Base: Harry Potter

Auteur: Kris MADness

Genre: Slash, tout triste (parce que je suis triste ç.ç)

Pairing: Georges/Fred donc, ceux qui n'aiment pas le twincest peuvent partir n.n

Disclaimer: Absolument rien ne m'appartient, tout est à J.K. Rowling, blablabla... mais vous le savez déjà u.u"

Note de l'auteur: Et voilà donc le dernier chapitre, j'espère qu'il plaira à tout le monde. Ma fic sur Grindelwald et Dumbledore avance tout doucement, le premier chapitre est écrit, le second est en marche... j'attends d'en avoir en réserve pour commencer la publication... Bref, un grand merci à Jack R0TTENHEART, sarinette17, fanficreunies, Emy et Kynn pour leur reviews et merci à tous ceux qui auront suivi cette fic. Bonne lecture.

Titre: Frozen to lose it all

Chapitre 7: You look so fine.


Il s'était excusé. Sa mère ne méritait pas qu'il se montre si froid avec elle, il le savait. Mais peut-être ses côtes ne méritaient-elles tout de même pas un tel châtiment. Il grimaça.

« Maman. »

Evidemment Molly Weasley ne fit que resserrer ses bras autour du corps de son fils qui grimaça de plus belle en se sentant craquer de partout.

« Maman. »

Il commençait à se demander s'il survivrait jamais à une telle étreinte.

« Maman. Tu vas me tuer. »

Molly Weasley sembla réaliser que son pauvre garçon avait presque viré au vert, aussi décida-t-elle qu'il était temps de le lâcher. Georges en soupira de soulagement et s'éloigna un peu pour remettre ses vêtements en ordre. Sa mère était un vrai fléau quand elle s'y mettait.

« Hum, eh bien... tu as envie de manger quelque chose de particulier ce midi? »

Georges leva les yeux au ciel. Ils avaient à peine fini le petit-déjeuner que sa mère lui demandait déjà ce qu'il voudrait manger dans trois heures.

« J'ai bien envie de dinde. Tu n'as qu'à inviter cousin Larry à dîner. »

Sa mère lui colla une tappe à l'épaule -à defaut d'être assez grande pour pouvoir atteindre la tête- et s'éloigna, heureuse d'entendre son fils ricaner derrière elle.

Il est difficile parfois de prendre sur soi. Difficile de forcer la bonne humeur. Et surtout, il est difficile de ne pas se sentir honteux ensuite, lorsque l'on a retrouvé le sourire à défaut de pleurer encore les êtres disparus. Georges avait peur de cela. Il avait peur de se remettre à vivre et que cela ne salisse la mémoire de Fred. Il ne se remettrai jamais totalement de sa mort, bien évidemment, mais était-il en droit de réapprendre à vivre? Il ne savait pas. Fred lui aurait sans doute répondu « oui » mais lui penchait plus pour le « non ». Il soupira. C'était compliqué.

S'il avait fallu l'expliquer, la réponse aurait été simple. Encore fallait-il trouver quelqu'un à qui s'adresser. Georges savait qu'il ne pourrait jamais rien dire à qui que ce soit. Surtout pas à ses parents, pas à ses frères et soeurs et il ne voulait pas mettre un tel poids sur les épaules de Harry ou Hermione. Il n'avait donc plus qu'à se taire. Mais qu'y avait-il de si horrible à cacher? La raison de sa souffrance sans doute. Fred était son jumeau. Son double. Mais il avait également rempli tous les rôles que l'on est à même de remplir pour une seule personne. Il avait été son frère. Il avait été son meilleur ami. Et plus que tout, il avait été autre chose. Quelque chose que Georges se refusait à définir. Même si évidemment, la réponse lui sautait aux yeux. Fred avait donc était un frère et un ami. Et plus que tout, vers la toute fin, il avait été un amant.

Georges ferma les yeux. Il lui était bien difficile d'admettre une telle chose sans se sentir coupable vis à vis du monde entier. Vis à vis de sa mère et de son père. Molly et Arthur Weasley ne devait jamais apprendre cela, ils ne s'en remettraient pas. Du moins c'était que lui, supposait.

-

« De quoi veux-tu parler? »

Avoir l'air le plus détaché possible. Feindre la surprise. Alors que l'air mortellement sérieux de Fred ne trompait personne. Il savait que cette discussion arriverait. Il le savait. Mais repousser l'échéance n'aurait pas été pour lui déplaire. Et c'était bien entendu sans compter sur l'insistance de Fred.

« Tu sais très bien de quoi je veux parler. Tu sais toujours de quoi je veux parler, Georges. »

Le susnommé soupira et referma sa revue de Quidditch. Adopter un ton calme. Alors qu'intérieurement il crevait de trouille.

« Je suppose que tu as raison. Je t'en pris, commence. »

Fred fronça les sourcils et Georges détourna les yeux. S'il commençait à faire preuve de tant de mauvaise foi, la discussion promettait d'être électrique.

