MEHR LICHT !

(Plus de Lumière !)

« Plus de clarté intellectuelle, plus de savoir, plus de vérité ! » Auteur inconnu en reprenant l'expression allemande de Goethe (mort en 1832).

Résumé : Anciennement « Harry Potter : Univers Alternatif ». Les décisions de James et Lily influencent-elles le destin d'Harry ? Parviennent-ils, tous, à s'échapper leur destin tragique : la mort, la souffrance, la solitude ? Seule une arme contre ces maux est la vérité, même si celle-ci est blessante pour certains.


Coulisses de Piplette :

« Hum, il me semble bien que Gwen est déjà partie. Très bien, je peux commencer à vous raconter ce qui s'est passé avant son retour… à ma sauce ! Si vous avez le cœur bien accroché et la tête bien reposée, bon courage ! Vous en aurez besoin !

Lumières, s'il vous plaît !

Que le spectacle commence ! »


Chapitre 1 : Gardien du Secret

Dans la Forêt, endroit inconnu, Dimanche 31 Octobre 1981, 03 :13.

Un bruissement se fit entendre dans les bois dressés à proximité d'un grand manoir surmonté sur une colline, faisant réagir quelques rares oiseaux qui appartenaient à la catégorie « mammifères nocturnes ». Ceux-ci, l'air méfiant, tordirent leur cou pour voir l'origine du bruit inhabituel. D'après eux, ce son ne faisait pas partie intégrante de la forêt.

A ce moment-là, une forme humaine noire s'avança sur des pointes de pas, bien qu'inutile aux yeux des volatiles, mais elle connaissait suffisamment le propriétaire du manoir. Un rien même insignifiant pouvait le faire réveiller et se pointer à la fenêtre aussi rapidement qu'il puisse. Non pas qu'il était paranoïaque, mais il se savait menacé constamment depuis longtemps.

Continuant son parcours, la silhouette fut découverte à la lueur de la Lune, qui illuminait les environs du Manoir, et se releva un humain cagoulé d'une cape noire. S'interrompant brutalement dans son élan, il scruta la maison d'un air à la fois grave et attristé. Il savait s'il faisait quelques pas de plus, il attirait l'attention du propriétaire. Celui-ci avait, comme toutes les soirs, soumis son Manoir au sortilège d'alarme, avant de se coucher. C'était un sortilège de haut niveau, sollicitant de l'énergie du propriétaire et seuls, les héritiers des puissants mages pouvaient le faire. Pour annuler ce sort, il faudrait qu'un de ces membres puissent le faire. Et l'homme cagoulé n'était malheureusement pas l'un d'eux.

Mais il avait d'autres priorités bien préoccupantes que d'essayer de neutraliser le sortilège d'alarme. Il sortit de sa poche une étrange sphère noire avec un anneau blanc autour et un petit écran dessus, appuya sur une touche rouge et tendit sa main vers le Manoir. Enregistrement fait, il remit la sphère dans sa poche et souffla en sa direction avant de disparaître :

- James… Désolé.

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°

Un claquement sec tira ledit James du sommeil. Il avait un désagréable pressentiment. Quelqu'un l'observait. Il jeta un coup d'œil vers sa femme qui dormait à poings fermés, et peu rassuré, il sortit sa baguette soigneusement cachée sous son oreiller et quitta lentement du lit prenant soin de ne pas réveiller sa femme et mettant ses lunettes, posé au préalable sur la table de nuit, sur son nez. Il s'avança vers la fenêtre et l'ouvrit précautionneusement. Il examina d'un œil expert les alentours du Manoir.

Le 'calme' forestier ne l'enchanta guère. Il avait bien entendu un claquement fin mais sec et un chuchotement humain. Non content de soumettre le manoir sous le sortilège d'alarme, il avait ajouté un sortilège de sonorisation qui le permettait d'entendre sans problème dans un rayon de vingt mètres. Il tendit ses oreilles aussi loin qu'il puisse, mais il ne perçut que des bruits harmonieux des animaux nocturnes.

Résigné par le spectacle, il referma les volets et retourna au lit, mais cette fois, il ne put trouver le sommeil. Il réfléchissait aux évènements précédents et surtout à la voix humaine étouffée. Celle-ci ne lui était pas inconnue, mais il n'arrivait pas à la mettre un nom.

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James Potter avait toujours suivi les conseils de son meilleur ami Sirius lorsqu'il avait un problème quelconque. Mais Sirius Black n'était pas son seul ami et conseiller. Il se confiait souvent à Lily qu'il avait épousée après la fin des études secondaires et à Remus Lupin son autre ami de Collège. Ces trois personnes sur qui il pouvait compter avec confiance aveugle formaient ensemble un quatuor inséparable durant la dernière année de Poudlard. Initialement, ce quatuor, connu sous le nom des Maraudeurs, était composé de lui-même, Remus, Sirius et… Peter.

Ce dernier intriguait aux yeux du propriétaire. En effet, Peter était le dernier entré dans son groupe de James, à la suite d'une 'mésaventure' avec les Serpentards et depuis, il suivait partout les Maraudeurs tout en restant effacé, ou plutôt devrait-il dire, en retrait. En tout cas, l'arrivée de Lily Evans avait bouleversé l'harmonie habituelle du groupe. Depuis ce jour-là, Peter devenait de plus en plus distant envers eux en continuant malgré lui des activités maraudeuresques, mais ne faisait que réveiller l'attention de Remus et James. Aussi qu'il se surprenait, il le soupçonnait de jouer un double rôle, mais n'avait guère le loisir d'en découvrir. Il avait, en revanche, parlé à sa femme qui partageait son opinion. De plus, aussi qu'il puisse se souvenir, il ne s'était en aucun cas jamais confié à Peter Pettigrow, malgré les insistances interminables de Sirius, jouant l'une des fameuses règles de Maraudeur : ne pas avoir un seul secret entre eux ! Mais James et Remus, devant l'attitude de Peter, s'étaient obstinés à contourner cette règle au 'détriment de leur propre vie', comme l'aimait répéter Sirius, légèrement vexé devant cette situation.

