On est quel jour ? Samedi ? Alors ça veut dire qu'il est l'heure de la suite ! Pas trop impatientes, les filles ?

Tout d'abord, un grand merci à mes revieweuses du chapitre 3 ET 4 ! Je n'ai pas pu répondre car j'ai préféré me concentrer sur ce long chapitre (11 pages Word .. Un miracle pour moi!). J'espère que vous êtes pas trop déçues, mais j'essaierai de me rattraper sur le prochain.

Donc, merci à TataDomi, IsabellaMasenCullen, jess001, Habswifes, bellardtwilight, EstL, alex, Adore Youu, Clochette13, anayata, annecullen69, MelanieMac, Béatrice, Laurie, CaroOThePriinCess, liliputienne3, cecyas, morganeblb, Crisou, Camillr, fraise (un happy end ? Ah Ah ... Surprise, surprise ! Un peu plus d'infos dans ce chapitre, mais rien de confirmé !), aude77 et lilichoco !

La liste s'agrandit à chaque chapitre et, franchement, c'est génial ! Continuez comme ça, vous assurez !

Sur ce ... Enjoy !


Chapitre 5 : L'esprit nébuleux de l'être humain

.

POV Bella

Je jetais un œil à mon réveil. Depuis une heure et quinze minutes, nous étions samedi.

J'étais clouée au lit à mon plus grand désespoir depuis une semaine. Une grippe. J'allais mieux. Mais ce n'était toujours pas la forme olympique. Et la moindre petite contrariété prenait tout de suite des allures de catastrophe mondiale.


La première avait eu lieu lorsque Jacob s'était chargé de me dégoter une robe pour la soirée. Il avait franchi la porte de notre chambre avec un grand sourire aux lèvres et tenait dans son main une housse noire.

- J'ai une surprise pour toi, Bella.

J'avais levé un sourcil interrogateur. Et, comme le ferait le présentateur du téléshopping, il avait ouvert la fermeture éclair de la robe et … m'avait tendu une robe bleue dos nu … beaucoup trop courte.

Et c'est là que j'avais légèrement … perdu le contrôle disons nous.

- CA VA PAS NON ? JAMAIS JE METTRAIS CA !

- Euuuh … Pourquoi ? Je la trouve très bien moi cette robe, Bella.

- Très bien ?!? Très bien ?!? Tu te fiches de moi ?!? Je suis une femme ma-ri-ée, bientôt future maman et il est hors de question que j'aille parader à une fête d'anciens élèves fringuée comme une … une … pute ! hurlai-je aussi fort que je pouvais

- Oh, oh du calme. Je voulais t'aider moi … Mais bon, puisque ça te plait pas t'as qu'à te débrouiller toute seule, se renfrogna-t-il.

J'allais m'excuser de ce débordement quand je l'entendis grommeler un truc en fixant ma penderie.

- T'as un truc à me dire Jake ? demandai-je en souriant.

Il tourna rapidement la tête vers moi, surpris que je l'ai entendu et répondis :

- Nan rien.

- Menteur.

- Ouais bon … T'énerve pas Bells mais … cette robe, elle est pas très différente de ce que tu portes d'habitude.

Toute femme censée sait que, même si je n'avais pas eu de la fièvre, j'aurais répondu très, très, très violement. Et là, j'avais de la fièvre.

- Jacob. Dégage. Tout de suite.

- Enfin, Bella, j'habite ici quand même.

- Jacob je t'ai demandé de dégager. M'oblige pas le répéter.

- Et je vais aller où, moi ? Putain Bells, soigne toi, fais quelque chose mais débarrasse toi de cette fichue grippe. T'es tellement sur les nerfs qu'on pourrait croire que t'es une de ces femme enceintes infichues de gérer leurs émotions et qui me tapent sur les nerfs, débita-t-il sans vraiment me regarder, plutôt en pensant à quelque chose qui ne lui plaisait pas vraiment.

J'imagine que le jeter dehors pour la soirée ne suffisait pas. Il du d'ailleurs se rendre compte de sa boulette car il leva tout à coup des yeux affolés vers moi et lança :

- Oh merde.

Et je me mis à fondre en larmes. Il se rapprocha de moi et voulu me prendre dans ses bras. Je le repoussais avec force et il me fixa peiné.

- Tu m'as dit d'arrêter la pilule juste pour me faire plaisir hein ? Tu t'en fous qu'on ait un gamin ? Y a que toi qui compte de toute façon. Tu t'en occuperais même pas, je me retrouverais toute seule pour l'élever, on finirait par divorcer, tu me verserais même pas de pension alimentaire, tu viendrais jamais le voir, tu ne viendrais pas à sa remise de diplôme …

- Bella, calme-toi. Arrête de raconter n'importe quoi, me coupa-t-il.

