Bonjour, bonjour,

Me voilà avec une fic sur l'univers d'Hunger Games. Elle sera centrée sur la vie d'un seul et unique personnage, que j'ai créé de toute pièce.

Je voudrais juste remercier clOclo-sorcière-mégalo.

Bonne lecture.


Je regardais avec colère l'exécution de mon grand frère par cet abruti du district un. Je regardais cet homme égorger notre tribu en souriant. Je le regardais lever les mains en l'air et hurler sauvagement. Comment cela avait-il pu se produire ? Comment mon frère avait-t-il pu se faire surprendre de cette façon ? Surtout, comment mon frère avait-t-il pu passer aussi près de la victoire ? Mon frère, ce grand carrière blond que tout le monde voyait déjà revenir, venait de se faire tuer par le carrière du district un. Cela ne se pouvait, certes ce carrière était plus grand, mais mon frère était nettement plus talentueux ! Nous étions les plus forts au district deux.

Je me levais avec rage et j'attrapai la statue de bronze posé sur la table basse et je l'envoyai dans la télévision, sous le grognement de mon entraîneur, qui se garda bien de faire le moindre commentaire. Il avait l'habitude de mes sautes d'humeur, d'ailleurs tout le monde se serait bien gardé de faire un commentaire.

Je sortais de la pièce avec comme arrière-plan le crépitement de la télévision. L'année suivante, je me porterais volontaire et je gagnerais ces foutus Hunger games ou je mourrai sous la main de ma partenaire, Nina. Mais je ne me ferais pas tuer par les carrières prétentieux du Un, surement pas. Ni d'ailleurs par les tribus inexpérimentés des autres districts, non, ceux-là ne seront même pas une menace.

Je savais cependant que les futures carrières du Un, particulièrement le garçon, étaient plutôt bien entraîner. Mais surement pas autant que nous. Oh, non, ce sera avec satisfaction que je les égorgerais. Avec tristesse, mais avec détermination que j'abattrais Nina, il le fallait pourtant il ne pouvait y avoir qu'un vainqueur. Je voulais bien céder ma place à Nina, quand je dis cédé, comprenez-moi bien, j'entends qu'il faudrait qu'elle me l'arrache, mais je pense pouvoir mourir en paix en sachant que je suis tombé par la main d'une Nina triomphante. Et pourtant, mon frère n'a pas eu la chance de périr sous la main de sa partenaire.

Tout revient à ce sujet pour le moins énervant : Mon frère aurait dû gagner et s'il avait perdu c'était uniquement de sa faute. Il ne s'était pas préoccuper de son dos quand il avait administré le coup mortel au garçon du trois. Alors, celui du un avait simplement eu à l'égorger, comme on égorge un agneau.

Oui, mon frère était mort comme un agneau, c'était risible, lui qui avait tué à lui tout seul la moitié des tribus s'était fait tuer comme un agneau, égorger, attaqué dans le dos. Je ne pouvais blâmer le vainqueur, il avait fait ce que j'aurais fait à sa place, il avait fait ce que devait faire un vainqueur, mais ça ne m'empêchait pas de le détester et de vouloir sa mort. De toute façon, j'avais toujours eu des pulsions meurtrières, mais il aura le privilège d'être la seule personne que je tuerai en dehors des jeux.

OxoxO

La douleur était insoutenable, mais je ne sourcillais pas. Cela faisait partie du nouveau programme. Il s'était révélé que je n'avais plus rien à apprendre, mon entraîneur me l'avait affirmé. Alors un nouveau programme avait été tout spécialement concocté pour moi.

Ce programme était constitué de quatre points, disons, primordiaux.

Point numéro un : la forme. Bien sûr, il fallait que je garde la forme et que je continue l'entraînement de façon tout aussi intensive voir plus. En gros, il ne fallait pas que je gagne de la masse musculaire ça finirai par me ralentir, mais que je sois plus endurant et que j'affine certaine technique de combat.

Point numéro deux : la douleur. C'était tout à fait nouveau pour moi. La douleur sous cette forme ne s'était jamais confrontée à moi. Une douleur telle que toute personne normale perdrait connaissance, j'ai perdu connaissance à de nombreuses reprises mais à présent, la douleur était présente, mais j'étais capable d'en faire fi et je pouvais continuer mes entraînements avec la douleur qui était, ici, purement psychologique. C'était juste un système qui permettait de me faire ressentir une douleur sans que je n'aie la moindre blessure, une simple simulation. Ce serait idiot de me condamné à devoir rester au lit alors que j'avais tant encore à apprendre. De toute façon la douleur n'est produite que par un nerf et n'a pour but que de nous signalé une blessure, elle n'est pas censée nous handicapé, elle est censée nous informer et c'est ainsi que l'on m'apprit à l'aborder.

