Auteur : Lonely Seira

Titre : J'ai les crocs

Genre : Humour/supernatural/Angst/drama/shonen-ai/UA/léger OOC

Rating : M

Pairing : Sasu/Naru entre autres

Disclaimer : Sasuke ? Naruto ? Bah ... pas à moi ! Et vu ce que je leur fais subir, ils sont définitivement plus heureux avec Masashi Kishimoto.


Avant-propos : Bon, petit changement de programme. Ma bêta-lectrice m'a fait remarquer que ce dernier chapitre était vraiment trop long pour être publié en bloc alors du coup je l'ai coupé en deux... Bonne lecture !


Chapitre 5 : Perdre et retrouver (1ère partie)

Naruto était prostré à genoux depuis deux minutes sous le regard inquiet de Sasuke. Ses sanglots s'étaient rapidement taris, mais son corps tremblait toujours comme une feuille. Le jeune homme avait enfoui sa tête dans ses mains et son regard était vide. Il n'arrivait plus à réfléchir, il ne réalisait rien ... seulement qu'il avait froid. Il grelottait littéralement et Sasuke le sentait bien. Le contrecoup du choc. C'était sûrement le premier cadavre que Naruto voyait ... et le brun craignait que ce ne fût pas le dernier. Les secondes passaient et le blond ne bronchait toujours pas. Sasuke commençait à sentir une impression de danger et s'approcha de l'autre homme pour tenter de le secouer un peu.

- Naruto ? Appela-t-il doucement en resserrant la prise de sa main sur son épaule.

Naruto lâcha un petit gémissement et se déroba, s'affalant un peu plus au sol alors que ses larmes silencieuses se remettaient à couler.

- Naruto, nous ne devons pas rester là, essaya à nouveau Sasuke en s'accroupissant à hauteur du blond pour croiser son regard.

Les yeux azur émergèrent lentement au travers de ses doigts et il releva la tête tout doucement, comme si cette voix lui était parvenue du lointain et qu'il ne savait pas si elle était réelle ou juste créée par son imagination. Il finit par croiser les prunelles charbons de son vis-à-vis. Sasuke eut un nouveau pincement au cœur. Le regard de Naruto était totalement absent, déconnecté. Son teint était livide et sa bouche légèrement ouverte. Ses yeux étaient rougis et bouffis par les larmes alors que les gouttes salées avaient semblé creuser de profonds sillons sur les joues pâles, suivant les cicatrices plus marquées que jamais.

- Naruto ... est-ce que tu m'entends ? Demanda Sasuke avec douceur. C'est dangereux de rester là. Nous devons partir.

Le blond cligna des paupières, tremblant toujours. Il fixait Sasuke. Ses lèvres remuèrent un moment mais aucun son ne sortit de sa bouche. Sa tête retourna alors lentement vers le corps, allongé à quelques mètres de lui. Il pointa un doigt hésitant dans cette direction, puis lança un regard implorant à Sasuke, s'agrippant à sa veste de son autre main.

- Je sais, dit le brun en attrapant la main de l'Uzumaki. Mais tu ne peux plus rien faire. Elle est morte Naruto.

Cette simple déclaration tomba comme une enclume sur la tête de Naruto. Un bloc de glace lui alourdit subitement l'estomac et il eut la sensation de s'enfoncer plus bas que Terre.

- Mais ..., lâcha-t-il d'une petite voix fragile. C'est... pas... po...ssible, ajouta-t-il d'une voix saccadée.

- Viens Naruto, dit Sasuke avec plus de fermeté en se relevant et en tirant sur la main du blond qu'il n'avait pas lâchée. Nous ne devons pas rester là, répéta-t-il sur un ton maintenant sévère pour que ses mots s'imprègnent dans l'esprit perdu de l'autre.

- On ... peut pas ... la laisser, couina Naruto en lançant un nouveau regard suppliant à Sasuke tout en résistant à l'emprise de sa main.

- On ne peut rien faire. Les siens viendront la chercher et il ne faut pas qu'ils tombent sur nous. Viens maintenant ! Ordonna le brun en fronçant les sourcils.

Pour rien au monde il ne voulait brusquer Naruto mais l'endroit était trop dangereux et le blond trop vulnérable pour qu'il se permette d'attendre ainsi. Il tira avec plus de brusquerie sur le bras de Naruto, qui se remit sur pieds en chancelant. Il se rattrapa sur Sasuke avant de s'écrouler à nouveau. Son regard était désespérément fixé sur la fine silhouette de la jeune femme allongée sur le tapis et cette vision, si cruelle, lui était insupportable. Pourtant, il ressentait le besoin de la couver du regard, de la protéger, d'attendre, de ne pas la laisser seule ... de ne pas l'abandonner dans cette position indécente. Sasuke ne lui laissa pas le choix cependant.

Il le tira vers la sortie, mais Naruto résista en se débattant, puis gémit en voyant que l'autre essayait de l'éloigner d'Hinata. Il n'avait pas la force de lutter correctement et avait la volonté d'un chimpanzé lobotomisé, aussi Sasuke n'eut-il aucun mal à lui coincer les bras puis à le prendre sur son épaule comme un sac à patates alors que l'autre retrouvait assez de raison pour protester :

- LÂCHE-MOI ! Lâche-moi espèce de monstre ! T'as pas l'droit d'la laisser ! Lâche-moi ! Hurlait-il à pleins poumons.

Sasuke, qui ne voulait pas que les hurlements de porc égorgé de son chargement rameutent tout le quartier, sortit en trombe de la maison et en deux secondes, ils avaient atteint la profondeur des bois où Kiba faisait son jogging chaque matin. Inconscient de ce qui venait d'arriver, Naruto secouait les jambes dans le vide et martelait le dos du brun d'une série de violents coups de poings ... qui laissèrent son porteur de marbre.

Ce dernier perdit d'ailleurs patience devant les cris de l'autre et le jeta à terre sans ménagement. Naruto se retrouva affalé contre un arbre et vissa son regard furieux et dévasté dans les yeux intransigeants du vampire. Les lèvres de Naruto tremblèrent un moment, puis il tenta de se remettre sur pieds dans le but de courir vers la demeure de son ami, mais il fut stoppé avant même d'avoir pu se redresser. Il se retrouva à nouveau projeté au sol puis deux mains puissantes le chopèrent par le collet et le remirent debout. Il fut plaqué violemment contre un arbre et sa tête en heurta le tronc tandis que son souffle se coupait sous le choc. Ses pieds effleuraient à peine le sol. Il retrouva peu à peu ses esprits et plongea dans le regard furibond de son vis-à-vis.

- Je ne te laisserai pas y retourner, gronda Sasuke d'une voix basse et dangereuse.

Naruto déglutit et se sentit frémir, mais il parvint à soutenir le regard charbon qui le fusillait littéralement.

- T'as pas le droit de m'en empêcher, contra-t-il sur un ton bien peu rassuré.

- J'en prends le droit. C'est dangereux là-bas, répondit le brun sur le même ton dur.

- Mais ... pourquoi ... pourquoi c'est arrivé ? Qu'est-ce qui s'est passé ? Demanda le blond d'une voix étouffée alors que ses larmes menaçaient de couler à nouveau.

Sasuke soupira et le lâcha avant de s'éloigner d'un pas. Naruto s'affala contre le tronc sans quitter le vampire des yeux. Il continuait à répéter cette question par ce simple contact visuel.

- Après avoir compris qui était Hinata, j'ai voulu aller immédiatement chez Kiba afin d'avertir Empty, parce que je savais que j'allais l'y trouver. Je suivais l'odeur de ton ami. Elle était assez présente à ton domicile alors cela n'a été qu'un jeu de piste enfantin. C'est en arrivant chez lui que j'ai senti cette autre odeur. Je ne m'attendais pas à découvrir un tel spectacle, expliqua Sasuke d'une traite.

- ... C'est Empty hein ? C'est lui qui a fait ça ? Demanda Naruto d'une voix de plus en plus hargneuse en fronçant les sourcils.

- Oui, répondit simplement Sasuke. Cette mort portait sa marque.

- C'était ... sa marque ?

Sasuke acquiesça.

- Tel a toujours été son modus operandi ... arracher le cœur de ses victimes est devenu une tradition pour lui.

- Pourquoi ? Demanda Naruto d'une voix étranglée. Il est totalement cinglé ! La tuer ne suffisait pas, il fallait aussi qu'il la mutile ?

- Pour lui ce n'est pas ça. On dit que les sentiments émanent du cœur. Empty pensait que si lui n'en avait pas, c'était du fait que notre cœur ne bat que très rarement. Il voulait s'approprier les sentiments de ses victimes pour essayer de comprendre ce qu'il ne détenait pas. Leur arracher le cœur a été sa solution.

- N'ESSAIE PAS DE JUSTIFIER SON ACTE PUTAIN ! Hurla subitement Naruto.

- Je ne justifie rien, je t'explique sa façon de fonctionner.

- Ce mec est un dingue ! Et ... bon Dieu ! Et Kiba ? Il est avec lui hein ? Qu'est-ce qu'il va lui faire ? S'il a été capable de faire une telle chose à une jeune femme sans défense comme Hinata...

- Sans défense ? L'interrompit Sasuke en fronçant les sourcils. As-tu oublié qui elle était ? C'était une Gardienne ! Notre ennemie ! Si Empty ne l'avait pas tuée, c'est Kiba que tu aurais retrouvé barbotant dans son sang sur ce tapis !

- TA GUEULE ! TU MENS ! S'égosilla le blond en secouant la tête dans un virulent mouvement de déni.

- C'est la vérité et tu ferais bien de l'accepter ! Répondit Sasuke en haussant le ton.

- NON ! Tu mens ! Elle ne lui aurait jamais fait ça. Elle ne nous aurait jamais fait ça ! Hinata l'aimait ! Elle l'aimait vraiment j'en suis persuadé ! S'exclama Naruto en défiant le vampire du regard.

