Disclaimer: Aucun des persos de Tolkien n'est à moi :,(... reniflement tristounet, mais je les emprunte joyeusement pour cette nouvelle fic
JET DE PIERRE DANS UN LAC
"Changer une petite chose... peut tout changer."
Chapitre deux - le chant du guerrier
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« Ce matin, Legolas va encore venir m'apprendre à me battre. Je suppose qu'il va encore me faire utiliser les dagues longues. J'aime mieux quand il me laisse utiliser mon arc. Mais il dit qu'utiliser des armes de contact montre qu'on est plus fort, car on doit être plus proche de son ennemi. Je ne veux pas paraître lâche, mais je préfère quand même l'arc à la dague. »
Estel écrivait dans le petit livre fait de feuilles de parchemin reliées par une bande de cuir finement torsadée sur lequel figurait le sceau de la maison d'Elrond. Il avait reçu ce livre quand il avait commencé l'écriture elfique. Glorfindel le lui avait donné pour qu'il s'exerce à recopier des mots et des phrases. Mais Estel avait rapidement préféré y inscrire ses propres pensées. Au début, il avait eu du mal, et ses tournures n'avaient pas toujours été claires, ni correctes. Mais au fil des jours, sa main s'était assurée. Bien sur, il restait encore des lacunes dans l'écriture. C'était pour ça qu'il y avait une telle différence entre son langage parlé et son écrit. Ses tournures étaient encore hasardeuses, et on aurait eu du mal à le reconnaître comme l'auteur de ces lignes, en l'ayant entendu s'exprimer presque couramment trois minutes auparavant.
Une lune s'était écoulée depuis la première leçon de combat que Legolas avait transmise à Estel. Quatre semaines où l'elfe sylvain et l'humain se côtoyaient tous les jours, et s'influençaient mutuellement. Si le changement qu'Elrond voyait en Estel était plus du genre de l'enfant qui découvre un nouveau jouet ou un nouveau compagnon de jeu, le changement opéré en Legolas était fulgurant.
Tellement fulgurant que Elrond émettait un doute. Que Legolas se soit métamorphosé - en un temps si court - d'expert tactique ne desserrant jamais les mâchoires à quelqu'un d'aimable, de patient, et de caractère joueur, semblait moins crédible que la possibilité que Legolas "joue le jeu" et se force à cette attitude.
Se testait-il par la même occasion qu'il entraînait Estel ? Il était fort possible que Legolas tente sa propre expérience dans cette affaire. Peut-être voulait-il savoir jusqu'où il pouvait aller dans les sentiments positifs... Peut-être voulait-il se donner l'illusion qu'il était capable de vivre normalement, comme n'importe quel elfe ayant grandit dans la paix... Même si ce n'était que pour un temps relativement court.
Car que se passerait-il quand Legolas retournerait à Mirkwood ? Un endroit où la guerre était constante contre les forces de Sauron – ces mêmes forces attaquant la forêt noire grâce à l'erreur commise il y avait si longtemps par l'ancêtre même d'Estel... Pas étonnant que Glorfindel ait émis une telle désapprobation quand Elrond lui avait fait part de son idée. Comment le fils du roi d'une contrée où les elfes tombaient jour après jour lors de combats contre l'ennemi, pourrait accepter d'entraîner le descendant de celui-là même qui avait provoqué le retour de cet ennemi? L'esprit de vengeance du prince pouvait à tout moment prévaloir sur la peur de créer un incident diplomatique en tuant le protégé de son hôte...
Et pourtant, en voyant les plaisanteries échangées entre l'elfe sylvain et l'enfant numénor, Elrond se disait qu'il avait probablement eu raison de ne pas écouter Glorfindel pour une fois. Il avait bien sur craint au début que Legolas ne joue la comédie pour endormir leurs soupçons à son égard, et ne frappe Estel à un moment ou à un autre, quand leur attention se serait relâchée... Il avait eu très peur quand il avait vu Estel tirer sur les colombes et Legolas bondir pour saisir la flèche au vol... Il avait craint pour Estel à ce moment-là. La douleur de la blessure que Legolas s'était infligée pour arrêter cette flèche aurait pu être suffisante pour briser le contrôle que l'elfe exerçait sur lui-même, et le pousser à tuer Estel, comme un réflexe animal contre une source de douleur.
