Bonjour! Il me semble que j'ai pas publié la suite ici comme je vous l'avais promis un mois plus tôt. Désolée.
Réponses aux questions:
Pourquoi ai-je choisi le titre en langue allemande? Eh bien, c'est simple, l'expression allemande m'est venue à l'esprit au moment où je voulais mettre un titre français, mais celui-ci n'a pas la même signification qu'en allemand. C'est limpide comme explication, n'est ce pas ma chère Samira?
La petite fille que tenait Remus sur ses genoux, c'était sa fille? Oui! Mais comment? Ce sera expliqué plus tard.
Que signifie "Elle tient de toi... Elle se souvient de toi !"? Je ne comprends rien ! Eclaire ma lanterne s'il te plaît ! Pas de problème, Noriane. Tu connais Remus par le livre ou le film, n'est ce pas? On le décrit comme quelqu'un de plus sérieux et raisonnable des Maraudeurs et un travailleur intelligent, à l'image d'Evans Lily (pas autant quand même! Lol). Et puis, j'ai lu quelque part dans une magazine disant qu'un bébé d'environ un an et demi se souvient de quelqu'un dont il adorait et qui était souvent à ses côtés à ses premiers mois, après une séparation de quelques mois. C'est quand même étonnant, mais bien sûr ce n'est qu'une supposition scientifique et psyhologique. En quelques mots, la petite fille se souvient de son petit papa et il est évident qu'elle a hérité de son incroyable intelligence. Ce n'est qu'une petite explication parmi d'autres, si tu veux.
Alors... Qui peut me dire qui est cette petite fille?
Bon, je ne vais pas tarder à vous embêter sur cette question, bonne lecture!
Cornett
Chapitre 6 : Quand Fudge fait ses siennes…
Une jeune femme en noir, dont son visage était voilé, entra brutalement dans une salle obscure remplie de silhouettes noires qui étaient entourées autour d'une bassine en pierre. Celle-ci illumina la pièce d'une lumière verte qui semblait sortir des eaux. La jeune femme voilée s'avança vers la bassine, dépassant les silhouettes noires, assises sur leurs sièges rocheux. Son voile, bien qu'elle soit éclairée par la lueur verte, resta indescriptible aux yeux des observateurs.
- Alors ? demanda-t-elle aux occupants des sièges.
- Sa première mission vient d'être résolue, avança une silhouette.
La femme ne dit rien mais fit un signe d'hochement de tête.
- Parfait. Son destin, tant attendu, vient d'être mis en marche, murmura-t-elle. Si elle est ce que la prêtresse a prétendu, elle nous aidera à protéger, si on en croit la pro…
- Ne tire pas des conclusions hâtives ! le coupa une autre silhouette plus bossue que la première.
- Admettons, fit la femme, puis-je entendre les raisons de cette interruption, mon cher ami ?
- Certes ma chère, accepta-t-il de fournir des explications à son amie. Bien que son destin soit en marche, elle n'est pas prête. Pas encore.
- Pourtant, elle a vu ce…, s'étonna une troisième silhouette moins impressionnante que les deux premiers.
- Exact. Mais partiellement, répliqua le bossu.
- Au moins, on sait qu'elle avance lentement, observa la femme.
- Ce n'est plus qu'une question de temps, affirma-t-il.
- Combien ? intervient la première silhouette d'une voix peu agacée.
- On parie ? riposta-t-il, en restant calme.
- Dix Gallions. Deux jours.
- Eh bien, trois semaines.
- Tenu.
- Allons ! soupira la jeune femme en noir, indignée.
Soudain, la lumière changea, faisant taire les occupants de la pièce.
- Elle est rouge ! s'exclama la silhouette la moins impressionnante des trois.
- Voyons…, murmura la jeune femme, se penchant sur la bassine.
°
L'eau s'était mise à bouillonner, dégageant de la chaleur et de la lueur rouges et par même occasion des vapeurs, avant de se calmer au contact des mains de la jeune femme avec la pierre, comme si elle avait fait réduire la cuisson d'une marmite d'eau. Le liquide devint alors plus lisse, des images se fit nettes.
- Des enfants roux…, décrit la jeune femme.
- De Poudlard si j'en crois à leur informe, ajouta le bossu.
- Mais que font-ils ? interrogea la silhouette massive, d'un ton perplexe.
Personne ne lui répondit.
°
On pouvait voir deux enfants Weasley guetter à l'angle d'un couloir. Le plus jeune fit signe à sa sœur :
- Il est libre. On peut y aller…
- Es-tu vraiment sûr de ta théorie ? s'inquiéta Wendy dans une voix à peine audible. On ne devrait pas attendre le retour de Tho…
Elle se stoppa en voyant son frère s'engager dans le couloir libre. Elle leva les yeux vers le plafond et se plaignit de l'oreille sourde de son jeune frère lorsqu'il s'agissait d'une affaire de 'Haute Importance'. Elle le suivit, résignée.
Rejoignant Bill qui s'était agenouillé au nouvel angle du couloir, elle se pencha et se retint un cri d'exclamation en découvrirant le contenu de son observation. Elle avait compris ce que voulait faire son frère. Prudemment, elle tendit sa tête et put voir un groupe de trois-quatre élèves dont leur uniforme la donna une indice d'appartenance à la maison. A sa surprise, elle aperçut un élève de Gryffondor, parmi les Serpentards, qui se trouvait en plus dans la promotion de Thomas Potter. Il s'agissait de Brandon Croupton, le frère cadet de Bartémius Junior, dont les journaux parlaient d'un procès de trahison à la communauté sorcière. Son père y présiderait. Ainsi, des rumeurs le concernant s'étaient bien révélés exactes. Bartémius Croupton Jr était un Mangemort. Et Brandon suivrait sans doute ses pas ! Le voilà en bonne compagnie !
Wendy baissa ses yeux et vit son frère griffonner sur un parchemin. Elle aperçut des noms connus dont Black Regulus et Nott Titus, Serpentards de 7ème année. Pas de surprise. C'étaient les ennemis préférés de Thomas Potter. Il les avait fait constamment la vie dure.
Des plus anciens élèves, qui avaient côtoyé les Maraudeurs un certain temps, s'étaient plaints d'eux quand ces Serpentards étaient en troisième année, car ils les prenaient pour cible. D'autres rumeurs racontaient que durant cet an, Regulus et Titus s'étaient vengés sur des enfants de moldus et des traîtres au sang pur en les faisant des milliers de chantages et de blagues ignobles. Ce manège s'était arrêté l'année suivante, symbolisant l'arrivée de Thomas Potter et ses inimitables talents de farceur, ce qui faisaient réjouir les anciens.
Perdue dans ses pensées, Wendy n'avait pas remarqué que la lumière du jour se fasse déjà sombrer. Elle leva alors sa tête mais fut bâillonnée. Elle vit alors Brandon, Titus et Regulus et un autre Serpentard dont elle ne connaissait pas son nom passer devant elle à travers un tissu. Comment se pourrait-il qu'ils ne l'aient pas vue ? Ils continuaient à parler de leurs projets comme s'ils ne s'étaient pas interrompus.
- Bran, accomplis d'abord cette mission et on verra, intima Regulus.
- D'ac… D'accord. Donc, je dois soustraire des informations sur mon cousin avant le procès, c'est ça ? récita Brandon.
- Oui, et tu nous enverras un hibou pour fixer un rendez-vous.
- Mais surtout, ne pas indiquer le motif, ni nos prénoms ! rappela Titus. Rien que le lieu et l'heure du rendez-vous, sinon quelqu'un pourrait intercepter le courrier.
- Compris.
