ZARAKINEL - Merci beaucoup pour ta review =)

NOTA BENEL'histoire, j'ai oublié de l'indiquer, se déroule au début du cinquième tome, que j'ai donc revisité. Sirius est encore en vie, et les réunions de l'ordre sont toujours dans la demeure des Black.


II - Pouvons-nous étouffer le vieux, le long Remords, Qui vit, s'agite et se tortille ? (PLAYIST : A Dark Knight - Hans Zimmer & James Newton Howard - The Dark Knight Soundtrack)


« - Je n'y croyais plus. Dumbledore nous avait dit…mais…sincèrement je pensais…

- Tu n'arrives même plus à parler. », dit Siejena avec la même intonation que Remus quand il lui intime de se calmer. Elle a posé sa cape sur le dossier de sa chaise, une tasse de thé fumante à côté d'elle avec des petits gâteaux mais elle n'y touche pas. Pas qu'elle n'aime pas ça, mais elle est de nature peu gourmande, surtout lorsqu'elle est préoccupée. Une petite foule est attelée autour de la table, le feu crépite encore fortement, Dumbledore est parti, Molly fait la vaisselle. Severus est hors de vue, introuvable depuis qu'on n'a invité à s'asseoir la nouvelle, et quand dans cette marée humaine, elle l'a perdu de vue. Les invités avaient tous prit place à leur manière dans leur confort. Suspendus aux lèvres des deux derniers Maraudeurs et de la nouvelle. Les présentations ont été faites en bonne et dû forme et très vite, le trio infernal composé d'Hermione Granger, Harry Potter et Ron Weasley ont conclu qu'elle ressemble indubitablement à un certain professeur de Potions.

« - Tu n'as que ça à dire ? J'aurais pensé que tu serais plus…bavard. Comme avant quoi, ajoute Siejena arrachant quelques sourires aux troupes.

- Beaucoup de choses ont changé, intervient Remus, son air toujours aussi calme sur le visage.

- Oui je sais…malheureusement, pas que en bien.

- Il paraîtrait que malgré que tu ne nous aies pas offert ta présence pendant vingt ans tu as rendu certains de services à la communauté des sorciers. »

Le silence se fait après les déclarations de Lupin. La jeune femme rassemble ses idées pour les exposer rapidement et clairement.

« - Je suis partie de Hogwarts car mon père avait été retrouvé…

- Et ?

- Si tu m'interromps tout le temps comment veux tu que je te dise ? réplique froidement Siejena. Bien, ils l'ont donc retrouvé au milieu d'un bois, c'est un moldu qui a eu l'occasion de faire sa rencontre. Il était devenu sénile, il a été envoyé à St-Mangouste.

- Pourquoi était-il…

- Parce que. (Sa mine devient plus grave et elle arque un sourcil en signe qu'elle ne veut pas en parler) J'allais avoir seize ans, âge de la majorité chez les Mercenaires. S'en est suivi des tâches administratives complexes, étant mi-sorcière, mi-mercenaire, mon géniteur étant dans l'incapacité de s'occuper de moi…Finalement ils ont décrété qu'il faudrait encore que j'attende une année avant d'être libre. Albus a été une réelle perle pour moi, il m'a envoyé dans une sorte d'école privée, s'est occupé de déplacer mon père dans sa maison de campagne tant rêvé. Lorsque vous passiez vos derniers examens, je m'y attelais aussi. Je me suis orientée vers les Potions. J'ai été formé par un Maître qui est décédé. Et puis…voilà. Ensuite j'ai aidé à L'Ordre avec Dumbledore, il était hors de question pour moi de me montrer.

- Pourquoi ? interrompt Harry, visiblement très intéressé, comme tout le monde sans même voir que Siejena lève les yeux au ciel en ayant assez qu'on lui pose cette question.

- La race des Mercenaires pendant la grande guerre et encore aujourd'hui est considérée comme une race de traîtres, explique Hermione sans qu'on ne l'eut l'invité à quoi que ce soit.

- En effet. Vous avez sûrement lu ceci dans un livre Miss Granger je ne m'abuse ?

- Oui…répond l'intéressée, le rouge aux joues.

