Bonjour! Pas de réponses aux reviews, cette fois-ci. Mon temps de l'ordinateur en ce moment est très limité, mais je continue à écrire la suite. Désolée.
Bonne lecture!
Chapitre 7 : Dis, tu t'appelles Tommy ?
« Mais enfin, qu'est ce qu'elle est longue ! »
Un jeune homme brun, que les passants lui donnaient quinze ans, attendait impatiemment avec sa grosse malle à ses pieds. Il venait d'arriver à PortoLondon, le centre de portoloin d'Angleterre. Il était censé revoir ELLE ! Mais voilà, elle n'était pas là. Enfin, pas encore.
Il jeta un coup d'œil rapide sur sa montre que son père lui avait offerte et il haussa ses sourcils en constatant qu'il était déjà plus de 18h30. Soit 30 minutes de retard ! Quelqu'un d'autre que lui aurait probablement paniqué, demandé aux services de l'aider à joindre son entourage, voire même alerté les autorités anglaises, mais lui ne paniqua pas.
Aussi loin qu'il puisse se souvenir que celle qui devait venir le chercher était réputée pour être en retard, enfin… quand il s'agissait de sa famille. Il esquissa un sourire en se rappelant la scène où sa mère, en colère, avait reproché son mari d'être Français. Selon elle, la ponctualité n'était pas le point très fort en France. Sa fille semblait en avoir malheureusement hérité.
- Jeune homme, auriez-vous l'amabilité de me lire ce qui est affiché sur le panneau ? Mes misérables yeux sont fatigués.
L'interpellé inclina sa tête, à sa droite, vers une vieille dame qui appuyait d'une canne en bois et à ses pieds, se trouvaient plusieurs sacs de différentes formes. Apparemment c'était une vieille sorcière. L'adolescent sourit. Il ne remerciera jamais assez sa mère de l'avoir appris dès sa naissance la langue de Shakespeare.
- Mais bien sûr, Madame, approuva-t-il poliment. Pour quelle destination voulez-vous prendre ?
- Pékin, j'en suis originaire, répondit fièrement la vieille sorcière. Vous êtes fort gentil, jeune homme.
Celui-ci, souriant, se tourna vers le panneau à la recherche de la destination de la Pékinoise et il l'entendit encore le gratifier d'éloges.
- Pour quelqu'un de votre âge, vous êtes si fort, si jeune, si cultivé et…
Elle se penche pour sniffer l'odeur que le jeune homme portait.
- … si bon, ajouta-elle, ravie. Êtes-vous originaire de Bordeaux ?
Le cou du concerné fit un craquement en baissant la tête vers la dame, ce qui fait sursauter cette dernière.
- Oh ! Si vif ! susurra-t-elle, amusée. J'adore des français vifs comme leur effigie nationale. Ils le nomment comment ? Ah oui, un coq ! Est-ce exact, jeune homme ?
Ce dernier resta bouche bée. C'était la première fois qu'une inconnue puisse détecter aussi facilement ses origines ! Ses camarades français n'avaient pas réussi à le faire et pourtant ils le côtoyaient presque tous les jours !
- Vous… Comment…
- Ah ! On dirait que je n'ai pas perdu la main ! s'excita la vieille dame.
- Pardon ?
- Oh, quelle sotte je suis ! Je me présente Yoko Gushô, prêtresse du temple de Pékin.
- Prêtresse ? Mais je croyais que…
- J'allais y passer toute ma vie ? Détrompez-vous, jeune homme. J'ai suivi des études à Poudard, en compagnie d'un ami très particulier. J'y ai connu Albus dans ses premiers pas de professeur de Métamorphose. Déjà, à cette époque, il avait une aura très puissante, et un caractère excentrique, il était à la fois respecté et détesté, parce que pour certains, il était fou, mais pour moi, il était… juste et malin. Il…
Le jeune homme resta de nouveau interdit. Il tenta d'assimiler tout ce qu'il avait entendu. Ainsi, la vieille dame, qu'il avait en face, devait être beaucoup plus âgé que ses propres grand-parents et encore en pleine possession de ses moyens physiques pour pouvoir supporter un portoloin de très longue distance. Ce qui l'étonna le plus, c'était sa relation avec le Directeur de Poudlard, Albus Dumbledore, dont il avait longuement entendu sa sœur et les amis de celle-ci parler. A l'heure actuelle, peu de sorciers pourraient se vanter d'avoir connu Albus dans son enfance.
- Euh, excusez-moi de vous interrompre, Madame. L'avez-vous côtoyé dans votre jeunesse ?
- Et comment ! Je suis rentrée à Poudlard en 1900, très exactement ! Albus avait 20 ans et était à sa première année en tant que professeur !
Le jeune homme siffla d'admiration et se souvenant de la demande de Madame Gushô, il consulta sa montre.
- Votre portoloin pour Pékin est dans trente minutes, annonça-t-il en vérifiant l'affichage. Je vous conduis à la station, Madame ?
- Appelez-moi Yoko…
Cette dernière donna son accord et le jeune homme prit des bagages, pour les placer sur un chariot qui se trouvait à proximité. En temps normal, les sorciers auraient très bien ensorceler leurs sacs, mais dans l'attente d'un portoloin, il existait des règles où la magie devait être sécurisée et par conséquent limitée pour des cas d'urgence.
Le jeune homme chargea donc le chariot et s'apprêta à le pousser lorsqu'une exclamation aigue de sa voisine le fit sursauter.
- Oh ! Je n'ai pas votre nom !
- Dartagnan, Erwan Dartagnan.
- D'Artagnan ? Ne seriez-vous pas l'un des descendants de l'illustré Mousquetaire Gaston d'Artagnan admirablement décrit par Dumas ?
Erwan sourit. Cette question sur la parenté avec l'un des personnages de Dumas revenait souvent quand il se présentait. Il eut une pensée pour son père, qui durant toute sa vie s'en était confronté. Mais il s'était souvent demandé si ce n'était pas une bénédiction ou… une malédiction de se faire appeler ainsi.
- Au risque de vous décevoir, Mada…, euh Yoko, se reprit-il rapidement, mon père n'est pas le descendant de cet D'Artagnan de Dumas. La seule différence entre nous, c'est l'apostrophe dans le nom de famille. J'en ai pas alors que ce D'Artagnan en a, expliqua-t-il, amusé en voyant l'expression béat de son interlocutrice.
- Oh, fit celle-ci, déçue, et pourtant votre aura n'est pas ordinaire ! Vous êtes destiné à accomplir de grandes choses, le prédit-elle d'un ton mystérieux. J'en suis sûre, mon petit Erwan.
Celui-ci ne dit rien, troublé par ces étranges paroles. Il avait l'impression que la vieille dame l'hypnotisait lorsqu'elle parlait.
- ERWAN ! surgit une voix étrangère pour les anglophones mais bien familière aux oreilles du jeune homme, le faisant tirer de sa transe. ERWAN ?
A la surprise de la vieille dame, le jeune homme s'interrompit et se tourna instantanément pour voir sa sœur qui repoussa les passages afin de le joindre. Elle cherchait désespérément son petit frère. Celui-ci fit un signe.
- GWEN ! ICI ! cria-t-il en français, avant de se rendre compte qu'il n'était pas seul. Excusez-moi, c'est ma sœur Gwenaëlle. Elle vit ici, expliqua-t-il en anglais tandis que sa sœur, l'ayant aperçu, s'approcha en compagnie de Sirius.
- Salut Wanny ! Quel monde ! Excuse-moi, je…
Gwenaëlle s'interrompit en remarquant la présence d'une deuxième personne, qui l'observait attentivement. Peu gênée, elle se tourna vers son frère et l'interrogea du regard.
- Ah oui, Sirius, Nanou, Madame Gushô Yoko, prêtresse sorcière à Pékin, je la raccompagnais à sa station, présenta-t-il la vieille dame à ses amis en ignorant le regard noir de la jeune fille à l'évocation de son surnom prononcé à la française. Yoko, voici ma sœur Gwenaëlle et son ami Sirius.
