Joyeux Nôël à tous! Tout d'abord, je m'excuse pour ne pas avoir réussi à poster la suite avant... J'ai beaucoup changé de paragraphes dans cette partie pour finalement la scinder en deux et rallonger la première partie. Je peux vous annoncer que la deuxième partie arrivera sûrement la semaine prochaine. Alors, pour patienter, bonne lecture!
PS: Merci beaucoup à Mélo, Takoma, Noriane et Lolo (j'accepte tes excuses si tu passes par là) pour vos reviews.
Chapitre 5 : Je me sens renaître !
Par un beau matin, au pied du lit, Lily s'étira paresseusement et aéra sa chambre en ouvrant les fenêtres, éclairant la chambre. Des bruits de klaxon attirèrent son attention. Des gens s'empressaient de faire démarrer la voiture qui avait tout bloquée la circulation par l'épaisse neige. Ils s'affairaient de glisser des briquets en bois sous des roues afin de les mettre des attelles. Penchée sur la rame du balcon de sa chambre, elle se mit à sourire. Elle réalisa combien ce monde l'avait manqué. Sentant l'air glacial lui entrer dans sa fine robe de chambre, elle choisit sans hésitation de se retirer et de descendre à la cuisine se réchauffer.
Telle automate, elle ouvrit un placard et ressortit deux boîtes métalliques. L'une contenait du café et l'autre des toastes encore frais. Elle se pencha vers le placard du bas, elle chercha une cafetière de camping au fond et le prit sur la cuisine. Elle ajouta de l'eau et renferma le capuchon de la cafetière en mettant la cuisson à son maximum. Se tourna vers le frigo où elle prit du beurre et des confitures, elle le ferma avec sa jambe, les bras chargés. Elle déposa le tout sur la table placée contre le mur et combla son petit déjeuner d'un air satisfait.
Le café fait, elle s'assit et savoura son petit déjeuner,… seule. Un bon moment de détente avant que le petit garçon ne se réveille. Curieusement, elle ne se culpabilisait pas la moindre ombre d'une chouette pour son mari. Elle était encore froide avec lui, dont elle voulait demander des explications à son frère sur sa puissance cachée. Pourtant, elle sentait quelque chose qui n'allait pas chez elle. Ce n'était pas le bébé qui l'inquiétait, au contraire. Lily haussa les épaules et mit la radio en marche.
- … sons à l'audit avec le public en présence de Matt Larson ! … Bonjour mesdames, messieurs, nous allons écouter le premier audit et nous résoudrons ensemble son problème. A vous, Mademoiselle. … Merci. Pour vous résumer la situation, mon compagnon me cache de ses amis pendant une année entière pour une raison que j'ignore toujours. Peur, honte ? Je ne sais pas. J'ai essayé d'en discuter, mais rien ne marche. Je l'aime encore et je ne veux pas le quitter, mais j'en ai assez de vivre cachée de tout le monde. Je n'ai personne. Vous êtes mon seul soutien. Aidez-moi à le comprendre et à dépasser les obsta…
Lily éteignit la radio avec brutalité, tellement troublée par les paroles de la jeune femme. Les cinq mots « Vous êtes mon seul soutien » résonnèrent étrangement dans sa tête, tel un écho. Sauf que celui-ci produisait une autre voix de celle de la mademoiselle de la radio :
- Aide-moi, je t'en supplie, Lily ! Mon petit loup est perdu. Il faut le déculpabiliser sinon il se laisse mourir. Tu es son seul soutien ! Fais-lui savoir que je l'aime éternellement !
« Mon » et « Son ». Deux possessifs différents ayant le terme commun « soutien ». Lily massa son visage, pour tenter de chasser ces paroles de sa tête, mais ce fut en vain. Elle poussa un énorme soupir. Certes, cette scène ne la quittait pas depuis quelques jours, enfin en tant qu'elle n'aurait pas réglé le problème, mais en plus, elle n'avait toujours pas trouvé la solution au premier rêve qu'elle avait fait avant la découverte de la présence d'un espion à l'Ordre de Phénix.
Deux rêves en même temps ! C'était bien la première fois que cela arrivait à Lily ! Pourtant cela ne la perturbait pas du tout. Il lui semblait même que le second rêve était une sorte de message. Mais de qui ?
Soudain, son attention se porta sur un journal. Rien de choquant jusqu'une photo s'anime, ce qui échappa à Lily et d'un geste brusque, elle écarta la boîte pour lire le titre « La Gazette des Sorciers ».
Une minute… Un journal sorcier ? Mais que faisait-il ici ? Des protections y étaient déjà placées. Alors que diable, comment le journal avait-il pu attirer ici ?
Lily fonça les sourcils. Ce n'était sûrement pas Thomas, lui savait très bien qu'il n'avait pas le droit d'utiliser le moindre hibou en pleine journée. Et le journal lui semblait être fraîchement arrivé et de surcroît, Thomas dormait encore ! Lily se débarrassa alors du bol et prit le journal dont quelques papiers tombèrent par terre. La jeune femme s'accroupit alors pour les reprendre et ce n'état qu'en se redressant, elle se rendit compte qu'il s'agissait des colis épais de Poudlard, sûrement pour les cours de Thomas, et… d'une lettre à son nom.
Il semblait à Lily que son cœur avait eu des ratés. Elle reconnut l'écriture de Dumbledore. Elle se dépêcha de l'ouvrir, cette lettre et elle la lut attentivement :
« Ma chère Lily Potter,
Utilise ce journal pour te guider et tu comprendras certainement le sens de tes rêves.
Amicalement,
Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore,
Directeur du Collège de Poudlard
Ordre du Merlin, 1ère classe »
Prenant sa tête entre ses mains, Lily réfléchit. Plus elle s'obstinait à saisir le sens de ces mots, moins elle comprenait Albus. La première question lui vint naturellement à l'esprit : comment Albus avait-il eu vent de ses récentes rêves ? Certainement pas Mac Gonagall, cela faisait plus de deux mois ! Alors pourquoi maintenant ? Son instinct la dicta de prendre le journal et d'y jeter un coup d'œil.
Au moment où des bruits de démarrage des voitures se firent entendre, Lily se bondit, laissant tomber sa chaise. Elle sortit en trombe de la cuisine, en basculant un Thomas grognon, probablement levé du mauvais pied.
- Hé Lily, on se dit au moins bon…
CLAC ! Le claquement de porte de la salle de bains indiquant au jeune garçon qu'il va devoir de nouveau s'occuper d'Harry jusqu'à son retour… seul.
- …jour, acheva-t-il, étonné. La journée va être super ! gémit-il.
°
°
Chemin de Traverse, le 22 Décembre 1981,
Papa, Maman,
Je vous envoie un hibou pour vous annoncer mon déménagement dans un petit village, au Nord de Londres. Je quitte l'appartement pour une maison qui va bientôt accueillir un enfant, précisément dans trois mois.
Oui, j'attends un bébé. Mais je n'ai pas pu vous l'annoncer plus tôt dès que j'ai appris la nouvelle. De nombreux évènements s'étaient produits depuis. Vous devez sûrement entendre parler de la mort de Voldemort par le biais des journaux, j'ai le regret de vous infirmer cette nouvelle. En effet, selon Dumbledore, Voldemort n'est pas complètement mort, il a tout simplement disparu, et il est probable qu'il revienne un jour à la vie. Mais quand ?
De ce fait, pour protéger le petit Harry, avec ma bande, on a décidé de changer de localité et de vivre dans le monde moldu. Maintenant, ma nouvelle maison est prête à vous accueillir ainsi qu'Erwan ! On vous attend avec impatience !