Sasuke le toisa avec sévérité et répondit sur un ton glacial :

- On est convaincu par sa raison, mais persuadé par ses sentiments. Tu affirmes cela en ne te basant que sur tes espoirs et tes illusions. Mais la réalité est ce qu'elle est. C'était une Hyuuga et lui un esprit animal. Sans Empty, il serait mort.

- Je m'en branle de ta putain de logique à la con ! Je le sens ... JE LE SAIS ! C'est ça qui me le dit ! Déclara-t-il en se plaquant une main sur le cœur. C'est ça qui me le dit ! Au fond de moi j'en suis absolument certain. Elle l'aimait et lui l'aimait aussi. C'est pour ça qu'elle ne s'entendait pas avec les siens. C'est pour ça qu'elle était en conflit avec son père. C'est pour ça qu'elle n'a jamais voulu présenter officiellement Kiba à ses parents. Il lui en a voulu mais en vérité, elle le protégeait ... et moi aussi elle me protégeait ! Sans elle on se serait faits coincer ... elle ... elle s'est dressée contre les siens pour nous et ... et Neji est venu pour faire le travail qu'elle refusait d'accomplir ! C'est ça ! Ça ne peut être que ça !

Naruto était essoufflé après une tirade si longue et pleine de passion. Il se surprenait lui-même d'avoir trouvé tant de chose à dire pour la défense de la jeune femme alors qu'une demi-heure plus tôt, il se sentait trahi par elle. Mais il le savait maintenant. Jamais elle n'aurait fait ça ... pas à ses amis ... pas à Kiba. Naruto tremblait, sa main se crispait sur le tissu de sa veste au-dessus de son cœur. Mais son regard ne vacillait pas et défiait toujours Sasuke. Ce dernier l'avait laissé parler parce qu'il savait que ça lui ferait du bien. Il s'apprêtait à dire quelque chose mais Naruto ne lui en laissa pas le temps.

- Où est Kiba ? Demanda-t-il abruptement.

- Avec Empty, répondit Sasuke sans l'ombre d'une hésitation.

Un nouveau tremblement secoua Naruto.

- Empty ... l'a enlevé ? L'interrogea-t-il en écarquillant les yeux de frayeur.

- Il serait plus plausible de croire que Kiba est parti avec lui.

- Quoi ? Tu t'fous d'ma gueule ou quoi ? Après ce que ce taré a fait à Hinata, jamais Kiba ne l'aurait suivi de son plein gré ! Contra Naruto avec hargne.

- C'est pourtant le cas. Leurs odeurs repartaient conjointement de la demeure. La piste était encore fraîche et elle ne sentait ni la lutte ni la peur, expliqua Sasuke.

- Comme si ça avait une odeur ces trucs ! Répliqua Naruto en ne cachant rien du sarcasme que portaient ses mots.

- Effectivement, les sentiments ont des odeurs, répondit le brun avec calme. La sueur, l'adrénaline, les phéromones, le sang, et bien d'autres choses encore, sont des manifestations physiques qui trahissent de façon plus ou moins subtile chaque sentiment. Kiba a sciemment suivi Empty, finit Sasuke d'une voix sans appel.

- Non tu te trompes ! Dit Naruto en se sentant suffoquer. C'est pas vrai ...

Sasuke lui lança un vague regard d'excuse et s'approcha du blond qui avait encore l'air perdu. Il lui posa une main sur l'épaule et l'autre releva la tête pour le dévisager.

- Je suis désolé, dit alors le brun. Mais ce n'est plus ton ami maintenant. Il est avec Empty.

Naruto se renfrogna et chassa la main de son vis-à-vis.

- J'te crois pas sale monstre ! Cracha-t-il sur un ton mauvais. Tout ça c'est de ta faute d'abord ! Si t'étais pas venu me pourrir la vie, ce taré ne serait pas venu, Hinata serait vivante et je serais en train de blaguer avec mon meilleur pote et nos amies, l'accusa Naruto. JE TE HAIS !

Et il se mit à se débattre comme un dément pour repousser l'autre, sans effet. Sasuke ne bronchait pas d'un pouce et regardait ce blond au regard fou l'attaquer et lui balancer au visage toutes sortes d'ignominies, martelant son torse de coups de poing.

- Calme-toi, l'intima Sasuke d'une voix ferme.

- BOUCLE-LA ! ME DIS PAS CE QUE JE DOIS FAIRE ! JE TE HAIS !

Sasuke repoussait toujours ses coups alors que l'autre tentait de s'éloigner de l'arbre et de fuir, même s'il savait que contre un vampire il n'avait aucune chance ... en vérité, il ne voulait aucune chance. Il espérait que tout cela s'arrête, que ce cauchemar prenne fin, que sa vie revienne à la normale ... mais comme il savait cela impossible, il voulait juste en finir. Il se souvenait encore avec trop de clarté des souvenirs qu'il avait revécus, de ce que cela impliquait, de ce que ça faisait de Kiba pour lui ... un ennemi. NON ! Jamais il n'accepterait ça. Même si son déni était infondé, puéril, inutile, il s'y accrocherait avec toute la force de sa volonté, détruisant l'image de celui qui avait apporté ces horreurs dans sa vie à défaut de le détruire lui. Il voulait juste mourir...

- SI TU VEUX T'EMPARER DE MA VIE FAIS-LE TOUT DE SUITE ! Cria-t-il contre un Sasuke de plus en plus dépassé par la folie du blond. PRENDS-MOI TOUT SI C'EST CE QUE TU VEUX ! PRENDS MA VIE ! QU'ON EN FINISSE !

La voix de Naruto se brisa à cause de la force qu'il avait mise dans ses cris. Sasuke était interloqué. L'autre venait de lui demander de but en blanc de le mettre à mort. Naruto n'avait trouvé que ça comme alternative à sa souffrance, mais Sasuke ne voulait pas, ne pouvait pas...

- Calme-toi, lui dit-il à nouveau en ignorant ses supplications.

- Je te hais ! Sanglota Naruto alors que la force de ses coups sur le torse de Sasuke faiblissait. Je te... hais, répéta-t-il sur un ton tremblant.

- Calme-toi.

À cette troisième demande, Naruto releva la tête pour ficher son regard larmoyant et désespéré dans le regard de l'autre, le découvrant avec une lueur de souffrance dans les yeux. Cela ne fit que donner à sa colère un regain d'ardeur. Comment osait-il ? Comment osait-il afficher une telle souffrance alors que c'était une de ses amies qu'on venait de tuer ? Alors que c'était son meilleur pote qu'on avait emmené Dieu savait où ? Son regard s'assombrit à nouveau et cela n'échappa pas à Sasuke. Il se rapprocha de Naruto lentement, collant presque son corps contre le sien alors que le blond se retrouvait acculé à l'arbre. Leurs yeux ne se lâchaient pas. Naruto était furieux et défiait l'autre. Mais ce dernier ne répondait pas à ce défi et avait juste une expression de douleur et d'inquiétude.

- Je t'interdis de me toucher sale monstre ! Cracha Naruto.

Puis il sursauta lorsque Sasuke claqua brutalement ses deux mains de part et d'autre de sa tête, contre le tronc qui émit un craquement sous le coup. Naruto se plaqua plus fortement contre l'arbre pour tenter d'échapper à ce corps qui se collait à lui et à ses yeux qui le plantaient sur place. Haine ? Désespoir ? Tristesse ? Il n'arrivait plus à choisir, à savoir, perdu qu'il était dans les orbes ténébreuses qui le dévoraient. Et Sasuke s'approchait toujours. Son visage progressait millimètre par millimètre, jusqu'à ce que leurs nez se touchent, que le souffle chaud et saccadé du blond se perde dans la bouche glacée du brun. Sa poitrine se soulevait par à-coups, son cœur battait la chamade et son regard ne parvenait pas à se fixer ailleurs. La distance entre eux paraissait ne même pas exister. Leurs lèvres étaient si proches ... et elles s'appelaient.

- Calme-toi, murmura Sasuke d'une voix douce, juste avant que ses lèvres n'effleurent tout doucement celles de Naruto.

Le blond se raidit, se mettant à respirer encore plus vite et à trembler encore plus fort. Mais Sasuke ne faisait rien de plus. Il effleurait juste les lèvres de son vis-à-vis en le bouffant des yeux. Et Naruto flancha. Toute la tension qui s'était accumulée dans son corps s'évapora. Il ferma les yeux et avança lentement la tête pour approfondir ce baiser que l'autre avait initié. Le contact le bouleversa, détruisant tout ces sentiments violents qui l'avaient ravagé depuis son départ de chez lui.

Sasuke garda ses mains sur le tronc, le corps droit, et ce fut Naruto qui se cambra contre lui pour frotter son bas-ventre à lui, enrouler une jambe autour de la sienne, fourrager ses mains dans ses cheveux ébène. Désinhibé, le blond se laissait totalement submerger par son instinct. Il ne savait pas ce qu'il faisait et encore moins pourquoi, mais il en avait envie au point que ça lui faisait mal. Sa langue bataillait contre sa jumelle et il laissait échapper de petits gémissements. Ces derniers n'étaient pas porteurs que de plaisir, mais aussi d'une peine qui recherchait une échappatoire par n'importe quel moyen. S'abandonner dans ces bras forts, se livrer à ce corps désirable ... c'en était une. Sasuke en avait conscience et ne prenait aucune initiative, pas plus qu'il n'amorçait le moindre geste montrant ce qu'il désirait vraiment, car il savait que Naruto avait besoin de faire comme bon lui semblait et qu'il s'arrêterait sûrement sous peu en réalisant ce qu'il faisait réellement : il embrassait un mec.