- Gryffondors, à midi ! alerta un troisième Serpentard.
- Mais, il n'est pas…, consulta naïvement Brandon sa montre magique.
- Jouons le jeu ! ordonna Regulus.
- Potter n'est pas…, évoqua Brandon, ne comprenant pas l'intérêt de jouer le jeu.
- Que veux-tu sale Gryffondor ? l'agressa Regulus dans un ton théâtral.
Wendy vit deux Gryffondors de Septième année se précipiter et l'un d'eux qui était le préfet en chef, un dénommé Gwenog Johnson, si la jeune fille se souvenait bien…
- Holà ! Black ! Calmos ! commanda le préfet. Que faites-vous là avec lui ?
- On ne peut pas discuter ? ironisa Regulus.
- Déguerpissez, si vous ne voulez pas perdre des points.
Sur ces mots, les Serpentards obéirent, laissant Croupton visiblement peu rassuré aux aînés Gryffondors.
- Toi, cette fois-ci, ça passe encore, mais la prochaine fois, ne t'avise plus de sortir seul comme l'avait rappelé le Professeur Dumbledore ce matin !
- Ou… Oui.
- Bon, on t'emmène au Tour.
En bon préfet en chef, Gwenog raccompagna Croupton avec son ami. Wendy n'osa pas bouger encore un moment et jeta un regard vers son frère dont le visage était anxieux. Bill se concentrait. Elle le vit sourire soudainement et enlever le tissu qui les couvrait pendant un long temps. Elle fut stupéfaite en voyant l'étendu tissu très riche en vertu, qui l'intriguait très fortement dès le début et ce n'était qu'une cape. A la tête de sa sœur, Bill ria en rangeant soigneusement la cape dans son sac.
- C'est la cape d'invisibilité de Thomas, expliqua-t-il. Il me l'a prêté juste avant de partir.
- Pourquoi il te l'a confié ? Par Merlin ! Il doit être très riche pour posséder une telle cape ! s'extasia Wendy.
- En tout cas, c'était pour espionner Black, haussa-t-il les épaules, peu réticent à discuter de l'origine sociale de Potter.
Wendy sursauta en entendant le prénom du Serpentard.
- Attends, fit-elle en saisissant le poignet de Bill, tandis que celui-ci s'apprêtait à partir. Tu veux dire qu'il… était au courant pour ce genre de rendez-vous ?
- Je ne sais pas, mais il avait clairement dit : « 9h, Couloir du Sud, 7ème étage, R.A.B. à vérifier ! » récita-t-il.
- Tu rigoles ?
- Non, pourquoi je le ferais dans ce couloir ?
- La théorie est bonne, murmura-t-elle, presque toute blanche. On vient d'espionner le recruteur des futurs Mangemorts.
L'eau filtra brutalement, effaçant la présence des Gryffondors dans le couloir, comme si son rôle était terminé. La jeune femme voilée se redressa et scruta attentivement ses collègues.
- Intéressant…
- Ce jeune Thomas dont ils parlaient peut-il aider… elle ? demanda la silhouette massive, dubitatif.
- Même plus ! C'est un Potter, l'un des descendants de notre regretté Goldric ! Ah ! Ce fut un bon temps, je l'ai eu comme profes…, s'extasia une silhouette bossue, perdu dans son coin.
- Homère, un peu de tenue ! le coupa la jeune femme dans un ton sévère. Bon, la source a parlé. Laissons ce jeune Potter se débrouiller et on agira au moment venu, conclut-elle sans aucune réplique possible.
°
°
- Alors, je n'ai pas rêvé. Tu attends bien un bébé.
Agenouillé, les coudes appuyés sur l'accoudoir du canapé, les yeux rivés sur le ventre rond dénudé de Gwenaëlle, le visage de Sirius s'illumina.
- C'est la vingtième fois que tu me le dis depuis ce matin ! s'irrita la jeune maman.
- A ce point ?
- Sirius…, le réprimanda-t-elle sur un ton menaçant.
Le jeune homme se redressa et s'assit, l'air résigné, sans lâcher le ventre du regard.
- D'accord. Je me tais, promit-il avant de passer à l'action. Mais tu ne peux pas m'empêcher de contempler et de tâter ton ventre !
- Dis plutôt que tu baves ! Dégage, sale chiot ! répliqua Gwenaëlle, le ton faussement menaçant.
Sirius sursauta et fit la moue boudeuse, tandis que la jeune française éclata de rire.
- Je plaisantais, le rassura-t-elle.
- C'est quand ton prochain rendez-vous échographique ? demanda Sirius, visiblement peu vexé.
- Ma parole ! T'as subi un lavage de cerveau ou quoi ? Je t'ai dit pour la…
- Centième fois, je sais.
- Tu as compté ? s'étonna Gwenaëlle.
- Oh, plus ou moins…, haussa Sirius les épaules, indifférent à cet exploit, tandis que la brune siffla d'admiration. Allez, redis-le-moi, sit'plèèèèèèè.
- Le 2 janvier, à 14h. C'est la dernière fois que je te le rappelle ! le réprimanda-t-elle sévèrement. OUCH !
- Gwen ! Ca va ? Tu veux que j'appelle l'hôpital ? s'inquiéta soudainement le père.
- Wow… Non, Sis'. Je… Je crois que c'est le bébé.
- QUOI ?
- Ou… WOW ! Mais nom d'une Scroutt à pétard ! Il est coriace, celui-là !
- Où ça ? Où ça ? paniqua Sirius.
Gwenaëlle prit une inspiration et expira l'air pour tenter de se détendre. Des coups que son bébé lui avaient infligés quelques instants plus tôt semblèrent se calmer. Elle fit un sourire rassurant à son compagnon qui s'empressait déjà de mettre désespérément son pied droit dans son chaussure gauche.
- Chéri…, tenta Gwenaëlle de l'appeler d'une voix douce.
La réaction d'un ancien Maraudeur fut immédiate. En voulant la rejoindre, Sirius, qui s'était pris les pieds dans les pans de son Jean, tomba. La future maman grimaça, mais ne put se réprimander de rire en pensant à la tête qu'il avait faite avant de tomber. On aurait dit un gamin qui était pris en délit flagrant.
- Sirius ? Tout va bien ? demanda-t-elle d'une petite voix, allongeant son cou pour voir les cheveux noirs longs de son homme.
- Farpaitement ! surgit celui-ci, laissant apparaître une bosse sur son front et des joues rouges.
Gwenaëlle esquissa un sourire amusé. Décidément, Sirius ne changera jamais ! Il ne reconnaissait pas avoir paniqué. Elle grimaça de nouveau. Sentant un regard se poser sur elle, elle leva les yeux et croisa ceux de son bien aimé.
- Ca ira, Sis', le rassura-t-elle, alors que les mains puissants touchèrent sur son ventre.
Le bébé sembla brusquement tranquille. Gwenaëlle haussa les sourcils et regarda celui qui a mis ses mains sur son ventre.
- Je crois qu'effectivement, il te réclame.
- Tu veux dire qu'elle me réclame ?
- Pourquoi ce serait une fille ?
- Parce que toutes les filles étaient à mes pieds !
- Toutes ? J'en doute.
- Bon d'accord. Presque toutes les filles à mes pieds, rectifia Sirius, résigné. Il n'y a qu'une fille qui a réussi à me faire tourner la tête !
- Je peux savoir qui ?
Sirius l'embrassa farouchement en réponse.
- Je pense savoir…
Ils continuèrent à s'embrasser jusqu'ils entendirent la sonnerie de la porte.
- J'y vais.