Ah oui, j'ai une deuxième nouvelle à vous annoncer. Vous vous souvenez de Sirius Black dont j'étais secrètement amoureuse et qui passait tout son temps à faire des pitres ? Eh bien, il est le papa de mon bébé et il vient de l'apprendre cet après-midi. Et… Il a complètement changé son attitude envers moi ! Il est devenu plus attentionné, plus responsable, plus sérieux… Bref, il a mûri ! Il est impatient pour l'arrivée du bébé.
J'aurais bien voulu vous donner des nouvelles de James et sa famille et de Remus, mais là, Lily m'a appelée en urgence pour m'apprendre qu'un procès de haute trahison aura lieu demain, aujourd'hui quand vous aurez ma lettre.
Je vous embrasse très fort et je vous attends avec impatience à « PortoLondres » après-demain matin.
Votre fille,
Gwenaëlle.
PS : Erwan sera là demain soir après ses cours à 18h tapantes à « PortoLondres ». J'irai le chercher sans problème.
- My God…, souffla Margareth, our little daughter already grew… She will become une maman! Et nous… (1)
- Des grands parents, termina Enguerran, ému. Gwen a été notre petite fille indépendante et raisonnable ! Mais là, j'avoue que c'est une énorme surprise qu'elle nous a faite ! ajouta-t-il.
- Chéri, Sirius est un bon garçon malgré ses… comment dire ? stupidities !
- Bêtises, chérie, bêtises, la corrigea son mari. Mais tu as encore le temps d'embêter Erwan.
Margareth ria. C'est vrai. Elle adorait agacer son fils et elle en profitait de l'absence de sa fille aînée.
La décision de Gwenaëlle de vivre en Angleterre, qui était logiquement le prolongement de sa scolarité à Poudlard, avait attristé les parents Dartagnan, mais il leur restait Erwan, encore Collégien, cette fois-ci, à Beauxbâtons. Cependant ils avaient peur qu'il les échappe à son tour un jour.
Erwan terminerait ses études en France et y vivrait, mais il était très attaché à sa sœur aînée et avait très envie de voyager à travers le Monde. Tout petit, il avait déjà émis le souhait de devenir archéologue, voire prothésiste « sans frontières », il regardait avec avide des récits des aventuriers, des archéologues ou des médecins sans frontières à la télévision, il avait même rencontré un aventurier au nom de Jean Cousteau.
Il était tout sauf un ange, il avait bien causé des soucis aux parents, quand ceux-ci recevaient des hiboux l'informant des retenues avec des motifs divers. En fait, Erwan était le souffle-douleur des aînés à cause de son petit accent « british », il ne se laissait jamais aller, allant parfois même jusqu'aux mains, mais ce qui lui avait souvent valu des punitions « à la française » ; c'est-à-dire qu'il copiait, par exemple, cent fois « Je dois respecter mes camarades même s'ils me provoquent. » ou encore qu'il devait passer des heures de colle dans le bureau du professeur, agenouillé immobile sur un barre de bois avec des tonnes de livres sur la tête, ou pire ne pas dîner et dormir dehors.
Ses parents l'avaient grondé, tenu un discours sur l'éducation des garçons, envoyé des beuglants durant sa première année, mais se lassaient et embêtaient leur fils en le réprimandant ou en l'adoucissant. Ils le surnommaient « Ange-Marie » en sachant pertinemment qu'il allait s'énerver.
°
Alors que Margareth allait se lever débarrasser la table, des bruits secs proviennent de la fenêtre du salon.
- Laisse, honey, j'y vais, déclara Enguerran, se levant à son tour.
Il ouvrit la fenêtre et laissa entrer le hibou. Il le reconnut immédiatement et soupira avec amusement.
- Chérie, c'est encore Ange-Marie qui fait les siennes !
- Ah, je me demande ce qu'il a encore fait cette fois-ci ? soupira sa femme. Envoyer les toilettes aux têtes de ce… comment ils s'appelaient ? Ah oui, ces L'thuile, articula-t-elle peu hésitante.
- Lethuiller, chérie, Lethuiller, ria-t-il avant de se lancer dans la lecture. Perdu ! Il a fait fort, cette fois-ci. Il a métamorphosé ces gars en fouine et les ont fait sauter. Ca doit être hilarant ! Ah… on est convoqué chez le directeur aujourd'hui.
- Aujourd'hui ? haussa-t-elle un sourcil, en se tordant le cou. Perfect ! Je pourrai en profiter de ramener ses habits pour Angleterre. Nous allons passer des fêtes là-bas, tu n'as pas oublié, j'espère ?
Elle jeta un regard suspicieux à son mari. Elle savait qu'Enguerran aurait bien aimé passer Noël en France, mais la dernière guerre lui avait déjà pris ses parents, il n'avait plus retrouvé la même nostalgie d'enfance en Angleterre. Depuis, il l'appréhendait.
- Oh, tes parents et ta sœur ? Ah non, pas du tout, sourit-il, crispé, en pliant la lettre. Dépêche-toi, Meg, si tu veux déjeuner avec Wan à midi.
Margareth lui fit un sourire rassurant et sortit la vaisselle de l'évier pour la sécher. Elle prit le visage de son mari entre ses mains pour y déposer un baiser et monta à l'étage supérieur. Enguerran soupira lourdement une fois sa femme disparue de son champ de vision, il se dirigea vers la cheminée joliment décorée de vieilles chaussettes tricotées et les combla avec tristesse.
Il y a quelques années, ils formaient une famille comme les autres à part que ses enfants et sa femme étaient des sorciers. Pourtant, cela ne les empêchait pas de célébrer Noël en décorant la maison, la cheminée et le sapin, dressé juste à côté de celle-ci. Maintenant, les enfants sont grands et il n'en restait à Enguerran que des guirlandes, des boules, des petites maisons de bougies sur les bordes des fenêtres et… quatre chaussettes accrochées sur la cheminée. La première était à son surnom « Ranny » trouvé par sa femme, la seconde, Meg, la troisième, Gwen, et la quatrième et dernière, « Wanny », le surnom qu'Erwan avait hérité enfant.
Le regard d'Enguerran s'arrêta sur la chaussette de sa fille. Machinalement, il la caressa avec douceur. Son sourire s'étira lentement, il se mémorisait des joies, des chagrins, des obstacles qu'avait enduré sa fille : Gwenaëlle, bébé, balbutiant « papa » en français au dam de sa femme qui avait tellement voulu qu'elle entende son premier mot anglais ; Gwenaëlle, à trois ans, s'amusant sur le cheval à bascule ; Gwenaëlle, haute de ses 6 ans, bordant fièrement son ensemble bleu marine, le cartable à la main ; Gwenaëlle portant son petit frère Erwan ; Gwenaëlle pleurant à cause de ses disputes avec sa meilleure amie d'école ; Gwenaëlle sautant de joie après avoir lu la lettre de Poudlard ; Gwenaëlle recevant son diplôme de fin d'études secondaires ; Gwenaëlle annonçant anxieusement son participant à l'Ordre de Phénix.
Enguerran soupira à nouveau. Il avait secrètement espéré que sa petite fille le reviendrait un jour, mais d'après sa lettre, ce ne sera finalement plus le cas.
- Noël ne sera définitivement plus le même ici sans toi, murmura-t-il avant de regarder à nouveau la chaussette de Gwen. Ta chaussette t'attendait désespérément depuis plus de trois ans, ajouta-t-il en pouffant avant de prendre un air sérieux. Mais, je suis très fière de toi. Reste comme tu es, ma fille !
