Eh me voilà de retour pour ce troisième chapitre ! Oui, je sais, ça à été rapide, un peu trop peut-être ?...

Je précise (encore) que rien de tout ceci ne m'appartient : Sherlock est la propriété de la BBC et Mr Moffat. La fanfic est de Dark3Star, que je ne remercierais jamais assez pour m'avoir autorisée à la traduire !

Demini : Tout d'abord merci pour ta review, ça fait toujours très plaisir d'en recevoir, autant pour moi que pour l'auteur qui est à chaque fois aux anges, quand je les lui traduis. Merci du compliment, j'espère ne pas faire trop de fautes de syntaxe et que tout est bien compréhensible. Voilà le chapitre suivant ! Bonne lecture !

Merci à Adalas pour sa fidélité sur cette fic =)

Bonne lecture !


Chapitre 3 : Il y a quelque chose ici

John bailla doucement, étirant ses membres sous les couvertures. Étant quelqu'un de très productif, ce qui lui avait bien servit à l'armée, il ne prenait pas souvent le temps de rester au lit le matin, après s'être réveillé. Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, il avait besoin de réfléchir. Et pour réfléchir correctement, il devait éviter Sherlock. Il ricana tout seul face à l'ironie de la chose.

En temps normal, c'était Sherlock qui expulsait les gens des pièces ou leur ordonnait de se taire pour pouvoir penser. Quelle ironie.

A cet instant, John avait besoin de mettre de la distance entre lui et le seul détective consultant au monde...pour penser à lui. Au mieux, réfléchir alors que Sherlock était dans les parages était difficile, parce que Sherlock était...Sherlock. Pendant une affaire, quand Sherlock pensait plus vite que ce que la plupart des gens pourraient imaginer, il était impossible de penser à quelque chose sans que ça ne doit immédiatement déduit. Cette difficulté était maintenant handicapante à cause des...sentiments que ressentait John.

Son esprit revint à la clinique, une semaine plus tôt. Peut-être était-il mordu. Il était, pour sûr, gêné par la proximité de Sherlock ces jours-ci. Était-il en train de confondre ces sentiments amicaux, ce lien si fort qu'ils avaient tissé avec quelque chose de plus d'autre?

John se passa une main dans les cheveux, frustré. Est-ce que ça importait ? Même s'il avait des...sentiments pour Sherlock, le célèbre détective consultant l'avait informé dès le début qu'il était ''marié'' à son travail.

Et pourtant...il serait bon qu'il soit fixé, parce que Sherlock déduirait forcément la vérité. Il savait tout. Est-ce qu'il s'en soucierait ? Ces sentiments étaient-ils assez forts pour mériter qu'on les prenne en compte ? Ça faisait un moment depuis son dernier rencard. Peut-être transférait-il simplement ses sentiments romantiques frustrés sur quelqu'un dont il savait qu'il pouvait être sûr ?

John mit l'un de ses bras sur ses yeux et grogna. Ça n'aidait pas. Maintenant il parlait comme son ancienne thérapeute. Donc, il y avait...quelque chose. Et alors ? Ils étaient des amis proches (vraiment très proches), et il ne ferait rien qui puisse risquer cette amitié. Et Sherlock était probablement asexué de toute façon. ''En plus,'' pensa John en lui-même, ''Je ne suis pas gay !''

Toujours frustré et encore plus confus que quand il avait commencé à réfléchir, John se leva de son lit. Il ne pourrait plus dormir de toute façon. Il enfila une robe de chambre et descendit les escaliers pour faire le petit déjeuner. Sherlock était à la table de la cuisine, exactement comme John l'avait laissé la veille, et était sur l'ordinateur portable de John, évidemment.

''Est-ce que ça t'arrive de dormir ?'' marmonna John, agressif, dans un bâillement.

''Il y a du thé et des toasts sur la table'' dit Sherlock, en les montrant d'un signe de tête.

