Disclaimer: Aucun des persos de Tolkien n'est à moi :,(... (reniflement tristounet)… mais je les emprunte joyeusement pour cette nouvelle fic :-)

A titre d'info, pour ceux/celles qui voudraient encore faire de l'immersion : la musique que j'écoutais pendant l'écriture de ce chapitre = APOCALYPTICA: « I don't care » ;-)

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JET DE PIERRE DANS UN LAC
"Changer une petite chose... peut tout changer."

Chapitre 9 – Une famille maudite.

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« Ma maman est morte aujourd'hui. Elle a essayé de me tuer, mais Legolas l'a tuée. Je suis content qu'il m'ait défendu, mais je ne comprends pas pourquoi ma maman voulait me tuer. Les autres elfes disaient qu'une maman vous aime. Pourquoi ma maman ne m'aimait pas ?

On se parlait gentiment près de la fontaine, puis elle s'est jetée sur moi et m'a fait mal avec son couteau. Et Legolas l'a tuée. »

Estel reposa sa plume sur le côté du journal. Tenir le livre sur ses genoux lui faisait mal au bras, et la blessure était encore fraîche. Malgré le baume qu'Elrond avait mis sur sa plaie, du sang perlait encore au travers du bandage. Estel serra les dents. Cette douleur lui rappelait quelque chose qu'il ne comprenait pas. Oh, combien il aurait souhaité que Legolas fut à ses côtés. Son professeur aurait d'office une explication !

Il relit ce qu'il avait écris en elfique pour vérifier s'il y avait des fautes. Nul besoin de donner une occasion à Glorfindel de le sermonner à nouveau. Quelque chose attira son attention, et il réalisa que ses mots avaient dépassé sa pensée. Il tendit la main droite et reprit la plume.

« Non. Ma maman et moi, on parlait gentiment près de la fontaine, et puis, je me suis retrouvé par terre et elle essayait de me tuer. Je ne sais pas ce qui s'est passé. Elle a dit que je devais mourir. Pourquoi ? »

En effet, il ne se souvenait pas avoir été jeté en bas de la fontaine, mais peut-être qu'il s'était cogné la tête lorsqu'elle l'avait poussé au sol et avait oublié les dernières secondes. Un peu comme lorsqu'il avait voulu tirer sur les colombes et que Legolas l'avait empêché en le poussant sur le sol. Le souvenir de l'elfe de Mirkwood lui rappela ce qui s'était passé avec Glorfindel. A nouveau il approcha la plume du papier parcheminé de son journal.

« Legolas est blessé. Il m'a défendu, mais Glorfindel l'a frappé et l'a blessé au cou avec son épée. Je vais aller voir à la maison des soins si Legolas y est. Je veux le remercier. Je suis content qu'il m'ait défendu. ».

Quiconque lirait ce journal, sans connaître Estel, ni même Rivendell, serait probablement horrifié de la façon dont l'enfant passait outre la mort de sa mère. Mais c'était en ignorant qu'Estel avait très peu connu sa mère. Il avait été séparé d'elle à l'âge de 3 ans, et n'avait quasi aucun souvenir d'elle. Ce n'était qu'une étrangère dont la statue se trouvait dans le petit parc à l'ouest de la cité elfique. Il avait entendue parler d'elle, mais en termes vagues, génériques. Il l'avait retrouvée aujourd'hui même, mais ils avaient peu parlé, finalement. Estel, d'ordinaire très bavard, aurait probablement fait les mêmes confidences à quiconque montrerait de l'intérêt pour lui et accepterait de passer un peu de temps à l'écouter, sans devenir fou.

Oui, sa mère était morte. Cette étrangère était morte après avoir essayé de le tuer. Pas étonnant qu'il s'inquiète plutôt pour quelqu'un avec qui il partageait beaucoup, quelqu'un qui commençait à prendre une place de plus en plus importante dans sa vie. Quelqu'un qui était sans cesse là pour le protéger, qui lui apprenait chaque jour de nouvelles choses. Quelqu'un qui était parfois dur, mais toujours gentil avec lui.