« Bien. Je n'irai pas par quatre chemins: qu'est-ce qu'on est en train de faire?

- Nous sommes en train de parler, non?

- Arrête, tu m'as parfaitement compris. », fit Fred d'un air irrité.

Et c'était vrai, mais Georges ne savait tout simplement pas ce qu'il convenait de répondre dans ce genre de situation. La vérité, sans doute? Parfait. Seulement il ne la connaissait pas.

« Ecoute, pour être franc, je n'en sais rien.

- Je vois. Et?

- Et quoi? s'étonna Georges.

- Qu'est-ce qu'on fait?

- Comment ça?

- Ca ne peux plus durer, j'espère que tu t'en rends compte. Alors qu'est-ce qu'on fait? Il va bien falloir se mettre d'accord. »

Georges fronça les sourcils.

« Tu te rends compte j'espère que ce n'est pas normal, non? On n'est pas sensés... faire ça. », renchérit Fred.

Il fronça à son tour les sourcils et sembla réfléchir aux paroles qu'il venait de prononcer. Apparemment lui-même n'était pas sûr de ce qu'il convenait de faire.

« Pour être franc... je ne trouve pas ça vraiment anormal. Comprends-moi bien, j'aime t'embrasser, c'est tout. J'aime t'avoir près de moi et j'aime avoir tes lèvres contre les miennes. Je t'aime. Inutile de chercher midi à quatorze heures.

- O-oh. »

Fred semblait franchement surpris. Et ses pommettes étaient devenues légèrement roses.

« Eh bien... hum... je veux dire... on fait quoi alors?

- On continue?

- On continue... mais... et maman? »

Georges sentit son ventre se nouer. Il n'avait pas penser à cela.

« Je... j'en sais rien, on improvisera.

- Tu es sûr? Je ne crois pas que ce soit une bonne idée...

- C'est comme tu veux. Tu sais ce que j'en pense, à toi de choisir. »

Fred sembla se perdre totalement dans d'intenses réflexions, sous le regard anxieux de son frère. Plus tard il se retrouverait sur ses genoux à l'embrasser plus profondément que d'habitude.

-

« Georges? »

Le rouquin sursauta et se retourna vers son frère qui, la tête aussi rouge qu'une tomate bien mûre, semblait sur le point de lâcher le lourd carton qu'il avait entre les mains.

« Désolé, j'étais perdu dans mes pensées.

- J'ai vu ça oui, mais bordel viens m'aider TOUT DE SUITE! »

Georges ricana devant l'air furibond de son cadet et lui pris le carton des bras pour aller le poser avec les autres, dans l'arrière-boutique. Il était 7h02. Dans moins de deux heures, Weasley Farces pour Sorciers facétieux renaîtrait de ses cendres. Dans moins de deux heures, il prendrait un nouveau départ. Perspective assez effrayante. Mais il n'y avait rien à regretter. Il ne fallait pas regretter. A aucun moment. Honorer la mémoire de Fred, encore et encore. Et ne jamais l'oublier. Ce dont il était incapable d'ailleurs.

« Où est passée ta force Ronnie? », le charria-t-il avec un sourire goguenard.

Ledit Ronnie rougit un peu plus encore et marmonna ce qui ressemblait à s'y méprendre à une floppée d'injures. Georges ricana et contourna le comptoir pour vérifier une dernière fois que tout était en ordre. Les Boîtes à Flemme et les Crèmes Canari étaient à leur place, parfaitement alignées. Bien bien. Ne manquaient plus que les clients.

Il avait l'air parfaitement détendu, même si intérieurement il était tétanisé par la crainte et l'appréhension. La peur de l'inconnu. Cela ne l'avait jamais effrayé avant, mais maintenant il était seul. Plus de jumeau, plus de Fred. C'était comme réapprendre à vivre depuis le début. Il faudrait faire avec.

Il se retourna vers Ron qui l'avait rejoint.

« Bon, je pense qu'on ne pourra pas faire mieux pour une réouverture. Une glace, ça te dit? »

Le visage de Ron s'illumina et il accepta de bon coeur. Georges sourit. Ils sortirent ensemble de la boutique et se dirigèrent vers le glacier Florian Fortarôme qui venait tout juste d'ouvrir. Ron disparut bientôt derrière une coupe de glace bien garnie et Georges dégusta tranquillement son sorbet Fizwizbiz, se sentant légèrement décoller de sa chaise (1). Les deux heures passèrent rapidement, Florian Fortarôme trouva un excellent client en la personne de Ron Weasley qui entamait désormais sa troisième coupe de glace. Georges était perdu dans ses pensées.

