pour signifier son approbation avant de se diriger vers une porte qui menait apparemment vers le salon. Les plafonds étaient hauts et comportaient de lourdes et solides poutres de soutien. John supposait qu'elles étaient solides parce qu'un homme était pendu à l'une d'entre elles.
Il était complètement nu. John le reconnu grâce aux photos dans la maison. Ses bras étaient tendus au-dessus de sa tête et attachés ensemble au niveau des poignets par une corde solide. Plusieurs tours de corde entouraient les poignets et étaient attachés à la poutre. John pouvait voir la tension dans les épaules de l'homme à un mètre cinquante de distance. Elle était causée, sans aucun doute, par le poids, littéralement mort.
John inspecta le visage du cadavre. Les cheveux bruns de l'homme lui retombaient sur les yeux et les oreilles.
''L'homme pendu au plafond s'appelle Thomas.'' commença Lestrade. John cligna des yeux et regarda à sa droite, remarquant Lestrade pour la première fois. Sherlock avait déjà commencé à explorer la scène, tournant dans la pièce. John savait qu'il cherchait ce qui était là, et non ce qu'il voulait qui y soit. John avait eu droit à de nombreux cours sur l'importance de l'observation et non de la spéculation. Il sourit brièvement. C'était toujours aussi impressionnant de regarder le détective consultant en plein travail.
''Son petit-ami, Sean, est ici, à ses pieds.'' continua Lestrade.
John éloigna son regard de Sherlock pour le reposer sur le corps. Ah oui. Les corps. Aux pieds de Thomas, agenouillé, tout aussi nu et tout aussi mort, se trouvait un autre corps, celui de Sean. Les bras de Sean étaient fermement entourés autour des genoux de Thomas. Sa tête pendait mollement dans la mort et John pouvait voir de douces boucles blondes sur sa tête.
John contourna les corps, les examinant. Plus près des corps, il s'aperçut que Sean avait lui aussi de la corde autour des poignets. Ces liens avaient étés utilisés afin de fixer les bras de Sean aux genoux de Thomas, et ce sans qu'ils ne puissent bouger.
John sentit sa poitrine se serrer légèrement à cette vue Sean, à genoux devant son amant crucifié. Il était clair pour John que ces deux-là s'aimaient beaucoup. En regardant leurs mains on pouvait voir le scintillement de deux bagues sur leurs annulaires gauches.
Malgré ses fréquentes protestations sur le fait qu'il n'était pas gay, John n'avait, en fait aucun problème avec ceux qui l'é personnes qui l'étaient et qui envahissaient son intimité, en revanche, c'était une autre paire de manches. Après le coming-out de Harry, il s'était fait un devoir de faire attention à son attitude. Il avait un problème avec Harry, mais concernant l'alcool, pas son orientation sexuelle. Comme John l'avait dit à Sherlock lors de leur premier cas ensemble ''Tout est okay''. Sans doute le tueur n'était-il pas d'accord avec lui.
John sentit Sherlock se rapprocher de lui, examinant enfin les corps. ''Eh bien, John ?'' demanda t-il.
John leva les yeux vers Sherlock avec un sourire avant de reporter son regard sur les corps, les regardant de haut en bas.
''Il y a des égratignures sur l'avant-bras.'' commença John, énonçant les faits en même temps qu'il les remarquait. Ses yeux descendirent. ''Une méchante blessure au niveau de la tempe, plus proche de d'implantation des cheveux que du front. Il pourrait avoir été frappé par derrière.''
''Bien John.'' murmura Sherlock. ''Quoi d'autre ?''
John prit une inspiration et continua. La voix de Sherlock ne le distrayait pas. Pas du tout. ''Il y a d'autres blessures sur les épaules et le torse. Il ne s'est pas laissé avoir sans se battre. Il a peut-être de l'ADN sous les ongles.''
''On vérifiera ça à la morgue. Continue.''
John recommença à tourner autour des corps, à la recherche de nouveaux détails. ''Il à été fouetté. Quelques unes de ces marques ont l'air moins profondes que les autres. Peut-être le tueur a t-il utilisé un martinet ?''
''Un martinet ?'' demanda l'un des membres de la scientifique. ''N'est ce pas la même chose qu'un fouet ?''
