Ayo, les gens, je vous dois mes plus plates excuses. J'espérai boucler cette traduction plus vite mais mon programme s'est retrouvé interrompu par d'autres impératifs tels que le travail et une première année d'étude quelque peu…complexe. Et du coup me voilà 4 mois plus tard avec le 3ème chapitre… pour une fiction qui en fait 13. Mais j'ai bien reçu vos commentaires, alors merci à ceux qui en poste. C'est le meilleur moyen de me motiver à écrire la suite et ça fait toujours plaisir. Si vous ne m'en laissez pas, commentez au moins le travail de l'auteur, puisque du coup, je ne suis que l'humble traductrice. Enfin tout ça pour dire que je remercie tous ceux qui ont laissé a) des comm', b) des « follow » ou c) des favorites (et ceux qui font les trois, cookies virtuels à vous.)

Concernant ce chapitre, j'ai la joie de vous annoncer qu'Edmund est de retour. Tia-Pixie espérait ici rompre avec le middle-angst. Bon perso je pense que ça respire pas la joie de vivre non plus mais les choses s'améliorent. Peut-être. Je crois. Vous verrez bien. Z'aurez qu'à me dire dans les reviews.

En tout cas bonne lecture à tous ! ;)


« Edmund. »

Le silence qui suivit lorsqu'Edmund sortit de la tente parut assourdissant à Peter. Même depuis la courte distance d'où il se tenait il pouvait voir le mélange confus d'émotions dans les yeux sombres de son frère. Il vit le choc du regard blessé, la colère trouble, et ce qu'il suspecta être de la peur. Peur de quoi ? De lui ? Il se réprimanda en lui-même du ridicule de la situation. Voilà qu'il se mettait à s'inquiéter pour Edmund, qui l'avait trahi, et qu'il maudissait un instant plus tôt, prêt à le remettre à sa place. Ce fut Edmund qui finalement rompit leur échange visuel il ne cria pas, ne s'emporta pas comme il l'aurait fait seulement quelques jours plus tôt, mais il se détourna doucement et se dirigea résigné vers la tente. Peter le regarda s'éloigner jusqu'à ce que les lourdes tentures brodées retombent à nouveau sur l'entrée. Puis, il laissa son regard se détourner et le porta vers Susan, dont la précédente colère pâlirait en comparaison de la furieuse exaspération qui pouvait désormais se lire sur ses traits. Peter fut brutalement ramené à une époque qui lui paraissait à présent si lointaine, de retour chez le professeur, quand Edmund et lui avait eu ce qui avait été finalement une de leur disputes les plus raisonnables. Il pouvait presque entendre Susan rageusement lui lancé : « Bravo Peter, bien joué. »

« Bra… »

« Oh, tais-toi Susan. » l'interrompit Peter avant qu'elle ne puisse finir ce que la Susan dans sa tête acheva. S'ensuivit un silence tendu, seuls les reniflements de Lucy emplissant l'air. Peter lui, fixait avec détermination l'herbe à ses pieds tandis que Susan ouvrait et fermait la bouche d'un air furieux.

Au bout d'un moment, Peter releva les yeux et murmura pathétiquement : « Su ? Je suis désolé d'avoir dit ça. Et… Et tous ces trucs à propos d'Edmund »

Elle fixa soudainement son regard au sien et l'écarta rudement de son passage, grommelant rageusement : « Et moi donc ! »


Edmund se redressa vivement lorsqu'il entendit des pas colérique se diriger vers la tente. Redressant comme il le pouvait son dos il se tint debout, près à écouter, quel que soit ce que Peter choisirait cette fois-ci de lui balancer à la figure. Il fut cependant surpris lorsque les pas stoppèrent juste devant la tente et qu'il entendit Susan laissé échapper un lourd et long soupir avant d'écarter les tentures faisant office de portes et d'entrer dans la pénombre de la tente.

« Hello Edmund. » Dit-elle en lui offrant un petit, et d'une certaine façon secoué, sourire.

