« J'implore ta pitié, Toi, l'unique que j'aime,

Du fond du gouffre obscur où mon cœur est tombé,

C'est un univers morne à l'horizon plombé,

Où nagent dans la nuit l'horreur et le blasphème. »

C. Beaudelaire « De profundis clamavi »

Mon esprit était déjà en train de revivre toute mon histoire, mais ne sentant rien arrivais, je me risquai à ouvrir les yeux. Je voyais toujours la toge du Grand pope juste devant moi, mais aucun mouvement. C'était sûrement le calme avant la tempête. Je jetai un regard en biais à mon frère qui s'était réfugié dans un coin du temple, fusillant du regard les deux Argents qui se délectaient du spectacle minable que je leur offrais. J'entendis le Grand Pope soupirais avant de voir la toge découvrir une partie des sandales qu'il portait.

_Adieu frangin et pardonne moi pour tout … Murmurai-je la voix cassée.

Je sentis la main du pope se posais sur ma tête dans un geste presque tendre. La douleur qui s'en suivis fût indescriptible. Mon crâne fût percé de part en part, un son aigu commença à me vriller les tympans. Je commençai à me tordre de douleur en gémissant. Moi qui voulait épargnait ce spectacle aux deux crétins qui regardaient, c'est raté. Les exécutions du Pope sont connues pour être douloureuses, mais je ne pensais pas que se serais si horrible. Je pensais résister à la douleur, pouvoir prouver à mon frère qu'il n'avait pas à avoir honte de moi, que je pouvais être aussi fort que lui. Mais non, je ne suis pas Aspros. Lui il n'aurait pas bronché, il aurait enduré la douleur sans même sourciller. J'en suis sûr.

-Arrêtez ! Je vous en prie Grand Pope, cessez cette torture !

La porte du temple s'ouvrit dans un bruit assourdissant, m'arrachant un cri de douleur. Trop de bruit, il faut que cela cesse. Je laissai ma tête touchait le sol frais du temple en espérant que cela puisse me faire un peu de bien. Mais sans résultat. La surprise du Pope l'empêchait de continuer sa besogne. La douleur de ma tête cessa immédiatement pour laissais place à une tout autre douleur, mes musques se relâchaient petit à petit me fessant à nouveau gémir. Je m'allonge contre le marbre dans l'espoir de me rafraichir un peu. C'est alors que j'attendis une petite voix.

-Je vous en prie… Deuteros est innocent ! clama la voix depuis la porte.

Des pas affolés se firent entendre avant qu'un petit poids ne se jette sur moi, m'arrachant un faible cri. De belles mèches dorées me cachèrent la vue.

-Asmita ! Que fait-tu là ? Demanda le Pope en regardant l'enfant couché sur moi.

- S'il vous plaît écoutez-moi ? demanda-t-il, d'une toute petite voix. J'ignore quelle sont les règles enfreintes pas Deuteros, mais sachez qu'il m'a sauvé la vie. Je lui dois beaucoup et je refuse de le regarder mourir sans rien tenter.

Aspros s'interposa entre Le Grand Pope et nous, comme par peur de sa réaction. Pourtant, il recula devant l'avancé de ce dernier, qui ne baissa pas le regard une seule fois sans pour autant défier mon frère. Les gardes se précipitaient vers mon frère mais le Pope leva la main calmement, les arrêtant net. C'est tout en douceur qu'il écarte Aspros pour posait une main sur le dos d'Asmita.

-Cela suffit. Je ne ferais rien sans avoir écouté ton histoire Asmita.

Le calme du Grand Pope calma peu à peu l'enfant, mais pas assez pour qu'il ne me lâche. Je me redressai, aussi douloureux soit-il, pour pouvoir le prendre dans mes bras.

-Tout va bien Asmita, calme toi. Dis-je en essayant de paraître aussi posé que possible.

Ce n'eut pas l'effet voulu, la petite tête blonde se cacha dans mon cou en resserrant son emprise. Je ne parviens pas à retenir un petit gémissement qu'il remarqua aussitôt. Je sentis la Cosmo énergie d'Asmita se répandre dans mon corps et apaiser mes souffrances doucement. C'était une sensation très agréable mais je repoussai aussitôt l'enfant, je savais pertinemment qu'il était en train de drainer ma douleur. Je ne veux même pas imaginer les effets dévastateurs que cela pourrait avoir sur lui.

