Merci pour les reviews, désolé du retard mais en ce moment je peux pas poster, je fais ce que je peux !

NB : Le dialogue de Albus Dumbledore est tiré du cinquième tome.

MA CUVETTEMerci ma puce, en effet, j'ai compris^^

SERENA-SNAPETu utilises les bons mots, d'une certaine manière c'est une conversation, pour deux êtres splendidement décalés. Merci !

GRIDJe rougis arrête tes conneries, j'ai pas l'habitude de ce genre de compliments^^ Merci =).


V - Il y a des poisons sans antidotes, des formes de magie dans le monde qui laissent à croire que le mal...ne s'éradique jamais. (PLAYIST : Epica - Indigo | http : / / www . deezer . com / listen - 787106)


« - Si il y a quelque chose que je...

- Non. Merci, maintenant il serait superbement apprécié que vous dégagiez le plancher. »

L'elfe de maison s'exécute quand aux ordres secs donnés par la jeune brune au teint blafard. Celle ci se pince l'arrête du nez, la rentrée est demain. Oui, demain soir des tas de crétins congénitaux vont se mettre à arpenter les couloirs de Hogwarts, des petits cafards qu'elle devra supporter en cours de DCFM, des crétins qui croiront tout savoir pour contrer le Grand Mage Noir dont ils n'osent pas prononcer le nom. Eh bien ça s'annonce excitant. Elle jette un coup d'œil à sa montre, il est trois heures du matin, elle enlève sa cape, la met sur son porte manteau et arrivée à son lit, enlève son haut, une sorte de col roulé en soie dont les manches trop longues et la coupe très serrée laisse apparaître la maigreur cadavérique de la jeune femme. Alors qu'elle bataille pour chercher sa baguette et donc enlever ce qui lui reste des agrafes de soutien-gorge, un bruit se fait entendre derrière, instantanément, elle se retourne. Pour tomber face à un Severus une cape à la main fortement différente de la sienne et une expression indéfinissable dans son regard.

Snape s'attendait à nombre de choses en rentrant, mais sûrement pas à ça. Un moment, il reste sans rien dire, mais se reprend vite, il la déteste. Il n'a pas à avoir d'émotion. Il a encore souvenance de la douleur dans son poignet lorsqu'elle le lui a brisé. Il n'est question de faire des sentiments, quels qu'ils soient. Sans ménagement, il lui balance la cape qu'elle attrape en levant un bras au dessus de sa tête.

« - Le départ est dans dix minutes, il est question d'appliquer l'étape deux du protocole de la feuille que nous a donné Albus. »

Comme à son habitude, elle hoche la tête sans donner une réponse orale. Deux minutes plus tard, alors qu'il l'attend dans la salle commune, elle descend les escaliers à une vitesse qui n'est pas propre à l'humain.

« - Allons y, déclare t'il, sa voix résonnant dans l'entrée, sans appel. »


« - Les premières années ! Par ici ! hurle la grande voix de Hagrid alors que les appelés, effrayés, ne savent pas si ils doivent se perdre dans la forêt interdite ou rejoindre une immense masse bourrue. »

Le trio infernal quand à lui rentre dans les diligences, une discussion animée s'autorise.

« - Je te parie que c'est elle la nouvelle professeur de DFCM, déclare Ron solennellement.

- Cela ne m'étonnerait pas, elle ressemble fortement à Maugrey et à Snape. C'est assez déconcertant, répond Harry, un sourire aux lèvres alors que Hermione lève les yeux au ciel dans une parfaite imitation involontaire de Siejena. »


Les deux maîtres de Potion avancent dans le marée boueux, ils n'ont plus leurs capes, les manches sont relevées, ils continuent d'avancer.

« - La prochaine fois que tu as un éclair de génie tel que "Y aller sans réfléchir", tu me fais signe, j'accourrais ! raille Siejena en tentant de se débattre contre la boue qui l'oppresse. Elle est vivante.

- Au lieu de te plaindre, avance et boucle là.

- Je ne me plains pas, je constate que tu es une piètre carte. C'est tout. »

Snape soupire. Elle a raison, elle ne s'est jamais plaint, elle a juste le chic pour montrer du doigt les choses qui ne vont pas, vos tares, vos défauts, vos complexes et vos erreurs. Ça a toujours été comme ça. Sauf pour lui, non, il se souvient encore qu'au contraire, elle se faisait l'effort de trouver les bons côtés des choses avec lui. Elle était toujours très exigeante vis-à-vis d'elle même, ne se contentant que du meilleur. Mais quand cela le concernait lui, la seule chose qui pouvait la rendre heureuse était d'avoir réussi à arracher un sourire à Snape.

