Chapitre deux: La vie était belle


- Vous avez triché.

- Je ne me rappelle pas qu'aucun de nous n'ait instauré la moindre règle, ma Dame.

- C'était un coup bas.

- Je me dois de le reconnaître.

- Je vous hais.

- Ne brisez pas mon cœur de vieillard plus qu'il ne l'est déjà. Finissez plutôt votre assiette.

Boudeuse, Liw s'empara à pleine main de son pilon de poulet et en arracha une belle bouchée sans prendre garde à la sauce qui dégoulina sur son menton. La viande était excellente, mais elle était trop perdue dans sa bouderie pour y faire attention; chose regrettable s'il en était, la volaille provenant tout droit des plaines des Jumeaux où l'on trouvait les meilleures fermes du Nord. Mais plus encore que sa cuisse qui la lançait depuis le coup de bâton qui, elle l'aurait juré, l'avait presque brisée, ce qui avait complètement retourné son humeur était le fait qu'elle avait perdu –après avoir vanné Guthred sur son âge. Doublement blessant, donc.

Oh, elle avait bien réussi à porter quelques coups : n'était-ce son armure, le vieil homme aurait lui aussi eu à se plaindre de quelques ecchymoses. Mais au final, comme à chaque fois, c'était lui qui remportait la dernière passe. Elle ne comptait plus les tactiques et bottes qu'elle avait apprises en se battant contre lui et qu'elle essayait de lui retourner, mais il parvenait encore à en sortir de nouvelles à chaque fois, comme puisant dans une expérience infinie. Hors elle voulait bien admettre qu'il eut du vécu, mais elle ne comprenait pas comment il pouvait posséder autant de réserves. A ses yeux, même après quinze ans de côtoiement, il était une énigme.

Pour les standards du Nord, Guthred était un grand homme, atteignant presque les six pieds de haut. De cela personne ne s'étonnait, car son père Guthland était un homme du Sud, du royaume du Gondor. Venu s'installer à Esgaroth en apprenant que le Maître de la ville recrutait des gardes, il y avait trouvé épouse et avait participé à la désormais légendaire Bataille des Cinq Armées. Guthred était né une dizaine d'années plus tard et avait été élevé à Dale, où son père était devenu chevalier. Il servait depuis toujours la famille royale, et de nombreuses fois s'était battu pour elle aux frontières Est; il en gardait de nombreuses cicatrices, la plus remarquable étant la balafre courant de la racine de ses cheveux aux commissures de ses lèvres, passant à deux doigts de son œil gauche. Une mèche de ses cheveux gris tentait vainement de la cacher, le reste étant toujours impeccablement coiffé en arrière; il se rasait toujours de près et ne souriait que peu. Son air continuellement strict au possible, et ses faits d'armes, en faisaient un des chevaliers les plus respectés de la cité.

Il avait, bien évidemment, déjà fini son assiette en la laissant si propre qu'elle en paraissait prête à l'emploi; il attendait patiemment que son élève encore en pleine croissance ait terminé l'énorme part de poulet qu'elle s'était servie. Ils s'étaient installés dans une petite pièce attenante à la cuisine pour déjeuner, la préférant à la grande salle où se croisaient le reste des chevaliers et des résidents du palais, pour des raisons de pure rapidité : ils ne risquaient pas de se retrouver embourbés dans une conversation que la décence leur interdirait de couper. Et ils allaient avoir un programme chargé pour l'après-midi, Liw le savait; il ne lui avait rien dit, mais elle avait remarqué quelques gestes nerveux de ses mains ou de son visages, des tics trahissant une certaine attente. Rien de grave, car jamais il ne lui cacherait quelque chose de sérieux, mais il devait préparer une surprise.

Elle adorait les surprises.

Cette pensée lui rendit un peu de sa bonne humeur, et elle se pourlécha les doigts sitôt sa cuisse finie pour entamer au plus vite la seconde moitié de son assiette. Préférant ignorer les sourcils réprobateurs de son mentor quand elle empoigna la carcasse du poulet, elle en rongea les os en veillant à gâcher le moins possible, comme on le lui avait toujours enseigné. La sauce coulant de partout, ce qui devait arriver arriva, et elle se retrouva avec une longue coulée de jus glissant dans la manche de sa chemise.

- Hmpf, mince, fit-elle en fronçant les sourcils.

