Titre : Faune magique des rives du Congo et autres curiosités (c'est moi où ce titre est affreusement long ?)
Ecrit en réponse au défi du Festival Kink Size sur la communauté LJ le_snackbar lancé par archea2, qui voulait du roleplay et une fessée (the things I do for you...). C'est la deuxième fois de ma vie que j'écris du lemon, et la première que je dépasse le R. Suis sous le choc.
Pairing : snack
Rating : NC17
Nombre de mots : 1800 et des brouettes
FAUNE MAGIQUE DES RIVES DU CONGO ET AUTRES CURIOSITÉS
Severus avait une habitude que Sirius n'avait jamais osé avouer qu'il adorait. A chaque fois ou presque qu'il passait à côté de lui, lorsqu'ils étaient juste tous les deux, il laissait tomber une petite claque appréciative sur ses fesses.
Au début, Sirius avait trouvé ça amusant, et flatteur. Après quelques temps, il avait commencé à trouver ça excitant. De plus en plus excitant. Jusqu'à ce que maintenant, il trouve ça obsédant.
Il commença à s'arranger pour croiser Severus plus souvent, pour provoquer ces petits moments. Puis il fit tout pour se montrer agaçant, énervant, horripilant, pour que la claque tombe plus fort et produise ce bruit sec qu'il aimait tant. Il en fit tellement que Severus finit par s'en rendre compte.
« Tu cherches à ce que je te balance sur mes genoux et que je te colle une fessée ou quoi ? » aboya t-il un matin dans leur cuisine, à bout de nerfs. Il n'avait pas lancé la pique sérieusement, mais Sirius vira néanmoins au rouge pivoine. Se tasser et marmonner n'étant pas une attitude digne d'un Black, il se redressa, releva la tête bien haut et, toujours cramoisi, déclara :
« Peut-être bien. »
Severus était en train d'amener une tasse de café à sa bouche au moment où il avait prononcé la phrase. La tasse arrêta net son ascension et resta en suspens. Severus dévisagea longuement Sirius, le visage impassible, les yeux noirs. Après une longue minute, il parvint à produire un son.
« Tu es sérieux. »
« Oui. »
« Ce n'était pas une question. »
« Je sais. »
Il y eut un silence, pendant lequel Sirius fit de son mieux pour paniquer en silence. Fantasmer de se faire frapper ne pouvait pas être normal. Au pire, être excité par l'idée de mettre une fessée à quelqu'un d'autre devait pouvoir se tolérer, mais l'inverse ? C'était juste tordu. La nouvelle était officielle : Sirius Black est un tordu. Et Severus avait assez dû gérer de tordus comme ça dans sa vie pour ne pas vouloir s'embarrasser de lui en plus, au début il allait rire, mais ensuite il prendrait ses distances, peu à peu, jusqu'à cesser de venir complètement, et Sirius se retrouverait tout seul, encore, et... Ses sombres réflexions furent interrompues par une voix basse et onctueuse.
« On devrait pouvoir s'arranger. »
Sirius, qui choisit ce moment pour se rendre compte qu'il avait baissé la tête, la releva brusquement et posa sur Severus un regard incrédule.
« S'arranger ? »
« Oui. Tu as un fantasme, parfait. Mais si je t'aide à le réaliser, il faudra que tu fasses quelque chose pour moi en échange... »
« Je ne suis pas du tout certain de ce que je dois penser de ça, » déclara Sirius en vérifiant que son ancienne chemise d'uniforme lui allait toujours. Les épaules étaient un peu serrées, les manches légèrement trop courtes, mais ce n'était rien qui ne puisse se corriger en un coup de baguette.
« Pas la peine de te fatiguer, Black, je suis parfaitement conscient que penser n'est pas ton fort. »
« Ah ah. Mais c'est qu'il est drôle ce matin, tu as trempé un clown dans ton café ? »
« Boucle-là et enfile ça, » répliqua Snape en levant les yeux au ciel et en lui tendant un pantalon noir.
« J'arrive toujours pas à croire que ton ultime fantasme soit l'uniforme de tes propres élèves. Les jambes sont un peu courtes, non ? »
« On les rallongera. Et ne prétends pas connaître les motivations de mes désirs alors que tu ne connais même pas celles des tiens. »
« C'est faux ! »
« Ah oui ? Alors explique-moi. »
Silence. Puis : « Va te faire foutre. »
Snape leva les yeux au ciel, une fois de plus.