John secoua la tête. ''Un martinet, plus connu sous le nom de chat à neuf queues, est moins dangereux. Il peut faire mal, si la personne qui l'utilise sait ce qu'elle fait, mais il n'a pas l'envergure du fouet. Un fouet est habituellement composé de cuir tressé, et sa longueur permets à l'utilisateur de le faire claquer avec force. Il est aisé de laisser une cicatrice, si l'on est pas attentif. Un martinet, en revanche, est le plus souvent composé de cuir non tressé. Si on l'utilise, ou souhaite l'utiliser comme arme, il faudrait qu'il soit équipé d'éclats de verre ou de métal aux extrémités de chaque lanière. La plupart des martinets et des fouets vendus aujourd'hui sont plus utilisés en tant que sex-toys qu'en tant que véritables armes.''
Le membre de la scientifique rougit légèrement avant de demander ''Comment vous savez ça ?''
John regarda Sherlock par-dessus son épaule un bref instant, et celui-ci haussa un sourcil. ''Sherlock, bien sûr'' répondit-il. Il se tourna vers les membres de la scientifique et ricana à leurs expressions. Sherlock était toujours impassible, mais John vit l'étincelle d'amusement dans ses yeux.
''Qu'est ce que je vous ai dit sur les ricanements sur les scènes de crime ?'' interrompit Lestrade. ''Franchement !''
John rougit alors qu'il réalisait le double-sens de ses paroles...Ça n'aidait pas vraiment avec le ''je ne suis pas gay.''. Il prit une inspiration pour empêcher le sang de monter à ses joues et refocalisa son attention sur les cadavres. ''Thomas est fermement attaché, ses pieds sont à au moins huit centimètres du sol.'' John s'agenouilla afin d'examiner Sean plus en détail sans le bouger. ''Sean à le même genre de blessures, mais est attaché à Thomas. Je suppose que le tueur l'a torturé ailleurs avant de l'attacher ici.''
John laissa son regard filer encore une fois le long des corps, vérifiant qu'il n'y avait rien qu'il aurait pu manquer. ''Ils ont tous deux des marques sur le cou, résultat d'une strangulation.'' John examina le visage des deux victimes. ''Il y a eu, sans aucun doute, privation d'oxygène. Les vaisseaux de leurs yeux ont explosés et leurs lèvres et ongles sont bleus. Sean à été le plus touché, il est mort d'asphyxie'' John releva son regard vers Thomas. Il n'avait pas remarqué la première fois mais sous les marques de fouet et le sang coagulé se trouvait une marque de couteau, en plein sur le cœur.
''Là,'' montra t-il ''Thomas à été poignardé à mort.''
John se tourna ver Sherlock avec un sourire prudent, espérant ne pas avoir trop manqué de choses. Il savait que Sherlock verrait quelque chose que lui-même n'avait pas remarqué. Il le faisait toujours. ''Comment je me suis débrouillé ?''
Sherlock regardait toujours les corps pensivement. Il hocha doucement la tête. ''tu n'as rien manqué d'important'' reconnu t-il. John étouffa un rire.
Pour un observateur extérieur, Sherlock avait dû sembler dur, mais John reconnaissait un compliment lorsqu'il en entendait un. Il y avait tant à propos de Sherlock que les autres ne comprenaient pas. Ils pensaient qu'il était une machine froide et calculatrice. Et John, même s'il avait eu des doutes, savait à présent que ce n'était pas le cas. Sherlock avait un cœur très humain, il s'exprimait juste différemment des autres.
C'était similaire à la façon dont John, en tant que docteur, devait mettre de coté toute forme d'empathie pour ses patients lorsqu'il devait les blesser (que ce soit pour un prélèvement sanguin, un abcès, ou autre). Sherlock était lui aussi forcé de mettre de coté les parties de lui qui pourraient se soucier des gens, pour ne laisser que la logique, afin d'exercer sa brillante analyse, attraper des criminels et sauver des vies.
John suspectait que Sherlock était en fait plus empathique que la plupart des gens, à sa manière. Il voyait, il entendait. La contrepartie de tout cela était la distance. Il refusait de laisser les autres s'approcher de lui, à moins qu'il ne sente qu'il puisse leur faire confiance. Une fois que quelqu'un était proche de Sherlock, avait deviné John, c'était tout ou rien.
Sherlock était proche de Mme Hudson, et avait soigneusement pris en mains le cas des deux hommes qui avaient osé la menacer. John sourit en se remémorant l'affection évidente de Sherlock alors qu'il avait entouré un bras autour des épaules de Mme Hudson, proclamant que l'Angleterre tomberait si elle venait un jour à quitter Baker Street.
Il était également bon de noter qu'il y avait plus à voir concernant Mme Hudson que ce que l'on pourrait supposer au premier abord. Elle riait face l'excitement de Sherlock, face aux meurtres, et ne cessait de les réprimander, de façon presque maternelle, sur le fait qu'ils ne rangeaient jamais leur appartement.
