Notes : J'aimerais (Grand Dieu !) posséder Adam Ross, Don Flack et Danny Messer mais malheureusement, ils appartiennent à CBS... * Bouhouhouhou *
Vous êtes prêts ? Préparez vos mouchoirs bande de kroopooks...
CSI Basket Ball.
L'adolescence ne s'est pas passée sans mal pour nos trois experts mais elle s'est passée, avec plus ou moins de succès et d'échecs. Don a maintenant dix-huit ans et est à deux doigts d'entrer à l'école de police. Ses bons résultats aux tests d'aptitude lui ouvrent les portes d'un avenir qu'il a toujours rêvé de toucher du doigt. Il ne regrette qu'une chose : l'absence de Danny.
Ils se sont parlés après sont retour des classes vertes, bien que Don a occulté la partie du baiser. Pour son ami mais aussi pour lui-même car il se refuse à l'admettre, même encore aujourd'hui. Maintenant, tout va pour le mieux avec Danny même s'il a mis du temps à accepter la compagnie d'Adam. Don l'a prévenu : c'est tous ensemble ou rien. Mais Danny a aussi appris pas mal de choses sur le jeune rouquin et notamment pourquoi il passe tout son temps chez Don. Le père d'Adam le battait, lui et sa mère, lorsqu'ils étaient à Phoenix. Le jeune garçon en porte encore les marques, aussi bien physiques que psychologiques. Tout ceci a fortement fait réfléchir Danny, qui comprend mieux le besoin du jeune garçon de se sentir tout le temps protégé. Et le blondinet a décidé de joindre ses forces à celles de Don et ainsi, se mettre également du côté d'Adam.
Mais aujourd'hui vient le temps des adieux. Danny n'a que seize ans et il ne pourra entrer à l'école de police que dans deux ans, devant se séparer de son meilleur ami. Même s'ils restent dans la même ville, il a peur que trop de gens et de nouvelles passions les séparent. Il a peur que Don ne se fasse d'autres meilleurs amis, des gens qui partagent son goût de l'action et des armes, avec qui il fera équipe pour combattre le crime. En clair, il a peur de le perdre à nouveau et cette perspective lui est insurmontable.
Don emballe ses dernières affaires. Etre élève à l'école de police signifie se couper de sa famille et de ses amis durant trois ans, si tout se déroule comme prévu. En internat la semaine, il ne peut rentrer chez lui que le week-end et durant les vacances... trop peu de temps à son goût. Il doit choisir entre ses racines et son rêve, leur rêve à Danny et lui. Deux ans à l'attendre et ils seront sur le même campus, partageront la même chambre et feront à nouveau tout ensemble, comme avant.
Son dernier carton est bouclé quand Adam entre dans sa chambre. Il pose les yeux sur lui et voit qu'il a pleuré. Une larme s'écoule encore sur sa joue rougie, ce qui inquiète Don.
-'Tu devrais pas préparer tes affaires ?' lui demande-t-il en haussant un sourcil suspicieux.
Adam pousse un lourd soupir, annonciateur de mauvaises nouvelles.
-'Je... je ne viens pas avec toi, Don.'
Le grand brun laisse tomber la coupe de hockey qu'il allait emballer. Elle se fracasse sur le sol en même temps que les mots d'Adam lui reviennent en tête.
-'Pourquoi ? Je croyais que tu voulais faire l'école de police avec Danny et moi ?' demande Don, une rage et une peine non dissimulée s'exprimant dans sa voix.
-'Je... j'ai changé d'avis. C'est vous, les héros... j'aimerais être scientifique... Je retourne dans l'Arizona. Il y a une bonne école là-bas et...'
