MA CUVETTE • Ouep, elle peut pas le blairer au départ, à cause de son père, donc ça va détonner !

SERENA • Eh ouep, Snape s'est trahi. Eh oui, c'est une sacrée maître de Potions, elle a apprit du meilleur, le même maître que Severus. Et le dit Severus aime prétendre, alors il ne risque pas de dire grand chose à propos de l'Epouvantard, compte tenu du fait que Siejena a peur de la vérité. Merci beaucoup :D


VII - Les cigarettes ont au moins le charme de vous laisser inassouvi. (PLAYIST : Moby, Walk With Me. http : / / www . / listen-3763556)


C'est un bruit infime qui réveille Severus Snape un peu avant les aurores. Le bruit d'un zippo qui claque, d'une bouffée de cigarette qu'on tire. De la fumée qu'on expulse. Snape se dit qu'il s'est endormi sur le canapé, le poids de son livre en atteste. Mais pourquoi alors sent t-il l'odeur de ses draps de soie noire et justement leur volute sur son corps ? La réponse est simple. Si ce n'est pas lui qui est venu au salon, c'est elle qui est venu à sa chambre. Il ouvre un œil, puis un autre, tel un dragon qui s'éveille. Il la trouve là. Assise sur une chaise, les jambes habilement croisées, sa main sur sa cuisse, un sourire de méfait aux bords de ses lèvres charnues. Elle tire encore une fois sur sa cigarette et il se dit que le jeu a assez duré.

« - Qu'est ce que tu fous là Siejena Capoln ?

- Je profite de l'air frais du matin (elle désigne la fenêtre grande ouverte, c'était donc ça le courant d'air !) et je me délecte de voir que tu es toujours aussi beau dans ton sommeil. »

Elle soupire encore une fois et Severus décide qu'il aime ce soupir. Parce que pour la Mercenaire, il sait qu'il est porteur de mauvaises nouvelles, elle reprend une bouffée de son précieux dû et toute trace de sourire disparaît de son visage.

« - Je n'irais pas.

- Tu n'iras pas où ? demande t-il en remettant rapidement ses robes sous son autre robe de nuit.

- Chez le vieux fou. Je n'irais pas chez lui.

- Tu es déjà chez lui techniquement.

- Je ne parle pas de CE vieux fou là, Perceval est plutôt sain d'esprit pour son âge. Non je parle de l'empereur fou, Caligula. »

A la fin de sa phrase, elle lui soutire un regard, écrase sa cigarette dans un verre prévu à cet effet et se mordille la lèvre. Sait t-elle qu'elle est belle ainsi ? Sait t-elle que ses lèvres se gonflent quand elle les mord et que Severus en meurt presque ? Non bien sûr que non, elle ne sait pas, perfide tentatrice obnubilée par la terreur d'aller chez leur ex-maître. Il ne l'aime pas. Il la déteste. Elle l'a trahit, alors qu'il lui avait accordé sa confiance. Il s'est retrouvé seul. C'est de la faute de la jeune femme.

N'est-ce pas ?

Il se secoue mentalement et fait d'un coup de baguette son lit. Puis il vient de placer juste en face de la femme, se mettant dans la même position qu'elle.

« - Nous DEVONS y aller Siejena. Annonce t-il sans sourciller, sans sourire, mais avec une pointe d'agacement dans la voix.

- Je n'irais pas. Répète t-elle, résignée et têtue. Quand je pense que c'est moi qui devait t'apporter une aide psychologique, c'est foutu.

- Quoi ?

- Rien, Perceval songeait que ça serait toi qui serais affecté d'aller là bas. »

Snape retrousse ses lèvres en une moue cynique et dédaigneuse. Juste en face d'elle, très proche à vrai dire, il peut sentir son arôme de cannelle et de cigarette, son souffle froid et glacial qui fait songer aux détraqueurs. Oui mais voilà, en règle général, on a pas envie de faire des choses peu orthodoxes aux lèvres gonflées d'un détraqueur. Il soupire à son tour, et encore une fois se reprend.

« J'ai songé toutefois à une alternative.

- …ton ton laisse démontrer que tu y a 'songé' longtemps.

- En effet.

- Alors quelle est cette brillante idée ? »

Elle se lève d'un coup, une main sur le creux de ses reins, arpentant la pièce de long en large, faisant mine de s'intéresser aux tableaux encore endormis. Au moment où Severus se dit qu'il aimerait bien pour une fois qu'elle ouvre sa bouche, elle plante son regard océan dans les onyx glaciaux.

« Nos souffles, je les mêlerais à l'aide d'une formule, et cela tiendra. Nous ne sommes pas assez puissants pour réaliser individuellement la chose, mais à deux, ça tiendra.

- D'accord.

- D'accord ? demanda t-elle, visiblement suspicieuse.

