Merci à ceux qui m'ont reviewée ou m'ont lue!

Bonne Lecture!


MEHR LICHT !

(Plus de Lumière !)

« Plus de clarté intellectuelle, plus de savoir, plus de vérité ! » Auteur inconnu en reprenant l'expression allemande de Goethe (mort en 1832).


Résumé : Anciennement « Harry Potter : Univers Alternatif ». Les décisions de James et Lily influencent-elles le destin d'Harry ? Parviennent-ils, tous, à s'échapper leur destin tragique : la mort, la souffrance, la solitude ? Seule une arme contre ces maux est la vérité, même si celle-ci est blessante pour certains.


Coulisses de Piplette :

« Gwen? Gwen? Elle n'est pas encore entrée, alors, c'est moi qui va continuer son histoire! Accrochez-vous bien!

Lumières, s'il vous plaît ! »


Chapitre 2 : Attaque à Goldric's Hollow

Cuisine, Goldric's Hollow, Dimanche 31 Octobre, 13 :01.

Gwenaëlle Dartagnan se demandait si elle avait bien fait d'envoyer un hibou à Lily. Après tout, elle n'avait vraiment pas aimé Peter, même lorsqu'elle était élève à Poudlard. Elle l'avait toujours trouvé bizarre. Selon elle, Peter ne faisait que traîner derrière les « vrais » Maraudeurs, les élèves les plus populaires de tout le Collège. La jeune femme sourit en repensant aux blagues qu'ils ont été rendus célèbres. Elle trempa les assiettes et les posa sur la table couverte de serviette de vaisselle. Elle venait de faire la vaisselle à la façon moldue.

Pour elle, utiliser cette méthode la détendait et puis, elle l'avait toujours utilisée. Elle ne voyait pas du tout l'utilité des sortilèges pour ces tâches-là. En effet, Gwenaëlle avait grandi dans le monde moldu, mais elle n'était pas une sorcière de souche pure comme James. Son père était un professeur d'anglais dans un lycée élite et sa mère une médicomage. La jeune fille aux tâches de rousseur partageait alors sa vie entre l'Angleterre et la France dès ses 11 ans. Elle était l'une des rares élèves de Poudlard à vivre dans un pays étranger. En fait, elle était née en Angleterre pendant que son père effectuait un remplacement dans un Collège privé franco-anglais, et elle avait débarqué dans la région bordelaise paternelle alors qu'elle n'avait que quelques mois. Sa mère, pourtant sorcière anglaise, s'était refusée d'utiliser la magie en dehors de son travail. Elle voulait que ses enfants aient une vie normale pour le bien être de la famille. Son père avait totalement accepté la véritable nature de son épouse et ses enfants. Tout ce qui lui importait c'était le bonheur. Il était souvent écoeuré par les guerres, la politique, ainsi que les crimes irréfléchies. Il espérait un jour que l'un de ses enfants fassent partie du projet bienfaiteur qui bouleverserait le monde.

L'arrivée de Voldemort au pouvoir coïncida la mort du Mage Arsène Killman, qui était l'ami proche de la mère de Gwenaëlle. Celle-ci n'avait que 18 ans lorsqu'elle était engagée dans une carrière de Médicomage en compagnie de Lily et en même temps dans l'Ordre de Phénix.Etant animée par les idées de son père, elle espérait voir la chute de Voldemort et mettait sur le moment tout en œuvre pour déjouer ses plans en compagnie de ses amis et collègues.

Les paroles de son père résonnèrent souvent dans sa tête. Bien qu'il soit moldu, il lui était un précieux allié et conseiller pour avoir vécu la Seconde Guerre Mondiale en France et pour avoir fait de la Résistance Intérieure Française alors qu'il n'était qu'adolescent. Il avait beaucoup vu des choses horribles et souhaité un meilleur avenir pour sa famille. Mais, lorsqu'il apprit les actions de Voldemort dans le monde des sorciers et l'adhésion de Gwenaëlle à l'Ordre de Phénix, il n'hésita pas à confier, à sa fille, ses secrets de survie. Et, parmi eux, il lui disait de se méfier d'une personne ambiguë qu'on croyait être proche et qui pouvait se relever être un traître ; sinon elle entraînera alors les naïfs à leur perte.

°

- Hé, Gwen, viens voir ce qu'a fait Harry ! interpella la voix masculine qui s'avérait être Sirius, tirant la jeune femme de ses pensées.

Gwenaëlle leva les yeux vers le plafond en entendant au ton de son ami. Celui-ci était excité et impatient. Elle savait combien Sirius aimait son filleul. Elle enleva le bouchon de l'évier et laissa la serviette sur le dossier de la chaise de cuisine. Avant de franchir la porte, elle jeta un regard bref par-dessus de son épaule vers la fenêtre, par laquelle elle avait envoyé une lettre à son amie.

- J'espère que tu retrouvas vite les habitudes, Lily…, murmura-t-elle presque inaudible, avant de quitter la cuisine.

°

°

Dans un couloir, Poudlard, Dimanche 31 Octobre, 14 :51.

Licerou,

Le Queue de Ver est venu à son nid chaleureux,

Et douillette,

Juste pour retrouver son compagnon,

N'hésitant pas mettre sa tête,

Dans divers lieux,

Quitte à se faire écraser par un autre compagnon.

Celui-ci n'y étant pas,

Il est reparti retourner sur ses pas.

Cependant, une Taupe noire aux pattes molles lui souffle des mots gentils,

Lui incitant à revenir à la tombée du soleil.

Lynx.

- Oh mon dieu ! s'écria Lily après la lecture.

Quelques minutes plis tôt, le hibou était arrivé brutalement, surprenant les trois sorciers en pleine discussion avec une autre sorcière enveloppée autour de ses épaules d'un châle écossais. James et Lily l'avaient reconnu immédiatement, et avaient compris aussitôt qu'un évènement inattendu s'était produit à Godric's Hollow. Le jeune homme avait saisi le hibou et pris la lettre.

- Que signifie…, commença James, fonçant les sourcils, mais il fut coupé par sa femme.

- Jim ! Peter est venu à la maison et Sirius lui avait informé qu'on serait de retour ce soir. Après il est reparti.