Gwenaëlle prit son temps pour se lever du canapé, mais elle entendit les cris de Sirius, elle se dépêcha et découvrit le vacarme dans le couloir d'entrée avec frayeur. Sirius se débattit mais fut rapidement maîtrisé par deux Aurors. Gwenaëlle traversa le salon aussi rapidement qu'elle puisse en criant :
- Qu'est ce qui s'est passé ? Pourquoi vous l'arrêtez ? Richie ?
Sirius voulut lui répondre, mais le troisième Auror, le dénommé Richie, sortit de sa robe un mandat et le montra au nez de la jeune fille.
- Nous avons l'ordre d'arrêter M. Black Sirius pour tentative de meurtre.
- QUOI ? QUAND ?
Craignant la rébellion de Gwenaëlle, Will fit signe à ses collègues de se transplaner et se tourna vers la jeune femme en proie d'une fureur.
- SIRIUS ! NON !
- Désolée Gwen, la procédure…
- Eh bien, Kingsley, allez en enfer !
- Gwen, je t'en pire… Au nom de notre amitié…
Richard Kingsley s'interrompit, peu surpris, que la jeune femme reste marbre. Les yeux plein de larmes mais aussi de fureur, elle dévisagea méchamment pour la première fois son ami de Poudlard. Non, son ex-ami, maintenant, qu'il arrêta son chéri. En croisant ses yeux, habituellement bleus, haineux, Kingsley baissa la tête et murmura :
- C'était ça ou Azkaban. Va voir Dumbledore.
Mais Gwenaëlle s'obstina à rester impassible, bien que sa fureur agrandisse en elle. Kingsley comprit que sa présence n'était pas bienvenue, et à contre cœur, il se transplana, laissant Gwenaëlle seule. Celle-ci sanglota.
- Pourquoi ?
°
°
Le vieux sorcier écoutait distraitement le monologue de Mac Gonagall pour son compte-rendu du premier trimestre qu'ils venaient de passer avec les élèves, spécialement ceux de l'année BUSE et ASPIC. Elle venait de lui surligner l'étrange comportement des Serpentards ces derniers jours, suivant le départ de Thomas Potter.
- C'était prévisible, soupira Albus.
- En effet, j'ai l'impression de retrouver Mr Black en quatrième année.
Albus ne put qu'hocher la tête. C'était la seule année où Regulus et les Serpentards faisaient régner la terreur à Poudlard avant que le jeune Thomas Potter n'arrive.
- Encore du thé au citron ? proposa-t-il à Minerva.
- S'il vous plaît.
La sorcière tendit sa tasse de thé que Dumbledore remplit et murmura un petit merci avant de reprendre son compte rendu.
- Enfin, malgré tout, Mr Black se relève un bon élève, il a ses chances de réussir à ses ASPIC, surtout…
Mac Gonagall ne put continuer, un hibou fit interruption et se posa devant Dumbledore. Celui-ci remarqua un parchemin rapidement enroulé avec l'aide d'une ficelle, il éprouva soudainement un malaise en comprenant la signification à la vue du message et il le prit et le lut anxieusement. En temps normal, la personne qui s'empressait d'attacher un message sans l'enveloppe avait des problèmes urgents, voire encourait un danger.
Muette depuis l'arrivée de Dumas, Minerva observa l'attitude d'Albus et s'inquiéta en voyant la crispation de celui-ci. Elle était partagée entre sa soif de connaître le contenu du message qui tracassait tant Albus et sa discipline légendaire qui consistait à ne pas interrompre son interlocuteur en pleine lecture. Résignée, elle s'intéressa à sa tasse de thé qu'elle but à petites gorgées en gardant l'œil sur Dumas. Dumas… Elle ne pouvait que supposer qu'il appartenait à Mlle Dartagnan Gwenaëlle, puisqu'elle l'avait déjà vu surgir la dernière fois pour apporter un message en forme de poésie à Lily.
- Excusez-moi, Minerva, je dois partir sur le champ au Ministère, annonça le vieux Directeur en se levant. Il me semble que ce Fudge vient d'arrêter Mr Sirius Black.
En entendant cette dernière phrase, Minerva ne put que cracher tout le contenu qu'elle avait dans sa bouche, devant elle, tâchant des parchemins et des objets. Albus sourit.
- Oh, aurais-je mis trop de citron dans le thé ? Excusez-moi encore une fois, ma chère Minny. J'aurai dû savoir que vous n'avez pas le même goût que moi…
- Pas du tout, Albus, c'est juste… cette nouvelle qui m'a choquée ! avoua Minerva, réussissant à reprendre sa respiration. Pourquoi, que diable, Croupton a-t-il fait arrêter ce Black ?
- Si je ne me trompe pas, quelqu'un a oublié de signaler à Croupton l'histoire de Gardien de Secret.
- Mais, vous l'avez fait peu après l'Attaque !
C'était vrai. Pendant que les médicomages s'affairaient pour soigner les blessés du à l'attaque de Voldemort, Dumbledore avait passé son temps au Ministère signaler le statut de Gardien de Secret, et à fournir des explications proches de la vérité, afin de ne pas effrayer le public sorcier et moldu, mais aussi parce qu'il n'avait pas entièrement confiance au nouveau Ministère de la Magie, à point nommé, Mr Fudge Cornélius. Apparemment, celui-ci avait préféré accélérer la procédure en voulant, non seulement, mettre la main sur celui qui avait trahi les Potter, mais aussi en attrapant tous les suspects pour les envoyer à Azkaban.
- Hélas, ma chère, il me semble que notre cher Ministre veuille passer en outre ce détail. Je vous confie la responsabilité comme d'habitude.
Minerva se leva à son tour et dévisagea gravement son directeur prendre sa tasse et la transformer en portoloin.
- Bien. Je suppose que je vous retrouverai au tribunal.
Albus ne répondit pas, il esquissa un sourire énigmatique avant de disparaître, laissant l'écossaise seule dans la pièce. Celle-ci soupira et regarda Dumas.
- En tant que Fudge est ministre, nous ne sommes pas tranquilles.
°
Albus Dumbledore piétina dans une des étages au Ministère en sortant de l'ascenseur, il entendit déjà la voix heureuse de Fudge.
- QUOI ? MAIS C'EST PARFAIT !
Albus haussa les sourcils et observa au dessus de ses lunettes en demi-lune le comportement des personnes qui, dans le couloir réagissaient à la voix de Cornélius. Il fonça les sourcils. Cela ne lui plaisait pas. Pas du tout. Le comportement de ces gens était trop euphorique, beaucoup trop à son goût. Il s'approcha alors d'une vieille femme qui examinait les dossiers.
- Excusez-moi, Madame, puis-je voir Mr le Ministre ?
- Je suis désolée, il est en pleine réunion, répondit la secrétaire avec une voix trop réjouie aux vieilles oreilles de Dumbledore.
- TRES BIEN, FAITES COMME BON VOUS SEMBLE ! rugit la voix de Fudge à travers la porte. VOUS AVEZ LA CARTE BLANCHE, MON CHER CROUPTON !
Dumbledore inclina sa tête, fixant la porte, avant de reporter son regard sur la secrétaire, trop occupée dans sa lecture de dossiers.
- Puis-je connaître la raison de l'enthousiasme de notre bon ministre ? interrogea poliment Albus bien qu'il connaisse la réponse.
- Eh bien, il parait que Croupton a fait arrêter tous les suspects de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Prononcer-Son-Nom et qu'il veut les interroger tout à l'heure, sourit la secrétaire en baissant ses petites lunettes rectangulaires.
