Disclaimer: Aucun des persos de Tolkien n'est à moi :,(... (reniflement tristounet), mais je les emprunte joyeusement pour cette nouvelle fic
JET DE PIERRE DANS UN LAC
"Changer une petite chose... peut tout changer."
Chapitre 3 – Ô Toi qui sait ce que nous endurons ici ...
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Elrond et Glorfindel se trouvaient dans la grande bibliothèque de Rivendell. Le seigneur elfe se était assis dans un siège de bois sombre et torsadé. Glorfindel était près l'une des longues étagères murales, penché sur un petit coffre noir.
« Gilraen, la mère d'Estel », commença Glorfindel d'un ton prudent, « est supposée revenir de Lothlórien d'ici quelques jours, escortée par Haldir des Galadrhim. »
« Il est l'un des rares elfes de la lothlórien capable de parler le Westron », remarqua Elrond, songeant à la grande cité elfe, recluse dans les bois et s'isolant des contacts avec les autres races... et s'isolant même des autres elfes. Il était rare que des elfes de cet endroit en sortent... Comme il était rare qu'une femme humaine puisse y être admise. Mais elle était l'épouse de feu Arathorn, dernier descendant connu d'Isildur. En dehors des elfes, personne ne savait qu'il avait eu un fils, Aragorn, ni que ce fils avait été placé en sécurité en Rivendell avant d'être rebaptisé Estel – espoir en elfique.
Depuis des millénaires, Elrond, et Galadrielle, la dame de Lothlórien, avaient surveillé la lignée d'Isildur avec attention, protégeant et guidant ses descendants, arrangeant des mariages parfois, afin de renforcer la race des numénors attendant la venue de celui qui pourrait faire face à Sauron, et reprendre le trône de Gondor, à la tête des humains. Chacun des descendants, depuis des millénaires, avaient été en étroit contact avec les elfes, de manière à les rendre plus influençables à la Juste Cause, et éviter que ne se reproduise le problème qui s'était autrefois posé avec Isildur quand il avait été en contact avec l'anneau.
Elrond avait vu maints descendants d'Isildur grandir dans l'enceinte de Rivendell. Chacun était parti de par le vaste monde par la suite... Il les avait toujours guidé avec sagesse, mais avait involontairement conservé une certaine distance polie avec eux. Comme s'il avait peur de se faire corrompre par le fléau d'Isildur à travers les générations.
Mais ce dernier enfant, Aragorn, était attachant... Elrond s'était pris à espérer qu'il ne fut pas l'élu, et qu'il puisse avoir une vie normale, si c'était encore possible dans ce monde. Car le destin de l'Elu était dur et triste. Le seigneur elfe souleva un sourcil involontairement. Attachant. Oui, c'était bien le terme qui pouvait expliquer pourquoi Legolas avait si facilement laissé tomber son côté silencieux et méthodique pour se comporter presque comme tous les elfes de la paix. Il fut tiré de ses pensées par la réflexion de Glorfindel.
« Bien que je me demande s'il est bien avisé de la mettre en contact avec Estel», continua Glorfindel sur sa lancée, comme s'il n'avait pas écouté la remarque d'Elrond concernant Haldir, « L'enfant n'a pas de souvenir de sa mère et pense qu'elle est morte. Apprendre que cela est faux sera déjà un choc pour lui – il risque de nous détester – mais ce que je crains le plus... », le lieutenant elfe soupira, « c'est ce qui se passera si elle entre à nouveau dans un de ses délires ... »
« Elle n'est pas dangereuse », dit doucement Elrond, « Elle vit juste dans son propre monde... Estel a le droit de la connaître, et si les gens de la lothlórien l'ont jugée assez calme pour qu'elle revienne ici-- »
« Je n'approuve pas », l'interrompit Glorfindel, « qu'ils aient pu la laisser sortir de la Lothlórien. C'est trop dangereux pour Estel»
« Tout comme tu n'approuves pas ma décision d'avoir choisi Legolas comme maître d'arme d'Estel », dit calmement Elrond avec une pointe d'amusement. « Toujours à chercher les ennemis et les conspirations dans le moindre recoin sombre, n'est-ce pas ? »
« J'ai parfois trouvé des recoins particulièrement peuplés, autrefois », sourit Glorfindel amèrement en se retournant vers Elrond, tenant un petit parchemin qu'il avait extirpé de la boîte sombre.