- Intéressante et astucieuse, cette poésie, commenta Dumbledore, amusé. Gwenaëlle devait faire une carrière de poète, c'est bien ce qu'on appelle chez les moldus ? se tourna-t-il vers la jeune femme.

- Oui, fit Lily, stupéfaite par la réaction de son ancien directeur. Comment savez-vous que c'était elle ? James et moi ne vous l'avions pas mentionnée.

- Exact, confirma Albus, souriant. Il se trouve que durant tes années d'études, Gwenaëlle et toi étiez les seules à faire vos correspondances secrètes sous forme de poésie. Je dois dire que c'était ingénieux. Minerva en a trouvé quelques-unes après votre départ. Ensemble, nous nous sommes amusés à comprendre le contenu.

- J'ajoute que cela me rappelle des moments, sourit Mac Gonagall, nostalgique.

- Tu veux dire nos moments de correspondance ? renchérit Albus dont ses yeux brillèrent d'étincelles de malice.

- Oh, Albus ! le réprimanda Minerva faussement, rougissant. Elle tapa doucement le bras du vieux sorcier, ce qui amusèrent les jeunes gens.

- J'y crois pas mes yeux ! s'exclama James. Lily, puis vous ! Je vous croyais sérieux et à cheval sur les règlements ? sourit James se tournant vers sa femme. J'en apprends des nouveaux !

- James ! Tu n'allais pas peut-être penser que j'étais une élève modèle ? s'enquit Lily, irritée.

- Oh bien sûr que si ! la taquina James.

Un toussotement ramena les jeunes gens à la réalité. James et Lily regardèrent Mac Gonagall dont les joues étaient encore rougies.

- Nous ferons mieux…, s'interrompit-elle cherchant des mots adéquats. A la vue de la lettre que James tenait, elle continua comme si ce n'était rien. De nous concentrer sur la perspective de cette lettre.

- Hein ? Ah oui ! hocha Lily, ayant complètement oublié le sujet principal de cette conversation.

James et Albus sourirent, amusés par la réaction de Minerva. Reprenant le ton sérieux, Albus prit les rênes.

- Bien, pour plus de sécurité, je vous propose d'accélérer la procédure. Il se tourna vers la jeune fille. Ma Lily, je crois que le plus urgent pour toi de te préparer avec Minerva. Durant ce temps-là, James et moi réglons quelques détails.

- Albus, l'arrêta la jeune fille alors que Dumbledore s'apprêtait à la quitter en compagnie de son mari, j'aimerais connaître la raison de votre demande sur le tableau de Jeanne d'Arc. Pourquoi me l'avoir présentée ? Pourquoi m'examinait-elle avant de déclarer que je ferais bien une bonne alliée ?

- Je ne suis pas en mesure de te donner la réponse, lui répondit-il dans un ton désolant, après un bref silence. Tu n'es pas encore prête, mais tu découvriras plus tard la vérité.

°

°

Dans les montagnes, endroit inconnu, Dimanche 31 Octobre 1981, 14 :52.

Pendant ce temps-là, un homme vêtu d'une grande cape noire guetta autour de lui. Rien à sa gauche, non plus à sa droite, même pas derrière lui.

Il poussa un soupir de soulagement : il n'était pas suivi. Il remonta sa manche et massa son avant-bras sur lequel se trouvait un tatouage déjà rouge noirâtre, illuminé par le clair de la lune pleine. Il gémit de douleur, mais se retint en serrant ses dents.

La Marque des ténèbres. Fraîchement tatoué et de sitôt, brûlé.

L'homme le contempla tristement en pensant à ce qu'il avait fait pour sauver la peau de ses fesses. Une décision lâcheuse. Il en avait pris la facilité.

Il secoua la tête et tira sa manche. Il se mit, alors, devant le mur et le fixa. Il devait accomplir son devoir. Il le fallait. Sinon il perdait sa vie pour toujours. S'il voulait vivre, il fallait qu'il le fasse. Malgré ses amis.

Il prit une grosse inspiration et toucha le mur avec sa paume.

A peine que sa chair mit en contact avec l'épaisseur rocheux du mur, une porte s'ouvrit. Apeuré, l'homme jeta un dernier coup d'œil sinistre, par-dessus de son épaule, la forêt et rentra dans la caverne. Il longea tout au long du couloir légèrement éclairé par des torchons médiévaux pour se rendre dans un endroit souterrain dont l'espace était largement grande pour accueillir une trentaine d'hommes. Au milieu de cet espace était placée une chaise naturellement sculptée et elle était occupée par un autre homme habillé en noir de velours dont l'identité était soigneusement dissimulée par une épaisse capuche. Nul ne le reconnaissait que sous le nom de Lord Voldemort, mais aucun –à part quelques rares personnes courageuses ou inconscientes- avait peur de prononcer ce nom-là, et l'avait nommé en d'autres termes comme « Celui-dont-le-nom-ne-doit-être-nommé » ou « Vous-savez-qui ».

- Queudver, je ne m'attendais pas à ce que tu viennes si tôt, siffla ledit Lord Voldemort.

Le jeune homme s'approcha en tremblant et s'inclina devant son Maître qui restait impassible.

- Alors, qu'as-tu appris de nouveau ?

- Les…, s'interrompt il, reprenant la respiration pour lui redonner du courage. Les Potter ne reviendront que ce soir, annonça-t-il d'une voix tremblante.

- Endoloris !

Immédiatement, le jeune homme poussa un cri perçant et se tordit de douleur sur terre. A peine qu'il ait levé sa tête, il entendit la voix colère de son Maître :

- Peter, tu es stupide ou quoi ? Je t'ai demandé de me révéler le lieu de ce maudit Potter, toi qui es son Gardien du Secret ! Endoloris !

Nouveau hurlement.

- Go…, Go…, bégaya la victime. Godric's Hollow, Maître, souffla-t-il enfin se redressant.

- Enfin…, dit-il doucement. Assemble les autres, ordonna-t-il à un autre mangemort qui gardait, immobile, la porte de la pièce depuis le début.

°

°

Dans un tour de Gryffondor, Poudlard, Dimanche 31 Octobre 1981, 15 :02.

Un jeune Gryffondor de première année aux cheveux roux se réfugia dans le tour, inconscient des inquiétudes des adultes errants dans les couloirs, près de lui. Il avait enfin trouvé le calme qui planait dans ce vieux tour. Les yeux brillants d'excitation, il contempla son livre qu'il avait auparavant tiré de son sac et l'ouvrit à la page qu'il avait, lui-même, marquée. Ainsi, il commença sa lecture à l'endroit exacte où il s'était arrêté.

