Tarame : J'aime beaucoup l'arrogantshipping aussi, c'est pourquoi j'ai voulu traduire The Color of Your Eyes. J'espère juste que l'auteur va effectivement repartir la fic (comme il m'a dit quand je lui ai demandé la permission de traduire), sinon ma traduction va bloquer…
Regenarating Fire : Je trouvais aussi l'idée assez plausible… j'aime l'arrogantshipping, mais le plus dur c'est de trouver une « raison », un élément déclencheur à leur relation… celle-ci m'a semblé particulièrement intéressante et originale. Et vive Kaiba ;)
Chapitre 3
Seto prit son verre et le déposa avec force sur le comptoir. À côté de lui, Mai le regardait d'un air curieux, se demandant ce qu'il allait faire ensuite. Lorsqu'il avait été sur le point de partir, elle avait eu peur d'avoir ruiné sa seule chance. Il lui avait fallu peu de temps pour prendre sa décision. Elle n'avait pas particulièrement envie de faire encore le tour de la ville, à la recherche d'une chambre qu'elle ne trouverait pas, au risque de se retrouver à « dormir avec les chiens » comme Kaiba l'avait mentionné plus tôt.
Sans dire un mot, Kaiba se leva de son tabouret et partit.
- Hey !
Elle se demandait s'il allait retirer son offre : Seto continuait de marcher, l'ignorant complètement. Elle attrapa le sac qu'elle portait toujours et se mit à courir derrière lui. Elle avait atteint la porte lorsqu'elle réalisa qu'elle n'avait pas payé son verre : elle se retourna vers le barman, mais avant qu'elle ne dise un mot, il secoua la tête.
- Ne vous en faites pas. Je mettrai ça sur la facture de monsieur Kaiba.
Elle lui adressa un bref sourire avant de reprendre sa course vers Kaiba. Elle balaya le hall de réception du regard, et le vit, debout devant les portes de l'ascenseur.
C'était presque du déjà vu. Il se tenait devant l'ascenseur avec la même attitude, la même allure que quelques heures plus tôt au tournoi. Il tourna la tête pour la regarder. Était-il en train de se jouer d'elle ? C'était presque comme s'il voulait qu'elle le pourchasse. Avant qu'elle ne puisse dire quoi que ce soit, les portes de l'ascenseur s'ouvrirent et Seto y pénétra.
Rapidement, Mai courut pour atteindre les portes qui se refermaient. Poussant de toutes ses forces, décuplées par sa colère, elle faillit arracher les portes en les retenant. Elle laissa échapper un grognement lorsque Seto lui adressa un sourire satisfait.
- Qu'est-ce qui t'a pris tout ce temps ? demanda-t-il alors que le sourire s'agrandissait.
Elle plissa les yeux.
- Alors, à quel jeu on est censés jouer, Kaiba ?
- Si tu n'y vois pas d'inconvénient, je voudrais bien prendre une douche. Après, et uniquement après, nous parlerons de tout ça.
Elle fronça les sourcils.
- Je ne suis pas incluse dans la douche, n'est-ce pas ?
Il ne répondit pas. Il n'était pas certain de la raison qui la poussait à poser une telle question.
- Je plaisantais, dit-elle pour le rassurer.
Elle entra dans l'ascenseur. Elle reprit son habituelle attitude joueuse :
- Je voulais juste voir ce que t'allais dire.
Il laissa échapper un ricanement à ces mots. Comme s'il croyait qu'elle ne l'entendrait pas, il murmura « stupide » alors que les portes se refermaient.
Mai ne se considérait pas comme une personne particulièrement bavarde. Mais elle appréciait un minimum d'interaction avec les autres. Cela ne semblait pas être le cas de Kaiba, monsieur Tout-Puissant-Trop-Supérieur-Pour-Parler-À-Quiconque en personne. Quelques instants plus tôt, ils parlaient, ils étaient maintenant silencieux. Elle trouvait l'ambiance un peu… étrange. Elle le regarda pour tenter de le déchiffrer. Il avait l'air satisfait. Que pouvait-il bien penser ?