« 'Lo Su » Et soudain il ne se sentit plus capable de tenir son regard. Et laissa retomber son visage, pour contempler ses pieds. Elle marcha vers lui et doucement s'abaissa pour s'asseoir sur l'un des hamacs qui avaient été installé dans la chambre de toile. Elle étendit le bras et gentiment lui saisit la main avant de l'attirer vers elle. Avec hésitation, il se laissa faire et s'assit nerveusement à ses côtés, sa main toujours au creux de la sienne. Ils restèrent assit dans un silence gêné, Susan laissant son regard vogué dans le vide et Edmund contemplant leurs mains entrelacées, comme fasciné. Ce fut lui qui finalement brisa le silence. « Il ne me pardonnera jamais, pas vrai ? » Et c'était plus un établissement de fait qu'une question.

Susan ne répondit pas. A vrai dire, elle n'était pas sure de savoir que lui répondre, en fait elle n'était même pas sure de la réponse à sa question. Edmund cessa d'attendre une réponse et nerveusement leva les yeux de leurs mains vers son visage. Son expression accablé, presque apeurée ne fit rien pour lui apporter un peu de réconfort et il esquiva bien vite son regard.


Des ombres se dessinèrent sur les parois de toile, chuchotant après leurs nouveaux rois et reines. Apparemment les nouvelles ou tout du moins les potins, circulaient à vitesse folle à Narnia. Plusieurs fois, Susan et Edmund se tournant vers l'entrée aperçurent une haute silhouette humaine qui se tenait là, la main prête à écarter les tentures de la porte, puis elle semblait perdre toute volonté ou bien se refusait à entrer car elle faisait ensuite demi-tour et s'éloignait. A chaque fois, Susan pouvait sentir la main de son frère trembler faiblement et elle resserrait alors légèrement son emprise sur celle-ci. Une fois, Edmund porta ses doigts à sa bouche et se mit à se mordre nerveusement un ongle. Et Susan sans quitter du regard le recoin le plus éloigner de la tente, lui saisit le bras de sa main libre et le fit retomber en lâchant un peu convaincu : « Ne te ronge pas les ongles, Ed. »

Edmund se sentit sourire franchement. « Pourquoi ? Parce qu'autrement mes doigts vont en tomber ? » Le coin des lèvres de sa sœur se relevèrent en un sourire hésitant mais plus large qu'auparavant, surprise mais heureuse qu'il fasse enfin quelque chose de normal. Mais lui fut déçu lorsque le visage de Susan se drapa à nouveau de mélancolie.

« Maman me manque. » admit elle doucement.

Edmund sentit son cœur faire un accroc. Que penserait sa mère de lui à présent ? Il n'arrivait pas à supporter de penser à elle, la dernière fois qu'il l'avait vue, il lui avait tourné le dos, il avait regardé son cœur se briser dans le fond de ses yeux tandis qu'elle les envoyait loin d'elle. Mais il ne s'en était pas préoccupé. Peter avait raison, à Londres. Il était égoïste. Et il ne méritait pas que Peter et les filles lui pardonnent. Il était un traître et ils avaient manqué de peu de mourir par sa faute. Il sentit la culpabilité qui l'avait submergé dans le palais de la « Reine » le frapper de plein fouet. Il ne méritait pas ça, ni le temps passer avec Susan, ni le pardon qu'elle et Lucy lui avait si facilement accordé. Et soudain il remercia Peter de ne pas réussir à lui pardonner. Il en était heureux, mais cela n'apaisa pas pour autant la sensation de tristesse ou de désespoir qui menaçait de l'étouffer. Son souffle se fit court, s'échappant en respirations saccadées, et il sentit les larmes flouer sa vue, essayant en vain d'échapper à l'emprise de Susan sur sa main.

« Edmund, regarde-moi. » fit elle en s'agrippant fermement à sa main, tandis qu'il secouait vivement la tête.

« Non. » Le mouvement avait permis à quelques larmes de couler sur ses joues. Certaines se glissèrent entre les coupures sur ses lèvres, l'eau salée ravivant la brûlure des blessures.

« Edmund » Répéta Susan en l'attirant à elle, prenant gentiment son visage entre ses mains. La sensation lui rappela la douce caresse de la Sorcière la première fois qu'ils s'étaient rencontrés. Combien ses doigt était froids alors… froids comme la Mort personnifiée et il avait été trop aveugle pour le voir. Il s'en sentit malade. « Ed ? » l'appela doucement Susan, ses doigts chauds le ramenèrent à l'instant présent, et il hasarda un regard vers son visage.