-C'est eux les coupable Grand Pope ! Cria le jeune apprenti en désignant Niguel et Andore. Deuteros m'a aidé à fuir c'est deux tortionnaires.

Le Caméléon tenta de se défendre mais le Grand Pope le stoppa d'un geste de la main.

-Je sais que ce que dit Asmita est vrai. Chaque marque sur son corps le prouve.

Le Grand Pope se rapprocha des Argents, les poussant à reculer de quelques pas avant de heurter l'une des nombreuses colonnes en marbre du temple.

-Vous êtes la honte de notre ordre, votre châtiment vous sera proscrit par l'un des chevaliers d'or du Sanctuaire. Dit-il d'une voix forte et assurée, puis reviens vers moi. Je suis navré des désagrément causés Deuteros. Je te savais innocent depuis le début mais je me devais de tester Asmita pour savoir s'il était digne de sa future armure. Moi le Grand Pope Sage te présente toute mes excuses.

Il s'inclina devant moi avant de panser mes plaies à l'aide de son cosmos. Je restai un moment interdit devant cette soudaine marque de respect, mais Aspros se jeta sur moi avant que je ne puisse m'excuser auprès de Sage.

-Si vous saviez que mon frère était innocent, pourquoi lui infliger une telle punition ?

Je retiens mon frère tout en me relevant. Puis je m'inclinai, genou à terre et tête basse, devant l'autorité suprême du Sanctuaire.

-Je vous remercie de votre clémence Grand Pope. Dis-je d'une voix encore très faible.

Je le vis me faire un signe de tête avant de guider Asmita vers l'autel d'Athéna, à l'arrière du grand temple. Je repartis vers la sortie, soutenu par mon frère qui continuais de pester sur les règles stupides du Sanctuaire. Les deux Argent me fusillait du regard avant de reculer à la vue du chevalier du Cancer, Manigoldo.

Plusieurs jours s'écoulèrent depuis la convocation du Grand Pope. Aspros ne me quitta pas d'une semelle depuis, il était devenu mon ombre. Inversement des rôles me troublait énormément, mais je préférais le garder pour moi, j'ignorais complètement comment mon frère pourrais réagir. Lui qui pense que ma vie ressemble trait pour trait à la sienne. Lui qui ne peut imaginais toutes les horreurs dont j'ai été témoin. Non jamais je ne pourrais lui partager tous les supplices que j'ai pu endurer pour rester à ses côtés. Sa vie est un long fleuve tranquille où la peine et la tristesse sont bannies, seule la joie règne en maître. Je ne veux pas entacher sa splendeur par la noirceur de la mienne. Les traces de coups sont toujours présentes sur mon corps, aux côtés de brulures et autres balafres. Chaque marque à son sens, son histoire. Je ne les échangerais pour rien au monde, elles font ce que je suis aujourd'hui et plus que tout je chéris leur présence. Sans elles, je ne serais plus là depuis bien longtemps. Je contemplai la mer me rappelant tous les bons moments passés sur le sable auprès de mon frère. Je nous revis courir le long de la grève pour savoir qui était le plus rapide, le tout à grand renfort de rire et de cris. Mes lèvres s'étiraient dans un légers sourire sous mon masque d'acier.

-J'ai bien réfléchit Deuteros. Commença Aspros en se positionnant face à moi, le regard sérieux. Il est temps que tout cela cesse. Tu ne peux pas continuait à vivre reclus dans l'ombre, te cachait ou non ne changera rien à la vie du Sanctuaire et de ses habitants.

Je fus incroyablement surpris par les propos que tenait mon frère. Lui qui ne se préoccupait jamais de la vision des autres, se sentait concernait par mon cas. C'est surement parce que je suis son frère mais je ne peux pas le laisser entrer dans mon monde.

-J'ai décidé de viser la place de Grand Pope. Continua-t-il, ses yeux rivés au miens. J'abolirais cette loi stupide qui t'oblige à rester cacher derrière ce foutu masque. Les élections du prochain Pope sont proche, je tente ma chance. Je suis l'un des meilleurs chevaliers du Sanctuaire, j'ai mes chances tu ne penses pas ?