- Enchantée de vous rencontrer, susurra Gushô de nouveau. Le jeune Erwan est charmant ! Il m'a tenue compagnie. Vous avez de la chance de l'avoir. Il est merveilleux ! Dommage que tous les jeunes d'aujourd'hui ne le prennent pas comme exemple !
- Oui, on peut le dire…, répliqua Gwenaëlle en gardant un œil suspicieux sur son frère qui tentait désespérément de cacher ses joues peu roses.
- Ne soyez pas modeste, jeune femme ! Il est l'un des rares…
- Excusez-moi d'être obligé de vous interrompre, Yoko, si vous ne voulez pas reporter votre portoloin, s'interposa Erwan, s'efforçant de sourire le plus naturel possible. Ca va être l'heure.
Gushô sursauta, mettant sa main sur sa bouche et invoquant Merlin, tandis qu'Erwan évita soigneusement les regards différents de ses amis en poussant le chariot. L'un indigné de sa sœur et l'autre amusé de Sirius, qui avait compris son manège. Ce dernier s'efforça de ne pas pouffer sous sa cape.
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- En êtes vous sûr ?
- Puisque je viens de vous dire.
Dumbledore ne put qu'hocher la tête, s'affalant dans son fauteuil, songeur. La main sur sa longue barbe, le regard fixant dans le vide, il réfléchit.
- Je vous remercie d'être passé, reprit-il enfin après un silence pesant. Je vous recontacterai pour la prochaine réunion.
- Et les Potter ?
- Je m'en charge, Kingsley.
Le dénommé fit un signe approbateur et laissa le Directeur de Poudlard ruminer seul dans son bureau. Il le comprenait. Apporter une nouvelle assez gênante ne le plaisait guère. Surtout quand il s'agissait de Pettigrow Peter.
En effet, à la demande de Dumbledore, il était resté jusqu'au bout les procès pour apprendre des choses avant la publication des journaux. Il avait pu donc faire un compte rendu au Directeur, notamment l'interne de Peter à la Ministère en attendant d'un nouveau procès contre les Potter, étant donné qu'il s'était acquitté et blanchi des accusations contre les Longdubat. Le plus grave encore, certains Mangemorts que Karkaroff, l'assassin d'Harmonica, avait dénoncés lors du dernier procès, s'étaient retrouvés plus ou moins en liberté. Ceux que Sirius et son équipe avaient réussi à capturer, la nuit d'Halloween.
Le vieux sorcier aux lunettes en forme de demi-lunes soupira lourdement, se demanda de nouveau si Fudge avait bien toute sa tête et s'il avait conscience d'avoir laissé ces hommes proches de Voldemort partir dans la nature. Lui-même avait assisté le dernier procès.
« Je connais qui ne vont pas aimer cette nouvelle, se dit-il. »
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- Ah, vous ne pouvez pas tomber mieux, Madame Potter !
Lily se figea, découvrant la présence de Dr Riverson et ses deux infirmières Rosa et Maylïs qui s'occupaient de James. Elle avait également remarqué les lunettes de celui-ci sur son nez. Elle sentit son cœur se bondir.
Dr Riverson fit un sourire rassurant ce qui détendit rapidement la jeune femme. Ainsi, le diagnostic sur son mari ne pouvait pas être pire que la dernière fois.
- Puis je vous en parler dehors ?
Le cœur de Lily eut des ratés. Elle s'était trop vite emballée. Pendant un bref moment, elle avait pensé que son mari pouvait être guéri.
- Qu'y a-t-il ? James a des problèmes ?
- Excusez-moi de vous inquiéter pour rien, je voulais simplement vous parler de l'état de santé de votre mari et également de sa sortie. Si vous pouvez me suivre…
Sur cette phrase, Lily la suivit sans se poser d'autres questions, après avoir déposé Harry dans les bras de Remus.
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En sortant de la chambre, Dr Riverson se posta devant la fenêtre qui se trouvait juste à sa droite et Lily la vit en train de contempler le paysage encore couvert de la neige blanche.
- Docteur…, tenta-t-elle, incapable de contenir son inquiétude.
Un sourire triste se dessina sur les lèvres du Dr Riverson, suivi d'une mastication que Lily pouvait apercevoir sur ses joues et son cou menus.
- Demain sera un autre jour, n'est ce pas, Madame Potter ? souffla doucement Dr Riverson, les yeux rivés sur le blanc paysage.
Les yeux de Lily s'agrandirent brusquement, exprimant son étonnement et son perplexité.
- Euh, oui, balbutia-t-elle, ne voyant pas où elle veut en venir.
- Votre mari… me rappelle quelqu'un… que j'aimais beaucoup et… sur qui je pouvais compter dans des moments difficiles, confia-t-elle sans détourner le paysage du regard. Un jour, il n'est pas rentré et c'était Noël. Tout juste cinq ans,
- Désolée, je…
- Ne dites rien, Madame, l'interrompit-elle. Je voulais remercier votre mari d'avoir permis à votre fils de réduire… Voldemort en faisant une entorse au règlement.
Le cerveau de Lily arrêta de tourner au nom prononcé par Dr Riverson. Elle savait qu'une poignée de sorciers qui n'ont pas peur de clamer fort et haut le nom de celui, qui semait…, enfin, qui avait semé la terreur pendant des années, sans éprouver le moindre frisson. Cette poignée constituait en général les membres de l'organisation secrète et peut-être les Aurors. Mais Dr Riverson n'en faisait pas du tout partie de ces catégories.
- Vous… Com…
Lily ne put continuer. Dr Riverosn venait de lever sa main pour la faire comprendre de se taire. Elle n'avait manifestement pas fini.
- Laissez le temps régler vos problèmes… intimes. Madame, je ressens une frustration en vous. Ne dites rien.
Lily obéit, malgré elle. Elle croisa les yeux tristes de Médicomage de son mari et elle eut un pincement au cœur.
- Votre mari va nettement mieux qu'hier, il a un peu retrouvé sa vue, comme vous pouvez le voir porter des lunettes. J'en suis surprise et pourtant, je maintiens mon opinion. Votre mari doit rester hospitalisé jusqu'au bout.
Dr Riverson secoua la tête, amusée, et afficha un sourire rassurant.
- Cependant il peut sortir de l'hôpital mais à condition qu'il soit en fauteuil, qu'il ne fasse pas d'efforts inutiles, et qu'il prenne des médicaments. Je vais signer l'autorisation de sortie d'une journée pour le 24 Décembre.
Lily resta bouche bée. James pourra alors sortir le jour de Noël ? Mais, alors, ce serait…
- Merveilleux… Merci Docteur !
- Si je constate une bonne évolution de sa part, je modifierai peut-être la durée de son séjour hospitalier, la prévint-elle.
Lily remercia Dr Riverson et la souhaita un Joyeux Noël. Se retrouvant toute seule dans le couloir, elle se décida de rejoindre les garçons.
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Harry était sur les genoux de son mari, blotti contre son torse, jouant avec le chien noir en peluche, sous le regard amusé de Remus. Celui-ci donnait, à James, des nouvelles de la journée au tribunal en évitant soigneusement l'arrestation et la libération temporaire de Sirius. Thomas, par contre, appuyé contre la fenêtre, observait cette scène, en retrait, mais avait apparu à Lily plus introverti et plus hargneux dans son regard bleu océan qu'il avait hérité de son père. Ce comportement troubla Lily, qui eut soudainement l'impression de retrouver Thomas quand celui-ci était enfant.
Dès que la jeune femme croisa ses yeux bleus étonnamment froids, elle les détourna rapidement en se tournant vers le centre d'attraction des regards. Elle s'approcha donc de son mari et de son fils en compagnie de Remus.
- Ca ne va pas, Lily ?
- Oh, si… Mais tu me vois ? s'étonna-t-elle, impressionnée par l'évolution. De son état.