Alors que Dumbledore la remercia, la porte du bureau de Fudge s'ouvrit brusquement, laissant place deux hommes se serrer frénétiquement la main. Le vieux sorcier vit Croupton, l'air hargneux, dégager désespérément à la forte poignée de Fudge et sortir sans jeter un regard derrière lui.
- DUMBLEDORE ! Ah vous tombez bien ! s'exclama de joie Fudge. Vous avez une minute ? Entrez donc ! enchaîna-t-il sans laisser à Albus de placer un mot.
- Allez, prenez donc place, je vous en prie, encouragea-t-il après avoir claqué la porte derrière lui.
Dumbledore resta debout, le visage impassible. Trop emporté par son euphorie, Fudge ne le remarqua pas, fit apparaître le thé et les tasses sur son bureau et se servit.
- Voulez-vous du thé ? proposa-t-il.
- Non merci, je suis pressé, Mr Fudge.
- D'accord, je suppose que vous êtes venu vérifier si je m'adapte bien à la vie de Ministre. Rassurez-vous, je gère très bien les affaires, et je brûle d'impatience pour les procès des Mangemorts. C'est beau la vie, n'est ce pas mon cher ? éclata-t-il de rire.
- Cela dépend du point de vue, Fudge, répliqua Dumbledore d'un ton neutre. A propos du procès, vous avez ordonné des arrestations des suspects de Voldemort…
A l'évocation du nom, Fudge frissonna mais Dumbledore n'en tint pas compte et après tout, tout le monde savait qu'il était l'un des rares sorciers à ne pas avoir peur de prononcer le nom du Seigneur des Ténèbres.
- … dont aurait fait partie Mr Black Sirius ? Ne vous ai-je pas signalé quelques temps plus tôt du son Statut ? rappela sèchement le vieux sorcier.
- Mr Black Sirius, dites-vous ? répéta Fudge, surpris du ton de son interlocuteur.
- Lui-même.
- Et alors ? Il est de la famille des Mangemorts.
Dumbledore soupira. C'était ce qu'il craignait. Fudge ne distinguait pas des bons des mauvais dans une même famille. Le vieux sorcier se souvenait très bien d'Alphard, l'oncle de Sirius, qui ne suivait pas les mêmes idées que le reste des membres de la famille Black et puis Sirius était le deuxième membre à avoir été renié. Andromeda en était la première en épousant un moldu, au nom de Ténédor Tonks, dit Ted. Malheureusement, son oncle et sa cousine n'étaient plus là pour certifier l'innocence de Sirius. Le premier était décédé au Printemps 1975, la seconde, assassinée lors de la mission en Mars 1981.
Maintenant, il restait à Albus les dernières cartes pour convaincre Fudge de retirer Sirius du procès.
- Ben voyons ! Il a un certificat attestant son reniement envers sa famille et puis, vous le savez bien, on ne devient obligatoirement pas Mangemort dans une même famille, le réprimanda-t-il. Enfin, je vous ai déjà certifié qu'il n'était pas le Gardien du Secret des Potter. Vous-même, vous avez lu le mot de Mr Potter !
- Peut-être, mais il aurait très bien pu trafiquer ces papiers-là et tromper les Potter. C'est de la baguette courante, ces temps-ci, haussa-t-il les épaules en faisant un geste négligeable.
- De la baguette courante ! s'exclama-t-il, choqué. Très peu de puissants sorciers peuvent effacer le sortilège de protection de haut niveau des documents pour les trafiquer ! Mr Black en est incapable, même s'il est un excellent Auror !
- Mais il est un puissant sorcier ! l'objecta le ministre d'un ton convaincu. Voyons, Dumbledore, ne soyez pas fâché, juste parce que j'ai capturé des suspects ! N'est ce pas l'un des buts pour faire oublier la guerre ?
Dumbledore comprit que ce n'était que la peine perdue. Fudge était obstiné. Et puis, il avait perdu du temps précieux. Sirius doit être en train d'être interrogé. Il fallait qu'il trouve une autre solution. Utiliser son influence directement au procès avec des preuves qu'il avait laissées à Poudlard en cas de besoin. Il serait temps qu'il sorte le grand jeu. Maintenant.
- Certes, c'est une bonne solution, mais encore faut-il ne pas tout mélanger ? rétorqua-t-il sèchement. Excusez-moi, mais il faut que je file. Mr Fudge, le salua-t-il avant de quitter la salle.
°
°
Quelqu'un peut m'expliquer ? Pourquoi je me suis fait arrêter ? Dis, Gwenaëlle, tu peux me le dire ? Ma nanouette ? Mais enfin, je ne comprends pas…
Tiens ? On vient me chercher maintenant. J'entends des cliquètements de clés dans la porte.
- Hé ! Laissez moi ! rugis-je.
- La ferme ! cracha le plus vieux des deux Aurors.
Ces gardiens d'Aurors ne sont pas allés de main forte ! Jusqu'au moment où je reconnus immédiatement mon ancien professeur de formation, William Sattler.
- Professeur Sat…
- Tais-toi, Black ! Tu me déçois, me siffla-t-il à l'oreille après avoir donné un coup de poing. Je ne t'aurais jamais cru capable de faire ça à Potter !
Hein ? Capable de quoi ? Qu'ai-je fait à James ? Aïe ! Ils me poussent vers la porte qui mène au siège des accusés. Je connais ce chemin… Plusieurs fois, j'ai amené des Mangemorts au tribunal.
La lumière forte m'éblouit soudainement après un passage totalement dans l'obscurité. Après quelques secondes pour m'être habitué de nouveau à la lumière, je parviens à distinguer les personnes du premier rang. Je vois Remus, Lily et Gwenaëlle. Ils me regardaient impuissants, mais ils affichaient, chacune, une expression différente. Remus avait revêtu son masque d'indifférence qu'il arborait quand quelque chose le touchait vraiment. Je le reconnais bien, mon Mumus ! Lily était songeuse mais une lueur traversait dans son regard émeraude. C'était une lueur d'espoir qu'elle gardait égoïstement chez elle. Elle espérait sans doute que c'était qu'un cauchemar. Et Gwenaëlle… A voir son expression grave, elle s'inquiétait pour moi, la main crispée sur son gros ventre et l'autre dans la main de Lily. Oh ! Ses yeux… Elle avait pleuré. Ma chérie… Je m'en veux !
Derrière eux, la salle était déjà remplie mais j'entends encore d'ici des murmures et des chuchotements des personnes installées sur des gradins de bois de la salle du procès. Je les observe l'air perdu jusque des silhouettes familières qui m'attirent l'attention. Je sentis mon cœur bondir. Le professeur McGonagall et Maugrey Fol Œil étaient là, mais Dumbledore n'y était pas. Enfin, pas encore, je l'espère. Il me tirait toujours du mauvais pas dans le passé. Ce n'était certainement pas maintenant qu'il m'abandonne.
A côté de mes amis, se trouvait la famille Longdubat, qui affichait une expression anxieuse. Rien qu'à les voir, j'éprouvai un désagréable pressentiment bizarre, mais je ne sus pas le décrire. Derrière eux, était assise la mère de Peter, non, la mère de Pettigrow. J'haussai un sourcil étonné par sa présence. Vêtue en noir, elle gardait la tête baissée et… au fond de la salle, des journalistes dont une jeune sorcière blonde et courte paraissait la plus excitée par ce qui allait se passer. Celle-ci portait une robe sombre qui me rappelait vaguement la couleur du sang qui tâchait la porte du tribunal.
- Affaire suivante n°10, le procès « Potter-Longdubat» débute, annonça l'huissier du tribunal, et est scindé en deux, étant donné de l'ampleur des évènements de la dernière minute. La première affaire comporte donc sur les Potter et ensuite, les Longdubat. Les accusés, levez-vous !
