Au nom de mon frère

Titre : Au nom de mon frère

Genre : Angst et romance (happy end)

Rating : T

Paring : RoyxEdward

Résumé : C'est l'histoire où Roy entame sa première année en tant que professeur diplômé à l'école secondaire King Bradley de Central-ouest. Il y fera la rencontre d'Edward, un adolescent aux allures de perturbateur mais qui semble horriblement calme, trop calme même… Et possède un QI au dessus de 180.

Disclaimer : Pas à moi !

Commentaire : Mon Dieu… Tellement de reviews et si peu de temps… Je suis profondément désolée de ne pouvoir répondre individuellement comme je le fais d'habitude mais je n'ai vraiment pas le temps. Je voudrais tous vous remercier sincèrement de suivre cette fic qui, au départ, était une idée que j'avais sortie, comme ça. Je ne pensais sérieusement pas qu'elle aurait autant de succès. Alors encore un grand merci à tous et voici la suite que vous attendez depuis… Six mois XD

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Chapitre 5 : Une angoisse nouvelle

Cela faisait maintenant une semaine qu'ils vivaient avec lui. Bien qu'il fût vrai qu'il avait agi par pur altruisme, il arrivait fréquemment au jeune professeur de se demander si une autre raison ne se trouvait pas cachée.

Ce matin, il en était encore dans ses réflexions lorsqu'il surprit une nouvelle fois le jeune blond attablé aux fourneaux. Cela ne le dérangeait pas, évidemment. Mais il n'était franchement pas habitué à voir un jeune de cet âge entrain de cuisiner… Surtout à notre époque !

Son habituelle salutation surprit une fois de plus Edward qui se tourna violemment en sa direction, paniqué, avant de se calmer lorsqu'il le vit. Et à chaque fois qu'Edward arborait ce comportement, il se sentait blessé et inquiet. Blessé que le blond puisse avoir peur de lui – bien qu'il trouvait cela normal vu le calvaire qu'il avait du endurer pendant des années – et inquiet, car il se demandait continuellement si Edward avait bien dit toute la vérité aux policiers concernant les actes de son père, et qu'il ne cachait rien.

-« Est-ce que tu vas bien ? » Demanda-t-il simplement, une simple question qui eut l'air de surprendre son voisin de table qui resta un moment interloqué avant de répondre.

-« Il va faire beau aujourd'hui. » Fut la seule réponse dudit voisin table. En langage edwardien, cela voulait tout simplement dire qu'il était de bonne humeur et qu'il n'y avait aucune raison pour que cela change.

Il vit ensuite Alphonse arrivé du coin de l'œil, légèrement fatigué. Le jeune garçon avait passé une bonne partie de la nuit sur un rapport qu'il devait rendre aujourd'hui. Il avait en conséquence une sale mine et Roy se demanda s'il allait pouvoir tenir le coup toute la journée.

-« Ne vous inquiétez pas, monsieur Mustang » Sourit doucement le garçon lorsqu'il le lui eut posé la question.

-« Evite d'en faire de trop. L'école est certes importante mais la santé l'est bien plus. » Sourit Mustang.

Alphonse se mit à rire et déclara qu'il n'y avait rien à craindre et qu'il possédait une santé de fer. Roy le vit cependant manger moins que d'habitude et s'en aller aussi vite qu'un courant d'air, prétextant avoir encore énormément de boulot. Inquiet, il se tourna vers Edward, voulant demander à l'ainé si le comportement du cadet était on ne peut plus normal. Il ne put cependant placer un mot lorsque, ses yeux rencontrant le visage du garçon, quelque chose d'étrange et d'inquiétant lui coupa les mots.

Edward Avait la tête tournée vers la fenêtre. Reposant celle-ci sur l'une de ses mains, il contemplait rêveusement ce qu'il se passait à l'extérieur. Ses longs cheveux d'or, aujourd'hui lâchés, encadrait son visage fin et délicat. Ses yeux, d'une mystique couleur dorée, semblait cette fois-ci plus ternis que d'habitude, comme si le garçon ne semblait pas heureux, malgré ce qu'il avait affirmé plus tôt.

A ces pensées, Roy se réveilla. Pour lui, tout en sachant que son père l'avait frappé pendant des années, il était tout à fait normal que l'adolescent en soit encore bouleversé malgré ce qu'il tentait de faire croire. Il ne pouvait y avoir d'autre raison… N'est-ce pas ?