- Pas exactement. J'arrive en fait à voir tes traits de visage seulement à l'approche de la lumière et surtout quand je suis assez près de toi, expliqua-t-il en affichant un sourire charmant. Mais je ne vois pas les côtés, par exemple Harry qui se trouve à ma droite, je suis obligé de bouger ma tête pour le voir.
- C'est déjà pas mal… constata-t-elle.
James devint sérieux et prit ses mains dans les siennes.
- Remus m'a raconté la journée. J'imagine que cela a dû être pénible pour toi.
- Ca l'est, confirma-t-elle en baissant les yeux vers son fils.
Sa voix n'était plus aussi dynamique qu'elle. L'image de Dr Riverson était encore présente dans sa tête. Elle eut l'impression d'être hypnotisée par ses propres paroles pourtant banales dans ce milieu.
Etrangement, à la vue d'Harry, elle revit la scène d'un combat de sortilèges. La même depuis un long moment. Soudainement, elle se sentit mal à l'aise dans cette pièce.
- Lily ? appela James, inquiet.
- Ca va aller, je reviens dans quelque instants, déclara-t-elle en se précipitant vers la porte pour sortir.
- Mais qu'est ce qui s'est-il passé ? demanda James à Remus, qui était assis sur une chaise à sa droite.
Celui-ci haussa distraitement ses épaules et se leva. Ayant déjà pressenti la malaise dans cette salle, il se mit à la hauteur du petit garçon, tranquillement assis, blotti dans les bras de son père.
- Harry, je crois que Sirius va arriver. On l'attend, Sirius ? lui proposa-t-il d'un ton réjoui.
- Vi ! s'exclama-t-il en tendant ses petits bras.
- Et maintenant, mon fils me lâche ! Y en a que pour lui ! s'indigna faussement le père.
Le lycanthrope sourit et prit Harry à son cou.
- Oh, c'est un pauvre chichien maltraité dont tu parles ! Tom est là pour te tenir compagnie en attendant ta femme.
Sur cette dernière phrase, James cessa de s'agiter. Il avait complètement oublié la présence de son frère. Celui-ci avait été très discret, voire invisible à ses yeux à demi-aveuglés, et n'avait pas ouvert sa bouche pour signaler sa présence dans cette pièce.
Percevant la lourdeur de l'atmosphère qui régnait à ce moment, Remus jugea plus judicieux de laisser les frères Potter s'entretenir seuls. James lui fut reconnaissant et plissa son front pour chercher des yeux son frère. Mais l'obscurité du jour, qu'il faisait à cette heure-ci, ne l'aidait pas, pourtant l'aîné savait que son frère avait pris l'habitude de s'isoler près de la fenêtre lors des froides saisons.
- Thomas ? fit-il.
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Lily entra en trombe dans les toilettes, elle ouvrit le robinet du lavabo et mit ses mains dans l'eau avant d'humidifier son visage. L'effet fut rapide et agréable. Courte mais efficace pour se soulager. Elle contempla son reflet devant elle dans le miroir. Elle tenta de prendre des petites inspirations et de se calmer.
Depuis son entretien avec Dr Riverson, des images qu'elle ne connaissait pas venaient supplanter brutalement ses idées, ses projets, ses attentes dans son cerveau. Les simples phrases prononcées par la médicomage avaient probablement eu un effet déclencheur sur ses rêves interminables.
- Mais c'est quoi ces rêves ? murmura-t-elle pour elle-même. Qui êtes-vous, docteur ? Non, ce n'est pas possible…
Lily entendit vaguement une bride de conversation qu'étamaient deux femmes, l'une portait des lunettes carrées et l'autre un foulard, et mouilla de nouveau son visage.
- Cette Dr Riverson est extraordinaire ! Elle est une fine psychomage ! Je me demandais ce que l'avait poussée à faire des études de médicomagie !
- Sans doute par envie. Allez, règle ce problème avec lui ! Comment il s'appelle ?
A ce moment, Lily éclata de rire ce qui surprirent les jeunes femmes. Elle venait de comprendre ce qui le tracassait depuis peu. Dr Riverson était une psychomage ! Elle avait simplement deviné ce qui la perturbait. Soudain, elle eut une nausée et puis, une désagréable sensation au niveau de sa gorge tandis que la femme aux lunettes carrées s'apprêtait à l'interroger. Le premier réflexe de l'ex-Gryffondor fut de se pencher dans l'évier et elle vomit, ce qui fit reculer par même occasion la femme. Celle-ci et son amie préfèrent prendre leurs jambes à leur cou, laissant Lily toute seule.
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Quelques instants plus tard, Lily prit des papiers de toilettes pour s'essuyer et but un peu de l'eau du robinet pour se remettre en plomb. Une fois, calmée, elle passa instinctivement sa main sur son ventre, elle prit subitement conscience qu'elle avait complètement oublié sa grossesse. Elle s'étonna que celle-ci ne lui ait pas autant d'effets que lorsqu'elle attendait Harry. Celui-ci lui avait donné du fil à tordre : elle était pratiquement malade toute la grossesse. Du début à la fin. Tout le contraire du bébé qu'elle attendait actuellement. Pourquoi les symptômes tardaient-ils à se manifester ? Le bébé était-il insensible ? Une nouvelle idée lui traversa à l'esprit.
- C'est bizarre… C'est comme s'il n'avait jamais existé…
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Il était prolongé dans ses moments passés en compagnie de ses parents et de ses frère et sœur. Il se souvenait parfaitement de la punition qu'avait infligée son père, Benjamin, aux aînés en sa présence. Thomas, bien qu'il avait 7 ans à l'époque, avait beaucoup rigolé en voyant James et Sirius nettoyer à la manière moldue dans le hall et dans les escaliers, des traces boueux et de peinture qu'ils avaient laissés en rentrant. Inconsciemment, le jeune homme esquissa un faible sourire nostalgique.
- Thomas ? entendit-il une voix familière, proche de lui.
Sursautant, il releva sa tête et ses yeux s'agrandirent lorsqu'il vit l'émetteur, qui n'était autre que son frère aîné James, à ses côtés. Il le regarda alternativement avec le lit que celui-ci occupait quelques secondes plus tôt. James fit un triste sourire.
- Je t'ai appelé plusieurs fois, mais tu ne répondais pas. Alors, j'ai fait quelques pas pour être à tes côtés et te secourir. Tu pensais à nos parents ?
- Qu'est ce qui te fait croire ça ? esquiva Thomas, peu enclin à en parler.
- Facile, je t'ai observé depuis la mort de grand-père. Tu t'isolais quelques jours avant Noël et le jour de Noël, tu te cachais dans ton lit pour pleurer, mais tu ne le montrais pas devant nous, nota-t-il d'une voix douce, se mémorisant les années passées. Je pensais que Poudlard t'aidait à surmonter ton chagrin, mais apparemment, je me suis trompé. Alors ?
- Cela ne te concerne plus, répliqua-t-il sèchement.
- Comment ça ? surprit-il.
- Tu as maintenant une famille. Pas moi, fit-il remarquer.
Le cœur de James eut des ratés. C'était une remarque blessante pour lui. Son propre petit frère venait de lui dire que la mort de ses parents ne le touchait plus autant qu'avant quand il était encore élève à Poudlard.
- Thomas, tu ne peux pas me dire ça. Tu es mon frère et j'ai le devoir de t'aider quand tu as des problèmes, riposta-t-il sur la défensive en étant assez sévère comme l'aurait fait un père à son fils. Et puis, tu ne peux pas savoir combien cela m'a fait mal quand j'ai appris la mort de nos parents, puis de notre grand-père, et ensuite l'exil de ta sœur !
James mit ses mains sur les épaules de son frère pour peser ses paroles et son lien de fraternité.
- Mais pour ta sécurité et la mienne, je devais être fort. Peu importe que j'ai maintenant une femme et un fils, je t'aime autant qu'avant. Entre ça dans ta tête !
- Ouais, tu prétends m'aimer, mais quand je t'ai émis le vœu de passer Noël à Poudlard, tu n'as pas fait le moindre geste pour me l'en dissuader !