Un fait que Naruto avait effectivement oublié. Avec les yeux fermés, il ne sentait que des lèvres douces et délicieuses, des cheveux soyeux auxquels il était bon de s'accrocher, un corps chaud ... aussi grand que lui. Et quelque chose de dur qui frottait contre sa propre érection de plus en plus prononcée. Il écarquilla les yeux en se figeant sur place. Sasuke s'arrêta également en voyant ce revirement du blond. Celui-ci s'éloigna d'ailleurs de cette bouche qu'il avait dévorée pour fixer avec hébétude le vampire. Son regard était exorbité par la surprise et cela chagrina un peu Sasuke. De même que quelques heures plus tôt, Naruto allait sûrement le repousser en affichant une moue dégoûtée. Mais comment pourrait-il être rebuté par quelque chose de si merveilleusement bon ? Alors Sasuke attendait, s'avouant un peu stressé de voir ce que l'autre allait lui dire. Pervers, gay, harceleur, voyeur, vicieux, monstre ... la liste commençait à être longue.

- Je..., commença Naruto d'une petite voix.

Sasuke se raidit, appréhendant la claque (verbale) qu'il allait se manger alors qu'ils étaient, pour le moment, toujours serrés l'un contre l'autre.

- Je ... ne suis pas le seul à apprécier ce coup-ci, lâcha subitement Naruto en esquissant un sourire narquois alors qu'il ondulait des hanches contre le brun, ressentant encore plus fortement l'érection de ce dernier.

La mâchoire de Sasuke dégringola. Il s'était attendu à absolument tout sauf à...

- Mmh, gémit-il faiblement en refermant les yeux sous une plus forte ondulation de Naruto.

- Ça confirme mes pensées, dit Naruto en lâchant un petit rire moqueur mais un peu nerveux quand même.

Dédramatiser la situation ... oui, encore ce grand classique. Mécanisme psychologique de défense pour détourner ses pensées de ce qui pourrait les détruire. Si ça n'avait pas été ça, peut-être que Sasuke se serait énervé contre Naruto, mais tout ce qu'il pouvait faire en réalité, c'était garder closes ses paupières et se mordiller la lèvre inférieure pendant que le blond frottait sa jambe contre la sienne avec un peu plus d'empressement et d'envie.

- Si tu n'arrêtes pas ... je ne réponds plus de rien, le prévint Sasuke en rouvrant les yeux pour dévoiler un regard fiévreux et noyé de désir.

Comprenant l'implication de ces mots, le blond stoppa, l'air interdit et tout doucement, se détacha du brun en retournant s'adosser à l'arbre. Son regard redevint un peu lointain et triste. Après le déni, la colère, le marchandage par lequel il avait tenté de troquer son angoisse contre une délivrance physique et sexuelle, il passait maintenant à la dépression, dernière étape avant l'acceptation. Le blond était assez rapide dans son travail de deuil mais ça restait très fidèle à son tempérament habituel qui consistait à toujours aller de l'avant. C'était malheureux à dire, mais les coups du sort, il y était accoutumé.

- Pa...pardon, marmonna le blond d'une voix piteuse en baissant les yeux.

À présent qu'il avait recouvré sa raison, il se sentait honteux d'avoir cédé aussi lamentablement à un simple effleurement de lèvres ... avec un homme – et vampire – en plus ! Mais où avait-il la tête ? Pourtant cette pensée fut bien rapidement chassée pour que sa préoccupation première accapare à nouveau toute son attention : sa situation merdique. Merdique et périlleuse d'ailleurs. Cette réalisation remit aussi en place le fardeau incommensurable qui pesait sur ses épaules. Il se voûta sous la menace de cette épée de Damoclès alors que face à lui, Sasuke n'avait pas bougé et le fixait.

- Qu'est-ce que j'vais faire maintenant ? Se lamenta Naruto d'une voix assourdie par le chagrin en se laissant glisser jusqu'au sol où il se prit la tête entre les mains.

- Ce que tu fais toujours ... avancer, répondit Sasuke avec douceur et conviction en faisant doucement redescendre l'excitation en lui (il s'y efforçait d'ailleurs depuis au moins une minute !).

- Comment ? Demanda l'Uzumaki avec accablement. Je suis en train de perdre tous les points de repère qui construisent ma vie.

- Alors bats-toi pour ceux qui te restent, proposa Sasuke.

- Mais la prophétie...

- Elle dit ce qui va arriver, mais pas comment, l'interrompit le brun. Elle te laisse une liberté que Kiba n'a pas eue ... et c'est peut-être ce qui sera déterminant pour la suite.

- Comment ça ? S'étonna Naruto.

Sasuke s'approcha et se mit à genoux devant Naruto pour que leurs yeux soient à même hauteur, puis il commença :

- Quand je t'ai dit que tu avais tort sur le fait que Kiba avait été enlevé, en réalité ce n'était pas totalement faux.

Les yeux de Naruto s'agrandirent et Sasuke savait qu'il était sur le point de s'énerver encore et d'exprimer son ardent désir de voler au secours de son meilleur ami. Aussi Sasuke l'arrêta-t-il de suite :

- Il ne reviendra pas, Naruto. C'est trop tard.

- Pourquoi ?

- « Le temps viendra où deux esprits animaux très puissants se lieront par les seules choses capables de surpasser le sang et la raison à deux frères vampires qui viendront à se déchirer », énonça Sasuke. C'est bien ce que dit la prophétie.

- C'est quoi ces choses ?

- Pour Kiba, c'est la destruction de sa volonté. Connaissant Empty et sachant qu'il ne pourrait l'avoir autrement, il a dû hypnotiser Kiba avec sa pupille pour le forcer à croire qu'il avait besoin de lui. Il l'a dépossédé de son libre-arbitre sans qu'il n'en ait conscience. Aussi, même si tu venais à lui mettre la vérité à nue devant les yeux, il ne te croirait pas. Il appartient purement et simplement à Empty maintenant.

- ... Et moi alors ? Comptes-tu faire la même chose pour m'avoir ? Demanda Naruto avec autant d'inquiétude que de colère.

- Je n'en aurais pas besoin, répondit Sasuke en souriant faiblement.

- Pourquoi resterais-je avec toi dans ce cas ? Dit Naruto en réprimant un ricanement mauvais et fatigué.

- Par choix.

Un ange passa. Naruto ne savait trop quoi répliquer suite à la réponse si sincère et assurée de son interlocuteur qui n'avait même pas réfléchi un centième de seconde avant de déclarer cela. La conviction de ses mots et la force de son regard le déstabilisa. Puis son cerveau se remit (plus ou moins) en marche et il commença à voir ces deux mots d'une autre perspective. Effectivement, suivre Sasuke paraissait la moins désastreuse des options dont il disposait. Si on résumait bien, il y avait un vampire psychopathe lâché dans la nature qui venait de faire subir un lavage de neurones à Kiba dans le but de l'envoyer faire coucou à ses ancêtres ... tous zigouillés de façon sanglante. Ça en plus de cette prophétie de merde qui le plaçait au beau milieu d'une gentille petite guerre dans le monde des pompeurs d'hémoglobine (rien qu'ça !). Alors s'allier avec le seul cacheton d'aspirine du secteur qui ne désirait pas le transformer en casse-croûte devenait de plus en plus l'idée lumineuse du millénaire ... même si elle n'en demeurait pas moins désespérante.

Pendant que le blond réfléchissait, regardant le brun sans le voir vraiment, ce dernier assistait (une fois encore) à toutes les phases du raisonnement de Naruto. Un froncement de sourcils par ci, un petit soupir ensuite, un mordillement de lèvres par là... chose qu'il devrait vraiment éviter de faire s'il ne voulait pas se faire encore sauvagement attaquer (enfin dans un certain sens) par un vampire en manque (pas de sang vous l'aurez bien compris). 250 ans et des broquilles perdu dans une douce solitude n'avaient évidemment pas aidé le jeune vampire à expérimenter les ... euh ... choses de la vie. En théorie, il était loin d'être un crétin fraîchement sorti des affres de l'adolescence, mais techniquement, il avait toujours un mal de chien à maîtriser la débandade hormonale dont il était victime. Moins réceptif aux sentiments humains ? Il venait manifestement de trouver l'exception confirmant la règle... et il s'en serait bien passé.

- Je ne suis pas tellement sûr d'avoir vraiment le choix, dit alors une voix qui le tira de son auto-analyse déprimante, mais je crois ... que je vais quand même te suivre.

Sasuke retint un soupir de soulagement, refusant de montrer que le caractère plutôt imprévisible de l'humain l'avait quand même fait douter pendant un moment (de quoi aurait-il l'air vraiment !). Il sourit juste discrètement à l'Uzumaki qui le regardait avec incertitude, puis lui tendit la main. Le blond la saisit après encore une très brève hésitation et se remit debout.

- Bien, nous avons beaucoup à faire alors, lui dit Sasuke.

- Euh ... j'dirais pas non à quelques hypothèses ou pronostics pour voir où je fous le pieds, marmonna le blond en lâchant la main du vampire avec un peu trop de hâte après avoir senti son cœur s'emballer sous la sensation de la peau sans défaut de l'autre.

- Il est préférable que tu ne me demandes que des hypothèses en effet, car je ne pourrai te donner aucune certitude. Tout ce que je sais, c'est que je dois empêcher Empty de se lier avec Kiba, sans quoi il obtiendra un pouvoir si grand que nous aurons peine à les vaincre. Il nous faut donc agir au plus vite, commença à expliquer Sasuke.

- Mais ils ne sont pas déjà liés ? Demanda Naruto.

- Pas vraiment. Empty s'est emparé de l'esprit de Kiba mais il n'a pas fait main basse sur son esprit animal. Ça demande un genre de... cérémonie un peu plus profonde.

- De quel genre exactement ? Commença à s'inquiéter Naruto, bien conscient qu'il lui faudrait y passer aussi.