« … Le 4 Novembre 1922, un moldu au nom d'Howard Carter, archéologue, et Lord Carnarvon, le financeur de ses recherches, moldu également, avaient découvert un sceau royal sur les dalles de pierre qui renfermaient l'entrée. Ils avaient constaté que la porte avait été ouverte et renfermée. La tombe avait-elle été vidée depuis longtemps par des pillards ? Ils ne savaient sans doute pas qu'un conjureur de sort était passé la veille pour les éviter de tomber dans l'un des pièges du pharaon Toutânkhamon. C'est ainsi qu'ils avaient descellé les pierres du haut et découvert, par ouverture, une salle remplie d'étranges animaux, des statues, et toutes sortes d'objets en or.

« D'abord je ne vis rien. L'air chaud venant de la tombe faisait vaciller la flamme de ma bougie. Mais tandis que mes yeux s'habituaient à la lumière, des détails de la chambre émergèrent doucement de la pénombre : des animaux étranges, des statues et de l'or – partout l'éclat de l'or, avait déclaré Howard Carter, le lendemain de sa découverte. C'était des choses merveilleuses… »

Ensuite, Carter et Carnarvon avaient décidé de poursuivre leurs … »

- WILLIAM ADAM WEASLEY !

L'interpellé grimaça. Il détestait se faire appeler par son nom complet. Il n'y avait qu'une personne à Poudlard qui peut le faire… Il retourna la tête vers l'adolescente aussi rousse que lui en furie.

- Que fais-tu encore là ? réprimanda une adolescente de deuxième année. On t'attendait à la bibliothèque depuis une demi-heure !

Comment sait-elle qu'il avait un rendez-vous avec ses camarades ? Le jeune Weasley eut subitement un doute.

- Wendy, je n'ai…

- Pas envie d'y aller, je sais, Bill, mais pas question que tu n'y ailles pas ! Il faut que tu te rattrapes en Potions !

Ca y est ! Bill a tout compris. C'était elle qui avait organisé ce rendez-vous et c'était également elle qui servait de tutorat pour ceux qui ont des difficultés en Potions. Mais qui avait eu la brillante idée des cours particuliers ? LUI, bien évidement !

- Ce n'est pas la peine de te maudire d'avoir une brillante idée ! cligna Wendy comme si elle avait lu dans ses pensées. Tu l'es déjà comme ce Toutakamachin ! ajouta-t-elle en désignant l'image du livre du garçon.

- Toutânkhamon ! rectifia ce dernier machinalement. Wendy, Toutânkhamon !

- Ouais, c'est pareil ! se moqua-t-elle.

- NON ! bondit Bill, énervé.

Il détestait que les gens se moquaient de lui et de son penchant pour l'Egypte, mais il savait que sa sœur adoptive ne faisait pas partie de ces personnes-là et puis, qu'elle n'avait pas eu l'occasion de lire ce livre métamorphosé que son père avait rapporté de son travail en cachette de sa mère. En réalité, Wendy se méfiait des objets moldus qu'Arthur avait modifiés pour qu'ils soient en correspondance avec le monde de la magie. Pourtant, elle n'avait rien dit à Molly que Bill était entré en possession de ce livre.

- William… articula-t-elle d'un ton lourdeur et sévère, qui ressemblait étrangement à Molly.

Bill grimaça en entendant de nouveau son nom de naissance et pesta intérieurement sa mère qui avait inconsciemment passé son attitude à sa cousine.

- D'accord, on y va, Gwendola ? sourit-il en espérant faire énerver la fille.

Il avait bien vu. Gwendola fit une grimace.

- Bill, tu sais bien que…, commença-t-elle sévèrement.

- Tu n'aimes pas ton nom ? Eh bien, moi non plus ! riposta-t-il en affichant un sourire charmeur.

Wendy ne put résister au sourire charmeur de son petit frère et laissa échapper un léger pouffement. Bill ria. Ils se misent à se chamailler. Wendy ne put plus résister aux mains chatouilleuses de Bill et éclata de rire. Elle lui supplia, entre les rires, d'arrêter, elle se trouva soudainement bâillonnée avec la main de son frère, dont l'expression était grave. Celui-ci posa son index sur sa bouche pour lui faire comprendre qu'il faut se taire.

Surprise passée, Wendy se ressaisit et comprit une seconde plus tard l'attitude de son frère.

Bill avait surpris une conversation.

- Pardon ? Arthur vous l'a dit ? surprit une voix masculine.

Tiens ? Elle l'avait déjà entendue, cette voix… Wendy se demandait si cette voix n'était pas dans son entourage. En plus, il avait mentionné le nom de son père adoptif et oncle, Arthur. Mais est-ce bien lui dont il parlait ?

- Non, ni lui, ni Molly. C'est toi depuis ta première année, corrigea une voix que les adolescents reconnaissent rapidement. C'était Albus Dumbledore, leur directeur.

Wendy avait vu juste. C'était bien ses parents dont ils parlaient. Mais que diable pourquoi ils parlaient au juste d'eux ? La jeune fille ne put pas s'empêcher de tendre l'oreille.

- Moi ?

Wendy regarda Bill, les sourcils foncés. Le garçon haussa les épaules et retourna à son poste d'écoute.

- Bien, je… je crois que Peter joue un double rôle, lâcha la première voix que Wendy ne parvint toujours pas à déterminer.

- En es-tu sûr ? demanda le directeur après un silence.

Les adolescents furent surpris de la voix grave de Dumbledore. Jamais, ils ne l'avaient entendu parler ainsi. Poussé par sa curiosité, Bill se pencha, espérant une information plus explicite, mais les voix semblaient déjà lointaines. Le jeune garçon soupira tandis que Wendy se détendit.

Cette dernière attrapa le bras de son frère et le tira du poste d'espionnage.

- Bill, fuyons, ça devient malsain, déclara-t-elle.

- Mais, Wendy…, protesta-t-il.

- Non, Bill !

Celui-ci soupira et suivit sa sœur adoptive, mais il ne se privait pas d'ouvrir la bouche pour entamer un débat ce qu'ils ont entendu.

