Chapitre 5
Mai Valentine était une personne à admirer. Elle était belle, talentueuse, charismatique et forte. Mais il y avait une chose que Mai n'était pas.
Elle n'était pas une personne du matin.
Durant la majeure partie de sa nuit dans le lit de Seto Kaiba, elle avait eu les yeux grands ouverts, cherchant le meilleur moyen d'agacer Kaiba. Mais, hélas, des idées comme lui vider simplement de l'eau froide sur le corps pendant son sommeil pour le réveiller étaient le mieux auquel elle pouvait penser, et cela lui semblait trop immature. Mais à un moment de la nuit, elle avait eu sa meilleure idée. Elle n'était pas bien certaine de la façon dont elle allait exécuter son idée, et s'était endormie sur l'idée qu'elle trouverait une solution le lendemain.
Mai cligna des yeux quelques fois pour retirer le flou de devant ses yeux. Elle avait trouvé le moyen d'agacer Kaiba. Elle connaissait très bien son groupe d'âge. À son âge, elle devinait qu'il devait avoir peu d'expérience avec les femmes. Mais il s'agissait de Seto Kaiba. Il ne se préoccupait de personne, à part de son petit frère. Donc, Mai avait conclu que Kaiba risquait d'être assez mal à l'aise si une femme le touchait. Son idée était de faire croire à Kaiba qu'elle voulait le séduire. Elle ne prévoyait rien de bien choquant : des touchers subtils, légers, comme par exemple laisser ses mains glisser sur son torse. Elle adorait déjà l'idée. Il lui suffisait d'agir comme n'importe quelle séductrice.
« Bon. Par quoi je commence ? » se demanda-t-elle mentalement. Puis, la réponse vint. Aussi calmement que possible, elle glissa sa langue sur ses lèvres, et laissa échapper :
- Oh, chéri…
Elle se retourna pour regarder sa cible, mais fut décontenancée en voyant qu'il n'était pas couché à côté d'elle. Elle était toute seule.
- Ou est-ce qu'il est ? demanda-t-elle, son regard balayant la pièce.
Mai sursauta très légèrement en entendant une porte s'ouvrir derrière elle. Le visage de Kaiba apparut dans le cadre de porte. Mai était plutôt… embarrassée. Kaiba ne portait pas la même tenue que durant la nuit : la veille, il avait retiré son complet pour enfiler de vieux vêtements pour dormir. L'absence de ces morceaux de tissu étaient la cause de l'état de Mai. Pour être plus spécifique, Kaiba avait remplacé son jogging par une serviette enroulée autour de sa taille. Le vieux t-shirt avait disparu aussi, remplacé par une serviette jetée sur ses épaules.
Mai avait le souffle coupé, incapable de refermer sa bouche. Elle ne savait pas quoi dire. Elle ne pouvait rien dire.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
Sa voix tira Mai de sa transe. Elle se rendit compte qu'il la fixait.
- Je t'ai demandé ce qu'il y avait, répéta-t-il, ses yeux cobalt posés sur elle.
- Qu… ?
- Laisse-moi répéter de façon à ce que tu puisse comprendre, dit-il, son ton devenant sarcastique. Tu te réveilles. Bien sûr, tu prends tout ton temps pour te réveiller. Et puis tu dis « Oh, chéri ». Je suppose que ça s'adressait à moi.
- Qu'est-ce que tu viens de dire ?
La colère de Mai reprit le dessus.¸
- C'est faux ! De toutes les personnes sur la Terre, tu es bien la dernière que j'appellerais « chéri » ! Je devais être à moitié endormie quand j'ai dit ça. Je fais des rêves, tu sais. Quand j'ai dit ça, je devais penser à quelqu'un d'autre, et au lieu de ça je me réveille pour voir mon cauchemar : toi.
- C'est ce qu'il semblerait.
Ça devait être la pire excuse qu'elle n'avait jamais inventée. Soudainement, elle se rendit compte qu'elle le regardait toujours aussi fixement. Lorsqu'elle s'en aperçut, Mai éloigna rapidement son regard de lui.
« Oh, génial, comme s'il n'allait pas remarquer ça ! »
- Je ne l'aurais pas cru si je ne l'avais pas vu de mes propres yeux. C'est vrai que les femmes font peur le matin.
Mai roula les yeux. Elle n'avait pas vraiment envie de se disputer avec lui en ce moment. Elle était encore en train de se remettre de ce qui venait d'arriver.
- Les hommes, par contre, semblent avoir la faculté de se réveiller en ayant l'air plutôt… présentable. Qu'en penses-tu, ma chère Mai ?
Il avait dû remarquer ! Il était probablement en train de se délecter de l'avoir remarquée en train de l'admirer.
- C'est… je… euh… ce que je veux dire…
« Pourquoi est-ce que je ne trouve rien à dire ! » ragea-t-elle dans sa tête. Kaiba, à sa grande surprise, n'ajouta rien et quitta la chambre, un sourire en coin plaqué sur son visage. Mai venait de perdre. Et face à Kaiba, rien de moins.
Toutefois, Mai ne put retenir un petit rire. Ça devait être un des meilleurs matins qu'elle avait pu passer.
Le mot de la fin : Assez court ;) par contre, un délice pour l'imaginaire !