Parfois, John se demandait pourquoi Sherlock l'avait choisit, y avait toute ces années. John savait qu'il n'était rien d'autre qu'un ancien médecin de l'armée, comme on peut on croiser tous les jours, alors que Sherlock était beaucoup plus intéressant. Son dangereux style de vie, ses déductions géniales et sa loyauté étaient de rares et merveilleuses qualités. De plus, d'un point de vue totalement esthétique, Sherlock était beau. Grand, gracieux, avec sa peau pâle, ses boucles sombres et ces yeux. Ils brillaient comme des opales, comme des pierres de lune lorsque Sherlock était sur une enquête.
''John !''
John sursauta et tourna son regard vers Sherlock, un peu confus de s'être laissé aller dans sa bulle. Sherlock devait l'avoir appelé plusieurs fois.
Lestrade gémit et passa une main dans ses cheveux. ''Ne commencez pas à vous construire un palais mental. J'en ai déjà un à gérer'' Lestrade pointa son doigt en direction de Sherlock.''Pas besoin de deux.''
Sherlock roula ses yeux dans leurs orbites et recommença à parler ''Comme je disais, il y a de légers accrocs sur la porte d'entrée et son cadre. Notre tueur à forcé l'entrée. Il était tard, il s'attendait sûrement à trouver ses victimes endormies. Ils avaient des relations sexuelles dans le salon et ne l'ont donc pas entendu forcer la serrure.''
''Et comment, au juste, savez-vous qu'ils avaient des relations sexuelles,'' interrompit Lestrade, frustré mais patient, ''Je ne vois ni préservatif, ni rien d'autre.''
Sherlock soupira, ''Regardez leurs alliances, Lestrade. De l'or blanc, scintillant, propre. Elles ont au moins cinq ans et pourtant elles ont l'air neuves. Elles étaient nettoyées régulièrement et traitées au rhodium. C'était un mariage très heureux.''
''Okay,'' concéda l'inspecteur, ''Donc ils étaient heureux-''
''Je n'ai pas fini'' continua Sherlock ''Avec ce genre de relation heureuse, et si longue, sauf risque de MST/IST, il n'y a pas besoin de préservatif. Ou du moins pas pour un rôle sanitaire. Je suppose que s'ils se souciaient de ce problème, il y aurait des préservatifs. Mais au vu de leur maison, je ne pense pas que-''
''D'accord.'' Lestrade l'interrompit encore une fois. ''Autre chose ?''
''Quelques unes. Il y a un tube de lubrifiant entre les coussins du canapé, au fait. Je suis persuadé que la scientifique en trouverons des traces sur les doigts et le pénis de Thomas, ainsi que dans le derrière de Sean.''
''Comment savez-vous que le tueur n'a rien à voir là dedans ?'' demanda Lestrade. John sourit. Au moins Lestrade avait arrêté d'essayer de discréditer les théories de Sherlock.
Sherlock soupira de nouveau. ''Le tueur hait les homosexuels et/ou l'homosexualité. J'allais y venir mais si vous pensez que votre minuscule cerveau peut suivre, je peux très bien sauter cette partie.''
Lestrade soupira de résignation ''Non, non, continuez s'il vous plaît''
''Merci'' Sherlock s'arrêta, surpris. Ça, c'était l'influence de John sans aucun doute. Sans importance pour l'instant tout de suite, il devait relater des faits. ''Comme je disais, ils avaient des relations sexuelles au moments de l'effraction, c'est pourquoi ils n'ont pas entendu le tueur entrer. Notre tueur est allé frapper Thomas à la tête. Sean a dû entendre ou voir quelque chose dans la pénombre et essayer de le prévenir. C'est pourquoi le coup se situe plus vers le coté de la tête et non à l'arrière. Il y a eu bagarre, ce qui explique les égratignures sur les corps.
Sherlock s'arrêta un moment, regardant la scène avant de continuer. ''Oui, notre tueur doit être très fort pour avoir être capable de soumettre Thomas et Sean. Ça, plus la forte poigne sur le fouet, qui a été utilisé pour les passer à tabac. Un fois qu'ils étaient désorientés et attachés, le reste était facile. Soit il connaissait bien cette propriété, soit il à utilisé ce qu'il avait sous la main au moment de pendre ces deux hommes et de les crucifier.''