« Donc, reprenons. » Snape leva un docte doigt, et même si Sirius ne comprenait pas trop le fantasme de l'élève, il comprit à cet instant parfaitement celui du professeur. « A la fin de ma journée de travail, je ferme le bureau et je t'attends. J'ouvre la cheminette, et tu arrives avec l'uniforme, en ayant bien entendu vérifié que le répondeur était allumé à la maison pour ne pas qu'un Lupin inquiet débarque ici en te voyant sorti. »
« Ca ne manque pas un peu de spontanéité, de tout répéter avant ? »
« Tu préfères tout annuler ? »
« Non ! »
« Bien, alors tu la boucles et tu fais ce que je te dis. » Le ton autoritaire envoya une flopée de papillons tout droit dans l'estomac de Sirius. « Donc, tu viens avec l'uniforme, et tu te présentes. »
« Et après ? » demanda Sirius sur un ton de révérence sarcastique. Snape lui répondit par un regard brûlant, et un étrange sourire en coin étira ses lèvres fines.
« Après nous aviserons. »
Sirius frissonna et eut un sourire radieux.
Sirius eut à peine le temps de poser un pied en dehors de la cheminée, robe noire avec l'écusson de Gryffondor encore maculée de suie et cheveux -rendus temporairement courts par un sort- en bataille, que déjà une voix menaçante lui lançait d'un ton venimeux :
« Vous êtes en retard pour votre retenue, Black. »
Sirius fit de son mieux pour ne pas afficher un grand sourire salace, croisa les mains dans son dos et baissa la tête. « Désolé professeur. Je ne le ferai plus. » Il se risqua à lever brièvement le regard et vit Severus se lever de derrière son bureau, les yeux brillants et les pommettes déjà rougies.
« Cette attitude déplorable n'a que trop duré, Mr Black. Puisque de toute évidence les retenues ordinaires ne suffisent pas à vous mettre du plomb dans la cervelle, je me vois forcé de prendre d'autres mesures. » Sirius écouta le discours délivré d'une voix de velours, et se sentit tout à fait dans le rôle de l'adolescent lorsque, déjà !, il sentit son sexe durcir.
Les yeux toujours au sol, il entendait le claquement sec des pas sur le sol, la respiration de Severus, plus laborieuse que de coutume, le léger froissement des plis de sa robe de travail. Tout ceci ne faisait que pousser encore plus haut son taux d'adrénaline, et lorsque le professeur glapit son nom comme un claquement de fouet, il ne put retenir un sursaut.
« Black ! Vous êtes ici pour être puni. Effacez-moi immédiatement ce sourire répugnant de votre visage. »
Sirius tenta, sans grand succès, de s'exécuter, et murmura un « Oui, monsieur, » porteur un enthousiasme qui aurait été hautement suspect s'il avait vraiment été un élève. Les coins de la bouche de Severus tressautèrent un instant.
« Devant le bureau, Black. Dos à moi. Plus vite que ça. » Sirius, maintenant ouvertement frétillant, s'exécuta sans se faire prier. « Mains à plat sur le plateau. » Ces mots, glissés à son oreille d'une voix suave, formaient un contraste délicieusement frappant avec la brutalité première de Severus. La caresse après la gifle. Sirius frémit.
« Votre comportement, » Une main glisse autour de la taille de Sirius. « Est un parfait exemple d'impertinence et d'irrespect. » La main trouva la boucle de sa ceinture, et commença à la détacher. « En conséquence, votre punition, » Le pantalon était maintenant ouvert, et des doigts agiles le faisaient glisser le long de ses cuisses. « Se doit d'être également exemplaire. » La main, tout à l'heure si patiente, baissa brutalement le caleçon de Sirius, révélant deux fesses pâles, lisses et joufflues. La fraîcheur de l'air du soir les recouvrit promptement de chair de poule, et Sirius entendit Severus expirer bruyamment par le nez.
« Si vous persistez à vous comporter en enfant, » La voix de Severus était tout près, juste derrière lui, mais toujours hors de son champ de vision, ce qui n'était pas sans susciter une certaine paranoïa. « Vous serez puni comme un enfant. » Puis le plat de la main du professeur s'abattit sur les fesses de Sirius avec un claquement sec.
