Re les gens ! Je vous donne un chapitre plus long, mais désolé du retard, je suis encore punie :D
SERENA-SNAPE • Tu as le chic de résumer les choses ! Merci :D
MA CUVETTE • Merci, en effet, peut être de petites erreurs, je verrais ça plus tard. Oui Siejena allie les deux avec une surprenante facilité ^^ Et vous réentendrez parler des Od'.
VI - C'était l'heure où l'essaim des rêves malfaisants, tord sur leurs oreillers les bruns adolescents. (PLAYIST : Tom McRae, You cut her hair. - http : / / www . / listen-993561 )
Il est sept heures du matin, il fait froid, froid comme un hiver qui s'annonce particulièrement douloureux et profond. Le soleil n'est pas encore levé, la nuit est pleine. Aujourd'hui on pourra le sentir sur la peau que très tard. Pourtant un groupe de Gryffondors et de Serpentards déambulent dans un couloir, en silence. Ils ne sont pas réveillés. Certains baillent en mettant la main devant la bouche, d'autres ne prennent même pas la peine d'avoir cette politesse. On devine les poches sous les yeux. On entend les gargouillements. Certains aussi n'ont aucune gêne à marmonner dans leurs barbes des insultes contre celle qui a exigé une présence matinale aussi ponctuelle. Finalement ils arrivent au point désiré, la porte ouverte, les invite, ni chaleureusement, ni gentiment à rentrer. Mais les invite tout de même. Ils s'installent tous, seul le bruit des chaises qu'on bouscule, des sacs qu'on pose et des dos qu'on repose se fait entendre. Puis le silence se fait. Le professeur tant attendu n'est même pas présent. Certains osent protester, dans ceux là on trouve un jeune blond arrogant et le cheveu coiffé avec une classe parfaite.
« - Celle là elle paye rien pour attendre ! Quand je vais annoncer à mon père que le corps enseignant nous lève à de pareilles heures pour ne même pas se présenter ! »
Alors qu'il continue à rouspéter, la plus intelligente élève de tout Hogwarts sourit, elle, elle vient de voir la silhouette dans le fond de la salle. Oh bien sûr pas tout de suite, mais elle a finit par apercevoir un infime mouvement d'une ombre. Pour avoir étudier un livre portant sur les mercenaires, elle sait que ceux ci sont capable de devenir des ombres aussi facilement que certains sont animagi. Aucun meuble n'a bougé, et cette ombre était en trop. Soudain celle ci se déplace à vitesse grand V, donnant un haut le coeur à ceux qui la confondent avec un rongeur. En l'espace de quelques secondes elle devient Siejena Capoln. Bizarrement elle leur fait face, comme si elle n'avait jamais eu le dos tourné. Le silence cette fois ci est pesant. Drago Malfoy ravale sa salive, peu fier. Quelque chose au fond de lui lui dit que ça s'annonce pas bon. Pas bon du tout. L'odeur de la jeune femme s'est profilée dans la salle telle une traînée de poudre. Une odeur puissante et déconcertante, mélange obscur de cannelle et de pluie. Mais pas les pluies d'été qui arrivent parfois pour soulager les plantes. Non plutôt de la pluie d'hiver qui vous glace jusqu'aux os et qui n'épargne rien ni personne.
Doucement, très doucement, cassant avec son attitude frigide, elle s'avance vers le fils Malfoy. Le métal vient croiser l'océan profond. Elle retrousse ses lèvres, comme dégoûtée. Doucement, très doucement, elle fait craquer un à un ses jointures. Elle fait mine de chercher une phrase qui en fait lui brûle les lèvres et esquisse un semblant de sourire.
« - Quand vous annoncerez à votre cher père Lucius...Lucius Malfoy que le corps enseignant vous lève à de pareilles heures pour être présent derrière un rideau depuis trois heures du matin mais que vous êtes trop stupide pour le voir et que celle que vous appelez si gentiment 'sang-de-bourbe' est la seule personne qui l'a remarqué...transmettez lui de ma part tous mes plus chaleureux sentiments. Et demandez lui si sa cuisse gauche se porte bien. »
Un rougissement apparaît sur les joues du concernée, mélange de honte et de colère.