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- Affaire suivante n°4, le procès « Harmonica Granger » débute, annonça l'huissier du tribunal. Les personnes non concernées par l'affaire sont priées de quitter la salle.
Le cœur de Remus battit à tout rompre. Le procès pour meurtre de son ancienne conjointe allait enfin commencer après une bataille de huit mois. Il avait failli ne pas avoir lieu.
Le jeune homme sursauta au contact de la main qui se posait sur son épaule. Il se tourna aussi rapidement qu'à faire briser les cervicales et il soupira de soulagement.
- Excuse-moi de vous faire peur, mais suivez-moi Mr Lupin, l'invita son avocat.
- Ou…, oui, bafouilla-t-il, troublé.
Son avocat s'installa sur un siège du premier rang, sortit une épaisse enveloppe de sa serviette et la tendit à son client.
- Je me suis arrangé, mais ils ont toujours leur dernier mot à dire et vous le savez. Rassurez-vous, votre secret est bien gardé, chuchota-t-il en tenant garde aux autres occupants de la salle.
Remus ne put qu'acquiescer, prit l'enveloppe et s'assit au premier rang, à côté de son défenseur.
- L'accusé, levez-vous ! ordonna le Magenmagot en direction de la tribune de l'accusé soigneusement surveillé par des Aurors neutres.
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- Tu es cinglée, Lily ! Déménager sans me consulter ! Lily ? Où es tu, là ? Parle, s'il te plaît ! Je ne supporte plus ton silence et je ne sais même pas de quel côté tu te trouves !
- Oh, ça va, James ! s'écria Lily qui se trouvait appuyée contre la fenêtre, mais la salle n'était pas lumineuse, ce qui rendait la vision de James difficile. C'est juste un accord que j'ai pris avec nos amis et Dumbledore ! Tu n'as pas à t'inquiéter !
- Ne pas m'inquiéter ! Je devrais m'inquiéter quand il s'agit de lui ! grogna James, qui n'aimait pas trop l'omniprésence du vieux sorcier dans leur vie. Cependant, il ne regrettait pas ce qu'il avait fait quelques heures précédant l'attaque d'Halloween.
- Tu ne veux tout de même pas exposer Harry à l'invasion des journalistes constamment chez Gwen ? cingla Lily en ignorant le mécontentement de son mari.
- Non, avoua-t-il doucement. Mais quand même, tu aurais pu me prévenir !
- Oh ouais ? Tu étais dans le coma ! fit-elle remarquer. Désolée, ajouta-t-elle tout de suite après, dans un murmure.
James soupira. Elle avait raison. Mécaniquement, il porta ses mains à son visage pour frotter ses yeux, dans l'espoir de voir sa femme, mais ce ne fut pas le cas.
En le voyant réagir, Lily estima le temps de lui avouer son secret et elle s'approcha de lui. Elle posa sa main sur ses cuisses pour qu'il puisse se tourner en sa direction.
- Où est Harry ? demanda-t-il.
- Ton frère le garde à la maison. Il doit faire ses devoirs que Mac Gonagall lui avait envoyés par hibou.
James laissa échapper un petit rire. Sacré Minerva ! Elle ne tolérait en aucun cas que l'un de ses élèves soit dispensé des cours et des devoirs à rendre.
- Je suis désolé de t'avoir retardée pour… l'enterrement, reprit-il avec sérieux. A cause de moi et de mon…
Lily crut avoir détecté l'inquiétude dans sa voix, mais ne la tint pas compte.
- Chut, le coupa-t-elle en posant son index sur la bouche de James. J'irai après. Sirius et Gwen doivent être là-bas. Remus est … occupé, termina-t-elle, hésitante.
- Mumus ? Occupé ? s'interrogea James plus perplexe que surpris.
- En tout cas, il m'a dit qu'il sera là pour le procès de cet après-midi.
- Tu tiens vraiment à y aller ?
- Bien sûr que oui ! Que veux-tu que je fasse ? Me tourner les pouces ?
- Non, admit-il. Je sais parfaitement bien que je ne pourrais pas être là. Tu sais que j'ai beaucoup de chance ? sourit-il en prenant ses mains dans les siens.
- Ah oui ?
Le sourire de James s'évanouit en un clin d'œil à l'intonation de la voix de sa femme. Elle lui avait paru agressive.
- Lily, ça ne va pas ? C'est fou ce que je peux ressentir facilement rien qu'en t'entendant… Tu me sembles agacée. Je t'énerve ?
- Pas vraiment. Tout me pèse, mentit-elle. L'enterrement, le procès, et… plein de choses que je dois gérer en ton absence à la maison !
James caressa les mains de sa femme et leva son visage grave.
- Ecoute, Fleur de lys, je… Je vais faire tout pour me sortir de là.
- En te connaissant, j'en doute fortement, répliqua-t-elle tac au tac. Tu me l'as fait ressortir au moins mille fois !
- Hé ! Je ne suis plus déjà le même depuis Poudlard ! Aurais-tu oublié qu'on est marié et qu'on a un petit garçon adorable ? s'indigna-t-il faussement.
- Mouais, cela ne t'empêche pourtant pas de faire les mêmes bêtises, fit-elle remarquer dans une voix neutre.
James secoua sa tête.
- Lily, ça ne va vraiment pas, là ! J'ai l'impression que tu m'en veux pour une raison inconnue ! Est-ce pour mon défi contre Voldemort ?
- Pas du tout ! Comment peux-tu penser…
Elle s'interrompit. La vision de la jeune fille aux cheveux châtains ébouriffés demandant son aide lui revint. La même qu'elle avait vue dans ses rêves.
Lily prit le visage de son mari entre ses mains et caressa sa joue.
- James, je te le dirai quand je serai prête. Mais pas maintenant.
Résigné, James accepta.
- Dis moi, as-tu remarqué ces derniers temps le comportement de Remus ?
- Tu ne perds pas le Nord !
- James…, le réprimanda lourdement Lily, le rappelant la gravité de la situation.
- Pour être franche, depuis la pleine lune de printemps, il est plus renfermé, plus réservé, répondit-il précipitamment, s'appuyant sur ses souvenirs. Je le soupçonnais d'avoir une des bottes secrètes avant, mais là je ne l'ai jamais vu aussi… désespéré qu'en début de Poudlard.
- En début de Poudlard, dis-tu ? répéta-t-elle. Comme quand il avait envie de te dévoiler sa nature alors que tu l'ignorais ?
- Exactement. Mais je ne m'en fais pas.
- Et pourquoi ça ?
- Crois-moi, avec la montée de Voldemort et un nombre impressionnant de missions qu'il a fait en sept mois, il est fatigué et a certainement trop vu de morts. Sa condition ne se faisait pas bien vue en ce moment, tu sais.
Lily hocha. Elle se souvenait très bien de la situation délicate de Remus à la montée en puissance de Voldemort. Dès que les sorciers avaient appris la réunification de Fernir Greyback au Maître des Ténèbres, ils s'étaient mis en accord que les loups-garous se mettront aveuglément à leur service et depuis, ils méprisaient ceux qui étaient les plus sociaux et finissaient par les virer du travail. Remus en faisait partie. Avant, il travaillait en tant que restaurateur des arts anciens au Musée de sorcellerie.
- Je lui ai dit de prendre des vacances, mais il a refusé, continua-t-il. Il voulait voir la guerre se terminer le plus tôt possible, et pourtant, il prenait du bon temps !