- T'as entendu ce qu'ils ont dit, Wendy ? Ca doit être Peter que Papa et Maman ont parlé entre eux un soir ! Ils sont en danger, ces Potter !

- Ecoute, rien n'est sûr que ce soit lui le traître. Et puis,…

Wendy s'arrêta brutalement dans la course, faisant heurter son frère dans son dos. Ignorant les insultes de Bill, elle mit sa main sur sa bouche. Elle venait de trouver à qui appartenait la voix masculine.

Potter ?

La jeune Weasley se tourna vers son frère qui frottait son nez avec sa main, l'air mécontent.

- Préviens-moi quand tu t'arrêtes brutalement après une folle course ! râla-t-il.

- Potter ? répéta Wendy en l'ignorant de nouveau.

Toujours l'air furieux, Bill fonça ses sourcils.

- Quoi, Potter ? s'énerva-t-il.

Exaspérée, Wendy lui fit une pichenette.

- Ouille ! Et ça aussi, tu aurais pu me prévenir, Gwendola Carolana Weasley ! grogna-t-il en se frottant le front.

- Fais fonctionner ta cervelle ! T'as parlé des Potter ! Celui qui est en train de parler doit être James !

Bill devint soudainement livide.

- S'il est ici, cela veut dire qu'il y aura une attaque ! s'exclama-t-il.

- Il parle juste de Peter…, le contredit-elle.

- Justement ! C'est lui l'origine ! s'entêta-t-il. Papa et Maman sont mis d'accord, tu te souviens ?

La Gryffondor de deuxième année mit sa main sur son front et poussa ses mèches rousses derrière son oreille. Elle observa son frère d'un air ennuyé. Bill est vraiment un garçon têtu ! Certes un bon garçon, mais un garçon inconscient de la gravité du monde qui planait autour du Maître des Ténèbres. Oh, Merlin, une chance que Poudlard soit un endroit protégé par Dumblebore !

Bien sûr qu'elle se souvient de la conversation de ses parents adoptifs ! Elle avait tout écouté, cachée dans les escaliers avec Bill. Mais Peter joue-t-il vraiment un double rôle au nez et à la barbe de tout le monde et en particulier les Potter ? Oui ? Non ? La jeune fille n'en sait rien.

Wendy mordit ses lèvres. Elle se souvenait aussi du petit Harry. Il était vraiment mimi ! Elle le gardait quand les Potter étaient convoqués à l'Ordre de Phénix.

Résignée, elle scruta son frère l'air abattu.

- Papa et Maman ne font que des suppositions..., dit-elle en secouant sa tête.Tu veux savoir ce que je pense ? demanda-t-elle en levant son sourcil droit.

- Oui ? fit Bill avec espoir.

- Retournons à la bibliothèque ! Et…, s'interrompt-elle en attrapant le bras de Bill.

Le regard de la jeune fille tomba sur le livre que tenait son frère. Un livre qu'il était en train de lire tout à l'heure.

- Donne moi ton bouquin sur l'Egypte ! ajouta-t-elle en croisant les yeux inquiets de Bill.

- QUOI ?

- Allons, Bill, je te connais, tu es capable de lire ce livre à tout moment, même en faisant tes devoirs ! Jusqu'à ce que tu le finisses.

Wendy sourit tandis que Bill grimaça de nouveau. Il espérait que sa sœur oublie ses habitudes. Décidément ce n'était pas vraiment son jour !

- Bill…, l'appela-t-elle d'un ton sévère.

Connaissant sa sœur, le garçon préféra la donner son livre. Cependant il le retira dès que Wendy le toucha.

- A une condition…, commença-t-il en la jetant un regard noir.

- Oui, oui, que je te le rende à la fin du soutien et te laisser tranquille toute la soirée d'Halloween, soupira la jeune fille en prenant rapidement le livre avant que son frère ne change d'avis. Viens !

Bill fit un sourire triomphant et suivit sa sœur à la bibliothèque.

°

°

Salle inoccupée, Poudlard, Dimanche 31 Octobre 1981, 15 :22

- Voilà, ce sont mes impressions que j'ai eues concernant Peter dès la première année de Poudlard, conclut James, en évitant le regard pénétrant d'Albus.

- J'ai raison d'espérer que tu me les dises un jour, dit le vieux sorcier doucement. James leva la tête, surpris. Oui, dès la première fois en première année que je t'ai convoqué à mon bureau, j'ai su immédiatement que quelque chose qui te tourmentait, acheva-t-il, amusé en voyant l'embrassas brusque de James. Mieux vaut se confier tôt que tard, reprit-t-il avec sagesse, après avoir scruté le jeune homme. Il te reste encore peu de temps.

James se souvint du premier jour où il avait rencontré Peter dans l'Express Poudlard. Le jeune garçon dodu était encombré par des étudiants qui se promenaient dans les couloirs étroits du train. Il allait rentrer dans le compartiment où se trouvaient trois garçons, alors qu'une main le tira de l'extérieur. Il s'était trouvé vite cerclé par un Serpentard de troisième année, Lucius Malfoy et ses condisciples. Aux voix tremblante de Peter et menaçante de Lucius, James avait jugé bon d'intervenir.

- Lucius, lâche le ! ordonna le jeune garçon aux cheveux de bataille, armé de sa nouvelle baguette.

- Pourquoi le ferais-je ? s'enquit le garçon aux cheveux longs blonds froidement. Surtout face à une première année, dévisagea-t-il James avec méprise.

- Ce ne serait sûrement pas digne pour quelqu'un de ton rang, Malfoy, admit l'intéressé sarcastique.

- Certes. Pourquoi t'obéirais-je, Potter ? dit-il sèchement, le reconnaissant.

- Eh bi…

Doté d'un réflexe foudroyant, James parvint à contrer le sort lancé par Malfoy et riposta par un autre sort pourtant inoffensif, mettant les Serpentards allongés immobiles.

- Viens, invita James à la victime, je m'appelle James Potter et toi ? ajouta-il en lui tendant la main.

- Pettigrow…, balbutia la victime en serrant la main, Peter Pettigrow.