« - Il n'a rien à la cuisse gauche..qu'est ce que...vous racontez n'importe quoi ! »
A ce dernier bafouillement, quelques Gryffondors prennent la décision de rire. C'est rare un Malfoy humilié par un enseignant.
« - Ooh si il a bel et bien quelque chose. (là son sourire redouble d'intensité) Un truc pas très joli d'ailleurs. Quoi qu'il en soit. Nous ne sommes pas là pour parler de la paire de gambettes de votre père, aussi magnifique soit t-elle.(on sent un léger ton ironique planer dans sa voix, les narines de Drago se dilatent, une fureur sans nom s'empart de lui)
- Vous inquiétez pas, crache t-il. Je lui transmettrais. »
Son ton démontre bien que ses intentions sont quelque peu machiavéliques et que les retombées n'en seront que nuisibles. Mais l'enseignante se contente de hausser un sourcil de dédain et d'aller en direction de son tableau. Non sans rester le regard fixé sur ses élèves. C'est seulement à ce moment là que Harry (et ses amis ahem) aperçoivent la décoration de la salle, d'un style baroque tout respire la classe et la beauté. Cependant, la maîtresse des lieux a mit un point d'honneur à ne mettre aucune couleur. Excepté les tables, les livres et les matériaux nécessaires pour travailler, rien n'est coloré. Le tableau est à présent mural, aucune craie n'est apparente. Pourtant elle répond à leurs interrogations en soulevant sa baguette et en faisant apparaître une écriture fine et penchée sur le tableau.
'Siejena Ella Pandora Wilhelmina Capoln'
Le silence retombe sur les deux maisons, attendant une explication quelconque. Ron commence une réplique cinglante mais il est arrêté par un coup de coude dans les côtes venant de sa voisine.
« - ...Je vous prierais de me vouvoyer et de m'appeler soit Miss, soit Professeur. Aucun de ces prénoms ne sera utilisé.
- Alors pourquoi les avoir écrit ? demande un élève de Gryffondor.
- Compte tenu du fait que je sais tout sur vous, vous, vous et vous tous (elle désigne d'un mouvement de tête dédaigneux les différentes parties de la classe où sont assis les élèves) je me suis dit que connaître mon identité serait le strict minimum et maximum. Ne vous attendez pas à en savoir plus. »
Elle pose sa baguette couleur cendre sur le bureau. Hermione en voyant celle ci se promet de demander à sa propriétaire en quel bois est t'elle faite pour obtenir une couleur aussi cendrée et si peu boisée.
« - J'ai cru comprendre que vous avez eu une scolarité peu équilibrée. Entre un lâche au turban violet qui avait la tête de Voldemort fixée dans le dos (à l'évocation de ce nom, certains ne cachent pas leur surprise, leur peur en ouvrant de grands yeux et en plaquant leurs mains sur leurs bouches) un blond prétentieux qui se vantait de choses qu'il n'avait pas faite et qui, à présent, écrit moins bien qu'un enfant de 10 ans et pour finir un professeur qui malgré son "petit problème de fourrure" était très compétent et a du partir à cause des préjugés de certaines personnes. (Là elle appuie un regard dédaigneux sur Dean Thomas dont la mère a fait des remous au ministère)
- Vous oubliez notre professeur de quatrième année, souligne Hermione, toujours soucieuse du détail. »
Siejena, les mains dans le dos, rappelant étrangement leur professeur de Potions, hoche la tête.
« - Si vous voulez bien m'excusez Miss Granger, je ne l'ai pas oublié, mais j'y reviendrais plus tard. Je disais donc. Une scolarité peu, voire pas du tout profonde. J'ai une année pour vous faire revoir vos lacunes mais aussi pour vous faire voir le programme de cinquième année. Et croyez moi, j'y arriverais. Cependant, je reconnais bien vite les cornichons et les sales flemmards. Si je trouve une seule vermine de ce genre dans ma classe, je n'aurais aucune pitié à le virer. Sans ménagement. Soyez prévenus.