Prendre du bon temps… Ce n'était définitivement pas son style ! Lui qui avait les priorités à respecter. Faire des missions n'était qu'une voile de sa vengeance. Comme un loup qui attendait sa proie avant de l'attaquer, mais avant, il observait un temps pour en planifier une stratégie. Lily se souvenait de ce que Gwenaëlle lui avait raconté sa mission avec lui. Ce dernier avait insisté qu'elle rentre prétextant la pleine lune, ce qui était à demi vrai, mais derrière ce léger mensonge, il avait certainement voulu traquer le coupable de son malheur. Le traquer…
- Il a drôlement bien joué sa comédie ! s'exclama Lily de colère.
- Et pourquoi, Doctoresse Potter ? surprit James, complètement inconscient.
- Je me demandais comment ai-je fait pour mériter un époux aussi idiot qu'un troll ? constata-t-elle ironiquement, désespérée par l'humour intraitable du jeune homme.
- Hé ! s'indigna le concerné.
- C'est pas évident ?
- Quoi ?
- Il souffre.
- Je sais ça et alors ?
- Il souffre de la perte d'un proche ! Je viens de croiser son père en arrivant ici, étala-t-elle, en voyant l'incompréhension de son mari.
- Attends, Lily… Ce n'est pas logique ce que tu dis ! Mumus n'a que son père et nous faisons partie de sa vie ! Au moins que… Non !
- Quoi non ?
- Il n'est quand même pas amoureux de ce Pettigrow ?
- JAMES !
- Ben quoi ? C'est quoi l'autre option ?
Devant l'incroyable comportement de son mari, Lily tenta de se calmer et le fixa.
- Tu as raison sur un point : il est amoureux, mais pas de Pettigrow. D'un, il est toujours vivant et de deux, il est en ce moment à Azkaban en attendant son procès. Et de trois, Remus se comporte étrangement bien avant Halloween. Plus longtemps, même avant l'été.
- Tu essaies de me dire qu'il nous cache des choses ? C'est absurde !
- Je ne crois pas. Arsène m'a dit qu'il a des problèmes personnels à régler.
- Non, sinon il nous aurait parlé !
Lily ne dit rien. James ne put compter que sur son silence pour deviner ce qui s'est passé. Il sentit soudainement son dos se raidir.
- Tu m'inquiètes, là…
- Te souviens-tu d'une jeune Serdaigle d'une année supérieure à la nôtre ? Celle qui bossait à la bibliothèque avec moi et Remus ?
- Celle qui a des cheveux ébouriffés et qui portait des lunettes d'intello ?
- Quelle mémoire ! siffla Lily d'admiration en sachant que James ne mettait pas souvent les pieds à la bibliothèque.
James aborda un sourire charmeur.
- Pas la peine de prendre un air prétentieux !
A cette tonalité, James tomba immédiatement son sourire.
- Elle a été attaquée le 9 Mars, soit le lendemain de la pleine lune et elle en est morte au petit matin du 10 Mars. C'est son procès aujourd'hui. C'est dans les journaux et la jeune fille, dont je rêvais souvent ces derniers temps, était sa compagne cachée et s'appelait Harmonica Granger. Elle me suppliait d'aider Remus.
- Merde.
A ce moment, la porte ouvrit, laissant placer le Dr Riverson, suivie de Maylïs et Rose, et faisant sursauter les Potter.
- Désolée de vous faire peur, s'excusa sincèrement Dr Riverson, nous devons nous occuper de votre mari, Madame.
- Oh, de toute façon, je vais partir. James, on en parlera plus tard, détends-toi d'abord, d'accord ?
- Fais attention, lui souffla-t-il.
Lily les salua et se retira.
°
°
Le sang du loup-garou ne fit qu'un tour en voyant Igor Karkaroff se montrer face au Magenmagot. Il eut une envie subite de l'étrangler jusqu'à mort et de le crier dessus qu'il lui avait enlevée le seul rayon de sa vie ! Lui, habituellement calme et réfléchi, eut toutes les peines du monde à se calmer et à se concentrer du dénouement du procès. Dans ce moment pénible, il trouva une occupation invraisemblable : détailler l'assass… Pardon, l'accusé.
Igor Karkaroff n'était visiblement pas si plus âgé que lui. Il tremblait de partout, sans doute qu'il savait ce qui l'attendait à la fin du procès. Le baiser du Détarqueur ou… la prison à vie à Azkaban ? Ses yeux noirs humides l'écoeuraient. Le plus respecté des Maraudeurs ferma ses yeux un moment pour tenter de rayer de sa mémoire la signification de ce regard qu'Igor lançait au Magenmagot. Igor Kakatroff clamait désespérément son innocence.
« Innocent… alors qu'il avait commis des meurtres impardonnables ! »
Remus répugna violemment à cette pensée et changea immédiatement de stratégie. Il opta finalement de se prolonger dans ses souvenirs des plus concrètes aux plus lointains qui touchaient de près l'intérêt du procès. Karkaroff avait été rattrapé au moment où il accomplissait sa mission en compagnie de ses collègues la nuit d'Halloween. Mais il s'était trahi en laissant son empreinte sur la cape de sa défunte conjointe. Remus s'était informé de l'évolution de l'enquête par biais de Dumbledore et avait tenu à être présent pour voir l'assassin de la femme de sa vie être écroué à Azkaban.
« Pas seulement pour Harmonica…, se rappela-t-il »
Le jeune homme se tordit le cou pour balayer du regard la salle. Des familles des victimes étaient assises quelques bancs derrière lui. Apparemment, cet Igor n'avait pas seulement profité d'Harmonica.
« Enfoiré ! Attends que je vienne t'égorger, que je t'arrache ta chair et que je te fasse le sentir, ton propre sang. Tu vas subir ce que Mony avait vécu, esp… »
Remus sursauta de nouveau au contact de la chaleur humaine sur son épaule, lui revenant immédiatement sur terre. Il parut perturbé. Son instinct de loup-garou avait pris dessus sur ses sentiments humains. Il avait totalement perdu son self-contrôle pendant un bref moment. Un si bref moment.
- Mr Lupin ? s'inquiéta son avocat. Vous allez bien ?
Sentant incapable de répondre, Remus hocha frénétiquement sa tête. Il ne voulait pas partir. Il voulait voir Karkaroff accusé de meurtre. Il jeta un regard timide vers son avocat et se promit mentalement de le remercier de l'avoir fait sortir de ce passage fou avant d'écouter le Magenmagot commencer.
- Mesdames, Messieurs, je vous le rappelle, l'affaire « Harmonica Granger » ne comptait pas uniquement d'un meurtre, mais de plusieurs viols dont le suspect est accusé. Ceci dit, dans un premier temps, nous allons déterminer dans cette affaire si Monsieur Igor Dimitri Karkaroff est bel et bien l'assassin de Mademoiselle Harmonica Annabeth Granger, sorcière d'origine moldue. Dans le cas contraire, il s'agirait d'un malheureux accident de circonstances lors de l'attaque des Mangemorts.
En entendant la dernière phrase, Remus se sentit giflé en pleine figure. Il n'en croyait pas ses oreilles.
« Malheureux accident de circonstances ??? Mony se serait volontairement jetée à corps perdu dans cette attaque ??? »
- Calmez-vous, Mr Lupin, le souffla son avocat. C'est Croupton, Magenmagot respecté et impartiale.
- Je croyais qu'il n'était que le directeur de la Justice Magique, remarqua-t-il.
- Si, mais aujourd'hui, il remplace son collègue absent.