Elle était la première à dire que les gens ne changeaient pas. Elle était obstinée dans cette idée. En escaladant la dune boueuse, se tachant ainsi le peu qui est propre, Snape réalise à quel point elle avait tort. Les gens changent, à cause du bonheur parfois. Et parfois aussi à cause de l'horreur, des choses qu'ils voient et qu'ils ont vu. Snape se pince l'arrête du nez en sortant du marécage humide songeant que ce n'est sûrement pas le bonheur et la joie qui ont changé la seule femme qu'il eut jamais désiré et qu'à présent il hait de tous les pores de son être.


Les élèves rentrent, impatients, certains se bousculent mais une femme au chignon sévère et au chapeau pointu les réprimande aussi sévèrement que sa coiffure. Le trio s'avance à côté des jumeaux Weasley qui proposent d'une voix doucereuse des confiseries empoisonnés aux premières années nerveux et complètement perdus. Les élèves prennent place dans la salle, les plus jeunes se préparent selon les consignes strictes du professeur McGonagall à être répartis.

« - Il manque deux professeurs, fait remarquer Hermione.

- Ah ? Espérons qu'il y ait dans le tas des absents la chauve souris des cachots, répond Ron sans quitter la table vide des yeux, espérant très vite voir apparaître le festin si caractéristique au premier repas de l'année.

- C'est le cas Ron. Mais il manque aussi Miss Capoln, s'inquiète la fille aux cheveux emmêlés. »

« - Ashelman Sean !» annonce clairement McGonagall, le dénommé Sean, une sorte de nain aussi petit que le professeur Flitwick dont le chapeau magique est bien trop grand. La répartition a commencé et c'est la première fois que deux professeurs manquent à l'appel.


« - On est parti bien trop tard.

- Tu n'avais qu'à me prévenir plus tôt, répond machinalement Siejena alors qu'ils se retrouvent devant un immense arbre. On est arrivé, c'est dans ce genre d'arbre que se trouve les Odatrices.

- Il faut en capturer une, la mettre dans un bocal et attendre qu'elle se dessèche. Puis récupérer la poudre qu'elle produit.

- Il faudrait déjà la récupérer, dit la brune un sourire méchant au bord des lèvres.

- J'imagine que tu es plus prompt à escalader un arbre comme un primate que moi. »

Le silence se fait, il connait les capacités des mercenaires, leur agilité. Primate est à remplacer par mercenaire et Siejena le sait très bien, elle lui met son sac et sa cape dans les bras sans aucun ménagement, remonte ses manches et entreprend d'escalader l'arbre. Vite elle trouve une prise et commence son ascension.


« - Zehetner Moïra ! » termine McGonagall. L'élève est brune, d'un pas assuré elle s'avance et manque de se prendre les pieds dans ses propres pieds. Elle est envoyée à Serdaigle sous un tonnerre d'applaudissements. Le petit incident de prétention est bien vite oublié. Le choixpeau est rangé tout comme le tabouret.

« - Ce n'est sincèrement pas normal, il leur est arrivé quelque chose ! s'exclame Hermione alors que Dumbledore s'avance vers l'autel où il a pris l'habitude de faire son discours. Il paraît nerveux, bien qu'il ne souhaite pas le montrer ses yeux le trahissent.

- Ils travaillent pour l'ordre 'Mione, ils savent ce qu'ils encourent et je pense juste qu'ils sont légèrement en retard, répond Harry en ayant remarqué lui aussi la mine inquiète du Directeur.

- J'espère seulement que tu as raison... »


« - Je l'ai ! Enfin non ! Oh merde ! »

Siejena manque de trébucher en voyant ce qu'elle voit. Il n'y a pas une Odatrice, ni deux, ni trois. Il y a toute une colonie, telles des guêpes remplies de furie. L'une d'elle s'approche d'un regard mauvais, ce que craint le plus la jeune femme se produit, elle lui retire la première main qui se tient à la branche de l'arbre puis entreprend d'enlever l'autre mais une autre idée lui vient. Elle lui enlève sa baguette et la fait tomber, Severus comprend la situation lorsque l'objet de Siejena arrive à ses pieds. Et qu'il aperçoit la jambe de la mercenaire se balancer dangereusement. Après ce qu'il semble être une éternité, un petit être tombe de l'arbre. Elle a réussi. Snape s'empresse de la récupérer, de la stupéfixier et de l'enfermer dans le bocal incassable prévu à sa cet effet. Mais Siejena ne redescend pas.

« - Siejena ? Tu as décidé d'habiter dans les arbres ? demande Snape, un sourire narquois aux lèvres. »

Un hurlement de douleur retentit. Bien sûr que non. Ça aurait été trop facile, il fallait que les autres s'acharnent.


« - Ron...Tu es vraiment désespérant...se désola Hermione alors qu'elle voit son ami manger comme si il n'a jamais été nourri et que sa vie en dépend.