« Tu as lancé un filet une nouvelle fois», commença Elrond, « et tu as ramené d'intéressants poissons ? »
Amusant, se dit Elrond l'instant d'après, cette expression marine couramment utilisée chez les elfes, alors que la plupart n'ont jamais vu la mer.
« J'ai lancé un filet, oui », répondit Glorfindel, et le ton sombre de sa voix ramena brusquement Elrond à la réalité, « mais le poisson que j'ai ramené en a presque fait craquer les mailles... Et je n'ai pas encore fini de l'extraire de l'eau!». Il déposa le rouleau de parchemin sur le bureau, en face d'Elrond, mais ne le déplia pas tout de suite, se contentant de garder ses deux mains dessus, comme les serres d'un épervier maintenant sa proie au sol. Les traits de son visage étaient tendus, et son regard assombri. Il regardait le parchemin entre ses mains, comme s'il hésitait à le réduire en miette. Elrond sentit les cheveux de sa nuque se hérisser lentement. Puis la colère prit le dessus. Qu'attendait donc Glorfindel ? Devrait-il lui arracher le parchemin des mains ?
« En temps normal », commença le lieutenant, interrompant les pensées du seigneur, « j'aurais fais avertir le roi Thranduil sur le champ... ». Il prit une pause et porta sur le seigneur Elrond un regard empli de gène, et de pitié. « Mais j'ai préféré vous en parler d'abord, car cela concerne également Estel... »
Elrond fronça les sourcils, et jeta un regard soutenu à l'autre elfe, l'encourageant à continuer.
« Ce matin », reprit Glorfindel, après un court moment, « après la séance de lecture des anciens contes, j'ai demandé à Estel de faire une petite peinture pour illustrer ce qu'il avait retenu. Histoire de voir s'il avait bien comprit la portée du message de l'histoire. C'est par le dessin que l'on peut mieux cerner les points forts et lacunes d'un enfant... »
Elrond acquiesça, impatient. Ce que Glorfindel lui disait n'était pas nouveau. L'autre elfe devait le savoir. Alors pourquoi perdait-il son temps à lui expliquer cette partie de l'étude psychologique que lui-même avait instaurée quelques millénaires auparavant ?
« Il m'a peint ceci », dit Glorfindel en déroulant enfin le parchemin face au seigneur elfe. Elrond écarquilla les yeux, pendant un instant incapable de comprendre ce qu'il regardait. Puis la réalisation le frappa. Il se renversa sur son siège, comprenant désormais pourquoi Glorfindel avait insisté pour qu'il s'asseye. Après un moment pourtant, il reprit contenance. « Ca ne peut pas être Estel qui a peint ça ! ». Il avait l'impression qu'il essayait plus de se rassurer lui-même que de convaincre son lieutenant. « C'est un style de dessin trop adulte. »
« Je n'ai pas quitté la pièce un seul instant pendant qu'il dessinait cette ... abomination », déglutit Glorfindel avec difficulté. « Moi aussi, j'ai été surpris par la ... », une nouvelle interruption, « qualité graphique du résultat... Mais ce qui est le plus inquiétant, c'est l'action qui s'y passe, et surtout qu'il est difficile de nier l'identité des personnes représentées... »
Elrond fixait le dessin comme si ses yeux allaient lui sortir de la tête. Son attention tour à tour attirée par les trois personnes représentées sur le parchemin, puis revenant sans cesse à la phrase elfique inscrite au sommet.
Le seigneur de Rivendell écarquilla les yeux d'incompréhension. Estel avait écrit ça ? Non, ce n'était pas possible. Son écriture elfique était encore hasardeuse, et il ne connaissait qu'une des trois langues. Or, la phrase écrite en haut du dessin était de l'elfique sylvain de Mirkwood Nord et était écrit sans qu'aucune hésitation ne transparaisse dans les traits.