Sasuke resta silencieux une seconde, réfléchissant à toute allure pour savoir s'il devait tout lui révéler, au risque de le faire flipper puis fuir. De ce côté, Empty avait quand même de la chance que Kiba n'ait plus aucune volonté. Car lui avec Naruto, il allait bien se galérer pour lui faire accepter les choses. En conclusion, il ne lui dirait rien et le mettrait devant le fait accompli ... ou une seconde avant histoire qu'il n'ait pas le temps de répliquer.

- Ce n'est pas important pour le moment, répondit-il finalement.

- J'ai déjà entendu ça et ça ne me plaît pas des masses, bougonna Naruto en fronçant les sourcils.

- Il reste aussi le problème des Gardiens, poursuivit le brun en ignorant superbement la moue suspicieuse de son vis-à-vis.

Cette simple phrase suffit d'ailleurs à muer cette bouderie en une expression alarmée.

- Ils vont sûrement découvrir d'ici peu ce qui est arrivé à Hinata – si ce n'est pas déjà fait – et je peux déjà dire qu'ils ne vont pas le prendre très bien, reprit Sasuke. À partir de là, ils vont probablement s'engager plus franchement dans le conflit en commençant par éradiquer tous les vampires présents dans le secteur, ainsi que ceux qui les accompagnent.

Et l'expression alarmée fit place à un pâlissement instantané accompagné d'yeux pétrifiés de terreur.

- J'commence à comprendre ce que peux ressentir un lapin au milieu d'une partie de chasse, lâcha Naruto d'une voix crispée.

« Sauf qu'en toi résident la force et le courage des renards, non la couardise et l'impuissance d'un misérable hors d'œuvre à grandes oreilles », gronda la voix rauque en lui, le faisant sursauter au passage.

- Que t'arrive-t-il ? Demanda alors Sasuke.

- Euh ... rien ... c'est juste que j'suis pas encore habitué à avoir une bestiole dans ma tête, expliqua-t-il un peu perdu.

- Oh, Kyuubi, réalisa distraitement le brun. Il te faudra aussi nouer des liens plus forts avec lui pour jouir de son pouvoir.

- Pour t'en faire bénéficier ? Interrogea Naruto sur un ton un peu acide.

- Non, pour te protéger bougre d'andouille, s'énerva Sasuke. Jusqu'à maintenant, j'ai pu te garder sauf et te guider, mais tu ne pourras pas éternellement compter sur moi. Je vais avoir besoin d'être libre de mes mouvements tout en étant sûr que tu ne risques pas ta peau à chaque coin de rue en te jetant stupidement dans la gueule du loup.

- Hé ! Tu crois que je l'ai fait exprès peut-être ? S'indigna le blond.

- Non, c'est justement ça qui m'inquiète.

Naruto grogna quelque chose d'inintelligible mais n'ajouta rien d'autre.

- Bref, ainsi que je le disais, en plus de notre problème principal – à savoir Empty et Kiba – il nous faudra gérer le souci des Gardiens ... et probablement celui de mes propres pairs.

- D'autres vampires ? S'alarma à nouveau Naruto.

- Oui. Les miens ne sont pas du genre à rester sur la touche quand une situation – et en particulier celle-ci – prend pareilles proportions, ainsi que tu as déjà pu le constater. Et si les Hyuuga sont des êtres réfléchis, les vampires en revanche agissent plus à l'instinct, donc plus brutalement.

- Attends là ! On dirait presque que Konoha est sur le point de devenir une zone de guerre !

- Je ne le voyais pas autrement. Et si cela t'étonne à ce point, c'est que tu es encore plus naïf que je ne le pensais.

- Tu sais ce qu'il te dit le naïf ? S'emporta Naruto.

- Oui, et tu devrais surveiller ton langage, le réprimanda Sasuke avec calme, faisant quand même passer un bref avertissement dans le rougeoiement de ses pupilles.

- ... J'ai encore rien dit, marmonna le blond.

- Le penser suffit. Ne perdons plus de temps maintenant. Il faut retrouver Empty.

Sur ces derniers mots, Sasuke tourna les talons et s'engagea sur le sentier de forêt pour retourner vers la ville. Naruto bredouilla vaguement un acquiescement puis lui emboîta le pas.

oOo

Dans un appartement bien loin de là, deux jeunes femmes proprement sidérées venaient d'assister au départ précipité et... un peu forcé de leur ami. Le silence était retombé brusquement juste après que la porte avait claqué, laissant encore entendre une seconde les exclamations outrées d'un blond qui avait décidément d'impressionnantes cordes vocales.

- Que vient-il de se passer au juste ? Demanda Ino, sortant la première de sa torpeur.

- C'est ce que j'aimerais bien savoir aussi. Il faudrait qu'on discute avec Naru de ses nouvelles fréquentations je crois, répondit Sakura en soupirant.

- En effet. Ce grand brun avait l'air ... bizarre. Sans compter que je l'ai trouvé très impoli.

- Les mecs sont des bêtes, lâcha la rosée avec agacement.

- Tout à fait d'accord, acquiesça Ino sur le même ton.

Puis suivant les dernières instructions que Naruto avait eu le temps de leur laisser, elles sortirent de chez lui en refermant la porte derrière elles, puis se dirigèrent vers leur propre résidence. Elles habitaient dans le petit appartement surplombant le magasin de fleurs. La propriétaire leur avait loué pour un loyer assez avantageux, connaissant les difficultés financières du couple depuis qu'elles avaient quitté leurs parents. En ce dimanche où la boutique était fermée, leur rue semblait bien plus calme que d'habitude. Ce petit quartier était essentiellement commerçant et lorsqu'arrivait la fin de semaine, elles pouvaient alors jouir d'une tranquillité très reposante avant d'enchaîner sur un lundi à 100 à l'heure.

Elles pénétrèrent leur petit nid, douillettement aménagé par les soins d'Ino, aussi douée avec des fleurs qu'en tant que décoratrice d'intérieur.

- Il est plus de 11h30, tu veux que je commence à préparer le déjeuner ? Demanda Sakura en furetant dans le frigo pour voir ce qui leur restait.

- Bonne idée, on pourra aller se promener en début d'après-m' comme ça, répondit Ino en la rejoignant.

Sakura sortit quelques aliments du frigo pour les déposer sur le plan de travail, puis commença à les préparer. Ino était restée appuyée à l'encadrement de la porte, ne se lassant jamais de regarder Sakura s'affairer dans la cuisine comme une abeille ouvrière. C'était toujours un spectacle très amusant à regarder. Comme à son habitude, la rosée alluma le poste de radio, laissant s'élever dans la pièce une musique énergique sur laquelle elle se déhancha tout en maniant ses couteaux et ses casseroles. Faire de la préparation des repas un jeu avait été son truc depuis le début de leur vie à deux. Ino sourit quand Sakura, perdue dans sa musique, commença à fredonner l'air qui passait sur les ondes. Puis elle n'y tint plus.

Elle fit quelques pas vers sa dulcinée et posa ses mains sur ses hanches avant de les faire glisser sur son ventre, se collant à son dos pour déposer un léger baiser dans le creux de son cou. La rosée étant chatouilleuse, elle se tortilla en pouffant puis délaissa ses légumes pour poser ses mains sur celles de la jolie blonde. Elle bascula un peu la tête en arrière pour la faire retomber sur son épaule, puis la tourna afin de déposer à son tour un baiser sur la joue d'Ino. Cette dernière soupira d'aise et resserra sa prise, appuyant ensuite son menton sur l'épaule de Sakura.

- Tu es bien câline aujourd'hui, fit remarquer la rosée.

- Est-ce que ça te dérange ? Demanda innocemment la blonde en connaissant déjà parfaitement la réponse.

- Certainement pas ! Mais dans ces conditions, je vois mal comment j'arriverai à me concentrer sur la préparation du déjeuner.

Elle se pencha encore un peu en arrière pour faire papillonner sa bouche dans le cou d'Ino, se contorsionnant pour aller jusqu'à ses cheveux.

- Mmh, orchidée ? Demanda-t-elle dans un chuchotement.

- L'arrivage d'hier, indiqua Ino, fière de voir que le nez de sa belle ne cessait de s'améliorer pour distinguer toutes les senteurs florales.

- Magnifique fleur ... très révélatrice aussi, ajouta Sakura avec un sourire taquin.

- Dis-moi tout, l'invita Ino.

- Offrir une orchidée c'est exprimer la séduction et la sensualité. Elle signifie à l'autre qu'elle est l'objet de tes désirs, répondit Sakura dans un ronronnement alors que l'une et l'autre se mettaient à très doucement danser sans se desserrer une seule seconde.

- Bonne réponse, murmura Ino en saisissant le menton de sa petite amie pour tourner ses lèvres vers elle et s'en saisir.

Sakura passa les mains par-dessus sa tête pour les faire glisser dans les cheveux blonds et approfondir encore le baiser. La température commençait à monter en flèche dans la petite cuisine. Sakura finit par se retourner vers Ino pour plaquer son corps contre elle, faisant se rencontrer leurs poitrines. Elle fit ensuite onduler son bassin et remonta sa jambe le long de celle de la blonde. Plus haut, elles étouffaient leurs gémissements dans un baiser devenu fougueux.

Et quelqu'un frappa à la porte.

- Merde, grogna Sakura en interrompant le baiser, fronçant ensuite les sourcils.

- Arrête ça, lui dit Ino en passant un doigt sur les rides qui s'étaient formées sur son front. Tu sais bien que je n'aime pas te voir froncer les sourcils.

- Désolée, mais c'est agaçant d'être interrompues au milieu d'un si bon moment, marmonna-t-elle en caressant la joue de la blonde.

- Je sais. Je vais vite voir qui c'est puis on reprendra là où on s'est arrêtées juste après d'accord ?

- Fais vite, soupira la rosée en déposant un rapide bécot sur les lèvres d'Ino avant qu'elle ne quittât la cuisine.