''Merci.'' dit John, sa mauvaise humeur se dissipant pour l'instant. Ça faisait un peu plus d'une semaine qu'ils étaient sur cette enquête. Heureusement, il y avait eu plus d'occasions de manger et dormir que d'habitude. Assez bizarrement, Sherlock faisait le petit-déjeuner. John se sentait un peu idiot de se sentir touché par ce fait, mais il l'était.

''Ça doit être un peu froid...tu as mis un moment à descendre.''

Le regard de John se posa sur Sherlock alors qu'il mordait dans un toast. Exemple parfait. Sherlock savait tout. Il avait probablement déjà classé les sentiments confus de John comme étant non-substantiels et était passé à autre chose depuis des jours. Il prit sa tasse de thé et en prit une gorgée. Il était tiède, pas chaud, mais toujours bon. Après quelques gorgées, il prit la parole.

''Qu'est-ce qu'il y a au programme pour aujourd'hui ?'' Cette affaire prenait plus longtemps que d'habitude, mais John n'en était pas étonné. Sherlock avait créé un bon profil pour la police, mais trop de personnes y correspondaient. Comme le dirait Sherlock, il n'y avait pas assez de données pour pouvoir avoir quelque chose de plus précis. En fait, ce que Sherlock dirait probablement était, ''Il y a simplement trop d'idiots pour se décider.''

Lestrade avait prit en compte le conseil de Sherlock et avait publié les informations concernant les victimes, comment elles avaient été découvertes. L'un des journaux avait même osé publié une photo des mains de Sean enserrant les genoux de Thomas. Lestrade avait des doutes concernant cette photo mais n'avait pas assez de preuves pour relier son existence à Sherlock.

Sherlock avait pris cette photo, évidemment, et s'était assuré de sa publication. John avait entendu Lestrade enguirlander Sherlock au téléphone le jour de sa parution dans le journal.

Sherlock n'avait pas essayé de cacher quoi que ce soit à John. Il était allé jusqu'à raccrocher au nez de Lestrade pour lui montrer l'original sur son téléphone, et lui expliquer comment il l'avait prise. C'était assez bas, venant du détective consultant, mais John était tout de même impressionné.

Les réactions, autant concernant l'histoire que la photo l'accompagnant, avaient étés pour le moins volatiles. Une vague déferlait sur les communautés religieuses et gays, avec des débats, quelques manifestations. Sherlock trouvait ces réactions trop volatiles pour aller parler aux membres de ces communautés, il voulait attendre. C'était le tueur qu'il voulait déstabiliser pas l'opinion publique. Il avait besoin de faits pour rassembler des données. Sherlock attendait un nouveau meurtre sous peu. Il n'y en avait pas...encore.

Sherlock n'avait toutefois pas été inactif. Il avait passé des jours à éplucher les journaux et l'internet en quête d'informations potentiellement intéressantes. Il avait tout passé au peigne fin, des revues spécialisées, à la presse nationale, en passant par ce qui devait être tous les magazines disponibles en Grande-Bretagne. Il n'y avait toujours pas assez de données pour rétrécir les possibilités, mais ça ne pouvait pas lui faire de mal de se rafraîchir la mémoire au cas où il y aurait quelque chose de nouveau. La recherche silencieuse de Sherlock avait été agréable pour John, mais il savait que ça ne pouvait pas durer.

Sherlock détacha enfin son regard de l'ordinateur et le fixa sur John, sérieux. ''J'ai besoin que tu sois mon petit-ami, John.''

John cracha son thé, s'étouffant avec. ''P-Pardon ?''

Sherlock grimaça presque. Presque. Il n'essayait pas d'utiliser l'enquête pour pouvoir exprimer ses sentiments envers John...enfin, pas vraiment. Pourtant, le fait que John ne lui retourne pas ses sentiments amoureux faisait mal. Il savait que John était bien loin d'être homophobe son inconfort concernant les présomptions des autres venait plus d'une certaine pudeur qu'autre chose. C'est pourquoi les sentiments de Sherlock étaient inutiles. Sherlock était du côté des perdants pour cette affaire, même si John ne connaissait jamais ses véritables sentiments.