POV Edward

Alphonse venait de partir, prétextant avoir énormément de boulot à faire pour l'école. Je ne pouvais cependant m'empêcher de penser qu'il cherchait à m'éviter. Était-il encore bouleversé par la discussion de l'autre fois ? C'était fort probable et je ne pouvais lui en vouloir…

Début du Flash Back

Il y a trois jours, un drôle de sentiment m'avait envahi. Comme si, bientôt, il allait se passer quelque chose qui allait changer entièrement ma vie ? Je n'avais cependant pu dire si ce « changement » serait bénéfique ou non. Je savais qu'Al avait toujours été excellent dans la façon de traiter les émotions. Si une personne pouvait m'aider, ça ne pouvait être que lui ! Je m'étais alors résolu de lui en parler le soir même, avant de nous coucher.

-« Al… Depuis un petit moment, j'ai un drôle de pressentiment… Comme si quelque chose allait arriver et tout bouleverser. » Déclarais-je doucement, en le regardant droit dans les yeux.

Il sembla réfléchir un moment avant de me répondre.

-« Penses-tu que papa va être libéré ? »

Cette question me laissa perplexe et un frisson monta le long de mon échine. Je n'avais sérieusement pas pensé à ça… Et si c'était vrai ? S'il allait vraiment être lâché ? Parce que, maintenant que j'y repense, malgré l'appartement minable et délabré qu'on se payait, papa gagnait énormément d'argent qu'il gardait jalousement pour lui. Il ne m'en offrait que lorsque je… Bref, Uniquement dans CES moments-là ! Avec autant d'argent, s'il tombait sur le bon officier, il était assuré de sortir sans souci… Et s'il sortait… Al, étant mineur, serait contraint à retourner vivre avec lui ; Il n'en était pas question.

Al dut comprendre ce à quoi je pensais car il déclara aussitôt :

-« Non, Ni-san. Il n'en est pas question. Tu es enfant tranquille, tu es majeur et libre de partir. Je ne… »

-« J'ai promis à maman de toujours veiller sur toi, Alphonse. Cette promesse, je la tiendrai, peut importe les conséquences qui en résulteront. Et puis, cela n'est pas si désagréable quand on y réfléchit… »

Je ne vis pas la gifle arriver. Lorsque, abasourdi, je posais les yeux sur mon petit frère, les larmes qui coulaient abondement me firent comprendre que j'étais sans doute allé trop loin.

-« Pas si désagréable ? Ni-san… Papa a abusé de toi, sous prétexte que cela me protégerait. Laisserais-tu ce monstre continuer si cela devait toujours me protéger ? »

-« Bien évidemment ! » J'avais rapidement repris mes esprits suite à ses paroles « Tu est ce qui m'est le plus cher ! Peu importe ce qui peut m'arriver tant que toi, tu es sauf ! »

Fin du Flash Back

Al était directement parti dans sa chambre après ça. Depuis lors, nous ne nous étions échangés que de brèves paroles, principalement des salutations.

M'extirpant de mes pensées, je m'aperçus que Roy me regardait fixement, comme inquiet. Prononcer ainsi son nom… Le voir me fixer avec tant d'insistance… Je me sentis bizarre, comme effrayé. Et pourtant, je me sentais également plein de joie. Ce type me faisait vraiment passer par trop d'émotions, ça en devenait dangereux. Tant d'instabilité pouvait absolument tout ruiner… Et ça, il n'en était absolument pas question !

… Depuis quand j'appelais mon prof par son prénom ?

Ce type devenait vraiment un danger à mes plans !

Je décidais aussitôt de le réveiller.

-« Professeur… Il est temps de partir, je pense… »

-« Oh, euh, oui, t-tu as raison ! » Il se mit nerveusement à rire, me laissant perplexe. Qu'avait-il pu bien penser durant ce laps de temps ?

Nous nous mîmes en marche. Durant le parcours, je ne pu m'empêcher de lancer quelques coups d'œil successifs en sa direction. Et si…. Et s'il était la personne qui pourrait répondre à mes questions ?

POV ROY

Depuis que nous avions entamé notre marche quotidienne sur le chemin de l'établissement, je n'avais de cesse l'impression d'être observé par lui, comme un ressentiment désagréable de brulure dans la nuque. Je m'apprêtais à lui demander de bien vouloir cesser lorsqu'il me surprit par sa question.

-« Professeur…. Que se passera-t-il si mon père venait à sortir ? » Il semblait inquiet, désarçonné, ne sachant que penser à si une telle situation arrivait.

-« Et bien, tu es majeur. Tu peux vivre par toi-même. Par contre, pour ton petit frère, étant mineur et n'ayant plus de parents proches, il n'aura sans doute aucun autre choix que celui de retourner vivre avec votre père. » J'avais décidé de lui dire la vérité. Il avait après tout dix-huit ans et il était suffisamment mature que pour comprendre mes paroles.

-« Si une telle chose se produisait… Je retournerais moi aussi là-bas. » Se contenta-t-il de déclarer mystérieusement.

Ces mots, ainsi prononcés, me firent l'effet d'une douche froide. Ces paroles avaient une double signification, je le savais. Je ne pouvais malheureusement pas deviner la seconde signification et, pour une raison que j'ignorais, cela ne me plaisait pas et m'effrayait en même temps.