Estel referma son journal et le reposa précautionneusement sur le petit bureau près de la fenêtre. Il regarda par le balcon, le soleil se couchait et bientôt le crépuscule serait là. Il fut tenté d'escalader le balcon et de descendre le long de l'arbre dont il pouvait atteindre les branches en sautant. Mais il savait que son bras ne lui permettrait pas de telles acrobaties. Il fit demi-tour et se dirigea vers la porte. Il l'entrouvrit et vit qu'aucun garde n'était posté là. Mais après tout, ce n'est pas comme s'il avait fait une grosse bêtise et qu'il était puni dans sa chambre avec interdiction d'en sortir !

Seulement… s'il n'avait pas fait de bêtise, pourquoi sa maman avait-elle essayé de le tuer ? Cette pensée traversa son esprit, mais il n'eut pas le loisir de s'y attarder car des voix se firent entendre dans le couloir non loin de lui.

« Glorfindel demande à tout le monde d'être sur ses gardes. Il a besoin de renfort. Legolas a disparut, son frère est à sa recherche et cela pourrait très mal tourner ».

Estel souleva un sourcil. Son professeur avait un frère ? Il devait être aussi fort et amusant que lui. Est-ce que lui aussi jouait de la harpe ? Il lui tardait de le rencontrer. Il s'aventura dans les couloirs, direction la salle de soin.

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Moadhil se sentait mal. Terriblement mal. Odùrin était à ses côtés, et la salle de lecture face à eux était vide. La même salle où Elrond avait demandé à Legolas de demeurer le temps qu'il défriche le terrain avec les Mirkwoodiens, pour ensuite être appelé lorsque l'ambiance serait sereine. Foutu archer de Mirkwood, pas capable de respecter une demande venant du seigneur de Rivendell lui-même ! Moadhil se demandait si le frère ainé de Legolas voudrait se passer les nerfs sur lui. Il déglutit avec difficulté. Pourtant le garde à l'entrée n'avait pas dit avoir vu quelqu'un sortir de la pièce !

« Il était là… ! », coassa Moadhil en tendant des mains légèrement tremblantes vers la pièce vide. La Salle de Lecture était peut-être agréable et d'une décoration raffinée, mais Moadhil ne la voyait plus, car sa vie était en train de défiler devant ses yeux et elle lui bloquait la vue.

« Pourquoi ne suis-je pas surpris ? », soupira Odùrin avec un ton sombre, comme s'il se parlait à lui-même. La fenêtre était grande ouverte et le soleil couchant donnait en plein dedans, aveuglant pour qui regardait dans cette direction. Mais Odùrin était arrivé plus ou moins aux mêmes conclusions que Moadhil. Si Legolas était sorti par la porte, le garde l'aurait signalé. Il ne restait plus que le balcon possible. Le Mirkwoodien s'y rendit et mis une main sur son front pour protéger ses yeux de la lumière du soleil alors qu'il scrutait le panorama qui s'offrait à lui.

Les bâtisses de Rivendell alliaient un côté solide et une impression de légèreté de par leurs courbes et entrecroisements. Les édifices se mêlaient aux arbres, ce qu'Odùrin déplora. C'était une faille énorme de sécurité. N'importe quel ennemi pourrait escalader ces arbres et pénétrer dans les diverses pièces pour faire un carnage. Cette Grande Maison elfe ne serait décidément plus rien si les gens de Mirkwood décidaient tous de partir pour Valinor et que les orcs déferlaient ici. Oh, Rivendell seraient probablement la dernière cité elfique à tomber, car la vallée dans laquelle elle avait été construite, sur les contreforts occidentaux des Mont Brumeux, était très encaissée, et difficile à découvrir si on ne connaissait pas le chemin. La principale voie d'accès passait par le Gué de la Bruinen, encore relativement facilement défendable. Mais si les ennemis passaient ce gué, ce serait un véritable carnage !

Odùrin sourit. Ce qui était un défaut pour Rivendell pouvait devenir un atout pour lui. Ainsi son petit frère avait fuit par les balcons en s'aidant des arbres ? Il en serait de même pour lui. Il essayait de se mettre dans l'état d'esprit que Legolas pouvait avoir traversé, pour deviner le chemin qu'il avait pu prendre une fois en bas. Mais il n'eut pas à y réfléchir longtemps car ses pensées furent interrompues par un son. Un son ténu, naturel, mais qui signifiait beaucoup de chose pour qui en connaissait la signification. Le cri d'un faucon qui vient de fondre sur sa proie. Les gens de Rivendell n'y avaient probablement même pas prêté attention, mais Odùrin, qui connaissait le code des Assassins sur le bout des doigts, sourit.