Guthred ne lui répondit que d'un soupir désolé.

- Je suis irrécupérable, hein ? plaisanta-t-elle en tentant d'éponger la sauce à l'aide de sa serviette. J'en mets toujours partout.

- Je n'osais le dire, ma Dame. D'autant que vous possédez des couverts de chaque côté de votre assiette, spécialement prévus afin d'éviter ce genre de désagrément.

- Où est le plaisir quand on mange du poulet avec des couverts, Guthred ?

- Dans le goût… Et peut-être dans la satisfaction d'en ressortir propre, aussi.

- Il fallait que je me change à cause de ce matin, de toute façon.

- Mais vous allez encore donner des cheveux blancs aux lessiveuses, ma Dame.

Liw haussa les épaules et s'essuya la bouche de sa manche imbibée de graisse en regardant bien le vieil homme dans les yeux, amusée. Il roula les siens, exaspéré, et se leva prêt à partir; elle l'imita en prenant son plateau pour le ramener aux cuisines comme elle avait appris à le faire lors des repas non-officiels. Une des premières notions que Guthred avait tenu à lui inculquer sous l'œil approbateur du roi : respecter ses sujets, afin que ceux-ci ne doutent jamais de leur dirigeant. Chacun des trois enfants royaux suivait cette règle à la lettre, comme leur père avant eux, et ce depuis leur arrière-grand-père Bard l'Archer. Ainsi Dale avait pu fleurir sous la férule de ses justes et généreux rois.

La cuisine, située dans une aile isolée à l'est du bâtiment, était une grande salle surchauffée emplie d'étals et d'allées circulant entre les fours géants et les tréteaux de légumes et de fruits. Une dizaine d'hommes et de femmes qualifiés y travaillaient à toute heure du jour et une bonne partie de la nuit, si ce n'était plus encore en période de fêtes et lors des repas; les lieux se trouvaient plus bondés encore, tant et si bien que l'on pouvait à peine y circuler. Guthred grimaça devant la foule, et tendit sa main libre à son élève.

- Allez donc vous changer, je m'occupe de rendre tout ceci.

- Qu'est-ce que je ferais sans vous, soupira Liw en lui donnant le plateau.

- Oh, vous vous débrouilleriez sûrement très bien pour vous cacher dans tous les recoins de ce palais. Ceci étant, je compte sur votre présence dans la cour au plus vite, ma Dame. Je vous y attendrai avec les chevaux. Nous travaillerons un peu votre équitation dans les plaines, cet après-midi.

Elle hocha la tête sans perdre davantage de temps. Pas question de trainer quand une nouvelle découverte l'attendait ! Courant dans les couloirs comme elle l'avait fait à peine quelques heures plus tôt, elle bouscula un ou deux serviteurs en passant et s'excusa dans la foulée sans prendre la peine de s'arrêter ni même de ralentir. Ils étaient habitués à ses frasques, et elle savait qu'ils prenaient tous ses courses à la rigolade, certains allant même jusqu'à l'encourager ou l'aider quand elle était en quête d'une cache pour échapper à son gardien. C'était là le plus grand rôle de la princesse Liw dans les murs du palais de Dale : elle était l'âme vagabonde et enfantine que tous avaient laissé derrière eux en devenant adultes.

Il lui arrivait parfois d'y réfléchir, quand elle n'arrivait pas à dormir et restait à fixer les arabesques dorées du plafond de sa chambre. Etait-ce vraiment un bon choix que celui de refuser de grandir et de prendre ses responsabilités au sérieux ? Si son père ne lui en tenait pas rigueur, c'était uniquement parce qu'elle n'était que troisième dans l'ordre de succession, passant après ses deux frères Bard et Biarn; elle s'était toujours interdit de songer qu'il pourrait leur arriver malheur et qu'elle pourrait se retrouver héritière de la couronne de Dale. Elle savait pourtant au fond d'elle que c'était une possibilité, et elle en avait peur. Peur de son devoir, de porter la vie de son peuple sur ses épaules, de représenter les Hommes du Nord face aux autres nations, d'avoir à rester impassible face aux voix tonitruantes et impérieuses des Nains, ses voisins. Peur comme l'enfant qu'elle restait et qui avait besoin, sans oser le réclamer, de l'étreinte de sa mère.

