Chapitre 6

- Parmi toutes les choses stupides, arrogantes... RAH !

Mai poussa un cri de rage alors qu'elle serrait son tube de dentifrice de toutes ses forces.

Elle avait été incapable de parler pour la première fois. ELLE ! Qu'est-ce qui avait bien pu lui prendre ? Tout ce qu'elle savait, c'était que Kaiba se tenait devant elle... avec une simple serviette...

- Aaahh ! J'ignore si cette pensée va continuer de me hanter ou si c'était...

Elle n'osa pas finir sa phrase, mais laissa échapper un rire lorsqu'elle réalisa ce qu'elle allait dire.

- Le culot de ce... type ! Hey ?

Mai sembla un peu confuse en voyant sa brosse à dents recouverte de dentifrice.

- Faut croire que j'ai serré un peu trop fort...

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Il commençait à perdre patience.

Combien de temps lui fallait-il pour se préparer ?

Attendre. Quelle façon ennuyeuse de passer le temps. Bien sûr, il n'allait quand même pas aller jusqu'à s'en faire. Pas pour CETTE femme. D'ailleurs, ce n'était pas comme s'il avait quelque chose à faire. Pourtant, son mécontentement grandissait lorsqu'il se rendit compte qu'il devrait attendre qu'elle soit prête.

"Les femmes sont effectivement des créatures énervantes" songea-t-il. Il entendit de discrets pas s'approcher de lui.

- Finalement, tu décides de te montrer, lui lança-t-il d'un ton acide, sans même la regarder.
- Oh, j'ignorais que je te faisais attendre. J'espère que je n'ai pas interféré dans tes heures consacrées à ton obsession sur Yugi Muto, répliqua-t-elle d'un ton des plus enjoués.
- Je te remercie de t'inquiéter, mais je préfèrerais que tu gardes ce genre de choses pour tes précieux amis. À l'avenir, si possible, consacre plus d'énergie à la façon dont tu te présentes. C'est plutôt...

Il avait tellement attendu pour pouvoir lui dire ça :

- Effrayant de se réveiller à côté d'une pareille horreur.
- Ça vaut pour toi. Devant une demoiselle, on ne devrait pas avoir une tenue comme celle avec laquelle tu t'es présenté.
- Dès qu'une demoiselle se présentera effectivement devant moi, je mettrai un point d'honneur à le faire.
- Oh, s'exclama-t-elle. C'est si AIMABLE de savoir que tu épargneras au moins une personne !

Mentalement, il ne put s'empêcher de rire. Un défi se présentait à lui. Pas un défi vraiment intéressant selon ses critères, mais un défi au moins acceptable. Bien que les échanges de mots seraient un meilleur moyen de passer son temps qu'attendre Mai pendant qu'elle se préparait.

- Mai Valentine.
- Oui, mon petit Kaiba !
- Tiens.

Il lui tendit une liasse de papiers. Elle cligna des yeux à quelques reprises.

- C'est quoi ?
- Un contrat. Lis-le. Je te préviens, si tu violes n'importe quelle partie de ce contrat, il y aura... des conséquences.
- Tu ne me fais pas confiance ?
- Je ne fais pas confiance aux choses que je ne peux pas contrôler. Et tu fais justement partie de ces choses.

Elle commença à lire le contrat. Après un moment, elle leva les yeux et le regarda d'un air conflus.

- Tu ne peux pas vraiment m'obliger à ne pas porter de jaune ?!
- Je le peux et je vais le faire, si tu veux rester mon employée. C'est une couleur qui ne flatte personne. Ça ne fait ressortir la... présence de personne. De plus, je déteste cette couleur et le fait que tu en portes à côté de moi ne ferait que ruiner ma prestance. Et AVANT que tu ne répliques comme je sais que tu veux le faire, je ne veux rien entendre d'autre !
- Tout ça à cause du jaune ? demanda Mai.

Kaiba se contenta d'hocher la tête.

- Ok, j'ai compris.