Sans plus attendre, il bondit par le balcon, se raccrochant à une des branches d'arbres, et effectuant un rétablissement rapide, tournoyant sur lui-même, pour s'élancer vers le sol et y atterrir aussi délicatement qu'une plume. L'instant d'après, il se dirigeait rapidement vers les écuries, là d'où était provenu le cri du faucon. Ceux qui le virent s'avancer, l'air déterminé, s'écartèrent prudemment de son chemin. Ils firent bien.

Dans la salle de lecture, Moadhil se sentit d'abord immensément soulagé de voir le Maître Assassin s'éloigner, avant de s'inquiéter brusquement sur pourquoi il était parti si précipitamment. Il fallait impérativement prévenir le Seigneur Elrond. Il fit demi-tour et se rua dans le couloir.

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« Nom de… », Elrond manqua de s'étouffer. Le temps qu'il réponde à Odùrin au sujet de Gilraen – et probablement que Glorfindel regardait dans sa direction aussi à ce moment là – il y avait eu un changement drastique dans la population de la pièce. Sur les quatre assassins de Mirkwood, il ne restait plus que Lyrandael, qui avait déjà à demi-enjambé la fenêtre. Se sentant observé, le rouquin suspendit son geste et tourna son visage vers les deux elfes de Rivendell, souriant de l'air un peu gêné d'un chaton qui vient de se faire surprendre à déchirer un coussin sur un divan. Il fit un petit signe de la main, et disparut aussitôt par la fenêtre.

Glorfindel n'attendit pas les ordres d'Elrond et se rua à l'extérieur pour alerter les gardes. La pensée qui traversa l'esprit d'Elrond fut que si tout se passait bien, il y aurait probablement beaucoup de monde à la Salle de Soins avant le prochain lever du soleil. Si tout se passait bien.

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En apercevant au loin les écuries, Odùrin vit instantanément son frère. Galdor et Faradan lui tenaient compagnie de part et d'autre de lui. Faradan avait un bras passé amicalement autour des épaules de Legolas comme s'ils étaient de vieux comparses en train de deviser des derniers évènements amusants. Legolas ne desserrait pas les mâchoires, mais ne montrait aucun signe de vouloir prendre la fuite. Il avait le calme résigné de ceux qui savent qu'il ne sert à rien de combattre. Il regarda son frère approcher sans siller et en s'imposant de ne pas détourner le regard.

Odùrin vit que des guerriers de Rivendell n'étaient pas loin et que deux semblaient se rapprocher d'eux. L'alerte avait certainement été lancée. Il opta pour une stratégie pacifique, visant à endormir la méfiance des gardes. « Mon frère, je suis fort heureux de voir qu'il ne t'es rien arrivé de fâcheux ! ». Il ouvrit les bras pour une accolade chaleureuse, notant dans le même instant le coup que Legolas avait sous l'œil droit, ainsi que la plaie à peine refermée qu'il avait au cou. Il fronça les sourcils. Ce n'était pas une technique d'Assassins. Un Assassin digne de ce nom n'aurait pas manqué son coup. Probablement encore un de ces amateurs de Rivendell ! Ainsi son frère était réellement un héro chez eux ? Curieuse façon de témoigner de la gratitude…

Legolas vit son frère s'approcher et fut surpris par son attitude amicale. Mais il le connaissait suffisamment pour savoir que derrière chaque gentillesse d'Odùrin se cachait du poison. Néanmoins, il le laissa refermer ses bras autour de lui. Le refus aurait pu avoir des conséquences encore plus fâcheuses et n'aurait pas manqué d'alerter les gardes de Rivendell. Legolas était las de cette journée, et voulait à tout prix éviter un bain de sang inutile. Et à la lueur dans les yeux de son frère, il sut que ce dernier était à deux doigts de passer en mode meurtre généralisé.

Odùrin tapota amicalement le dos de Legolas et ce dernier se surprit à penser que finalement son frère était peut-être dans de bonnes dispositions, après tout. Mais il changea rapidement d'avis quand la main d'Odúrin remonta à sa nuque, lui empoigna violemment les cheveux et lui tira la tête en arrière. Oh, pas de beaucoup, histoire qu'aucun garde ne soit alerté. Sous la surprise et la douleur vive, Legolas laissa s'échapper un gémissement, qui fut ravi de prendre la clef des champs.

