Bridgette a la blondeur d'Emilie, les yeux bleu gris de Gabriel, et elle est le rayon de soleil qui fait fondre le cœur de son père.
Le célèbre styliste n'a jamais eu le sourire facile, pourtant. Mais celui de sa fille est contagieux. Il suffit qu'elle entre dans la pièce pour que le visage de Gabriel s'illumine et pour que son expression sévère s'efface.
« Papa ! », s'exclame-t-elle en riant dès qu'elle l'aperçoit, tendant ses petites mains vers lui pour réclamer qu'il la porte.
« Ma fille », réplique Gabriel avec un sourire amusé, tandis que son cœur se gonfle de tant de bonheur qu'il a la certitude qu'aucune enfant au monde ne rend son père aussi heureux que lui.
Bridgette est devenue la raison d'être de Gabriel.
Pour elle, il se met pour la première fois de sa vie à imaginer des tenues d'enfants. Il lui crée des robes de princesses, des tenues de pirates, des jupes qu'elle délaisse souvent au profit de shorts ou de pantalons – tellement, tellement plus pratiques pour escalader tout ce qui lui passe à portée de main.
Pour elle, il renonce au rythme inhumain qu'il s'imposait bien trop régulièrement à son travail, délaissant de plus en plus souvent les heures supplémentaires au profit d'instants passés aux côtés de sa fille.
Rien, absolument rien ne compte plus au monde qu'elle.
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Bridgette est une enfant pleine de vie.
Elle court, chante, danse, grimpe, emplit l'immense maison des Agreste de son rire d'enfant.
Le calme et l'ordre qu'affectionnaient tant Gabriel ne sont plus que de lointains souvenirs, mais il n'en a cure.
Désormais, ses dimanches après-midi deviennent synonymes de pique-niques en famille, son jardin parfaitement entretenu s'emplit d'innombrables jouets et son bureau jusque-là froid et sévère se retrouve constellé de dessins bariolés qui font sourire ses visiteurs.
L'univers de Gabriel est paré de mille couleurs, illuminé des innombrables sourires de Bridgette, et jamais il n'a été aussi heureux.
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Un jour, Bridgette tombe malade.
Très, très gravement malade.
Gabriel remue ciel et terre pour tenter de sauver sa fille. Il cherche les meilleures cliniques, embauche les meilleurs médecins, contacte les plus grands laboratoires pour tenter de faire avancer les choses lui-même.
A contrecœur, il accepte que Bridgette soit hospitalisée à plein temps. Être séparée d'elle est dur, autant pour lui que pour Emilie, mais c'est un mal nécessaire. Si cela peut donner à Bridgette une chance, ne serait-ce qu'une minuscule petite chance de guérir, alors le jeu en vaut largement la chandelle.
Nuit et jour, Emilie et lui se relaient aux côtés de Bridgette.
Nuit et jour, la terreur de perdre sa fille bien-aimée consume Gabriel.
Il ne supporte plus d'être chez lui chez lui.
La maison est trop silencieuse, trop vide sans Bridgette et ses éclats de rire.
Alors il cherche, cherche encore, brûlant ses heures de sommeil à tenter de trouver LA solution qui permettra de guérir cette enfant qu'il chérit plus que tout.
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Bridgette est forte.
A l'hôpital, elle surprend jusqu'aux professionnels les plus endurcis par son optimisme et sa joie de vivre. La situation est grave, pourtant, et Bridgette en a conscience. C'est une enfant vive et intelligente, tout à fait capable comprendre ce qu'il se passe autour d'elle en dépit de son jeune âge.
Malgré tout, elle continue d'illuminer les lieux de son sourire et de supporter sans la moindre plainte jusqu'aux plus pénibles traitements.
Bridgette est forte.
Mais ce n'est pas suffisant, hélas.
Lorsque la maladie l'emporte, elle n'est âgée que de 6 ans, 3 mois et 14 jours.
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Le cercueil dans lequel repose Bridgette est ridiculement petit et lorsqu'on l'enterre, c'est le cœur de Gabriel que l'on enterre avec.
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Gabriel ne veut plus d'enfants.
Plus jamais.
La vie est trop cruelle, trop injuste, trop fragile.