Remus n'ajouta plus rien. La présence de Barty Croupton ne lui présageait rien de bon. Et le procès de cet après-midi était réservé à l'affaire d'Halloween. On jugera les affaires « Potter et Longdubat » ainsi que la trahison de ceux qui s'étaient ralliés à Voldemort. D'après Sirius et Gwenaëlle, le fils de Croupton s'y trouvait.
Le compagnon de la défunte victime vit le vieux Croupton consulter les dossiers et résumer les faits :
- La victime Harmonica Granger, née le 21 Septembre 1959 à Postmouth, est décédée le 10 Mars 1981 des suites des blessures dont plusieurs sortilèges de Doloris qui ont touché ses organes vitaux. Selon les légisomages, le meurtre a été commis la veille entre 14h et 16h alors que la victime faisait ses achats sur le Chemin de Traverse.
« 9 Mars 1981… »
Le loup-garou se culpabilisa. C'était le lendemain de sa pleine lune qu'elle s'était fait assassiner et pendant ce temps-là, il était forcé de repos. Ayant appris la nouvelle par la voisine de l'appartement qui accompagnait Granger dans ses courses, il s'était précipité à son chevet et avait pu entendre ses dernières paroles. Jamais, il n'oubliera ses derniers instants. Sa dernière lueur d'amour brillait dans ses beaux yeux chocolat quand elle prononçait faiblement sa dernière phrase « Je t'aime éternellement » avant de fermer paisiblement ses yeux pour un long sommeil sans fin.
- Ceci dit, j'appelle Mr Remus Lupin, son compagnon, au barreau, annonça le défenseur d'Igor Karkaroff.
Son nom évoqué le tira de ses pensées. Il se rendit compte qu'il avait presque tout loupé le plaidoyer de Croupton. Gardant sa dignité, il se leva et s'approcha du barreau. Il prêta serment à la Justice et resta déterminé de ne pas laisser ses sentiments l'envahir.
- Présentez-vous, l'indiqua Croupton. Nom, Lignée, Date et Lieu de naissance, Lien de parenté avec la victime.
- Remus Arsène Lupin, fils d'Arsène Philippe Lupin et de mère inconnue, né le 8 Février 1960 à Sterrling, compagnon d'Harmonica Granger et père de son enfant que je tiens à conserver l'anonymat, prévint-il.
- Pourquoi cet anonymat…, commença son interrogateur, intrigué.
- Objection ! le coupa l'avocat de Remus Lupin. L'identité de l'enfant ne concerne en rien dans cette affaire. Il appartient à mon client et sa famille de prendre la décision de dévoiler ou non son prénom.
- Objection acceptée, accorda Croupton. Posez une autre question, Maître Ombrage.
- Où êtes-vous au moment de l'attaque ? interrogea l'avocat de Karkaroff.
- J'étais chez moi, je me reposais avec mes amis. On venait de passer une nuit blanche.
- Quel était le thème de votre nuit blanche ?
- Objection ! Ce n'était…
- Objection rejetée, Maître Vigot, trancha sèchement Croupton à l'adresse de l'avocat de Remus. Répondez Mr Lupin.
- Rien de particulier, on se parlait. On évoquait des souvenirs... En fait, avec mes amis, on se réunissait au moins une fois par mois.
- Pouvez-vous nous citer quels sont vos co…, se retint-il à temps avant de continuer, amis présents cette nuit-là ?
Remus fonça les sourcils. Essayait-il de dire « cons d'amis » ou tout simplement « copains » ? En tout cas, ce n'était pas un avocat qu'il était en train de répondre, mais un ancien camarade de Poudlard, plus probablement parmi ceux qui le haïssaient et en particulièrement à cause de statut de Maraudeur. Remus observa l'homme qui était en passe d'être chauve. Des lunettes rectangulaires sur son nez fin, une cravate noire, l'ensemble noir traditionnel soigneusement lavé et passé. Apparemment rien ne correspondait à ses souvenirs, jusqu'où il croisa son regard. Il se figea. Ce regard… Il la reconnut. Pendant un moment, il déglutit sa salive et répondit.
- James Potter et Sirius Black.
Le public hoqueta de surprise ou d'effroi dès l'évocation de Sirius. Remus leva les yeux au plafond, peu exaspéré, mais quelquefois peu perturbé par la présence d'Ombrage. D'après ce qu'avait compris Remus, les sorciers mettaient encore tous les Black dans le même sac. Seuls Andromeda et Sirius n'avaient pas suivi la voie des Mangemorts ! Il entendit vaguement des coups de marbre et la voix de Croupton.
- Silence ou je vais évacuer la salle ! Le cas de Mr Black sera traité dans les prochaines affaires, expliqua-t-il avant de se tourner à l'avocat de l'accusé. Continuez, Maître Ombrage.
- Vous dites être compagnon de Mlle Granger, pourquoi à cette nuit-là, elle n'était pas chez vous ? Êtes vous disputés ?
- Pas du tout ! Enfin, elle savait que j'avais besoin de revoir mes amis et elle respectait mes décisions. Habituellement, elle allait chez son frère moldu passer une nuit. Elle voulait également entretenir ses relations fraternelles une fois par mois.
- D'accord, saviez-vous qu'elle comptait faire ses courses sur le Chemin de Traverse lendemain de cette nuit ?
Remus se demandait si Maître Ombrage cherchait à le déstabiliser pour prouver qu'il était le meurtrier de Mony. Il avait surpris un bref échange de regard entre lui et Croupton alors qu'il expliquait les besoins de sa compagne envers Andrew, son frère moldu. Ce n'était pas juste un échange de regard à titre professionnel, mais celui de l'amitié. L'amitié des deux hommes qui n'avaient forcément besoin des mots pour s'exprimer. Cette situation, il la retrouvait souvent chez James et Sirius. Prenant une longue inspiration, il fixa Ombrage et finit par répondre dans une voix la plus neutre possible.
- Non.
Ombrage haussa les sourcils, comme s'il attendait à une autre réponse que la négation et troussa durement, comme s'il voulait éclater sa voix pour être bien entendu quand il prendra parole.
- Même pas quand il s'agissait de celles de l'enfant ? Des couches, des accessoires magiques…
- Si, enfin non, le coupa-t-il en gesticulant en guise d'excuse. Je veux dire que je savais qu'il fallait acheter des choses pour la petite afin de ne pas être à court de réserves, mais que Harmonica fasse ses courses ce jour-là, non.
Ombrage ne dit rien. Il hocha seulement sa tête avant de la relever vers Lupin.
- Hum, hum. Où était l'enfant quand vous étiez avec vos amis ?
- Objection ! intervint Maître Vigot, l'avocat de Lupin. L'enfant n'a…
- Objection rejetée ! aboya Croupton. Répondez Lupin.
L'énervement de Croupton renforça ses soupçons. Apparemment, il voulait le déstabiliser, avec la complicité d'Ombrage. Après un bref silence, le loup-garou se décida à répondre le plus naturel possible.
- Avec sa mère, chez son oncle moldu.
- Et quand Mlle Granger faisait ses courses ?
- Hestia Jones m'a dit qu'elle était toujours chez son oncle.
« Et toc ! pensa Remus. »
Le fait qu'il ignorait la présence de sa fille au moment des courses ferait réfléchir les jurés qui suivaient le tribunal dès le début et par même occasion taire Me Ombrage dans ses questions les plus intimes. Le Maraudeur s'autorisa même à hausser un sourcil en signe de défi au dernier. Celui-ci le remarqua et tenta de se calmer et de se concentrer sur son prochain point.
- Admettons que vous soyez resté chez vous avec vos amis, Mme Jones avait certifié qu'elle vous avait vue seul quand elle vous cherchait. Est-ce exact ?