« As-tu PERDU L'ESPRIT ?! », siffla Odùrin à l'oreille de son frère. Legolas était paralysé et tentait de ne rien laisser transparaître sur son visage. Odùrin reprit : « Sais-tu seulement qui tu as défendu ? Pour qui tu nous mets tous en danger ? ».

Le fils ainé de Thranduil n'attendit cependant pas une réponse. Il relâcha les cheveux de son frère et lui empoigna le bras gauche en dessous de l'épaule, pour ensuite le faire avancer – un peu brutalement peut-être aux yeux des gardes de Rivendell – vers les écuries.

Les deux autres assassins demeurèrent dehors, l'air de deux compères qui font une pause en fin de journée, et qui seraient sortis pour fumer quelques feuilles de thé sèches. Mais le regard qu'ils lançaient aux gardes de Rivendell était porteur d'un message clair : 'Ne vous approchez pas. Ne vous mêlez pas des affaires de Mirkwood'.

Odùrin entraina Legolas à l'intérieur des écuries où la plupart des chevaux commençaient à somnoler avec la baisse de luminosité. Le soleil avait disparu derrière les montagnes qu'il ourlait de flammes dorées. Au dehors, les ombres, devenues violettes, s'étaient allongées. Odùrin repéra deux elfes qui s'occupaient de remplir les dernières mangeoires. « Toi, et toi ! », commença-t-il en les désignant, « Dehors ! ».

Le premier elfe reconnu Odùrin et comprit aussitôt le danger de la situation, mais le second ne réalisa pas à qui il avait affaire. Il ne vit qu'un elfe inconnu, qui avait l'air de malmener le maître d'arme d'Estel, et ne comprit pas que là était justement le danger : Quelqu'un parvenant à malmener Legolas devait être très, très dangereux.

« On ne me fout pas dehors comme ça ! », répliqua le second elfe avec un air de défi. « Et puis d'abord, t'es qui toi? Tu te prends pour qui ?».

Un large sourire carnassier apparut sur le visage d'Odùrin.

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Les quelques gardes présents fixaient Galdor et Faradan du regard, indécis sur la marche à suivre, quand ils virent deux elfes de Rivendell littéralement lancés à travers la large porte des écuries et atterrir lourdement sur les pavés à plusieurs mètres de l'entrée, au milieu des bouts de bois qui tombèrent autour d'eux. Faradan soupira. Voilà qui allait attirer bien du monde. Il allait encore falloir calmer les esprits échaudés. Déjà, les gardes s'avançaient vers les blessés qui gémissaient de douleur sur le sol. L'un des deux elfes se tourna à demi vers l'autre. « La prochaine fois… tu la fermes ! »

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Legolas fit face à Odùrin alors que celui-ci revenait vers lui, en se frottant les mains comme s'il avait touché quelque chose de poussiéreux.

« Tu m'as toujours enseigné qu'en combat, il ne fallait pas perdre le temps à réfléchir, mais agir », commença l'elfe plus jeune, sachant très bien où Odùrin voulait venir, autant ne pas perdre de temps et aller droit au but. Comme tout bon assassin apprend vite à faire. « J'ai agis. Je ne savais pas qui était la femme qui attaquait Estel, je ne savais pas qu'elle venait de Lothlórien. J'ai juste vu quelqu'un essayant de tuer l'enfant. »

« Pas UN enfant, mais le descendant d'Isildur, bon sang, Laegolassië ! », hurla presque Odùrin en décomposant le nom de son frère avec une pointe de dédain. « Je ne te savais pas aussi stupide ! Cela ne te suffit pas les guerres que nous traversons ? Nos morts ne sont-ils donc pas importants à tes yeux ? »

Legolas se figea, n'aimant pas la manière dont Odùrin voulait amener la culpabilité dans la conversation. « L'enfant n'est pas responsable de ce qu'a fait son ancêtre. Et le tuer n'arrêtera pas l'invasion des orcs. »

Odùrin eut un sourire triste et las en se rapprochant de son frère. « Non, mais cela aurait fait un bien fou à tous ceux chez nous qui souffrent à cause du choix d'Isildur. Tu aurais laissé mourir l'enfant, tu aurais été vu en héro chez nous ». Le volume de sa voix enfla. « Au lieu de cela, tu as préféré être un héro ici, et risquer la guerre entre notre maison et celle de Lothlórien ! ». Et avant que Legolas ait pu deviner ses intentions, Odùrin le frappa au visage. Le premier coup surprit Legolas, lui faisant perdre l'équilibre. Le deuxième coup l'envoya au sol. L'archer se demanda si Odùrin allait lui bondir dessus pour l'achever, mais c'était pire, on aurait dit que l'autre attendait qu'il se relève !