°

Quelles étaient les raisons qui les avaient poussé à agir de cette sorte ? James grimaça en appuyant sa tête contre le dossier de son lit. Il les connaissait parfaitement. Il existait deux bonnes et irréfutables raisons au point de ne pas les dévoiler à quelqu'un d'esprit peureux comme Peter.

La première raison était… sa réaction après l'annonce de la vraie nature de Remus. James avait découvert chez lui la lycanthropie, en deuxième année de Poudlard. A la surprise de ce dernier, qui craignait la réaction de ses camarades, le jeune garçon avait rapidement accepté sa condition. Ensuite, Sirius et Peter étaient les derniers à apprendre la vérité. Contrairement à Sirius, Peter avait paniqué et était à deux doigts d'alerter les professeurs et les élèves, mais fort heureusement pour Remus, le jeune garçon blond en proie à une crise nerveuse était rapidement maîtrisé par James et Sirius. Son attitude n'arrangeait cependant pas les années suivantes quand il appréhendait la formation Animagus en troisième année, ou les sorties nocturnes pour tenir la compagnie à Remus, durant ses crises lycanthropiques. Le comportement de Peter incitait à James et Remus de ne plus répéter la même erreur avec lui, à l'opposé de Sirius qui semblait le prendre en affection.

La deuxième raison…, son influence Serpentaresque. Envoyé à Gryffondor dès la première année, Peter avait pourtant un penchant pour la magie noire par le biais de la bibliothèque. D'ailleurs, il était inutile pour James de deviner la forme Animagus de son condisciple : il était un véritable rat de la bibliothèque. Seuls, ses connaissances dans la documentation étaient très utiles aux Maraudeurs quand la situation l'exigeait. Son comportement, lorsqu'il s'affichait aux côtés des trois autres garçons en public, restait néanmoins 'effacé' ; mais aux yeux de James, il réagissait parfois comme Rogue : il ne parlait que quand c'était utile, ou ne levait à peine son nez que quand il prenait conscience de l'animation attirante. Le plupart des temps, il paraissait endormi ou prenait un air simplet. Derrière cette apparence, James savait que ce garçon enregistrait tout et s'accrochait aux plus forts de Poudlard, c'est-à-dire les Maraudeurs. Mais que serait-il advenu après Poudlard ?

En ce moment, c'était Voldemort qui dominait le monde. Remus en était arrivé à la même conclusion que lui : Peter aurait des amples chances de se réfugier auprès de ce Maître des Ténèbres, Celui-dont-le-nom-ne-doit-être-nommé, qui semait la terreur tant chez les sorciers que chez les moldus. Mais jusqu'à la preuve contraire, James ne put que considérer encore Peter comme étant l'un des Maraudeurs.

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Le jeune homme aux cheveux en bataille soupira, toujours incapable de trouver le sommeil. Il se leva, prit son manteau de chambre et quitta la chambre doucement, de peur de réveiller Lily. Comptant feuilleter, à son bureau, les dossiers que les Aurors lui avaient confié quelques heures plus tôt, il s'engagea dans l'escalier lorsqu'il vit une porte peu entrouverte à sa gauche. Cette porte menait à la chambre de son fils unique, Harry, né quinze mois plus tôt, le 31 Juillet 1980 pour être précis.

Immobile, James fixa la porte un moment, avant de décider de jeter un coup d'œil dedans. Il sourit énigmatiquement. Il se savait incapable de résister au charme de son fils, surtout à sa naissance. Il était même protecteur d'Harry et de Lily, avec une menace qui pesait sur son dos depuis des siècles à la suite d'un 'petit différent' entre Goldric Gryffondor et Salazar Serpentard.

Secouant de tête, James chassa les idées obscures, se glissa dans la chambre de son fils, et s'approcha sur les pointes de pieds vers le berceau. Harry avait un sommeil léger au dam des parents. Un rien le réveillerait brutalement et par des cris, il tirait ses parents du lit. Mais cette nuit, Harry dormait à poings fermés, enfin du moins, somnolait, pensait son père qui l'observait avec tendresse en prenant bien soin de ne pas appuyer sur le bord du berceau.

Le sourire disparut sur le visage de James lorsqu'il vit un rat en forme de peluche du nom de Bernard du dessin animé intitulé « Bernard et Biancia » à ses pieds. Il sut immédiatement qu'Harry rejetait inconsciemment les rats, mais cela ne fit que confirmer ses soupçons à l'égard de Peter. Il était parvenu même à se demander si les enfants avaient le sixième sens. Harry aurait probablement senti quelque chose de bizarre chez le blond. Le jeune père se souvint de sa curieuse réaction le jour où Peter était venu pour faire sa connaissance.

En effet, un beau jour de printemps, Harry n'avait que dix mois et regardait tranquillement le nouveau dessin animé de Walt Disney 'Robin des Bois', un film moldu destiné aux enfants. Lily voulait qu'Harry ait accès à la culture moldue. Le petit Potter s'amusait donc aux côtés d'une chatte blanche lorsque le renard au nom de Robin des Bois échappait aux griffes des soldats –les rats- du Roi Jean, en les humiliant. Mais ces derniers parvenaient à coincer le fugitif. C'était à cet instant que Peter avait choisi d'éteindre la télévision et de se poster devant l'enfant pour le prendre dans ses bras. Abasourdi, celui-ci se mettait en colère, faisant valser son 'agresseur' au mur, inconscient de sa puissance magique. Depuis James et Lily avaient opté une solution de mettre Peter à l'écart du champ de la vision du petit bambin lorsqu'ils le recevaient une autre fois chez eux.