Et pourtant d'une enfant, se dit-elle en pénétrant dans sa chambre, elle n'en avait plus l'apparence, et elle ne savait si elle devait s'en réjouir ou en pleurer. Sans se retourner, elle referma la porte d'un coup de talon et défit la cordelette qui lui servait de ceinture, la jetant sur un valet de bois qui tenait sur des pieds bancals à côté de son lit. S'approchant de sa table de toilette, simple bureau encombré de joailleries de toutes sortes, elle ôta sa tunique crasseuse et la laissa sur le dossier de sa chaise, là où une femme de chambre viendrait la récupérer. Pas de doute à avoir en se regardant dans le miroir accroché au mur : le reflet qui lui faisait face était bien celui d'une femme, la poitrine plutôt généreuse maintenue par un soutien de tissu le prouvait bien assez. Les femmes guerrières ne courant pas les rues, elle avait dû trouver un moyen d'éviter que ses seins ne bougent en tous sens durant ses entrainements, et c'était un marchand du Rohan qui lui avait apporté la solution. Elle se sentait toujours gênée par rapport au temps où elle pouvait se mouvoir librement, mais au moins ne souffrait-elle pas continuellement le martyr. Elle l'enleva à son tour et le posa par-dessus la tunique.

Dégageant d'un revers d'avant-bras un tas de bijoux qu'elle n'utilisait –ni ne rangeait– jamais, elle souleva la bassine d'eau froide posée à terre et l'installa sur la table. Elle avait très tôt demandé à ce que l'eau soit changée plusieurs fois par jour afin qu'elle puisse venir se décrasser quand elle le souhaitait, aussi ne craignait-elle pas que ce soit la même que celle du matin; en contrepartie, cela faisait des années qu'elle ne s'était pas débarbouillée à l'eau chaude. Elle ne se permettait ce luxe que le soir, quand elle se rendait aux sources chaudes courant dans les sous-sols du palais. Elle y était maintenant habituée, et cela contribuait à la garder éveillée toute la journée. Retenant son souffle le temps que le choc thermique passe, elle plongea ses mains dans le liquide gelé et s'aspergea d'un coup le visage et le cou. Le frisson qui la parcourut n'aurait pu être retenu même si elle l'avait souhaité tant la différence de température fut rude, mais au moins releva-t-elle la tête en affichant le sourire victorieux et carnassier d'un homme qui vient de vaincre un féroce ennemi. Bon, ce n'était que de l'eau froide, on avait vu ennemi plus épique, mais tout de même.

Ledit sourire était quelque peu crispé par le froid, mais Liw ne l'en trouvait que plus méritant. A Dale, les hivers étaient particulièrement rudes, et apprendre à y survivre était partie intégrante de l'enfance de tout naissant de la région. Affronter le gel était, au goût de la princesse, un bon moyen de rester en forme même en plein été. Ecartant les mèches noires qui tombaient sur ses yeux, elle replongea ses mains et se rinça une nouvelle fois, passant ses mains humides sur ses épaules, ses bras et sa poitrine; puis elle s'empara du pain de savon et se frotta vigoureusement la peau. Elle passa ensuite une main dans ses cheveux –pas parfaitement propres, mais bien assez pour qu'ils puissent attendre un peu. Elle s'enroula le torse dans une serviette et se tourna vers un petit chevalet où pendaient des dizaines de rubans. Elle en avait de toutes tailles et couleur en fonction de ses envies, mais pour sortir de la cité, mieux valait rester sobre; aussi prit-elle le gris pour attacher ses cheveux de jais à l'arrière de sa nuque.

C'était une coiffure qu'elle appréciait particulièrement depuis qu'elle avait appris de son père que sa mère l'utilisait souvent. Elle libérait son front blanc, laissant ses yeux d'azur briller sous ses cils noirs déjà si longs au naturel qu'elle n'avait jamais ressenti le besoin de les maquiller. Son nez était fin, un peu en trompette, parsemé de discrètes taches de rousseur débordant un peu sur ses pommettes hautes. Ses lèvres étaient pleines et généreuses, aussi promptes à bouder qu'à sourire à pleines dents, et déjà à leurs coins se dessinaient les rides de son rire si retentissant que le palais faisait résonner chaque jour. Liw était une femme, une belle femme, qui n'avait qu'un geste à faire pour séduire n'importe quel homme de Dale; mais son cœur espiègle s'en fichait tant qu'il ne s'en rendait même pas compte.