Sherlock secoua brièvement la tête pour remettre de l'ordre dans ses idées, et s'expliqua. ''Les choses se sont en quelque sorte calmées cette semaine, et je pense qu'il est temps d'y faire quelque chose. Nous devons savoir si le tueur avait un intérêt personnel en ce qui concerne la mort de Sean et Thomas, ou si le crime était motivé par leur style de vie. Le problème, c'est que la communauté gay est toujours un peu nerveuse. Nous serions moins intimidants en nous présentant comme un couple.'' Il fit une pause, incertain, son désir de résoudre cette affaire se confrontant avec celui de ne pas énerver John.

John regarda son thé pendant un moment et rassembla ses pensées. Étant donné son état d'esprit, il n'était pas sûr que cette requête lui fasse plaisir ou le rende mal à l'aise. Il était probablement temps qu'il arrête d'analyser pour simplement ressentir. Les sentiments sont peut-être brouillons et illogiques, surtout si l'on en croit Sherlock, mais John avait déjà réglé des problèmes en suivant son cœur. Pourtant...John leva les yeux, rencontrant le regard étonnamment hésitant de Sherlock Holmes.

''Tu penses vraiment que ça pourrait aider avec l'enquête ?''

Sherlock attendit une seconde avant de répondre. ''Oui.''

John hocha la tête dans sa tasse. ''Très bien.'' Après une brève pause, il continua, ''Tu m'as l'air plus prudent que d'habitude. Ça ne te ressemble pas.''

Sherlock s'éclaircit la gorge et se raidit un peu sur son siège. ''Oui, eh bien, si tu n'avait pas été au courant et d'accord, ce plan n'aurait servit à rien. On ne serrait pas un couple très convainquant si tu sursautait à chaque fois que je te touche, n'est ce pas ?''

''Ah'' murmura John en comprenant. ''Donc tu prévoyais de me convaincre de faire partie de ce plan, par un moyen ou un autre ?''

Sherlock sourit ''Je suis sérieux dans mes déguisements''

John rit. '' Ce n'est rien de le dire. Et puis, tu n'avais pas vraiment à t'inquiéter. Tout le monde à l'air de penser qu'on est un couple, de toute façon.''

Sherlock plaça ses doigts sous son menton dans sa pose ''réflexion'' et hocha la tête. ''Vrai. Nous devons faire quelque chose concernant ta réticence à ''sortir du placard'' ''

John secoua la tête, geste contredit par l'étincelle d'amusement dans ses yeux. ''Alors c'est comme ça qu'on va le présenter ? Que tu as réussis à gagner mon cœur malgré ma timidité ?''

Sherlock se leva et réduisit la distance entre eux avec des pas mesurés. Il se pencha vers John, envahissant légèrement son espace personnel. ''Eh bien,'' murmura t-il, la voix sirupeuse, '' On m'a dit que je peux être vraiment charmant quand je le veux.''

John déglutit et rougit sous l'intensité du regard de Sherlock. Le détective consultant était un acteur formidable. Il aurait presque pu y croire...c'est alors que Sherlock se retourna et enfila son manteau et son écharpe. ''Habille-toi vite, John. Notre public nous attends.''

''Okay, j'ai compris.'' répondit John, se levant de table. C'était de la comédie. De la comédie. Il allait falloir qu'il garde bien ça à l'esprit.

oOoOoOoOo

Pour une fois, Sherlock ne héla pas de taxi. Au contraire, ils marchèrent, bras dessus-bras dessous, dans les rues de Londres.

''J'arrive pas à voir en quoi ce qu'on fait aide pour l'affaire.'' dit John, son regard interrogatif tourné vers Sherlock.