Une minute… Les accusés ? Oh, oh… J'ai peur de comprendre… Aïe ! J'avais complètement oublié les Aurors ! C'est bon, je vais me lever, bande d'abrutis ! C'est à ce moment que j'aperçois Peter, tranquillement debout à ma droite. Il me regardait avec défi. Je parviens à lire sur ses lèvres.
« Tu te prolongeras avec moi. »
NON ! Je m'assieds lentement. Je viens de comprendre pourquoi on m'a arrêté à la maison. Ce traître m'a certainement dénoncé en affirmant que j'étais le Gardien du Secret des Potter ! Un instant… Ce procès était censé être un procès éclair !
Je me contente de fixer Croupton avec une froide détermination. Il a admirablement réussi son coup d'Etat !
- Messieurs Peter Emilien Pettigrow et Sirius Richard Black, vous compatissez devant le tribunal pour déterminer lequel de vous qui a commis un acte de haute trahison entraînant une attaque chez les Potter par le Seigneur des Ténèbres, annonça d'une voix ferme Croupton.
En plein mille ! Mais je ne vois pas rapport avec Longdubat. Je risque un coup d'œil sur mon voisin pour voir sa réaction. Celui-ci regardait autour de lui avec des petits couinements craintifs. Pfff… Quel comédien piètre ! Si je pouvais, je l'aurai étranglé de mes propres mains !
Croupton fit un récit des évènements de cette nuit et lut des témoignages des personnes présentes. Minute papillon… Il n'a pas cité les Potter ? Et Pettigrow m'accuse de les avoir soumis au sortilège de Confusion et d'avoir conservé des documents pour Voldemort ? Mais bande d'imbéciles ! James est un puissant Auror ! Lily est une sorcière l'une des plus douées de sa génération ! Ils ne se laisseraient certainement pas faire avoir à un sortilège minable !
- Sirius Richard Black, vous venez de vous faire arrêter, confirmez-vous ces faits qu'énonçait Pettigrow ? m'interrogea d'une voix froide Bartémius Croupton.
Je ne répondis pas. Mais des murmures s'élevaient dans la salle. Ils disaient que j'aurais préparé cette mise en scène avec Voldemort et rejoint le camp des Mangemorts. Inutile de préciser que toute ma famille est apte de la Magie noire et qu'elle adhère aux convictions de Voldemort. Dites, espèces d'enculés, vous savez ce que j'en pense ? Voldemort est une poule mouillée !! Il s'en lave les mains et c'est vous qui trinquez !
Croupton calma immédiatement les rumeurs infondées et m'empressa de répondre à sa question.
- Je conteste, dis-je d'une voix forte et claire. Jamais je n'ai soumis mes amis au sortilège de Confusion pour les tromper !
- Ah oui ? Êtes-vous leur Gardien du Secret ?
- Non.
- Admettons que ce ne soit pas vous, qui est le Gardien du Secret cette fois-ci ? demanda Croupton, soudainement las.
- Peter Pettigrow. C'est moi qui l'ai suggéré aux Potter. Interrogez-les.
- Ne me donnez pas d'ordre ! C'est moi qui décide ! Vous reconnaissez enfin d'être au courant pour le Gardien du Secret !
- Exact, mais je ne l'ai jamais été !
- C'est exactement ce qu'avait répondu Pettigrow !
C'en fut trop. Je bondis sur mes jambes, échappant ainsi à l'emprise des Aurors qui me tenaient par les épaules.
- Croupton, arrêtez cette stupide comédiAÏE !
Les Aurors venaient de me rattraper et de me jeter comme un chiffon sur la chaise.
- Un faux mouvement et c'est Azkaban ! me prévint d'un ton menaçant Croupton.
Azkaban ! C'est la meilleure blague qu'on ne m'ait jamais faite ! Très subtile… Bon, j'inspire un gros coup. Il faut que je me calme, je me calme…
- Reconnaissez-vous ces documents ?
A mon étonnement, ils étaient là alors que j'avais tout donné à Dumbledore. Mais enfin que s'est-il passé ? Pourquoi tout était contre moi ?
- Oui, fis-je à contrecœur.
- Où se trouvaient-ils ?
- Dans le bureau de Peter Pettigrow.
- Faux, ils étaient à votre bureau d'Auror !
- QUOI ?
C'est complètement tordu, cette affaire ! Je sais juste que Peter m'a piégé. Ce n'était qu'un coup monté contre moi ! Remontrons tout en ordre... J'ai bien pris les doubles de ces documents lors de mon dernier passage chez lui, je les avais sous la main, mais juste pour Dumbledore. Pour prouver la culpabilité de Peter.
Oui, j'avoue avoir été chez lui fouiner un peu partout, mais beaucoup avant l'attaque. La première fois, j'ai trouvé des duplicates des missions de l'Ordre de Phénix et quelques dessins sans intérêt dans un tiroir du bureau qui aurait pu être ouvert au simple sortilège spécial de Maraudeur !
Comment peux-tu être stupide, Pete ? Bon, peut-être que tu n'avais pas pensé à l'un d'entre nous puisse t'espionner, mais j'ai cru que tu les conservais pour écrire un jour tes mémoires comme tu l'avais souvent répété. Alors j'ai rien touché. J'y ai vraiment cru, mais quel idiot je suis ! J'ai seulement compris en me rendant chez toi la seconde fois. TU N'Y ETAIS PAS !
Voulez-vous savoir comment j'ai fait pour comprendre ? Eh bien, Dumbledore et ses hommes m'ont intercepté avec Gwen, le soir d'Halloween et après un entretien rapide, il m'a mis avec Gwen et deux, trois hommes. Elle prend des directives, mais quand elle indiquait le lieu exact de la cachette des Mangemorts sur la carte, j'ai fait tout de suite le lien avec un dessin sans intérêt de Pettigrow. Ils se ressemblaient. Pour avoir le cœur net, j'ai dû convaincre Gwen de me laisser quelques instants de liberté pour vérifier une seconde fois chez lui. Ne le trouvant pas sur place, j'ai dû rejoindre l'équipe de Gwen directement. Quand je t'ai vu, Pettigrow, surgir de néant devant la grotte, je n'ai pas hésité une seule seconde à t'attaquer. Pourtant, j'y croyais pas encore, je voulais avoir la preuve. Je l'ai eue à la réunion. Tu es un Mangemort !
- Vous avez bien entendu ! Que direz-vous pour votre défense, Mr Black ?
- Je suis innocent. Ce n'est qu'une machination montée par Peter Pettigrow.
- Vous vous rendez bien compte que vos réponses sont loin d'être aussi argumentées que la déposition de monsieur Pettigrow ?
Peter me connaît… Trop bien. Je l'admets. Mais PUT$£ ! J'aurai beau crier, hurler, aboyer, rugir et personne ne m'écoutera ! Maintenant, Pettigrow, tu es satisfait ? Il y a des choses dont tu ignores… Ces derniers mois sont très pénibles. J'ai fait une dépression, je pue l'alcool, j'étais même à deux doigts de me suicider ! Tout ça pour toi !
Oui, traître ! J'ai pris beaucoup d'affection de toi, je me suis occupé de toi comme mon petit frère et tu me remercies comme ça ? Très bien ! Tu vas voir de quel bois je me chauffe ! Tant pis si t'as pas pigé l'expression moldue.
Je n'ose pas cependant imaginer si je parvenais à me suicider… Remus, Gwen et Lily ont été formidables avec moi ! Ils m'ont aidé à remonter la pente ! Je commençais à prendre goût à la vie et Gwen m'annonce que j'allais être papa ! J'étais fou ! Enfin, jusqu'à maintenant. J'aurais dû prévoir que le bonheur n'allait pas longtemps durer. C'était trop beau…
- Contrairement à Mr Pettigrow, je n'ai pas besoin d'inventer des faits.