Curieuse réaction…

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James soupira silencieusement en rangeant la peluche « Bernard » sur la commode et jeta un coup d'œil à Harry. Il était adorable quand il dormait, mais étant réveillé, il faisait la vie dure aux parents, tel un futur Maraudeur. Son précurseur sourit à cette remarque et se dirigea vers la porte. Sur le chemin, il entendit soudainement un miaulement à la fois déchirant et indigné, réveillant l'enfant brutalement, et il se maudit de l'intérieur, oubliant la présence de Fys, la chatte blanche, dans la chambre de l'enfant : il avait écrasé sa queue. N'ayant pas le choix, le jeune père se précipita vers Harry en espérant que Lily ne soit pas réveillée.

- Chut… Papa est là, souffla-t-il à l'oreille de son fils blotti dans ses bras.

En voyant Harry flotter ses yeux avec sa main, James soupira de résignation, sachant très bien que son fils ne rendormira pas de sitôt. Il n'eut guère autre choix que de descendre à son bureau avec lui.

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Confortablement installé sur son fauteuil, d'une main tenant Harry sur ses genoux, James, plissant le front, relut pour l'énième fois une lettre de l'autre main. Cette lettre n'était pas rédigée de n'importe qui. C'était celle d'Albus Dumbledore qui l'avait convoqué d'urgence et ce, sans les membres de l'Ordre de Phénix pour discuter d'une affaire de haute importance selon le vieux sorcier. Cette affaire s'averrait en fait de l'informer la présence d'une traître parmi les membres de l'Ordre et de le suggérer d'utiliser un Gardien du Secret. James n'était pas sans savoir qu'Albus Dumbledore était l'un des puissants sorciers du monde, célèbre pour avoir mis en fin le règne de Grindelwald en 1945, que craignait Voldemort, le Maître des Ténèbres, lui-même étant son élève trente ans plus tôt… Il s'était, lui-même, proposé de devenir leur Gardien du Secret, mais le couple Potter en avait rejeté, prétextant que le vieux sorcier avait de lourdes responsabilités, autres que leur propre sécurité.

Le Gardien du Secret…

Dumbledore, Lily, Sirius et Remus n'avaient que ce mot à la bouche depuis quelques mois ! James savait qu'ils agissaient juste pour préserver la progéniture des Potter, qui selon eux serait un jour capable d'écraser le descendant de Salazar Serpentard. Inconsciemment, James baissa ses yeux vers son fils qui tentait d'attraper les feuilles. Il serait celui qui arrêterait Voldemort dans quelques années…

A ce moment-là, James serra contre lui Harry, tremblant à l'idée de le perdre prématurément, mais resta persuadé de le revoir après la fin du règne de Voldemort. Harry sera puissant. Il en était sûr. Après tout, l'enfant n'avait-il pas montré ses pouvoirs quelques mois plus tôt ? Qui d'autre était capable de valser un sorcier adulte et expérimenté sous le coup de colère ? Qui avait changé les couleurs de la robe de la chatte en un seul clin d'œil ? Qui avait lévité la baguette de son père pour tout simplement jouer ?

Une réponse que seuls les proches de la famille Potter connaissaient parfaitement : Harry James Potter.

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Bureau de James, Goldric's Hollow, Dimanche 31 Octobre 1981, 08 :35.

Le lever du soleil illumina le visage de James endormi, la tête en arrière posée sur le dossier du fauteuil, tenant Harry, gazouillant, entre ses bras. Un grincement de porte se fit entendre. Harry leva sa tête et sourit en voyant sa mère, vêtue d'une robe de chambre. Cette dernière sourit en assistant la scène. James, le célèbre Auror Potter, descendant d'une vieille famille de souche pure depuis Goldric Gryffondor, s'abaissa docilement à une tâche d'un simple père de famille épuisé par les commandements d'un petit bambin de quinze mois.

Lily s'avança vers les garçons et, sous le regard charmeur d'Harry, elle enleva les lunettes de son mari pour les poser sur le bureau et prit son fils dans ses bras. Elle le caressa avec tendresse et glissa des mots doux à l'oreille du petit garçon, qui lui répondit par un baiser. Elle l'étreignit lorsque son regard se posa sur les documents que son mari lisait cette nuit. Son sourire matinal s'évanouit immédiatement. Elle savait son mari très soucieux à propos du Gardien du Secret. Il n'était pas très enthousiaste à l'idée de confier la mission à Peter Pettigrow, et elle le partagea. Mais son ami Sirius lui avait assuré que Peter donnerait sa vie pour le sauver. Mais que faisait-il toute la nuit ? N'allait-il pas relire ces mêmes documents, lui qui les connaissait à présent par coeur ? Pour toute réponse, elle abaissait sa tête vers son fils et se rendit compte que ce dernier avait les mains tâchées d'encre noire. Ainsi, James avait dû écrire une lettre cette nuit, en essayant de mettre Harry à l'écart du tube d'encre de Chine. Mais à qui ?

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Quelque part, Ecosse, Dimanche 31 octobre 1981, 08 :45.