Edward Elric… Que diable pouvait cacher cet adolescent ?

POV normal

Ils arrivèrent à l'école et chacun d'eux prirent un chemin opposé à l'autre. Comme à l'habituel, Edward ne s'intéressa à aucun cours, préférant rêvasser à une vie meilleure. Roy, quant à lui, ne cessait de repenser aux paroles du blond, tentant d'y comprendre le sens, le message caché, sans grand succès.

La sonnerie de la pause de midi se fit retentir. Dans la classe de l'option latine, les élèves se grouillèrent à sortir, comme si le feu était à leurs trousses. Edward, lui, sembla se tirer d'un profond sommeil. Baillant plutôt grossièrement, il commença à ranger ses affaires lorsqu'une ombre se profila devant lui.

En fait, il ne s'agissait pas d'une ombre, mais bien de trois. Trois adolescents d'à peu près son âge se tenaient devant lui. L'un d'eux, celui du milieu, prit la parole d'un air moqueur.

-« Alors, Elric… Parait que tu vis avec le prof de latin ? » Il sourit narquoisement, fier de sa trouvaille.

Loin d'être intimidé, Edward fit un sourire en coin et, d'une voix mielleuse, lui répondit :

-« Si j'avais su que tu étais aussi homo, je t'aurais sauté dessus depuis le début, chéri ! »

Les deux comparses rirent alors que les oreilles de leur « chef » devinrent aussi rouges de colère que son visage.

-« Tu vas me le payer, Elric, sois en sûr ! »

Levant le nez en l'air, il fit signe à ses deux comparses de le suivre et il quitta la classe comme si de rien était.

Edward, après qu'ils furent partis, eut un rictus moqueur à leur encontre. Il était cependant tellement habitué à de tels abrutis que cela ne lui faisait plus rien. Pour lui, cette école ne contenait que des abrutis. La seule raison qui l'y faisait rester était simple : Alphonse. Cette école avait été la seule qui était assez proche du domicile du paternel et assez proche de l'école d'Al.

S'il n'y avait pas eu tout ces événements, il aurait pu aller dans une école avec un bien meilleur niveau, une école où il aurait été en contact avec des adolescents se trouvant dans la même situation que lui. Si seulement…

Non, il n'avait pas le droit de penser ça. Il avait tout sacrifié pour Al, c'est vrai, mais c'était pour une bonne raison. Une raison qu'il ne regretterait jamais. Et le jour où ce sera à recommencer, il n'hésiterait pas une seule seconde et s'y relancerait !

Rassemblant le reste de ses affaires, il se releva, les yeux d'or brillants de vives flammes de détermination, et se dirigea vers la sortie, direction la maison. Qu'importe pour lui de suivre ces cours ennuyeux et puis, il n'avait plus à craindre ce qui lui servait de géniteur… Pour l'instant.

x-X-x

-« Edward Elric, tu me dois quelques explications ! » Lança un Roy pas très enclin à laisser le blond s'en sortir comme ça. Sécher les cours… Et puis quoi encore ?

Il avait été très étonné de ne pas trouver Edward lors du cours de latin de l'après-midi. Il le fut bien plus, et fâché, lorsqu'il apprit de la bouche du directeur que le garçon avait quitté l'établissement sur le temps de midi sans fournir d'explications plus valables que : « Je m'ennuie ! ». Il avait donc fraichement attendu le souper du soir, dans l'espoir, et même plutôt dans l'exigence, d'avoir des explications.

-« Je m'ennuyais. » Fut la seule réponse du blond – et il ne s'en serait pas douté.

-« Je n'appelle pas ça une explication valable… » Fit sarcastiquement remarquer Roy.

-« Z'êtes pas mon père. » Grogna le blond.

Alphonse, lui, se contenait d'observer l'échange en soupirant. Edward était une telle tête de mule quand il s'y mettait…

-« Peut-être mais en attendant, je suis responsable de toi et de ton frère. Si votre père se foutait de ce que vous pouviez tramer à l'école, ce n'est pas mon cas ! » Soupira Roy, en comprenant vraiment pas le blond – et pensant qu'il ne le comprendrait sans doute jamais !

-« Ni-san, tu est un crétin. » Rétorqua Al, coupant court à l'éventuelle dispute qui s'apprêtait à avoir lieu.

-« Al, je suis ton ainé, tu me dois le respect ! » S'offusqua Ed.

-« J'vois pas pourquoi je devrais respecter un crétin de frangin qui s'offre de plein gré à un sale bâtard… » Souffla Al, tétanisant Edward qui ne put répondre face à un tel propos et surprenant Roy, qui se demandait de quoi voulait-il bien parler avant que, subitement, quelque chose ne fasse tilt dans sa tête.