« Ce n'est qu'un humain ! Un éphémère ! », reprit Odùrin, le poing toujours serré. « De toute façon, il va bientôt mourir ! Mais toi, tu t'es ramolli en un mois ici. Je t'ai connu souvent moins regardant avec les humains qui passaient chez nous.»

Toujours au sol, Legolas serra les dents et une mauvaise lueur brula dans ses yeux alors qu'il fixait son frère. Un cuisant souvenir venait de se frayer un chemin dans sa mémoire. « Oui, les humains qui passaient chez nous sans y être invités étaient punissables, je sais. Vous me l'avez suffisamment fait comprendre quand j'étais petit ! ». Ses poings serrés en tremblaient presque. Cela n'échappa pas à Odùrin qui eut un ricanement.

« Et pour une fois que tu en défends un au péril des tiens, il faut que ce soit un descendant de cette famille maudite ! Finalement je me dis que je n'aurais pas du avoir pitié de toi plus tôt. J'aurais du laisser la porte fermée. »

Legolas demeura pétrifié pendant un court instant, puis bondit tel un animal sauvage sur son frère avec un grognement de rage, la main gauche levée en poing vers son visage. Un rapide mouvement de son poignet droit avait libéré la lame qui était dans sa protection avant-bras de cuir sombre. Il abattit sa main vers le ventre de son frère. Mais c'était sans compter les réflexes d'Odùrin qui savait pertinemment bien le genre de réaction qu'une phrase pareille pourrait provoquer chez Legolas : Réveiller l'assassin qui parfois s'endormait en lui. L'aîné saisit aussi bien le poing gauche que le poignet droit du plus jeune. Et serra. Il était plus solidement bâti que Legolas, et en force brute, il le surpassait grandement. Dans les entrainements contre son frère, Legolas compensait habituellement par la vitesse, mais ses mains immobilisées dans ce qui ressemblait un étau d'acier douloureux, il perdait son avantage.

« Tu perds ton sang froid », Odùrin se pencha vers Legolas sans pour autant relâcher sa prise. « Regarde-toi. Prêt à faire couler le sang des tiens pour un vulgaire humain ! ». D'un mouvement brusque, il fit pivoter sa main droite vers l'avant, exerçant une clef pénible sur le poignet gauche de Legolas. Ce dernier résista autant qu'il pu à la douleur avant de fléchir le genou. Il savait que son frère ainé n'hésiterait pas à lui casser le poignet pour le faire céder, et en tant qu'archer, il ne pouvait pas se le permettre.

Legolas releva les yeux vers son frère et soutint son regard. « C'est là que tu te trompes, Odùrin. Ce n'est pas un vulgaire humain. C'est un Dúnedain. Il a du sang elfe dans les veines ! ». Il relâcha la tension dans ses bras, signifiant que son envie de fratricide était passée.

Odùrin fit semblant de ne pas remarquer et continua à immobiliser Legolas. « Tellement dilué, mon frère », soupira-t-il. « Tellement corrompu par tout ce sang humain… Et la corruption mène souvent à la traitrise ». Son ton se fit soudainement plus académique. « En parlant de traître, rappelle-moi donc nos préceptes, histoire de voir si tu es toujours des nôtres. »

Legolas fronça légèrement les sourcils, toujours maintenu par Odùrin. Il se rendit compte alors que son frère était prêt à le tuer sur place s'il se trompait ou marquait une hésitation. L'elfe déglutit et récita la première leçon enseignée à la Guilde des Assassins de Mirkwood. « Demeure invisible aux yeux de tes ennemis. Ne commet aucun acte qui mette Mirkwood en péril… »

Odùrin lui sourit. « Là, tu as échoué en beauté ».