Depuis ce jour-là, ils s'étaient liés d'amitié vers la fin du trajet. Peter s'était montré reconnaissant à James, mais celui-ci l'inspectait d'un œil soupçonneux en pensant à la conversation avec Lucius. Le Serpentard lui avait parlé de la Magie Noire et de l'obliger à le suivre. James ne savait pas pourquoi ce vermineux de cobra lui avait dit cela, mais il avait eu la réponse en voyant le jeune garçon lire un livre sur la magie noire. Cependant, il n'en faisait aucun commentaire, obligeant Sirius et Remus à se taire, pensant qu'il ne le reverra pas de sitôt.

Lors de la répartition du Choixpeau, Peter avait surpris James en étant envoyé à Gryffondor malgré son penchant pour la magie noire. Il avait été alors pris en charge par le trio. Ce n'était que durant les dernières années d'études que Peter avait pris des distances envers les Maraudeurs, c'était également cette époque-là que James était de plus en plus convoqué au bureau de Dumbledore.

- Entrez, James, manda Albus, assis confortablement dans son fauteuil, en train de caresser Fusmeck, un Phénix.

James, en qualité de Préfet en Chef, obéit, non sans trembler. Les temps étaient sombres avec l'arrivée au pouvoir de Voldemort, faisant des milliers de morts. Habituellement, le directeur convoquait les élèves concernés. Le jeune sorcier en tremblait, mais au regard du vieux sorcier lui donnait tort. Rassuré mais anxieux, il s'assit sur une chaise au signalement gestuel du vieux sorcier et se laissa examiner par Fusmeck. Le jeune homme apparut peu agacé, mais ne dit rien.

- Je vous ai convoqué ici pour deux raisons, annonça-t-il calmement. Il sortit un index. Un, vous vous demandez certainement pourquoi on avait décidé de vous attribuer le rôle de Préfet en Chef, en plus de Capitaine de Quidditch.

James haussa les sourcils, curieux de la réponse. Pourquoi l'avait-on désigné ce rôle au lieu de Remus Lupin, son ami ? Il avait rempli sa mission de Préfet en Chef, mais avec difficulté, du fait de sa répercussion de sa réputation de Maraudeur. Le jeune homme avait supposé qu'Albus voulait tout simplement le tester. Mais n'était-il pas un peu tard pour lui dire ? La rentrée avait déjà commencé depuis plus de quatre mois.

- Deux, poursuit-il en sortant son majeur, d'après le Chevalier Sanglant, vous rôdez dans les couloirs hors couvre-feu presque toutes les nuits. Voyez-vous l'explication de vos actions, James ? ajouta-t-il en pénétrant le regard noisette du jeune homme.

Le concerné déglutit difficilement. Il ne pouvait pas avouer à son directeur qu'il suivait son ami de dortoir Peter Pettigrow. En un instant, il comprit le lien des deux raisons que le vieux sorcier avait posées : c'était lui qui l'avait attribué le rôle de Préfet en Chef, non seulement en raison de ses notes, mais parce qu'il suivait son ami qu'il le croyait jouer un double rôle. Le fait d'avoir un insigne de Préfet en Chef lui donnait droit de se promener dans la nuit sans se risquer d'être blâmé ou soustrait des points pour la Maison.

James prit une inspiration et décida de ne pas lui répondre. Albus, à sa surprise, sourit.

- Bien, je crois que vous avez compris, déduit-il. Au fait, faîtes nous des blagues, suggéra-t-il.

- Pardon ? Des blagues ? répéta James incrédule.

- Je vous en donne l'ordre, sourit-il. En ce temps, le rire est un excellent remède contre les malheurs, admit-il, mais attention, pas d'excès.

- Merci, comprit le jeune homme, ravi.

James avait la preuve que Peter sortait avec habileté se rendre à la bibliothèque assister aux réunions, chaque soir presque à la même heure, sans la carte des Maraudeur, un des trouvailles du groupe. Mais, il ignorait que Peter était avec les Mangemorts et qu'il en était également un. Malgré sa cape d'invisibilité, il n'avait pas osé ouvrir la porte de la bibliothèque sans déranger les autres pour se glisser à l'intérieur, en revanche, il avait la certitude qu'il y avait plusieurs présences en compagnie de Peter. De plus, grâce à la chatte de Lily, il avait trouvé des objets suspicieux sur son lit où Peter, par mégarde, avait perdu ou oublié.

- Fys ! Sors de là ! ordonna James.

La chatte sortit en faisant rouler une boule que le jeune homme n'avait jamais vue. Il la prit, ignorant les miaulements indignés de Fys, et l'examina. La boule avait des touches électriques et deux trous.

- Bizarre… On dirait bien un dérivé de magnétophone, ou quelque chose de ce truc.

Il secoua la tête, haussant les épaules, et se jura d'interroger Lily sur les magnétophones. Il en avait vu dans un magasin, mais il ne savait pas à quoi il pouvait servir. James plissa son front, perplexe. Ce magnétophone de dernier cri devait coûter une fortune à quelqu'un comme Peter qui n'avait pas autant d'argent que lui -Peter était issu d'une famille de classe moyenne- et le jeune Préfet en Chef se demanda comment avait-il pu acheter cet objet, alors que Peter n'était spécialement pas pour les musiques hippiques.

Puis, à la fin de Poudlard, James n'avait plus le loisir d'espionner Peter, puisque ce dernier embrassait la carrière au Ministère, une chose étonnante pour quelqu'un de son niveau qui n'était guère exceptionnel. Depuis, il n'avait pas beaucoup de contact avec lui, sous disant que ce dernier avait une montagne des dossiers à la Ministère. Afin de conserver cette amitié, Peter s'était mis immédiatement d'accord sur la proposition de James et de Sirius concernant le Gardien du Secret. Malgré ce statut, James ne put s'empêcher de continuer à penser que Peter exerçait toujours le rôle d'espion. Selon lui, Peter n'aurait pas accepté trop rapidement son rôle de Gardien du Secret s'il n'avait pas trouvé l'intérêt de surveiller l'héritier de Gryffondor pour le compte du Maître des Ténèbres.

- Vous croyez ? s'étonna le jeune sorcier. Il sentit son cœur faire un bond. Albus pourrait-il l'aider à déjouer les pièges de Voldemort ? De plus les derniers évènements l'avaient incité à le contacter. D'autant plus qu'il était persuadé que Peter et la voix qu'il avait perçue la nuit dernière n'en faisaient qu'un. Peter serait-il l'espion que l'Ordre de Phénix recherchait ?