Point numéro trois : la famine. Ce point est directement lié au point numéro deux et sera lié au point numéro quatre. Ce troisième point consiste en fait à me faire ressentir toutes les caractéristiques de la faim. Elle était contrôlée par un système semblable à celui de la douleur, mais celui-ci me faisait ressentir un sentiment de malaise, d'impuissance et de douleur. Je pouvais donc ressentir la douleur et la faim simultanément, tout en devant me battre. Ce qui, je vous l'assure, m'avait longtemps cloué au sol.

Point numéro quatre : la survie dans tous les milieux possibles et imaginable, autant sous la neige que directement dans l'eau. J'apprenais à chasser et à cueillir ce qui était comestible ou ne l'était pas. Ce point était en contradiction avec le troisième point. Si celui-là était suffisamment maîtriser le troisième devenait inutile.

Ce nouveau programme consistait à faire de moi, non seulement un tueur, mais aussi un homme capable de survivre et se battre dans toutes les conditions. Il faisait de moi, un vainqueur des Hunger games.

Il n'était plus question de perdre même par la main de Nina, ils étaient tous d'ores et déjà condamné à mort.

Je grimaçais en voyant Nina, il était dommage que je doive très prochainement la tuer. Je me serais bien vu vivre ma vie à ses côtés. Elle prit sans doute ma grimace pour une réaction à la douleur et attaqua. Je lui fis mordre la poussière. Oui, je crois que je l'aimais et ça devait être réciproque. Je devrais pourtant la tuer. C'était dans ce sens que l'on m'avait élevé. J'étais prêt à tuer la personne que j'aimais, je n'avais aucun remord à envisager de tuer des gamins de douze ans. Cela faisait peut-être de moi un monstre, mais cela m'importait peu.

OxoxO

Aujourd'hui était le grand jour, le jour de la moisson. J'allais me porter volontaire. Tout le district le savait, c'est pourquoi, les jeunes hommes venaient le cœur léger. Les jeunes femmes venaient aussi confiante que les hommes, Nina se porterait volontaire.

Tout le monde s'écartait sur mon passage et je n'eus pas à faire la queue. Cela tombait bien, j'étais impatient de nature. Je rigolais intérieurement des jeunes qui sursautaient, alors que de mon côté je ne clignai pas même des yeux lorsque l'homme me piqua le doigt pour l'identification.

Je me rangeai tranquillement avec les autres hommes de mon âge. Je me plaçais volontairement au milieu. Je voulais que lorsque je me porterai volontaire tout le monde se retourne et me cherche du regard, je voulais que tout le monde s'écarte pour me laisser passer.

Je ne portai pas attention au discours du maire, je me contentai de toiser ceux qui m'entouraient et qui me considéraient avec peur, soulagement et reconnaissance. Peur, il faut avouer que j'étais impressionnant, et tout le district connaissait mon nom. Soulagement, il y avait eu le risque que je décidai de ne pas venir ce matin. Reconnaissance, bien-sûr, j'allais leur épargner la maigre chance qu'ils soient tirés au sort et ils étaient tous convaincus que j'allais gagner, moi ou Nina, mais cela revenait au même, si l'un de nous gagnait, ils auraient de la nourriture en plus. Et personne ne crachait sur un peu plus de nourriture même si nous n'étions pas le district le plus mal nourris.

L'homme du capitole portait comme à l'accoutumé une tenue ridicule, bleu pailleté, on pouvait lui reconnaitre qu'elle était parfaitement assortie avec ses cheveux bleu marine. Heureusement que le ridicule ne tue pas, parce que entre sa tenue et son accent... Il n'était pas plus ridicule que les autres membres du capitole, ils avaient tous cette manie de porter des vêtements grotesques et d'adopter cet accent qui leur était propre et qui faisait soit grincer des dents, soit rire tous habitants des districts.

De mon côté, j'avais opté pour un costume trois pièces noir, tout ce qu'il y a de plus classique et classe, sur moi impressionnant.

Il se racla bruyamment la gorge.