- Je confirme. Mes amis sont partis de chez moi en fin de la matinée comme ils l'avaient toujours fait. Généralement, aux alentours de 11h. J'ai dormi jusqu'à ce que j'entende la sonnerie et la voix affolée d'Hestia à travers la porte. Il était environ 16h, précisa-t-il.
- Et ensuite ? insista-t-il, sentant qu'il était sur la bonne voie.
- Hestia m'a appris la nouvelle et j'ai tout de suite couru à Sainte Mangouste voir Harmonica. Et… J'y suis resté jusqu'à sa mort.
La dernière phrase sonna fausse aux oreilles de Me Ombrage. Il eut l'impression que le client de son adversaire insista sa fidélité envers Harmonica. Il avait espéré qu'il craque. Même s'il perdait cette partie, il n'avait cependant pas son dernier mot.
- Remontons un peu en arrière, reprit-il sur un ton le plus naturel possible qui parasitait aux oreilles de Remus, quelle était la dernière fois que vous avez vue Mlle Granger en pleine forme ?
- Quelques minutes avant ma soirée qui débutait vers 18h, répliqua-t-il rapidement.
- Comment était-elle habillée ?
« Quelle subtilité de poser cette question après 8 mois d'attente ! se renfrogna Remus mentalement. Très bien, tu l'auras, cette guerre, mon cher Honoré Ombrage ! Je me souviens de toi… Tu as peut-être changé, mais ta rancœur envers moi reste intacte. Attends, petit… »
Le compagnon de la victime contracta sa mâchoire durement, mais intérieurement, il fut calme. Il n'avait pas pu oublier les dernières images de sa compagne au moment de se transplaner devant lui sur le seuil de la porte d'entrée.
- A la façon moldue, dit-il. Je crois qu'elle portait une jupe écossaise brune, un chemisier blanc, un gilet tricoté de fleurs et une fine écharpe à la soie. Avant de sortir, elle portait une cape bleu marin.
- Vous avez une excellente mémoire, Mr Lupin, conclut-t-il avec une voix pleine de sarcasme avant de prendre un sachet posé sur la table. En effet, Mlle Granger portait en ce 9 Mars des habits moldus et en dessus une cape bleu marin. Reconnaissez-vous ses habits, Mr Lupin ?
- Oui.
Remus crut entendre un soupir exaspéré venant de la bouche d'Ombrage quand celui-ci reposa les habits d'Harmonica sur la table d'observation.
- Tsss, bien, je n'ai plus de questions, marmonna-t-il dans une voix de dégoût, alors que Remus releva un sourcil interrogateur.
Celui-ci savait pertinemment que dans son témoignage racontant l'arrivée d'Hestia, se comportaient des incohérences comme le sommeil après une longue nuit blanche. Un jeune homme 'normal' de 21 ans et demi n'aurait pas besoin d'un long sommeil pour se remettre de la nuit blanche. Même un imbécile s'en rendrait compte ! A moins que…
- Maître Vigot ? soupira Croupton, interrompant toute réflexion de Remus.
Maître Vigot se leva pour prendre sa parole :
- Juste une ou deux questions.
- Allez-y, se refrogna Barty, visiblement lassé.
Vigot s'approcha de Remus et le questionna dans une voix professionnelle :
- Pouvez-vous nous expliquer l'alibi que vous avez évoqué plus tôt était… long et ne comportait qu'une seule activité ? Ne souffrez-vous pas plutôt d'une maladie rare depuis votre enfance ?
Ebahi, Remus le regarda. Son avocat venait de percer cette lacune qu'Ombrage avait volontairement laissé échapper. Ce crétin d'Ombrage n'avait plus aucune chance de le prouver !
- En effet, pour faire plus simple, je suis hypersomniaque, mentit-il. Je souffre d'un hypersomnie (2), ou plus récemment d'un syndrome de Kleine Levin (3), qui m'oblige à prendre un potion une ou deux fois par mois pour apaiser toute agitation nerveuse. Malheureusement, en le prenant, je tombe dans un sommeil long et pénible à moins que quelqu'un me réveille vers la fin, expliqua-t-il dans un ton plus convaincant.
En fait, il avait simplement utilisé la maladie de son père pour éviter d'avouer sa lycanthropie. Pour le bien de sa fille. Intérieurement, il se sentait mal d'avoir été forcé de mentir devant la Justice, mais après tout, son père l'avait autorisé de l'utiliser en cas de besoin. Enfant, il l'avait vu se sombrer dans un sommeil lourd et agité plusieurs fois.
- C'est pourquoi vous ne pouvez pas vous lever avant que Mme Jones vous réveille, résuma Me Vigot calmement.
- Exactement.
- J'ai fini, annonça-t-il.Si je puis me permettre, Magenmagot, j'appelle Dr Ferguson, le légisomage au barreau afin de déterminer comment et de qui est morte Mlle Granger.
- Accordé, bougonna Croupton tandis que Remus se retira.
« La suite va être passionnant… se félicita-t-il. Ma petite Mony, tu vas être vengée… »
Contre toute attente, le lycanthrope esquissa un faible sourire de victoire. Plus rien Ombrage ne pourra prouver qu'il était le meurtrier de Granger, maintenant qu'il est obligé de passer à une autre chose.
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°
Lily courut plus vite que ses jambes le permettent. Elle se dirigea vers le cimetière et aperçut un grand rassemblement de loin autour des deux tombes et Dumbledore se mettre à l'écart, accompagné de Mac Gonagall. Visiblement, il venait de finir son discours habituel d'adieu. Cherchant ses amis du regard, elle s'avança, mais elle fut interceptée par le vieux sorcier qui lui fit un signe discret, l'invitant de le rejoindre.
- Excusez-moi, je…, commença Lily avant de s'arrêter en remarquant le sourire malicieux d'Albus.
- Ne t'en fais pas, ma chère Lily. L'essentiel dans cette situation est ta présence. Regarde ces tombes, Lily.
Cette dernière obéit. Elle voyait bien les tombes des Aurors récemment décédés, malgré la foule. Elle entendit la voix du vieux sorcier.
- Elles symbolisent l'intermédiaire entre le monde des vivants et celui des morts, mais à l'intérieur, elles nous servent de protection pour ceux qui veulent chercher la vérité. Cependant c'est presque une boîte de pandore pour les plus curieux.
Lily sursauta. Avait-elle bien entendu la boîte de pandore ? Au regard interrogateur qu'elle lançait à Albus, celui-ci poursuivit :
- Alors, dans ce cas, il serait plus sage de la laisser telle qu'elle est et de chercher une autre vérité, même si celle-ci ne convient pas à tout le monde.
La jeune femme saisit ses paroles. En fait, il s'adressait à elle pour aider son ami.
- Lily, quoi que tu feras à Remus, fais attention ou votre amitié se brisa en grattant plus le marbre que se repose son cœur.
- Je… J'y veillerai, le promit-elle, peu perturbée par ses paroles.
Albus sut immédiatement qu'elle y tiendra et lui adressa un sourire discret. Lily s'apprêtait à le remercier alors que des gestes de grande amplitude se firent voir à l'arrière de la foule. Il s'agissait de Sirius Black qui agitait comme un enfant excité à la vue de sa maman. La rousse ne put s'empêcher de rigoler doucement. Quel comique Sirius faisait ! Elle s'excusa rapidement auprès d'Albus et rejoignit l'adulte à l'âme enfant et Gwenaëlle désespérée.