- Vous n'avez pas le droit, déclare simplement Draco Malfoy, toujours imbus de lui même. »
Dans un bruissement à peine perceptible, elle arrive au bureau du jeune blond. Là elle pose avec une violence extrême ses mains aux extrémités de la table et approche dangereusement son visage.
« - Vous pouvez être un con prétentieux, nombriliste, égocentrique, vous pouvez avoir sur vos épaules toute l'orgueil de ce triste monde, vous pouvez traiter vos camarades de tous les noms parce que vous vous sentez supérieur, parce que votre sang est dit pur. Cela, Perceval Dumbledore le tolère amplement. Mais vous ne pouvez pas être un tire au flanc Malfoy Jr. C'est clair ?
- Oui. répond l'intéressé, une goutte de sueur menaçant de salir son visage de poupée parfaite.
- Bien, maintenant que les choses ont été éclaircies, je vais continuer ce que j'avais commencé. »
Sa longue robe embrassant le sol, elle revient à son emplacement désigné et, croisant ses mains, regarde ses élèves.
« - Cette année est une année cruciale, si tenu que certains d'entre vous ne sont pas des crétins congénitaux, c'est normalement l'année des B.U.S.E., c'est pour cela que vous devrez travailler plus ou tout court. Fini les moments de rigolade où vous profitiez du fait que vous aviez des heures libres. Cette année nous allons voir des choses importantes, d'autres un peu moins. »
Là, elle agite sa baguette et une liste apparu, devant chaque nom de leçon se trouve un numéro de chapitre.
'I - Les épouvantards & détraqueurs.
II - Les créatures mythiques
III - Les créatures du mal.
IV - Les sortilèges informulés. (attaque)
V – Les sortilèges informulés (défense)
VI - Les créatures immortelles ou presque.
VII - Les sortilèges impardonnables.'
« - Des choses que vous êtes sensés avoir vu, d'autres au contraire que vous ne devriez pas voir maintenant. Je m'en contrefiche, c'est le programme que je vous aie fixé. »
Personne ne répond. Tous se contentent de la regarder, se demandant dans quel guêpier ils viennent d'atterrir, qui est cette reine aux multiples noms paraissant immortelle et qui dans son horreur entraîne les autres, les menaçant de ses yeux d'un violet tirant sur le bleu ou le noir, à l'image de son âme. A cet instant, un loup garou, un mangemort déguisé en un auror terrifiant ou encore un être mi humain mi Voldemort ont l'air de gentils petits oursons. Alors qu'ils suivent tous du regard ses doigts gantés se plier et se déplier elle se décide à rouvrir la bouche, désignant le placard qui est agité de temps à autres par des soubresauts.
« - Je serais ravie de voir vos peurs les plus profondes à présent. »
Elle dit cela d'une voix tranquille, ponctué d'un sourire mesquin à faire fuir le plus courageux des Gryffondor. Et sans prévenir, désigne un élève au hasard dans la classe.
« - Miss Granger, par ici, s'il vous plaît. »
La jeune fille aux cheveux touffus se lève, une lueur d'appréhension passant dans ses yeux noisettes et se tient devant le placard, prête à parer sa plus grande peur. L'assemblée retient son souffle. De quoi pourrait avoir peur Miss-je-sais-tout ? Devenir une cancre ? La porte s'ouvre, rien n'apparaît. Soudain une forme se mouve aussi à une vitesse aveuglante, devant la classe ébahie se tient le corps de Siejena, elle n'a plus de gants, la douleur est présente dans chacun de ses traits, comme si on la torture et qu'elle agonise. Elle ouvre la bouche pour hurler, pour cracher ce trop plein de souffrance et de douleur mais au lieu de cela, elle disparaît dans une volute de fumée noire.