Alors qu'Ino sortait de la pièce, le mouvement de ses hanches et de ses fesses hypnotisant la rosée pendant une seconde, celle-ci s'en retourna bon gré mal gré vers ses légumes, laissés en plan quelques minutes plus tôt. Une autre minute passa ensuite.

- Alors ? Qui c'est Ino ? Demanda-t-elle d'une voix forte en direction de l'entrée.

Aucune réponse. Intriguée, elle laissa son couteau et se saisit d'un torchon pour s'essuyer les mains. Elle se dirigea ensuite vers le salon afin de rejoindre l'entrée.

- Ino ? Appela-t-elle encore.

Toujours rien. Son cœur commençait à battre la chamade tandis qu'un mauvais pressentiment lui glaçait les entrailles. Arrivée dans l'entrée, elle se figea tandis que son cœur tambourinant ratait cette fois-ci un battement. Puis elle hurla.

oOo

Le taxi arriva au pied de l'immeuble et stoppa. Une seconde plus tard, un grand homme aux cheveux châtains remontés en une queue de cheval, dont la bouche se fendait en un radieux sourire, descendit de la voiture.

- Nous sommes arrivés mon amour, dit-il à l'intention de la jolie brune qui était toujours assise sur la banquette arrière.

- Heureusement, je ne sais pas si j'aurais pu tenir une minute de plus, répondit celle-ci en souriant faiblement.

L'homme l'aida à descendre avec précaution, la jeune femme étant visiblement un peu malade à en juger par la blancheur un peu trop prononcée de son visage et les cernes discrètes qui ternissaient son regard. Une fois dehors, elle prit un grand bol d'air et s'étira en soupirant.

- Tu iras mieux quand on sera tranquillement posés à la maison, lui dit son époux.

- Je suis désolée qu'à cause de moi, nous ayons dû écourter notre voyage, dit-elle en s'assombrissant un peu.

- Arrête Shizune, ça n'a aucune importance ! La maison ou les plages de Floride, peu m'importe tant que c'est avec toi.

- C'est pour ça que je vous aimerai toujours Iruka Umino, ronronna Shizune en enlaçant son mari pour l'embrasser.

Iruka sourit de plus belle puis se détourna pour sortir les bagages du coffre, payant ensuite le chauffeur alors que Shizune remontait déjà les marches du perron.

- Tu veux de l'aide pour porter les sacs chéri ? Demanda-t-elle en voyant Iruka se galérer un peu pour tout prendre en une fois.

- Non amour, pas la peine, répondit-il. Dégage-moi juste le passage pour que je n'aie pas à m'arrêter en route, lui dit-il.

- Ok chef ! Répondit-elle en mimant un salut militaire.

Iruka pouffa et la suivit dans les escaliers. Arrivés chez eux, il lâcha tout son barda dans l'entrée en soupirant de soulagement.

- Un ascenseur ne serait vraiment pas du luxe, fit-il remarquer en massant son épaule endolorie par son chargement de mule.

- Qu'entends-je ! S'offusqua faussement la toute récente Mme Umino. Toi Iruka, anti-feignasse et contre les facilités technologiques qui rendent les hommes comme des larves, militant pour la marche à pieds et les déplacements sans moteur au point que tu obliges ton propre fils à ne se déplacer qu'en vélo, tu oses demander un ascenseur ! Mon Dieu ! Le mariage t'a-t-il déjà ramolli ? S'enquit-elle en dévisageant le châtain avec inquiétude.

Iruka ne put s'empêcher de rire devant la moue de sa femme. Il la prit ensuite dans ses bras pour la bercer contre lui avant de répondre :

- Non tu as raison, pas d'ascenseur c'est mieux. Dieu nous a donné des jambes, ce n'est pas pour se laisser porter par une boîte de conserve qui monte et qui descend.

- Je préfère ça ! Plaisanta Shizune. Et maintenant, je ne dirais pas non à un petit encas parce que ce voyage m'a tuée ! Tu as prévenu Naruto au fait ?

- Oh non ! Attends je vais ... euh ... dans quel sac ai-je mis mon portable déjà ? Dit-il en commençant à fouiner dans tout le bazar toujours répandu sur le parquet du vestibule.

- Naruto se moquerait bien de toi s'il te voyait comme ça, fit remarquer Shizune. Lui qui se fait engueuler chaque fois qu'il range mal ses chaussures.

- Plains-toi ! Si je ne l'avais pas tant sermonné, cet appartement ne serait plus qu'un champ de bataille ! Rétorqua Iruka sur un ton de plaisanterie.

- Oui ... rien que le souvenir de sa chambre me tétanise.

- Ah ! J'le tiens ! Lâcha triomphalement le châtain en brandissant son mobile.

Puis il chercha rapidement le numéro de son fils dans le répertoire et l'appela alors qu'il se dirigeait avec Shizune vers le salon.

- Zut, le répondeur.

- Laisse un message.

- Mmh... Après votre message, vous pourrez le modifier en tapant sur *... bip. Salut Naruto c'est Iruka ! Shizune et moi sommes rentrés de Floride plus tôt que prévu. On est déjà à la maison et comme tu dois avoir des projets pour la journée, on se voit ce soir au dîner ! À tout à l'heure !

Iruka raccrocha. Pendant qu'il parlait, il n'avait pas remarqué que Shizune s'était arrêtée, les yeux fixés droit devant elle. Il mit bien une seconde à réaliser son état puis à suivre la direction de son regard. Il se figea à son tour.

- Qui êtes-vous ? Demanda-t-il en serrant son bras autour des hanches de sa femme.

oOo

Neji fulminait de rage à un point tel qu'il se sentait sur le point d'exploser. Dix minutes plus tôt, il se trouvait encore dans le salon de ce sale chien, contemplant avec horreur le corps encore chaud de sa cousine. Cette petite idiote ! Combien de fois lui avait-on répété que fréquenter l'Inuzuka était dangereux ? Combien de fois l'avait-on mise en garde contre cette relation malsaine ? Combien de fois lui avait-on dit de s'ôter du chemin pour que les Gardiens puissent faire leur travail et protéger l'humanité contre cette menace qui pesait sur elle depuis plus de deux siècles ? Pour cela, il ne fallait pas seulement maudire Hinata pour son grand cœur imbécile et ses convictions aveugles, mais aussi son propre père qui n'avait pas eu la force de faire taire sa fille. Hiyashi faiblissait en vieillissant et le résultat était là.

Une équipe avait été rapidement dépêchée sur les lieux du drame pour se débarrasser de tous les indices et ramener le corps de l'héritière Hyuuga au domaine. Les ordres avaient été très clairs : nettoyer la zone et ramener Hinata. Mais Neji en avait assez de devoir se montrer patient. Si on l'avait fait venir de la grande Tokyô où la situation était sur des charbons ardents, ce n'était pas pour qu'il se tourne les pouces. Lui était le fer de lance de sa famille, l'élite parmi les Gardiens éradicateurs et il allait le prouver ! Au diable ces ordres de faiblards et cette habitude de réfléchir dix ans avant d'agir. Sa gentille cousine venait d'être massacrée d'une façon atroce et il n'allait certainement pas laisser ce crime impuni.

Tout ça était la faute de ce clébard. Il aurait dû crever avec ses parents vingt ans plus tôt, exactement comme ce blond. Le destin se foutait vraiment de leur gueule décidément. Épargner le dernier Uzumaki et le dernier Inuzuka et les faire se rencontrer à Konoha. Pire ! Faire tomber Hinata – celle qui devait devenir la nouvelle chef du clan Hyuuga – amoureuse du chien, lui tournant les sens au point qu'elle en oublie les devoirs de sa famille. Quelle pagaille ! À croire que tout cela était inévitable. Tant de coïncidences ... c'en était vraiment trop pour le jeune Gardien qui se remit à sa traque avec plus d'ardeur encore.

Il avait activé la pupille des Gardiens, le puissant byakugan qui lui permettait de voir les effluves des vivants ... et des moins vivants. Un réseau complexe de fils qui s'emmêlaient dans un somptueux bordel lorsqu'il s'agissait d'une cité aussi imposante que Konoha. Des milliers de couleurs, des millions de carrefours. Impossible à suivre pour beaucoup des siens. Mais lui parvenait encore à s'accrocher aux deux liens qui l'intéressaient. Quatre repartaient du lieu du crime, mais un seul avait été imprégné pendant quelques mètres du flux mourant de sa cousine. Le seul qu'il ne lâcherait sous aucun prétexte, comme si sa vie en dépendait. Il était pourtant difficile à pister. Ce sale monstre était décidément très doué ... mais Neji devait l'être tout autant.

Il s'enfonçait à présent dans le très vieux quartier industriel à l'extrême nord de la ville. La plupart des entrepôts étaient à l'abandon et l'atmosphère en ce lieu était plus que lugubre et chargée de danger. Mais sa volonté ne vacillait pas. Dans ces rues si désertes, il avait plus de facilité à se guider tant les fils de vie étaient clairsemés. Cela le mena directement à une ancienne biscuiterie. Il pénétra dans le bâtiment à pas de loup et se faufila prudemment dans les différentes salles, montant des escaliers délabrés, sans jamais rencontrer âme qui vive. Il avait beau faire grand jour dehors, les fenêtres condamnées lui donnaient l'impression d'évoluer en plein cœur de la nuit. Les rares rayons du soleil qui arrivaient à filtrer révélaient la poussière en suspension dans l'air, comme s'il s'agissait d'entités ectoplasmiques qui l'encerclaient. Enfin, un bruit discret échappé de derrière une porte attira son attention.