°
Remus inspira l'air libre à la sortie du tribunal. Il venait d'échapper à une foule inimaginable de la presse qui interrogeait Croupton. Le procès était fini. Igor Kakatroff fut reconnu coupable alors qu'il continua à clamer son innocence et à accuser l'un de ses collègues Mangemorts. Un certain Malfoy, mais toutes les preuves étaient contre lui. Vers la fin, Croupton, plus lassé et pressé que d'habitude, ordonna le Véritasérum qui mit fin aux espoirs d'Igor d'échapper Azkaban.
Il se sentit bizarre. Il eut l'impression d'être fait enlever un poids lourd mais il était encore plus fatigué que le début. Au moins, Harmonica pourra partir plus tranquillement. Il ne put qu'esquisser un fiable sourire triste. Elle allait lui manquer. Terriblement manquer.
- REMUS ! hurla une voix, parmi la foule, que le jeune homme reconnut trop bien.
Il cligna les yeux et vit bien Lily se précipiter vers lui.
- Remus, répéta-t-elle. Ca va ?
Il haussa les épaules, l'air indifférent. Il l'entraîna vers le parc, situé à côté de la Justice.
- Je sais… Je sais pour Harmonica. Je suis désolée, dit précipitamment Lily en s'efforçant de suivre son ami.
- Alors tu as tout compris, dit celui-ci d'un ton brusque.
Lily sut immédiatement que ce n'était pas une question, mais une affirmation.
- Si tu ne veux pas nous en parler, ne le fais pas, la prévint-elle.
Remus se tomba lourdement sur un banc en bois situé en face des jeux d'enfants. A cette heure-ci, il n'y a personne.
- Je sais. Mais cela faisait plus de 2 ans que j'avais envie de vous en parler, mais curieusement, je n'en avais pas le courage, soupira-t-il.
- Harmonica faisait une preuve étonnante de patience ! siffla-t-elle d'admiration, surprise par la révélation.
Elle le rejoignit sur le banc, éprouvant le besoin de s'asseoir. Ses soupçons émis à James quelques heures plus tôt la confirmèrent. Ainsi, Remus entretenait une relation de deux ans avec Harmonica à l'insu de tout le monde ! Sauf Arsène, peut-être.
- Oh oui ! Elle est… était un soutien indispensable pour moi et pour papa !
Remus venait de confirmer une fois de plus pour son père. Sentant son envie d'exprimer, la jeune femme l'écouta.
- Tu sais, Lily, au moment où je voulais annoncer la nouvelle, après une relation de plusieurs mois, Voldemort avait déjà pris des mesures exterminatoires pour les moldus et les nés-moldus. Tu en faisais partie et… Mony aussi.
- Oui, cela s'est passé en fin Septembre d'avant, se souvint-elle. C'était à ce moment-là qu'on avait pris des mesures de protection. Je comprends mieux, Mumus.
- Me… Merci, sanglota-t-il soudainement.
Lily fut déconcertée par le comportement de son ami. Lui, d'habitude, restait courageux, encaissait souvent des critiques et des insultes venant des Serpentards et en particulier de Severus Rogue, se montrait patient et compréhensif et jamais, au grand jamais, il ne s'énervait. Et là… Il venait de craquer. La femme de son meilleur ami mit cet attitude sur le compte de son stress, de son chagrin et de sa fatigue accumulés ces derniers mois et le consola.
- C'est fini, Remus, c'est fini…
- Si je vous avais parlé plus tôt, elle ne serait pas morte !
- Remus ! Tu n'y étais pour rien ! C'était la pleine lune ! Les garçons allaient venir chez toi !
- Oui, mais si je ne vous cachais pas bêtement ma relation avec elle, …
- Mumus…
- Elle serait en sécurité chez toi ou Gwen que son frère !
- Remus, arrê…
- Vous aurez fait les courses ensemble !
- Arrête…
- Vous êtes plus fortes que son amie Hestia en duel ! Vous…
- REMUS ARSENE LUPIN, ARRÊTE, NOM D'UN LOUP ! beugla Lily, ne pouvant plus supporter le mal de son ami.
Celui-ci se tut immédiatement. Lily était déjà debout devant lui.
- Oh, je suis désolée de t'avoir crié dessus, mais écoute-moi, l'intima-t-elle. En aucun cas, tu n'es responsable du décès d'Harmonica ! Je suis sûre qu'elle n'aurait pas voulu que tu te culpabilises et que tu te reproches de sa mort. Si tu les éprouves, cela signifiera que tu n'aimes pas Harmonica suffisamment et que tu salis sa mémoire. Elle fait partie de toi et en faisant cela, tu la chasses.
Remus resta interdit par le monologue de son amie. Celle-ci avait bien choisi des mots !
- Je connais ce sentiment. Je l'ai…, se stoppa-t-elle avant d'interroger son ami. Tu te souviens de Pétunia ? A mon mariage ?
L'interrogé ne put qu'acquiescer la tête. Oui, il se souvenait bien d'elle. Qui aurait oublié la sœur moldue de la mariée ?
- Elle me reproche d'être la responsable de la mort de mes parents mais elle est venue à mon mariage. Tu sais pourquoi ?
Remus haussa ses épaules, en guise d'ignorance, bien qu'il devait bien s'en douter.
- Elle m'aime encore, tout simplement parce que je suis sa seule famille biologique. Elle déteste seulement de ce que je suis. Une sorcière. Au final, elle a tenté de me rayer de sa mémoire, des souvenirs d'enfance, de brûler ou de vendre des objets qui m'appartenaient. Elle fait comme si je n'existe pas, mais…
Elle baissa les yeux.
- Elle n'a pas pu.
Elle se tourna vers le lac et reprit :
- Elle me répond à chaque lettre que je l'envoie.
Elle fit un sourire triste, se retourna vers son ami et continua en prenant soin de regarder droit dans ses yeux.
- Cela peut te paraître absurde, mais pendant un moment, je m'en étais voulue de la mort de mes parents et j'étais arrivée à les reprocher de m'avoir abandonnée et même Pétunia de ne pas m'avoir pu aider. Avec le temps, j'ai fini par comprendre que je crachais de ce que j'étais et d'où je venais.
Elle leva sa tête vers Remus qui l'écoutait toujours.
- C'est le même sentiment que tu éprouves en ce moment. Tu tentes d'effacer toute trace d'elle, comme je l'ai fait avec mes parents et Pétunia.
Remus ne dit rien, mais il avait besoin d'entendre ces paroles.
- Harmonica Granger est maintenant morte, mais elle continuera à vivre à travers toi et à tes souvenirs.
- Merci Liliane, souffla-t-il en l'enlaçant pour tapoter dans son dos. J'ai compris.
- Tant mieux, au besoin, tu peux toujours me confier et ne t'avise plus de tout garder tout pour toi, sourit-elle en se reculant, se libérant de l'étreinte.
- Euh… Je… Ce n'est…, commença-t-il avant d'être coupée. Il voulait avouer complètement tout, mais il ne le parvint pas.
- Non. Remus, non. On en parlera dès que tu te sentiras prêt.
Le lycanthrope se sentit complètement rassuré. Lily avait bien un don de mettre confiance en ses amis, mais malgré ce don, elle ne parvenait pas à se faire des amies quand elle était élève à Poudlard ! C'était un mystère selon lui. Certes, il était au courant du don rarissime pour les rêves prémonitoires, mais il se demandait en quoi avaient peur ses anciennes camarades, exactement ?
- Il est presque l'heure de manger, entendit-il la voix de Lily. Je t'accompagne chez moi ?
