Disclaimer: Aucun des persos de Tolkien n'est à moi ,(... reniflement tristounet, mais je les emprunte joyeusement pour cette nouvelle fic
·..·
(¯·..·..· ----•(-•---------------------------------•-)•----..·..·´¯)
JET DE PIERRE DANS
UN LAC
"Changer une petite chose... peut tout
changer."
Chapitre 5 – Pourquoi ce retour ?
(¯·..·..· ----•(-•---------------------------------•-)•----..·..·´¯)
·..·
Elrond pivota rapidement sur lui-même, la tension du moment l'ayant rendu plus à cran qu'il ne l'avait pensé. Avec le recul, il se dit que Legolas avait du remarquer cette tension inhabituelle. Mais pour l'instant, ce fut le cadet de ses soucis. Car face à eux, se tenait le petit Estel, les traits figés, le regard étrange, un regard trop adulte posé sur Legolas, un regard où l'on lisait à la fois la tristesse, l'incrédulité et la colère. Mais ce qui alarma Elrond, au point de faire apparaître sur son visage habituellement calme un onde d'effroi, était ce que Estel tenait en main.
Narsil, ou plutôt, le morceau de l'épée qui tenait encore au manche...
Comment l'enfant avait-il pu accéder à la crypte d'Isildur ? Avait-il comprit qui était cet illustre roi par rapport à lui ? Pourquoi avait-il prit l'épée légendaire qui avait autrefois tranché le doigt de Sauron ? Toutes ces questions se bousculaient dans l'esprit du seigneur elfique. Il percevait de manière inconsciente la surprise et la tension légère qui émanait du prince de Mirkwood à ses côtés. Les trois êtres semblèrent pendant un moment tels des statues d'aspect particulièrement réalistes.
Elrond parvint à regagner un semblant de calme, essayant de maîtriser le tremblement qu'il sentait dans sa voix. « Estel... ? Qu'est-ce que tu fais avec cette épée en main ? »
Mais à ce moment-là, le regard d'Estel changea. L'enfant partit légèrement en arrière, comme prit d'un vertige, puis se reprit et secoua la tête comme pour s'éclaircir les idées, avant de poser un regard étonné autour de lui. Il finit par abaisser son regard sur la main, et voyant le morceaux d'épée qui s'y trouvait, il la lâcha promptement, s'essuyant la main à a tunique comme si l'épée avait été souillée. Le regard qu'il releva ensuite vers Elrond et Legolas était cette fois imbibé de peur.
« Qu'est-ce qui s'est passé ? »
Cette phrase anodine glaça le seigneur de Rivendell plus que tout autre chose que l'enfant aurait pu dire. Une horrible sensation de déjà-vu voulait s'immiscer dans son esprit conscient. Il la repoussa et s'approcha lentement d'Estel – toute pensée concernant les blessures de Legolas, et ce qu'il avait vu dans son dos, temporairement évacuée de ses préoccupations immédiates. Il posa les mains sur les épaules de l'enfant avec précaution, comme s'il redoutait l'attaque de quelque animal sauvage montrant de faux airs apprivoisés. Il prit sa voix la plus calme possible, essayant d'y faire ressortir toutes les intonations paternelles qu'il pouvait.
« Estel... Dis-moi... que faisais-tu avec cette épée en main ? »
Estel jeta un regard mal à l'aise autour de lui, puis s'arrêta sur Legolas, une expression de « aide-moi » dans ses yeux gris. Elrond tourna le visage vers le prince de Mirkwood, espérant capter le moindre signe de connivence ou de complot entre l'enfant et l'elfe, mais Legolas lui sembla aussi surpris et perplexe qu'il ne l'était lui-même. Elrond revint vers Estel au moment où ce dernier ramenait son regard vers lui.
« Je... », commença-t-il mal à l'aise, « Je ne m'en souviens pas... »
Elrond ferma les yeux. C'était bien les mots qu'il redoutait. Il pouvait toujours essayer de se rassurer en se disant que c'était une excuse inventée par Estel, quand aucune autre ne lui serait venue à l'esprit. L'enfant ne s'attendait peut-être pas à être découvert avec l'épée d'Isildur en main, et était arrivé à court d'explication quand le seigneur elfe l'avait questionné. Le regard qu'il avait lancé à Legolas signifiait-il que l'autre elfe était de mèche ?
Avant même qu'il eut pu contrôler ses pensées, le seigneur elfe se tourna à demi vers le plus jeune et dit doucement les paroles fatidiques : « Legolas, jusqu'à nouvel ordre, tu ne devras plus approcher d'Estel... »
Il entendit la respiration brusque du prince et sentit à quel point ce dernier était choqué, mais il ne voulut pas croiser son regard. Pas tout de suite en tout cas.
