Trois temps

Présent

Il ne savait pas ce qui se passait, ces souvenirs se bousculaient dans sa mémoire : la mort de Dumbledore... le serment de Ron et d'Hermione... leurs propres morts... celle de Ginny et du reste de la famille Weasley et peu après celle de Remus et de Tonks...

Tout des souvenirs douloureux.

Il s'était décidé, dans un élan de rage incontrôlable, de faire payer à Voldemort. Maintenant, tout de suite, il voulait sa vengeance sur le moment.

Il était allé trouver le Lord Noir, et le duel qu'ils avaient entamé avait à peine commençé, que c'était déjà le 'Priori Incantatum'. Les bulles étaient, une fois de plus, rentrées en contact avec la baguette du mage noir.

Il avait entendu des voix. Pas celles des personnes mortes qui 'ressuscitaient' miraculeusement de la baguette de Voldemort, non, d'autres voix, graves, qu'il n'arrivait à distinguer au début. Puis, progressivement, il parvint à saisir quelques paroles de ce qui semblait être une mélopée :

« Il est seul, le Survivant,

Il est faible, il ne peut survivre !

Les Dieux, sous leur aile l'ont pris,

Bénis soit-il, l'enfant marqué !

De leur décision commune,

Il ira dans le passé,

Apprendre tout ce qui doit être appris,

Savoir tout ce qui doit être su,

Et seulement peut-être,

Il pourra révenir,

Au Commencement de son histoire !

Peut-être qu'il réussirra,

Peut-être qu'il mourra,

Seuls les Dieux le savent !

S'il réussit,

Il aura droit à la paix,

S'il échoue,

Il sera condamné,

A errer pour l'Eternité,

Sur cette Terre, inhospitalière !

Va donc,

Enfant de l'Infortune !

Ton unique chance,

C'est toi !

N'oublie jamais,

Que le voyage sera long,

Que tu n'as encore le droit de faire ce qu'il te plait,

Et que Bénis sois-tu par les Dieux bons ! »

La lumière dorée s'intensifia, l'enveloppa complètement, et soudain, il disparut.

Le dôme de lumière s'était éteint, et Voldemort se tenait seul au milieu d'une plaine. Il regardait encore l'endroit où se tenait Harry, quelques secondes plus tôt.

Harry se trouvait au milieu d'un tourbillon de lumière, ses cheveux volaient dans tous les sens, et fouettaient son visage.

Il entendait toujours ses voix graves murmurrer cette douce mélopée, et soudain, les voix se turent, le vent arrêta de souffler, et la lumière s'éteingnit. Il tomba sur ses genoux.

Il se releva, et regarda autour de lui. Il était dans une plaine vide, et une pluie froide tombait du ciel gris.

Il frisonna.

Il était arrivé.

Chapitre 2 :

Passé

Un petit garçon jouait à l'orée de la forêt, avec une de ces amies d'enfance et meilleure amie : Hermione. Il courut jusqu'à trouver ce qu'il cherchait : un gros buisson bien touffu. Il se cacha derrière et observa la suite des évenements.

La petite fille brune écarta ses mains de devant ses yeux et regarda autour d'elle avec ses grands yeux chocolats.

Elle observa l'herbe mouillée et eut soudain un grand sourire chargé de l'innocence qu'on avait à cet âge-là (Qui était ravissant sur cette petite bouille d'ange, faisons le remarquer).

Elle suivit les traces de pas et se tient peu après devant le buisson où s'était caché le garçon (qui adressait des prières silencieuses à tous les dieux, déesses, prophètes et saints existant pour que la fille ne le remarque pas, hélas !)

La petite fille écarta soudain le buisson et éclata d'un rire qui faisait résonner des millions de petites cloches de cristal.

-T'as perdu Romain !

Le petit garçon prit une mine boudeuse et lui tourna le dos.

La fillette se plaça devant lui et lui fit un bisou sur la joue.

Il releva ses yeux noisettes puis se remit immédiatement à fixer le sol. Il marmonna :

-T'es trop intelligente pour que ce soit bon pour toi ! Tu ressembles trop à ta maman, tu risques d'avoir le cerveau qui fume si tu continues à penser trop ! J'suis sûr que t'as triché !

-Non ! C'est pas vrai ! C'est toi qui réfléchit pas assez ! Il suffisait de suivre tes traces de pas dans l'herbe qui est mouillée ! T'es qu'un mauvais joueur !

-Non, c'est pas vrai !

-Si, c'est vrai !

-Non !

-Si !

-Non !

-Si !

-Non !

-Tu...

-Aidez-moi !

Sous le regard ébahi des deux enfants, un petit adulte comme ils les appelaient (c-à-d. un ado pour nous), s'était évanouit sous leurs yeux.

Le dénommé Romain ordonna à la petite fille d'aller chercher sa maman ou son papa.

La fillette courut le plus vite possible jusqu'au château, passa l'enceinte, et déboula dans le boudoir préféré de sa mère.

Elle expliqua le plus vite possible à celle-ci ce qui se passa. La femme d'une trentaine d'années se leva brusquement et commença à courir le plus rapidement que lui permettait sa robe, tout en traînant sa fille derrière elle.

Elle arriva près de Romain et de l'inconnu et quand elle vit, son expression devint livide.

Elle ordonna à Romain de chercher son père et à sa fille de trouver sa marraine.

Harry se réveilla, il avait la tête douloureuse.

Il entendait des voix, il fit semblant de continuer de dormir.

Il ne se souvenait plus très bien, il était occupé avec Voldemort, le Priori Incantatum s'était de nouveau manifesté, et puis plus rien. Il avait entendu des voix, étranges, graves qui psalmodiaient incessament leur irrémédiable mélopée. Il avait été entraîné dans une espèce de tourbillon lumineux, et soudain, tout c'était arrêté. Il s'était retrouvé exactement au même endroit (enfin c'est ce qu'il pensait) bien que la végétation et le lieu lui-même avait quelque chose de changé. Il ne savait pas quoi mais en tout cas ce n'était plus la même chose. Et le plus important : Voldemort n'était plus là. Disparu, envolé le Voldy ! Il avait erré pendant quatre jours, à la recherche de quelqu'un qui pourrait l'aider mais non, ça restait désepérément vide. Il n'y avait personne.

Puis il les avait vu de loin, c'est deux p'tits bouts t'chou qui jouaient ensemble. Il avait fait la seule chose qu'il était capable de faire en cet instant : il marcha le plus rapidement possible jusqu'au enfants et il eut à peine le temps de prononcer deux mots qu'il s'évanouit.