- Oui d'accord, d'accord tu ne veux pas y aller, moi non plus, d'accord on va mettre nos souffles respectifs dans une fiole et tu les mêleras. Fin de l'histoire, annonce t-il, excédé. »

Elle approuve silencieusement et en allumant une cigarette, quitte la pièce en fermant la porte sans bruit. Snape s'affale alors sur le siège qu'elle a laissé vacant, la tête entre les mains. Une seule image vient déranger ce qu'il pensait être une tranquillité très fraîchement cueillie de quelques secondes. Les lèvres gonflées de Siejena.


« Dépêche toi Siejena, j'ai pas toute la journée.

- Tu me consacreras le temps que tu dois me consacrer. »

Elle fait lever un sourcil à son alter ego et attrape la fiole incassable de sa poche, fiole qu'elle met sous les lèvres de Severus. Le silence n'a jamais été aussi lourd d'un coup. Ses longs doigts fins effleurent son visage de marbre. Elle ne le regarde pas dans les yeux, prononce une incantation silencieuse et lui fait signe de souffler. Elle le sent frémir. C'est sûrement parce qu'il fait froid, dehors. N'est ce pas ? Finalement, après ce qui semble une éternité, il souffle. Celui-ci prend une teinte noire et devient peu à peu blanc pour finalement se déposer dans la fiole. Comme une brume opaque. Elle porte le récipient à ses lèvres et prononce à demi-mot la même incantation. Son souffle est rouge. Rouge sang. Pour finalement sombrer dans un noir profond et chaotique. Le maître des Potions réhausse son sourcil, tentant de dissimuler à grande peine sa surprise. Finalement le souffle se dépose dans un coin de la fiole de verre et s'écarte le plus loin possible de son antagoniste. Elle referme le récipient.

« Je vais essayer de mélanger le tout. Tu n'as pas cours ?

- Si. »

Et sans un regard, dans un tourbillon de capes noires, il s'éloigne. Siejena soupire encore une fois et retourne à ses appartements.


Quand Snape rentre, il est tard, il faut dire qu'il n'a pas fait que enseigner aujourd'hui, une réunion de Mangemorts à l'improviste. Son dos et tout le reste de son corps est douloureux. Il passe une main sur son visage et prononce le mot de passe dans un souffle. Le tableau pivote et il rentre dans le salon, espérant boire un bon whisky pur-feu. Mais face à lui des centaines de feuilles gribouillées et des livres par dizaines. Face à ça, la silhouette frêle de Siejena. Bon, le whisky, c'est raté. Songe t-il dans un reniflement dédaigneux, rapidement rattrapé par le bruissement des feuilles de la jeune femme. C'est à ce moment là que sa position assez inadéquate le frappe. Bien sûr, ça aurait pu le frapper plus tôt. Mais son cerveau étant encore embrumé des attaques de Voldemort, il met un temps à s'en rendre compte. La jambe fine de Siejena est étendue de tout son long d'un côté, l'autre est en équilibre, soutenant son poids. Des mèches folles s'échappent de sa coiffure, noires, rousses, difficile de savoir. Mais le plus frappant c'est le jeu des lumières sur son corps de nymphe. Jouant de manière presque indécente avec lui.

« Hum Hum. »

Severus se racle la gorge pour signaler sa présence, espérant ainsi que son cœur arrête de battre aussi fort, que sa respiration se calme et qu'elle se retourne. C'est finalement ce qu'elle fait, sa mine est grave. Finalement, elle aurait dû rester de dos, pense t-il.

« Bonjour.

- Bonsoir Severus.

- Alors l'ingrédient ?

- Non.

- Comment ça non ? demanda t-il dans une imitation parfaite de la jeune femme.

- Non, ça ne marche pas, nos souffles ne veulent pas se mêler, j'ai tout essayé comme tu peux le voir. Répond t-elle, dépitée, en désignant le bazar environnant.

- Je vois. »

Bien sûr qu'il voit. Bien sûr qu'il sait. En fait il sait cela avant même qu'elle ne lui dise. Il l'a su ce matin, en donnant son souffle. Il sait. Bien sûr qu'il sait…À son tour, c'est à Siejena de se racler la gorge, elle se lève souplement et vient à sa rencontre, croisant ses bras, elle le regarde intensément. ''Non fixement''. N'est ce pas que c'est fixement ? Aucune intensité hein ?

« Tu sais ce qu'il nous reste à faire, murmure t-elle entre ses dents.

- Aller voir Caligula ? demanda t-il en feignant l'ignorance.

- Te fous pas de moi Severus Tobias Snape. Te fous pas de moi. »

Impossible à duper. Elle est impossible à duper, même après tout ce temps. Le temps s'égraine dans la montre à gousset de Siejena et sur la grande horloge hideuse que Dumbledore a laissé dans le salon. Severus enlève sa cape, et tout ce qui peut un tant soit peu le gêner sans pour autant paraître indécent. Sous un sourcil surpris de Siejena, il se retrouve dans une chemise noire avec un pantalon noir, évidemment. Il se met face à elle, dans la même position, bras croisés. Regard indescriptible.

« Oui, dit t-il en se rapprochant dangereusement d'elle. Oui, je sais ce qu'il nous reste à faire. »