C'était le mercredi 4 avril, il était 5 heures du soir...
·..·
'Bonjour le livre! Aujourd'hui nous sommes le jeudi 5 avril, et de grandes choses vont arriver.'
Estel reposa un instant sur le banc de bois sombre la plume qu'il tenait, ne sachant pas par où commencer. Ces phrases lui semblaient ridicules, voir désuète. Il aurait voulu aller à l'extérieur, et non dans cette salle un peu trop sombre à son goût, à s'ennuyer à mourir. Dans l'état d'excitation où il se trouvait, il avait du se concentrer pour écrire ces quelques lignes sans trépigner sur place, ou tenter de bondir par la fenêtre. Il n'était pas très sur que l'orthographe et la grammaire qu'il avait utilisé ne ferait pas pousser des hurlements de désespoir à Glorfindel, ou de gentils ricanements de la part de Legolas.
Il fronça les sourcils, se rappelant deux souvenirs en même temps, et reprit la plume, se concentrant, la pointe de sa langue touchant involontairement sa lèvre supérieure. 'Glorfindel m'a dit que ma maman allait revenir aujourd'hui de la Lothlórien. Je me demande à quoi elle ressemble. Je ne l'ai jamais vue. Ni Glorfindel, ni papa Elrond ne m'ont jamais parlé d'elle. Elle s'appelle Gilraen. Les autres elfes disent qu'une maman est quelqu'un qui vous aime beaucoup, quoi qu'il arrive. J'espère qu'elle m'aimera beaucoup. Je n'ai pas vu Legolas ce matin, ni ce midi lors du repas. Papa Elrond lui a interdit de m'approcher. Est-ce que cela à avoir avec l'épée que je tenais en main hier? Elle est moche. Elle est toute cassée, et inutilisable. Je ne pourrais jamais me battre avec ! Mais je ne me souviens pas l'avoir prise, mais j'ai l'impression que j'ai fait quelque chose de grave. Seulement, c'est Legolas qui a été puni. Je ne comprends pas.'
Un troisième souvenir s'immisça dans son esprit, et il écrivit à nouveau de la manière lente et attentionnée des jeunes élèves.
'Glorfindel n'était pas content non plus hier. Il m'a demandé de dessiner quelque chose en rapport avec un souvenir important. Je ne sais plus ce que j'ai dessiné, mais ça n'a eu l'air de le fâcher. Il ne veut pas me dire ce que j'ai dessiné de mal. Je ne sais plus ce que j'ai dessiné. Je pense que je voulais dessiner Legolas en train de me donner des cours d'archerie, et les colombes. Je voulais lui faire un dessin pour me faire pardonner des colombes que j'avais faillis tuer l'autre jour. J'ai du dessiner vite, car l'instant d'après j'étais à la fenêtre. Je ne me souviens pas d'avoir dessiné, et Glorfindel ne veut pas me montrer ce que j'ai fait. Etait-ce si mauvais ?'
L'enfant réfléchit un instant, puis reposa la pointe de la plume sur le parchemin. 'Je ne pense pas que c'était si mal dessiné. Sinon Papa Elrond m'aurait fait la remarque.'
Il entendit alors des éclats de voix venant de l'extérieur de la salle de lecture. Des nouveaux arrivants étaient en vue. L'enfant comprit qu'il devait s'agir de sa mère et des elfes de la Lothlórien l'accompagnant. Il prêta l'oreille aux appels, et comprit que la troupe de Lothlórien serait là dans quelques minutes. Il aurait juste le temps de mettre des vêtements plus propres, sa tenue d'apparat comme Legolas l'appelait en souriant, et il serait présentable pour rencontrer sa mère. Il allait quitter la salle de lecture quand il avisa son livre. En même temps que la réalisation que c'était son livre à lui, lui vint l'idée que la venue de sa mère était un événement assez mémorable pour qu'il inscrive ses pensées. Il se jeta sur sa plume, et écrivit avec hâte.
'Je dois partir, car ma maman arrive. Elle est arrivée plus tôt que prévu. Je dois vite aller me changer. Heureusement que j'avais préparé mes habits d'apparat hier. Je vais gagner du temps'
Il fit une pause, fonçant les sourcils sans s'en rendre compte alors qu'un nuage semblait passer en lui. 'A vrai dire, hier quand Glorfindel m'a parlé de ma maman, j'ai voulu préparer mes plus beaux habits. Je ne suis plus sur de ce que j'ai préparé. Je me souviens que j'étais dans ma chambre, à mettre mes habits sur la petite table, et ensuite, j'étais dans la maison des guérisseurs avec Papa Elrond, et Legolas.'