Mais il avait été rassuré par la suite des événements. Legolas avait pu garder son calme, et se servir de l'incident pour enseigner de nouvelles valeurs à l'humain. Le même humain avait - sans s'en rendre réellement compte – fournit un enseignement en retour à l'elfe. Tous les deux s'en étaient trouvé grandis, et le lien entre eux, lien qui avait été si près de se rompre, s'en était trouvé renforcé.
Estel avait toujours semblé apprécier les elfes, mais il regardait Legolas comme un véritable ami. Un ami qui pouvait être extrêmement dangereux et difficilement contrôlable s'il se décidait à utiliser son meilleur talent : ôter les vies.
Pourtant, au contact de l'humain, cet elfe faisait ressortir d'autres talents, des choses qu'il avait peut-être apprises dans son jeune âge, et qui avaient été écrasées, cachées, enterrées, par un environnement trop dur. Elrond soupçonnait que l'éducation que le roi de Mirkwood avait donnée à son fils ne comportait en rien les notions d'arts et de musiques...
C'est pourquoi, il ne pouvait s'empêcher de sourire en voyant Legolas rejoindre le lieu d'entraînement, portant quelques armes, mais également sa harpe longue.
Sous le guerrier, le poète allait-il faire surface ? Legolas allait-il réussir à apprécier la paix, tout en sachant qu'en ce moment même, son peuple faisait constamment face à la mort ?
Legolas descendit les quelques marches de pierre qui menaient à la petite fontaine où l'attendait Estel. L'elfe posa ses armes sur un muret, et tourna la tête à demi vers l'enfant qui écrivait toujours dans son livre, feignant de ne pas avoir remarqué sa présence.
« Hé bien, petit renard, on ne me souhaite plus le bonjour ? », commença Legolas sur un ton outré. « Je me demande quelle flèche as-tu pu encore décocher à ce pauvre Glorfindel », continua l'elfe, « je l'ai croisé dans le grand hall en venant ici on aurait dit qu'il se rendait en toute hâte aux funérailles de son pire ennemi. »
Bien que le souvenir de Glorfindel instaurât un léger malaise en Estel, l'enfant sourit. Il savait entendre entre les mots, et discerner la plaisanterie de Legolas sous ses fausses colères. Il lui semblait toujours que Legolas gardait encore quelque réserve, mais il lui semblait moins taciturne qu'avant... plus vivant.
Legolas ajustait les cordes de sa longue harpe d'un air profondément absorbé, la pointe de sa langue touchant sa lèvre supérieure sans qu'il en ait réellement conscience.
« Dis-moi, Legolas », dit Estel en se levant du muret et posant son livre à côté de lui, « Se prépare-t-on à la musique quand il est l'heure de combattre ? »
« On en a après nos aînés aujourd'hui, on dirait, hmm ? », dit Legolas et il pinça une corde de son instrument en hochant pensivement de la tête.
« Où est parti Glorfindel ? », demanda Estel, se souvenant de l'étrange regard que le grand elfe lui avait jeté ce matin dans la bibliothèque avant de le congédier.
« Probablement dans la salle des archives pour se replonger dans ses sacro- saints rouleaux », dit Legolas d'un air détaché, sachant très bien quelles remontrances il subirait si ses paroles peu respectueuses sortaient de ce jardin. « Il ne reste que ce pauvre Legolas, qui vient tout juste de s'arrêter de combattre, et qui n'aspire qu'à la poésie et à la musique », plaisanta l'elfe, en pinçant une corde de sa harpe. Il prêta l'oreille au son, puis sourit. « Avec le seigneur Elrond, nous avons décidé qu'il valait mieux apprendre la musique au piètre combattant que tu fais, afin que tu ne perdes pas ton existence toute entière ».
Une lune auparavant, Estel aurait réagit au quart de tour comme l'enfant qu'il était: trépignant, hurlant, se roulant par terre, et niant sa faiblesse. Mais il avait appris à utiliser les mots aussi sûrement qu'une dague, pour riposter. Cette joute verbale avec son maître d'arme faisait partie des rituels de combats désormais habituels. « Dans ce cas, Legolas, tu ferais mieux de me chanter quelques vers... Que je sois bien certain de ce qu'il ne faut pas faire. »
C'était une attaque basse, car Legolas, bien que peu habitué à ces arts, ne s'en sortait pas mal du tout!
« Ahaa ! », s'écria Legolas, une lueur de gaîté, de complicité, de fierté, ainsi que de fausse colère passant dans ses yeux. Puis l'elfe entonna la chanson de Nimrodel.