Un peu nerveuse, elle se mordit la lèvre inférieure. Combien d'étages cet hôtel avait-il ? Ils étaient déjà au quinzième étage. Son regard glissa à nouveau vers Kaiba, qui lui rendit son regard. Son regard était perçant et profond, fixé sur elle. Il se passa un moment avant qu'il rompe le contact et redirigea son attention sur les chiffres indiquant les étages.
Mai soupira profondément et se laissa glisser sur le plancher de l'ascenseur. Bien sûr, Kaiba devait avoir ce qui se faisait de mieux dans cet hôtel. Et la plupart des hôtels avaient leur plus belle suite au dernier étage, ce qui n'était pas une très bonne nouvelle pour Mai : elle n'aimait pas vraiment les hauteurs.
À son insu, Kaiba l'observait avec attention, alors que ses yeux étaient fixés sur le plancher. Il trouvait étrange qu'elle ait l'air énervée. Lui aussi, quelque part derrière son allure de glace, l'était. Durant le dernier mois, sa vie personnelle en avait pris un coup. Les gens semblaient aimer se mêler de ses affaires. On le harcelait constamment avec des questions sur sa vie amoureuse. Ne pouvaient-ils pas voir qu'il était trop occupé avec sa compagnie pour avoir du temps à perdre avec la romance ?
Et avec quoi venait une vie amoureuse ? Ça venait avec des vautours attirés par l'argent. Son succès professionnel était indéniable, et pour la plupart des femmes, c'était très attirant. L'attirance était loin d'être mutuelle : Kaiba ne cherchait personne. Pourquoi aurait-il dû ? Il était pleinement satisfait de sa vie actuelle, il ne la changerait pour rien au monde. Mokuba et la Kaiba Corporation était tout ce qu'il avait jamais eu, et tout ce qu'il voulait avoir.
Le public n'était pas de cet avis. D'après la presse, il DEVAIT avoir autre chose dans sa vie que sa vie professionnelle. Chaque fois qu'il était vu avec une femme, c'était un potin juteux. Il se souvenait d'une couverture en particulier, où il était photographié en train de parler avec une femme : c'était une employée. Et le gros titre clamait quand même « Le PDG Seto Kaiba avec sa nouvelle petite amie ». Kaiba n'avait pas le temps de s'occuper de pareilles histoires, mais elles mettaient sa réputation en territoire américain en danger. Elles le faisaient paraître instable aux yeux du public : quelque chose qui n'était absolument pas souhaitable.
L'idée qu'il était en train de concrétiser germait dans sa tête depuis un certain moment déjà. Il avait besoin de stabilité pour améliorer son image. Et la chance lui avait emmené Mai Valentine.
À vrai dire, il devait admettre qu'il avait du respect pour Mai. C'était une duelliste déterminée et talentueuse. Durant son tournoi, elle avait montré qu'elle avait une certaine valeur. Par contre, elle ne lui arrivait évidemment pas à la cheville. Mais elle était quand même... quelque chose d'autre.
Il pouvait ressentir l'intensité de très peu de gens durant un duel... c'était un peu étrange. Il commençait même à croire qu'il pouvait en ressentir l'âme. Il grogna mentalement. Voilà qu'il se mettait à penser comme Yugi et sa bande d'attardés de premier ordre.
Mais il y avait quand même cette connexion... il pouvait sentir la présence de Yugi pendant un duel. Soit cela l'énervait, soit cela l'obligeait à repousser ses propres limites. Il n'avait jamais joué un duel contre Mai, par contre... mais un jour, il le ferait. Pour l'instant, elle pouvait au minimum comprendre sa position. D'une façon où d'une autre, il savait, il comprenait qu'elle avait de plus grandes ambitions que de simplement se trouver un homme riche.
DING DING
Mai et Seto furent tirés de leurs pensées par le bruit de l'ascenceur.
- C'est notre étage, annonça Kaiba.
Mai hocha la tête et se releva. La première chose qui lui sauta à la figure fut le somptueux couloir qui lui faisait face. Il était décoré des matériaux les plus fins: des rideaux de soie, du papier peint dispendieux, des vases remplis de fleurs et d'élégantes tables de bois recouvertes de nappes de soie. Le couloir menait à une seule et unique porte. Kaiba passa devant elle et sortit une carte de sa poche, qu'il glissa dans la fente du verrou. La serrure bipa quelques fois, et il ouvrit la porte.