Voir les yeux sombres de son frère l'observer avec une telle fragilité et tant de crainte brisa le cœur de Susan. Elle entoura précautionneusement les épaules de son cadet de son bras, et laissant son autre main reposer sur sa joue, le serra un peu plus fort contre elle, jusqu'à ce que son visage désormais humide et ensanglanté soit niché contre son cou. Susan se mit à chuchoté en lui murmurant des sons apaisants à l'oreille bien qu'il se soit déjà tu, malgré quelques reniflements, caressant les boucles sombres et déposant d'occasionnels baisers sur son front.


Les pensées de Susan dévièrent vers Peter. Elle se demanda où il se trouvait, ce qu'il était en train de faire. Elle se rejoua l'après-midi écoulé dans sa tête, elle vit Peter essayer de se forcer à pardonner Edmund, elle se vit essayer de l'y obliger et elle vit Lucy persuader que Peter l'avait déjà fait. Etant donné ce qu'Edmund avait fait, les difficultés qu'éprouvait Peter pour lui pardonner étaient compréhensibles. Elle regretta de ne pas avoir expliqué dès le début à Peter ce qui était arrivé à Edmund, cela aurait tout du moins permis de lancer un peu d'eau au feu de Peter. A la place, elle avait préféré se taire et avait jeté de l'huile au brasier, c'était lui avouer que quelque chose de terrible était arrivé à son bébé frère, et refuser de lui dire. Et Peter avait tendance à faire preuve d'une imagination débordante face à ce genre de situation.

Elle réalisa soudain que les silencieux mais frénétiques sanglots d'Edmund s'était peu à peu transformés en un souffle frémissant et de bruyant reniflements. Elle lui jeta un regard, pour le trouver mordillant machinalement un ongle. Elle ne put s'empêcher de sourire : c'était la meilleure façon de savoir si Edmund a) avait peur parce qu'il s'apprêtait à faire une bêtise, b) parce que la bêtise était faites ou c) avait tout simplement peur. Elle ouvrit la bouche pour parler, mais Edmund lui coupa l'herbe sous le pied, s'exprimant avec hésitation de sa voix fatiguée et rauque d'avoir tant pleuré.

« Ce… doit être compliqué pour lui. Et je le comprends, enfin, je crois que je le comprends. » Il fronça légèrement les sourcils. Susan n'était pas sure de comprendre de quoi il parlait mai elle croyait deviner. « Je veux dire, ce que je fais, c'était pas rien… »

« Non, ça n'était pas rien. » répondit elle doucement, provoquant l'écoulement de quelques larmes supplémentaires le long des joues d'Edmund.

« Et je peux comprendre qu'il ne puisse pas me pardonner, que vous ne puissiez pas me pardonner. » Il s'interrompit, puis releva son visage vers elle, juste suffisamment pour voir le sien et déclara doucement mais fermement : « Je le comprends, Susan. Et je comprends Peter, ce qu'il se passe dans sa tête.

Susan se sentit heureuse de savoir qu'Edmund comprenait leur frère, parce qu'elle avait essayé de se mettre à la place de Peter pour ne serait-ce qu'imaginer combien celui-ci se trouvait déchirer entre son amour pour son bébé frère et la douleur, la colère qu'il ressentait pour ce qu'il avait fait. Elle avait eu l'impression que sa tête allait exploser rien que d'y penser. A vrai dire, elle était assez fière de la retenue de Peter. Le fil de ses pensées fut interrompu par un bruyant bâillement d'Edmund et à nouveau elle se tourna vers lui. Il avait les yeux vitreux de fatigue et tombait déjà de sommeil. Alors elle s'extirpa délicatement de son étreinte et fit soigneusement reposer ses jambes sur le lit. Il marmotta quelque chose dans un demi-sommeil, mais elle ne put en saisir le sens. Elle chipa une couverture sur le hamac de Peter (celles de chaude laine ne lui était de toute façon plus nécessaires) et elle en couvrit la forme rapidement entre de sombrer entre les bras de Morphée d'Edmund. Il bailla à nouveau largement, arrachant la croûte qui s'était formée sur les coupures de ses lèvres, provoquant la naissance d'un léger écoulement de sang. Mais il ne parut pas s'en rendre compte. Elle prit à nouveau l'une de ses mains entre les siennes, et s'agenouilla au pied de son lit, l'observant. Il fermait véritablement les yeux à présent et bientôt sa respiration se fit plus profonde. Une fois qu'Edmund fut endormi (ou tout du moins qu'il fut sur le point de l'être…) Susan se releva lentement et décida de trouver Peter et de « Discuter ». Jetant un dernier regard à la silhouette immobile de son frère, elle fit délicatement glisser sa main hors de la sienne et fit volte-face vers la porte, mais lorsqu'elle l'atteignit, elle entendit un faible gémissement.

