Et maintenant, un peu de snack. N'en déplaisent aux nutritionnistes, c'est excellent pour la santé.


Forêt interdite: la clairière au licornes (publié sur hp_100_mots)

Dans une clairière, une harde de licornes paît à l'abri du monde des hommes. Elles se savent en sécurité ici, leurs seuls prédateurs ont déclaré la forêt interdite. Personne ne viendra les déranger.

Cachés derrière un arbre, deux jeunes hommes contemplent le spectacle avec des yeux émerveillés. Eux aussi sont venus là parce qu'ils s'y sentent en sécurité. Une forêt interdite pour abriter leurs amours interdites.

Deux hommes, deux rivaux, deux ennemis. Deux amants. Personne ne peut savoir. Alors en attendant de redevenir Black et Rogue, ils regardent les licornes, et les doigts de Sirius et Sévérus s'entrelacent en silence.


Ghostbusters ! (publié sur le_snackbar)

Severus Rogue, de son vivant, avait toujours été un solitaire. La mort s'était révélée ne pas être beaucoup mieux.

Mimi Geignarde l'insupportait, le Baron Sanglant boudait d'avoir perdu sa place de seul fantôme de Serpentard, le Moine n'avait aucune conversation, lady Serdaigle était une bêcheuse sans nom, et Nick s'entendait comme larron en foire avec l'autre. On ne partira même pas sur le sujet de Peeves.

Et pourtant, si Severus Rogue était resté, c'était bien pour ne pas être seul. Pour rester auprès de lui, enfin, de ce crétin décervelé qu'il aimait Merlin savait pourquoi, de cet abruti qui continuait à son âge de comploter avec Peeves pour l'enfermer au fond du lac dans une caisse magique.

Il ne s'était jamais bien expliqué ce qu'il l'attirait chez lui, pour tout dire. Probablement un masochisme enfoui.

***

Sirius Black ne comprenait pas pourquoi Rogue avait choisi de devenir un fantôme. Oh, à lui on ne lui avait pas trop laissé le choix, c'était soit ça soit rester coincé derrière le voile avec le vide pour compagnie. Pas très rock'n'roll. Et le fait qu'il serait resté en arrière de toute façon pour ne pas le laisser tout seul de toute façon n'était en rien pertinent dans cet argument.

Lorsqu'il était mort, il avait eu tellement peur qu'en le voyant revenir en fantôme, robe noire tout argentée et mèches huileuses au vent, il avait comploté avec Peeves pour lâcher un feu d'artifice au-dessus du lac. Que Rogue se retrouve coincé dans la caisse de fusées avait été pur accident.

***

Un jour, Black n'y tint plus de ne pas savoir, et alla demander.

« Pourquoi t'es resté ? »

« Va te faire foutre. »

« Plus tard si tu veux, mais pas avant que t'aies répondu. »

« ... »

« Alors ? »

« Non. »

« Je vais te faire chier jusqu'à ce que tu me répondes, tu le sais ça ? On a toute l'éternité devant nous. »

« ... sketétéla. »

« Hein ? »

« Parce que tu étais toujours là, toi. Content ? »

« Euh, oui... »

« Quoi ? »

« Je suis resté pour la même raison que toi ! »

« Parce que tu étais toujours là ? Je comprends pas là. »

« T'es vraiment con quand tu t'y mets, tu sais. »


Poil aux lunettes (publié sur sevys_now, situé dans l'univers de L'Idée du Siècle))

« Sirius, il est six heures du matin, descend de mon torse. Repasse dans une heure. »

« J'essaye pas de te chauffer, idiot, je crois bien que j'ai vu un truc. » *Sirius penche la tête très près de la poitrine de Severus, jusqu'à ce que son nez soit quasiment collé à un téton*

« T'es sûr que t'essayes pas de me chauffer là ? »

« Pourquoi, ça marche ? »

« Non. Je te l'ai dit, repasse dans une heure. »

« De toute façon c'était pas ça. Aha, je te tiens ! » *shlack!*

« Aïe ! Mais t'es dingue ou quoi ? »

« C'est débatable. »

« Je peux savoir pourquoi tu m'arraches les poils ? »

« J'en ai arraché qu'un seul, et je l'ai fait caaaaaar... »

« J'ai pas la journée, Black. »

« Black-Rogue, s'il te plaît. »

« ... » *regard noir*

« D'accord, d'accord. Tiens, regarde. »

« Je vois rien. »

« Mais si, regarde ! Il est blanc ! »

« Tu me réveilles à six heures un dimanche parce que tu m'as trouvé un poil blanc. » *Regard (et non regard)*

« Oui. »

« Est-ce que j'ai envie de savoir pourquoi ? »

« Pur triomphe. Tu blanchis et pas moi. »

« Tu as une hérédité scandaleusement chanceuse et tu le sais. Et c'est pas moi qui dois tenir mon journal à bouts de bras pour le lire. »