Tout le monde se tourne vers Severus Snape qui vient de faire son entrée au mauvais moment. Ce n'est pas l'Epouvantard de Hermione Granger, ni celui de Siejena. Il ouvre de grands yeux, mais se reprend bien vite. Alors que Siejena, la vraie, se pince l'arrête du nez et referme le placard qui s'agite, mécontente, elle se tourne vers son collègue.
« - Que me vaut la raison de cette interruption Severus ? »
En deux enjambées, l'intéressé est tellement près de la femme que leurs corps se touchent, sa main frôle la cuisse de la femme et il murmure quelque chose.
« - Merde, lâche t'elle sans aucune retenue.
- En effet, c'est le cas de le dire, crache t'il.
- Tu t'occupes d'eux ?
- Oui. »
La professeur se retourne vers ses élèves.
« - Un empêchement. Le professeur Snape va se charger de vous faire passer chacun à votre tour devant l'Epouvantard. »
Comme d'habitude, le vide suit ses propos, un sourire mesquin apparaît sur le visage de l'homme aux cheveux gras alors que la brune sort, sous sa forme la plus ombrale qui existe et disparaît sous les yeux de tous.
« - Vous désiriez me voir Perceval ?
- Oui Siejena, vas y rentre, rentre. »
Joignant le geste à la parole, il tend une chaise qu'elle refuse sans aucune surprise. A son habitude il ouvre de grands bras en sa direction. Elle s'assoit sur le bureau, sans écraser les feuilles, sans la moindre gêne. Lui non plus ne ressent pas de gêne.
« - Je voulais te voir…à propos de Severus.
- … »
La mine froide de Siejena devient plus prononcée, si encore c'est possible. Elle hausse un sourcil indigné.
« - Je ne crois pas que je puisse faire grand-chose pour vous Perceval. Que je veuille faire grand-chose.
- Tu n'auras pas à faire des pieds et des mains. La prochaine étape constitue un choc mental pour Severus.
- Voyez vous cela.
- L'ingrédient à aller chercher est situé près du cottage de sa mère.
- Et ?
- Très près Siejena. Pour dire vrai…Seule Eileen Prince a en sa possession cet ingrédient. »
Siejena se racle la gorge, se faisant, elle sort une cigarette qu'elle porte à ses lèvres et l'allume. Le Directeur soupire, pas qu'elle l'agace, non, jamais, mais la voir s'abîmer la santé est douloureux.
« - Ce petit jeu a assez duré Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore. »
Le silence revient, plus rageur et terrible que jamais, un frisson parcoure l'échine du désigné. Elle est là, à le regarder plus méchamment que tout, comme si ils n'ont jamais été amis, que l'animal sauvage est revenu à sa véritable nature.
« - Premièrement vous me convoquez afin que je rentre dans l'Ordre du Phoenix, que je fasse la lumière sur des actions que j'ai commise et dont tout le monde pensait que c'était vous l'auteur. J'encaisse. Deuxièmement vous me forcez à cohabiter avec Severus. Prétextant une potion complexe que seuls nous deux pouvons réaliser. J'encaisse. Ensuite, vous nous faites partir en pleine nuit alors que la répartition est là pour que nous allions chercher un ingrédient meurtrier. J'encaisse. Puis vous nous faites arriver à un moment où les élèves redoublent d'attention, vous nous faites passer devant tous ces petits crétins qui croient avoir la science infuse. J'encaisse. Vous me faites faire un discours stupide. J'encaisse. Vous me faites interrompre mon cours et vous envoyez Severus surveiller MES élèves. J'encaisse. Mais je n'encaisse pas le fait que vous me forciez à effectuer un soutien psychologique à ce sale bâtard. Non mieux ! Je n'encaisse pas le fait que vous me preniez pour une idiote. Parce que nous n'allons pas au cottage de Miss Prince pour un ingrédient ! Vous croyez que nous allions tomber dans le panneau. Mais non. »
Cette longue tirade n'a été faite que par murmure, son dernier mot est presque imperceptible. Elle tire encore sur sa cigarette comme si sa vie en dépendait. Albus s'approche d'elle, pose une main sur son épaule.