« Susan, est-ce que tu peux rester ? » Son souffle fit un accroc et elle sentit les larmes s'échapper de ses yeux. Elle n'avait pas entendu la voix de son frère aussi enfantine et terrifié depuis ses cinq ans, lorsqu'il débarquait dans sa chambre à une heure du matin terrorisé par les bruits nocturnes et ce qui se cachait derrière. Bien sûr, à l'époque s'était plutôt « Susan, je peux rester avec toi ? » Mais cela avait toujours le même effet sur elle. Elle se tourna sur elle-même pour voir le visage pale d'Edmund et ses yeux sombres dardés anxieusement vers elle par-dessus son épaule. Peter pouvait attendre décida-t-elle tandis qu'elle rebroussait chemin vers le lit. Elle se sentit ravie quoiqu'un peu coupable lorsqu'Edmund lui saisit la main dès qu'elle fut assez proche.

« Ferme les yeux, Ed. » ordonna doucement Susan, et après l'avoir regardé pendant un long moment, c'est ce qu'il fit. Elle leva sa main libre et commença à la passer dans ses cheveux à nouveau. Et il ne fit aucun geste pour se soustraire à la caresse (ce n'était pas souvent le cas, dans sa chambre, en Angleterre) tandis que doucement elle se mit à chanter une chanson. C'était une chanson sur laquelle sa mère avait dansé avec son père la nuit où celui-ci avait dû quitter Londres, une chanson qu'ils avaient tous deux affirmé avoir été écrite pour eux. Leur mère l'avait écoutée soir après soir suite au départ de leur père, pleurant entre la vaisselle dans la cuisine, et Edmund, Susan et Peter avait pris l'habitude de se faufiler dans les escaliers et d'écouter le morceau jusqu'à ce que la musique s'achève. Susan ne se souvenait pas de toutes les paroles mais Edmund ne sembla pas s'en soucier, il dormait déjà quand elle acheva le premier couplet.


Il s'approcha de la tente prudemment. C'était environ la quinzième fois cet après-midi-là qu'il manquait de peu d'entrer dans la tente avant qu'il ne se rende compte qu'il ne saurait pas quoi dire à l'un comme à l'autre de ses occupants et qu'il s'éloigne finalement. Eh bien pas cette fois… Il allait entrer dans cette tente, il allait le faire. Cependant lorsqu'il atteignit les portes de toiles, il entendit une douce et délicate voix qui s'échappait des murs de toile.

« I may be right, I may be wrong.

But I'm perfectly willing to swear

There were angels dancing…mmmmmm…

And a nigthingale sang in Berkeley Square… »

Il soupira silencieusement et se laissa aller sur le sol herbeux. Le dos appuyé sur un bouleau tout proche, Peter décida que tirer la situation au clair avec Edmund pouvait attendre. Pour le moment, il était simplement heureux de profiter d'une berceuse.


Toutes les excuses de l'auteure si les personnages vous ont parus un peu OOC. Moi je trouve que le rôle qu'elle leur a attribué leur va plutôt bien. Comme d'hab. faites par de vos impressions dans les commentaires !

Pour la chanson, elle en a trouvé une des années 40, ce qui colle donc bien avec le contexte. Je trouve qu'elle a bien choisi. Elle s'appelle A Nightingale sang in Berkeley Square et je vous laisse le lien ci-dessus :

h-t-t-p-s-:-/-/-w-w-w-.-y-o-u-t-u-b-e-.-c-o-m-/-w-a-t-c-h-?-v-=-k-y-o-f-s-0-m-r-e-C-c (moins les tirets)

Je ferais des efforts pour poster la suite au plus vite, mais les grands impatients peuvent également retrouver en anglais (chapitre 4: h-t-t-p-s-:-/-/-m-.-f-a-n-f-i-c-t-i-o-n-.-n-e-t-/-s-/-4-7-7-1-3-9-4-/-4-/ toujours moins les tirets). De l'avantage des traductions.