Ce dernier sursauta, parvint de justesse à retenir une exclamation de douleur (avait-il vraiment besoin d'y aller aussi fort ?) et prit un instant pour se demander quel genre d'enfance Severus avait eu exactement.
La respiration de Severus se bloqua une seconde alors qu'il contemplait la trace rouge imprimée de sa main sur la peau. Elle ressortait de manière choquante, presque obscène, malgré le peu d'éclairage, et il la caressa du bout des doigts avec un mélange de stupéfaction, d'émerveillement et de honte. Lorsque Sirius commença à tourner la tête pour le regarder, une seconde claque tomba sans ménagement.
« Il me semble vous avoir dit de rester dos à moi. »
Sirius, le souffle court, prit une minute avant de parvenir à répondre. « Oui, monsieur. »
« Vous vous retournerez quand je vous le dirai. » Un troisième coup tomba.
« Oui monsieur. »
« Bien. » L'obéissance de Sirius fut récompensée par une nouvelle caresse, plus longue, plus vagabonde. Ce dernier, de son côté, était assez perdu. Ses mains avaient glissé vers l'avant jusqu'à agripper le rebord du bureau, le pantalon autour de ses chevilles l'empêchait d'ouvrir les jambes aussi largement qu'il l'aurait voulu et son équilibre s'en trouvait précaire, garder la même position penchée plusieurs minutes d'affilée allait ruiner son dos, et la peau de ses fesses étaient déjà en feu.
Bien entendu, tous ces petits désagréments pâlissaient devant le fait que son sexe n'avait plus connu une telle vigueur depuis l'adolescence, et s'il se cramponnait de la sorte au bureau c'était également pour essayer de se contenir et ne pas laisser ses mains aller le soulager. Chaque nouvelle claque le persuadait un peu plus qu'il était à un cheveux de battre son record de vitesse de manière très humiliante.
Le manège se prolongea plusieurs minutes, jusqu'à ce que Sirius craque et pousse de petits « Ah ! » à chaque nouveau coup, et que la main de Severus fatigue et devienne douloureuse.
Sirius, hors d'haleine, perdit toute contenance et se mit à supplier. Severus, pour une fois décidé à se montrer serviable, passa un bras autour des hanches de son amant et se saisit de lui, tout en ouvrant frénétiquement son pantalon de l'autre main. Il plaqua ses hanches dénudées contre le postérieur meurtri de Sirius -qui laissa échapper un sifflement de douleur avant de gémir bruyamment- et la suite ne fut plus qu'un tourbillon de grognements, de grincements de meubles et de cris de jouissance étouffés au creu d'un coude, à la naissance d'une épaule.
Il y eut un long silence, troublé seulement par deux respirations laborieuses.
« La vache, » déclara Sirius.
« Ce n'est pas moi qui vais te contredire, » répondit Severus, toujours drapé sur son dos.
Nouveau silence.
« Dis, professeur, tu commences à te faire lourd. »
Severus ne s'excusa pas mais, s'appuyant d'une main sur le bureau, se redressa. Sirius se déplia, et jeta un coup d'oeil gêné à un livre tout proche.
« C'est précieux Faune magique des rives du Congo ? »
« Horriblement. »
« Ah. J'ai fait une tache dessus. »
Severus, preuve de son extrême relaxation, ne bondit pas en hurlant. « Je m'en occuperai demain. »
« Demain ? »
« Oui. Là, on rentre à la maison. Il nous faut une douche. Et peut-être une crème contre les bleus. »
Sirius hocha la tête se baissa pour remonter ses vêtements. La manoeuvre confirma ses soupçons : il est parfaitement impossible de se trouver dans quelque circonstance que ce soit avec le caleçon autour des chevilles et laissant dépasser des chaussettes rouges sans y laisser au moins une partie de sa dignité. Boh, tant pis.
En se rendant à la cheminée, il passa devant Severus. Sur une impulsion, il lâcha une petite tape sur ses fesses avec un sourire canaille. Il eut juste le temps de voir la lueur d'intérêt surpris dans son regard avant de s'engouffrer dans la cheminée.