Le souper se passa sans aucune autre anicroche. A la fin, alors qu'Al partit dans sa chambre, prétextant avoir encore beaucoup de travail, Roy demanda à Edward de rester afin de poursuivre la conversation d'avant.

-« Rien à dire la dessus… » Fut la seule réponse du blond qui s'apprêta à quitter la salle.

Mais Roy fut plus rapide et, en deux trois enjambées, devança l'adolescent et ferma la porte à clé. Edward sentit soudain les battements de son cœur s'accélérer : il savait – du moins il en était persuadé – que Roy ne lui voudrait pas de mal cependant, il se sentait effrayé de manière incontrôlable… Son corps surpassait son esprit.

-« Ouvrez-moi cette porte… » Ordonna-t-il de façon menaçante.

-« Pas tant que nous n'aurons pas discuté de certaines petites choses. » Répondit Roy.

-« Y a rien à discuter… » Grogna le jeune blond.

Il fit une tentative mais le brun, plus rapide, l'empêcha de sortir.

-« Tu vas gentiment t'asseoir et, tout aussi gentiment, nous allons avoir une petite discussion. » Exigea calmement le jeune professeur.

Edward soupira et se résolut à obéir. Il tenta de réfréner les battements de son cœur, sans succès. La peur s'était installée dans l'entièreté de son corps et, désormais, un malaise à lui donner envie de vomir s'insinuait dans ses veines. Que lui arrivait-il ? Il ne comprenait rien. Il savait cependant que ses ressentiments apparaissaient l'un après l'autre depuis qu'il vivait avec Roy Mustang. Tout ceci était de sa faute… Et il allait le lui faire comprendre !

-« Et de voulez-vous qu'on parle…. Professeur ? » Demanda Ed, insistant volontairement sur le mot professeur.

Roy, pendant ce temps, faisait de son mieux pour garder son calme. Il n'aurait jamais pensé que le calme Edward puisse être si insolent… Il lui fallait pourtant comprendre ce qu'il se passait : sa détermination reprit le dessus sur son énervement et il commença, d'une voix calme et désormais posée :

-« Je voudrais juste savoir si il n'y a rien qui te tracasse ? Tu sembles constamment sur tes gardes depuis quelques temps, Edward. »

Lorsqu'il vit les yeux d'or du jeune homme s'agrandir, il sut qu'il avait visé juste. Il ne lui restait maintenant plus qu'à faire comprendre à ce bâton de glace qu'il pouvait se laisser aller sans risque. Il n'était pas son père ! Il n'avait donc rien à craindre de lui.

-« Problème d'amour, hein ? Nous passons tous par là ! » Sourit doucement le jeune professeur de latin, tapotant la tête du petit blond.

-« Que… Qu'est-ce qui vous fait dire ça ? » Murmura difficilement Edward, qui n'arrivait pas à comprendre ce qui était entrain de se dérouler.

-« Tes autres professeurs m'ont dit que tu semblais plus rêveur qu'à l'habituel ! Ce que j'ai aussi remarqué. Je comprends maintenant mieux pourquoi tu t'inquiétais à propos de ton père. Et tu n'as aucun souci à te faire ! Même s'il était libéré, rien ne t'empêcherait d'avoir une petite amie, n'est-ce pas ? » Sourit Roy, persuadé de soulager le blond… Sans savoir qu'il était totalement à côté de la plaque.

Edward soupira silencieusement de soulagement : il n'avait rien remarqué. Décidant que cela serait un excellent moyen de détourner le véritable problème, Edward arbora un grand sourire et ajouta :

-« En effet, monsieur Mustang, il y a... Quelqu'un que j'aime et tous ces tracas me faisaient poser beaucoup de questions. Heureusement que vous êtes là parce que franchement, je ne savais plus où donner de la tête ! Quels conseils auriez-vous à me donner ? »

-« Ma foi, je suis content de pouvoir t'être utile ! Ca me soulage aussi. Pendant un moment, je me demandais si ton père n'avait pas fait que vous battre, Alphonse et toi ! » Sourit à nouveau Roy, ne se doutant pas que cette fois, il mettait dans le mille.

Lorsque, deux heures plus tard, Edward arriva dans sa chambre, il poussa un long soupir de fatigue mais en même temps… Il était extrêmement soulagé. Il ne savait ce qu'il aurait fait s'il avait tout découvert du pacte qui existait entre lui et son père. Même Alphonse n'en connaissait pas toutes les conditions – en fait, il ne connaissait que celle qui obligeait Edward à se soumettre aux perversités de leur géniteur.

Tout en se dirigeant vers son lit, Edward espéra que jamais personne ne découvre les modalités exactes du contrat. Pas seulement pour Alphonse…. Mais aussi pour la santé de Soraya.