Thomas dégagea de ses épaules les mains de son frère et s'éloigna de la fenêtre pour lui faire face.
- A ta place, j'aurai fait quoi ? polémiqua-t-il, soudainement las. Quand j'ai eu ta lettre, j'étais partagé entre l'excitation et l'inquiétude, mais je m'étais dit que tu préférais peut-être être avec tes amis qu'avec moi. Allons, Tommy, ça…
- Ne m'appelle plus comme ça ! le coupa-t-il brutalement. Je ne suis plus un gamin !
James parut troublé par la brutalité de son frère, qui était autrefois timide et réservé. Il avait considérablement changé depuis qu'il l'avait pris en charge.
- Tom, ça va passer, reprit-il en faisant des efforts pour ne pas apparaître troublé à son frère. Ne te referme pas dans le coton simplement parce que papa et maman sont morts demain. Ils ne voudraient sûrement pas te voir triste, mais heureux.
- NON ! Je ne serais jamais heureux ! Jamais je ne connaîtrai le bonheur ! Je l'ai perdu depuis longtemps ! s'écria violemment Thomas avant que son ton soit adouci. Jay, ne m'en veux pas, mais tu ne me comprendras pas.
Le jeune Potter secoua la tête, les larmes dans ses yeux menaçant de couler sur ses joues. Il ne voulait pas pleurer. Pas devant son frère. Montrer son chagrin devant lui était déjà une humiliation pour lui. Il n'avait pas le droit de s'apitoyer sur son sort alors qu'il en existe des pires dans le monde.
Sí, répliqua calmement James. Lo capisco perffectamente !
L'adolescent se figea. Le ton de son frère était calme mais plein de conviction et surtout d'autorité. Mais ce qui l'étonna le plus, c'était en italien qu'il avait prononcé pour la première fois depuis la mort des parents. Durant un moment, il l'avait pris pour son propre père et son grand-père, réputés pour la sévérité.
« Les apparences sont parfois trompeuses, se rappela le garçon avec philosophie.»
- Non, le contredit-il.
- Puisque je te comprends.
- Non, tu ne le peux pas.
- Il s'agit de nos parents, pointa James, légèrement exaspéré, en prenant soin de souligner le déterminant du mot « parents » au pluriel.
Cette fois, Thomas ne tint pas compte que c'était en français que son frère lui parlait. Il avait à présent vu clair dans son jeu. Il espérait ainsi l'apaiser en parlant les langues de leurs ancêtres.
- Et alors ? Tu as tourné la page ! Tu t'en fous de leur mort.
James secoua la tête et ferma ses yeux dans l'espoir de se détendre et de réfléchir calmement. Il n'avait nullement envie de se disputer avec son petit frère.
- Tu te souviens qu'a dit Oma ? questionna-t-il d'une voix cassée après un bref silence.
En voyant Thomas foncer les sourcils, il continua dans le même ton :
- Papa et maman vivront toujours à travers toi, à travers nous, rien ne t'interdit de penser à eux, c'est normal de pleurer, mais au moins cela te rendra fort. Thomas, tu es courageux, je le sais. Seulement, le chemin est long pour que tu puisses retrouver le vrai bonheur que tu mérites.
- Sûr ?
- Certain.
Thomas ne dit rien ? Il donna à James l'impression de méditer ses paroles. Peut-être que c'était gagné. L'aîné des deux se tourna vers le paysage.
- J'ai traîné pendant 4 ans avec l'idée de ne pas retrouver le bonheur complet, l'idéal, l'unique, expliqua celui-ci, perdu dans ses pensées.
- 4 ans ? répéta Thomas, stupéfait. Et Lily ?
- Sais-tu qu'elle a perdu ses parents peu de temps après les nôtres ? se tourna-t-il vers son frère qui hocha la tête. Eh bien, elle avait du mal à digérer cette nouvelle, surtout que sa sœur avait refusé de la prendre en charge.
- En charge ? Mais elle est majeure que je sache !
A la surprise de Thomas, James fit non de la tête et retourna au paysage.
- Pas dans le monde moldu. Elle est venue vivre avec nous, mais ce n'était pas facile. On a dû serrer les coudes pour surmonter les difficultés. Comme tu le sais, cela nous a beaucoup rapproché.
Thomas baissa la tête, trouvant soudainement ses pieds intéressants, bien qu'il sache que son frère ne put le voir.
- C'est seulement avec la naissance d'Harry qu'on a redécouvert le bonheur, confessa celui-ci d'une voix tremblante comme s'il avait honte de l'avouer devant son propre père. C'est à ce moment-là que j'ai compris qu'il ne valait pas la peine de rechercher le Bonheur, avec un B grand, mais tout simplement laisser le temps régler les choses, même si le long chemin est truffé des obstacles.
Le jeune Potter releva doucement la tête, les yeux humides. Il se souvenait bien la naissance d'Harry. James lui avait surpris. Il avait eu l'impression de le retrouver avant le mort de ses parents.
- Il y a inévitablement des moments où j'ai eu des blues quand je pensais à nos parents ou à nos grand-parents, pourtant cela m'a donné un peu de courage et de force pour protéger Harry, raconta-t-il en sachant que son frère l'écoutait. C'est pour lui que je veux me battre. Comme l'avaient fait papa et maman pour nous, pour tout le monde.
Il sursauta lorsque des mains sont posées sur ses épaules et il se rendit compte qu'il s'agissait celles de James.
- Thomas Ambroise Potter, le sermonna-t-il, je t'aime et je ferai tout pour te protéger ainsi qu'Harry et Lily. Vous êtes ce qui j'ai au monde, hormis la bande.
Ce discours émut l'adolescent. Il ne parvenait pas à retenir ses larmes. Il se jeta subitement dans les bras de son frère et pleura. D'abord surpris, James l'enlaça et caressa son dos pour le détendre comme il l'avait fait plusieurs fois avec lui quand celui-ci était plus jeune. Ses larmes ne purent s'empêcher de couler sur ses joues.
- Ca va mieux ? demanda-t-il après un long silence.
- Oui, je comprends un peu mieux, répondit son frère avant de se retirer de son étreinte. Je dois alors me patienter.
- Bien parlé ! se réjouit-il en tapotant son épaule. Raconte-moi la scène du petit Malefoy dans la Salle Commune. Dumbledore m'a laissé l'entendre… Que s'était-il passé exactement ?
Thomas retrouva son sourire malicieux.
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Dans un couloir étrangement silencieux, se résonnèrent des pas las mais déterminés. Derrière ses jambes, se flotta une cape, plutôt une robe brun foncé, qui vint confirmer l'hâte du sorcier. Il jeta un rapide coup d'œil à la fenêtre sans vitres qui repoussait magiquement des agressions aériennes.
Le paysage était couvert de neige blanche sans traces dans les environs. Les plus récents vers le lac étaient à présent cachés derrière les épais flocons de neige. Les élèves étaient partis ce matin par les traîneaux. Ils devaient être à point arrivés pour les fêtes en famille, ce soir-même.
Lui, n'ayant presque plus de famille –son unique petit-neveu était parti à l'autre bout du monde avec sa petite famille-, était invité par le Château à dîner en compagnie de ses collègues et de quelques rares élèves pensionnaires pour les petites vacances. Il devait, lui-même, se rendre à la Salle Commune dans quelques minutes. Mais avant, il eut besoin de rencontrer le Directeur.
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Le sorcier portant l'uniforme traditionnelle d'un Maître des Potions s'arrêta à la hauteur de la gargouille à qui il donna un mot de passe. Il s'effleura dedans sous le regard sévère de la statue et monta dans les escaliers jusqu'au bureau du Directeur. Arrivé à la dernière marche, il prit une grosse inspiration et entreprit de toquer la porte.
Soudain, il hésita stoppant brusquement son geste vers le bois de chêne, noirci par des années passées, qui sert de porte. Une idée lui traversait à l'esprit : et si son projet s'avérait peu concluant ? Il perdrait certainement tout et serait renvoyé à Azkaban pour avoir pratiqué des expériences illégales.