Adam est tellement plongé dans sa tentative d'explication qu'il n'entend même pas Don s'approcher. Des larmes bordent ses yeux pourtant il sait qu'il ne pleurera pas. Un grand gaillard comme lui ne pleure pas. Et Adam se perd dans les explications qu'il donne, tentant de se convaincre lui-même du bien fondé de sa démarche. Il n'en est plus vraiment sur à présent. Il se perd tellement qu'il ne sent pas les mains de Don encadrer son visage, ni ses lèvres se poser sur les siennes dans un mouvement désespéré. Il sent simplement les larmes de son futur Détective humidifier ses joues. Les sentiments ont toujours été confus entre eux mais Don a besoin de ce baiser. Il l'embrasse parce qu'il a peur de le perdre, parce qu'il l'aime certainement d'une façon ou d'une autre mais surtout, parce qu'il sait que rien de ce qu'il dira ne retiendra Adam. Parce qu'il sait au fond de lui-même que c'est le jeune homme qui a raison. Ils doivent séparer leurs chemins, peut-être pour mieux se retrouver un jour.
-'Il y a d'autres écoles ici à New-York. Tu n'es pas obligé de partir...' lui murmure Don, n'arrivant pas à lâcher prise alors que leurs yeux demeurent désespérément clos.
-'Don, tu sais bien que j'ai raison. C'est mieux pour tout le monde, ne rends pas les choses plus difficiles... Tu vas réaliser ton rêve, tu n'as pas le droit de m'empêcher de réaliser le mien.'
Don sait qu'il a raison mais il n'y arrive pas. Il ne s'attendait pas à ce que son rêve implique autant de sacrifices. Il aurait pu y réfléchir à deux fois s'il l'avait su. Il sait que ces départs et la vie à l'internat l'endurciront.
-'Je veux pas que tu partes ! Reste avec nous... Reste avec moi !'
Mais aucune larme, aucune plaidoirie ne peut retenir Adam. Pour une fois, c'est lui qui se montre le plus fort, même si au fond de lui-même, il se sent brisé. Doucement, il s'écarte de son ami. La machine est lancée et il est impossible de faire machine arrière. Ils se disent au revoir. Voir Don dans un tel état lui fait mal. Il a rarement vu le grand brun en larmes et même s'il a envie de le réconforter, il sait que ça ne ferait que rendre les choses plus difficiles. Le jeune homme pose ses mains sur les épaules de Don, le secoue littéralement de l'intérieur pour lui redonner les idées plus ou moins claires.
-'On se retrouvera un jour, Don. Je te le promets.'
Adam s'éloigne et déjà, le manque de contact fait vaciller le cœur de Don. Tout à l'air si froid maintenant qu'il sait qu'il n'aura ni le jeune homme ni Danny à ses côtés durant deux ans.
-'Pourquoi Adam ?' demande-t-il la voix chevrotante même s'il croit connaître une partie des raisons.
Dans l'embrasure de la porte, le jeune homme lui répond.
-'On en a déjà parlé. Je crois qu'il faut qu'on mûrisse chacun de notre côté pour savoir qui on est vraiment. Et tant que tu ne voudras pas t'avouer que tu aimes l'un de nous deux, ça n'arrivera jamais.'
Seul sur le playground, Danny profite de la brise fraîche du vent pour se changer les idées. Mais le cœur n'y est pas. Son ballon de basket lui échappe des mains et roule dans le fossé, sous un buisson. Il n'a même pas la force de bouger pour aller le ramasser.
Une ombre se profile sur le terrain et il reconnaît Don sans même se retourner. Un poids s'avachit sur le banc où Danny est assis. Il l'observe en silence, ses yeux bleus troublés par ses propres larmes lorsqu'il pense à leur séparation. Il voit que Don a pleuré lui aussi et pense égoïstement que ces larmes sont pour lui. Cela lui rend le départ un peu moins douloureux.
-'Tu reviens quand ?' demande Danny, la voix serrée.
Un silence de quelques secondes s'installe et Don semble réfléchir. Il a l'air épuisé.
-'A Noël... J'ai même plus envie de partir.'
Danny est inquiet face à cette confidence. Qu'est-ce qui a pu se passer pour que Don ne veuille plus réaliser son rêve le plus cher ?