Legolas ne se démonta pas. Il fixa Odùrin avec bravoure : « Et la troisième, 'Jamais ta lame ne fera couler le sang des innocents'. »

Le frère ainé comprit son regard et éclata de rire. « Cet enfant n'est pas innocent ! C'est avant tout un descendant d'Isildur ! Le même sang pourri et corrompu par l'anneau de Sauron doit couler dans ses veines ! ». Il se pencha plus près de Legolas, sa voix devenant plus grave et plus sérieuse. « Et puis souviens-toi, c'est nous qui décidons souvent de qui est innocent. Je suis ton supérieur, tu dois m'obéir ! »

Ce fut au tour de Legolas de secouer tristement la tête. « Tu es aveuglé par la vengeance. Sache que tuer Estel ne ramènera pas les nôtres à la vie, Odùrin… ».

Odùrin haussa les épaules, comme si cette remarque comptait peu. « Peut-être… Mais tuer cet enfant pourrait aussi empêcher d'autres morts dans le futur. Surtout s'il suit le même chemin sombre que son ancêtre !», ajouta-t-il avec un sourire amer.

Legolas secoua la tête. « Je m'emploie à ce que cela n'arrive pas », dit-il doucement. « J'essaye de lui inculquer des valeurs elfes. » Il se demanda comment son frère allait réagir à cela, quand à ce moment précis, une voix enfantine se fit entendre clairement depuis le fond des écuries et faillit les faire sursauter.

« Retire tes sales pattes de lui, fiente d'orc ! ».

Odùrin fronça les sourcils et sans lâcher Legolas, il se tourna vers le propriétaire de la voix pour évaluer la nouvelle situation. Il fut surpris de voir qu'il s'agissait d'un enfant humain, les cheveux sombres, les yeux gris. Il était vêtu d'une tunique claire, et avait un bandage sur le bras gauche. Nul doute possible, c'était lui. Estel.

L'enfant eut un ricanement moqueur en s'avançant d'un pas vers eux. « C'est marrant, Odùrin, tu réagis toujours à cette appellation, quelle que soit l'époque. »

Les deux frères étaient immobiles, leurs yeux leur mangeant le visage. Legolas était bouche bée et fixait Estel sans mot dire. C'était bien Estel en apparence, mais ses yeux… ! Ce regard, il l'avait déjà vu, dans la Salle des Soins, quand Estel était apparu auprès d'eux avec l'épée brisée de Narsil en main. Et puis, il avait l'impression que quelqu'un d'autre parlait par sa bouche. Quelqu'un de trop adulte. Oui, c'était comme dans la salle de soin, ou à la fontaine.

( 'C'est pure folie ! Je t'enverrai une missive quand j'aurai tout refait à la perfection !' )

Odùrin ne relâcha pas Legolas, mais s'adressa à lui tout en continuant à fixer Estel. « Je crois que ton enseignement sur les valeurs elfes laisse à désirer, petit frère… »

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A suivre...

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Hé hop, à nouveau 4 jours entre le précédent chapitre et l'actuel )
Bon, ne vous y habituez pas trop vite, il se peut que la cadence ralentisse dans l'avenir, surtout si je dois updater d'autres fanfics (en cours d'écriture : Communauté des Elfes 33 et Only One Light 6 ).

Je réponds aux questions de Ninfea di Luna, qui a été la seule cette fois à poser des questions et laisser un commentaire -)

Glorfindel, exploser comme un volcan. Oui, clairement, c'est le volcan islandais que je visais. [Censuré] de volcan qui a foutu en l'air pas mal de plans :-( Et qui risque de m'obliger à prendre la voiture et le bateau pour aller en Angleterre prochainement ^^

Love Story entre un elfe et une orc : si tu veux te lancer là dedans, je t'en prie, vas-y -)

Elfes propres sur eux, mais hargneux : non non, je ne visais personne (pour une fois ! :D )

Elrond et Isildur : on avait voulu tourner la scène du coup de pied au cul il y a longtemps. (Boing ! Plouf !), mais manque de moyens en FX à l'époque (2004), ça a été suspendu -)

« Il avait l'air aussi cinglé qu'un rat shooté à l'herbe » : J'ai probablement du en voir un lors d'une soirée chez un de ma classe à l'IAD (certains pensent qu'ils peuvent trouver de l'inspiration pour leurs scénarios dans les substances illicites, mais partagent toujours avec leurs amis, humains ou pas -) ). Mais l'expression est assez parlante sans ça, je pense -) Non ? :-)

Bon, 3h22. Je vais aller roupiller un peu -) Journée un poil merdique en perspective demain ^^;

Bisooooous :-*

::Roselyne ::