De multiples gouttes de pluie tapant fortement sur les ailes brunes d'un oiseau, plus précisément celles d'un hibou, celui-ci maintenait tant bien que mal son équilibre et son cap. De haut, il jeta un coup d'œil sur le paysage forestier et une seconde après, il piqua en sa direction comme s'il avait aperçu « sa » cible cachée parmi les grands arbres de toutes les races. Mais au lieu d'attraper sa proie, il poursuivit son chemin en contournant des immenses troncs et en évitant des branches, poussé par un but.

Un but le différenciait de ses cousins sauvages des bois : il était un hibou « domestiqué », chargé d'apporter des courriers et des colis aux sorciers.

Pourtant, cette nuit-là, il ne savait pas qu'il portait, par ses pattes noires, une lettre qui pouvait changer le destin du monde.

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Arrivé à sa destination, il se mit à la hauteur d'une fenêtre d'un tour du château et la toqua avec son bec en essayant de rester à cette hauteur, malgré la grande densité des vents.

- Tiens, c'est Pattard ! s'écria une voix masculine remplie de surprise.

Le vieil homme aux longs cheveux blancs se pressa d'ouvrir la fenêtre par une formule magique et le laissa entrer. Pattard survolta autour sa tête, avant de poser sur son épaule et lui tendit une lettre.

Machinalement, le sorcier la prit et la lut :

Albus,

Je vous écris à propos de l'attribution du rôle de Gardien du Secret. En effet, comme convenu, ma femme et moi avons désigné Sirius Black notre Gardien, mais à la dernière minute, ce dernier nous a suggéré d'utiliser l'un de nos amis, Peter Pettigrow, afin de tromper la vigilance de Voldemort. Cette idée est intéressante, mais implique, à mon avis, plus de risques que prévu. Bien que je sois perplexe pour sa fidélité, Peter est officieusement notre Gardien du Secret.

Si je vous adresse cette lettre, c'est que ces derniers temps, je suis de plus en plus persuadé que Peter nous observait comme s'il savait quelque chose qui nous allait arriver. Je ne peux pas l'expliquer, mais à chaque fois, je croise son regard, il me semblerait qu'il veuille me prévenir d'un danger, et pourtant, il ne l'a pas fait. Je ne tiens pas à reproduire la même erreur que mes parents. Je souhaite donc reprendre votre proposition d'être notre Gardien, même si je ne veux pas être un poids en plus dans vos responsabilités. Si vous vous en tenez toujours, je nous propose de prendre rendez-vous à votre bureau dès votre signal quoi que ce soit par la cheminée, ou par hibou.

Amicalement,

James A. Potter.

Ayant pris connaissance de la lettre, ledit Albus Dumbledore leva un regard interrogateur à la douce mélodie qu'un oiseau rare –un Phénix- émit. Le vieil homme sourit en acquiesçant.

- Oui, Fusmeck, c'est bien lui. Il décide enfin de se remettre sur le bon chemin et d'agir comme l'avait fait ton ancien maître.

A ce moment, Fusmeck chantonna. Dumbledore savait que le Phénix le comprenait parfaitement bien qu'ils ne parlèrent pas la même langue. L'oiseau à la robe de couleurs vives, qui avait autrefois servi Goldric Gryffondor, s'inquiétait pour les héritiers actuels. La réponse du vieux sorcier l'avait immédiatement rassuré.

- Mais, il faudrait qu'on se voie pour régler des détails. Je te garantis qu'il s'en sortira. Au besoin, tu interviendras.

Il n'attendit cependant pas la réaction du Phénix. Il sortit un parchemin du tiroir de son bureau et se mit à écrire, alors que l'oiseau était déjà retourné dans son coin.

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Cuisine, Goldric's Hollow, Dimanche 31 Octobre 1981, 10 :14.

- Oui mon chéri, tu l'auras, ton petit gâteau.

La douce voix de Lily calma rapidement le petit Harry qui désespérément tendait sa petite main vers une assiette de tranches du gâteau marbré, posée sur la table. Lily s'empressa de tartiner des pains pour elle et son mari et de donner le gâteau voulu à son fils, assis sur une haute chaise.

A ce moment-là, James entra silencieusement dans la cuisine et combla ce tableau en s'appuyant l'épaule contre le bord de la porte. Il sourit en voyant Harry, ravi, attraper le gâteau et le mordre avec appétit sous le regard doux de Lily. Mais il aperçut immédiatement une lueur inquiétante dans son regard. Aussi bien qu'il la connaissait par cœur, il la trouva changée depuis la naissance d'Harry. A chaque fois, elle posait ses yeux sur le dernier, elle affichait souvent un air doux mais triste. Depuis, James se demandait si ce n'était pas le fait d'avoir appris la fameuse prophétie sur celui qui tuerait le Maître des Ténèbres, ou… si Lily avait des rêves prémonitoires dans son sommeil. Il optait souvent la première option en sachant très bien qu'à Poudlard, Lily avait toujours considéré la divination comme une science totalement mystifiée, fondée sur des abstractions, et qu'elle avait préféré se concentrer sur des faits réels. Et puis, elle ne lui avait plus parlé de ses rêves depuis la fin de sa dernière année de Poudlard.

Face à cette situation, il ne put s'empêcher de se sentir impuissant et il pria que cet accès de tristesse ne serait que passager.

- James ! Depuis quand es-tu là ? l'interpella une voix féminine qui n'appartenait qu'à une personne que James attribuait : Lily.

- Oh, suffisamment pour voir Harry goinfrer avec un gâteau que tu lui avais fait hier ! sourit-il, heureux en voyant sa femme rayonner de bonheur.

- Donc…, commença Lily avant d'être interrompu par les exclamations joyeux du petit Harry.

- Oh ! 'bou ! s'écria l'enfant en pointant le hibou à la fenêtre.

