Chapitre 4
- T'as rien à manger ici ?
Kaiba soupira légèrement, mais ne donna pas d'autre réponse. Il continuait d'ignorer Mai. « Il ne peut même pas être poli une minute ? » pensa Mai en regardant le PDG de la Kaiba Corporation taper sur le clavier de son portable. Après leur toast et leur contrat verbal, le silence qui avait régné dans l'ascenseur était de retour. Seulement, cette fois, Mai n'avait pas l'intention de le supporter.
- Alors, qu'est-ce que tu fais ? demanda-t-elle.
Kaiba ne sembla même pas l'entendre, trop occupé à taper sur son portable.
- Je parie que c'est important.
Elle marqua une pause, espérant une réaction quelconque, mais il n'y eut rien. Puis, elle eut une idée qui lui vaudrait certainement de l'attention.
- Ou alors tu es juste en train de chercher des sites pour adultes ?
Plutôt fière de son idée, Mai attendit que le PDG réplique quelque chose… et il n'y eut toujours aucune réaction. Mai sentait de plus en plus la colère monter en elle. « Ce Kaiba ! Il est probablement vraiment en train de regarder de la pornographie ! » songea-t-elle. Avant que Mai ne puisse aller regarder par-dessus son épaule pour voir ce qu'il faisait, elle fut arrêtée par sa voix :
- Si tu as faim, appelle le service aux chambres.
Debout au milieu de la pièce, Mai semblait un peu perdue.
- Faim ?
Et puis, ça lui revient : elle venait de lui demander s'il avait quelque chose à manger.
- Oh, bien sûr ! Le service aux chambres. Tout de suite.
Sans attendre d'autre permission, elle se laissa tomber sur un canapé, et prit le téléphone posé sur la table en face d'elle. Pour faciliter la vie des clients de la suite, un menu avait été placé à côté du téléphone. Mai sourit mentalement en voyant ce qui serait parfait pour apaiser sa faim. Sans perdre plus de temps, elle composa le numéro.
- Oui, bonsoir, le service aux chambres ?
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Un discret coup à la porte lui indiqua que sa commande était arrivée. Levant les yeux de son ordinateur, Kaiba vit Mai se lever pour courir vers la porte, aussi excitée qu'une enfant. Elle était amusante… parfois. Il devait lui donner ça.
Il doutait cependant légèrement de ce « coup de marketing ». Normalement, il ne se serait jamais abaissé à avoir une escorte à sa botte. Il aurait facilement trouvé une femme volontaire pour l'accompagner. Pour ce genre de chose, il n'avait que l'embarras du choix. Mais ceci n'avait rien à voir avec l'amitié ou l'amour. C'était pour les affaires. Il voulait donc quelqu'un qui rencontre ses standards élevés. Non pas qu'il considère Mai comme son escorte. Non, Mai n'était pas ça. Elle n'était pas une escorte : il ne pouvait même pas se l'imaginer de cette façon. Il la traiterait comme n'importe lequel de ses employés... avec élégance et autorité !
Le jeune homme avait emmené un chariot sur lequel trônait un seul et unique plateau d'argent. Kaiba n'avait pas entendu ce qu'elle avait dit au téléphone, il n'avait donc aucune idée de ce que Mai avait pu commander. Tout ce qu'il voyait, c'était un plateau d'argent et un contenant de métal qu'il ne pouvait identifier. Avant que Mai ne puisse remarquer l'attention qu'il lui portait, il redirigea son regard sur son écran.
- Oh, wow ! s'exclama Mai, enthousiaste. Ça a l'air tellement bon… oh, oui, le pourboire…
Elle adressa un léger sourire au groom.
- Je suis désolée, je n'ai rien à vous donner.
Puis, quelque chose sembla lui revenir.
- Oh. Mais j'ai du chewing-gum. Tenez, vous pouvez en prendre un morceau.
Kaiba laissa échapper un léger rire, presque impossible à remarquer. Elle allait vraiment offrir du chewing-gum à ce garçon d'étage à l'allure prétentieuse.
- Ce ne sera pas nécessaire, madame. Savourez simplement votre repas.
Il quitta l'endroit sur ces mots.
Sachant que Mai était occupée, Kaiba risqua un autre coup d'œil dans sa direction. Il la vit soulever le couvercle pour révéler… des fraises. Après avoir détourné son attention d'elle, il se sourit intérieurement. « Alors elle a commandé des fraises avec de la crème… »
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Mai avait une envie folle de manger des fraises, mais elle devait avouer que ce n'était pas sa seule raison pour avoir commandé des fraises et de la crème. Puisque c'était une soirée aussi ennuyeuse, elle s'était dit qu'elle pouvait bien réchauffer l'atmosphère un peu.
Prenant une fraise dans sa main, Mai l'approcha lentement de sa bouche. Elle glissa sournoisement le regard vers le côté. Du coin de l'œil, elle voyait Kaiba taper furieusement sur son portable, le regard vide. Un sourire sournois se dessina sur les lèvres de la jeune femme.