« Comme le veut la coutume les demoiselles d'abord et puisse le sort vous être favorable ! »

Je lançai un regard du côté de ma partenaire, mais celle-ci détourna le regard. Je fronçai les sourcils. Mais que lui arrivait-il ? Le grand jour était enfin arrivé et elle, elle faisait la gueule ! Aaaah, les femmes… je ne les comprendrais jamais. Tout compte fait, cela ne m'importait peu, je n'avais jamais tenté de comprendre les personnes qui m'entourent, cela demandait trop d'énergie, énergie que je n'étais pas prêts à dépenser. Du moment que je me faisais comprendre, je ne préoccupais pas des états d'âmes des autres.

La boule à facette, je vous laisse tout le loisir de deviner de qui il s'agit, piocha avec beaucoup de cérémonie un papier avec un nom.

« Maorie Renolds ! tonitrua-t-il. »

Une fille du groupe des quinze ans s'avança, fébrile. Elle monta sur l'estrade, je pouvais constater qu'elle s'était mis sur son trente et un, elle portait une jolie jupe saumon, un débardeur blanc, un collant gris foncé, une légère veste en cuir noir et une paire de godillot. Elle n'avait pas l'air à l'aise dans ses basquets, ou plus précisément elle n'avait pas l'air à l'aise dans tous sauf ses basquets. Elle était pâle, mais pas très inquiète. Nina allait se porter volontaire.

« Y-a-t-il une volontaire ? demanda boule à facette innocemment, il y avait toujours un volontaire dans le district deux. »

Le silence fit place. Le silence le plus absolu. Nina allait se porter volontaire d'une seconde à l'autre. Je tournai le regard vers elle, elle avait tous les yeux braqués sur elle. Elle se tenait bien droite la tête haute, de la détermination dans chacun de ses muscles contractés, le regard au loin. Mais à quoi jouait-elle ? elle voulait mettre un peu de dramatique ? ce n'était pas ce que l'on avait prévu.

L'homme du capitole rompit le silence :

« Puisqu'il n'y a pas de volontaires,-nouveau silence- passons aux hommes. »

Comment ça, il n'y avait pas de volontaire ? Nina était volontaire c'était une carrière ! Elle ne pouvait pas m'abandonner. Elle ne pouvait pas tout laisser derrière elle. Et pourtant ce silence gêné persistait.

Après en, je sentais de la tension tout autour de moi. Tout le monde se demandait si j'allai suivre l'exemple de ma partenaire et je tiens à préciser que non, il n'en était pas question. Elle venait de faire preuve soit de l'acte le plus lâche que n'ai jamais eu le loisir de voir, soit le plus idiot. Qu'allait-elle faire maintenant ? On l'avait élevé dans ce seul but, elle ne pouvait rien faire d'autre que se confronter à son destin en se portant volontaire. Non seulement, elle venait de condamner cette gamine mais elle venait de me priver d'un allié précieux, elle, et aussi du pire adversaire. C'était son choix, je savais cependant que tout serait différent de ce qui avait été prévu.

Je vis à peine le jeune homme tiré au sort s'avancé, aussitôt après que la question soit posée je me portais volontaire. Le jeune garçon pleura littéralement de joie et de soulagement, tandis que la fille éclata en sanglot. Je détournai le regard, agacé, par tant de mélodramatique, et de sentiments, écœurant.

Comme je l'avais si brillamment prévu, tout le monde me chercha du regard, et tout le monde s'écarta pour me laisser passer. J'apercevais le jeune garçon sur l'estrade, il devait avoir douze ans, il se serait fait massacrer, par des carrières comme moi. Tout le monde était soulagé qu'il ne soit pas tribu, du moins pas cette fois. Je remplaçai le garçon sur l'estrade sous le tonnerre d'applaudissement. Ils avaient vite oublié la fille. Je lui serrai la main, sa main était tremblante, et trempée, de larmes, je suppose.

Je devais très prochainement la tuer, je devrais me montrer conciliant. Pourtant, je ne l'étais pas, et je me contrefichais que je doive la tuer ou non, si elle prévoyait de pleurer sur mon épaule, elle serait bien accueillie.

Je souriais à la foule, on avait perdu l'année dernière, mais cette année ce sera différent, j'allais vaincre tous les autres tribus et m'installer dans le village des vainqueurs.

OxoxO

Le temps des adieux arriva ou plutôt, pour moi, celui des au revoir. J'avais échangé des salutations brèves et froides avec mes parents, bref et froid résumaient très bien notre relation. Je ne serais pas là si ce n'était pas le cas, quels parents dignes de ce nom élèveraient leurs fils dans le but de les envoyer dans une arène qui pourrait engendrer leur mort ? Certes je ne leur en voulais pas pour ça, ils m'avaient offert un destin grandiose, mais je ne considérais pas que c'était une façon d'élever ses enfants.