Les parents purent voir un hibou se patienter sur le bord de la fenêtre avec une lettre au bec. Sans perdre un instant, James se précipita pour le faire entrer et prendre la lettre, sous le regard intrigué de Lily. Elle supposa qu'il s'agisse d'une réponse à sa lettre écrite la nuit dernière et elle voulut questionner son mari maintenant, mais elle se ravisa en se disant qu'elle ferait mieux d'attendre la fin de sa lecture. Elle se tourna alors vers son fils et lui sourit en essuyant sa bouche.

- Bien mangé, mon chéri ? Harry hocha frénétiquement et s'approcha du doigt vers le hibou posé sur l'épaule de son père.

- Joujou ave' 'bou ! s'exclama-t-il.

- Non, pas maintenant. Papa va avoir besoin de lui.

Pour toute réponse, Harry fit la moue boudeuse. Il voulait jouer avec un animal, puisque Fys s'était refusée de jouer avec lui tant qu'il ne l'aurait pas pardonné d'avoir changé sa robe en turquoise. Harry était trop petit pour comprendre son erreur et malgré les tentatives d'explications de James et Lily, Fys était restée têtue et méfiante vis-à-vis l'enfant. Pourtant, depuis ces cinq derniers mois, la chatte s'était rapprochée du petit garçon pour lui tenir compagnie en restant prudente.

- Eh, Harry, tu ne veux pas jouer avec moi ? proposa Lily en se retenant de rigoler en voyant la mine de son fils.

- Joujou toi et moi ? sourit-il, en faisant découvrir ses petites dents de lait.

- Allez viens ! acquiesça Lily en tendant ses mains vers le petit garçon.

Lily sourit, se tourna et resta figé en voyant la mine soucieuse de James. Elle vit dans ses mains, une lettre froissée, puis scruta son mari.

- J'espère qu'il ne s'est passé rien de grave ?

- Non, mais j'ai peur que vous ne deviez jouer qu'une demi-heure, commenta-t-il. Nous avons une rendez-vous avec Albus tout à l'heure et je vais chercher Sirius et Gwen pour surveiller Harry.

James soupira, en ébouriffant les cheveux d'Harry aussi indomptables que les siens et croisa le regard apeuré de Lily. Instantanément, il s'en voulut de lui annoncer aussi brutalement le programme. Il baissa sa tête en passant la main dans ses cheveux et marmonna inintelligiblement un « désolé ». A ce moment, Lily, de sa main libre, fit monter le menton de son mari, l'obligeant à la regarder droit dans ses yeux verts et déclara d'un air déterminé :

- Quoi que soient tes décisions, je te suivrai. On le fait pour le bien de notre fils. Même si on doit refaire notre vie ailleurs pour nous cacher de Voldemort. Il faut que notre fils survive. A tout prix. Tout comme le pire et le meilleur. Je te l'ai promis et je le tiendrai.

- Lily…

- Chut, l'ordonna-t-elle. Moins tu dis, mieux on se porte.

Sur ce, Lily embrassa James, laissant une larme couler, sans qu'Harry ou James ne le remarque. L'enfant, encore inconscient de ce qui se passait entre ses parents, n'avait d'yeux que sur la baguette de Lily posée sur la table de la cuisine. Il la fit léviter vers lui, alors qu'une main l'intercepta.

- Harry ! Combien t'ai-je déjà dit de ne pas toucher la baguette de maman ? le réprimanda James.

Sur ces mots, Harry afficha un sourire innocent en haussant ses sourcils, lui faisant dire « Mais je n'ai rien fait, moi ! ».

- Arrgh, il me le ressort, cet air ! Un petit vrai Maraudeur en vue ! grimaça-t-il tandis que Lily pouffa de rire.

°

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Chambre, Quelque part dans Londres, Dimanche 31 Octobre 1981, 10 :29.

Un profond silence régnait dans la chambre uniquement dérangée par une respiration douce et profonde provenant du lit. A côté de celle-ci, se trouvait une table de chevet en bois patinée en blanc sur laquelle reposait une lampe, un épais livre de Robert Sabatier intitulé « Les Allumettes Suédoises » en français et un réveil. Ce dernier faisait une pâle figure à côté de ses voisins, une quantité des scotchs et des cotons autour des petits marteaux et sur la vitrine révélait la tendresse de la propriétaire. On pouvait difficilement lire l'heure, il était 10h29. Ah non, il est maintenant 10h30 et …

- TITITITITITITITITITITITIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIII…

Malgré les soins de la propriétaire pour le faire taire, le réveil continuait de sonner sans aucune gêne et ce qui avait pour résultat, un grognement émanant du lit se fit entendre. Regrettant la tiédeur des draps qui couvraient le lit, un bras réussit à s'en échapper avec difficulté pour la froideur de la pièce. Alors que le réveil s'obstinait innocemment à faire son travail en se déchaînant, la main du même bras forma un poing et frappa le réveil et bloqua ensuite ses malheureux marteaux avant de faire une rencontre avec le mur, et par le même occasion, de faire taire sa charmante mélodie.

- IIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIIISCRACK !

Juste avant la fameuse rencontre, le bras tomba lourdement sur les draps et il enserra les couvertures pour se protéger de l'agression matinale.

A présent, une personne était assise dans le lit, les draps recouvrant encore ses jambes. La jeune femme était vêtue d'un vieux tee-shirt qu'elle avait trouvé au hasard dans son armoire, elle baissa ses yeux demi-ouverts vers le défunt réveil qui semblait assimiler à son humeur. Elle grimaça et marmonna quelque chose d'incompréhensible sur les inventions des réveils.