- Et vous avez raison. Les Mercenaires sont ainsi considérés. Maintenant je ne veux faire de tort à personne, mais j'ai nombre de choses à faire et il ne serait pas bien venu que je m'attarde ici. J'ai été ravie de faire tous votre connaissance. »

La jeune femme se lève, et elle remet sa capuche. Quelques sourires, quelques poignées de mains, elle embrasse Remus et Sirius, puis le silence se re-fait, la porte a été claqué bien moins fort qu'à l'habitude, pourtant elle est définitivement fermée. Le feu crépite encore dans l'âtre, quelques heures après il ne reste que trois silhouettes devant. La maison, endormie.

« - On dirait que Snape la déteste, ose commencer Harry.

- Non, répond instantanément Hermione.

- Pourquoi non ?

- Tu as vu son visage lorsqu'elle a enlevé sa cape ? Moi je l'ai brièvement vue. Ce n'était pas de la haine, ça relevait plus de la souffrance.

- Il avait peut être mal de se dire que finalement il y avait des gens plus endommagés que lui, dit Ron, une moue sarcastique.

- Ce n'est pas drôle Ron, cette femme, bien qu'elle soit quelqu'un de bien puis qu'elle est amie avec Dumbledore, est quelqu'un avec autant de mystères que Snape et je songe à me risquer à dire qu'elle n'a pas un passé tout propre non plus. Elle ne me dit rien qui vaille, on dirait une Snape au féminin.

- Je pense aussi. »

Le garçon à la cicatrice ne réplique pas, il est aussi de cet avis.


Severus Snape a la tête penchée sur un vieux livre dont les feuilles ont pris une couleur jaune moisi avec le temps. N'importe qui passant dans le coin le conseillerait de s'acheter des lunettes, mais il rétorquerait une réplique sanglante. Cette mauvaise habitude a été prise des ses premières années d'école, alors qu'il n'était pas plus que haut que trois baguettes de Sureau. Comme certains courbent le dos, d'autres mâchent du tabac. Lui s'approche très près de ses copies et ce qu'il lit en général, si bien que parfois son nez crochu touche aisément les feuilles. Il est trois heures du matin, mais il est encore debout. Il ne peut pas dormir, il ne veut pas dormir. Dès qu'il ferme les yeux, l'image de Siejena Capoln s'impose à lui. Son visage blafard et balafré, il n'a jamais su réellement déterminer. Et ses yeux…Ah. Ses yeux. A la fois impénétrables et d'une profondeur sans fond. Démontrant le paradoxe qu'est la demi-sorcière. Sincèrement il ne pensait jamais à la revoir. Il est d'autant plus surpris de constater que le collier qu'il lui avait offert peu après s'être liée avec elle, est toujours à son cou. Intact, il n'a pas bougé. Qui est t'elle pour lui ? C'est une longue histoire. Une histoire qui avait commencé en même temps que celle des Maraudeurs, mais qui s'était révélée, au nouement bien plus forte, et à la fin…douloureuse. Severus n'a jamais aimé personne, du moins c'est ce qu'il laisse entendre. Bien sûr il y a eu Lily, une amie qui n'était pas dégoûtée par lui, mais les autres…des ennemis, des connaissances. Rien de comparable à elle. Ça avait commencé avec ce fameux jour où elle lui avait demandé des renseignements pour les cours de potion.

FLASH-BACK

Oui, c'était à la fin d'un cours qui avait été particulièrement difficile et où Siejena avait regardיbeaucoup plus qu'à l'accoutumée les travaux de Snape, contre toute attente, il l'avait aidé chacune de ses requêtes. Il se pressait de ranger ses affaires, se levait lorsqu'il vit que la jeune fille lui tournait le dos visiblement embêté par quelque chose. Il s'approcha, conscient qu'il n'aurait jamais fait חa avec personne en temps normal.

« - Qu'y a t'il ? questionna Snape »

Elle lui fit volte face et esquissa un autre sourire timide, elle avait apparemment un problème sur sa robe.

« - Rien...mentit t'elle.

- Fais voir...»

Il s'approcha un peu plus, mais elle recula, elle cherchait apparemment à cacher quelque chose. D'habitude en cours de potion elle s'était contentée de recopier sur lui, et n'avait pas eu besoin de la proximité. Ce fut donc leur premier réel contact physique quand il toucha le tissu de sa robe pour voir ce qui provoquait la tache, les doigts de Siejena effleurèrent les siens quand elle voulu l'empêcher de reconnaître ce que c'était, malheureusement il réussit à deviner.

« - Un sortilège de nettoyage n'aurait rien fait, constata t'il.

- Alors que faut il que je fasse ? demanda t'elle froidement.

- Te soigner cette blessure et jeter ta robe, conseilla Snape.