« - J'ai toujours admiré ce don que tu avais de mettre ton doigt ganté sur les choses qui n'allaient pas, les défauts, les tares, les failles. »
Il pourrait se mettre en colère pensa Siejena. Elle veut qu'il soit habité par une fureur, par une haine envers elle. Qu'il lui dise qu'une bâtarde comme elle, une sang-mêlée de son espèce n'a pas à parler de cette façon à un sorcier aussi compétent. Mais non.
« - Les tiennes, tu les as toujours exagéré, tu t'es toujours rabaissée. Cependant tu n'as pas remarqué que tu es passée du 'je' dans ton discours à un 'nous'. »
Il lui tend la feuille alors qu'elle écrase sa cigarette dans un cendrier en verre tout propre. Elle ouvre de grands yeux et sa bouche s'est entrouverte.
« - Votre altruisme vous perdra Perceval. » déclare t'elle sans ne savoir quoi dire d'autre et en prenant la feuille, elle s'en va, fermant la porte.
Comme à son habitude, celle-ci ne fait aucun bruit en se retrouvant close.
Siejena rentre tard ce soir là, après leur entrevue, elle est allée se promener, vagabonder plus correctement à vrai dire. Dans la forêt noire, au-delà. Quand elle rentre, elle est sale, fait des taches sur le tapis d'entrée et fait hausser un sourcil à Severus qui se tient près du feu, l'air quasiment impassible. Quasiment.
« - Qu'est ce les aurors voulaient ?
- Que tu fermes ta gueule. Mais apparemment, ce fut un échec cuisant. »
Coup bas. D'un langage vulgaire ou soutenu, Siejena a toujours su allier les deux et en faire des armes redoutables. Elle balance sa nouvelle cape sur une marche de son escalier mais ne monte pas, à la place elle s'assoit près du feu, en face de Severus qui n'arrive plus à lire correctement.
« - Ce n'était pas les aurors qui désiraient me voir. C'était Perceval.
- Je sais. Tu n'as jamais su fermer complètement ton esprit.
- Il veut qu'on aille voir un type. Et il m'a donné ceci.
- Ah ? »
Elle lui tend le papier qui indique l'ingrédient à dérober et l'endroit où il a de fortes chances de se trouver. Alors qu'il prend le papier dans ses doigts fébriles, elle ne lui donne pas complètement. Non. A la place elle s'approche de lui à une distance trop proche, bien trop proche, elle se penche près de lui, sa bouche effleure son oreille, il sent son cou, il retrouve son odeur sauvage, son odeur de cannelle. Cette horreur de cannelle, tente t-il de se dire.
« - Le mensonge inspire le mensonge. »
Elle le laisse là, dans la nuit noire. Alors que le feu s'est éteint, que les braises ne sont même plus chaudes, il reste assis. Quelque chose cloche. La porte qu'elle a fermée a produit un claquement. Hors Siejena ne fait jamais de bruit, même avec un bulldozer dans les bras, avec des talons aux pieds. Et jamais les portes qu'elle ferme ne produisent un son quelconque. Il pose le papier d'un geste rageur et part du côté gauche des appartements, bien décidé à éclaircir la situation, à une heure du matin.
Il se glisse avec aisance dans la chambre, son pas feutré est imperceptible, sa respiration quasi inaudible. Comme il s'y attend, la fenêtre est ouverte, laissant entrer le froid, la lumière de la lune. Il sait qu'elle sera réveillée avant l'aube et qu'elle fermera les volets parce qu'elle déteste le jour. Les draps sont éparpillés partout, comme si une bataille a eu lieu. Elle lui tourne le dos, dévoilant ses blessures, dévoilant ses tatouages magnifiques. Démontrant encore une fois sa force de la nature, son refus de conformité, elle dort nue. Il s'en est toujours douté mais n'a jamais tenu à vérifier l'information. Elle est vulnérable à ce moment là. Il la déteste. Il la hait.
N'est ce pas ? N'est ce pas ?
Alors qu'il s'apprête à rebrousser chemin, le ton cassant de la jeune femme retentit dans la chambre silencieuse.