Hors de question de risquer d'éprouver de nouveau une pareille douleur.
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Les jours, les mois défilent.
Sans joie, sans saveur.
Pour fuir le chagrin et ce monde paré de gris, Gabriel réfugie dans le travail.
Sa maison désormais bien trop grande et bien trop vide lui est insupportable et la seule vue d'un enfant lui arrache le cœur. Alors, il s'enferme dans son bureau durant des heures, des jours, tentant comme il le peut de surmonter l'insurmontable.
La seule chose qui le rattache encore à la réalité, c'est sa femme.
Emilie et lui sont deux écorchés vifs qui se raccrochent l'un à l'autre pour ne pas devenir fous de douleur. Gabriel n'a plus qu'elle au monde. Elle est la seule qui puisse comprendre à quel point Bridgette, sa Bridgette était merveilleuse et inestimable, et combien son absence le fait mourir à petit feu.
Il n'a plus qu'elle, et il est le seul à pouvoir la comprendre aussi.
Gabriel connait Emilie comme personne d'autre. Elle est vaillante, solide, bien plus que les gens ne pourraient le croire. Mais elle n'est plus que l'ombre d'elle-même et Gabriel sait que sans lui, elle s'écroulera elle aussi.
Elle a besoin de lui, il a besoin d'elle.
Alors, il doit rester fort.
Pour Emilie.
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Emilie n'a pas renoncé à ses rêves de famille.
Gabriel le sait. Il le devine, avant même qu'elle ne le lui en parle.
Elle n'a pas renoncé à ses rêves de famille, et cette pensée lui glace le sang.
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Gabriel ne veut plus d'enfants, mais il ferait tout pour rendre Emilie heureuse.
Alors quand, deux ans après la mort de Bridgette, elle parle de réessayer d'avoir un bébé, il accepte.
Tout, tout pour que le visage d'Emilie s'éclaire de nouveau de ce merveilleux sourire de bonheur qu'il lui connaissait auparavant.
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Emilie est enceinte.
A nouveau.
Gabriel sait qu'il devrait être heureux. Il le sait, de tout son cœur, de toute son âme.
Mais il n'y arrive pas.
Cette nouvelle grossesse le ramène plusieurs années en arrière. Elle lui rappelle avec une précision déchirante l'euphorie qu'il avait éprouvé en apprenant qu'Emilie était enceinte de Bridgette.
L'impatience, l'insouciance, la joie et la fierté sans bornes qu'il avait ressenti alors.
Gabriel a l'impression que la vie lui joue une farce cruelle. Après lui avoir offert un tel bonheur et le lui avoir arraché des mains, la voilà qui lui fait de nouveau miroiter ces mêmes promesses de félicité familiale.
Mais désormais, Gabriel sait ô combien cette joie peut être éphémère, et il est terrifié.
La simple pensée que les évènements puissent se reproduire le laissent paralysé de terreur et abasourdi de chagrin. Il ne veut plus revivre ça. Plus jamais.
Il ignore comment il vivra l'arrivée de cet enfant à naître, il ignore s'il réussira à ne pas avoir le cœur brisé en le regardant, il ignore même s'il arrivera à s'y attacher s'il ressemble ne serait-ce qu'un peu à Bridgette.
Il espère de tout son cœur que ça ne sera pas une fille.
Pitié, pitié, que ce ne soit pas une fille.
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C'est un garçon.
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Adrien a la blondeur de sa mère – et celle de Bridgette -, mais il a les yeux verts.
Gabriel ne voulait pas de cet enfant, mais il se découvre pour lui un amour dont l'intensité l'effraie.
Il l'aime, en dépit de tout ce que son bon sens lui hurle.
Il l'aime, et il est terrifié à l'idée de le perdre comme il a perdu Bridgette.
Avoir aimé sa fille si fort et l'avoir vue disparaître ensuite a laissé une plaie béante dans le cœur de Gabriel. Cette profonde blessure le paralyse, l'empoisonne, l'empêche de ressentir cette insouciance bienheureuse qui était la sienne autrefois.
Gabriel a peur, alors il tente de garder comme il le peut le contrôle sur ses sentiments, ses émotions.