Aspros n'avait pas tort. Il fessait partis de l'élite, la crème de la crème de la garde d'Athéna. De plus, c'est son ambition qui le poussait à devenir toujours meilleur. Pourquoi ne pas lui donner une raison supplémentaire de se surpasser. J'acquisa discrètement et me délecta du sourire ravi de mon autre. Je le regardai partir vers le terrain d'entrainement en hurlant qu'il deviendrait le prochain Pope, me disant que je risquais de ne pas le voir avant un bon moment. Je me retrouvai seul sur la plage à sourire comme un idiot en imaginant mon frère défier de nouveau les pauvres apprentis qui s'entrainer sous l'œil bien vaillant d'Aldébaran du Taureau. Ne sachant que faire pour passer le temps, je décidai de retourner au temple des Gémeaux pour m'occupait l'esprit en lisant les bouquins d'Aspros.

Le soir venu, je quittai de nouveau mon frère une fois endormis pour rejoindre de nouveau la clairière de Rodorio. Oui malgré toutes les remontrance d'Aspros sur mes sorties nocturnes, je continuai de m'entrainer chaque nuit en secret, enfin aussi secret que cela était possible. Le vent frais de la nuit m'ébouriffait les cheveux. Je pris un élastique donné par Asmita en souriant. Qu'est-ce que je pourrais bien faire sans cet enfant ? Je remontai mes longues mèches bleues en une haute queue de cheval tout en entrant dans la clairière. Depuis le sauvetage d'Asmita ce dernier m'aider à gérais ma cosmo énergie au mieux.

-Deuteros tu es en retard ! Me hurla le petit en me sautant dessus.

Je fis une petite révérence en lui répondant avec malice :

-Navré de vous avoir fait patienter maître.

Asmita explosa de rire avant de se dirigeais vers le gros rocher d'où il supervisait mes entrainements.

-Je ne pourrais pas rester longtemps aujourd'hui, demain je reçois enfin l'armure d'or de la Vierge ! s'exclama-t-il, extrêmement fier de lui

Je l'applaudi aussi fort que je puisse avant de lui dire de rentrer maintenant. Il devait être en forme pour se présenter devant Sage. Je regardai Asmita partir en me rendant compte que je tenais beaucoup à cette petite chose. Je voyais Asmita comme un petit frère dont j'avais la responsabilité et non comme le chevalier puissant qu'il était. Je savais que c'était une grosse erreur mais je ne pouvais pas retenir cet élan d'amour qui m'attirait vers lui. Il était devenu le petit rayon de soleil éclairant ma sombre existence. J'espérais qu'il puisse me pardonner un jour de me servir de lui pour illuminer mes nuits. Pfff… je me rendit compte à quel point je pouvais être pathétique. Cette vie, c'était à moi de la changer si je le voulais vraiment, je ne devais pas attendre les actions d'autre pour pouvoir jouir de ma liberté. Mais même en sachant cela, comment faire pour changer un destin déjà inscrit dans le marbre ? Tout cela était impossible. Il était temps de redescendre sur terre, un reclus le restera pour le reste de ses jours. Je ne devrais même pas imaginer pouvoir m'intégrer à la société actuelle, même en le désirant du plus profond de mon être. Les gens continueront de me fuir quelle que soit mon approche, je me doute bien qu'il est dur de cacher sa véritable nature. Allongé dans l'herbe, je me perdis dans la contemplation des astres comme en l'attente d'une réponse à me situation. La constellation des Gémeaux perdit de l'éclat comme si elle m'indiquait que les choses resteraient telle quelle. Je ris à gorge déployés sur l'ironie du sort. Comme pour défier mon étoile, je me décidai à faire bouger ma destinée. Il était non seulement temps que cela change mais autant en profiter pendant que j'avais la conviction de pouvoir faire quelque chose. C'est en gardant ça à l'esprit que je me dirigeai vers le centre de Rodorio.