Il était jadis une vierge elfique
Etoile brillant de jour
Son blanc manteau était d'or brod
Ses chaussures gris d'argent.
Une étoile était posée sur son front
Une lumière sur ses cheveux
Comme le soleil sur les rameaux d'or
En Lorien la belle.
Ses cheveux était longs et ses bras blancs
Belle et libre était-elle
Et dans le vent elle allait aussi légère
Que la feuille de tilleul.
Au bord des cascades de la Nimrodel,
Près de l'eau claire et fraîche,
Sa voix tombait comme une chute d'argent
Dans la mare brillante.
Où maintenant elle erre, nul ne le sait
A la lumière du soleil ou dans l'ombre
Car perdue fut jadis Nimrodel
Et dans les montagnes, isolée.
La nef elfique dans le havre gris
Sous le vent de la montagne
Bien des jours l'attendit
Au bord de la mer rugissante.
Un vent nocturne dans les terres du nord
Se leva, et haut il cria,
Et mena le navire des rives elfiques
Au travers des flots mouvants.
Quand vint la terne aurore, la terre était perdue,
Les montagnes plongeant grises
Au-delà des vagues gonflées qui lançaient
leurs panaches d'écume aveuglante.
Amroth vit la rive évanescente
A présent basse derrière la houle,
Et il maudit le perfide navire qui l'emportait
Loin de Nimrodel.
Jadis il était un roi-elfe,
Un seigneur de l'arbe et des vallons,
Quand d'or étaient les rameaux printaniers
Dans Lothlorien la Belle.
Du mât à la mer, on le vit s'élancer
Comme la flèche de la corde,
Et plonger dans l'eau profonde
Comme la mouette en vol.
Le vent était dans ses cheveux flottants,
Sur lui brillait l'écume;
De loin, ils le virent fort et beau
S'en aller, glissant tel un cygne.
Mais de l'Ouest n'est venu aucun message
Et sur la Rive Citérieure
Nulle nouvelle les elfes n'ont plus jamais entendu
depuis lors d'Amroth.
Estel était demeuré silencieux pendant toute la chanson, subjugué par la voix de son maître d'arme. Il y avait encore bien des choses qu'il devait découvrir sur cet être si fort, et si fragile à la fois. Estel pouvait ressentir la tristesse dans ses paroles. Il voulu à un moment tendre la main et la poser sur l'épaule de l'elfe, pour le réconforter, lui dire que tout allait bien. Mais avant qu'il n'ait pu le faire, il détecta aux notes et à la variation du rythme du prince de Mirkwood que la chanson touchait à sa fin.
L'enfant se recomposa un visage malicieux. Nul besoin d'admettre qu'il donnait un point à l'elfe ! « Pas mal... », dit-il quand Legolas eut fini, « ... Du moins pour quelqu'un qui ne s'y retrouve pas dans les accords. » Grande insulte pour les elfes cultivés Estel continua : « Mais si mon père Elrond t'entendait chanter ce genre de chose dans le jardin, il décorerait les murs de Rivendell avec tes oreilles. »
Legolas gratta son oreille droite. « Bien piètre décoration que celles-ci. Elles ont déjà bien été malmenées par les sons étranges qu'un jeune enfant de ma connaissance tire de sa harpe ! »
Estel ne s'avoua pas vaincu. « Ainsi tu as donc oublié ce que ça fait de se retrouver avec des orties dans son lit ? », dit il d'un ton faussement désinvolte, tout en surveillant l'elfe du coin de l'œil.
Les yeux de Legolas s'agrandirent avec une expression de surprise feinte. « Aah ! C'était donc ton œuvre, petit renard ! ». Il saisit deux de ses dagues, « En garde ! En garde donc ! Je brûûûûûle de me venger ! ».
Le sourire d'Estel s'élargit alors qu'il saisissait ses propres dagues, heureux que leur joute verbale ait une fois de plus atteint le but recherché.
A l'écart depuis le balcon, Elrond ne se rendait pas compte qu'il affichait ce même type de sourire sur ses lèvres. Legolas et Estel étaient lancés dans un mélange de combat amical et de danse. Après tout, l'elfe de Mirkwood n'était pas une brute épaisse. Dans chacun de ses mouvements, on pouvait y voir la grâce de sa race. Estel, à côté, paraissait bien empoté...