''Ce n'est donc pas une vraie crucifixion ?'' interrompit un membre de l'équipe scientifique. ''Je veux dire, ce mec est sur le sol et l'autre est juste pendu par les mains.''Sherlock se retourna et lança un regard noir à la femme jusqu'à ce qu'elle recule avec un petit ''Désolée.''
''On sera là toute la journée avec ces interruptions !'' s'indigna Sherlock, frustré. Il prit une grande inspiration, et redevint calme, clinique. ''Cette femme marque un point. L'utilisation d'outils à portée de main, combinée à l'hésitation des coups de fouet, que tu as confondues avec des marques de martinet, John, me laissent à croire que c'était son premier meurtre. Il n'avait pas tout prévu et était tout d'abord un peu hésitant.'' Les yeux de Sherlock s'étrécirent légèrement lorsqu'ils passèrent sur les cadavres. ''Toujours est-il, ça n'a pas duré longtemps.''
Sherlock désigna les poutres au plafond, où Thomas était pendu. ''Sean était pendu lui aussi. On peut voir des traces de cordes sur la poutre et de légères traces d'usure sur les cordes de Sean. Cette homme les a fouettés. Il n'a clairement aucune expérience avec les fouets, mais était motivé par son intention de faire mal.'' Les yeux de Sherlock suivirent les traces de sang à leurs pieds, recouvertes de plastique transparent afin d'autoriser les déplacements autour d'elles. Il y avait beaucoup de taches et de traînés de sang.
''Notre tueur est un homme grand, on peut le déduire grâce aux trace de ses chaussures qui sont remarquablement plus grandes que celles laissées par Thomas et Sean. Ne vous épuisez pas à chercher des empreintes, il les a effacées avec quelque chose. Donc, malgré le fait que ce crime soit partiellement un crime passionnel, il y a réfléchi un certain temps. Il est très religieux car a porté son choix sur la crucifixion. C'est également confirmé par le passage de la Bible abandonné près de la cheminée.''
Sherlock se dirigea vers celle-ci et pointa son doigt vers le bas, à environ soixante centimètres des vestiges d'un feu. Là, fixé sur le sol par du ruban adhésif, se trouvait un passage de l'évangile de St James. Il disait :
Lévitique 18:22 Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C'est une abomination.
''Quelle théâtralité,'' soupira Sherlock avec dédain avant de faire un geste vers l'âtre ''Il y a les restes d'un drapeau arc-en-ciel dans les cendres. Il provient sans doute de la fenêtre, comme le démontrent les restes de ruban adhésif utilisés pour le maintenir en place.'' Sherlock la désigna et toute les têtes se tournèrent.
''Simplement brillant.'' souffla John dans le silence.
Sherlock se tourna vers John et lui sourit chaleureusement. ''Je n'ai pas encore fini.'' Avec un mouvement souple, Sherlock ramena l'attention générale vers les dépouilles. ''Notre tueur leur a probablement fait la morale alors qu'il les fouettait, les battait puis les étranglait. Il a dû être un peu plus énergique avec ce pauvre Sean, au vu de ses blessures. Il a dû penser l'avoir tué et ne voulait pas le laisser en semi-crucifixion. Ç'aurait été ''trop clément'' envers Sean, selon lui.'' Sherlock roula des yeux avec dédain. ''Honnêtement, les symboles que peuvent vénérer certains. Ça me laisse perplexe.''
Sherlock décrivit un cercle et s'approcha de nouveau de Sean. ''Quoi qu'il en soit, Sean n'était pas tout à fait mort. Sa gorge était complètement ou partiellement écrasée, mais laissait passer assez d'oxygène pour que son cerveau puisse continuer à fonctionner encore quelques minutes.''
Levant son regard vers Thomas, Sherlock continua, ''Il n'en avait pas encore tout à fait finit avec Thomas, quand notre tueur à été interrompu.''
Sherlock se tourna vers Lestrade en lui demandant, ''Vous dites que c'est la femme de ménage qui vous a appelé ?''
Lestrade hocha la tête ''Isabel Bruckner. Elle était hystérique, elle à a peine pu nous donner l'adresse. Elle a demandé à aller à son église après que j'ai pris sa déposition. Un peu inhabituel, mais j'ai pensé que ça la calmerais un peu, donc j'ai demandé à un officier en civil de l'accompagner.''