-

Quand il s'était levé la veille, bien au chaud sous ses couvertures, Fred dormant paisiblement dans ses bras, il n'aurait jamais pensé qu'il se retrouverait dans ce cimetière. Bien sûr il savait que cette journée serait celle de la bataille finale, mais il était suffisamment fou pour espérer que ce ne serait qu'un simple moment à passer et qu'ensuite ils reviendraient chez eux, heureux de leur victoire, et qu'ils se laisseraient aller doucement sous les draps.

Ses draps, il ne les avait pas rejoints, et celui qui recouvrait en cet instant le corps de Fred était d'une blancheur à faire vomir. Sa peau était moite, des perles de sueur froide coulaient dans son dos et sur son front. Sa salive s'était faite pâteuse, et la nausée lui minait le teint. En cet instant on aurait été en droit de se demander si Georges Weasley n'était pas mort sur place tant il était livide. La seule chose qui permettait de se dire qu'il était en vie était sa façon de trembler sans discontinuer.

Il espérait encore que tout cela ne soit qu'un mauvaise rêve, qu'il se réveille dans les bras d'un Fred inquiet de le voir s'agiter dans son sommeil. Il espérait encore se retrouver dans ses bras rassurants, il espérait encore sentir ses mains caresser son dos pour le calmer. Il espérait encore que Fred l'embrasse et lui fasse comprendre à quel point il l'aimait. Il espérait. Et cela faisait encore plus mal.

Le prêtre avait commencé à prononcer l'oraison funèbre et Georges ne pouvait s'empêcher de penser que le vieil homme était bien loin de la réalité dans les propos qu'il tenait. Personne n'avait connu Fred mieux que lui, personne. Mais il ne se sentait pas la force de dire quoi que ce soit. Il avait perdu un frère, un ami et un amant. La perte était totale.

La mise en terre avait eu lieu. Tout était fini. Seule la main de Lee Jordan dans son dos lui avait permis de ne pas craquer. Les gens quittaient peu à peu le cimetière, Arthur Weasley avait conduit sa femme en pleurs jusqu'au portoloin qui les ramènerait au Terrier.

« Georges? »

Il voulait rester là. Il voulait qu'on le laisse tranquille. Et plus que tout, il voulait mourir.

« Georges?

- Viens Ginny, il a besoin d'être seul. », chuchota Hermione d'une voix tremblante en entraînant avec elle la cadette Weasley.

A cet instant, Georges lui en fut infiniment reconnaissant, bien qu'il ne le témoignât pas.

Il était resté là un long moment. Il ne savait plus à quel instant il s'était mis à parler à cette stèle froide frappée des noms et dates de son frère. Le seul regret qu'il avait était que son nom n'accompagnait pas, pour la première fois de sa vie, celui de Fred. Il parla un long moment.

Et finalement les larmes salvatrices s'étaient mises à couler.

-

La boutique était bondée. Les adolescents se bousculaient dans les rayonnages et à la caisse, discutant dans un brouhaha assourdissant. Weasley, Farces pour Sorciers facétieux était brillamment revenu à la vie. Le succès était total. Les gens se pressaient pour entrer et acheter toutes sortes d'objets, faisant leurs réserves pour la rentrée qui arrivait. Poudlard et son affreux conscierge n'avaient qu'à bien se tenir.

Georges accorda un immense sourire au garçon qui venait de lui acheter une dizaine de Crèmes Canari. Il se souvenait de ce garçon; c'était le petit voleur que Fred et lui avaient changé en oiseau.

« On devient vite accro hein? »

Le garçon rougit et acquiesça faiblement tandis que sa mère l'entraînait avec un regard courroucé vers la sortie. Les affaires marchaient à merveille. Ron faisait des allées et venues entre l'arrière-boutique et les rayons tant il fallait rapidement renouveller les stocks et Georges était plus que débordé à la caisse.

La porte s'ouvrit en tintant et Harry, Hermione et Ginny pénétrèrent dans la boutique en adressant un immense sourire à Ron et Georges. Ils se dirigèrent vers eux.

« Alors, les affaires? demanda Harry avec un immense sourire.

- C'est horrible, geignit Ron, j'ai mal partout. J'aurais du y réfléchir à deux fois avant de proposer à cet imbécile de reprendre la boutique avec lui. »

Harry ricana et Georges vint les rejoindre quelques instants, tant que personne ne se présentait à la caisse.

« Ron bon sang, le secret de la vente c'est le sourire alors arrête de tirer cette tronche. On dirait un paillasson, sourit Georges.

- Tu sais ce qu'il te dit le paillasson? s'offusqua Ron en rougissant jusqu'aux oreilles.

- Welcome? »

Tout le monde éclata de rire, la vie reprenait doucement son cours.

FIN.


(1) Les sorbets Fizwizbiz sont des sorbets qui font s'élever ceux qui les mangent de quelques centimètres au-dessus du sol.

Et voilà donc, première fic que je finis depuis loooongtemps... ça fait bizarre u.u
J'espère que vous aurez aimé.

Une dernière review? Histoire d'avoir un avis global...

Kris MADness