Ce n'était certainement pas pour eux que je désirais revenir, mais pour la gloire, l'argent et surement une simple satisfaction personnelle, gagner m'élèverait au-dessus des autres. J'avais beau me savoir nettement supérieur, je serais drôlement satisfait si tout le monde était de mon avis.

Quelques-uns de mes instructeurs vinrent me rappeler certains conseils, et qu'ils avaient donné des consignes au vainqueur qui me servira d'entraîneur.

A mon plus grand regret Nina ne vint pas, mais à la réflexion, j'aurai probablement eu, comme aime le dire ma mère, une de « mes très agaçantes sautes d'humeurs », ce à quoi je répondais par un claquement de langue qui lui indiquait de ne pas s'étendre sur le sujet, ce qu'elle évitait, ma mère évitait, comme tout le monde, mes sautes d'humeur, et s'étendre sur le sujet en aurait engendré une. Bref, ce ne serait pas très bien passé et ça m'aurait énervé. En fait, il n'y avait pas d'autres alternatives qu'une saute d'humeur.

Je lui parlerai dans quelques semaines et au final, on sera tous les deux heureux d'être en vie, oui, elle avait probablement fait le bon choix. Il me faudrait du temps pour le reconnaitre, mais je le savais bien, elle m'avait évité la lourde tâche de la tuer ou de me faire tuer par ses soins. La perspective de la tuer était surement la plus agréable, surtout au moment où j'attendais impatiemment que l'on m'emmène dans le train qui me mènera au capitol.

La porte grinça en s'ouvrant, m'arrachant à ma vision de moi en train d'égorger Nina, oui j'aimais particulièrement la perspective d'égorger mes adversaires, plutôt que de les éventré où de leur écraser une brique sur le crâne comme l'a fait l'un des vainqueurs d'une année précédente, quoique, c'était aussi une jolie perspective. Je me voyais très bien défoncé le crâne du brun, qui avait tué mon frère une année plus tôt, à l'aide d'une brique. Je pourrais aussi bien me le faire à main nue, l'étrangler, lui tordre le coup, lui défoncé la gorge à renfort de coup de poing. Toutes ces perspectives étaient plutôt attrayantes.

« Je voulais te remercier », déclara l'inconnu, inconnu parce que je n'avais toujours pas daigné lever le regard vers lui.

C'était le gosse pour qui je m'étais porté volontaire, enfin, disons que c'était celui qui avait été tiré au sort et à qui j'avais gentiment récupéré la place de tribu qui me revenait de droit. Moi, personnellement, j'aurais assassiné celui qui se serait porter volontaire à ma place.

Donc, le gamin vient de me remercier pour m'être porté volontaire, je ne le faisais pas pour lui, mais il n'était certainement pas venu pour que je le lui crache au visage, et puis, peut être que des journalistes du capitole viendrait l'interroger. De toute façon, je savais ce que ça pouvait couter à quelqu'un de venir remercier, alors je n'allai certainement pas l'envoyer bouler. Certes, je n'attendais que l'occasion de tuer les personnes qui m'entouraient, mais j'avais une éducation, tout de même.

« Tu sais, si je peux rendre service… content que ça t'épargne d'aller aux Hunger games cettes année, lui dis-je avec un sourire. »

Il déglutit difficilement, pauvre gosse, il en avait pour encore pas mal d'années. Je n'étais certainement pas là pour qu'il pleure mon départ, parce que sinon je le tue et seulement après je me tue, parce que j'aurais été humilié à vie. Moi, réconforté un gamin de douze ans, plutôt crevé. Bon, à la réflexion je me ferai bien deux, trois pacificateurs, histoire que les gens se souviennent de mon nom, certes comme le tribu qui s'est révolté, patati, patata. Ok, mon nom serait un peu souillé par tous ces trucs de révoltes dont je me contrefous, mais au moins on le retiendrait en tant celui qui a osé, et qui s'est fait tuer comme un chien. Depuis, mon petit nuage ce serait l'éclate total, les regarder chercher désespérément un motif à mon suicide collectif et on dirait surement que le petit m'a ému, alors qu'il aurait eu raison de moi, grâce à un câlin, et des larmes à profusion, ouais ce serait l'éclate total.

Cependant, pour le moment j'ai d'autres projets, incluant que je sois en vie. Alors :

« Si t'es venu pour pleurer sur mon triste sort, refoule tes larmes et tire-toi avant que je ne te bute.