« Oh non, tu vas pas recommencer avec ça. Mes yeux sont en parfait état de marche, j'ai pas besoin de lunettes. »

« Sirius, c'est pas une honte de vieillir. Et ça te donnerait un côté intelligentia de gauche une paire de lunettes, en plus. »

« Je veux pas de binocles, point barre. »

« Pourquoi, ton filleul en a et tu ne lui as jamais fait de réflexion. »

« Mais il est comme son père, sans il passerait la journée à se mettre la tronche dans des murs. C'est une taupe, moi pas. Donc, je n'ai pas besoin de lunettes. »

« Sirius, donne-moi l'heure pour voir ? »

« J'ai pas ma montre. »

« Il y a un réveil juste devant ton nez. »

« C'est drôle, je croyais que c'était ton cou devant mon nez. »

« Commence pas. Lis. »

« ... »

« Je te l'avais dit. »

« Mais c'est le machin qui est pas assez lumineux d'abord ! »

« Alors pourquoi moi j'arrive à le lire ? »

« Qu'est-ce que j'en sais moi ? T'as développé des super-pouvoirs de vampire à force vivre dans les cachots et puis voilà. »

« Sirius... »

« Non. »

« J'ai encore rien dit. »

« Pas la peine, je connais cette tête. »

« Quelle tête ? »

« Celle du mec qui va me proposer l'air de rien d'aller faire un tour au Chemin de Traverse demain et qui va me traîner chez un ophtalmomagiste. »

« Je suis très blessé que tu me croies capable d'une chose pareille. »

« ... » *levé de sourcil*

« Je ne plaisante pas, si tu ne te fais pas prescrire bientôt des lunettes du vas finir complètement astigmate, et c'est pas du tout une bonne chose. Ca te file déjà des migraines. »

« Hmpf. »

« Si je te dis que je te trouverais sexy avec des lunettes, ça aiderait ? »

« Peut-être. »

« D'accord, on va faire un marché. Si tu me laisses te faire prescrire des lunettes *profonde inspiration du mec qui se sacrifie pour la bonne cause* je te laisserai me teindre tous les poils blancs que tu veux. »

« Même les cheveux ? »

« Pousse pas. »

« La teinture et on prend les gamines de Harry deux semaines cet été. »

« Une. »

« Vendu. »

« ... »

« ... »

« Tu sais, je crois bien que je suis le seul homme au monde qui doive soudoyer son mari pour qu'il accepte de vieillir. »

« C'est tout toi ça, le serpent rusé comme le renard au poil blanc. »

« Je t'emmerde. »

« C'est toujours un plaisir. »

« Je t'aime. »

« Moi aussi. »

« Parfait. Maitenant descend de mon torse et rendors-toi. »


Triolisme littéraire (publié sur sevys_now, sonnets en alexandrins, remerciez uathann, devinez-donc le pairing)

Je vous aime, mais vous, m'aimez-vous ? Je ne sais,

M'avez-vous laissé percer votre cuirasse ?

Dessous les boutons, le nez haut, le front altier,

Dessous les lèvres pincées et le sourcil bas,

Avez-vous accepté de fondre ? Sous mes doigts

Émerveillés de tant de peau, saouls de vous,

Vous frémissiez, je le sais, je le vois,

Je vous sentais, mon roi, et j'étais votre fou.

Alors telle est ma question, m'aimez-vous donc,

Moi le chien, le loup ? Ou ne désirez-vous

Que ce corps trop maigre caché sous des haillons ?

Je n'ose vous le demander, à vous, le froid,

Le distant, l'intouchable : voulez-vous de moi ?

Soyez franc, je saurai me contenter de peu.


L'impudent qui sous couvert de littérature

Cherche à m'arracher une déclaration

Risque bien le vitriol à la figure

Mais vous en savez déjà quelque chose, non ?

Ainsi donc vous avez résolu de ne plus

Courir les faveurs de votre zouave canin ?

Dois-je défaillir et zézayer à la vue

De cette déclaration qui me confère enfin

La main haute sur ma némésis ; ou alors

Vomir à votre face force sarcasme

A l'idée que vous vous rabattiez sur moi

Par pur dépit ? Je me fiche bien du pourquoi,

Cette fois-ci c'est moi que vous avez choisi,

Je vous garde donc, que vous le vouliez ou pas.


Ô grasse éminence, tu sais ce qu'il te dit

Le zouave ? Mais puisque le vouvoiement est

A l'honneur, laissez-moi reformuler mon point :

Ma fourrure poilue et moi vous emmerdons.

Comment osez-vous accuser mon cher ami

D'en avoir après mon auguste popotin ?

Lui qui passe son temps à mes côtés, chaste

Comme un bénédictin eunuque, et ce malgré

Les avances répétée faites par moi-même,

Et les nombreuses propositions d'explorer

Ensemble ma Zanzibarre ? Honte à vous, méfiant

Calculateur et jaloux, allez-donc vous faire

Cuire un oeuf, vous avez ma bénédicition.

Mais par charité, roucoulez en silence.