« - Tu désirais me voir Severus. »
Elle se lève d'un coup, dévoilant pendant un temps éphémère son corps et enfile un grand pull noir qui lui recouvre les cuisses, un col roulé, encore une fois, pour ne pas changer. Et toujours trop grand pour elle.
« - Tu m'as menti.
- En effet. » répond t-elle sans aplomb.
Il se pince l'arrête du nez. Elle croise les bras sur sa poitrine inexistante. Il se rapproche. Elle se recule. Encore et encore jusqu'à elle arrive presque contre le mur.
« - Que t'as dit Albus.
- De me laisser dormir. »
Il la plaque contre le mur violemment, elle ne cille pas.
« - Je ne plaisante pas Siejena. Il ne t'a rien fait promettre. Je le sens. »
L'étreinte se fait plus violente. Ses longs doigts blanchâtres qui ont vu passer des milliers d'ingrédients sous ses yeux se resserrent contre sa taille et son épaule. Respectivement.
« - Tu ne me fais pas peur Severus. Cela fait bien longtemps que tu ne produis aucun effet sur moi, excepté le mépris et le dégoût. » lui crache t-elle au visage. Il lâche l'étreinte et se pince l'arrête du nez. Va vers son lit et s'assoit. Attend. Comme il sait si bien le faire, de son côté, elle n'a pas bougé, là où il l'a laissé, elle a les bras croisés, et ne prononce pas un seul mot, ses lèvres pincées parlent pour elle. Elle sait très bien que si elle tente quoi que ce soit pour échapper à lui, il le lui fera payer.
« - Si il ne te l'a pas dit mon cher Severus, c'est bien parce qu'il ne veut pas que tu saches. Mais dans ma grande générosité, dans ma grande sympathie envers ta personne, je vais te dire. Ou plutôt te faire lire. Si tenté que tu sois encore capable de faire cela. » chuchote t-elle, brisant le silence entre eux et faisant monter en le méprisable personnage une douce fureur telle qu'il n'en a jamais eu. Bien sûr que non, c'est la seule qui ait capable de lui donner de telles émotions. Elle fouille un instant dans le tiroir de sa table de chevet et ressort un papier blanc et propre, seul un paragraphe écrit d'une calligraphie nette, petite et penchée vient troubler la tranquillité de la feuille vierge. Elle lui tend. Il lui arrache presque des mains et marmonne un 'Lumos'. Il s'étouffe quasiment en lui rendant le papier.
« - C'est une blague ?
- De très mauvais goût si cela en avait été une. » répond t-elle en s'asseyant avec grâce en tailleur à ses côtés. Dès qu'il s'agit de travail ou d'activer de quelconque manière leurs méninges, les deux âmes sœurs se retrouvent inextricablement liés et même si le mépris est là, dissimulé sous des sarcasmes tous plus cyniques les uns que les autres, quelque chose diffère. Elle lui reprend le papier alors qu'il chuchote un 'Nox', les plongeant dans un noir seulement interrompu par le clair de la lune quasi-pleine. Il soupire et elle craque toutes ses articulations, rompant l'absence de bruit, encore une fois.
« - Je récapitule. Il veut qu'on aille voir mon maître de Potions à moitié sénile et qu'on lui soutire un souffle.
- …
- Siejena aussi étrange que cela peut paraître, c'est à toi que je parle. »
L'interpellée ne répond pas, à la place elle brandit sa baguette et l'agite pour allumer les torches présentes dans sa chambre. Il se retourne et la regarde de ses onyx indéchiffrables. Les prunelles de Siejena ne racontent pas non plus grand-chose, mais une profonde horreur se mêle à ses traits.
« - Caligula Acampora n'est pas seulement ton maître Severus.
- Pardon ?
- Il fut aussi le mien.
- Je ne te crois pas.