- Et flûûûûûûteeeeeeeeeuh, je suis encore bonne pour le réparer une fois de plus, grogna-t-elle. C'est la cinquième fois ce mois-ci… Oh, Merlin !

Après cette remarque bien pertinente, Gwenaëlle se décida enfin à mettre fin à ses réflexions du réveil en passant par ses insultes pour quitter son lit douillet. Elle se dirigea vers la cuisine où elle préparait un café bien fort dans l'espoir de se réveiller complètement. Pourtant ce ne fut pas une mince affaire pour quelqu'un comme elle qui est apte de la nocturne. Mais ce n'était pas la seule raison.

En réalité, on l'avait envoyée avec Remus Lupin dans les lointaines montagnes pour une mission top secrète et il était convenu qu'elle revienne seule pour informer l'Ordre de Phénix.

°

La jeune fille s'apprêtait à porter la tartine qu'elle avait au préalable préparée à sa bouche quand une sonnerie de la porte d'entrée retentit brusquement.

Génial ! Il ne manquait plus que ça !

Feignant de l'ignorer, Gwenaëlle croqua sa tartine en espérant que le visiteur se rende compte de « son absence » et à son malheur, la voix se fit entendre à travers la porte.

- Je sais que tu es là, Gwen ! Inutile de m'ignorer !

La jeune fille mit sa main droite sur son visage et soupira violemment.

- Gwenaëlle Jeanne Dartagnan ! Je t'entends soupirer ! Ouvre-moi ou je la défonce !

La pauvre sursauta à l'évocation de son nom complet et jeta un regard meurtrier à la porte. Il n'y a pas de doute. C'était bien Sirius Black qui se trouvait derrière cette pauvre porte, mais s'il ne pouvait pas se taire une fois pour toutes, elle serait bien épargnée pour coups et Gwenaëlle serait bien tranquille ! Celle-ci aurait eu une des envies de l'étrangler sur le champ pour l'avoir interrompu son petit déjeuner qui d'ailleurs était rarement très copieux en ces temps.

En sachant qu'il était parfaitement impossible de faire partir un Sirius totalement énergique, Gwenaëlle consentit à abandonner sa tartine et à se diriger vers la porte qui était prêt à éclater.

- Encore un coup et je t'envoie à où-tu-sais ! menaça-t-elle se postant derrière la porte.

L'effet fut immédiat. Sirius se calma. La jeune femme lui fit un sourire provocateur en ouvrant la porte et s'effaça devant son ami de Poudlard pour le laisser entrer. Celui-ci la jeta un regard noir.

- Tu n'oserais pas, Gwen…

- Oh que si…, soutint-elle en fermant la porte. La dernière fois remonte, hum, en sixième année, non ? Si je me souviens bien, tu as bien apprécié ton séjour, n'est ce pas ?

- Mais cela t'a valu une punition ! cligna sa victime, visiblement mécontent que l'on lui rappelle des mauvais souvenirs.

- Mais, cela ne m'a pas coûtée un retenu ! rétorqua-t-elle en esquissant un sourire triomphant. Mac Gonagall et Dumbledore avaient trouvé mon idée excellente et…

- Evidemment ! Ils étaient de ton côté ! T'étais intraitable quand Remus et James essayaient de te raisonner !

- Oh, tu ne vas pas en faire tout un plat ! soupira-t-elle en levant les yeux au ciel. Tu n'es pas venu maltraiter ma précieuse porte juste pour me rappeler de cette vieille histoire de querelles avec un adolescent obsédé et sans cervelle ?

- Un adolescent obsédé et sans cervelle ? Moi ???

- Sirus, je t'en pire…

- Tu vas trop loin, là ! Moi un adolescent obsédé et sans cervelle ??? Tu te gourres complètement là… Moi, Sirius le célèbre, …

Ce fut de trop.

- Expresso Everest !

Sirius disparut. Gwenaëlle sourit machiavéliquement et embrassa sa baguette qui se trouvait dans sa main. Elle était posée sur la table basse du salon. La jeune femme la reposa et se partit dans la salle de bain prendre une bonne douche. Une fois rafraîchie, elle s'habilla dans sa chambre et revint dans le salon, répugnant à faire revenir Sirius, même si elle avait bien une envie de le laisser périr là-bas pour de bon, mais elle reconnaissait que cet éternel coureur de jupons devait avoir une très bonne raison pour l'avoir tirée du lit.

Soupirant, elle reprit sa baguette qu'elle avait posée quelques instants plus tôt, et convoqua un Sirius glacial au milieu du salon. Elle lui fit un sourire innocent.

- Calmé ?

Sirius lui jeta un regard incendiaire, qui aurait dû fondre sa température corporelle basse.

- Sirius, dit Gwenaëlle d'une voix douce, peux-tu enfin me dire la raison de ta venue ?

- James, clac, et Lily, clac, ont besoin, clac, de nous ! répondit-il enfin d'une petite voix flûtée.

Le sourire de Gwenaëlle s'évanouit immédiatement.

- Mais enfin, espèce d'idiot ! Tu aurais dû me le dire plus tôt ! le gronda-t-elle en prenant au passage son manteau qui se trouvait étendu sur le canapé du salon.

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Cuisine, Terrier, Dimanche 31 Octobre 1981, 10 :43

Un homme roux entra dans la cuisine l'air inquiet et de ses mains, se tenait une lettre. Sa femme costaude d'apparence le remarqua.

- Arthur, qu'est ce qui se passe ? Ce sont Bill et Wendy ? Ils sont blessés ? s'inquiéta-t-elle en allaitant sa petite dernière qui n'avait que quelques mois.