- J'en suis certain, dit-il avec conviction, comme s'il avait lu ses pensées. D'ailleurs, j'aimerais vous présenter quelqu'un qui pourrait nous aider…

°

°

Bureau de Mac Gonagall, Poudlard, Dimanche 31 Octobre 1981, 15 :45.

- Tu as bien compris, Lily ?

- Une potion bleue pour la protection, une autre jaune pour la détection des sortilèges au cas où la formule habituelle ne marche pas, et…

- C'est bon, Lily, l'arrêta Mac Gonagall avec amusement, je crois que tu as tout retenu.

La jeune femme rousse rougit violemment. Son ancienne directrice sourit. Lily avait été l'une de ses meilleurs élèves qu'elle n'ait jamais eue durant toute sa carrière. Toujours capable de retenir les points importants et utiles pour la suite de ses études et sa vie active. Maintenant, son ancienne élève est devenue une médicomage mariée et mère d'un petit garçon. Enfin, elle méritait cette vie après une longue et belle galère qu'elle avait vécue.

Minerva Mac Gonagall soupira.

Elle était la seule avec Albus Dumbledore à connaître le secret de Lily. Une chose que la jeune femme n'ait pas pu se confier à son époux. Ses parents étaient aussi au courant mais ils avaient quitté prématurément laissant derrière eux ses filles alors que Lily entamait à peine sa dernière année de Poudlard.

La vieille sorcière remarqua la même lueur de tristesse dans le regard de la jeune femme et comprit immédiatement à quoi elle pensait. Si la protection échouait, elle n'aurait qu'un seul regret : ne pas pouvoir régler cette « chose ». Elle jugea préférable de changer de conversation.

- Lily, la rappela-t-elle, tout ira bien. Tu en auras le temps, j'en suis sûre. Allons voir les garçons, lui proposa-t-elle.

- Attendez, Dumbledore avait dit que je n'étais pas prête à découvrir la vérité ? Est-ce que cela a un rapport avec ma négligence des rêves prémonitoires ?

Lily ne se souvenait que trop bien de ses rêves qu'elle avait faits depuis toute petite. Déjà enfant, bien qu'elle n'en ait pas encore conscience, elle les avait considérés des alliés qui n'exauçaient que des vœux souhaités. En effet, elle prédisait souvent des choses qu'elle voyait en rêve, comme le fait de triompher sur la scène à l'école primaire. Tout s'était déroulé exactement comme elle l'avait souhaité, ou plutôt vu en dormant. Mais, une fois entrée au Collège des Sorciers, les choses « bienfaisantes » avaient seulement cessé. Lily ne voyait que des évènements néfastes, qui ressemblaient plus aux cauchemars qu'aux rêves, mais fort heureusement, ce n'était que de façon occasionnelle. Chose curieuse, bien qu'ayant un don rarissime pour les prémonitions, Lily avait refusé de suivre des cours de Divination pour deux raisons : d'une, elle s'obstinait à croire aux faits réels, préférant les Sciences purs aux sciences abstraits, et de deux, elle avait voulu être normale, se faire des amis plus facilement. Mais, hélas, elle en avait perdu aussi qu'elle en avait gagné. Seule, Gwenaëlle était restée son amie depuis le train et plus tard, dans la septième année, les Maraudeurs s'ajoutant dans sa liste.

Mais ce n'était le fait d'avoir négligé son don qui ne tracassait pas Lily. Bien au contraire. Ne pas parler du dernier rêve à son mari lui pesait fort. En fait, juste avant l'annonce de la présence d'un espion au sein de l'Ordre de Phénix, la jeune mère avait fait un nouveau rêve éprouvant, et pour la première fois de sa vie, son rêve ne s'était révélé que partiellement. Elle ne pouvait que voir deux silhouettes –l'une gigantesque et l'autre petite- au milieu des brumes et dans le noir, et puis des flashs de différentes couleurs qu'elle supposait être les résultants des sorts. Elle avait conclu que ce qu'elle venait de faire était un combat.

Exactement un combat.

Etant insatisfaite, la jeune femme avait préféré attendre que ses rêves soient plus clairs et plus nets, ce qui malheureusement n'était pas arrivé. Elle s'était naturellement inquiétée, mais en ne voulant céder à la panique, elle avait mis son stress et son anxiété sur le compte. Pourtant, elle ne voulait pas négliger aucun point en interrogeant son ancienne professeure de Métamorphose, en qui elle avait secrètement espéré obtenir des réponses à ses questions. En outre, la réplique de Jeanne d'Arc l'avait surprise et en même temps intriguée. En ne pouvant plus s'attarder, elle avait ouvert une vanne à Mac Gonagall.

- Je ne peux pas malheureusement te répondre, se désola cette dernière. Mais une chose certaine, tout n'était pas fait au hasard. Tout ce que je peux te conseiller, sois prudente et fais confiance à tes instincts. C'est ainsi que tu as su surmonter tes difficultés.

Lily grimaça. Ce n'était pas la réponse qu'elle attendait. Tant pis, elle cherchera l'origine seule, étant donné que Dumbledore ne semblait pas vouloir l'aider.

- Harry a vraiment de la chance de t'avoir, ainsi que James, continua-t-elle en la rappelant sa force naturelle. Tu es une mère et femme formidable. Garde ton énergie enflammée !

- Je suis tout à fait d'accord avec Minerva ! intervint le vieux sorcier en entrant dans la pièce, suivi de James. Si j'en crois James, tu as des atouts qu'aucune fille ne pourrait prétendre pour avoir la place d'une épouse.

A ces mots, Lily sourit faiblement, mais James détecte rapidement le teint livide de sa femme. Il se précipita alors vers elle et remarqua :

- Lily, tu es pâle ?

- Ce n'est rien, James, le rassura-t-elle, vous avez réglé le problème ? ajouta-t-elle en se tournant vers les garçons.

- En effet, confirma Dumbledore, mais j'ai une dernière chose à te soumettre, Lily, avant que ce soit trop tard.

- Laquelle ? s'inquiéta Lily.

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Salon, Goldric's Hollow, Dimanche 31 Octobre 1981, 17 :29.