Comme l'aurait écrit un adulte avec des années d'expérience de scribe...
'Ô Toi qui sait ce que nous endurons ici, ne nous oublie pas dans tes prières...'
Il se souvenait clairement de l'endroit où il avait déjà vu cette inscription... Et cela semblait parfaitement coller avec certains des personnages dessinés sur ce parchemin.
C'était à l'entrée du domaine de Mirkwood. Cet endroit était autrefois appelé Greenwood et était un endroit merveilleux, empli de paix mais il avait peu à peu perdu de sa grandeur à mesure que les créatures sombres avaient repris Dol-Guldur et envahi la foret, obligeant les elfes à se retrancher dans la partie nord, et à y ériger leur royaume guerrier.
A l'entrée du domaine, gravée à même la pierre de l'arche, étaient ces mots terribles. Mais ils n'étaient visibles que pour ceux quittant le royaume. Une sorte de supplique adressée à ceux qui partaient. Mais surplombant l'illustration dessinée par Estel, sa signification n'en était que plus sombre encore.
Elrond reporta son attention sur la personne dessinée à la gauche du parchemin, et surtout sur le large médaillon doré qu'il portait sur sa poitrine. Il releva la tête vers l'autre elfe, les yeux écarquillés. « Thandruil ? ». Glorfindel hocha la tête, gravement, en silence. Après un moment, Elrond reporta son regard sur la personne à droite. « Et ça, ça serait Legolas ? ».
« J'y ai songé, je l'admet », dit Glorfindel sur un ton faussement calme, alors que le sang recommençait à battre en force dans ses tempes. Il ne savait pas quoi ressentir face à ce dessin. De la colère ? De la honte ? De l'horreur ? De la gène ? « Bien sur, ça pourrait tout aussi bien être n'importe quel elfe blond avec des tresses sur ses tempes et des cheveux qui ne dépassent que de peu les épaules... Mais je préfère ne pas me voiler la face. Estel ne connaît qu'un seul elfe correspondant à cette description», dit-il d'une voix claire.
« Mais... », Elrond déglutit avec difficulté, « Estel n'a jamais rencontré Thranduil, comment aurait-il pu... »
« Qui d'autre que Legolas lui-même aurait pu lui en parler et lui faire une description aussi détaillée ?! », explosa soudain Glorfindel, et Elrond frémit à la hargne qu'il avait entendu chez son lieutenant quand il avait prononcé le nom du prince. C'était comme s'il avait dit 'ce satané elfe!' à la place.
« Mais pourquoi aurait-il fait ça ? », dit Elrond en posant ses mains à plat de parte et d'autre du parchemin. Glorfindel tira rapidement la chaise face à lui et s'assit en face de son seigneur. « Ne peux-tu donc point sentir un piège mirkwoodien à la seule puanteur qu'il dégage ? Réfléchis bien à tous les derniers événements. »
Il prit une profonde inspiration, puis reprit. « Mirkwood demeure dans le silence vis-à-vis de nous pendant des décennies. Puis, à peine deux ans après l'arrivée d'Aragorn parmi nous et le départ de dame Gilraen pour la lothlórien, Mirkwood nous envoit un messager pour quémander de l'aide dans la lutte contre les forces de Dol Guldur. Mais ce n'est pas n'importe quel messager qui est envoyé. Oh non ! Le roi envoit un de ses propres fils, qui comme par hasard, s'avère être un expert assassin! »
Une nouvelle respiration, et il reprit avant qu'Elrond ait pu l'interrompre. « Nous connaissons le jeune Legolas depuis qu'il est un tout jeune elfling. Nous l'avons vu de temps à autre, à l'époque où les échanges entre nos deux royaumes étaient plus fréquents et les routes plus sures... et nous pouvons nous accorder sur le fait que ce n'est pas le genre d'elfe exubérant. A son arrivée ici il y a une lune, il s'est révélé ce qu'il a toujours été à nos yeux : un elfe réservé, silencieux, calme, ne parlant pas plus que nécessaire... Mais qui sait ce qui se passe derrières ses grands yeux clairs ?! »