Bill et Wendy étaient ses premiers enfants qui sont envoyés au Collège de Poudlard. Enfin, Wendy était leur nièce qu'ils avaient adoptée à la mort des parents de celle-ci, quand elle n'avait que quelques semaines et Bill était leur premier fils de la famille nombreuse composé de sept enfants. Ginny était donc leur dernière enfant. Six garçons s'amusaient dans la cuisine où la mère donnait son sein à sa fille. Tous sont roux et ont des tâches de rousseur sur leur visage.

- Non, c'était Albus, il nous a convoyé à une briefing d'avant mission en fin de cette après-midi, annonça-t-il en murmurant à l'oreille de sa femme, de peur que ses aînés restants l'entendent. Nous devions y aller, Molly.

- Cette après-midi ??? Ah ben, c'est la première fois ! s'étonna-t-elle. Et les enfants, comment je vais faire ?

Arthur haussa les épaules, impuissant. La dite Molly soupira de frustration.

Ce soir, ses enfants allaient encore passer une nuit dans l'ancienne chambre de Sirius. Oh, Merlin, combien elle détestait cet endroit !

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Bureau du Directeur, Poudlard, Dimanche 31 Octobre 1981, 10 :57.

Des vifs parfums arrivèrent aux narines de James. Ce dernier s'éternua atrocement et grogna à l'adresse d'Albus Dumbledore :

- Êtes-vous senti vraiment obligé de parfumer votre bureau autant avant notre arrivée ?

Le vieux sorcier sourit, amusé à l'expression contrariée de son ancien élève, et sans dire un mot, tourna à ses occupations sous le regard patienté de Lily et énervé de James.

- Jim, tu sais très bien qu'il le faisait pour nous ménager des soucis, souffla-t-elle à l'oreille de son mari.

- Voulez-vous du bonbon au citron ? demanda Albus soudainement en tendant une assiette.

Lily accepta la proposition tandis que James refusa. Après tout, ce dernier avait passé plusieurs fois au bureau du vieux sorcier lorsqu'il était élève, bien plus que ses camarades de classe et en particulier son groupe de Maraudeurs. En effet, James avait été préfet, puis préfet en chef en compagnie de Lily, mais en plus, il avait été convoqué à la suite des affaires privées chez Albus. Celui-ci lui avait inlassablement proposé les mêmes bonbons au citron, et des rares fois, il l'avait accepté.

En jetant un coup d'œil sur sa femme qui savourait le bonbon, James roula ses yeux en soupirant ; ce qui amusa Albus, mais qui ne fit aucun commentaire.

- Bon, un dernier point dont je voudrais être rassuré…, capitula-t-il en caressant sa barbe. James, tu as bien confié Harry à Sirius, exact ?

- Oui, acquiesça James sentant le regard bleu pénétrant de son ancien directeur.

- Bien, procédons comme nous avons dit, conclut-il en se levant. Il invita James et Lily de le suivre.

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Salon, Goldric's Hollow, Dimanche 31 Octobre 1981, 10 :57.

Pendant ce temps-là, à Goldric's Hollow, dans le salon, Sirius, à quatre pattes, essaya désespérément de faire répéter Harry son nom correctement sous le regard amusé de sa compagne Gwenaëlle qui caressait Fys avec tendresse et qui se mordait les lèvres pour éviter d'exploser de rire. L'enfant assis en face de son parrain clama de joie en prenant une voiture :

- Temou !

- Non, Harry ! secoua Sirius. J'ai dit : Patmol ! Pa-te-mo-le ! Redis-le-moi !

- Temou ! répéta Harry obstinément en souriant innocemment.

Abandonnant, Sirius se mit en tailleur et jeta un regard noir en direction de Gwenaëlle dont son sourire était affiché jusqu'aux oreilles.

- Mais j'ai rien fait ! s'exclama la jeune fille, faussement offensée par l'attitude de son petit copain.

- Non, mais ça te fait rire !

- Oh, depuis une demi-heure, malgré tes efforts, Harry n'a sorti que « Temou », peut-être que finalement voulait-il te dire « T'es mou » ? Et ça ne me fait qu'augmenter la torture pour ton respect ! Désolée, « Temou », mais je ne peux plus me retenir.

Sur ce, Gwenaëlle explosa de rire. Elle n'en pouvait plus. Depuis le début de la séance de répétition, elle devenait toute rouge et se mettait à imaginer Sirius avec un surnom « Temou » au lieu de Patmol au temps de Poudlard. Sirius, indigné, se tourna vers le fautif et le vit en train de faire aboyer le mini chien en peluche et de rire quand celui-ci eut des ratés. Il se jura intérieurement qu'il aurait deux mots à toucher à James et que… Il s'interrompit en apercevant Fys impassible et eut un sourire machiavélique. Il la prit dans ses bras et lui murmura :

- Fys, Gwen et Harry se moquent de moi. Veux-tu te rejoindre à moi ?

Fys le regarda de ses yeux bleus et poussa un miaulement gémissant. A cet instant, Sirius sentit un liquide chaud sur son ventre à travers de son pull orange, s'écarta Fys de son torse et découvrit avec horreur une trace liquide jaunâtre. Il soupira en marmonnant que tout le monde était décidément contre lui.

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Dans un couloir, Poudlard, Dimanche 31 Octobre 1981, 11 :58.

- Donc, on peut avoir un deuxième gardien du secret avec cette formule ? résuma Lily marchant dans l'un des couloirs en compagnie de son mari et d'Albus.

- Exact Lily, acquiesça Dumbledore. Il leva son index et ajouta, accompagnant son geste vers le couple. Mais à une condition…

- Oui, je comprends, l'interrompit-elle ne désirant pas l'entendre une fois de plus.