Oh, elle avait bien sûr comme toutes les filles rêvé d'un prince d'une lointaine contrée, séduisant et courageux, qui viendrait la sauver d'un terrible danger, voire même d'un dragon mortel qui aurait fondu sur la ville sans crier gare. Mais on ne plaisantait pas avec les dragons dans la région, et le dernier en date avait été abattu par un membre de sa propre famille. Et puis sa vie actuelle lui convenait parfaitement : les seuls hommes dont elle avait besoin étaient son père, ses frères et Guthred. Se marier voulait dire quitter le palais, en abandonnant sûrement l'idée même de s'entrainer aux armes, fonder une famille en laissant derrière elle ses rêves d'héroïsmes et d'actes inoubliables. C'était devenir un simple nom dans un arbre généalogique trop grand. C'était donc… Hors de question.

Elle termina de se sécher avant de couvrir de nouveau sa poitrine d'un soutien propre, puis passa une tunique grise qu'elle rentra dans son pantalon avant de maintenir le tout d'une ceinture de cuir –celle qu'elle mettait à chaque fois qu'elle montait à cheval, parce que Guthred la lui avait offerte quand elle était petite et qu'elle contenait de multiples boucles permettant d'y accrocher un nombre non négligeable de babioles inutiles. Elle adorait les babioles inutiles.

Elle passa ensuite un gilet de laine –même en juin Dale restait froide, et dans les plaines des Jumeaux le vent soufflait sans discontinuer. Vint enfin une cape de voyage un peu usée mais encore présentable munie d'une capuche à bout pointu, dont la mode était passée depuis bien avant sa naissance mais qu'elle trouvait amusant. A sa ceinture, elle passa des gants de cuir et un petit couteau à tout faire, juste au cas-où. Elle savait que Guthred aurait déjà attaché arc et épée à la selle de sa monture, mais elle aimait avoir toujours une arme au plus près d'elle quand elle partait. Ça lui donnait l'impression d'être une espionne top-secrète prête à faire face à n'importe quel danger. Il fallait bien mettre un peu de piment dans ses sorties, même si c'était par des jeux puérils. Et puis, elle adorait les jeux puérils.

Elle termina le tout en remplaçant ses chaussures par de hautes cuissardes qui éviteraient à ses jambes de trop souffrir en frottant sur les flancs de son cheval. Elle eut un peu de mal à les enfiler –fichus Nains, leurs vêtements étaient toujours trop solides et ne se déformaient pas même après des années d'usage– mais quand ce fut fait et qu'elle se retourna vers son miroir, elle se dit qu'elle avait l'air d'une aventurière, une vraie de vraie. Comme celles des contes. Elle se lança un grand sourire toooout plein de dents brillantes. Elle était prête.

La cour était quasiment vide quand elle y arriva. C'était un grand carré de terre battue enserré entre les hauts murs du palais et situé à l'avant de celui-ci, obligeant tout visiteur à y passer avant de pouvoir entrer dans quelque bâtiment que ce soit. La herse était ouverte et personne ne gardait la porte; il devait être une ou deux heures de l'après-midi, là où après les nobles et les officiers les valets et les soldats partaient manger. Deux archers s'entraînaient encore sur des mannequins de paille, à l'ombre des encorbellements de bois qui couvraient les abords de l'écurie. Guthred caressait doucement le chanfrein de sa jument, un cheval de guerre solidement bâti et sûrement l'un des plus robustes de tout Dale. Elle ne portait néanmoins pas tout son harnachement habituel, mais un simple caparaçon de toile cousue aux couleurs de la cité. La monture de Liw, un étalon noir tout juste assez vieux pour être monté, reniflait nerveusement aux mains du palefrenier qui lui tenait la bride. Il n'avait connu que peu de chevauchées, et même s'il avait été conditionné dès son plus jeune âge, il restait relativement revêche envers n'importe qui essayant de grimper sur son dos. Mais Liw avait la technique, acquise après des dizaines d'atterrissages douloureux sur son royal derrière dus à d'intenses parties de rodéos.

- Ah, ma Dame, vous voilà, sourit Guthred. Vous avez fait vite.

- Ai-je jamais été lente ? répliqua-t-elle en haussant un sourcil amusé.

- Qu'est-ce que la lenteur, voilà la véritable question, soupira le palefrenier.