Sherlock sourit dans la lumière printanière et se pencha, ses lèvres frôlant l'oreille de John. ''Patience, John, Patience,'' murmura t-il ''même en tant que couple, nous aurons de meilleurs résultats si l'on y va doucement.''

John acquiesça. Ça avait du sens. Sherlock avait précisé, avant qu'ils ne quittent l'appartement, que tout ceci était supposé être un déguisement. Il n'aurait pas dû parler si librement il aurait pu ruiner leur couverture avant même qu'ils n'aient commencé. Il serait sans doute plus prudent de se laisser porter par les événements.

Il marcha, perdu dans ses pensées, laissant Sherlock le guider. C'était...agréable d'avoir Sherlock à son bras. Étonnamment naturel. Il se moqua presque de lui même en pensant à toutes ces années passées à démentir le fait qu 'ils étaient en couple. Ça avait juste encouragé les rumeurs et, en fait, avait solidifié ce ''déguisement'' qu'ils utilisaient à présent pour l'enquête.

Pourquoi avait-il tant protesté ? Il n'était pas homophobe, loin de là. A cause du bazar que ça avait été chez lui quand il était plus jeune, il faisait toujours attention à sa vie privée. Eh bien, certaines vieilles habitudes ont la vie dure.

Bientôt, ils arrivèrent dans une partie de Londres que John ne reconnût pas. Les rues étaient parsemées de petites boutiques. Ces commerces semblaient hors-de-prix et vendaient de tout. Principalement des bibelots, de la décoration et de l'artisanat.

John leva la tête et regarda Sherlock, interrogatif.

''J'ai pensé que nous pourrions faire un peu de lèche-vitrine aujourd'hui.'' La voix de Sherlock était plus chaleureuse et amicale que d'habitude. C'est vrai. Il jouait au petit-ami dévoué.

John acquiesça. ''D'accord, mais je ne te passe pas ramener quoique ce soit de ridiculement cher et inutile à l'appartement.''

Sherlock hocha la tête avant de pousser John vers une boutique qui vendait des objets en verre coloré ou peint. Ils étaient jolis à regarder, et John aimait la vue du visage de Sherlock, éclairé par par ces lumières multicolores. Ça lui rappelait un peu les vitraux de l'église.

Vers l'arrière de la boutique, loin des fenêtres, John repéra un mobile de cristal en forme de cœur pendant du plafond. Il le captiva, brillant et coloré même dans le coin le plus sombre du magasin. John n'avait pas réalisé qu'il le fixait jusqu'à ce qu'il entendit une brève toux près de lui, il leva les yeux pour tomber dans ceux, bleus et accueillants, d'un employé.

''Magnifique, n'est-ce-pas ?'' lui demanda le vendeur blond. Son badge indiquait ''Eric'', et son tablier vert décoré avec le logo du magasin, confirmait qu'il travaillait bien à cet endroit.

John reposa les yeux sur le mobile et et acquiesça. ''Comment ça se fait qu'il soit si plein de couleurs alors qu'il est si loin de la lumière ?'' demanda t-il en se tournant vers Eric.

Eric lui fit un sourire adorable. ''On l'appelle le cristal d'aurore à cause de cette particularité. La façon dont il est taillé lui permets de capturer la lumière, même dans les endroits les plus sombres, et de la renvoyer.''

''Une lumière dans la nuit.'' murmura Sherlock, et John se retourna vers lui, surpris. Ce n'était pas son genre d'être sentimental. A propos de quoi que ce soit. Ah, oui. Le rôle du petit-ami, il fallait pas l'oublier.

Eric se tourna vers Sherlock ''Tout à fait ! Beaucoup de nos clients disent trouver la lumière de ce cristal rassurante durant les moments difficiles.''

Sherlock hocha la tête, pensif, avant de faire face à Eric. ''Nous allons en prendre un s'il-vous-plaît.''