Il sembla contrarié un instant, puis de nouveaux éclats de voix venant de l'extérieur, où il était clair cette fois qu'on le cherchait pour qu'il s'apprête, firent évanouir toute contrariété. Il n'en garda qu'un sentiment de joie face à la perspective de la rencontre imminente avec sa mère. Il inscrivit quand même une dernière phrase à la hâte. 'J'espère ne pas avoir préparé quelque chose de laid'. Et il referma son livre, le coinçant sous son bras, et filant au dehors.
Sans s'en rendre compte, il avait fait quelques menus progrès dans l'écriture depuis ses premières lignes...
·..·
Elrond se trouvait au côté d'Estel, sur les marches menant à sa grande maison, appelée parfois, la dernière demeure. .L'enfant était habillé de couleurs claires et bleues, ses cheveux coiffés et tressés, retenue en arrière par un fin fil argenté. Il avait insisté pour porter au cou le médaillon que Legolas lui avait offert lors de l'incident des colombes. Il savait que Glorfindel ne trouvait pas le port de ce bijou du meilleur goût, mais il avait décidé de le laisser ronchonner dans son coin. Il savait que l'enfant mettait ce médaillon pour que Legolas sache qu'il pensait à lui, qu'il demeurait son ami, le temps que la 'punition' soit levée. Il se doutait également que l'enfant ne devait pas comprendre le motif de cette 'punition'.
Il avait vu le regard choqué, perplexe, puis résigné dans les yeux de l'elfe sylvain quand il avait interdit à Estel de l'approcher jusqu'à nouvel ordre. L'elfe de Mirkwood pouvait toujours penser que c'était pour le mettre en sécurité, en tant qu'envoyé de son père, loin de toute attentat. Que diraient les conseillers si jamais ils apprenaient que non seulement leur prince enseignait les arts de combat à un humain, mais en plus, un descendant d'Isildur, et qui plus est, se baladait dans un lieu de paix, avec une arme volée, prétendant simplement ne pas se souvenir de comment cette arme était entrée en sa possession. C'est comme ça qu'ils verraient la situation, et cela ne ferait que créer d'autres tensions dans les rapports déjà pas très amicaux entre les deux royaumes.
Elrond reporta son attention sur l'enfant à ses côtés. Les choses seraient tellement plus simple si c'était effectivement ce qui s'était passé, qu'Estel avait été fureté dans la crypte d'Isildur, avait trouvé l'épée jolie, et l'avait prise. Puis, face aux questions de son père adoptif, avait opté pour l'amnésie partielle. Oui, ce serait tellement plus simple que l'autre scénario qui se profilait dans son esprit.
Cet enfant n'était pas un simple enfant de cinq ans. Il pouvait devenir un objet de vénération, tout comme un objet de haine et de peur. C'était aussi le dernier descendant connu d'Isildur, le dernier Roi du Gondor, qui avait initié le début d'un règne de doute et de peur, en refusant de jeter l'anneau de Sauron. Depuis, moult créatures intelligentes des Terres du Milieu, et assez âgées ou avisées pour s'en souvenir, redoutait le moment où Sauron recouvrirait assez de force pour tenter de récupérer cet anneau. L'un des descendants d'Isildur serait amené à faire un choix déterminant concernant cet anneau. Galadrielle l'avait prophétisé. Mais il demeurait toujours la peur que ce choix soit le mauvais. Le malheureux choix d'Isildur avait provoqué la scission des alliances entre humains, elfes et nains, menant peu à peu à des guerres plus ou moins ouvertes entre les clans. Allaient-ils risquer de voir la même histoire se répéter ?
Cet enfant à ses côtés pouvait symboliser les doutes et les peurs de beaucoup de créatures, il n'en était toujours pas moins un enfant de chair et de sang. Un coup de dague bien placé pouvait immobiliser son cœur, et mettre fin à tous ces tourments.
Les pensées d'Elrond tournoyèrent face à l'horreur qu'elles avaient empruntée.
Tuer le fils d'Arathorn ?
Si ton couteau libérait les peuples libres des Terres du Milieu, peut-être serais-tu vu comme un héro par les autres clans elfes. Peut-être que les guerres froides cesseraient, et que tous se rassembleraient autour de toi qui aurait fait preuve de tant de sagesse.