Sherlock hocha la tête ''Oui, ça pourrait nous être utile plus tard.'' Son regard bleu métallique se posa sur les cadavres alors qu'il reprenait son récit ''Notre tueur entends la femme de ménage commencer à entrer. Il manque de temps. Il prends un couteau, petit et solide au vu de la blessure, et poignarde Thomas au cœur, afin d'être sûr de sa mort.'' le bras de Sherlock fit un mouvement vers Thomas, mimant le geste en prononçant ces mots. ''d'après l'angle de la blessure par rapport à ma main, je dirais que notre homme mesure presque exactement deux mètres.'' Sherlock fit une pause avant de déplacer son bras vers la droite, désignant la fenêtre près de l'arrière de la maison. ''Puis il s'enfuit par la même fenêtre d'où il a arraché le drapeau.''
Il y eut un moment de silence avant que Lestrade ne prenne la parole ''Et Sean ? C'est le tueur qui l'a mit de cette façon ?''
Sherlock lui lança un regard noir, ''Ne soyez pas idiot. Comme je l'ai dit, il n'était pas encore mort. Le bruit qu'a fait le tueur en s'échappant, et l'hystérie de la gouvernante l'ont probablement éveillé de l'inconscience induite par le manque d'oxygène. Ses dernières pensées ont été d'être auprès de son amant. Ils ont dû être attachés séparément pendant des heures.'' Sherlock fit un geste vers une longue et large traînée de sang partant de là ou Sean aurait dû être pendu jusqu'à sa position aux genoux de Thomas. ''Dans un dernier acte de défiance, Sean s'est traîné aux pieds de Thomas et s'est attaché avec la corde qui avait servit à le suspendre.''
''C'est presque poétique'' murmura Lestrade.
Sherlock eut un rire sec. ''Sentiments inutiles. Ça énerverait le tueur de savoir que malgré tout ses efforts, ces deux amants sont morts ensemble, enlacés. Assurez-vous qu'une photo ou une description paraisse dans les journaux.''
''Quoi ?'' cracha Lestrade. ''Vous venez de dire que ça le mettrais en colère ! Ça pourrait l'énerver assez pour qu'il tue de nouveau !''
Sherlock fit directement face à Lestrade et ricana. ''J'y compte bien.'' Il prit deux enjambées et leva la main pour couper court à d'autres cris et s'expliqua, ''Les preuves nous disent que nous recherchons un homme passionné par sa cause. Il frapperait de nouveau, d'une manière ou d'une autre. Si on le mets en colère, il pourrait faire une erreur. S'il fait une erreur, nous avons plus de chances de l'attraper.'' Sherlock appuya son dernier point en enfonçant son index dans l'épaule de Lestrade.
Lestrade incendia Sherlock du regard pendant un moment, avant de souffler bruyamment par le nez. Ce n'était pas un consentement verbal, mais ils savaient tous les deux que Sherlock marquait un point.
Après un long moment, Sherlock s'éloigna de Lestrade et commença à compter sur ses doigts alors qu'il passait en revue ses notes. ''A savoir,'' commença t-il ''Que nous cherchons un homme grand, de presque deux mètres. Il est musclé, religieux, est assez intelligent – les meurtres suivants nous diront à quel point – et à une raison forte et personnelle, une sorte de ressentiment envers l'homosexualité et/ou la communauté homosexuelle.''
Sherlock se retourna pour ré-examiner les corps. ''Ces hommes n'étaient pas pauvres, mais ça n'en était pas loin. Ils étaient impliqués dans la communauté homosexuelle ainsi que dans l'église. On peut le déduire grâce à leurs nombreuses photos et à la Bible, qui n'a pas bougé de place, dans leur bibliothèque.''
Lestrade leva un sourcil, incrédule. ''Sherlock, j'ai une Bible dans ma bibliothèque, et je ne suis pas allé à l'église depuis des années.''
Sherlock roula des yeux dramatiquement et pointa la bible du doigt. ''Vous ne voyez donc pas ?! Entre les pages se trouvent des prospectus pour une église.'' Sherlock sortit lesdits prospectus et les fourra dans les mains de Lestrade. ''Il y en a beaucoup, ce qui indique qu'ils ont passé du temps à les choisir c'est quelque chose qu'ils ne feraient pas s'ils n'étaient que membres occasionnels de cette église. Ils étaient des membres actifs.''
Lestrade hocha doucement la tête, retournant les brochures entre ses mains. Le titre sur le devant indiquait qu'il provenait d'une église appelée ''L'église de tous les enfants de Dieu''
''C'est l'église où Isabel à demandé à être conduite.'' observa Lestrade, montrant l'adresse imprimée.
''Brillante déduction, Lestrade,'' dit sarcastiquement Sherlock. ''pour une fois vous êtes quatre pas derrière plutôt que dix.''
''Sherlock !'' s'indigna John, dardant un regard noir vers le détective consultant, à quelques pas de lui.