La vie est courte, injuste, cruelle.
S'il parvient à maîtriser ce qu'il éprouve, peut-être souffrira-t-il moins.
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Adrien ne manque pas d'affection grâce à Emilie, mais Gabriel est un père distant.
Bien sûr, il aime son fils. Il fait en sorte qu'il ne manque de rien et le protège envers et contre tout.
Mais la peur est toujours là, et plus jamais il ne se laisse aller comme il le faisait avec sa fille.
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Adrien a 6 ans, 3 mois et 14 jours, et Gabriel a l'impression d'étouffer de peur et de chagrin tant il pense à Bridgette.
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Adrien a 6 ans, 3 mois et 15 jours, et Gabriel respire un peu mieux.
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Adrien grandit.
C'est un garçon brillant, généreux, qui a tout pour faire la joie et la fierté de ses parents.
Fier, Gabriel l'est.
Incontestablement.
Mais si Emilie déborde de suffisamment d'affection pour deux, lui reste un père distant et surprotecteur, jamais plus inquiet que lorsqu'il ignore où est précisément son fils.
Ces difficultés que Gabriel éprouve à lâcher prise et à mieux communiquer ses sentiments à Adrien sont le sujet de nombreuses discutions avec Emilie.
« Gabriel », soupire-t-elle un soir – un soir de plus, après que son mari ait congédié leur garçon un peu plus froidement qu'il ne l'aurait dû. « Adrien est ton fils. Pas ton employé. »
Ramené à la réalité par ce sévère rappel à l'ordre, Gabriel sent une sourde vague de tristesse et de culpabilité s'emparer de lui. Il se laisse tomber lourdement sur son fauteuil et se passe une main lasse sur le visage.
« Je sais », murmure-t-il d'une voix fatiguée. « C'est juste que je… »
Le célèbre styliste s'interrompt, incapable de poursuivre.
Durant quelques minutes, un silence pesant s'installe entre les deux époux. La situation n'est pas facile pour Gabriel, tous deux en ont parfaitement conscience.
Mais ça n'empêche pas Emilie de s'approcher finalement de son mari et de passer affectueusement un bras autour de ses épaules.
« Pourquoi est-ce que tu n'irais pas voir Adrien dans sa chambre pour lui souhaiter une bonne nuit ? », lui suggère-t-elle avec douceur. « Je suis certaine que ça lui ferait plaisir. »
« Je… Oui. », approuve Gabriel dans un souffle. « Sûrement. Tu as raison. »
« J'ai toujours raison », rétorque malicieusement Emilie. « Allez, file », poursuit-elle en le poussant doucement vers la sortie de la pièce. « On aura tout le temps de discuter après. »
A peine quelques instants plus tard, lorsqu'il retrouve son fils pour lui dire bonne nuit, l'immense sourire d'Adrien est la plus belle et la plus touchante récompense pour Gabriel.
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Emilie fait de son mieux pour aider Gabriel. Avec une infinie patience, elle l'encourage à s'ouvrir un peu plus, à accepter ses émotions et à en faire part aux autres.
Gabriel essaye de faire des efforts.
Vraiment.
Mais son angoisse refuse de le quitter et continue de lui empoisonner l'existence.
Il insiste pour qu'Adrien soit scolarisé à domicile, trop inquiet à l'idée de laisser son fils entre les mains d'institutions en lesquelles il n'a guère confiance. Sa femme et lui se querellent à ce sujet pendant des mois, échangeant tour à tour tous les arguments possibles et imaginables.
« Je sais que tu veux bien faire », s'exclame Emilie au cours d'une énième dispute. « Mais tu ne peux pas garder éternellement notre fils chez nous. Il a besoin de voir le monde extérieur ! »
Finalement, après de longues et pénibles discutions, Gabriel obtient un jour gain de cause.
Adrien sera scolarisé chez eux.
En échange, Emilie insiste pour qu'ils inscrivent leur fils à des activités extra-scolaires à l'extérieur de leur immense maison. Hors de question pour elle de le laisser grandir coupé du monde et des enfants de son âge.
A contrecœur, Gabriel accepte.
Ce sera le basket. Puis plus tard, l'escrime.
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Emilie a un accident.