Il serra les dents pour chasser la voix qui venait de se faire entendre de manière insidieuse dans son esprit. Cela ne lui ressemblait pas ! Estel n'était pas responsable des malheurs qui avaient suivi le mauvais choix d'Isildur. Il devait pouvoir vivre et évoluer de lui-même. S'il suivait une mauvaise voie, s'il risquait de mener tous les peuples libres des terres du milieu à leur anéantissement, le seigneur Elrond pourrait toujours ordonner sa mise à mort.
Une pensée étrange lui vint alors qu'un rayon du soleil faisait scintiller un des éléments argentés du médaillon sylvain. L'enfant faisait confiance à Legolas. Et ce dernier avait été élevé dans la haine de l'humain en général et de la lignée d'Isildur en particulier. Si l'elfe se révélait être sans danger pour Estel, qu'il ne préparait aucun complot, qu'il était sincère dans ses actes et ses propos... il pourrait devenir la Main du Destin : il pourrait partir souvent en mission avec Estel, dans le but caché de l'observer et de le guider. Si l'humain un jour devait faire un dangereux choix, Legolas aurait la liberté de l'en empêcher, par tous les moyens.
En tourment, son esprit opta pour une manière très elfique de penser. 'Les ordres d'Eru finissent toujours par arriver. Ne les hâte point.'
Cela le calma. Il n'aimait pas quand de telles pensées le prenaient. Surtout qu'il devenait très attaché à Estel. Il se doutait que plus le temps passait, plus il lui serait impossible d'agir lui-même au cas où Estel tournerait mal. Avait-il voulu pousser l'issue en lui donnant un nom signifiant 'espoir' en elfique ?
Ou tout simplement, les derniers tourments, qui venaient de survenir, ne pourraient-il pas juste être un cadeau donné par Gilraen à son fils, via sa naissance ?
Pourquoi Gilraen revenait-elle ? Pourquoi quitter la sécurité et la douceur de la Lothlórien, braver les périls des routes, afin de revenir en Rivendell ? Si c'était pour son fils, pourquoi maintenant ? Il avait l'impression que tout se passait un peu trop rapidement à son goût, mais il comprenait aussi qu'il avait toujours pensé qu'elle ne reviendrait jamais. Fort de cette certitude, il avait naturellement été surpris, voir choqué par l'annonce de Glorfindel.
Etait-ce simplement un voyage d'agrément pour voir son fils, après tant d'année en exil dans le domaine de Galadrielle ? Ou des mots avaient-ils été portés à la Lothlórien ? Des mots disant comment le fils d'un Roi elfique haïssant la lignée d'Isildur, était devenu le maître d'arme du dernier espoir de cette lignée ? Etaient-ils arrivés, tout là bas dans la forêt dorée, à la même idée du complot Mirkwoodien ?
Les voix des elfes s'élevèrent autour de lui, indiquant les points mouvants sur le flanc ouest, menant à la vallée de Rivendell. Et alors que les cavaliers approchaient progressivement le porche d'entrée du domaine, Elrond sentit une bulle d'acidité monter dans son estomac et étendre ses pseudopodes jusque dans sa gorge.
Il n'aimait pas se sentir aussi paranoïaque que Glorfindel... Et pourtant il avait un sombre pressentiment...
·..·
·..·
·..·
·..·
(¯·..·..· ----•(-•----------------•-)•----..·..·´¯)
A suivre...
(¯·..·..· ----•(-•----------------•-)•----..·..·´¯)
·..·
·..·
·..·
Hé oui ;) toutes vos reviews m'ont décidé à écrire un nouveau chapitre avant la date prévue ;)
Bon, c'était un chapitre où j'avais du mal à m'y mettre... Les prochains seront plus rapides, car plus motivants pour moi ;)
(et en même temps, j'ai gagné mon pari où je disais que je posterais un update pour une fic autre que « la communauté des elfes » avant la fin de l'année ;p )
Je répondrai d'ailleurs à toutes vos reviews dans le prochain chapitre, car je tombe de sommeil, et si je ne vais pas dormir, je vais être mal demain... très mal ;(
A bientôt, tout le monde ;) et que vos journées soient amusantes et intéressantes ;)
Bisooooooooooooooooooooous ;
:Roselyne:
Note
du 26 décembre: en relisant, j'ai repéré quelques MONSTRUEUSES fautes
d'orthographe... Je me suis empressée de corriger :p Croisez les
doigts, si aucun FUMBLE ne me tombe dessus, mercredi 28 déc, il y
aura le prochain chapitre ;)