Il secoua brusquement, chassant ses doutes.
De toute façon, même s'il réussirait à atteindre son objectif, ses travaux seraient rendus publiques et lui serait renvoyé à la prison. L'un ou l'autre, il était prêt à prendre des risques, poussé par son amour pour la recherche. Il l'avait toujours, cette passion.
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Oui… Passionné de recherches. Celles-ci étaient extrêmement longues et pénibles, mais là, il était si près du but. Il faudrait qu'il atteigne son objectif. Cette fois-ci.
Le sorcier se décida enfin à porter sa main vers la porte alors qu'une voix s'éleva :
- Entrez donc mon cher Horace Slughorn
Le dénommé Slughorn cilla ses yeux, se demandant comment le Directeur pouvait le voir à travers la porte, mais en se souvenant qu'il n'était pas un grand sorcier pour rien, le plus vieux des professeurs se décida alors à pénétrer dans son bureau.
- Je suis venu vous annoncer que les élèves devaient être arrivés à la destination dans quelques minutes.
Albus Dumbledore hocha la tête et tendit sa main vers une assiette des petits fours posée dans un coin écarté des papiers interminables qui menaçaient de tomber du bureau.
- Galettes de citron ? C'est délicieux, c'est une quichenotte (1) qui me les a faites et offertes quand je suis passé en Bretagne…
Slughorn le regarda comme s'il était un extraterrestre. Comment une moldue peut-elle se faire appeler ainsi pour ne pas vouloir l'embrasser alors qu'elle faisait des gâteaux pour lui ? Etrange coutume…
Connaissant les goûts 'exotiques' du Directeur, Slughorn fit non de la tête et sortit de sa robe de sorcier un parchemin.
- Albus, je… Voici ma démission, lâcha-t-il en tendant le parchemin au Directeur.
Celui-ci le prit, mais ne le consulta pas, sachant que son interlocuteur se lançait dans ses explications.
- J'ai beaucoup réfléchi, comme convenu, je vous informe des avancés de mes recherches. Il se trouve que je suis tout près du but et j'estime plus judicieux de me retirer pour me consacrer pleinement de mon projet, poursuivit-il. Et puis, j'ai passé pas mal de temps entre ces murs, j'ai envie de changer, si vous me le permettez… finit-il en esquissant un sourire narquois.
Il n'avait jamais aimé Albus, il le connaissait depuis un long moment, du temps où il était étudiant et lui, professeur de Métamorphose. Il se moquait de lui car malgré la bataille de Grindelwald, le directeur n'avait pratiquement pas quitté le Château.
Tous ses collègues s'amusaient à le comparer au Directeur pour la même passion de l'enseignement et lui prédisaient une longue longévité au poste de Professeur de Potions. Mais Sluhgorn ne l'entendait pas de cette façon. Il voulait même changer. Ses recherches lui donnaient une opportunité et il devait la saisir.
- Je comprends, mais mettez-vous à ma place, argumenta Dumbledore, l'air ennuyé, mais il s'y était attendu. Je dois trouver quelqu'un dans l'immédiat pour vous remplacer. Ne pouvez-vous pas y rester jusqu'en Juin ?
- Non.
- Soit. Êtes-vous sûr et certain de parvenir à vos objectifs de recherche ?
- Sûr et certain.
- Bien, je n'ai plus qu'à respecter notre marché, soupira-t-il. Au besoin, vous êtes toujours le bienvenu.
- Merci. Je suis sûr que vous n'aurez pas du mal à me trouver un remplaçant.
- Passez-vous Noël avec nous ? demanda Albus avec espoir.
Slughorn poussa un ricanement nerveux.
- Ne me faites pas avoir à votre jeu, Albus, rétorqua-t-il, en secouant la tête. Vous pouvez être rusé, mais je ne me laisserai pas aller. Non, c'est non. Si je vous ai présenté ma démission, c'est maintenant.
- Si vous le dites, céda-t-il en se relevant de son siège. Je vous souhaite de bonnes réussites et de bonnes fêtes, termina-t-il en tendant la main.
- Et moi de même, fit-il en serrant la main. Adieu.
Sur ce, le démissionnaire quitta le bureau, laissant Dumbledore seul. Celui-ci s'approcha du télescope magique devant la fenêtre derrière son bureau et observa le ciel gris, bientôt sombre.
« Pas adieu. On se reverra un jour. »
Le plus vieux des sorciers vivant à Poudlard esquissa un sourire malicieux. Slughorn avait raison : il n'aura pas plus du mal que chaque été à trouver un nouveau professeur. Il le connaissait bien. Trop bien. Hélas, pas très suffisamment. Tout à coup, il se mit à siffler et Fumseck apparut devant lui sur son bras tendu.
- Tu veux bien m'emmener là où tu sais ?
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°
Assis sur une chaise, Remus feuilleta une des magazines sorcières tout en jetant des coups d'oeils réguliers sur le petit Harry qui se trouvait dans un petit coin de l'espace de jeux. Il essayait de monter un château de cubes plastiques. Remus leva la tête et aperçut la main peu assurée du petit garçon s'approcher du dernier cube pour en mettre un autre. Le jeune homme délaissa momentanément sa magasine pour admirer la dextérité du Potter.
Des cris survivrent brutalement, sursautant les passagers, Harry et Remus en premier. L'enfant, pris par surpris, fit tomber le cube qui succomba inévitablement ses congénères par terre et fixa l'arrivée fracassante des jeunes gens qui se disputaient. Remus se redressa immédiatement et reconnut la voix de Gwenaëlle bien que celle-ci ait le dos tourné. Il secoua la tête, amusé et prit Harry à son cou avant de s'approcher de l'amie de Lily.
Cette dernière, insatisfaite de la réponse de son frère, insistait pour connaître la présence d'une vieille dame qu'elle avait rencontrée en compagnie de son frère. Celui-ci, exaspéré, essayait d'éviter ses questions 'embarrassantes' pour lui. Fort heureusement pour lui, toute la conversation s'était découlée en français.
- Wanny, qui est-elle réellement pour toi ?
- Elle n'est qu'une passagère qui a besoin d'aide pour moi, Nanou !
- Hé, ne m'appelle pas ainsi !
- Tu as commencé alors je continue.
Remus vit le jeune homme croiser ses bras, la tête hautaine, tandis que Gwenaëlle, fulminante, plissant ses yeux. Il se tourna vers Sirius, qui, las, haussa les épaules, en signe d'impuissance.
- Eh bien, Wan, qui a dit : « Excusez-moi d'être obligé de vous interrompre, Yoko, si vous ne voulez pas reporter votre portoloin » ? Tu l'as appelée par son prénom !
- Elle me l'a demandé ! Si tu étais arrivée à temps, je ne l'aurai pas accompagnée à la station comme un gentleman !
Gwenaëlle fit l'une des grimaces les plus exagérées pour se moquer de son frère. Remus sentit les petites mains lui serrer, le petit garçon avait peur de la tonalité qu'avait prise la conversation. Il s'approcha de Sirius, mais un rapide coup d'œil sur lui suffit au jeune homme de deviner son indisponibilité de s'occuper d'Harry et puis, ce dernier ne semblait pas vouloir le quitter. Sirius tentait désespérément de suivre la conversation.
- Toi un gentleman ? Tu me fais marrer. Tu n'as pas trop changé à ce que je vois.
- Ah ouais, toi non plus ! Toi et ta réputation de ponctualité ! Je me demande comment tu as fait pour éviter les retenues à Poudlard…
- STOOOOP ! cria Sirius, tandis qu'Harry sursauta.Arrêtez, s'il vous plaît, de vous quereller en français ! Et puis, j'aimerais savoir ce qui est en question de cette dispute.
