Voici un texte écrit pour le Concours de Zenophys Art sur la "Gazette des Bonbons aux Citrons". Je vous invite à passer faire un tour sur sa page facebook: elle dessine super bien!

Le thème était "Nature". Concernant ce texte, je pense qu'il doit être lu à haute voix (en tout cas c'est comme ça que je l'ai travaillé), mais chacun fait ce qui lui plait...


Le lac de Poudlard :

Le long du lac de Poudlard les liens se lient et se délient en alternance la vie coule au fil des siècles dans l'eau elle coule plus lentement les mollusques, reptiles ou autres locataires hétéroclites se frôlent et glissent tranquillement alors que les sirènes roucoulent et iodles y a-t-il réellement un animal fabuleux au milieu de ce liquide occulte ?

Plusieurs kilolitres en long et en large déclinez l'appel à l'ablution si vous idolâtrez vos pilons car ce n'est pas le poulpe colossal qui battra sa coulpe (il est à l'affût en coulisse) ce n'est pas une couleuvre sans couleur qui glisse et languit mais quelque bidule plus alarmant et plus préjudiciable seulement immuable comme l'intégralité du lac quelques-uns y ont plongé au péril de leur souffle si la fringale est légère la collation devient futile et l'on inclinera à l'égard des éclaboussures allègres sans malgré tout gicler vers les balèzes susceptibles de se formaliser violemment.

Voilà l'eau semblable à celle qui pleut c'est celle qui coule et dégouline le long des tourelles elle sillonne la parcelle et la dévale véloce jusqu'au lac fuligineux la larme livide du spleen plonge du pinacle de la bastille et déboule coule roule le long des blocs de calcaire le ciel et le limon reliés à l'aide de la flotte elle ruisselle en lignes parallèles

Et lorsque la pluie se calme le plan d'eau luit au soleil et éblouit les élèves « comme le rayon blanc que la lune onduleuse envoie au lac tremblant » il n'est plus le lac lugubre loin de là la mélancolie dégringole au fond du lac lumineux une parcelle de l'eau planétaire sous l'allure de velours nébuleux.


Alors? J'ai un peu l'impression d'être sortie du sujet, j'avoue que j'ai eu du mal à l'écrire. La citation est un vers de Baudelaire. Par rapport à la ponctuation, sa quasi-absence est voulue. J'ai "découvert" cette forme d'oralisation de l'écriture chez une jeune dramaturge (Eloise Sekula) et ce flux ininterrompu m'a marqué et je l'ai trouvé adapté à mon sujet.

Dites-moi ce que vous en pensez; je suis un peu dubitative face à ma production, je dois l'avouer.