John, surpris, commença ''Mais qu'est ce que j'ai dit sur-''

Sherlock lui coupa la parole. ''Ce n'est pas inutile, ça t'as fait sourire.''

John rougit, embarrassé par l'attention. Sherlock était sans aucun doute un faux petit-ami attentif. Mais bon, ça avait sûrement – c'était même certain – quelque chose à voir avec l'affaire, et John n'était pas encore au courant, voilà tout.

''Je vous l'emballe de ce pas.'' murmura Eric, avec un sourire complice, son regard allant de Sherlock à John.

Sherlock paya rapidement, et quelques minutes plus tard, il marchaient de nouveau dans la rue. John savait que Sherlock voulait subtilement interroger les gens, il n'avait simplement pas réalisé que ça impliquerait un presque-rencard. Mais Sherlock était l'expert en ce qui concernait les déguisements, et John lui faisait confiance. Il serait mieux de jouer le jeu.

John posa sa tête sur l'épaule de Sherlock alors qu'ils marchaient, souriant quand il sentit la petite altération dans les pas du détective consultant. Sherlock n'était pas le seul à pouvoir surprendre. ''Merci'' murmura John. Sherlock serra brièvement son bras, et John sût qu'il l'avait entendu.

Ils errèrent dans les rues un quart d'heure avant que John ne voit une silhouette familière fermer l'une des boutiques d'artisanat.

Sherlock leva une main en guise de salut et appela, ''Isabel !''

Isabel Bruckner se retourna vers eux et sourit. ''Sherlock, John !'' Elle leur fit signe de la main en les rejoignant. ''Qu'est ce que vous faites ici ?'' demanda t-elle, s'arrêtant juste devant eux.

''Du lèche-vitrine'' répondit Sherlock. ''Et vous ?''

Isabel se tourna et fit un geste vers la boutique qu'elle venait de fermer. ''Je possède cette boutique. Elle est fermée depuis...eh bien.'' Son visage se fit plus triste. ''Les funérailles étaient hier et, je ne me sens pas encore prête à rouvrir.''

Sherlock hocha la tête, compréhensif. ''Vous étiez très proche de Sean et Thomas'' devina t-il.

''Oui,'' confirma Isabel ''pas simplement à l'église, je les ai, en quelque sorte aidés à se rencontrer.''

Sherlock inclina la tête sur le coté, démontrant son intérêt ''Oh ?''

Isabel acquiesça. ''J'ai rencontré Sean à l'université, et Thomas était l'un de mes clients. Je ne les ais pas directement présentés, mais je leur ai recommandé le même artiste. Thomas cherchait juste à voir de l'art. Sean, lui, cherchait du travail en attendant que son live soit publié...il était auteur, vous savez.''

'' Vous avez donc recommandé cet artiste à Sean pour qu'il soit modèle.'' Conclut Sherlock.

Isabel rosit et approuva. ''C'est un artiste très respectable, et Sean a...avait un si beau corps. Thomas est entré alors que Sean se faisait dessiner...Je crois qu'il s'en est pris plein les yeux.''

''Cet artiste fait-il des portraits ?''

Isabel leva les yeux, surprise. ''Oui, pourquoi ? Vous pensez faire faire le vôtre ?''

Sherlock attira John plus près de lui. ''Le nôtre en fait.''

Un petit sourire apparut sur le visage d'Isabel. ''Je vois. Vous faîtes un couple adorable.''

Sherlock lui rendit son sourire. ''Merci.''

''Son nom est Nicholas.'' dit Isabel en cherchant dans son sac à main. ''Je suis sûre d'avoir une de ses cartes ici. Ah !''

Isabel tendit sa main et donna à Sherlock une carte d'un bleu vif.

Sherlock la saisit avec un sourire. ''Merci encore.'' murmura t-il en examinant la carte. ''Nous sommes chanceux,'' dit-il, plus à l'attention de John que d'Isabel, ''Ce n'est pas loin d'ici.''