Sous le silence pesant, ils continuèrent leur chemin, jusque le vieux sorcier s'arrêta subitement, face à un tableau représentant une jeune chevalière médiévale sur un grand cheval blanc avec un heaume sous son bras et un étendard de l'autre main. Il le contempla avec nostalgie avant de se retourner vers les jeunes gens et demanda :

- Ma chérie Lily, que représente ce tableau pour toi ?

Surprise par la demande subite du vieux sorcier, Lily obéit. Elle étudia le tableau d'un œil expert. Des années passées dans le monde moldu lui avaient appris à commenter et à interpréter un tableau artistique. La jeune femme aux cheveux châtains la salua gracieusement et lui fit un sourire. Lily, stupéfaite, se rappela immédiatement qu'elle était dans le monde sorcellerie où les tableaux peints bougeaient, même ceux « photographiés » représentant un souvenir d'un défunt peu de temps après sa mort ; elle se ravisa et se concentra. La jeune chevalière lui rappelait quelque chose… Elle faisait partie de l'histoire qu'elle avait étudiée au primaire. Lily en était sûre.

- Puis-je toucher ce tableau ? manda la jeune femme à Dumbledore sans quitter le tableau des yeux.

- Mais bien sûr, l'autorisa-t-il, à la surprise de James.

A peine que les doigts rencontrèrent les frasques en or du tableau, Lily eut soudainement un flash, lui faisant sursauter et se réveilla une seconde après. Elle sentit les mains de son mari se poser sur ses bras et leva sa tête vers James. Celui-ci était inquiet de sa réaction soudaine et lui questionna :

- Fleur de Lys, ça va ?

- Oui…, oui, suffoqua-t-elle. Elle croisa le regard bleu étincelant de malice d'Albus Dumbledore. Le tableau…, il représentait beaucoup pour moi. Elle jeta un coup d'œil sur la jeune chevalière. Cette femme était… Jeanne d'Arc. Elle avait une personnalité imposante aux yeux des seigneurs français, elle les avait fait gagner des guerres, puis elle avait été capturée et traitée comme une sorcière par les anglais, récita-t-elle en se mémorisant ses leçons d'Histoire. Je l'ai apprise à l'école. Que faisait-elle ici ? interrogea-t-elle à Dumbledore. Celui-ci sourit. Ne me dis pas qu'elle est une sorcière !

- Bien sûr qu'elle l'est ! intervint une voix dénudée d'expression.

Lily leva sa tête et vit Jeanne d'Arc descendre de son cheval et s'assoupir pour mieux la scruter.

- Hum, une digne alliée, commenta-t-elle, satisfaite, à la stupéfaction de Lily. Dumbledore, veuillez bien accepter mes excuses pour ne pas vous avoir cru en vos paroles.

Dumbledore ne dit pas, mais hocha la tête en guise d'acceptation. Jeanne d'Arc fit pivoter la porte.

- Rentrons, dit-il tout simplement.

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Cuisine, Goldric's Hollow, Dimanche 31 Octobre 1981, 12 :12.

- Non ! Je t'ai déjà dit cent fois, non !

Sirius fit les yeux de chien battu. Gwenaëlle résista tant bien que mal de ne pas lui donner de la purée moulinée destinée à Harry. Elle se mit à la table et commença à manger son repas alors qu'une sonnerie retentit. Sirius prit rapidement une expression sérieuse, et lui conseilla :

- Reste avec Harry, Gwen. J'y vais.

Gwen acquiesça, frémissant à l'idée d'une attaque dont les Potter, surtout James, étaient régulièrement les cibles. Sirius quitta la cuisine et s'approcha de la porte d'entrée. La sonnerie se fit entendre de nouveau. La personne devait être impatiente. Sirius, armé de baguette, ouvrit la porte et trouva Peter, les yeux rivés sur la baguette, tremblant.

- Pardon Peter ! s'excusa-t-il rapidement, dès qu'il reconnut son ami de Poudlard. Rentre.

- Ce n'est rien, souffla-t-il à peine remis du choc, mais où est James ? Je dois lui parler.

- Manque de chance ! Il n'est pas là ainsi que Lily avant ce soir. Je suis chargé de surveiller Harry toute la journée. Allez, rentre !

- Ah…, inutile, dit Peter enfin. Je rentre chez ma mère. Je dois déjeuner avec elle, ajouta-il en esquissant un maigre sourire.

Après que Sirius et Peter aient échangé les dernières paroles, le jeune homme brun referma la porte au départ de celui-ci et entendit la voix suspicieuse de Gwenaëlle, qui se trouva maintenant au seuil de la cuisine. Apparemment, elle aussi avait reconnu la voix du jeune blond.

- C'était Peter ? Sirius hocha en s'asseyant à sa place.

- Que veut-il ? insista-t-elle. James et Lily ?

Nouveau hochement. Gwenaëlle mit instinctivement la main sur sa bouche, les yeux horrifiés. Elle sembla soudainement comprendre quelque chose.

- Non, tu ne les as pas dit ?

- Pourquoi ? haussa Sirius les sourcils. Il est leur Gardien du Secret, non ?

Gwenaëlle ne sut trouver d'autres arguments pour le contrer et préféra s'absenter. Sirius ne la remarqua pas, trop occupé à vider son assiette. La jeune femme se jura alors d'écrire une lettre à Lily rapidement.


Lumières allumées.

« Pause ! Hum, des questions ? Voulez-vous que je change de disque ou que je continue sur ce même ton jusqu'au retour de ma charmante propriétaire Gwen ? Allez-y, je vous écoute. »


Des commentaires? Des Beuglantes? Bonne soirée. Cornett