Haut des trois pommes, Harry tenta d'attraper les cheveux de Sirius sans que celui-ci ne le remarque. Gwenaëlle soupira en entendant le cri gémissant de la victime, qui s'était aperçu trop tard. Elle se doutait sans surprise que le fils de James et de Lily allait faire ce genre de chose dès qu'il voit des mèches noires suspendues au dessus du bras du canapé. Son amie Lily avait ce genre de problème mais l'avait rapidement résolu en cachant ses cheveux sous sa nuque quand elle piquait un petit roupillon. Elle lui en avait déjà parlé. Et bien sûr, Sirius n'avait pas voulu l'écouter et avait même déclaré qu'Harry n'oserait pas avec le siens, sous prétextant qu'il était un homme.

Il semblait à Gwenaëlle qu'il s'était fourré lui-même le doigt dans l'œil !

- Harry, non !

Mais le petit Potter n'écouta pas. Il continua de tirer les cheveux. Il les trouvait amusant, il les mettait sur sa petite tête en se chancelant.

- Vas-tu m'écouter, nom de Patmol ? Laisse mes cheveux en paix ! E.N. P.A.I.X. ! s'écria Sirius en essayant les petites mains du petit garçon. Aide-moi, Gwen ! supplia-t-il à la jeune femme, qui tricotait.

- Inutile, Sis', répliqua-t-elle d'un ton avertisseur. Elle se figea une seconde, remarquant la couleur inhabituelle du jeune homme. Elle eut soudainement des peines de retenir de rire. C'est de ta faute. Je t'avais pourtant prévu, continua-t-elle en s'efforçant de rester sérieuse en réponse au regard noir de Sirius. A toi de te débroui…

La jeune fille fut interrompue par un claquement de porte brutal, qui laissait place aux Potter. Le jeune homme aux cheveux en bataille explosa de rire tandis que Lily se contenta de mettre sa main sur sa bouche.

- Tu es vraiment magnifique avec tes cheveux longs de couleur rouge fluo, complimenta cette dernière. Ainsi, tu n'as pas écouté les conseils de Maman Gwenaëlle à ce que je vois ? sourit-elle, moqueuse.

Sirius grogna, mais soulagé quand le petit farceur se précipita dans les bras de sa maman. Gwenaëlle se leva, toujours étonnée.

- James, Lily ! Si tôt ! souffla-t-elle.

- Finalement, on a vite tout réglé ! déclara James, dont le visage était encore rouge.

- Pour vous remercier d'avoir gardé Harry, dînons donc tous ensemble tout à l'heure, proposa Lily, en caressant son fils.

Les meilleurs amis des Potter se regardèrent d'un air entendu et acquiescèrent sans hésitations. Après tout, ces derniers temps, ils ne s'étaient pas revus depuis quelques jours, même si ce n'était pas plus souvent que de coutume. Un dîner entre amis ne ferait pas du mal, surtout en ces temps… Mais ce ne fut pas cette unique raison de dîner. En effet, juste avant le départ pour le Collège, Lily avait détecté une lueur inquiétante chez son amie et avait compris la signification. Gwenaëlle avait besoin d'elle.

- Dans ce cas, je file à la cuisine avec Gwen, décréta la rousse en passant Harry à James. Tâchez de vous bien amuser avec Harry, ajouta-t-elle aux garçons.

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Cuisine, Goldric's Hollow, Dimanche 31 Octobre 1981, 17 :32.

- Gwen, qu'est ce qui se passe ? Une autre visite inattendue ?

La jeune fille brune regarda son amie appuyée sur son dos contre la porte et soupira. Inutile de résister à ce regard. Lily la connaissait par cœur.

- Non. Je m'en doutais bien que tu aies déjà mon message, secoua-t-elle sa tête. C'est une autre chose que je voulais te parler…, murmura-t-elle douloureusement, jouant avec une cuillère en bois, qu'elle avait prise sur une table, entre ses mains

Lily fonça les sourcils. Quand Gwenaëlle lui répondait sur ce ton, son douleur ne pouvait être que psychologique et non physique lorsqu'elle abordait un sujet délicat qui était autre que…

- Cela a un rapport avec Sirius ?

- Oui. Je…, se stoppa-t-elle soudainement, comme si elle était envahie d'une peur inconnue dans son corps. Elle prit une inspiration et reprit. Je suis enceinte. De trois mois. N'en parle pas à Sis'. Il n'est pas au courant, enchaîna-t-elle rapidement en voyant la mine moqueuse et soulagée de son amie.

- Mais, c'est magnifique ! Tu auras un petit Sirius ! s'écria-t-elle, ne voyant pas toujours le problème.

Elle enlaça son amie et la serra.

- Je sais, mais en ce moment, ce n'est pas approprié, avoua-t-elle gênée, en se reculant. Tu vois ?

Durant une seconde, Lily ne comprit pas l'attitude de son amie, et sourit en approuvant. Elle venait de trouver l'origine du détail encombrant dans cette histoire. Visiblement, son amie Gwenaëlle n'avait pas prévu cette naissance au milieu de l'apogée de Voldemort. Mais, la jeune mère avait Harry dans ces circonstances. Elle ne pouvait que voir la naissance d'un bon œil.

- C'est vrai, admit-elle avant de rassurer Gwenaëlle. Comme l'avait si bien dit ton père, en ces mauvais temps, il y a des bons et heureux évènements pouvant nous sauver.

D'abord surprise, la jeune femme étala soudainement des sanglots. Elle s'était beaucoup inquiétée, voire trop, ces derniers temps, et se faisait des soucis pour rien. Comment ces paroles simples pouvaient-elles être dans cet état ? Elles lui avaient apporté un fou soulagement.

- Lily, tu as encore su trouver de bons mots pour me réconforter ! s'exclama-t-elle faussement de surprise, en attrapant un mouchoir.

- Allons Gwen, je serai toujours là pour toi, la promit-elle. N'attendons pas les garçons ! Que dis-tu d'un bon quiche lorraine avec de la salade et d'un bon gâteau au chocolat à la façon de ma mère, accompagné d'un café doux ? changea-t-elle du sujet.

- Ca sonne parfait !

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Salle à manger, Quartier Général, Dimanche 31 Octobre 1981, 17 :35.

- Désolé, nous sommes venus ce qu'on pouvait, s'excusa Arthur Weasley au chef de l'Ordre de Phénix qui n'était autre que Albus Dumbledore. Les enfants…, ajouta-t-il avec un sourire crispé.