Il se glissa très furtivement vers l'entrebâillement de la porte pour jeter un œil à l'intérieur de la pièce. La colère le prit aux tripes lorsqu'il découvrit enfin ses deux cibles en chair et en os. L'Inuzuka était acculé contre un pilier de béton, stoïque, et en face de lui il y avait un autre jeune homme assez menu et un tout petit peu plus petit que lui qui se rapprochait. Neji restait un peu interloqué, se demandant ce que ces deux cons fabriquaient. Malgré son envie de leur coller une dague dans le cœur, il parvint à se contenir suffisamment pour les étudier. Le vampire lui faisait dos, aussi était-il dans l'incapacité de voir l'expression de son visage. En revanche, il avait une vue imprenable sur les traits du clébard ... et ils semblaient dénués de toute vie. Le jeune homme n'était pas mort évidemment, mais il lui manquait clairement quelque chose. Son regard était trop vide pour être naturel.

Pendant que le brun se collait à lui, enlevant sa veste au passage, une ombre se glissait derrière Neji. Celui-ci la repéra presque immédiatement et se retourna aussi brusquement que silencieusement pour voir qui l'avait ainsi pris en tenaille. Et il dut baisser les yeux ... pour tomber nez à nez avec un grand chien blanc. Il haussa un sourcil, voyant que le chien se mettait en posture d'attaque, ses babines retroussées sur ses crocs tandis qu'il grognait. Le chien bondit sans crier gare et la seule retraite possible pour Neji fut de bondir dans la pièce en défonçant la porte au passage. Les deux occupants des lieux se tournèrent vers lui, sans qu'aucun indice ne montrât une quelconque surprise.

- Calme Akamaru, dit immédiatement Kiba d'une voix absente.

Le chien stoppa de suite, mais se faisait toujours surveiller du coin de l'œil par le Gardien qui calculait à toute allure les différents scénarios de bataille. Dans ses pronostics, il n'avait pas prévu le chien et cela le chiffonna grandement.

- Un invité imprévu ... amusant, remarqua Empty sur un ton détaché.

Neji le fusilla du regard.

- Oh ! Gardien en plus, constata le vampire en voyant les prunelles blanches du Hyuuga, trahissant la présence de son byakugan.

- Gardien ? Comme Hinata ? Demanda Kiba.

- Je t'interdis de prononcer son nom ! S'emporta Neji.

- Un peu de tenue très cher. Point n'est utile de se laisser aller à de telles démonstrations de haine. Ne pouvons-nous discuter comme des gens civilisés ? Demanda Empty.

- Je ne discute pas avec les vampires. Je les tue, rétorqua promptement Neji.

- Il y a eu de sérieuses lacunes dans ton éducation mon ami, se désola faussement Empty. Tu nous interromps à un moment très important, tout ça pour nous servir ton venin. C'est désolant.

Les paroles si calmes du vampire ne firent que déchaîner la colère mal contenue du Hyuuga. Ce dernier avait toujours réussi à faire preuve d'un sang froid sans égal pendant les batailles, mais celle-ci différait tellement de toutes celles qu'il avait dû mener. Il sentait son cœur brûler de chagrin au souvenir de sa cousine. Et sa douleur ne faisait que sublimer son désir de vengeance. Il se savait déraisonnable, il savait qu'il aurait dû faire appel à des renforts, il savait que foncer sans préparation dans un combat était indigne de lui et suicidaire ... mais son cœur guidait ses actes maintenant. Il comprit aussi bien vite que le ''moment très important'' qu'il avait interrompu était celui de la cérémonie de liaison. Il n'avait que très peu d'informations sur le sujet puisqu'il n'y avait eu qu'un seul précédent à ce jour, et cela remontait déjà à plus d'un millénaire. La seule chose dont il était certain, c'était que cela lui offrait une chance – aussi infime fût-elle – de se sortir vivant de ce guêpier. Alors il ne se posa pas plus de question.

Le combat s'engagea avec fureur. Akamaru aboyait comme un dément mais Kiba lui ordonnait de rester hors de l'affrontement. Empty et Neji s'assénaient des coups puissants et d'une rare violence. Plus d'une fois, la lame du Hyuuga frôla la gorge du vampire. Plus d'une fois aussi, les crocs d'Empty effleurèrent la peau du Gardien. Mais aucun ne faisait mouche.

Empty avait activé sa propre pupille, son œil se teintant maintenant d'un bleu-gris très sombre sur lequel étaient visibles quatre petits ovales noirs autour de sa pupille. De l'autre côté, le byakugan de Neji était poussé à son maximum. Grâce à cela, il parvenait à suivre les déplacements inhumains de son adversaire. Malheureusement, le vampire possédait une chose qui lui faisait défaut en comparaison : l'endurance. Son œil lui demandait beaucoup de concentration et d'énergie alors que l'autre ne semblait même pas essoufflé ... il n'aurait pas pu l'être puisqu'il ne respirait pas de toute façon. Le Gardien avait pourtant affronté des vampires par dizaines, mais celui-ci était d'une toute autre trempe.

Empty fit un large mouvement du bras pour saisir le cou de l'autre, qui se déroba in extrémis et passa sous sa garde, contournant le vampire pour le prendre à revers. Mais sa vitesse, qui n'avait fait que décroître depuis le début du combat, ne fut pas suffisante pour prendre le dessus. Et sans qu'il ne le réalisât, tout s'arrêta sur une vive douleur. Il baissa les yeux, pour voir la main d'Empty profondément enfoncée dans sa poitrine. Il cracha du sang.

- Voilà qui met un terme à ta vie de Gardien mon ami. Je suis bien désolé de ne pouvoir m'amuser plus avec toi mais j'ai à faire avant d'aller tuer Raven et son renard. Et puisque de toute façon, un humain ne peut survivre plus de trente secondes après que les battements de son cœur se sont arrêtés, tu es...

Un bruit écœurant (c'est le cas de le dire) se fit entendre alors qu'Empty retirait brusquement sa main de la chair de l'autre, arrachant son organe au passage.

- ... Déjà mort, finit-il tandis que le sang du Hyuuga perlait goutte à goutte depuis le cœur toujours serré dans sa main souillée de carmin.

Neji s'écroula au sol, les yeux exorbités.

oOo

Sasuke marchait à une allure telle que Naruto peinait à le suivre. Il se dirigeait sans hésiter une seule seconde et le blond se demandait comment il pouvait savoir avec une certitude si inébranlable où s'était réfugié ce salaud d'Empty. Mais il s'abstenait bien de poser la moindre question tant il doutait encore de son choix de s'embarquer pleinement dans cette histoire... et surtout, il se gardait bien d'attiser la colère de Sasuke qui, malgré son calme apparent, semblait sur le point de perdre son flegme vampirique pour tuer tout ce qui bougeait. Cependant, la légendaire bavardise de Naruto fut bientôt impossible à retenir ... sans parler de sa curiosité maladive.

- Euh ... où on va au juste ? Demanda-t-il d'une petite voix.

- Voir Empty, je te l'ai déjà dit, répondit abruptement le vampire.

- Oui merci, ça j'avais compris. Mais exactement ?

- Là où il se trouve.

Naruto se retint de soupirer mais leva quand même les yeux au ciel.

- C'est sympa de pointer les évidences, mais ça me dit quand même pas où on va.

- Je te dirai ça quand on y sera, répondit Sasuke d'une voix de plus en plus agacée.

- Si tu sais même pas où c'est, comment tu peux y aller les yeux fermés ?

- Je n'ai pas besoin de mes yeux. Mon odorat suffit.

- T'es en train de suivre sa piste comme un chien ?

Naruto se mordit les lèvres et se recroquevilla sous le regard assassin que lui lança le brun. Le comparer à un chien n'était probablement pas la meilleure idée qu'il ait eue à ce jour ... et ce n'était pas peu dire !

- Pardon, bredouilla Naruto en baissant la tête.

- Ce n'est pas grave.

Puis sans crier gare, Sasuke s'arrêta net et Naruto (bien évidemment) ne vit rien du tout, continuant à avancer avant de se faire attraper brutalement par le col et tirer en arrière.

- Urgh ! S'étrangla-t-il. Qu'est-ce t'as encore putain ? S'énerva-t-il ensuite.

- Content de te revoir petit frère, dit une voix masculine qui provenait de... quelque part au-dessus de leurs têtes.

Naruto sursauta et leva le nez en cherchant partout juste avant de tomber sur une haute silhouette, debout au sommet d'un lampadaire. Interloqué, il se dit qu'une telle posture n'était pas des plus banales – encore moins discrète – et ... minute là... ''petit frère'' ?

Il tourna la tête si brusquement vers Sasuke que son cou protesta avec un craquement sonore dans la manœuvre. Mais Naruto s'en moqua bien, préférant dévisager intensément le vampire qui se trouvait à sa droite, puis retourna vers la personne perchée sur le poteau. Maintenant qu'il la voyait un peu mieux, il reconnut sans mal l'homme qu'il avait déjà croisé dans ses souvenirs.

- Bonjour à toi Crow. Serais-tu devenu suicidaire pour te tenir bien en vue de tous en plein soleil ? Répliqua nonchalamment Sasuke.

- Je n'ai pas l'intention de rester longtemps ici. Juste quelques minutes pour discuter.

- Discuter, vraiment ? Étrange, je pensais que tu serais pourtant là pour m'occire. Comment va Hawk à ce propos ?

- Ta défection le chagrine. Il ne te pensait pas stupide au point de trahir les tiens pour t'allier à un déchet mi-humain mi-animal.

- Hey ! S'offusqua Naruto. J'te permets pas sale suceur de sang !

- Et en plus il a la bouche en feu. Comment diantre parviens-tu à supporter cela ? Se lamenta faiblement l'aîné Uchiha.

- Je m'y suis habitué. Et tu n'as encore rien vu de son incommensurable bêtise ou de sa curiosité excessive ou encore de son débit de parole impressionnant, répliqua Sasuke.

- Bah allez-y ! Continuez à faire comme si j'étais pas là en plus ! S'énerva Naruto en affichant une moue boudeuse.

- Les humains ne sont décidément bons qu'à devenir notre pitance, lâcha Itachi d'une voix morne.