- Pourtant, les faits sont là ! me flingua Croupton d'un ton méprisant.
- Sauf qu'ils ne coïncident pas avec les versions des Potter ou… la mienne, intervint une voix très calme qui nous surprit.
Je me retourne vers l'auteur de cette voix. Il me semble la reconnaître… GENIAL ! Albus est arrivé avec la preuve écrite de James à la main. Je vais bientôt sortir !
- Voici la preuve écrite de Mr Potter attestant ses doutes sur le Gardien du Secret qui n'était que Peter Pettigrow choisi à la dernière minute, poursuit-il en pointant Pettigrow.
- Soit, et les documents trouvés sur le bureau de Mr Black ?
Je me redresse anxieusement. Dumbledore ne pourra pas m'aider sur ce coup-là !
- Je ferais remarquer que le bureau de Mr Black est à côté du celui de Mr Kingsley, interrogateur de Mr Pettigrow, continua-t-il toujours calme tandis que je suis sidéré. Ce dernier avait très bien pu les glisser sur son bureau. Et puis, Mr Black m'avait rapporté des doubles de ces documents directement après la capture des Mangemorts. Ils sont là.
Il sortit de sa main libre de sa robe de sorcier pour les donner au greffier, qui les passa à Croupton qui compara avec les documents de Pettigrow.
Oh, oh, ce chimpanzé puant gesticule. Il n'est pas content… Il est en train de parler avec cet… Ombrage. Il me semblerait que c'était lui, le mec chauve aux lunettes…
- Très bien, se refrogna-t-il, soudainement plus fatigué. La cour demande un délai d'examens approfondis à cette affaire et se prononcera, à la prochaine séance, le verdict. En attendant un nouveau procès, Mr Black est en liberté provisoire et restera cependant interdit de ses fonctions d'Auror jusqu'à nouvel ordre. En revanche, Mr Pettigrow est prié de rester sous garde pour l'affaire Longdubat, qui reprendra dans une heure. La séance est suspendue.
Des murmures se firent entendre. Ai-je bien entendu ? Je suis libre ? Le procès est-il bien suspendu ? Je vis les juges ainsi que Croupton quitter la salle et Sattler entrer, suivi de Kingsley.
- Sirius, me chuchota Sattler tandis que Kingsley rattrapa Peter, excuse-moi pour tout à l'heure. Tu connais le chemin, vas-y, va rejoindre tes amis. Salue-les de ma part.
- Dis à Gwen que je suis désolé, ajouta Kingsley, penaud. Si elle m'en veut encore, je comprendrai.
Trop content pour parler, j'hoche et laisse mes collègues s'occuper de Peter pour retrouver mes amis.
°
- Oh Sis' ! C'est incroyable qu'ils t'ont fait ça ! s'exclama Gwenaëlle, blottie dans les bras de son bien aimée.
Dès qu'elle le vit, elle s'était jetée sur lui. Elle avait tellement peur depuis qu'elle l'avait vu emmener par ses collègues comme un malfaiteur.
- S'il n'y avait pas ces lois à la noix, j'aurais plumé vif ce chimpanzé pour ainsi le faire lyncher en plusieurs morceaux en guise de repas aux Dragons ! s'emporta-t-elle en imitant le plumage avec une expression furieuse.
Sirius fut surpris de voir sa femme réagir ainsi et jeta un coup d'œil sur Remus et Lily, qui étaient amusés. Il se décida de jouer le jeu. Il prit un air indécis et fit un sourire gêné à sa conjointe.
- Euh… tu es sûre de ce que tu dis ? Plumer vif les volatiles est une chose, mais un chimpanzé en est une autre...
- On s'en fout ! Ils ont un point commun : la robe, alors autant montrer aux autres leur nudité ! dit Gwen avec conviction.
- Dans ce…
- Excusez-nous, s'interposa Remus, mais pouvez-vous nous égarer de ces détails aussi… gastronomiques à dominante sensuelle.
Sirius et Gwen se regardèrent et éclatèrent de rire, suivis des amis. Puis, Sirius vit Dumbledore en compagnie de Mac Gonagall et de l'Auror Maugrey, qu'il remarqua maintenant un pansement qui couvait son nez. D'après ce qu'il avait entendu au travail, Fol Œil s'était de nouveau blessé dans l'une des missions qui aurait coûté la vie au stagiaire. L'aspect du pansement était tellement aplati qu'on aurait dit qu'il avait perdu un nez. Mais Maugrey s'en moquait et claudiquait tant qu'il pouvait pour suivre les personnels de Poudlard.
Prenant conscience de cette démarche vers les escaliers qui les amenaient à la sortie du tribunal, Sirius délaissa Gwenaëlle et accourra rattraper Dumbledore pour le remercier de l'avoir sauvé. Après quelques échanges amicales –et entre autres, brusques avec Maugrey qui ne manqua pas de le rappeler à la « Vigilance Constante » à la voix haute et forte-, le jeune homme les suivit du regard jusqu'au coin des escaliers.
Des mains, qui enlacèrent sa taille, le firent sursauter légèrement. Il se tordit le cou pour voir les cheveux bruns de Gwenaëlle sur son épaule gauche, il caressa ses mains pour la rassurer.
- Je suis fatiguée, souffla-t-elle, on rentre ? On cherchera Erwan après. Remus et Lily nous attendront chez James.
- Bonne idée.
°
°
Il était aux anges. Il caressait les cheveux bruns de la jeune fille dont la tête était posée sur ses genoux. Ils étaient tous les deux sous la chêne, surmontée au sommet de la colline. Ils pouvaient voir le village de loin.
La jeune fille bougea subitement, gémissant de bonheur d'être allongée sur son petit ami. Celui-ci rigola doucement et la rassura d'un geste.
- Ma chérie, repose-toi, on a le temps…
- Non, Tommy, je vais bientôt rentrer, on m'attend à la maison, dit-elle, les yeux encore fermés. Je suis trop bien avec toi. Dommage que tu ne reviennes ici que pour les vacances. Tu ne peux pas changer d'école ? demanda-t-elle en se redressant.
Thomas remarqua la lueur de déception dans ses beaux yeux noisette vert et se mordit la lèvre inférieure.
- Je ne peux pas. C'est un Collège privé où aucun changement n'est permis dès la première inscription, tu sais, se désola-t-il. Mais on pourrait nous correspondre.
- Mouais… J'ai une idée ! s'écria-t-elle soudainement après un bref silence. Je termine le Collège et l'année suivante, je suis censée entrer au Lycée mais si tu me donnes le nom et l'adresse de ton Collège. Peut-être que je viendrai avec toi… Qu'en dis-tu ?
Thomas resta bouche bée et n'eut pas le temps de répliquer lorsqu'une voix familière mais lointaine l'interpeller.
- Toma ! Toma ! Veux joujou !
Il grogna, visiblement mécontent d'être brutalement tiré de son beau rêve. Il sentit le bas de son tee-shirt tirer. En temps normal, il aurait jeté un sort à celui qui avait le malheur de le réveiller si brutalement, mais il ne pourrait pas le faire face à un petit garçon de 18 mois dont il avait immédiatement reconnu sa voix. En gardant toujours ses yeux fermés, il chuchota :
- Harry, va jouer aux voitures…
- Veux pa !
- Alors, avec les animaux…
- Veux pa !
- Dors…
- Veux pa !
- C'est bien de m'embêter, va jouer…
- Toma, pa dodo !