- Et si je ne suis pas venu pleurer ? me demanda-t-il. »

Je tournai franchement la tête vers lui, il s'était assis sur le canapé à côté de moi. C'est vrai ça il n'avait pas l'air d'avoir envie de pleurer, d'ailleurs, il souriait plus ou moins rassuré.

« Je veux bien te faire l'honneur de ma conversation, gamin, mais t'es là pourquoi, au juste ?

- Pour te remercier, je serais probablement mort si tu ne t'étais pas porté volontaire… commença-t-il.

- Tu serais mort, le coupai-je.

- Oui, oui, je serais mort, confirma-t-il avant de continuer, je ne pouvais pas me résoudre à te laisser partir comme ça sans te remercier, alors j'ai décidé de venir. »

Ooooh, c'était tellement débordant de bonnes attentions que je pleurerai presque d'émotion, notez bien la nuance, presque. Je le regardais affligé, s'il était venu me dire qu'il était reconnaissant, il aurait au moins pu me baiser les pieds je ne sais pas moi, innover. Mais, non, il était là, un sourire niais aux lèvres. Il a fini ou il veut ajouter autre chose ?

« Hum, je…

- T'as quel âge ? le coupai-je. »

De toute façon, il allait surement dire une connerie.

« Douze ans, c'est ma première année de moisson…

-Tes parents sont au courant que t'es là ? »

Il baissa les yeux, il avait perdu son sourire, je crois que je venais de toucher la corde sensible.

« Mes parents sont morts, ma mère, il y a six mois et mon père un peu avant ma naissance, me répondit-il la gorge serrée. »

J'avais presque pitié de lui, il parait que l'orphelinat était un enfer, les gosses y était mal traiter, même dans le district deux. Ma vie n'avait pas été toute rose non plus, mais il était bien à plaindre. Je soupirai. Ce sont des choses qui arrivent.

« Ravale tes larmes, gamin, garde la tête haute, bas toi, tu vas voir que si tu as un caractère suffisamment trempé, tout le monde te respectera. Et puis après tout, tu as été à deux doigts de devenir tribu, c'est un honneur. T'as qu'à dire à ces connards de l'orphelinat que s'ils te font chier je m'occuperai d'eux à mon retour. »

Je ne savais pas ce qui venait de me prendre, mais j'avais tout bonnement pitié du gamin, je voyais sur son visage des bleus et des éraflures, je devinais sans mal, les hommes de l'orphelinat s'en prendre à ce gamin, frêle, mais qui avait eu le courage de venir me voir. Je tuerai, peut-être, des ados dans son genre durant les jeux et je n'aurais aucune pitié, mais c'était les jeux. Là, c'était différent, il s'en prenait à des gamins pour s'amuser, pour les casser en deux, encore et encore… c'était bien pire que la mort, oui, c'était cruel, alors que la mort était directe, je n'étais pas pour la torture gratuite, oui je voulais tuer tout un tas de gens et certaines personnes plus lentement que d'autres, mais ce n'était pas gratuit. C'était une vengeance envers quelqu'un qui m'avait énervé ou qui avait blessé mon honneur, ou encore pour la victoire des jeux, et puis je n'avais encore tué personne, je savais bien que je n'hésiterai pas une seconde, mais l'occasion ne s'était pas encore présenter. Donc, oui, il pouvait très bien dire à tout le monde que je buterai celui qui oserait s'en prendre à lui, gratuitement et lâchement. Quelle différence cela pouvait faire pour moi ?

Il me regardait avec des grands yeux, s'il pleure je l'étrangle, je pouvais bien faire une bonne action, mais certainement pas consoler un gamin de douze ans.

« Tu ferais ça ?

- Je ferais rien du tout, sois convainquant et ils auront suffisamment peur pour te laisser tranquille. »

Il me regarda abasourdi. Il ne croyait quand même pas que je ferais une déclaration publique ! ce serait carrément idiot, on me prendrait pour une mauviette qui s'apitoie des orphelins et ce ne serait pas bon pour mes affaires. Je suis une carrière, un monstre sans merci.

Le pacificateur entra et nous déclara qu'il fallait que nous sortions. Je me levai et me dirigeai vers la porte. Arrivé, je me tournai et lui déclarai :

« Fais gaffe à toi, gamin.

- On se voit dans quelques semaines, souria-t-il. »

Je m'esclaffai, tout en suivant le pacificateur. Oui, on allait se revoir dans quelques semaines, et la seule différence serait un peu de sang sur mes mains.


Il est temps de se quitter, en espérant que ça vous ait plu...