Sherlock lui rendit son regard pendant quelques secondes avant de laisser échapper un léger soupir et de rapporter son attention sur les corps. ''Ils étaient ses premières cibles. S'il s'agit d'une vendetta contre la communauté toute entière, ces meurtres vont devenir plus dangereux et viseront plus haut. Ce tueur veut que son message soit entendu.''
Lestrade secoua la tête. ''Juste parfait. Je suppose que vous n'avez déduis aucun témoin qui pourrait nous donner un point de départ.''
''Vous avez la femme de ménage.'' lui rappela Sherlock ''Nous avons déjà établit qu'elle fait partie de la même église que les victimes. Le tueur pourrait y avoir été une fois ou deux afin de sélectionner ses victimes. Étant religieux, il se sent probablement à l'aise en commençant avec un groupe religieux, ce qui justifie le fait qu'il ai sélectionné des victimes faisant parties d'une église qui accepte l'homosexualité.''
Un faible cri provenant de sous le canapé fit s'arrêter tout le monde à l'exception de Sherlock. Il se pencha et, après quelques cajoleries, il tenait dans ses bras un petit chat noir. ''Il y avait également le chat. Il a probablement vu le tueur.''
''Vous êtes parfois impossible, Sherlock.'' marmonna Lestrade, avant de s'éloigner.
Sherlock ricana tout seul, caressant doucement le chat. Des doigts chauds effleurèrent les siens et Sherlock tourna la tête pour voir John auprès de lui, caressant également le chat. John lui envoya un sourire rayonnant.
''Tu es incroyable, Sherlock, tu le sais ?'' Sherlock sentit une chaleur se diffuser dans sa poitrine au commentaire de John. C'était ce qui avait en premier lieu différencié John des autres dans l'esprit de Sherlock son émerveillement concernant, pour sa plus grande fierté, les talents de Sherlock. Tout comme lorsqu'il était entré dans sa vie, John ne cessait de surprendre le détective.
''Essayez de ne pas gonfler son égo.'' commenta Anderson en entrant dans la pièce ''Il n'en a pas besoin''
''Parfait timing, Anderson'' constata Sherlock, en lui tendant le chat.
''Qu'est ce que vous voulez que j'en fasse ?'' demanda Anderson, ne bougeant d'abord pas pour prendre le chat.
''C'était leur chat.'' dit Sherlock, désignant de la tête les cadavres.
''Faites ce que vous avez à faire. Appelez la SPA ou quelque chose comme ça.''
Le chat émit une petite plainte de protestation alors qu'Anderson s'avançait enfin pour le saisir.
''Je crois qu'elle t'aime bien'' se moqua John alors qu'Anderson s'éloignait.
Sherlock haussa un sourcil. ''Ne sois pas ridicule. Je suis sûr que cette protestation venait de son mécontentement quant au fait d'être laissée aux mains d'un forme de vie aussi faible qu'Anderson.'' John rit doucement alors que Sherlock se dirigeait vers la porte d'entrée.
''Viens, nous avons une longue journée devant nous. Commençons avec la femme de ménage à l'église.''
John suivit Sherlock et le rattrapa sur le trottoir. Ils descendirent la rue dans un silence confortable pendant quelques minutes avant que John ne prenne de nouveau la parole. ''Ils n'étaient pas inutiles.''
Sherlock lança un regard à John ''Pardon ? ''
''Les sentiments de Sean.'' continua John avec un petit sourire, ''ils n'étaient pas inutiles''
''Ça ne l'a pas aidé à rester en vie, si ?'' railla Sherlock.
John secoua la tête. ''Non, mais comme tu l'as dit, ses actions ont créées une situation qui pourrait nous aider à capturer le tueur... en le mettant en colère.
Sherlock s'arrêta brusquement sur le trottoir et fixa son blogueur. John ne pût empêcher un sourire de naître sur ses lèvres. ''J'ai raison'' murmura John, ''et tu le sais.''
L'interruption ne dura qu'un instant avant que Sherlock ne se remette à marcher rapidement dans la rue.
''Ne pas l'admettre ne va pas faire que ce soit moins vrai !'' lança John en le suivant, souriant toujours, devant courir pour le rattraper.
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John et Sherlock tournèrent à l'angle d'une rue et l'église qu'ils cherchaient fût en vue leur trajet à pied avait été bref, trop bref pour faire appel à un taxi. Le bâtiment en lui-même était composé de pierre grise taillée. John devina qu'il devait avoir été vendu à la congrégation par l'Église Anglaise, au vu de son âge. Il possédait un grand clocher et des vitraux qui brillaient à la lumière du jour.