Elrond voulu parler, mais Glorfindel leva la main, signifiant qu'il n'avait pas fini. « Cet elfe arrive ici, se retrouve promu instructeur d'Aragorn, et bizarrement, du jour au lendemain, il devient social, joueur, amical, plaisantin,... Bref, nous voilà face à une superbe représentation du docteur Legolas et Mister Greenleaf ! »
Le maître de Rivendell voulu une fois de plus prendre la parole, jugeant que la manière dont Glorfindel voyait la situation était injuste, mais une fois de plus Glorfindel lui intima le silence d'un geste de la main. Elrond se dit avec le recul que son lieutenant était le seul qui osait ce genre d'attitude avec lui. « Sauf qu'ici, Mister Greenleaf est du genre très amical et d'agréable compagnie. Bon, si le roi a eut vent du fait que nous avions donné asile au dernier descendant d'Isildur, et avait voulu se venger sur cet enfant pour la faute commise par son ancêtre, quel autre meilleur moyen d'y arriver que d'envoyer son fils ici, sous prétexte d'apporter un message en notre domaine, sachant très bien que nous aurions confiance en la famille royale, et que nous accueillerions à bras ouverts les talents de combattant de Legolas pour la formation du jeune Aragorn ? C'est un piège dans lequel nous avons sauté, les pieds joints ! »
Elrond gardait son regard fixé sur Glorfindel, mais ce n'était pas vraiment lui qu'il voyait. Il resongeait aux pensées qui l'avaient effleuré un peu plus tôt, alors qu'il regardait Legolas entraîner Estel, près de la fontaine. Lui aussi trouvait surprenant le changement rapide qui s'était effectué en l'elfe sylvain, mais il avait donné des raisons plus positives que le déballement que Glorfindel venait de faire...
S'était-il voilé la face ?
Puis il se souvint que Glorfindel était un paranoïaque invétéré. Peu de dangers avaient échappé à ce lieutenant – Elrond se disait que peut-être cet elfe qui se tenait face à lui avait un brin de prescience en lui – mais l'expérience avait prouvé à Elrond qu'il était toujours plus sage d'opposer une autre théorie à celle de Glorfindel... Quitte à accepter ensuite sa première version. Pour toute chose, il fallait son contraire, une sorte d'équilibre universel.
« Mais cela fait un mois déjà... », commença-t-il, « et Legolas n'a jamais atteint physiquement Estel hormis évidemment quelques coups perdus lors des entraînements... »
« Pas physiquement... », dit simplement Glorfindel en pointant à nouveau du doigt vers le parchemin.
Elrond y reporta son attention, puis après quelques secondes, il reprit la parole, sans lever les yeux vers son lieutenant. « Et la troisième personne sur ce dessin, l'homme qui se tient entre Thranduil et Legolas. Qui cela peut-il être d'après toi ? Son allure m'est vaguement familière... »
Glorfindel se renversa lentement dans son siège, son visage privé de toute émotion. « J'ai bien quelqu'un en tête... ». Elrond cligna des yeux et leva le regard vers l'autre elfe. Au bout de quelques secondes, ce dernier reprit : « Voici le scénario que j'ai en tête. Au cas où Estel viendrait à entendre l'un de nous commenter le grand changement intervenu en Legolas, celui-ci a pu prendre les devants en racontant une belle histoire à l'enfant. Une histoire comme quoi Arathorn l'aurait défendu face à son père, et c'est pour ça qu'il lui en était redevable maintenant. »
Puis une fureur se peint sur les traits de Glorfindel : « Mais le valar m'en est témoin ! Si jamais Legolas a révélé à Estel qui était réellement son père, je le livre pieds et poings liés aux nains de la montagne ! »
« Et il coupera comme dans du beurre, son chemin vers la sortie ... », Elrond cita sans y songer les paroles d'une ancienne chanson guerrière. Glorfindel ne parut pas amusé, du contraire. Puis une pensée toucha l'esprit d'Elrond et il frappa du plat de la main sur la table, faisant sursauter l'autre elfe. Il venait de réaliser que Glorfindel avait peur, et que de sa peur naissait la colère qui l'habitait et que cette colère pouvait le rendre sourd à ce que lui soufflait certainement son moi intérieur.