Erwan et Gwenaëlle se turent immédiatement et scrutèrent Sirius avec étonnement. Remus jugea préférable s'éloigner de son ami et retourna voir James avec Harry tétanisé. Un Maraudeur le plus turbulent du quatuor demandant le silence n'était pas une situation laquelle ses camarades étaient habitués quand ils étaient à Poudlard. Le plus jeune des garçons se tourna vers sa sœur avec un sourcil interrogateur, comme s'il attendait sa bénédiction.
- Oh ! fit la seule fille du groupe.
- Je le connais, Gwenaëlle ? lança son frère dans un chuchotement, mais suffisamment fort pour que Sirius l'entende.
- Peut-être que non. Tu te souviens de lui ? l'interrogea-t-elle après avoir fait semblant de réfléchir.
- Peut-être, hésita celui-ci en français avant d'esquisser un sourire machiavélique, par contre celui qui ramène des filles dans son lit, oui.
- Il me semblerait que oui. Alors c'est bien mon Sirius, approuva la jeune fille en souriant.
Erwan s'apprêta à ouvrir sa bouche, mais sa sœur l'empêcha en lui plaquant sa main sur sa bouche. Sirius, perdu, gratta son crâne et regarda alternativement les Dartagnan, avant de se tourner vers son amante.
- Gwen ? A quoi tu joues ? souffla-t-il d'une voix inquiète.
- Rien de particulier, Sirichounet, lui répondit-elle, toujours souriante et la main collée sur la bouche de son innocent frère.
Erwan pouffa à l'évocation de son surnom ridicule, mais se tut immédiatement au regard noir de sa sœur.
- Erwan, je peux te faire confiance ? s'enquit-elle d'un ton menaçant.
Il acquiesça farouchement à la vue perplexe de Sirius.
- Bien, Sirius, expliqua son amante après avoir retiré sa main de la bouche de son frère, on parlait de la dame pékinoise que nous avons rencontrée tout à l'heure.
- Après, notre… hum… notre « dispute » à ce propos est dérivée sur la réputation de la ponctualité de ma chère sœur, continua Erwan sous le regard sévère de la jeune fille.
- Ah, fit bêtement Sirius.
- Ce n'est pas tout, ajouta Gwenaëlle en ignorant le regard noir de son petit frère, j'ai émis des doutes sur sa réputation de gentleman.
- Lui, un gentleman ? Celui que j'ai connu n'arrêtait pas de pisser dans sa culotte ? renchérit Sirius, ayant compris le jeu de son amante tandis qu'Erwan devint rouge pivoine.
- Vous avez fait pire en ramenant une travestie moldue dans votre lit. Si je me souviens, cela devrait monter au nombre de… 10, le rabattit narquoisement le « pisseur ».
Erwan croisa ses bras et lança un regard plein de défi à Sirius, qui cligna ses yeux. Gwenaëlle se mordit la lèvre intérieure, se souvenant parfaitement de la fameuse scène, mais sentant que la conversation se dégénérait, elle crut bon d'intervenir en grondant son frère.
- Erwan, tu…
- Tu ne vois pas qu'il se fout de moi ? l'interrompit Sirius, en la tirant vers lui.
- Non ! Je suis au courant pour les travesties, à moins que tu aies un gros trou de mémoire. Il était déjà venu ici, il y a longtemps, le rappela-t-elle d'un ton neutre.
- Quand ?
- Quand je me suis installée pour la première fois en dehors du Collège ! Il est venu et il t'a compté les soirs où tu entrais dans mon appartement.
Délaissant la discussion un bref moment, Erwan aperçut Thomas commander des boissons au « Relais », un petit café.
- Tommy !
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- Tommy !
Le garçon brun sursauta et grimaça à l'évocation de son surnom, mais surtout à la voix qu'il n'avait plus entendue depuis plus de 4 ans. Il ne pouvait s'agir que… le frère de Gwenaëlle. Le seul qui n'avait pas été mis au courant de son changement de surnom. En effet, depuis son départ, il avait demandé à son entourage de ne plus l'appeler Tommy ou Tomby mais Tom ou Thomas, s'estimant ne plus être le même enfant depuis son entrée à Poudlard, en 1978. Quatre ans très exactement.
- Salut ! Ca roule, Raoul ? lança-il dans un français peu hésitant, en esquissant un sourire peu forcé.
La mine tantôt réjouie s'assombrit sur le visage d'Erwan. Il n'aimait pas cette réplique et Thomas le savait.
- Redis ça encore et je creuserai ta tombe, Tomby.
- Tu n'oserais pas ? bourdonna « Tomby », les yeux battus de chien.
- Oh ! Mon cœur est blessé ! dramatisa faussement son ami avant de se reprendre plus sérieusement. Je croyais que tu me connaissais par cœur, Tommy ! Allez…
- Thomas, tu es Tommy ? s'éleva une grosse voix qui ressemblait étrangement à un aboiement.
Erwan et Thomas s'immobilisèrent, n'osant pas se retourner pour voir l'auteur. Ils avaient reconnu la voix et celle-ci ne les présagea rien de bon.
- Euh… Sirius, j'y vais, commença le jeune Potter en prenant les boissons.
- Dis, tu t'appelles Tommy ? répéta la grosse voix colérique.
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Lassée, Gwenaëlle s'affala lourdement sur le seul fauteuil de la chambre sous les yeux étonnés des adultes. James était de nouveau au lit avec Harry sur ses genoux, écoutant Remus lire une petite histoire moldue. Les garçons étaient interrompus par l'arrivée de la future maman. Celle-ci massa son dos qui la faisait souffrir et remarqua les regards insistants des garçons. Elle soupira en s'étirant avant de les fournir une explication.
- Sirius entame présentement une nouvelle crise d'adolescent. Juste parce qu'il venait de découvrir qui est dans le même coup que mon propre frère, il y a 4 ans !
- Quel coup ? demanda Remus, perdu.
- Normal, tu n'étais pas là, s'empressa Gwenaëlle de répondre. En fait…
Elle lui raconta l'histoire des travesties que Sirius avait ramenées chaque soir dans son appartement pour fêter les premiers jours d'étudiant. Erwan et Thomas, enfants, impliqués dans cette affaire. Sirius cherchant un garçon au nom de Tommy.
- Jusqu'à présent, cet énergumène ignorait que ce petit voyeur démoniaque au nom de Tommy n'était autre que ton propre frère ! finit la jeune fille à l'intention de James.
Remus et James éclatèrent de rire sous le regard étonné d'Harry.
- Sirius veut massacrer mon frère alors ? s'enquit James dont le visage était rouge.
Derrière la porte, une voix rugit :
- THOMAS AMBROISE POTTER, REVIENS SI T'ES UN HOMME ! J'AI DEUX MOTS À TE DIRE !
- MAIS ENFIN SIRIUS, T'AS PAS LE DROIT ! NOUS SOMMES À L'HÔPITAL ! tenta l'intéressé de le raisonner.
- C'EST DE LA TRICHERIE ! UN CONTRE DEUX GAMINS SANS BAGUETTE ! JE CRIE SCANDALE ! protesta la troisième voix, qui appartenait à Erwan.
- M'EN FOUS ! s'entêta Sirius, enragé.
- Ca commence, confirma Remus en se redressant. Je crois que je ferai mieux d'aider vos pauvres frères en proie de Patmol.
- Non, l'arrêta-t-elle avant d'étirer un sourire mauvais. Laissez-les seuls. Ils ont ce qu'ils méritent et puis Patmol se rendra ridicule.
- INSONORISO ! STUPEFIX ! s'éleva une voix féminine.
- Ca c'est bien Lily, commenta James, amusé. On n'entend plus rien les garçons.
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La lumière du jour éclaircit la chambre, qui était maintenant occupée par deux jeunes garçons. L'un était debout, les mains sur les bords de chaque vitre qu'il referma ensuite, et l'autre encore au lit de fortune, paisiblement immergé dans une épaisse couette.
Se tournant, Thomas sourit et détailla son ami. Celui-ci pouvait incontestablement rivaliser avec Sirius dans cette position jugée inconfortable aux yeux des autres.