- Ma' j'x jfg 'klfù, se contente de répondre l'intéressé. »

Hermione n'y prête même pas, elle balaye depuis le début du repas l'assemblée des professeurs et alternativement, la Grande Porte. Mais ils ne reviennent toujours pas.


« - Laisse toi tomber espèce d'idiote ! Laisse toi tomber, tu n'as pas ta baguette ! »

« - Peut être as tu remarqué que c'est légèrement haut ! parvient à dire l'interpellée d'une voix faiblarde.

- Peut être as tu remarqué que à mes pieds gît une baguette et que dans ma main il y en a aussi une !

- Je ne te fais pas confiance... »

Et comme pour approuver ses dires, la mercenaire ne descend pas. A la place, un gant, et un autre. Des cris ressemblant à des sirènes d'alarme. Un, deux, trois, quatre...dix sept petites silhouettes qui s'effondrent sur le sol, semblables en tout point à celle qui a atterrit dans le bocal sauf en ce qui concerne leur couleur. Et le silence. Si dur, si oppressant, seulement vaincu par le souffle du vent. Et elle. Qui saute les quelques mètres qui lui restent entre l'arbre et le sol. Qui remet ses gants.

« - Tu les as tué ? demande Snape, son visage passablement indéchiffrable.

- Qu'est ce que ça peut te faire ? Tu as tellement tué que tu ne fais même la différence. »

Une ombre passe dans les yeux de Siejena. Une vraie. Pas une impression, non. C'est comme si ses prunelles n'ont plus eu ce ton bleu-violet pendant quelques secondes. Il est impossible de savoir si les corps sont vivants ou morts au vu des prunelles désintéressés de la femme.


« - Ils devraient être arriver maintenant. Même Maugrey était venu plus tôt.

- Hermione, tu t'inquiètes vraiment trop, répond Ron un sourire aux lèvres.

- Je suis surtout réaliste ! Les défenses contre les forces du mal et les potions, est ce que tu te rends seulement compte ?!

- Alors tu n'es obnubilée que par les matières, je pensais juste que ton côté humaniste faisait surface.

- Non ce que je veux dire...C'est que c'est deux esprits très doués et intelligents ! Ils ne peuvent pas leur arriver quelque chose tu comprends ?

- Pas vraiment non...

- Oh laisse tomber, lance sèchement la jeune fille. »


« - On peut y aller maintenant. »

Ce n'est pas une question venant de Siejena, c'est une affirmation. L'ombre a disparu, mais Snape s'en souvient encore, il l'a ancré dans ses souvenirs jusqu'à la fin. A présent qu'ils connaissent le chemin, ils transplanent jusqu'à Hogwarts.


Dumbledore se lève, son habituel sourire aux lèvres, mais ses yeux laissent apparaître la même lueur d'inquiétude derrière ses lunettes en demi-lunes.

« - A présent que nous sommes tous occupés à digérer un autre de nos somptueux festins, je vous demande de m'accorder quelques instants d'attention afin que je puisse vous donner les traditionnelles recommandation de début d'année, déclara t'il. Les nouveaux doivent savoir que la forêt située dans le parc et formellement et totalement interdite d'accès -il ne serait pas d'ailleurs inutile que quelques-uns de nos plus anciens élèves s'en souviennent aussi. »

Le Trio infernal échange des sourires.

« - Mr Rusard, le concierge de cet école, m'a demandé de vous rappeler, que pour quatre cent soixante-deuxième fois selon lui, l'usage de la magie n'est pas autorisé entre les heures de cours et que beaucoup d'autres choses sont également interdites, dont la liste complète est désormais affichée sur la porte de son bureau. »

Dumbledore se met à leur sourire après ce léger rappel habituel, mais la lueur d'inquiétude reste là. Comme si il sait quelque chose que les autres ne savent pas. Hermione, Harry et Ron le remarquent aussi et échangent des regards inquiets.


« - Tu es blessée Siejena, sur ton flanc gauche.

- Toi aussi Severus, tu es dans un piteux état, répond la jeune femme, un sourire sur les lèvres en le détaillant des pieds à la tête alors que leur proximité est alarmante. Depuis qu'il lui a attrapé le bras pour transplaner, il ne lui a pas lâché. Ils marchent mal, mais ils marchent quand même jusqu'au château. Severus a envoyé à l'aide d'un sortilège avisé renvoyant les affaires aux places désirées, c'est à dire dans ses propres appartements. »


« - Nous aurons cette année une nouvelle enseignante que je me suis permis d'aller trouver... »


« - Je vais te faire la peau Severus ! Je te jure que je vais t'égorger et te faire cuire dans un four !

- On est près de la grande porte, je te conseille de te taire.