- Non. Je dois voir… quelqu'un, acheva-t-il en s'étirant un sourire confiant. A tout à l'heure.
°
Le jeune homme proche d'une trentaine ouvrit la porte et s'écria de surprise en voyant le visiteur :
- Remus ! Que fais-tu là ?
- Joyeux Noël, Andrew !
- Toi aussi, entre, Remus ! Quel bon vent te mène ici ?
- Le meurtrier d'Harmonica est condamné à la prison à vie.
- Sans blague ?
- Sinon je ne serais pas venu avec des Bieraubeurres et un cadeau !
- Excellente idée ! approuva Andrew en fermant la porte. Anne ! Ajoute un couvert ! Remus mange avec nous ! cria-t-il à sa femme.
- Mais…, protesta le loup-garou.
- Allons, Remus, on ne te voit pas souvent ces derniers temps ! le gronda gentiment Anne qui portait les assiettes et les verres dans ses mains.
Ce dernier céda, secouant sa tête, amusé. Il adora la famille de sa défunte compagne.
Andrew ressemblait de manière frappante à sa bien aimée, ce que les autres auraient pensé qu'ils étaient des faux jumeaux. Ils avaient bien raison sauf sur un point. Trois années séparaient Andrew d'Harmonica et celle-ci était la plus jeune et pourtant s'entendait à merveille avec son frère. Bien qu'Andrew soit un moldu, il était très au courant des derniers évènements du monde magique et adhérait très facilement à l'idée que Remus soit un loup-garou, après des explications précises et claires de sa sœur.
Andrew invita Remus à le suivre et le recommanda de se préparer au pire. Remus le regarda, perplexe, mais celui-ci fit un sourire trop innocent. Prenant du courage à deux mains, il pénétra dans la cuisine et se figea. Une petite fille aux cheveux blonds cendrés frisés confortablement assise dans sa haute chaise se mit debout dedans, l'assiette de purée de carottes menaçant de tomber. Elle ria.
- Papa ! s'exclama-t-elle en tendant ses petits bras.
- Ma petite louve ! l'attrapa-t-il dans ses bras pour la serrer.
- Elle tient de toi ! observa Anne, amusée. Elle se souvient de toi, Remus, ajouta-t-elle au regard interrogateur de celui-ci.
Remus s'amusa avec sa fille. Celle-ci lui racontait de ce qu'elle avait fait en son absence.
- Voilà, à la table ! annonça Andrew. Le Grill savoyard avec de la salade !
- Andy m'a dit que le meurtrier de Mony est condamné à la prison à vie, peut-on savoir qui a fait ça ? demanda Anne en s'asseyant sur une chaise.
- Bien sûr, fit Remus en s'asseyant à son tour avec sa fille sur ses genoux. Il s'agit d'Igor Karkaroff, un Mangemort à la solde de Voldemort. Tiens, ce dernier, bien qu'il ait été annoncé partout qu'il est mort, est encore vivant, enfin à demi vivant.
- Oh mon dieu ! s'écria Anne, plaquant sa main sur sa bouche tandis qu'Andrew stoppa de servir la salade dans les assiettes.
- Vivant, mais très fiable, dit-il rapidement. Il a été détruit par un autre sorcier plus jeune que celle qui est sur mes genoux.
- Il serait plus jeune qu'elle ??? s'exclama Andrew, incrédule, en pointant sa nièce avec sa cuillère en bois. La petite fille se louchait, tellement que la cuillère lui semblait toucher son petit nez.
- Oh Seigneur…, pria Anne qui ne se rendait pas compte de l'impolitesse de son mari.
- Cependant, il est certain qu'il ne reviendra pas avant longtemps, rassura Remus, tandis que les moldus se soupirent de soulagement.
Le déjeuner se passa sans d'autres révélations. Remus se sentit être un homme à part entier, avec ces gens-là. Ils parlaient de tout ou de rien, allant des évènements politiques sorciers ou moldus jusqu'aux sports, passant par l'évolution de la petite. Cette dernière s'endormit dans les bras de son papa vers la fin du repas. Anne détecta que sa nièce n'avait pas beaucoup dormi la nuit dernière et monta la coucher avant de rejoindre les garçons.
- Andrew, Anne…, commença Remus, dont les yeux rivés sur la tasse de café. Je vous remercie beaucoup pour tout ce que vous avez fait pour moi et pour… elle. Voici les papiers d'adoption vous faisant de ses parents, poussa-t-il l'enveloppe sur la table vers les Granger.
- Tu es sûr de ça, Remus ? le demanda le chef de la famille. Il savait que ce moment allait arriver. Ils en avaient longuement discuté peu après la mort de sa sœur.
- Sûr et certain, dit-il d'un ton déterminé. Vous savez combien il m'est pénible de l'offrir un foyer ce dont Mony rêvait.
Andrew hocha sa tête gravement. Il se souvenait des explications de sa sœur sur les conditions de loup-garou dans la communauté sorcière. Il saisit l'enveloppe et l'ouvrit pour voir son contenu sous l'œil inquiet de sa femme.
- Tiens, ils nous laissent un choix, constata-t-il après un rapide lecture. Tout ce qu'on veut ?
- Oui, si c'est légal, acquiesça Remus, peu inquiet par la lueur qui traversait dans les yeux d'Andrew.
- Bien… Remus, on l'élèvera comme si elle était notre fille mais à une condition…, suspendit-il fixant son presque beau-frère, qui se sentit soudainement mal à l'aise.
- Laquelle ?
- Tu la rendras visite. De temps en temps. Comme un parrain, le commanda-t-il, d'un ton malicieux.
- Mais c'est une très bonne idée ! s'excita Anne. Allons, Remus, nos rôles seront juste inversés, mais tu continueras à voir ta fille !
Remus resta bouche bée. Il avait pensé à tout mais pas ça. Il observa les Granger dans l'espoir de détecter une petite blague, mais tous les deux tenaient absolument à le voir.
- Alors ? Tu acceptes ou tu veux un remontant ? l'implora l'espiègle Andrew de choisir entre ses propositions, les sourcils haussés, en guise de défi.
- Inutile ! Je me sens renaître ! répliqua Remus.
(1) : Traduction pour les non anglophones : « Mon dieu… Notre petite fille a déjà grandi… Elle deviendra une maman! »
(2) : L'hypersomnie est un processus physique chez la personne qui fait que celle-ci voit son temps de sommeil augmenter. Le sommeil n'est pas du tout récupérateur et s'accompagne souvent de réveils fréquents, accompagnés d'angoisses. Cette maladie provient souvent de la dépression. Hélas, cela peut aller de périodique à chronique.
(3) : C'est malheureusement authentique ! Le syndrome de Kleine Levin qui touche les jeunes âgés d'entre 15 et 20 ans environ, qui sont en pleine dépression et cette maladie a pour conséquence d'augmenter son temps de sommeil (de 15 à 20h par jour), et d'être confronté à des troubles de comportement (irritabilité, agressivité, bizarreries,…) ou de changements rapides d'humeur, etc…
Hum, hum... Qui est cette petite fille dont Remus tenait? Vous n'aurez pas déjà une idée? Si vous décidez à donner la langue au chat tout de suite, je ferai durer ce mystère... Mac Gonagall ne sera pas contente, mais sous sa forme anigamus peut-être...
Bon, dites-moi, j'hésite à changer de résumé maintenant que je me rends compte que ce n'est plus axé uniquement sur les époux Potter?
Comme on ne se reverra pas avant la semaine prochaine, je vous souhaite de Bonnes Fêtes pour la nouvelle année 2007!
Cornett