Elle redirigea son regard sur le contrat. Continuer la discussion ne mènerait nulle part. Bien qu'il s'agisse d'une étrange demande, ça ne la dérangeait pas tant que ça. Elle continua à survoler le contrat, tous les « Je » « Tu » et « SOIRÉES » lui semblant diablement complexifiés pour simplement faire semblant d'être la petite amie de Kaiba. Après avoir passé à travers presque toutes les règles, Mai s'arrêta sur une seconde en particulier.

TU acceptes de d'abstenir de former une relation intime et/ou doit te tenir loin de toute relation n'étant pas PROFESSIONNELLE.

- Oh, alors tu as peur que je te plaque, mon tendre amant ?

Sachant parfaitement de quoi elle parlait, Kaiba répliqua après un grognement :

- Ce que tu fais en dehors de ce contrat est à ta discrétion. Mais j'aimerais garder l'image familiale de la Kaiba Corp intacte. Alors je préfèrerais que ma charmante demoiselle ne soit pas photographiée en train de donner au CHIEN des friandises et des mordillements d'oreilles en public.
- Très mignon, Kaiba, dit Mai d'un ton sarcastique, mécontente qu'il ait mentionné Joey à nouveau.
- Pitié, ne me dis pas que tu commences à avoir des sentiments pour moi.
- Humph. Quand on parle de toi, les sentiments ne sont jamais en cause, soupira Mai. J'accepte tes conditions, j'ai pas besoin de lire tout le truc. Je comprends l'idée, chéri.
- Parfait, mon coeur ! Je savais que tu accepterais tout ce qui te donnera ton argent. Maintenant, il faut qu'on revoie un peu... ta tenue.
- Tenue ?

Mai haussa les sourcils.

- Oui. Les serpents aussi doivent changer de peau. Je suppose donc que tu suivras l'exemple de tes congénères et que tu retireras tes vêtements moulants.
- Alors tu as remarqué, uh ? demanda-t-elle d'un ton joueur.
- Oui, ben, ce n'est pas dur à remarquer, les vêtements moulants... c-c-c-c'est... hé bien, c'est innapproprié à cause des enfants !
- On parle déjà des enfants, Kaiba ? Mais nous commençons seulement à consummer notre relation ! Et tu veux déjà que nous ayons des enfants ? Mon Dieu, si pressé d'avoir un héritier.

Elle rit doucement en le voyant apparemment très gêné.

- Tu sais parfaitement ce que je voulais dire.

Il mit la main dans sa poche.

- Tiens, une carte de crédit. Achète-toi quelque chose qui me plairait. Non, non. Ce n'était pas ce que je voulais dire. Achète-toi quelque chose de présentable. Mes goûts n'ont rien à voir là-dedans.
- Kaiba, pourquoi es-tu si nerveux ? Tu es sûr de ne pas vouloir venir avec moi... essayer les vêtements ? demanda-t-elle en lui adressant un clin d'oeil.
- Non, ça va. J'accepterai ton jugement... achète ce que tu penses que je trouverais correct que tu portes.
- Correct que je porte ? répéta-t-elle, avec un sourire des plus machiavéliques aux lèvres. Alors, qu'est-ce qui serait bien pour moi, Kaiba ? Je suis sûre que tu y as pensé.

« Fichue femme qui retournes mes propres mots contre moi... c'est pas comme si je ne m'étais pas mis moi-même dans cette position au départ » pesta-t-il dans sa tête.

- Oui, oui, tout ce que tu penses que j'accepterais. Vas-y. Je dois travailler ta présence est...
- Une distraction ? Ou alors c'est une attirance qui t'empêche de te concentrer sur ton travail ?
- Je ne tiens pas particulièrement à t'encourager dans tes illusions, mais je vais faire comme si j'étais d'accord avec ça.
- Tant que tu m'obéis, ça me va ! dit-elle d'un ton enjoué en se dirigeant vers la porte. À plus tard, mon tendre amant !

Elle le laissa seul.

« ... à plus tard... ma charmante demoiselle... »

Le mot de la fin : Complètement adoré ce chapitre ;)