-'Ca a toujours été ce que tu voulais faire depuis qu'on est mômes...' lance-t-il pour tenter d'avoir une explication. Don fixe un point imaginaire au loin car il lui est impossible de poser ses yeux sur son ami. Il est encore trop sous le coup de l'émotion et sait que s'il croise les yeux si expressifs de Danny, il se mettra à pleurer et il ne le voulait pas. Cela ne lui ressemblait pas. Il était fort. Il avait toujours été le plus fort des trois et voila qu'il se brisait ce soir.
-'Je pensais pas que j'aurais à sacrifier tant de choses... Ma famille, Adam... puis toi.'
Venir en dernier sur une liste, surtout après Adam, ne convient pas vraiment à Danny mais il ne répond rien car il sait dans quel état son ami se trouve et c'est déjà assez difficile comme ça pour qu'il ne rajoute quelque chose.
-'Personne n'a dit que ce serait facile, Don. Mais je te promets une chose : à chaque fois que tu reviendras, je serai là sur ce terrain de basket à t'attendre, d'ac ?'
Ces paroles, même si elles lui mettent du baume au cœur, n'apaisent pas entièrement Don. Certaines choses dans la vie font tellement mal que même la plus réconfortante des paroles n'arrive pas à nous les faire oublier.
Un silence lourd de paroles non dites les enveloppe. Ils aimeraient se dire toutes ces choses mais leur fierté masculine ou une autre raison illogique les en empêche. Alors ils regardent le ciel criblé d'étoiles, le terrain de basket qui a été leur seconde résidence ou les arbres alentour. Ils regardent n'importe quoi qui puisse éviter à leurs prunelles de se croiser. Car ils savent que si cela arrive, ils liront dans leurs yeux ces choses qu'ils n'arrivent pas à se dire. Les larmes roulent sur leurs jouent sans qu'ils ne s'en rendent même compte. Et ils se retiennent encore d'éclater en sanglots comme des gosses. Parce qu'il est important pour eux que l'autre sache qu'ils ne pleurent pas, même s'ils le font. Parce que ce sont quasiment des hommes et qu'ils ont leur fierté. Parce qu'avouer qu'ils pleurent, c'est avouer leur faiblesse.
-'Je vais y aller...' lance Don comme s'il enclenchait le minuteur d'une bombe qui explose dans la tête de Danny. Ils savent que de toute façon ils devront se dire au revoir, alors pourquoi prolonger ce moment ? Ils sont comme deux animaux blessés, attendant qu'on mette fin à leurs souffrances rapidement.
-'Don...' s'étrangle Danny, incapable de prononcer plus que ça et pourtant son ami comprend tout ce qu'il veut dire à travers ce simple mot. Il sait qu'il veut dire : Je ne veux pas que tu partes, tu vas me manquer terriblement, je t'aime, reste ici...
-'Danny...' soupire Don, la voix presque suppliante. Il le supplie de ne pas encore plus compliquer les choses. C'est déjà assez douloureux comme ça. Trop douloureux même.
Don voudrait le prendre dans ses bras, lui dire que tout ira bien et se mentir en lui mentant également. Danny voudrait l'avoir encore un instant près de lui, rien qu'un petit peu, avant que ce ne soit la fin. Mais tous deux savent qu'ils ne peuvent pas, pour leur propre santé mentale.
Doucement, Danny sent Don s'éloigner sans un mot ni un geste de plus. Et quand il le sent assez loin, il se laisse glisser à terre, incapable de contrôler ses gestes. Il se déteste pour être aussi faible en cet instant mais il s'en moque complètement également. L'image qu'il renvoie lui importe peu. Il hoquette et sanglote comme un enfant terrifié, recroquevillé à terre, blessé au plus profond. Et tout ce qui lui rappelle Don s'évanouit peu à peu : sa voix disparaît alors que le brouhaha de la ville reprend sa place, son parfum s'évanouit dans l'air devenu glacial, son sourire et ses yeux bleus s'effacent comme une vague recouvre le sable.
Danny se sent vide, dénaturé. Désormais, il est en quête de lui-même...
FIN