« Et Legolas, dans tout ça ?! », s'écria-t-il presque, « Qu'en est-il de lui, si tout ce qui est dessiné là-dessus est vrai ?! »
« Il n'y a qu'une seule manière de le savoir de toute façon », dit Glorfindel en soulevant un sourcil. « Examine le prince dans la salle de soins. Mais... », il se pencha vers l'avant, un sourire sarcastique sur ses lèvres, « ... je serais près à parier que tu ne trouveras rien. Si Legolas avait subit ça... de la part de son propre père... son esprit serait parti, et il serait mort depuis longtemps ».
Elrond regarda à nouveau le dessin et déglutit avec difficulté. La précision horrible de l'action représentée sur le parchemin lui donnait la nausée, et il sentait un grand froid se déplacer en lui. S'il n'y avait eu ce côté morbide, ce dessin aurait pu être classé dans la catégorie de chef-d'œuvre.
« Mais si jamais c'est vrai... Si Legolas a réellement subi ça... », commença-t- il d'une voix hésitante avant de poursuivre, « ... et qu'il y a survécu... »
« Alors il sera séparé des siens », répliqua calmement Glorfindel, « et emmené en béatitude à Lothlórien comme Gilraen avant lui, sous la protection de la dame Galadrielle, jusqu'à ce que vienne son temps de partir vers l'Ouest ».
Glorfindel marqua une pause, ses yeux rivés avec haine sur le parchemin face à Elrond. « Mais quoi qu'il en soit, il faudra le séparer d'Estel ! Même si tout ce qui est dessiné là-dessus est la réalité, Legolas aurait du avoir l'intelligence de savoir qu'on ne parle pas de CA à un enfant si jeune !! »
Il s'appuya sur le rebord de la table, relevant les yeux vers Elrond. « Ce sont des choses qui doivent se régler entre adultes. Legolas parle peut- être peu aux gens qui l'entourent, mais c'est une chose que de s'isoler de ses pairs et une autre de faire ce genre de révélation à un enfant! C'est malsain !»
Il prit une nouvelle inspiration. « Tu voulais endurcir un peu Estel au contact de Legolas... Mais est-ce le genre d'endurcissement que tu voulais obtenir ? ». Il marqua une pause, puis dit simplement : « Admet que, d'une manière ou d'une autre, l'expérience a été une erreur... »
Elrond regardait toujours le parchemin, et les teintures qu'Estel avait utilisé pour chacun des éléments. Le dessin était fin, et très réaliste. Trop réaliste, surtout pour un enfant de cet âge, et beaucoup plus réaliste qu'il n'aurait été nécessaire. Et beaucoup de teinture rouge avait été utilisées. Trop si l'on considérait la vitesse avec laquelle le prince coagulait de ses blessures...
« Tu as vu Estel dessiner ça, et tu n'es pas intervenu avant la fin du dessin ? ». L'accusation voilée n'échappa pas à Glorfindel, mais il se contenta de hausser les épaules. « Je n'étais pas constamment dans son dos ! Je lisais un des manuscrits pendant qu'il dessinait. J'ai vu qu'il avait fini quand il s'est levé pour aller au balcon. Il disait qu'il voulait voir si Legolas était déjà arrivé. Ce n'est qu'à ce moment que je me suis approché de la table pour regarder ce qu'il avait fait. »
« Et qu'a dit Estel quand tu l'as questionné sur son dessin ? », demanda le seigneur de Rivendell à son lieutenant sans lever les yeux. Ils pouvaient essayer de deviner la réalité tant qu'ils voulaient, Estel tenait la clef de l'énigme d'une main ferme. Mais Glorfindel lui parut bien silencieux tout à coup. Elrond attribua ça tout d'abord au fait que le grand elfe avait peut-être oublié de questionner le jeune humain, et avait imaginé un scénario catastrophe de son cru. Puis il se rendit compte que c'était le malaise qui retenait la langue de Glorfindel. Il leva les yeux vers son lieutenant et vit que ses traits étaient tirés, comme s'il ne savait pas exactement comment annoncer la nouvelle à son seigneur.