Isabel jeta un œil au sac pendant au bras de Sherlock quand il désigna une direction. ''Vous disiez faire du lèche-vitrine, mais ce n'est pas entièrement vrai, n'est ce pas ?''

Sherlock rosit un peu. John était, une fois de plus, impressionné par ses compétences d'acteur. ''Vous m'avez démasqué'' répondit Sherlock. ''J'ai acheté un petit quelque chose pour John.''

Isabel eut un autre doux sourire. ''Vous le gâtez trop.'' dit-elle, désignant John.

Sherlock haussa les épaules. ''Je n'arrive pas à m'en empêcher.''

''Bon,'' commença abruptement Isabel, ''Je vais vous laisser, Messieurs, retourner à vos occupations. C'était agréable de vous revoir.'' Elle fit une pause, son expression devenant sérieuse. ''Faites le moi savoir si jamais vous-''

''Oui,'' l'interrompit Sherlock. ''Je suis désolé de vous dire qu'il n'y a rien de nouveau pour l'instant. J'espère que ça va changer d'ici peu.''

Isabel acquiesça. ''Bien. Sean et Thomas étaient de bonnes personnes ils ne méritaient pas ça.''

Sherlock hocha la tête à son tour. ''Bonne journée Madame Bruckner.''

''Bonne journée, Monsieur Holmes'' répondit Isabel en les dépassant.

John tourna la tête pour la suivre des yeux un moment avant de reporter son regard sur Sherlock.

''Chez l'artiste donc ?'' demanda t-il.

''Chez Nicholas.'' confirma Sherlock.

oOoOoOoOo

Le studio de Nicholas ressemblait à un salon victorien avec son parquet ciré, ses étoffes pelucheuses, ses chaises élégantes et d'impressionnantes tables basses décoratives.

''Ça doit bien marcher pour lui.'' murmura John en regardant autour de lui.

Sherlock appuya sur la sonnette sur le comptoir qui résonna dans l'espace vide.

''Par ici !'' dit une voix douce et féminine, provenant de la salle sur la gauche.

Sans hésitation, Sherlock suivit cette voix et entra dans la pièce, John sur ses talons.

C'était sans conteste une femme qui les avaient invités à entrer. Elle était allongée, nue, sur un large lit recouvert de draps luxueux. Elle était penchée dans un angle étrange. Ses hanches reposant sur le rebord du lit et ses pieds s'y accrochant. Ses bras étaient rejetés au dessus de sa tête, comme si elle avait été projetée sur le lit.

John eu la bouche ouverte un moment jusqu'à ce qu'il voit l'artiste à sa droite, la croquant.

''Veuillez m'excuser.'' dit Nicholas sans lever les yeux. ''C'est ma réceptionniste.'' Il désigna son modèle. ''J'ai bien peur d'avoir laissé mes clients un peu sur la touche aujourd'hui.''

La réceptionniste pouffa, ses cheveux bruns remuant sur ses épaules. ''Vous voulez juste attirer plus de modèles potentiels en attirant les gens ici.''

Nicholas sourit derrière son carnet à dessin. ''Coupable.'' Il donna quelques autres coups de crayon avant de lever son regard vers Sherlock et John. ''Eh bien, quelle surprise. Sherlock Holmes et John Watson.''

Nicholas posa son carnet près de lui et se leva pour serrer la main de Sherlock. ''Par pitié dites moi que je peux vous convaincre de poser pour moi.'' s'enthousiasma Nicholas. ''Je ne trouverais jamais d'autre modèle avec ces pommettes !''

Sherlock secoua la tête, un sourire narquois aux lèvres. ''Peut-être poserais-je, mais uniquement avec John, pas seul.''

Nicholas jeta un regard vers John et sourit. ''Bien sûr, un portait avec votre partenaire, c'est adorable.''