Elrond fut tiré de ses pensées par un raclement de gorge derrière lui. Il se retourna et vit Glorfindel, la mine grave, qui semblait trouver une mouche sur le rebord du balcon particulièrement fascinante. Elrond sentit son estomac se nouer paresseusement. Glorfindel pouvait être d'un naturel paranoïaque, avec une tendance à voir le mal partout... Mais quand il portait cet air sur son visage, il avait souvent raison sur les catastrophes qu'il imaginait...
« Que se passe-t-il ? », demanda le seigneur elfe, soupçonnant à juste titre que ce que son lieutenant allait mentionner, concernerait directement son fils adoptif, et l'elfe sylvain.
« Il faut que je vous parle, seigneur. », commença Glorfindel d'une voix atrocement neutre, son regard basculant pendant un court instant dans la direction de l'enfant et du prince, en bas, et confirmant les soupçons d'Elrond. « Je pense que nous avons un problème... Un problème sérieux.»
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Bon ben voilà le deuxième chapitre ;)
Maintenant je fonce vite à mon examen :p
(comment ça je ne suis pas sérieuse dans mes études? ;) Mais écrire, ça relaxe :D )
Mais juste avant ça, une réponse à chaque personne ayant eu la grandeur et bonté d'âme de me laisser un petit mot derrière leur passage ;-)
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AELEA:
Hum sa va je suis satisfaite ptdr
Roselyne: :-)
AELEA:
J'étais mitigée, mais l'intrigue est très bonne, alors continues
Roselyne: :-)))))) merciiiiiii
AELEA:
Je suis étonée de voir déjà un autre chapitre, et long qui plus est, c'est bien
Un seul truc, quand Estel à son trou de mémoire, c'est pas assez frappant je trouve.
Roselyne: ben en fait, je l'ai joué en live - d'ailleurs, j'ai des bleus partout :ppp - pour voir comment Estel devait ressentir le choc; et comme juste avant son moment d'absence, il regardait dans la direction des colombes, et que juste avant que Legolas ne le heurte, il était toujours au même endroit et regardait TOUJOURS dans la direction des colombes: de son point de vue, il n'y avait pas eu de grand changement dans son champ de vision. C'est pour ça qu'il s'emporte un peu contre Legolas en se demandant si les elfes sylvains sont ils tous fous, vu que selon son point de vue, Legolas s'est jeté sur lui sans prévenir. Ce n'est que quand il voit sa flèche dans la main de l'elfe - alors qu'il l'avait seulement effleurée dans son carquois la seconde d'avant - qu'il s'est dit qu'il avait du "manquer un épisode".
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CLEM:
Magnifique Chapitre !
Roselyne: rougis :#-)
CLEM:
J'adore cette vision de Lego et d'Estel qui est si jeune et qui ne comprend pas encore les mauvais cotes de ce monde !
Roselyne: c'est vrai que dans la plupart des fics que j'ai lues, c'était plutôt l'inverse: Aragorn avisé et Legolas completement innocent... C'est paaaaaaaaas bien de se laisser influencer par les looks de Viggo Mortensen et d'Orlando Bloom! ;-)
CLEM:
Superbe, continue
Roselyne: Merci ;) Le prochain chapitre dans deux jours (après ce pu### de brevet d'assistant caméra mercredi :-E )
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LISANDRA:
je réitère : LA SUITE
Roselyne: parce que ce chapitre était si mauvais qu'il te faut vite un autre pour l'oublier? pleure
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DARKNESSY 2:
Franchement ta fic est tro bien!
Roselyne: rougiiiiiiiiiiiis
DARKNESSY 2:
Par contre je n'ai pa vu l'effet papillon donc je ne peu pa tro fair de conparaison.
Roselyne: Bah, j'espère que cette histoire pourra survivre en tant qu'elle-même, et sera compréhensible même pour les gens n'ayant pas vu le film :-)
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ERIKA:
MAI-EUH...deja que la communauté est victime de la page blanche ,
Roselyne: Elle va reprendre... Je dois juste me décider quelle version du chapitre 21 je publie ;;;;;
ERIKA:
voila qu'en plus il n'ya que deux chapitres a cette fic...
Roselyne: Patieeeeeence, petit scarabée ;) Cette fic a vu le jour hyper récemment aussi :p
ERIKA:
je veux bien les relire une 24 e fois toutes les deux , mais bon , apres je vais les connaitres par coeur...sniff ze veux la suite ... a genoux la suite steplait steplait steplait steplait
Roselyne: donne un coussin à Erika pour ses genoux ;) Contente de ce nouveau chapitre? :)