Un accident tristement banal.
Un animal qui traverse la route au mauvais moment, un coup de volant donné par réflexe, une voiture qui s'encastre dans le pilier d'un pont.
Lorsqu'on l'appelle pour le prévenir, Gabriel se rue au chevet de sa femme.
Il supplie les médecins de prendre son sang, ses reins, sa vie même s'il le faut. Ça n'a aucune logique, Emilie et lui ne sont même pas compatibles. Mais il refuse de rester impuissant, de regarder sa femme disparaître de son existence sans tenter de l'y retenir de toutes ses forces.
Il n'a déjà rien pu faire pour Bridgette, hors de question de laisser Emilie partir sans se battre.
Tout, tout plutôt que la perdre.
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Emilie est morte.
Elle est morte, et Gabriel n'a plus qu'Adrien au monde.
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Gabriel était déjà un père protecteur, mais tenir Adrien à l'écart du moindre danger devient pour lui un besoin obsessionnel.
Il ne supporterait pas de perdre le dernier membre de sa famille qu'il lui reste. Ce fils qu'il n'a jamais voulu mais qu'il aime désormais plus que tout au monde.
Il lui embauche un garde du corps, installe une alarme hypersophistiquée et transforme sa maison en véritable forteresse.
Mais ce n'est toujours pas assez pour Gabriel.
La peur le ronge, le dévore, lui fait perdre tout sens des réalités.
Il suffit qu'il quitte Adrien des yeux ne serait-ce qu'un instant pour que ses inquiétudes reviennent, plus vives que jamais. Où est-il ? Avec qui ? Est-il en sécurité ? C'est un cauchemar sans fin, qui hante Gabriel avec une insistante maladive.
Il a toujours, toujours besoin de savoir ce que fait Adrien.
Pour se rassurer. Pour être certain qu'en cette minute, en cette seconde, son fils respire encore.
Il contrôle son emploi du temps, verrouille sa vie, l'enferme dans une cage dorée sans même s'en rendre compte. Emilie n'aurait certainement pas approuvé, mais même cette pensée n'arrive plus à stopper Gabriel dans sa folle obsession.
Rien ne doit jamais arriver à Adrien.
Peu en importe le prix.
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Gabriel ne dort plus.
Il est réveillé par des crises d'angoisse qui l'oppressent, l'étouffent, l'empêche de fermer l'œil plus de quelques minutes.
C'est comme essayer de respirer avec des poumons gorgés d'eau. Ses nuits sont un océan de cauchemars, dans lequel il se noie un peu plus profondément chaque jour.
On lui prescrit des somnifères.
Gabriel les prend pendant une semaine, puis les jette. Ce n'est pas qu'ils ne soient pas efficaces, au contraire. Mais lorsqu'il ingère ces médicaments qui le font si bien dormir, il ne rêve plus.
Et dans ses rêves, Gabriel retrouve Bridgette et Emilie.
Tout l'or du monde ne pourrait pas le convaincre de renoncer à ces merveilleux instants de bonheur qu'il réussit à grapiller entre deux horribles cauchemars et au cœur de cette atroce réalité.
Dans ces rêves, pendant un bref et extraordinaire moment, il oublie qu'il les a perdues.
Il voit Bridgette, Emilie, Adrien. Ensembles. Heureux. Vivants. Il entend le rire d'Emilie, sent ses bras autour de sa taille, retrouve son sourire pétillant de joie. Il voit Adrien jouer avec une Bridgette encore enfant et la porter sur ses épaules, et ça n'a aucun sens car avec leur différence d'âge Bridgette aurait dû être étudiante, mais peu importe.
D'autres fois, il aperçoit une jeune femme blonde dans ses songes. Il ne se rappelle jamais de son visage, mais il sait qu'elle a les yeux bleus gris, que c'est sa fille, et qu'elle a survécu. Il la prend dans ses bras, la serre fort contre lui, lui dit qu'il l'aime de tout son cœur. Durant ce bref instant où il oublie la cruelle réalité, le soulagement qu'il éprouve à savoir Bridgette en vie est tel qu'il lui coupe le souffle.