- Pourquoi...commença Siejena mais elle se coupa net en voyant le regard de Slughorn, puis s'empressa de ranger ses affaires et attrapa le bras de Snape (à ce contact il frémit) pour sortir du cachot et se mettre dans le premier coin venu, là elle lâcha son étreinte et le regarda dans les yeux, une des rares choses qui faisait penser que Siejena ne pouvait pas être humaine c'était bien ses yeux. Ils étaient d'une beauté froide, pas du tout calculé mais rien à voir avec une beauté suprême ou une beauté de pin-up.

- Pourquoi quoi ?

- Pourquoi mon sang ne part pas...»

Il ne quitta pas son regard mais fut tenté, il n'y avait plus la moindre once de froideur dedans, c'était une inquiétude omniprésente. Ses sourcils se levèrent, surpris, mais il reprit vite contenance.

« - Il y a des poisons sans antidotes...commença t'il

- Donc mon sang est un poison ? s'indigna-t-elle.

- Non ! C'est une comparaison...

- J'aime beaucoup ta comparaison ! Je pensais que tu avais plus de jugeote que les autres…que…

- Siejena.»

Elle s'arrêta net, c'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom.

« - Désolé...souffla-t-il. »

Il marqua un temps de pause, pourquoi demandait t'il pardon, lui Severus Snape ?

« - Je ne voulais pas te blesser.»

Il essaya de sourire mais ça ressemblait plus à une grimace, jamais il n'aurait dit pareil chose en temps normal, oui mais voilà. Elle n'était pas normale. La jeune fille se pencha plus et sa respiration se bloqua.

« - Tu ne m'as pas blessé, murmura t'elle. »

Elle tourna les talons sa longue robe embrassant le sol.

FIN DU FLASH-BACK

A partir de cet instant, les choses avaient signé une différence dans leur relation. A tel point que il s'était permis de lui offrir ce petit bijou qu'il avait dessiné lui-même et demandé de produire à un orfèvre connaissant bien son métier, il se rappelait comme tout souvenir avec elle, le jour où il lui avait accroché. Ce jour là, il faisait froid à Pré-Au-Lard, un froid tel qui n'en eut jamais en Russie ou dans un pôle quelconque, il lui avait dit qu'il avait quelque chose pour elle, lui avait donnéי sans tourner autour du pot. Il se rappellerait à jamais de l'expression qui s'était affiché sur son visage, il avait comprit qu'elle n'était pas habituée aux cadeaux tous les jours, une véritable joie et surprise mêlées l'avait envahie. Et alors qu'il venait de fermer le clapet peu commun de son collier, elle l'avait embrassé. Pas d'un baiser passionné et long. Non, un baiser simple, froid et pourtant si chaud à la fois. C'était la bien plus grand qu'un simple Merci. Et c'était pourtant ce que cela voulait dire. Merci, il avait été décontenancé mais ne l'avait pas repoussé, parce qu'il savait que c'était agréable, sincère et court. Ce fut le premier baiser qu'elle lui donna, et le dernier. Ce qu'elle avait fait quand elle partit n'avait rien à voir avec le domaine du baiser de remerciement. Il fut la dernière personne à la voir vu de Hogwarts, en écartant Dumbledore. Là aussi les souvenirs sont encore brûlants, autant que le baiser donné. Mais ce souvenir est pour lui un coup de poignard, un secret qu'il conserve jalousement, en préférant mourir plutôt que le donner.

Severus s'aperçoit que cela fait la troisième fois qu'il relit la même phrase et il en vient à la conclusion que non seulement il ne peut pas dormir mais qu'en plus, il ne peut pas s'occuper. Ses pensées sont obnubilées par Siejena. Il voudrait ne l'avoir jamais connu ou qu'elle ne soit jamais revenue. Peut être même qu'elle n'existât pas. Il la déteste la haït de tout son être, autant qu'il l'a désiré peut être aimé –nul ne le sait excepté lui, et il ne le dira sûrement jamais à personne, à l'instar de ses souvenirs- il y a si longtemps, des décennies semblables à des siècles ou des secondes parfois l'un, parfois l'autre. Mais la souffrance fait aussi une grande place dans la rancœur. Lui le serpent venimeux, la chauve-souris ambulante ou le rat des cachots souffre. Tout se bouscule dans son esprit autrefois si ordonné.

Il y a des choses que l'on n'oublie pas.

Il y a des choses que l'on ne pardonne pas.