La grande place de la ville était faiblement éclairée par les rayons argentés de la lune, créant une atmosphère presque mystérieuse. J'étais telle une ombre se déplaçant au travers des ruelles étroites pour arriver devant la petite bâtisse blanche. Je me retiens de frapper, vu l'heure qu'il était je ne savais plus vraiment que faire. Sérieusement qui est assez fou pour réveiller quelqu'un qu'il ne connait pas en pleine nuit ? C'était un coup à se faire haïr pour toujours ça. Je repartis à l'ombre de la ruelle fessant face à la grande porte en bois. Assis contre le mur en pierre, je repensai à ma façon d'agir. Je devais faire quelque chose pour me rapprocher des gens, mais j'étais surement le plus effrayer de tous. Approcher les autres voudrais aussi dire que je devrais m'ouvrir à eux, et ça, je ne pourrais jamais le concevoir. Sincèrement qui pourrait comprendre un tant soit peu la vie que je menais sans juger ? Personne surement ! Mais j'aimerais tout de moi avoir un peu plus de contacts humains. Et tout ça à cause d'une simple petite attention de rien du tout, mon monde entier est entrains de basculer lentement. Les sons de pas attirèrent mon attention. Je glissais discrètement ma tête dans la ruelle, prenant garde à rester invisible aux yeux de tous. Impossible discerner autre chose qu'une énorme masse noire se dirigeant vers ici. Je décidais d'étendre ma cosmo-énergie vers cette ombre pour en connaître la nature exacte. Ce qui m'en revient me poussa à me montrer avant l'arrivée de la créature. Un immense cheval silver d'apple, sa robe noire absorbée les rayons de la lune alors que ses crins et extrémités brillaient sous leurs caresses. L'animal s'approcha de moi sans aucune crainte, il faut dire qu'il fessait surement deux fois ma taille, il me poussa délicatement de son gros nez avant de frotter contre la porte à l'aide de son immense sabot. J'étais en totalement admiration devant ce délicat colosse, il était à la fois beau et terrifiant. Je n'aurais pas voulu être le malheureux sur qui il déchainerait son courroux. La porte s'ouvrit finalement sur la personne à cause de qui je me retrouvais ici.

-Deuteros ? Que fait tu ici ? me demanda Alaria tout en caressant le chanfrein du cheval.

Elle sortit une belle pomme rouge de sa robe et la tendit à son animal qui la dévora délicatement. Elle me fit signe d'entrer tout en grattant les oreilles du colosse puis le repoussa vers la place tendrement.

-Revient demain Goliath ! Lui cria-t-elle en lui donnant une légère tape sur la cuisse.

Je comprends mieux comment Goliath à réussis à me traîner de la clairière jusqu'ici, sacré gaillard cette bestiole. Je suivis la brune à l'intérieur de la maison et pris place sur une petite chaise en face de son lit. Elle nous fît un peu de thé avant de me regardait bizarrement.

-Vas-tu garder ton masque en ma présence aussi ? Demanda-t-elle avant d'ajouter narquoise. A moins que tu n'arrives à boire mon thé avec, j'exige que tu le retire.

Ne voulant pas la vexer, je commençai à détacher mon entrave de métal. Avant qu'elle ne me stoppe en me disant que je devais le faire uniquement si je le voulais. Mais me rendant compte que nous n'étions plus au Sanctuaire, je saisis ma chance de profiter des bienfaits de ma pseudo liberté. Un léger bruit se fit entendre quand le masque toucha la petite boîte argentée sur laquelle je le posai.

-C'est bien, j'estime que tu me fais un minimum confiance. Déclara-t-elle en me tentant une petite tasse fumante.

Une sourire illumina son visage quand elle me vit engloutir son contenu sans me préoccuper de sa température. Elle tendit la main pour récupérer la tasse pour m'en servir une autre. Je la vis détailler mes bras quand je pris la tasse, les plaies laissaient par Niguel et Andore étaient encore légèrement visible. Je me sentais tellement bien au près d'elle que je me mis à lui racontais ma situation au Sanctuaire, même si ma crainte d'être jugé continuer de me ronger, je ne pouvais plus m'arrêter.

-La vie est bien plus dure avec certains qu'avec d'autre. Tenta-t-elle de me soutenir de sa douce voix.

Elle remit une mèche de cheveux derrière son oreille en réfléchissant à quelque chose. Puis elle se leva et attrapa une chaînette dans le tiroir de son armoire. Le pendentif qui pendait au bout représentait le signe du Cancer. Il brillait sous la lumière de la lune qui perçait au travers des rideaux.

-C'est à mon frère. Sans lui je ne serais pas là aujourd'hui.

Elle commença à me contait son histoire une pointe de mélancolie dans la voix.