En effet, l'un des pieds du jeune homme était posé sur le dossier du lit, qui devait être l'endroit de l'oreiller, l'autre pendu, complètement entouré par une petite partie de la couette. Sa tête était complètement couverte de la couette, sauf on pouvait distinguer sa bouche ouverte, laissant couler une longue salive. L'une de ses joues dessinant des plis à plusieurs endroits, supposant qu'Erwan aurait longtemps cherché la bonne position toute la nuit. Son bras gauche, dépassant la couette, était étrangement plié. Tout seul sans support.
- Erwan ! Erwan ! Réveille-toi ! le secoua le jeune Potter avec force.
- Lais… moan, chui… en vaaaaaaah, marmonna-t-il d'une voix à la fois endormie et étouffée.
Thomas se gratta la joue. Il avait beau le secouer, mais rien ne faisait. Erwan était décidément difficile au lever. Il plaignait mentalement ses camarades français quand ceux-ci devaient le réveiller tous les matins.
« Très bien, la méthode forte s'impose… sourit-il en remontant ses manches en sortant la chambre. »
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Thomas revint plus tard avec un seau plein d'eau froide et se posta devant le lit du français. Il arracha brutalement la couette épaisse et renversa sans attendre plus l'eau sur son ami. Sa réaction ne se fit plus attendre.
- LETHUILLER, C'EN EST TROP ! TU NE PERDS… Tom ?
- Eh oui, c'est moi, confirma le farceur, le seau à la main. C'est qui ce Lethuiller ?
Le visage d'Erwan s'assombrit brusquement. Il passa sa main dans ses cheveux mouillés et soupira. Thomas croisa les bras contre sa poitrine, le sourire sur ses lèvres, attendant la réponse.
- Oh, un gars mauvais qui a un gros penchant pour la Magie noire en gros. Mais surtout qu'il me prend pour un souffre-douleur.
- Si je te connais bien, tu t'es défendu ?
- Oh, mon dernier coup sur lui est mémorable ! Je l'ai changé en fouine et fait sauté.
Le jeune Potter éclata de rire et après avoir calmé ce soudain éclatement, il conseilla à son ami de se changer et de descendre au petit déjeuner. Il se dirigea vers les escaliers pour ranger le seau alors qu'il entendit encore la voix de son ami :
- Dis Tom, tu crois que Gwen peut me laisser entrer chez elle ce soir ?
- Avec un énergumène en furie ?
Grognement en réponse. L'adolescent secoua la tête, amusé.
Depuis hier, n'ayant pas digéré la scène des travesties, Sirius avait obstinément refusé qu'Erwan dorme sous le toit de sa sœur, qui était également le sien. Lily avait sauvé le jeune français en lui proposant de l'héberger en attendant que Sirius se calme. Gwenaëlle lui fut, secrètement, reconnaissante. Enceinte et fatiguée, elle n'avait plus eu le courage d'affronter la crise de son amant, cependant, elle s'était promise de le tirer les oreilles dès le réveil.
A peine l'hôte des Potter termine son petit déjeuner qu'une porte d'entrée fracassa l'innocente mur dressée par certains cadres d'enfance de Lily et qu'une voix féminine, qu'il reconnut sa sœur, résonna dans la salle demandant de l'aider. Erwan, abandonnant son bol et son assiette dans l'évier, se rua dans le couloir d'entrée et s'immobilisa avec stupeur en voyant quand elle s'étira après avoir déposé un bac cartonné à Thomas. Sa sœur était enceinte. Cela se voyait un peu avec le ventre rond.
- Ma… Euh… Po… Tu… Pourquoi…
- … suis-je enceinte ? sourit sa sœur.
- Non, pourquoi ne m'as-tu pas mis au courant ? la reprocha son frère, retrouvant sa capacité à parler.
Gwenaëlle soupira et laissa Thomas sortir de la maison chercher d'autres sachets dans sa voiture. Elle retira son manteau qu'elle déposa au portemanteau et s'approcha de son frère.
- Je croyais que papa et maman t'avaient dit.
- Non, ils m'ont dit que tu avais quelque chose d'important à me dire, souffla-t-il.
A présent, il avait tout compris. Le comportement protecteur qu'avait montré Sirius envers sa sœur depuis PortoLondon, son étrange réaction quant à l'hébergement sous son toit, la fatigue de Gwenaëlle dans la chambre de James. Il éclata soudainement de rire à la surprise de Thomas et de Gwenaëlle.
- Alors, je vais être tonton ? demanda-t-il.
- Oui, dans trois mois, répondit-elle en mettant ses mains sur son ventre, l'air radieux. Dis-moi, tes affaires sont prêtes ?
- Cela veut dire que je peux enfin dormir chez toi ? Avec Sirius ? s'inquiéta-t-il soudainement à l'idée de se trouver avec l'enragé.
- Ne t'occupe pas de lui, le rassura-t-elle, je lui ai joliment préparé une séance « Himalaya » à son éveil. Il m'a promis de ne pas t'exclure en même temps que nos parents.
Les garçons se regardèrent, amusés. La spécialité de Gwenaëlle était d'envoyer tout gêneur à l'autre bout du monde, dans l'un des pires endroits glaciaux. Sirius était sa cible préférée.
- Ceux-ci viennent quand ?
- Dans quelques heures, d'ailleurs, Sirius le frileux doit les chercher. Allez, au boulot ! Il faut que tout soit terminé avant le retour de Lily avec James.
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°
- Charles Pline Weasley, peux-tu tenir tranquille une fois pour toutes ? Fred, Geo, arrêtez de faire déborder l'eau ! s'exclama-t-elle de colère avant de se tourner à son plus jeune fils, la mine joyeuse. Percy, va voir ton père s'il a fini d'habiller Ginny.
Le petit garçon, obéissant, quitta la salle de bain où se trouvait sa mère en compagnie de ses fils. Elle était occupée à faire le nœud papillon au jeune Charles qui fit une drôle de tête. Frédéric et Georges, ses frères jumeaux, jouaient encore dans le bain, ils avaient trouvé un nouveau jeu : ils faisaient déborder l'eau hors du bassin avec leurs mains.
Percy descendit dans la salle à manger où il retrouva Arthur en train de faire des grimaces à sa fille, récemment née, qui rigolait. De l'autre côté de la table, se retrouvaient les aînés des enfants de la famille, Bill et Wendy, qui étaient entrés dans une conversation animée dont le petit garçon ignorait l'origine. Il s'approcha de son père et lui rapporta la demande de sa mère à propos de Ginny, mais il n'obtint pas la réponse, interrompu par l'appel de Molly. Arthur monta à l'étage après avoir confié Ginny à Wendy, pour donner un coup d'aide à sa femme pour habiller les jumeaux turbulents.
Quelques minutes après, toute la famille fut prête et prit la poudre de cheminette en prenant bien soin d'envelopper Ginny pour la protéger des poussières pour attendrir à la cheminée de la maison de Remus, la seule et la plus proche des domiciles des Potter et Black-Dartagnan. Ces derniers ont été soumis à la protection magique de haut niveau, empêchant toute personne extérieure d'accéder à leur cheminée, même pour ceux qui étaient jugés dignes de leur confiance.
°
Après avoir été reçus chez Remus, celui-ci les conduisit à la maison des Potter. Durant le trajet, Arthur s'émerveillait l'invention qu'avaient fait les moldus pour voyager, Molly grondait les jumeaux qui s'amusaient à sauter dans les boues, Percy étudiait avec curiosité les coutumes des moldus, Charly, Bill et Wendy, peu rassurés, restaient proches de Remus et la petite Ginny dans les bras de son père somnolait, inconsciente des agitations de sa famille.
Quant à Remus, en tant qu'habitué du quartier moldu, il saluait les passagers et ignorait avec subtilité des regards méfiants qu'ils portaient sur ses amis. Le jeune homme les comprenait parfaitement. Les Weasley, qui allaient très occasionnellement dans ce monde, étaient tous vêtus des capes de différentes couleurs et des longues écharpes. Par chance, les moldus les semblaient normaux, étant donné de l'ambiance de Noël. Ils doivent penser que les Weasley portaient des cadeaux cachés derrière leurs capes.