Allons bon... Au point où on en est, se dit Elrond, qu'est-ce qu'il peut encore y avoir de pire ?
« Bien... », commença le grand elfe, « ... On a un deuxième problème à ce sujet. Et tu vas peut-être comprendre pourquoi je ne suis pas très heureux de savoir que Gilraen va être de retour sous peu... ». Il marqua une pause, laissant le temps à l'esprit d'Elrond se voyager dans toutes les directions pour essayer de deviner ce qu'il s'apprêtait à annoncer.
« Quand j'ai vu ce qu'Estel avait dessiné», il démarra sur une voix contenue mais où la tension ne pouvait être ignorée, « tu devineras bien que la première chose que j'ai faite, a été de lui demander des explications». Il se tut, regardant Elrond droit dans les yeux comme si l'elfe aurait pu deviner tout seul la suite. Puis, au bout de longues secondes, quand il fut clair pour Glorfindel que soit Elrond ne comprenait pas, soit que son esprit se bloquait à cette éventualité, il reprit : « Il m'a dit qu'il ne se souvenait pas d'avoir fait un dessin... »
La respiration d'Elrond se ralentit brusquement, puis demeura figée quelques secondes, avant de reprendre son cours. Il sentait un vent glacé l'envahir. Lentement, comme si ses yeux avaient été faits de plomb, il reporta son regard sur le dessin et ce qu'il représentait.
Le roi Thranduil, tenant un fouet de lanières, terminées par des griffes d'aciers dégoulinantes. Un humain ressemblant un peu à Arathorn lui faisant face avec une épée cassée en main, et défendant le prince Legolas, les bras retenus au dessus de sa tête par une chaîne...
... et le corps du prince comportait une multitude de plaies béantes, et était couvert de sang...
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[A Suivre]
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Hé oui, j'avais dit pas d'update avant mercredi, que je puisse étudier pour mon brevet d'assistant caméra... mais j'ai pas pu résister à faire de chapitre :p (en réalité, il était prêt à être publié deux heures après la sortie du précédent... Mais bon... le jour où je bosserai sérieusement pour un exam, n'est pas encore arrivé on dirait ... ;-/ )
Merci tout pleeeeeeeeeeeeiiiiiiiiin à tout(e)s ceux/celles d'entre vous qui m'ont laissé une review :)))) Ca fait toujours hyper plaisir d'avoir des feed-back et de savoir dans quel état je laisse votre santé mentale (rire sadique :D )
;-)
Et maintenant, les réponses aux commentaires ;)
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KOTORI:
Toujours aussi bien que tes autres fanfics(ouin,veux le chapitre 21 de la Communauté des Elfes,peu importe la version)...
Roselyne: merci pour le getil commentaire :-) Et pas de tristesse pour Communauté 21... ça va finir par sortir bientôt ;) Mais le choix est rude :-(
KOTORI:
et faudrait bien que je voie l'Effet Papillon depuis le temps qu'on m'en parle...
Roselyne: C'est vrai que ce film est TRES BIEN :) Mais pas indispensable pour comprendre cette fic. Bon, ça peut aider, mais le film est bon en lui-même. Et puis c'est tellement rare de voir un film américain bien ficelé, avec un scénario, et des effets spéciaux minimum ne servant pas d'excuse pour masquer une histoire pauvre (ex: Matrix 2 et 3) ;-)
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LISANDRA:
mais non ! parce qu'il était telement génial que... QUe voilà, je veux la suite ! c'est une attitude normale de lecteur heureux et puis zut !
Roselyne: Je sais, je plaisantais :ppppppppppppp
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EPIMETHEE:
Comme d'habitude, on a toujours droit à des chapitres qui finisse sur un suspens Gr :
Roselyne: (sourire fier) :-)
EPIMETHEE:
A part ca, j'aime bien l'histoire en gros. C'est assez cocasse. Pourtant une question me tourment l'esprit ... Ils vont finir ensemble ou pas Estel et Legolas ?