Jamais Gabriel n'est aussi heureux que dans ces rêves et jamais il n'a le cœur autant brisé que lorsqu'il s'en réveille.
Il se sent perdre pied, mais il doit rester fort.
Pour Adrien.
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Gabriel ne dort plus, alors il cherche.
Avec le même acharnement qu'il avait mis à tenter de trouver un remède qui pourrait sauver Bridgette, il se met en quête d'une solution miraculeuse qui lui permettrait de s'assurer que rien n'arrive jamais à Adrien.
De nuit blanche en nuit blanche, il cherche, cherche, cherche encore, mettant dans sa folle quête autant d'acharnement qu'il n'en consacre habituellement à son travail.
Il se renseigne sur les systèmes de sécurité les plus avancés, les meilleures techniques de défense, les calculs de risques les plus précis. N'importe quoi qui lui permettrait de retrouver un semblant de tranquillité d'esprit.
« Monsieur… », s'inquiète Nathalie, mise à contribution par son employeur pour cette quête désespérée. « Je ne suis pas sûre qu'il soit raisonnable de… »
« Vous avez trouvé quelque chose ? », la coupe brusquement Gabriel.
« Je… non », avoue Nathalie en tambourinant nerveusement des doigts contre sa tablette, qu'elle tient serrée contre elle comme un bouclier. « Mais je pense que… »
« Alors continuez à chercher », l'interrompt Gabriel d'un ton sans réplique.
Nathalie ouvre la bouche pour protester, puis se ravise.
Quoi qu'elle dise, Gabriel refusera de l'entendre.
« Bien, monsieur », soupire-t-elle avant de retourner se consacrer à sa nouvelle tâche.
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Avec le temps, les études de Gabriel prennent une tournure plus ésotérique.
Sortilèges, formules magiques, gri-gris protecteurs, rien ne le rebute. Il cherche, cherche toujours, plongeant de plus en plus profondément dans le mystérieux et dans l'occulte. Peu importe s'il doit abandonner sa raison en chemin, Gabriel refuse de se laisser détourner de son but.
Et un jour, au détour d'un vieux livre tibétain, il trouve enfin la solution.
Des bijoux avec un pouvoir fabuleux, capables d'exaucer jusqu'au plus inconcevable des souhaits.
Les miraculous.
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Mettre la main sur les miraculous de la Coccinelle et du Chat Noir devient la nouvelle obsession de Gabriel. Pour s'en emparer, il n'hésite pas une seconde à devenir le nouvel ennemi de Paris et à étendre les ailes noires de ses akumas sur la capitale.
Il lui faut ces pierres d'une puissance inimaginable.
A tout prix.
Il a déjà vu ses proches mourir sans rien pouvoir y faire et plus jamais il ne veut revivre cet horrible sentiment d'impuissance. Il a été incapable de sauver Emilie, il n'a rien pu faire pour Bridgette.
Gabriel sait que pour elles, il est trop tard.
Il ne pourra pas les ramener.
Ce n'est pas qu'il ne le veuille pas, bien au contraire. Il n'y a rien dans l'univers entier qu'il souhaiterait plus que de pouvoir serrer de nouveau sa femme et sa fille dans ses bras. Il donnerait son cœur, son âme, tout ce qu'il possède dans ce monde et au-delà si cela pouvait lui permettre de ressusciter ne serait-ce que Bridgette.
Mais ce pouvoir absolu qu'il recherche si désespérément a ses limites : une vie pour une vie, et Gabriel a la certitude qu'il perdrait son fils s'il venait à faire revenir sa fille.
Si sa propre existence était en jeu, il n'hésiterait pas un instant.
Mais hors de question de risquer celle d'Adrien.
Alors si le pouvoir absolu doit lui accorder un vœu, un seul, Gabriel fera en sorte que jamais rien n'arrive à son fils.
Plus jamais il ne faillira à sa famille.
Et si jamais un drame devait de nouveau le frapper, cette fois, avec le pouvoir des miraculous, il sera prêt.
Il protégera Adrien.
*** FIN ***
Note : Voilà, c'est fini pour cette petite histoire. Elle change un peu de mon registre habituel, mais j'espère qu'elle vous a plu !
Merci de m'avoir lue jusqu'ici :)