- Mmmhh…
La première bouchée fut un délice, comme c'était souvent le cas avec les fruits, mais la fraise en elle-même ne suffisait pas à justifier une telle réaction. Kaiba tapait toujours mécaniquement sur les touches de son clavier. Mai finit la première fraise, exprimant de façon très audible sa satisfaction par rapport au goût du fruit rouge. Elle recouvrit la seconde fraise d'une somptueuse couche de crème et entreprit de la lécher avec lenteur. La fraise étant particulièrement grosse, elle dut s'arrêter au milieu pour lécher la crème sur ses lèvres. Mai pressa ses lèvres ensemble, comme si elle venait d'y appliquer du rouge à lèvres.
Faisant comme si elle voulait regarder par la fenêtre, Mai se tourna vers Kaiba, appuyant son menton sur le sofa.
- Tu en veux une, Kaiba ? Elles sont délicieuses, surtout…
Elle marqua une courte pause pour tremper son doigt dans l'épaisse crème.
- … avec de la crème.
Il l'ignora.
Faisant toujours face à Kaiba, Mai commença à manger la fraise, la couvrant toujours de crème.
- Mmmmhh, c'est tellement bon… dit-elle, la bouche pleine.
Kaiba n'eut aucune réaction, à l'exception du sourcil qu'il leva dans les airs sans cesser de taper sur son clavier.
Elle ne mangea pas la fraise suivante, elle se contenta de la couvrir de crème. Elle se leva et se rendit à la fenêtre, à une trentaine de centimètres de Kaiba. Tel un chat, elle commença à lécher lentement un côté de la fraise, les yeux clos, comme si elle était en train de vivre le bonheur suprême. Elle s'arrêta un court instant, puis, sa langue parcourut à nouveau la fraise, de manière circulaire, cette fois.
- Oh, oui… c'est parfait…
La dernière phrase avait été un peu plus forte qu'il n'aurait été ordinairement nécessaire, mais elle eut le mérite de causer enfin une réaction. Une tasse de café en argent tomba avec un bruit sourd sur le sol, alors que Kaiba toussotait. Il jura, et se pencha pour la ramasser. Le regardant abandonner son ordinateur pour prendre une serviette, Mai commença à lécher chacun de ses doigts, lentement, méthodiquement.
- Aurais-tu une envie particulière, Kaiba ? demanda-t-elle, appréciant toujours sa collation. Tu aimes ce que tu vois ?
Avec un sourire arrogant dont il avait le secret, il rétorqua :
- Non. En fait, je suis stupéfait des bruits de succion qu'une seule femme peut produire.
Sur ce, il s'éloigna un peu. Mai retourna sur le sofa, ave une furieuse envie de glousser. Mais Mai Valentine ne gloussait jamais, même si ça aurait été parfaitement compréhensible dans ce cas de figure.
- Un lit…
Kaiba reporta son regard sur Mai, pour voir un sourire machiavélique sur son visage.
- Et deux personnes, finit-elle en adressant un clin d'œil à Kaiba.
- Appelle la réception pour qu'ils nous emmènent un lit pliant. Simple.
- Ah ! s'exclama-t-elle, comme si elle venait de faire une découverte scientifique. Tu me demandes de commander ton lit ! Comme c'est gentil…
- Non, je n'ai rien demandé. Je t'ORDONNE de les appeler pour TON lit.
- Tu n'espères quand même pas que je vais dormir à côté de ton énorme et somptueux lit dans un lit qui ne conviendrait même pas à un chien !
- Je crois que même ton chien de poche ne se plaindrait pas du confort que je t'offre.
Entendant la référence à Joey Wheeler, l'expression de Mai changea. Son regard fuit celui de Kaiba. Il fut surpris de voir comment Mai se retirait subitement de leur querelle. Non pas qu'il se préoccupe de trouver la raison. Tout ce qui le préoccupait, c'était qu'il allait pouvoir finir par se coucher, afin de pouvoir se lever tôt le lendemain. Il trouva rapidement un moyen de tourner la situation :
- Donc, tu préfères dormir à côté du maître ?
- QUOI ? s'exclama Mai, choquée par ce qu'il venait de dire.
- Le lit est assez grand pour nous deux. Je ne vois rien qui t'empêche de dormir avec moi.
Il retint un sourire mauvais.
- Par contre, désolé de te décevoir, il n'y aura aucune autre activité que le sommeil… bien que je ne puisse pas parler pour, je ne sais pas… tes ronflements occasionnels ?
Décidément, leur arrogance et leur fierté respective ne pouvait que causer des étincelles dans une pièce, car Mai répliqua immédiatement :
- Je suppose que tu as raison, après tout, c'est pas comme si j'avais vraiment le choix, on dirait. Assure-toi juste que je ne trouve pas de mains baladeuses.
Le mot de la fin : Voilà, ce chapitre m'avait bien fait rire mdrrr les fraises et la crème, ce classique si efficace ;) Revieeeeews !