Ça fit sourire John. Il n'était pas vraiment religieux, mais il appréciait l'architecture de ces vieilles bâtisses. Cette part d'histoire était l'un des raisons pour lesquelles John aimait Londres.
''Avance, John'' L'appela Sherlock par dessus son épaule alors qu'il poussait les lourdes portes de bois de l'église.
John secoua la tête et sourit affectueusement à Sherlock, avant de lui emboîter le pas.
Sherlock s'avançait dans l'allée principale, vers un petit groupe de personnes, pleurant près de l'autel, John sur ses talons.
Une femme, petite et robuste s'éloigna du groupe et fit quelques pas vers Sherlock. ''Sherlock Holmes ?'' articula t-elle à travers ses larmes. Ses fins cheveux bruns bougeaient autour d'elle comme un voile. La façon dont ils ondulaient laissa John croire qu'elle les avait récemment coupés, probablement à cause de son travail de gouvernante.
''De toute évidence.'' dit Sherlock, ''Isabel Bruckner ?''
Elle hocha la tête, tenant ses bras sur son ventre, comme si elle souffrait. ''Oui, est-ce l'inspecteur Lestrade qui vous à donné mon nom ?''
Sherlock fit un signe de tête, ''Il l'a fait, mais je lui ai volé son carnet de note de toute façon.'' Sherlock montra le petit cahier ''Au cas où il aurait ''oublié'' quelque chose.''
''Sherlock !'' réprimanda John, lui arrachant le carnet. ''Est ce que c'était vraiment nécessaire ?''
Sherlock haussa les épaules. ''C'était amusant.''
Un rire étranglé provenant d'Isabel ramena leur attention sur elle. ''Désolée,'' dit-elle, amenant une main à sa bouche pour la couvrir. ''vous êtes juste...un couple si mignon. Thomas, Sean et moi étions fans de votre blog, Docteur Watson. Ils auraient étés honorés de vous rencontrer.'' Elle prit quelques grandes inspirations. ''Nous, euh, nous avions une sorte de petit pari entre nous, concernant le moment où vous allez vous passer la corde au cou.''
John se raidit à coté de Sherlock et Isabel tendit la main vers lui, comme pour le réconforter. ''On savait bien que vous étiez pas très publics, en ce qui concerne votre relation.'' appuya t-elle ''On ne voulait pas espionner ni quoi que ce soit. C'est juste que votre partenariat était si évident au travers de votre écriture.''
En entendant le commentaire de Mme Bruckner, un plan commença à se mettre en place dans l'esprit de Sherlock. Il n'y avait qu'un problème ce serait mauvais, vraiment mauvais et égoïste de tirer avantage d'un cas pour initier une intimité physique avec John.
Mais bon, Sherlock n'avait jamais été un saint. Il enroula son bras autour de la taille de John et l'attira à lui. John se tendit imperceptiblement au contact inattendu, ayant l'air d'avoir rosit soudainement. L'embarras, à n'en pas douter. Pourtant, étant le brillant partenaire (professionnel) qu'il était, il suivit le commandement de Sherlock. Ce genre d'impulsion leur avait bien des fois sauvé la mise.
''Nous gardons notre vie personnelle privée, en général,'' commença Sherlock, sa voix de baryton chaude et invitante ''mais nous apprécions votre soutient.''
Isabel approuva de la tête avec un sourire ému. ''Bien sûr.'' Elle regarda autour d'elle un moment, l'église, puis ses compagnons, qui restaient respectueusement en arrière. ''C'est ce genre de soutient qui rends cette église si spéciale.''
Sherlock pencha la tête sur le coté, montrant de l'intérêt. ''Expliquez-vous s'il vous plaît.'' John devina que Sherlock avait déjà déduit tout ce qu'Isabel pourrait lui dire, mais il était appliqué et ne risquerait pas de manquer quelque chose d'important pour une enquête si intéressante.
''Eh bien,'' commença Isabel. ''J'ai rencontré Thomas et Sean pour la première fois alors qu'ils rejoignaient cette église.'' Elle fit une pause et son regard balaya les vitraux.''Ici, personne n'est discriminé. Pas en ce qui concerne les origines, le genre-''
''Ou l'orientation sexuelle.'' finit Sherlock.
Elle approuva. ''Exactement.'' Elle épongea ses yeux avec un mouchoir. ''Je passe mon Master, et Sean et Thomas m'ont offert de m'employer comme gouvernante pour que je puisse payer mes études. Ils étaient un couple tellement adorable. Tellement amoureux.''