Elle se tourna vers lui en penchant la tête sur le côté, blasée. Soaryn était un homme dans la trentaine, bien que même lui ne connaisse pas son âge exact, aux cheveux et barbe noir striés de blanc; né à l'Ouest près des terres des Beornides, c'était un artisan compétent et un archer plus que respectable, mais son caractère constamment déprimé était d'une telle noirceur que lui-même préférait la compagnie des animaux à celle des humains. On racontait que sa compagnie était si néfaste qu'elle avait déjà poussé un homme au suicide rien qu'en discutant tout à fait normalement avec lui, et même s'il disait avoir été marié, personne n'avait jamais vu l'ombre de sa femme –ou de sa tombe, pour ce qu'on en savait.

- Je me demandais pourquoi Bucéphale était si calme, mais tout s'explique. Comment allez-vous, Soaryn ? demanda gentiment Liw en flattant l'encolure du cheval.

Même s'il était silencieux, taciturne et entouré de secrets, tout le monde appréciait le palefrenier et la princesse ne faisait pas exception. C'était un homme fiable qui obéissait sans discuter et dont le savoir-faire ne pouvait être remis en doute, et s'il n'avait plus touché à un arc depuis longtemps, ses flèches restaient réputées dans toute la cité. Il fallait ajouter à cela sa connaissance de la nature et des herbes de tout le royaume, ce qui en faisait un médecin de voyage idéal, que le roi emmenait d'ailleurs avec lui à chaque fois qu'il quittait la ville.

- La santé va et vient comme chez tout le monde, Dame Liw. Tout ce que l'on peut faire c'est s'y adapter.

- Ne faites pas le timide, je vois bien que vous débordez d'énergie. Vous êtes radieux !

- Et vous bien trop gentille, Dame Liw, répondit le palefrenier de sa voix cassée en s'inclinant. Faites bien attention à vous, les garde-chasses ont récemment rapporté la présence de loups dans la région. Le palais serait bien trop sombre si vous veniez à disparaitre.

- Je ne compte pas mourir aujourd'hui, mon bon Soaryn ! Retournez donc à vos occupations, je prends Bucéphale en main. Et passez le bonjour à votre épouse!

- Je n'y manquerai pas, Dame Liw.

Le palefrenier s'inclina bas en ôtant son chapeau de toile avant de lâcher la bride de l'étalon et de s'en retourner aux écuries. La main de Liw passa de l'encolure à la crinière de son cheval, dont elle s'aida pour grimper et d'immédiatement le faire avancer d'un coup de talon ferme et impératif. Elle avait été au départ rétive à se montrer aussi dure envers lui, mais c'était la seule chose qu'il comprenait, et il détestait rester immobile avec un cavalier. En un instant Guthred fut à son tour en selle, ignorant le poids de son armure avec l'aisance de l'expérience. Il regarda Soaryn partir d'un regard noir, vexé de ne pas avoir été mentionné quant à la sécurité de la princesse; celle-ci sourit en cachette en talonnant de nouveau Bucéphale. Les loups étaient de toute manière courants dans la région, qu'il y en ait un peu plus ou un peu moins ne changeait pour elle pas grand-chose. Ainsi les deux cavaliers partirent-ils au trot dans les rues de Dale, un visage rieur et l'autre fermé, les deux inondés du soleil de l'été.

Nous étions le 25 juin 3018 du Troisième Âge, et pour Dale, la vie était belle.

Flèche Noire, fin du chapitre deux.


Bonjour/Bonsoir à tous! Avant toute chose, merci à vous de l'accueil que vous avez réservé à cette fiction, je n'en espérais pas tant, et les auteurs parmi vous savent à quel point une review peut réchauffer le coeur. Un grand merci, et si ce chapitre a été à la hauteur du premier, j'espère que vous aurez la même motivation à me laisser vos impressions!

Pour répondre à la question courante, à savoir le rythme de publication, il devrait être d'un chapitre toutes les deux semaines, et en cas de manque de temps de ma part, un par mois. A noter que cela marche aussi pour mes autres fictions, donc si un OS est par exemple publié dans deux semaines, le chapitre trois le sera dans un mois (simple exemple, ce ne sera normalement pas le cas). La longueur devrait également croitre à partir du prochain chapitre.

J'espère que la lecture vous aura plue et que je vous retrouverai au prochain chapitre!

Strider.