John lança un regard de biais vers Sherlock. ''Y-a-t-il quelqu'un qui ne soit pas au courant pour nous ?''

Nicholas rit doucement. ''C'est plutôt difficile de garder un amour comme le vôtre secret.''

John rougit et baissa les yeux.

''Sur quoi travaillez-vous actuellement ?'' s'enquit Sherlock.

Nicholas regarda sa réceptionniste. ''Oh Sheryl m'aide avec une série de nus sur laquelle je travaille. Elle pose bien.''

Sherlock approuva, étudiant Sheryl un moment. ''Puis-je ?'' dit-il en la désignant.

John n'avait aucune idée de ce que Sherlock demandait, mais Nicholas devait le savoir, puisqu'il fit un geste vers Sheryl. ''Tant que ça ne la dérange pas.''

Sherlock regarda Sheryl qui haussa les épaules. ''Allez-y.''

Sherlock s'avança vers elle et regarda une fois encore sa position, avant d'attraper ses chevilles. Sherlock arrangea doucement ses jambes jusqu'à ce qu'elles soient drapées sur le côté du lit. Puis il saisit ses hanches, la bougeant vers ce même coté, et les aligna avec ses jambes. Ses mains bougèrent ensuite vers son dos, qu'il souleva jusqu'à ce qu'il forme un arc. Sherlock saisit ensuite l'un de ses poignets et apposa la main de la jeune femme sur ses seins, laissant son autre bras plié au niveau du coude, reposant près de son visage. Il prit ensuite le menton du modèle avec l'un de ses doigts et tourna sa tête de façon à allonger son cou. Il se recula un instant avant de se pencher et de saisir la cheville droite et de la plier au niveau du genou, plaçant son pied devant son intimité.

'Ça donne quelque chose de plus intéressant.' pensa John en regardant discrètement Sherlock, puis il garda ses yeux résolument fixés sur le sol. Qu'est ce que c'était que cette manie qu'avaient Sherlock et des femmes complètement nues d'être aussi à l'aise en sa présence ? D'abord Irène, et maintenant...quel était son nom ? Sheryl ?

John entendit Nicholas rire doucement avant qu'il ne dise. ''Faites attention, je crois que vous rendez votre petit-ami jaloux.''

John fusilla le sol du regard. Il n'était pas jaloux. Il ne l'était pas.

Les chaussures de Sherlock entrèrent dans son champs de vision, et John sentit l'un des long doigts froids de Sherlock soulever son menton afin de rencontrer son regard. Abrutit de Sherlock avec cette expression si douce dans ces putain d'yeux magnifiques.

John ferma les yeux quand Sherlock se pencha vers lui, et malgré sa colère, fit un minuscule sourire en sentant ses lèvres à la naissance de ses cheveux.

Après un instant, Sherlock bougea et entoura de son bras les épaules de John. ''Il n'a aucune raison d'être jaloux.'' déclara le détective consultant, ''J'essayais simplement de m'excuser d'avoir interrompu votre séance.''

Nicholas sourit. ''J'aimerais que ayez plus à vous faire pardonner, si c'est de cette manière que vous vous excusez.'' Nicholas examina son modèle et regarda Sherlock. ''C'est une pose fantastique.''

''Heureux que vous l'approuviez.'' répondit Sherlock.

''Avant que je ne reprenne le dessin,'' commença Nicholas, ''devrions-nous établir un rendez-vous pour votre portrait ?''

Sherlock lança un regard à John et demanda, ''Pourquoi pas jeudi, dans deux semaines ?''

John haussa les épaules ''Ça me va.'' Il commençait vraiment à se demander en quoi tout ça allait les aider avec l'enquête.