Roselyne: Ahaaa! Loin de moi l'idée de révéler un bout du scénario avant l'heure... Et le suspens, hein? ;)
EPIMETHEE:
Pcq d'habitude j'aime pas ce couple mais la leurs petites joutes verbale ressemble assez à de la drague ( fin, selon moi )
Roselyne: (ouvre de grands yeux innocents et ébahis) Oo; Ah bon????? Et moi qui voulait décrire une joute amicale et fine d'esprit... :,-(
(attention que Legolas a près de 3 millénaires sur ce coup-là et que Aragorn a 5 ans (plus ou moins)... Ca frôlerait la pédophilie ;)
EPIMETHEE:
A dans deux jours pour la suite
Roselyne: Y a même pas fallu attendre aussi longtemps ! ;-)
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ERIKA:
oui , très contente , si j'en ai un tout les jours comme c'est parti , je le serai encore plus...
Roselyne: alors je sais que tu vas encore être très contente -- Je suis contente que tu sois contente :-) Elle est pas belle la vie? :-)))
ERIKA:
tu sais tu arrive a faire des miracles , un points commun entre aragorn et moi ( je l'aurais jamais cru ) bein oui , y'a pas de mystère face a ses trou de memoire , c'est des absences ( première phase de l'epilepsie ) donc , le docteur erika preconise des electroencephalogramme tout les 6 mois ,
Roselyne: (réfléchit à la transposition en héroic fantasy) Lui mettre la tête entre deux palantirs et demander au docteur Sauron les résultats, ça marcherait peut-être... mais bon... Sauron aime pas trop révéler ce côté gentil et aidant de son caractère. Il a peur d'être traité de chochotte par le reste de ses troupes... Enfin, c'est un grand sensible ce Sauron... Vous avez jamais vu ce gros oeil larmoyant au sommet de la tour du Mordor? Et les nazguls qui lui tamponnent l'oeil avec un kleenex géant, lui assurant qu'ils finiront bien par lui retrouver son anneau (qu'il s'est quand même cassé le Q à forger, non mais! ;) ).... Heu, je m'égare, là je pense... :-/
ERIKA:
fais gaffe , sinon , il va virer epileptique s'il prend pas ses medoc ( j'ai verifié , c'est pas un truc que mes parents mon dit pour ke moi je les prennes ...) et franchement , un roi epileptique , ca en prend un coup pour l'image non ?
Roselyne: y aurait moyen d'exploiter ça... Mais dans une fic humoristique :D (excuse, C juste que j'ai eu une MIM en lisant ton commentaire (Mauvaise Image Mentale) :ppp
ERIKA:
nan , serieux , je doute qu'a ragorn soit victime d'absences , mais savait tu que la maladie que tu decris existe reelement ?
Roselyne: Oui, je savais que certains symptômes jugés anodins sont en fait des signes précurseurs de crises d'épilepsie (comme même d'entendre des bruits spéciaux, ou de sentir des odeurs non existantes, comme des pelures d'orange, etc...), mais dans le cas d'Aragorn, ce n'est pas ça ;) Ses moments d'absence vont avoir énormément d'importance plus tard (je peux pas en dire trop pour le moment ;) Suspeeeeeeeens ;) )... Mais pour le moment, ils ne sont pas encore spectaculaires (attendre le chapitre 4 ou 5 pour ça ;) )
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CLEM:
Encore un tres bon chapitre !
Roselyne: Mirciii :))))
CLEM:
Il y a peu de fics pr lesquelles jue peux imaginer precisement chaque scene ds ma petite et inefficace tete, mais celle ci en fait partie ! Le melange combat / danse nottament ! C'est tellement Lego !
bave a l'idee de Lego qui joue de la harpe
Roselyne: :-D Et attends le prochain chapitre, tu devrais à nouveau bâver ;) (en train de penser à la scène dans la salle de soin ;) oops! j'en dis trop...! )
CLEM:
Pr ce qui est de la catastrophe, elle ne me derange pas, tant que Lego ne sort pas de l'optique de tes chapitres ! lol (et interdiction de le maltraiter comme il t'arrive de le faire ! lol)
Roselyne: Heu.... (relis la fin de ce chapitre)... heeeuuu... (s'enfuis en courant)