Thomas, cette fois-ci, ouvrit ses yeux et se redressa en tailleur sur le canapé en fixant son neveu.
- D'accord, tu veux…
Il s'interrompit en voyant le parc dans lequel Harry était installé. Après le départ de Lily, il l'y avait mis afin d'être tranquille pour travailler ses cours. Il s'était assoupi en lisant son livre de Métamorphose 4ème niveau. Il baissa sa tête, le front plissé par ses sourcils face à un petit garçon qui souriait innocemment. Trop innocemment à son goût.
- Comment es-tu sorti du parc ?
Harry baissa la tête, peu coupable. Thomas soupira violemment et se ressaisit.
- Tu sais que Maman ne veut pas que tu te fasses mal !
Les lèvres d'Harry tremblèrent. Il allait pleurer.
- Non, Harry, ne pleure pas ! s'empressa Thomas de le dire en voyant son visage crispé. Mais tu ne sortiras plus de ton parc la prochaine fois, compris ?
Harry acquiesça frénétiquement sa tête. Mais, l'adolescent douta de son obéissance. Il lui semblerait qu'Harry ait hérité de l'attitude « casse-cou » de son père.
Assis sur le canapé, il massa son visage et se souvint du rêve qu'il avait fait quelques instants plus tôt. La jeune fille était celle qu'il avait croisée en allant chercher Sirius et Remus, hier. Comme Harry était avec lui, il avait dû se résigner à les rejoindre. Cependant, il se demandait s'il la reverrait bientôt. Son rêve était tellement réaliste qu'il eut une impression d'être projeté dans le futur.
- Toma ! couina Harry en essayant désespérément de tirer son bras vers la porte.
- Ca va, ça va…, je viens, s'écria le dit « Toma ». Je me demande comment Lily a fait pour convaincre Jay d'enfanter un tel gamin, marmonna-t-il dans sa barbe en suivant le petit garçon.
°
- Doucement ! avertit Thomas alors qu'Harry trottinait vers la cuisine.
Supposant que son neveu avait faim, il se dirigea machinalement vers le placard et s'apprêta à prendre un gâteau que Lily avait préparé alors qu'il entendit la voix impatiente d'Harry.
- Toma ! L'est là !
Intrigué, l'adolescent sortit le gâteau et s'approcha du garçon qui s'était accroupi près de la porte vitrée de la cuisine menant directement au jardin. Il se retint de surprise. Fys, la chatte de Lily était là, mais elle n'était pas seule. Un chat roux aux pieds arqués et au museau écrasé l'accompagnait. Depuis l'incident d'Halloween, personne n'avait plus pensé à la chatte. Tout le monde, même Lily, supposait qu'elle n'avait pas survécue à l'effondrement du Manoir.
Thomas égara Harry de l'espace de la porte qu'il ouvrit pour recueillir Fys et donner à manger des restes du repas de midi à son ami. Au moment où il referma la porte, Fys poussa un miaulement offensé, ce qui surprit l'adolescent. Celui-ci décida de la laisser quelques moments avec le chat errant. Harry voulut le caresser, mais Thomas l'empêcha.
- Non, Harry, il est sale.
Un miaulement menaçant surprit Thomas, dont sa tête se tourna tellement vite qu'il aurait rattrapé un torticolis. Des yeux jaunes le fixèrent droit, comme s'il voulait le mettre au défi, avant de se concentrer sur des restes du repas. L'adolescent crut un moment qu'il avait rêvé que ce chat comprenait parfaitement ce qu'il disait.
Visiblement pas rassuré, il força son neveu à se reculer et à l'asseoir sur une chaise et lui proposa un morceau de gâteau pour le distraire des chats.
°
- Pas gros, le morceau, jeune homme !
Thomas sursauta à la voix forte et fit volte-face rapidement, le couteau à la main, pour se défendre, mais il constata que la voix appartient à sa belle-sœur qui éclata de rire.
- Lily, ce n'est pas marrant ! grogna-t-il.
- D'accord, on goûte ensemble ?
- Pourquoi pas.
Thomas remarqua la présence de Remus, caché derrière Lily et le salua pendant que celle-ci préparait le café.
- Tom, pourquoi as-tu laissé la porte ouverte ? Il fait froid ! l'interrogea-t-elle en découvrant l'entrouverture de la porte.
- Ah oui, Fys est de retour avec un chat qui semble me comprendre.
- Un chat te comprend ? demanda Remus, perplexe, mais Thomas haussa les épaules en guise d'incompréhension.
Le jeune garçon déposa le gâteau qu'il avait coupé sur la table et en donna un à Harry, qui ne tardait pas à le mordre.
- Mais c'est Pattenrond ! s'écria Lily dont la tête était sortie de la cuisine. Regardez qui est là ! s'excita-t-elle en prenant le chat roux pour montrer à Remus.
- Mais comment a-t-il échappé de Poudlard ? observa celui-ci, bouche bée.
- QUOI ? Il était à Poudlard ??? s'exclama de surprise Thomas.
- Quand j'étais en dernière année, une fille de sixième année qui l'a amené dans le dortoir des filles après Noël, expliqua Lily. Il venait de naître et ses parents ne voulaient pas de chatons. Alors, elle a dû les amener à Poudlard pour les donner aux autres enfants.
Thomas chercha des tasses et un verre dans le placard et acquiesça, incitant sa belle-sœur de poursuivre.
- Sauf lui. Personne ne voulait de lui à cause de son comportement. Enfin Fys jouait avec lui.
- Mais vous ne l'avez pas pris ? demanda-t-il en distribuant trois tasses et un verre en plastique pour Harry, qui goinfra encore le gâteau.
- J'aurais bien voulu, mais il s'est enfui du château avant la fin d'études, termina Lily, en caressant le chat.
S'accroupissant sous le regard de Remus et de Thomas, Lily laissa Pattenrond se rapprocher de Fys qui mangeait tranquillement les restes de repas du midi. Elle les observa d'un air rêveur.
- Lily ?
La concernée leva la tête et vit son beau-frère l'appeler.
- Tu m'as dit que Fys était bien au manoir au moment où vous étiez attaqués ?
Lily fonça les sourcils et se mit debout. Aux regards des garçons, elle comprit que visiblement, quelque chose n'allait pas.
- Oui, pourquoi ? Vous vous demandez comment elle a pu s'en échapper, c'est ça ?
Silence des garçons. Mais la jeune femme devina.
- Vous doutez que ce soit Fys ?
- Fys ! s'écria Harry, en abandonnant son gâteau.
Il entreprit de descendre de la chaise, mais Lily l'empêcha.
- Pas en tant que tu finisses ton gâteau, jeune homme ! le gronda-t-elle gentiment avant de se retourner aux garçons. Pourquoi ce soudain silence ?
- Lily, ne le prends pas mal, mais je crois que ce n'est pas Fys.
- Pourquoi ?
Remus grimaça et sous le regard entendu de Thomas, il baissa la tête, trouvant la tasse intéressante.
- Je ressens à ce moment une aura puissante que je ne connais pas. J'ai même la certitude que ce serait… elle, expliqua-t-il en désignant la chatte du menton.
- Si ce n'est pas Fys, comment peut-elle reconnaître cette maison ? Elle est déjà venue ici avant ! défendit-elle, perplexe avant de prendre sa place à la table. Remus, ce n'est pas contre toi, mais je crois que nous sommes un peu à cran.
- Tu as raison, Lily, dit-il tout simplement, en mettant ses mains sur son visage.
Thomas sentit l'ambiance lourde et devina immédiatement la raison. Il jeta un coup d'œil sur ses mains. Elles tremblaient. Il les resserra fortement en prenant une longue inspiration pour tenter de se calmer.