Sherlock hocha la tête. Tout cela était en accord avec ses précédentes déductions.
''Je-'' elle s'étouffa un peu, ''Je ne sais pas qui pourrait leur vouloir du mal. Tout le monde les aimait. Ils ont eut l'un des mariages les plus populaires de cette église-'' elle s'effondra en sanglots.
Sherlock lui laissa un moment pour retrouver son calme avant de demander, ''Est ce que de nouveaux membres sont arrivés récemment ? Quelqu'un d'un peu timide par exemple ?''
''Monsieur Holmes'' dit Isabel, '' Autant cette église est familiale, et peut faire office de famille de substitution, autant il s'agit d'une communauté ouverte. Nous avons des membres qui arrivent et qui partent chaque semaine. Beaucoup d'entre eux sont timides. Nous ne posons pas beaucoup de questions. C'est aux gens de décider s'ils se sentent à l'aise ici.''
Sherlock hocha la tête avec un petit soupir ''J'imagine que vous n'avez rien qui pourrait nous aider à retrouver ces membres non plus ?''
Isabel secoua la tête, l'air un peu surprise. ''Vous ne pensez tout de même pas que quelqu'un de l'église-''
''Il est trop tôt pour dire quoi que ce soit, Madame Bruckner. J'ai besoin de plus de données. Sauter aux conclusions maintenant pourrait être désastreux. Laissez moi enquêter, s'il vous plaît.''
Elle hocha la tête de nouveau. ''Bien sûr Monsieur Holmes. Si quiconque peut faire justice à Thomas et Sean, c'est bien vous.''
''Très bien.'' répondit Sherlock. ''Si jamais je doit vous parler de nouveau-''
''Oh je vous en prie'' l'interrompit-elle, ''Prenez ma carte.'' Elle lui mit dans les mains un morceau de papier cartonné marron.
Sherlock approuva. ''Merci de votre aide, Madame Bruckner.''
''Merci à vous, Monsieur Holmes.'' répondit-elle avec un petit sourire. Ses yeux se posèrent une fois encore sur John et elle se pencha vers eux, murmurant. ''Juste pour que vous le sachiez, si jamais un jour vous souhaitez échanger vos vœux, cette église serait plus qu'honorée d'accueillir la cérémonie.''
Sherlock sourit et serra John contre lui. ''Nous y penserons, je vous l'assure.''
Isabel eut l'air satisfait. ''Eh bien, si vous voulez bien m'excuser Monsieur Holmes, nous parlions de...des funérailles de Thomas et Sean.''
''Bien sûr'' dit Sherlock. ''Bonne journée.''
Isabel leur offrit un dernier sourire. ''Bonne journée.'' murmura t-elle, avant de se retourner vers le petit groupe.
John s'appuya sur l'épaule de Sherlock alors qu'ils sortaient. Il se dit que c'était pour avoir l'air convainquant, et pour pouvoir murmurer discrètement à l'oreille du détective, pas parce que ça le faisait se sentir bien.
''Tu essayes de jouer sur son empathie ?'' murmura John après qu'ils aient quitté l'église. Sherlock ne s'était pas détaché de lui...probablement au cas où quelqu'un les regarderaient par la fenêtre.
''Naturellement'' répondit Sherlock, murmurant lui aussi, son souffle contre l'oreille de John. John frissonna à cette sensation. ''Merci d'avoir joué le jeu.''
John leva les yeux vers ceux de Sherlock et sourit à la douceur qu'il y décela. ''J'ai confiance en toi, Sherlock, je suis derrière toi. Toujours.''
Ils ralentirent jusqu'à s'arrêter au bord de la propriété de l'église. Sherlock fixait John intensément, et John s'aperçut qu'il ne pouvait détourner le regard.
Sherlock se pencha, doucement, sans rompre le contact visuel, jusqu'au dernier moment et pressa un baiser léger sur la joue de John, tout près de ses lèvres. Les yeux de John s'écarquillèrent, et son souffle se bloqua dans sa gorge alors que Sherlock approchait ses lèvres de son oreille.
''Je serais perdu sans mon blogueur.'' murmura t-il.
Eh voilà pour le second chapitre, encore désolée du retard... Vous avez apprécié ? Pour ma part c'est toujours un plaisir de traduire cette fic. Même si je m'arrache parfois les cheveux pour que tout ça ai un sens. N'hésitez pas à me faire part de vos critiques et/ou vos conseils =)
A bientôt !
Uzelle