Mai ne put que retenir son souffle. Lorsqu'elle entra dans la suite, ce qu'elle vit dépassa toutes ses attentes. La pièce était très grande, avec trois sofas noirs au centre, alors qu'un mur entier était occupé par un téléviseur plasma. Dans un coin, elle vit un minibar: à l'autre bout de la pièce, une table à manger, sur laquelle se trouvaient des liasses de papier et un ordinateur portable. Mai voulut pousser son exploration plus loin, lorsqu'elle vit, à sa surprise, que la véranda privée avait sa propre piscine.
- Mai.
En entendant son nom, Mai se retourna pour voir Seto détacher sa cravate et la jeter négligemment vers un sofa.
- Quoi ? demanda-t-elle.
-
Tu en veux ?
Il leva légèrement la bouteille de champagne qu'il tenait dans sa main.
- On doit pas payer pour ça ?
Telle une enfant, Mai se précipita vers un sofa et se laissa tomber dessus, atterrissant sur le ventre avec un rebond. Puis, elle se retourna et s'étira comme un chat pour être plus confortable.
- C'est gratuit. Ils m'en envoient des paniers pleins.
Elle cligna des yeux, confuse.
- Quoi, les riches ont des trucs gratuits ? C'est carrément injuste.
Sans sa permission, Kaiba lui versa un verre avant de s'en servit un. Il prit les deux verres et s'assit au bout du sofa où Mai était étalée. Il lui tendit une flûte à champagne.
- Tiens.
- Essayez-vous de m'ennivrer,
monsieur Kaiba ? demanda-t-elle avec un sourire taquin.
- Oh,
c'est ce que tu crois ? demanda-t-il d'une voix qui sonnait un peu
innocente. J'avais l'impression que tu pouvais supporter plus qu'un
daiquiri. De plus, au bar, tu n'avais pas l'air d'avoir dans l'idée
de t'arrêter après un verre.
- Hey ! J'allais juste... j'allais
pas vraiment boire jusqu'à plus tenir debout. Je ne suis pas une
pauvre fille qui boit à journée longue.
- Bien sûr que non,
dit-il avec un sourire prétencieux.
- T'es impossible,
soupira-t-elle. De toute manière, tu devrais pas être en train de
développer sur cette proposition ?
- En dehors de ce que je t'ai
déjà dit... un homme de ma condition n'a pas vraiment envie
d'avoir quelqu'un pour la vie Mais puisque Mokuba est resté
au Japon, j'ai besoin de quelqu'un pour le temps qu'il me reste ici.
En gros, j'ai besoin de quelqu'un pour paraître à mes côtés dans
toutes ces soirées mondaines que je dois supporter.
- Et l'argent
?
- Fais-moi une offre.
- Tu veux que je décide
combien je devrais être payée ?
Il n'y eut pas de réponse.
- Oh, si c'est le cas, je vais me contenter de
t'en demander beaucoup. Une fille doit être payée très cher pour
ne serait-ce que supporter ta présence pour longtemps.
- Je suis
sûr que tu ne vas pas faire ça, dit-il, son visage devenu très
sérieux. Sinon je serai dans l'obligation de te facturer pour cette
suite, la nourriture, les vêtements...
- Hein ? Vêtements
?
Mai était confuse. Qu'est-ce qu'il voulait dire ?
-
Ma petite amie ne peut quand même pas avoir l'air de vivre dans la
rue, rétorqua-t-il d'une voix sarcastique.
- J'aurais préféré
que tu ne dises pas "ma petite amie", parce que je ne le
suis pas. Je ne suis pas à toi.
Le regard de Kaiba glissa vers son verre de champagne.
- C'est une pure relation d'affaires. Lorsque ce sera terminé, je te compenserai pour m'avoir supporté.
Il leva son verre, comme pour porter un toast. Mai leva un sourcil.
- Il va y
avoir certaines conditions, j'espère.
- Évidemment.
Mai leva sa flûte et la fit tinter contre celle de Seto.
- À notre merveilleuse histoire d'amour !
Le mot de la fin : Voilààà, on part sur le chapitre 4 maintenant… je vous avertis, il est à mourir de rire ;)