- Remus ? Remus ?
- Oui ? fit celui-ci, sortit de sa transe.
- Pourquoi es-tu dans ces étranges habits ? demanda l'enfant rouquin, plus jeune que Bill d'une année, en désignant du doigt le manteau marron, une écharpe courte, des gants et un bonnet noirs.
- Charles ! Ce n'est pas bien de montrer le doigt ! Tu devr…
- Laisse, Molly. Charly, je ne sais pas pourquoi j'ai mis ces habits moldus, j'ai pris l'habitude de les mettre quand je me promène ici, expliqua Remus.
- Ah.
- Pressons. Lily nous attend.
Sur ce, Remus accéléra le pas et quelques minutes plus tard, il poussa la barrière et entra dans le jardin des Potter, mais au moment où il allait appuyer la sonnette qu'une porte s'ouvrit laissant un homme d'une cinquantaine d'années, équipé d'une seule écharpe pour s'aventurer dans la neige.
- Remus ! reconnut ce dernier. Comment vas-tu depuis la dernière fois qu'on ne s'est pas revus ? J'allais chercher du bois, James ne peut pas le faire…
- Restez au chaud, Enguerran, j'y vais, se proposa-t-il avant de se tourner aux Weasley. Entrez, je vous rejoindrai plus tard.
°
La fête de Noël bat à tout rompre. Les plus jeunes des enfants s'amusaient dans le parc d'Harry. Les adultes prenaient leur appétitif en s'émerveillant le sapin décoré traditionnellement de guirlandes, des boules et des guirlandes électroniques.
Arthur n'avait pas pu s'empêcher d'expérimenter ces derniers objets en les éteignant et rallumant, mais il dut s'arrêter en apercevant le regard noir de Molly, à l'amusement de James. Celui-ci, assis sur son fauteuil roulant, discutait avec Remus et Enguerran. Lily, Margareth, Molly et Gwenaëlle, du bébé de la jeune femme et des petites histoires d'enfance.
- Où est Sirius ? chercha soudainement Gwenaëlle. Sirius ?
- Je ne sais pas, répondit Lily, en tendant son cou dans l'espoir d'apercevoir l'intéressé dans la pièce. C'est étrange. D'habitude, il était toujours avec James. Plus d'autant que c'est son anniversaire, aujourd'hui…
- Non. Il est avec Thomas, répliqua sombrement Erwan, se servant de jus d'Orange dans son verre. Ca fait près de deux heures, remarqua-t-il en consultant l'horloge qui indiquait 19h30.
- Où ? s'inquiéta sa sœur en français. Il est où ?
- Gwen, calme-toi ! C'est pas bon pour le bébé ! s'exclama Margareth.
- Erwan Anatole Dartagnan, dis-moi où il est ? supplia la jeune fille en ignorant les conseils de sa mère.
- Dans la salle de bain, dit la voix penaude à la place d'Erwan.
Les filles se retournèrent et eurent un hoquet de surpris en le voyant. Thomas, au seuil de la porte, était tout mouillé et ses cheveux habituellement noirs de jais étaient peignés de couleurs verte, jaune et rose. Son costume brun avec des rayures roses était trop grand pour lui : ses manches pendaient et ses pans étaient remontés à des intervalles irréguliers.
- A l'occasion de son anniversaire, Sirius a… hum, il a eu la bonne idée de m'aider… hum, à choisir ma tenue de soirée, étala Thomas en gardant l'œil noir sur un Sirius triomphateur.
- SIRIUS ! s'écrièrent Lily et Gwenaëlle, outrées, à la surprise des invités.
James et Erwan retinrent désespérément de pouffer et Remus remua sa tête, soudainement fatigué.
- Mais qui peut m'expliquer ? hoqueta Margareth, perdue.
- NOUS expliquer, renchérit Enguerran sous le regard approbateur des Weasley.
Se tournant vers Arthur, Lily lui demanda sa baguette et lança un sortilège de métamorphose sur le jeune Potter pour le rendre plus présentable, avant de lui la rendre. Thomas, trop heureux de quitter l'étrange costume dressé par Sirius, était maintenant vêtu de jeans noir et de chemisier blanc et avait retrouvé les couleurs naturelles de ses cheveux. Il se précipita vers une chaise vide à côté de Charly, qui discutait avec les aînés Weasley. Erwan le rejoignit avec un verre, en laissant les adultes s'expliquer.
- Dis moi, Erwan, comment cela se fait que tu sois à Beauxbâtons et que ta sœur à Poudlard ? demanda Charly, reprenant la conversation comme si l'incident ne s'était pas passé.
- Sais-tu qu'on est inscrit au Collège dès la naissance ?
- Oui.
- Eh bien, Gwenaëlle est née à Londres avant d'être arrivée en France, ce qui fait que moi suis né à Saint Emilion, en France, éclaira-t-il en buvant son jus d'orange.
- Et toi, Thomas, qu'as-tu dit quand Lily et Gwenaëlle ont crié ? sonda Wendy, curieuse. Je n'ai pas compris.
- En fait… C'était du français. Gwen avait demandé à Erwan où était Sirius, commença Thomas, visiblement gêné, en gesticulant son ami.
- Il a répondu qu'il se trouvait dans la salle de bains, termina Erwan.
- Tu parles le français ? Je croyais que c'était la langue que seuls les Dartagnan parlaient ! clama la jeune rouquine, confuse.
- Non, corrigea Thomas, les Potter étaient d'origine française et il est presque de tradition dans la famille que les enfants apprennent la langue de ses parents.
- Sinon, comment veux-tu qu'on se comprenne facilement étant petits ? ajouta Erwan, en enlaçant son bras autour de l'épaule de son ami.
- C'est pas tout, mais j'aimerais savoir pourquoi ils se tordent de rire, observa Bill, silencieux jusqu'à présent.
Thomas et Erwan comprirent immédiatement l'origine de cette réaction et en une parfaite harmonie, ils se levèrent et disparurent dans la cuisine sous des regards étonnés des Weasley. Ceux-ci entendirent des brides de conversations.
- Heureusement que Lily est intervenue à temps ! Les gardes de sécurité n'arrivaient pas à rattraper le fou furieux, rigola Remus.
- Ils l'ont mis dehors ? devina Enguerran, dont ses joues étaient déjà rouges, à force de rire.
- C'est tout lui ! dramatisa Gwenaëlle, mais amusée. Pourquoi il ne veut pas comprendre que ce n'était que de l'histoire ancienne ? Il est imprévisible ! Je le croyais intelligent, mais là, j'en doute fort.
- Tu le connais, répliqua Lily en haussant les épaules. Il peut être intelligent quand il veut, mais en ce qui le concerne, uniquement à lui, c'est une autre chose.
- Exact ! renchérit James. Si je me souviens bien, il m'a demandé, face à face, si j'avais vu ce… Tommy, alors que Thomas était avec moi. J'avoue que sur le coup, je n'avais pas compris pourquoi il m'avait dit ça et mon frère s'accrochait à moi comme un enfant effrayé.
- Et, rajouta sa femme dont son visage était toute rouge, depuis, Thomas n'avait plus voulu se faire surnommer « Tommy » !
Tout le monde éclata de rire et au même moment, un bruit d'écrasement d'eau attira les occupants, y compris les plus jeunes enfants. Ils virent Sirius mouillé et derrière lui, se trouvaient Thomas et Erwan munis des seaux vides d'eau, l'air vengeur.
- Ziru t'avezi ! cria Harry, debout dans son parc, trop heureux d'avoir saisi le sens de « travesti ».
(1) Quichenotte De l'anglais « Kiss not to me! » Une dame bretonne qui porte une espèce de chapeau qui incite à dissuader quelconque de l'embrasser.
A bientôt donc... Cornett