- Et qu'est-ce t'attends pour me boulotter au juste ? Le provoqua Naruto sous un soupir désespéré de Sasuke. Au lieu de rester sur ton perchoir comme un débile de pigeon !

- J'ai un peu de peine à l'admettre mais il n'a pas tort. Ce quartier industriel a beau être désert, ce n'est pas une raison pour te donner tant en spectacle. Que nous veux-tu Crow ? J'ai autre chose à faire que gâcher mon temps en paroles vois-tu ?

- J'étais curieux de voir si tu avais déjà accompli la fusion mais je vois qu'il n'en est rien. C'est bien dommage.

- Je pensais pourtant que cela te soulagerait. Tu sais bien ce qui se passera une fois que nous l'aurons fait.

- Te tuer maintenant serait trop ennuyeux. Je sais que tu n'es pas assez fort pour me vaincre. Un combat facile ne m'intéresse pas. Je veux éprouver ma force contre un adversaire qui en vaudrait enfin la peine.

- Cette vanité te perdra un jour, rétorqua Sasuke d'une voix acide.

À côté de lui, Naruto assistait avec hébétude à ce curieux échange. Les deux frangins ne pouvaient vraisemblablement pas se sentir (et avec un odorat de vampire ça voulait dire beaucoup !) mais restaient pourtant là à converser alors qu'une guerre couvait et pouvait péter à tout moment. Puis surtout, cette histoire de fusion qui était revenue sur le tapis l'interpelait de plus en plus. De quoi pouvait-il bien être question ?

- Pense ainsi si cela te chante, mais à en juger par ce que je vois, tu as de la chance que je veuille te laisser le temps de procéder car ton compagnon ne me paraît pas prédisposé à accepter cela, continua Itachi, tirant ainsi Naruto de sa rêverie.

- Bon Sasuke, tu vas me dire ce que c'est que cette fusion à la con ? J'en ai marre qu'on parle toujours de sujets qui me sont inconnus comme si c'était une banalité.

- Pas maintenant Naruto. Tu ne comprendrais pas, répondit Sasuke en fronçant les sourcils.

- Arrête de me prendre pour un con ! Explique-moi merde ! J'en ai ras l'cul d'être le seul demeuré du secteur à naviguer dans le flou.

- Ciel ! Quel langage. Il serait bon que tu inculques quelques notions de bienséance à ton futur soumis petit frère.

- Eh va t'faire f...FUTUR QUOI ? Tiqua enfin Naruto en écarquillant les yeux.

Sasuke se contenta de se pincer l'arête du nez, luttant contre l'envie de bondir sur son crétin de frère qui venait sciemment de le foutre dans une merde incroyable. Réalisant que le brun restait silencieux, Naruto reporta sa fureur sur lui après avoir vu le petit sourire satisfait du plus vieux.

- Sasuke, gronda-t-il d'une voix sourde et tremblante de rage, qu'est-ce que c'est que cette histoire ?

- Je ne suis pas sûr que tu veuilles vraiment le savoir, répondit Sasuke sur un ton plus ou moins maîtrisé.

- Oh si ! Crois-moi, je veux savoir ... et maintenant ! Rétorqua Naruto en croisant les bras sur sa poitrine.

Sasuke soupira, se passa une main lasse dans les cheveux et se tourna ensuite vers Naruto pour le regarder droit dans les yeux.

- Basiquement, la fusion consiste en une liaison de nos essences tant au niveau psychique... que physique. Pendant cette cérémonie, il me faudra te donner une part de moi tandis que tu me donneras une part de toi. Cela créera un lien à double sens dans notre relation.

La bouche de Naruto formait un ''o'' parfait alors que ses yeux jouaient à qui sortirait le plus loin de son orbite. ''Liaison physique'' ? ''prendre une part de lui'' ? ''donner une part de soi'' ? ... ''relation'' ? Et ce fut en vérité ce dernier mot qui fit tilt en se connectant avec ce qu'avait dit l'autre brun. À savoir ''futur soumis''.

- Je l'savais que t'étais un putain de pervers ! Hurla de suite Naruto en faisant un pas en arrière. C'est ça hein ? Tu veux me prendre comme une gonzesse ? Ça t'a pas suffit de m'embrasser faut aussi que tu me défonces le cul ? Nan mais t'es complètement à l'ouest mon pauvre ! Jamais j'me plierai à ça moi ! J'suis pas une fiotte !

Et le voilà qui repartait dans son délire. Sasuke retint un énième soupir, parfaitement conscient que le blond se voilait la face quant à son propre désir. Bon ok, ce désir n'allait peut-être pas jusqu'à vouloir se faire prendre par derrière, mais c'était la seule solution pour que la liaison s'étende jusqu'à Kyuubi. Sasuke n'avait pas le choix pour gagner suffisamment de pouvoir afin de les protéger tous deux (et on se demande qui se voile la face là...).

- Merci Crow, vraiment, dit-il d'une voix agacée à son frère qui avait assisté à cette effusion avec une certaine délectation.

- Ce fut un plaisir.

- Et tu croyais vraiment que j'allais gober un truc pareil sale con ? Continua à crier Naruto en se foutant totalement de celui qui avait provoqué cela (et qui continuait à grandement s'en amuser).

- Je voulais te présenter ça plus en douceur Naruto. Ne t'emporte pas tant, ce n'est pas la mort.

- Parle pour toi ! C'est pas la virginité de ton cul qu'est en péril nom de Dieu ! C'est la mienne !

- Tu peux me dire pourquoi tu m'as forcé à tout lui dire sans préparation si tu voulais tant que l'on fusionne ? Demanda ensuite Sasuke en retournant son attention vers Itachi.

- Parce que je me suis déjà chargé de lui donner bien assez de raisons pour accepter cela. C'est la seule chose agréable qui pourrait lui rester ... alors pour la suite, il ne faudra plus oublier de bien le préparer. Pas vrai petit frère ?

Et sur ces dernières paroles narquoises, Itachi esquissa un sourire plus franc et beaucoup plus malsain avant de s'évaporer, laissant pantois le blond et songeur le brun.

- C'est quoi ces conneries qu'il a dites encore ?

- Je n'en suis pas sûr ... mais j'ai un bien mauvais pressentiment, dit Sasuke d'une voix faible, plus pour lui-même que pour le blond.

- Comment le fait d'être enculé pourrait rester le seul truc agréable de ma vie ? Et puis qu'est-ce qu'il foutait là ton frangin en plus ?

- Il a été envoyé sur les lieux par Hawk pour contrer mon mouvement et celui que Fake a initié à travers Empty. Il est là ... avec son équipe.

L'estomac de Naruto fit un saut à l'élastique dans le vide ... malheureusement sans élastique.

- Tu veux dire... qu'il y en a encore d'autres ? Demanda-t-il avec effroi.

- Deux autres. Crow est un nettoyeur. Il se charge des sales besognes de Hawk avec deux vampires venant d'une famille aristocratique liée aux Uchiha. Dolls et Sand des Sabaku.

Savoir que deux autres vampires trainaient en ville et qu'ils ne nourrissaient pas des intentions très louables envers eux ne fit qu'accentuer la panique de Naruto. Et puis un nouveau tilt se fit dans son cerveau. Ita... Crow avait dit qu'il s'était chargé de lui donner plein de raisons de vouloir monter en puissance au point de faire un truc qui le révulsait. Il avait dit ... qu'il ne lui resterait plus rien d'agréable. Et s'il y avait bien une chose que Naruto trouvait agréable, c'était de passer du temps avec ses proches.

- Non, souffla-t-il sans vouloir y croire.

- Il faut faire demi-tour... et tant pis pour Empty, dit Sasuke à son plus grand étonnement.

Il savait très bien que le blond avait aussi compris ce qu'impliquaient les paroles de son frère, de même qu'il savait qu'empêcher la fusion d'Empty et Kiba était primordial, mais présentement, il préférait suivre les désirs de Naruto plutôt que ses propres impératifs. Puis il se doutait qu'une fois sorti de sa catatonie, le blond hurlerait comme un dément qu'il voulait retrouver ses amies. Sasuke préféra donc prendre les devants et saisit la main du blond pour se mettre à courir vers la ville.

Naruto se laissa trainer au début, mais il reprit bien vite ses esprits et se mit à galoper de sa volonté. Il voulait vérifier ... ce qu'il avait compris ne pouvait pas être vrai. Aussi étrange que cela paraissait, il avait de moins en moins de mal à talonner Sasuke qui courait pourtant bien plus vite que la moyenne bien qu'il ne fût pas au maximum de son potentiel vampirique. Le blond sentait une force nouvelle couler en lui. Il se déplaçait avec plus de souplesse et de vitesse. Il évitait les obstacles avec une plus grande facilité, il entendait et sentait ce qui l'entourait avec plus de clarté que jamais. Ça lui rappelait un peu son premier cauchemar ... mais là encore, c'était différent.

Sasuke aussi avait perçu ce changement en Naruto. Le jeune homme semblait enfin puiser dans ses ressources cachées. Il devenait un véritable Uzumaki... le chef légitime de son clan en fait, même s'il était le dernier encore en vie. Il devenait animal et se gorgeait de la force des renards. Son instinct était plus éveillé que jamais.

Aucun des deux ne prêtait attention aux gens qui marchaient tranquillement dans la rue et qui les dévisageaient avec étonnement. Lassé d'essuyer tant de regards, Sasuke entraîna Naruto dans une ruelle et en moins de deux secondes, ils se retrouvèrent sur les toits à bondir d'immeuble en immeuble. Sasuke sautait avec souplesse et élégance alors que le blond était presque à quatre pattes dans une posture féline et sauvage. Grâce à leur vitesse, ils n'étaient maintenant plus que deux ombres, imperceptibles aux yeux des humains. Deux minutes d'une course folle plus tard, ils atteignirent l'appartement de Sakura et Ino. Naruto était venu ici directement car même pas une heure et demi plus tôt, les deux jeunes femmes s'étaient trouvées dans son appartement ... au plus proche de lui et donc, au plus proche du danger.