- Me taire ? Me taire alors que tu viens de déchirer ma plus belle cape ? Mais va te faire foutre ! »


« - Va te faire foutre ! »

Un silence se fait dans la grande salle, interrompant toute attention et par ailleurs le discours de Dumbledore qui, au lieu de se mettre en colère esquisse un véritable sourire, la lueur dans ses yeux, ce pétillement revient instantanément. Le trio se regarde aussi, ayant reconnu la voix si distincte rauque et froide de Siejena, invoquant une femme à la voix brisée. Inoubliable.


La Grande Porte s'ouvre sur un Severus Snape qui ouvre la marche, une expression sur son visage indiquant qu'il désire ardemment se pincer l'arrête du nez, les yeux, toujours indéchiffrables bien que fatigués, sa longue cape noire caresse le sol, émettant un bruit imperceptible car dissimulé par le bruit des talons aiguisés de la femme derrière lui, telle une ombre. Elle aussi semble fatiguée, ses doigts gantés se plient et se déplient au rythme de ses enjambés rapides. Elle tient une étoffe déchirée dans la main et très distinctement on peut lire de la colère sur son visage, et de la haine vis à vis de l'individu en face d'elle. Certains se plaquent la main sur le visage en la voyant, peut être à cause de la lueur de haine et de démence mêlées dans ses yeux, peut à cause de ce qui la défigure. Peut être parce que les deux individus semblent s'accorder d'une manière si fusionnelle que s'en est effrayant. Et sûrement parce qu'ils ne le remarquent pas ou tout simplement parce qu'ils sont boueux et tachés de sang. Ils prennent place côte à côte, sans le moindre regard pour l'assemblée, les yeux fixés sur leur mentor. Sur le Directeur de cette école, qui après avoir laissé apparaître un semblant de souffrance est redevenu joyeux.

« - Comme je le disais, le nouveau professeur de défense contre les forces du mal se nomme Miss Capoln, à travers l'année, elle vous enseignera ce qu'il faudra savoir et surtout. Surtout elle vous préparera vous, cinquièmes années et dernières années à vos examens. »

Il désigne la jeune femme qui se contente d'un hochement de tête. Les élèves la fixent intensément pendant quelques secondes et Dumbledore fait de même. Le regard de Siejena est presque suppliant au directeur, mais il continue à désigner calmement sa place. Elle soupire. Se lève et se met à l'endroit où est Dumbledore, celui ci se dégageant quelque peu, elle murmure quelque chose au Directeur, il acquiesce.

« - Hum. Les présentations...ont été faites, et le silence l'est aussi devant les propos de la jeune femme, tout le monde est suspendu à ses lèvres, se demandant quel est cette femme qui rien d'humain et qui effraie les premiers années, ressemblant à la chauve souris des cachots. Si je suis ici...c'est tout simplement parce que Albus me l'a demandé. Ne croyez pas que la passion de vous enseigner des choses m'est apparue comme une révélation à trois heures du matin. Non. J'espère juste pouvoir vous préparer un maximum à ce qui vous attend dehors. Car contrairement à ce que le ministère se tue à dire, il...vous attend dehors. Il est de retour. Plus puissant que jamais. Il ne fera pas de cadeaux. Il n'épargnera personne. »

Cette fois ci, on peut entendre les respirations, certains professeurs paraissent alarmés, d'autres tristes de cette réalité qu'ils connaissent et appréhendent déjà, d'autres ferment les yeux, écoutant les paroles, se demandant où se trouve la note d'espoir.

« - Il...sa voix se brise. Pas de chagrin, non juste d'émotion, elle reprend son souffle. Il...ne fera pas la distinction entre les enfants, les femmes, les hommes, les vieillards. Cela fait bien longtemps qu'il ne fait plus la distinction. Si vous croyez que vous vous en sortirez, vous vous trompez. Nous ne sortirons pas indemnes de cette guerre. Le jeune Potter n'a fait que le retarder. On éradique jamais le mal complètement. Jamais. »

Elle retourne à sa place, aucune émotion dans les yeux, rien à part sa voix qui résonnait il y a quelques secondes dans la salle. Rien que ce timbre qui résonne. Certains se demandent si c'est vrai, mais la plupart sentent des sentiments naquirent en eux. Des sentiments qu'ils n'ont pas ressenti depuis longtemps. Une véritable terreur. Et puis d'autres sourient, comme Malefoy ou comme Finnigan. Ce n'est pas le même sourire. L'un est incrédule, l'autre est certain, et c'est cela qui le fait jubiler.

Siejena est appuyé près de Snape qui murmure quelque chose d'audible seulement pour elle. Les deux professeurs sont penchés, elle, quasiment sur lui, lui, quasiment sur elle. Et pourtant. Pourtant ils se détestent cordialement.