- Je m'en fous. On sait bien tous les deux qu'il est complètement barré et particulièrement exigeant, repoussant sans cesse tous les défis lancés. Il est allé plus loin que n'importe qui sur le chemin de l'inhumanité. Voldemort exclu. »
Severus tressaille, et la regarde encore une fois plus profondément dans les yeux, espérant déceler un indice. Mais rien ne paraît avant qu'elle n'ouvre la bouche.
« - Je n'ai pas dit totalement la vérité à propos de ce qui a suivi mon départ, précipité disons (il grimace à cette litote) oui je suis partie, oui j'ai été envoyée dans une école privée de Sorcellerie, très privée. Perceval m'a aidé. J'avais 15 ans, c'était en Août, un mois après mon départ, je savais où j'allais, mes affaires étaient préparées, mon père, selon ses vœux avait été envoyé dans un cottage près d'une mer agitée, dans un endroit perdu. Ils ont fait vite, et à mesure qu'il perdait la raison, il la perdait dans l'endroit où il avait toujours rêvé d'être. On lui dit que sa fille était décédée. Il l'accepta. Il devint plus sénile encore. J'ai passé deux ans dans l'école privée, cela s'est bien déroulé, j'ai peaufiné mes connaissances en Potions, en métamorphose, en sortilège, enfin en toutes les matières possibles et imaginables. On avait même des enseignements concernant l'esprit, Occlumencie et Legilimencie. Je suis sortie à 16 ans, j'allais en avoir 17. Perceval m'a dit qu'il comptait sérieusement vérifier mes acquis, les examens n'étaient pas quelque chose de valable à ses yeux. Il a appris que j'étais Animagus, que j'avais des problèmes pour transplaner et que j'étais plus douée en Legilimencie qu'en Occlumencie. Il m'a envoyé chez Caligula, qui bien qu'il était dur, n'était pas encore fou, certes il parlait tout seul et avait certains comportements étranges, mais ce n'était pas l'apogée que j'ai vu chez lui des années plus tard. Je suis sortie à 19 ans, maîtresse de Potions. De mes 19 ans jusqu'à mes 39 ans Severus, je n'ai eu de cesse d'aider Perceval. J'ai infiltré des réseaux, j'ai joué ma vie et ma santé mentale. »
Elle inspire profondément, il semble réfléchir, comme si il tient plus à savoir et à deviner ce qu'elle a bien pu faire qu'autre chose. Il se lève, murmure un Incendio au morceau de papier qui se consume entre ses doigts, jusqu'à qu'il l'éteigne agilement.
« - Ca se tient.
- Bien sûr que ça se tient, puis que c'est la vérité espèce de sale imbécile.
- Non je disais que ça se tenait le fait qu'il ait commencé à sombrer dans la folie après m'avoir eu, deux personnes à former dans un laps de temps aussi court et deux personnes comme nous, ça vous rend forcément fou. »
Elle se pince l'arrête du nez en retroussant ses lèvres comme si elle a face à elle une horde de gamins tous plus stupides les uns que les autres et plus agaçants les uns que les autres.
« - Il n'est pas tombé dans la folie à cause de nous. »
Snape lève un sourcil vers son interlocutrice.
« - Ah ?
- Oui. Il…est devenu fou à cause…de certains individus.
- Ceci est bien vague Siejena.
- A cause des Mercenaires de l'Ombre, t'es satisfait ?
- En effet. »
Mais malheureusement, il n'a pas l'air satisfait. Elle hausse les épaules et éteint la pièce, signifiant que leur entrevue est terminée. Pourtant, dans l'ombre, il reste dans un coin, les bras croisés. Elle enlève son pull noir, il entrevoit son corps et elle se glisse sous les draps blancs.
« - Nous partirons ce week-end.
- Bonne nuit Severus. »
Il n'y a pas de trace d'affection dans son souhait, un profond mépris et un agacement qui signe la fin de leur entrevue. C'est avec un soupir qu'il quitte la pièce, fermant la porte dans un tourbillon de robes noires. Mais même si cette sortie est spectaculaire, lorsque la porte se retrouve close, elle l'a été dans un bruit. Infime mais un bruit tout de même. Il y a des choses qu'il ne sait pas faire, évidemment.