- Le procès s'est mal passé ?
C'était plus une affirmation qu'une interrogation. Lily et Remus regardèrent Thomas l'air las. Lily prit la parole.
- Pénible. Sis' a failli être emprisonné à Azkaban.
- QUOI ?
- Mais Dumbledore l'a sauvé, donc une remise de procès à une date ultérieure, ajouta Remus.
- Et Sirius ?
- Il est en liberté provisoire et en ce moment même, il est chez lui avec Gwen, le rassura Lily.
- C'est mieux que rien, acquiesça-t-il en fixant ses poings trembler. Excusez-moi, je dois travailler. Mac Go…
- Professeur Mac Gonagall, le corrigea machinalement Lily.
- Professeur Mac Gonagall va m'envoyer des beuglantes.
Thomas se leva et inclina sa tête en guise de salutation à Remus et à Lily avant de quitter la cuisine précipitamment. Lily fut surprise de cette soudaine démarche, alors que Remus massa son visage.
- Bizarre ! murmura-t-elle plus à elle qu'à son ami.
- Quoi ?
- Rien. Alors ? Ce quelqu'un que tu es passé voir t'a mis dans cet état avant le procès ?
- Ca se voit tant que ça ? surprit le lycanthrope.
- Pas avec moi ! sourit malicieusement Lily.
Remus éclata de rire. C'était bien Lily ! Elle était toujours douée pour deviner ses sentiments, alors que bizarrement, elle avait refusé de voir ceux de James pendant les six premières années d'études ! Lily restait, malgré tout, un mystère pour le lycanthrope.
- Je…
- Oui ? l'encouragea-t-elle en redressant sur sa chaise.
Remus ouvrit et ferma plusieurs fois la bouche et aucun son ne parvint à franchir ses lèvres. Il soupira, résigné.
- Désolée, Lily. C'est un peu trop tôt. Je te promets de te dire tout.
- Je comprends, excuse-moi. Du café ? proposa Lily en entendant la cafetière flûter.
- Oui, s'il te plaît.
Elle chercha le café et remplit les deux tasses. Ils discutèrent autour du café et des gâteaux du déroulement du procès, puis l'enterrement que Remus avait raté le matin et enfin l'évolution de l'état de James. Pendant ce temps-là, Harry ne tenait plus en place, jouait avec les chats. Fys était toujours méfiante, mais Pattenrond semblait plus disposé à s'approcher de l'enfant. Au bout de deux heures plus tard, ils se débarrassèrent de la table dans l'évier.
- Harry ? On va voir papa ? demanda Lily, d'un ton enjoué.
- VOUI !
- Très bien, on y va ! sourit Lily en tendant sa main que son fils rattrapa. Remus ? Peux-tu prévenir Thomas ?
- J'y vais.
- Eux vendient avec nous ? demanda le petit garçon en désignant du doigt les chats.
- Non, les chats ne peuvent pas aller à l'hôpital, secoua sa mère la tête en s'accroupissant. Ils sont grands, ils peuvent rester ici tous seuls, n'est ce pas Pattenrond ? se tourna-t-elle vers le chat orangé.
Celui-ci poussa un miaulement approbateur.
- Rassuré, mon chéri ?
Harry hocha et prit le cou de sa mère entre ses petites mains pour se blottir dans ses bras.
°
°
Accoudé contre le fenêtre qui lui donnait sur un jardin voisin, Thomas regardait distraitement des petits enfants jouer aux boules de neige. Il sourit tristement. Il aurait beaucoup aimé retourner dans l'enfance, celui où il aurait encore sa famille. Il secoua la tête, chassant ces souvenirs douloureux. A l'approche de Noël, des blessures se rouvraient et il détesta ce sentiment pénible, mais cela faisait déjà 5 ans que sa famille a été détruite et qu'il devait se remettre avec son frère James. Celui-ci l'avait déjà fait depuis longtemps. Non pas qu'il n'aimait pas ses parents, mais qu'il avait déjà Lily à ses côtés et plus tard la naissance du petit Harry ajoutait à son bonheur.
Bonheur… Thomas l'apercevait souvent dans les yeux de James, les mêmes que sa mère, les noisettes virant au couleur chocolat en hiver et le vit également chez les enfants dont un se prenait une boule de neige, mais il rigolait. Ce genre de bonheur, Thomas ne pourra plus le connaître. Enfin pas en tant qu'il ait surmonté ses blessures.
« Ce sera pire demain ! C'est demain que mes parents sont assassinés. »
Maudit Noël ! Le Noël, que tout le monde adorait, était ardemment détesté par le jeune Potter. Il masquait son chagrin en faisant des bêtises, des blagues, en pratiquant son sport favori, et en ramassant des punitions et des corvées. Pourtant à l'approche du Jour J, il avait aussi du mal à cacher ses émotions à autrui et préférait se réfugier dans son coin le plupart des temps.
Thomas soupira. Cette année sera la première fois depuis sa entrée à Poudlard qu'il passera Noël en famille. Oh, il aurait très bien pu retourner au Collège après le réveil de James, mais Mac Gonagall et Lily avaient été claires : il doit rester jusque la fin des vacances.
Sur cette pensée, le Gryffondor passa sa main gauche dans ses cheveux indomptables pour les décoiffer encore plus et baissa ses yeux éprouvant une chaleur dans sa main droite serrée contre son tronc.
- Thomas ?
L'adolescent sursauta et vit par-dessus de son épaule la tête de Remus dépasser la porte. Il gardait sa main droite fermée sur sa poitrine.
- Désolé, je n'ai pas…, s'excusa le loup-garou, visiblement peu gêné.
- Me faire peur, oui, je sais, ne t'inquiète, lui coupa le jeune homme en se tournant vers la fenêtre.
- Lily m'a chargé de te prévenir qu'on va voir James. Veux-tu venir avec nous ?
- Certainement !
Thomas se focalisa de nouveau son attention sur l'ami de son frère en esquissant un sourire trop forcé aux yeux de celui-ci.
- Tu as fini les devoirs ? fit-il semblant de s'intéresser autre chose que le comportement du jeune Potter qui l'intriguait.
- Si ce sont les cours d'aujourd'hui, oui, répondit celui-ci en désignant du menton son livre de Métamorphose posé sur son bureau. Je viens d'envoyer Eurêka les rapporter à ma chère professeur Mac Gonagall. Après tout, elle ne pourra pas m'embêter avant un bon moment, termina-t-il d'une voix qui ressemblait plus morose que moqueuse.
Mais Remus ne fut pas dupe. Quelque chose qui n'allait pas bien chez lui.
- Ca va ? le questionna-t-il.
- Oui, pourquoi ?
- Pour rien, dit-il précipitamment. On y va ou la tigresse va nous appeler.
- REMUS, THOMAS !
- Trop tard, constata Thomas, souriant.
- Eh bien, j'y vais, déclara Remus en se retirant.
Thomas se détendit, ouvrit sa main qu'il tenait jusque là fermée et observa un médaillon. Il le vit s'illuminer, signe qu'il avait totalement récupéré. Il l'enleva alors et le posa avec précaution dans une boîte magnifiquement décorée qu'il cacha ensuite au fond du tiroir.
- ALORS TU TE RAMENES ? cria la voix de Lily.
Thomas prit en vitesse un blouson accroché sur le portier de l'armoire et quitta sa chambre, encore éclairée par la lumière rouge dorée, qui ne tardera pas à s'affaiblir.
Alors? Des impressions? Des Questions à me poser?
Bonne fin de semaine!
Cornett