Il entra par une fenêtre du couloir et se dirigea vers la porte de l'appartement ... pour la trouver entre-ouverte. Il se figea sur le paillasson, son cœur battant à une allure ahurissante. Il leva une main tremblante pour repousser le battant. La première chose qu'il vit, fut une chaussure négligemment abandonnée sur le sol. Plus loin, un pied nu, puis une jambe... puis un corps. Il étouffa un gémissement et se précipita près d'Ino, se jetant à genoux à ses côtés. Il n'osa d'abord par la toucher et se contenta de très doucement effleurer une mèche de cheveux blonds qui retombait sur son visage. Elle avait l'air calme et endormie ... mais elle était bien morte. Une larme roula sur sa joue et s'écrasa sur celle de son amie.

Il releva ensuite la tête, la vision troublée par ses pleurs, et tomba sur un deuxième corps. Il se releva immédiatement et courut vers Sakura. Cette fois-ci il n'hésita pas et la prit dans ses bras ... elle respirait encore !

- Sakura ? Appela-t-il précipitamment. Sakura ouvre les yeux ! Qu'est-ce qui s'est passé ?

La rosée ouvrit péniblement les yeux et sourit douloureusement en découvrant le visage de Naruto.

- Na...ru..., elle fut interrompue par une quinte de toux qui lui fit cracher une gerbe de sang.

- Oh putain ! SASUKE ! APPELLE UNE AMBULANCE VITE !

Sasuke regarda le blond perdre les pédales d'un air contrit. Appeler une ambulance ? Pour quoi faire ? Cette jeune fille ne survivrait pas jusqu'à son arrivée. Cette façon de faire ressemblait bien trop à Sand, et il savait comment le rouquin aimait jouer. Pendant ce temps, Naruto caressait les cheveux de Sakura en débitant des platitudes pour la maintenir avec lui.

- Reste avec moi ma belle. Ça va aller. Je suis là maintenant. Tout ira bien.

- Il ... avait l'air ... si étrange, commença à marmonner Sakura. J'ai vu ... Ino ... Ino ...

Elle répétait son nom en essayant de la chercher du regard, mais ne parvint qu'à cracher une nouvelle vague écarlate.

- Ne parle pas Sakura tu épuises tes forces. Ino ... est déjà partie, finit Naruto d'une voix déformée par la tristesse.

Sakura cessa de s'agiter et contempla Naruto comme si elle le voyait pour la première fois. Ses lèvres remuèrent, mais aucun son ne sortit. Une larme perla sur sa joue, devenant instantanément rouge à cause du sang qui coulait toujours depuis une blessure sur sa tempe. Enfin, la rosée sourit.

- Alors ... je sais ... où je dois ... aller, dit-elle avec presque du soulagement dans la voix.

- Non ... non NON ! Sakura qu'est-ce que tu racontes ? T'as pas le droit de m'abandonner !

- J'veux pas ... qu'elle soit ... toute seule, répliqua-t-elle d'une voix de plus en plus faible sur un ton d'excuse. Pardonne-moi, souffla-t-elle une dernière fois ... avant de fermer les yeux.

- Sakura ? ... SAKURA !

Il cria mais rien n'y fit. Son amie d'enfance venait de rendre son dernier soupir entre ses bras, et son sang s'épandait lentement sur son corsage. Sasuke avait assisté à cela de loin, ne sachant pas ce qu'il devait faire pour aider le blond. Le pouvait-il seulement ? Et pendant que le blond pleurait, son portable se mit à vibrer mais il s'en moqua. Il resta ainsi pendant encore une minute, avant de passer ses bras sous le corps de Sakura pour la soulever. Il se dirigea ensuite avec lenteur vers la blonde et déposa la jeune femme juste à côté de son amante.

- Tu seras avec elle pour toujours maintenant, murmura Naruto en empêchant ses larmes de couler à nouveau.

Il se redressa ensuite vers Sasuke et se rappela que son mobile avait vibré. Il le prit d'un air absent, essayant de remettre son cerveau en marche pour assimiler ce nouveau choc. Il écouta sa messagerie.

- Vous avez un nouveau message. Message reçu aujourd'hui à midi... bip.

Et son expression perdue se transfigura en la plus effroyable des terreurs, blêmissant à mesure qu'il écoutait son interlocuteur parler.

- Oh non ! Souffla-t-il en raccrochant.

- Qu'y a-t-il encore ? S'alarma Sasuke devant l'expression de son vis-à-vis qui regardait son mobile en tremblant.

- Mon père ... il est revenu avec Shizune il y a presque une heure ... mais y'avait pas de réseau et ... j'ai eu son message que maintenant, débita Naruto d'une voix épouvantée.

- On y va, intima derechef Sasuke en se mettant à courir.

Naruto jeta un dernier regard vers ses amies, allongées l'une contre l'autre, avant de foncer à son tour. Cinq minutes plus tard, l'horreur se répétait. Et Naruto fut cette fois-ci, absolument incapable de l'assimiler. Il restait figé à l'entrée du salon, contemplant son père et celle qui était devenue sa mère, dans une posture anormale, enroulés l'un contre l'autre dans le canapé. Il ne put que pleurer, sans bouger alors que défilaient devant ses yeux les images de ses 20 dernières années en compagnie de cet homme qu'il avait tant aimé et qui l'avait tant aimé. On dit que lorsqu'une personne sent la mort venir, sa vie se déroule entièrement devant ses yeux ... mais c'était aussi vrai pour des personnes bien vivantes qui, en même pas une heure, venaient de perdre absolument tout ce qui comptait pour elles.

Ses jambes se dérobèrent sous lui, et sans les bras forts de Sasuke, il se serait affalé de désespoir au sol. Blotti dans les bras du vampire, il pleurait et suppliait, priant Dieu de lui rendre ses proches, lui demandant pourquoi il devait subir tout ça. Pourquoi avait-il fallu que ses parents reviennent justement aujourd'hui ? Pourquoi avait-il fallu qu'il entraîne ses deux merveilleuses amies, à qui la vie souriait enfin, dans sa chute ? Qu'avait-il fait pour mériter d'être accablé par tant de chagrin ?

Il pleurait et posait ces questions. Sasuke le berçait et s'excusait silencieusement. Tout cela était de sa faute. Si seulement il avait décidé d'obéir à Hawk et de ne faire que ce qu'on attendait de lui. Mais il avait voulu venger son père en faisant payer son aïeul pour ses choix stupides. Il voulait voir se réaliser la prophétie pour sortir les siens de la lente agonie dans laquelle ils s'enfonçaient. Mais jamais il n'avait pensé aux dommages collatéraux qu'il provoquerait dans la vie de cet humain. Il n'en était qu'un parmi tant d'autres ... du moins c'était ce qu'il pensait au début. Mais ce n'était plus le cas. Il pensait qu'il pourrait utiliser l'esprit animal pour mener cette grande révolution, et voilà qu'il le tenait contre lui, vivant sa peine en même temps que lui, priant pour que sa douleur cesse.

Mais il n'aimait pas la tristesse. Elle ne menait à rien. Il préférait la colère. Ce sentiment était bien plus puissant. Et il la ressentait plus fortement chaque fois que ses yeux contemplaient l'œuvre de Dolls. Car cette mise en scène stupide avec les corps sans vie des Umino ne pouvait être que de son fait. Lui qui avait toujours considéré les humains comme de simples marionnettes avec lesquelles il était bon de jouer. Et sa colère se mua en rage, si bien qu'il lâcha un grognement sourd. Ce son tira Naruto de ses sanglots. La tête contre le torse du brun, le grognement avait vibré dans son oreille et secoué son être tout entier. Les bras de Sasuke qu'il sentait enfin, lui insufflèrent une force nouvelle et inhabituelle. Cela réveilla celle qui se tapissait au fond de lui.

« Fais-le gamin ! Ne les laisse pas tout te voler sans te battre ! Venge-toi ! Pour tes amies et tes parents, pour Kiba qui s'est perdu aussi ... fais-le pour eux ! Ils le méritent bien ! »

Kyuubi s'agitait, s'énervait, grondait en lui. Et il avait raison ! On lui avait tout pris, lui arrachant ce bonheur qu'il avait eu tant de mal à obtenir. Et il devait leur faire payer. On ne s'en prenait pas à ses proches sans en souffrir les lourdes conséquences. Uzumaki Naruto ne délaissait jamais les siens ... même si on lui disait que tout était perdu, même si on lui disait que c'était inutile, même si on lui disait qu'il ne pouvait rien y faire. Lui s'entêtait et persévérait. C'était comme ça qu'il avait toujours vécu. Et si possible, c'était comme ça qu'il allait mourir.

- Sasuke, parvint-il à dire d'une voix ferme, surprenant le brun au passage.

- Quoi ?

- Fais-le, lui ordonna-t-il sans plus attendre.

- ... Tu es sûr ?

- Fais ce qu'il faut pour nous rendre plus forts. Nous allons avoir du pain sur la planche, déclara Naruto d'une voix dure en fichant son regard déterminé dans les yeux du brun.

Celui-ci acquiesça. Il ne voulait pas le faire dans ces conditions, mais il ne pensait pas avoir le choix. Avec précaution, il se rapprocha donc de Naruto et fit se rencontrer leurs lèvres...


Note de l'auteur : Et voilà pour la première partie du chapitre... si vous n'appréciez pas le moment de la coupure (ce dont je suis absolument certaine), et bien adressez vos réclamations à ma bêta ! XD ... OK ! J'suis sadique et alors ? J'ai pas eu ma dose de reviews et ça me rend grognon. NAH !

Vous savez ce qui vous reste à faire !

Deuxième partie de ce chapitre (et cette fois-ci ce sera vraiment la fin), en ligne le Dimanche 26 Juillet.