Il tenait une grenouille en peluche dans sa main. Il venait de laisser les enfants aînés jouer dans une autre salle du Quartier.

- Ce n'est rien, on n'attendait plus que vous, Arthur et Molly, inclina ce dernier.

Il patienta quelques secondes en voyant le couple Weasley s'installer dans leur coin, avec Ginny endormie dans les bras de Molly.

- Comme vous le savez, commença-t-il, je vous ai convoqué pour une raison de force majeur. Aujourd'hui, j'ai de fortes certitudes que Voldemort passera à l'action dans deux endroits, ce soir même.

Les membres de l'Ordre de Phénix se regardèrent nerveux et comprirent immédiatement qu'Albus avait énormément besoin d'eux.

- Vous avez certainement dû remarquer que, mis à part Remus Lupin toujours sur leur mission, les familles Longdubat et Potter, ainsi que Sirius Black et Gwenaëlle Dartagnan, sont absents, poursuivit-t-il. J'ai placé quatre Aurors volontaires de notre organisation sur place. Mais je crains qu'ils ne suffisent pas à Voldemort. C'est pourquoi je vous demande de tenir prêt quand je vous donnerai un signal, ce soir.

Il se retourna vers son éternelle directrice adjointe Mac Gonagall, qui s'empressait de lui donner des parchemins.

- Voici, ce sont vos missions de ce soir. Ceux qui iront chez les Potter, interceptez Sirius et Gwenaëlle pour qu'ils puissent vous assister. Vous en aurez besoin. Et, oh ! Minerva, veuillez distribuer nos pièces, s'il vous plaît, demanda à sa voisine.

Ladite Minerva ne se pria pas de le faire deux fois, elle ouvrit un sac qu'elle tenait à sa main et donna une pièce moldu en or à chaque membre, tandis que le vieux sorcier expliqua :

- Ce sont nos moyens rapides de communication. Minerva et moi gardons chacun une pièce sur soi. Si jamais un problème apparaît, même le moindre attaque de Voldemort, envoyez-nous un signal et nous vous rejoindrons sur place. Des questions ?

- Oui, moi, répondit Arthur. Pourquoi ce serait-il l'attaque ce soir ?

Albus scruta l'homme roux et à la surprise de celui-ci, il sourit, les yeux brillants d'étoiles. Arthur frissonna brusquement et échangea un regard avec sa femme, anxieuse.

La nuit va être longue…

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Chambre d'Harry, Goldric's Hollow, Dimanche 31 Octobre 1981, 21:47.

James ferma la porte et se retourna vers Lily qui était accroupie, occupée à caresser son fils endormi.

- Ca y est, ils sont partis, souffla-t-il en regardant sa femme.

Lily lui fit un triste sourire. James sut que son sourire avait un rapport avec l'entretien chez Dumbledore. Il la rassura.

- Tout ira bien, ma chérie.

- Oui.

Ensemble, ils observèrent l'enfant avec tendresse.

- Regarde Harry. Il dort si paisiblement alors qu'une menace règne sur lui. C'est si injuste ! ajouta Lily, inquiète.

- Je ne peux que t'approu…

Un bruit suspect attira James. Il savait que ce n'était pas l'un de ses amis. Ce bruit ressemblait trop à une explosion sourde. Préférant prendre les devants, il sortit sa baguette de sa poche et ordonna à sa femme.

- Lily ! Protège-le ! « Il » est là ! Je vais le voir !

Lily s'immobilisa. Non… Pas maintenant… « Il » ne devait pas être là… Elle se refusa d'y croire, mais en voyant son mari s'aventurer hors de la chambre, prêt à descendre au rez de chaussée, elle le recommanda inutilement :

- James, sois prudent !

Pas de réponse. La jeune femme soupira. James était déjà descendu.

Etendant sur le sol, la tête reposée sur la première manche de l'escalier, James jeta un regard hargneux à celui qui le pointait la baguette sous son cou. Des saignements ornèrent sur son visage, menaçant de tâcher sur ses habits, ce qui fit rire l'homme noir.

- Potter, je suis désolé, vois-tu… Malgré tes efforts, tu es bien loin de mon niveau. Si tu veux avoir une vie sauve, rejoins moi et laisse moi ton fils, lui proposa ce dernier.

- JAMAIS ! implora sa jeune victime.

- Très bien…, soupira-t-il. Adieu Potter, Avadar Kedavra ! cria-t-il.

Un éclat de lumière verte frappa le jeune homme de plein fouet, au même instant que Lily hurla de désespoir en assistant à la scène.

- JAMES !

Elle vit le Maître des Ténèbres gravir manche après manche sans remords dans son allure calme et s'enferma dans la chambre du petit avec une baguette à la main. Comme une porte ne résistait pas au Seigneur des Ténèbres, celle-ci fut explosée, laissant place à une Lily surprise. La dernière ressource de cette dernière était de protéger Harry encore dans son berceau.

- Laissez mon fils en vie, je vous en supplie, prenez ma vie…

- Dégage, Sang de bourbe !

- NON !

Lily connut le même sort que son mari. Voldemort approcha sa baguette au petit garçon qui, malgré la gravité du danger, ne pleurait pas et répéta la formule fatale.

- Ainsi prit la fin de la lignée des Potter… Il n'y aura désormais plus de personne capable de s'opposer à Voldemort ! Ahahahahah !

Sur ce, il s'éloigna du Manoir, suivi de ses hommes cagoulés qui l'attendaient paisiblement dehors, et à peine mis les pieds dans la forêt, il s'arrêta brutalement, faisant heurter ses subordonnés. Confus, ceux-ci craignaient la réaction du Maître en se reculant, mais ce dernier ne fit aucun mouvement. Il était simplement figé.

En réalité, Voldemort était pris d'un étrange frisson. Pour la première fois de sa vie, il doutait.

Quelqu'un l'avait trompé.

Il n'y a qu'un moyen : vérifier…

- J'ai un pressentiment… Retournons ! commanda-t-il en tournant subitement sur ses pas.


« Fin de l'Acte 2 ! Hum, hum… Suspense ! Vous le saurez dans le prochain chapitre et c'est certainement mon dernier… Ma charmante propriétaire va bientôt arriver et vous raconter la suite à sa façon. Je vous le préviens. »