''Alors c'est bon pour moi aussi'' dit Nicholas, enthousiaste et il prit un agenda qui se trouvait près de lui, sur le sol. ''Disons pour, dix heure ?'' Sherlock et John acquiescèrent et Nicholas gribouilla dans son agenda. ''Comment avez vous entendu parler de moi ? J'ai des gens qui entrent par curiosité, mais mon travail se base essentiellement sur le bouche à oreille.''

Sherlock eut une expression sinistre avant de répondre, ''Isabel Bruckner.''

Nicholas arrêta d'écrire et leva les yeux. ''Ah, j'ai lu que vous travailliez sur le cas de Thomas et Sean. C'est le but de votre visite ?''

Sherlock baissa les yeux vers John et le serra contre lui. ''On peux dire que cette enquête me touche'' il releva les yeux vers Nicholas ''et que cette visite mêle travail et plaisir.''

Nicholas hocha la tête et reposa son agenda. Il semblait plus à l'aise. ''Je les connaissait bien. Isabel vous à peut-être informés que Sean avait posé pour moi ?''

Sherlock acquiesça.

Nicholas secoua la tête. ''Ils formaient un si beau couple. Je ne vois vraiment pas qui aurait pu leur vouloir du mal.''

''Avaient-ils des tensions familiales ?''

''Non,'' Nicholas secoua de nouveau la tête ''leurs deux familles les soutenaient vraiment.''

John sentit Sherlock hocher la tête au-dessus de lui. En plus de ses recherches, Sherlock avait passé en revue les dépositions des familles, ils disaient tous la même chose – personne n'aurait pu vouloir leur faire du mal à ces hommes. Ça devait donc être un étranger, quelqu'un qui prenait leur vie amoureuse d'un point de vu personnel. John devina que Sherlock en était arrivé à la même conclusion. Il avait, après tout, toujours une longueur d'avance.

''Merci de nous avoir ajouté à votre agenda, Nicholas.'' commença Sherlock, sortant tout le monde de leurs pensées respectives. ''Et merci d'avoir répondu à nos questions.''

Nicholas hocha la tête d'un air absent avant de lever les yeux vers Sherlock. ''John ne tarit pas d'éloges à votre encontre sur son blog. Nous sommes entre de bonnes mains.''

Sherlock sourit et ouvrit la bouche pour dire quelque chose, mais à cet instant son téléphone sonna.

''Ça doit être Lestrade.'' dit John.

''Vrai.'' répondit Sherlock, saisissant pour une fois son propre téléphone lui-même.

''Allez-y'' Nicholas leur désigna doucement la porte. ''Je vous verrais quand nous ferons votre portrait.''

Sherlock porta le téléphone à son oreille avec une main et de l'autre guida John vers la sortie. Le temps qu'ils soient dans la rue, Sherlock avait rangé son téléphone.''

''Un autre couple.'' marmonna Sherlock.

John grimaça. Il avait espéré qu'ils auraient pu avoir le fin mot de l'histoire avant que ça ne se produise, mais Sherlock n'était qu'un humain après tout. Puis, John se souvint de quelque chose et regarda Sherlock. ''Est-ce que tu as dit à Lestrade qu'on venait ? Est-ce que tu lui as au moins dit quelque chose ?

Un sourire mauvais prit place sur le visage de Sherlock. ''Je dois garder notre bon inspecteur sur ses gardes. De plus, il sait que nous venons. Pourquoi ne le ferions-nous pas ?''

John secoua la tête et sourit malgré lui. ''Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de toi, Sherlock ?''

Sherlock se contenta de ricaner à son oreille.


Bon, voilà pour ce chapitre.

Je dois avouer que je n'en suis pas vraiment satisfaite : l'art et moi ça fait 3 (l'art, moi et le gouffre au milieu...) donc concernant la description de la pose...Je ne peux que m'excuser de sa mauvaise traduction.

En tant que lectrice, j'avais trouvé ce chapitre un peu calme, peut-être même trop, un peu utopique concernant nos deux tourtereaux. Et vous ?

A bientôt !

Uzelle