- ALORS QUOI, JAKE ?

- Alors … ben euh …

- Dégage. Tu m'énerves là.

Il m'adressa un regard suppliant et compatissant.

- Ma pauvre chérie, la fièvre te fait délirer. Couche-toi, je vais te chercher un truc.

- JACOB, DEGAGE MAINTEANT ! hurlai-je en lui balançant mon oreiller dans la figure.

Il prit l'oreiller dans ses mains, le posa sur le bord du lit et quitta la pièce sans même m'adresser un regard.

Après cet épisode, j'avais été, disons, chamboulée. J'avais guetté toute la journée son retour. Au bout d'une demi-heure d'attente sans résultat, je me mettais à pleurer comme une madeleine et je finissais par m'endormir. Quand je me réveillais, je recommençais mon manège. Et enfin, aux environs de 1h du matin, j'avais entendu la clé tourner. Puis je vis la lumière s'allumer sous ma porte. Il était revenu. Il ouvrit la porte de notre chambre avec douceur et vint se glisser à côté de moi sous les draps.

- Je suis désolé, me souffla-t-il à l'oreille.

- Je suis désolée aussi.

- Je t'aime, Bella, dit –il en se penchant pour m'embrasser.

Lorsque ses lèvres rencontrèrent les miennes, j'ouvris soudainement les yeux. L'hallucination était tellement parfaite que je crus qu'Edward Cullen était vraiment en train de m'embrasser. Ses cheveux d'un bronze si parfait, les courbes de son visage si bien dessiné et surtout, ces yeux verts qu'il m'était impossible de fixer sans être submergée par des sentiments dont je ne voulais plus entendre parler. Il avait les yeux fermés, m'embrassait langoureusement, passait ses mains le long de mes hanches. Il était beau. Et j'avais envie qu'il soit là.

Mais je me repris rapidement. Je clignais rapidement des yeux et mon mari remplaça mon fantasme personnel. Je rompis le baiser rapidement, gênée d'en avoir imaginé un autre à sa place. Il me fixa d'un air amoureux que j'étais incapable de lui retourner. Et cinq minutes plus tard, je fis semblant de m'être endormie pour éviter d'avoir à affronter la réalité.


Il y avait eu quelques autres scènes dans ce genre là. Mais à aucun moment je n'avais revu le visage d'Edward. Et on était samedi. Dans quelques heures il ne s'agirait plus d'un rêve. J'avais peur de le voir. Peur de savoir ce qu'il était devenu, avec qui il était, ce qu'il pensait de moi désormais. Je devais me rendre à l'évidence : je tenais bien plus à Edward Cullen qu'il ne le fallait.

Les ronflements de Jacob coupèrent ma grande réflexion. Et c'est en soupirant que je me rendormis à mon tour.


Il était dix neuf heures et quarante cinq minutes. Autrement dit, nous avions un quart d'heure de retard. Jacob gara la Mercedes flambant neuve qu'il avait récupérée au travail le long d'une trentaine d'autres, plus ou moins rutilantes, sous l'orée des bois qui entouraient la maison des Cullen. Je soupirais doucement, faisant en sorte qu'il ne m'entende pas. Cette maison me rappelait tant de souvenirs …

Mon mari prit ma main et me sourit doucement. Je savais qu'il aurait préféré être partout sauf ici. Et il me fallait avouer qu'en ce moment, je partageais son opinion. Sauf que si je me défilais maintenant, il était évident qu'il ne ferait aucun effort pour m'entrainer à l'intérieur. Alors en essayant de faire bonne figure, je sortis de la voiture et il me rejoignit rapidement en passant son bras autour de ma taille.

Nous avançâmes à pas lents vers le perron. J'entendais la musique qui résonnait à l'intérieur. Ce fut Jacob qui pressa le bouton de la sonnette. A ce moment là, j'étais morte de trouille.

On entendit quelqu'un crier « Y a quelqu'un qui sonne ! » dans toute la maison. Je ne pus m'empêcher d'esquisser un sourire en reconnaissant la voix d'Emmett. Même Jacob avait du mal à se contenir. Nous échangeâmes un regard significatif :

- On essaie de profiter ce soir ? demanda-t-il.

J'acquiesçais et mon sourire se fit plus large encore. A ce moment là, la porte d'entrée s'ouvrit, laissant le son s'échapper vers l'extérieur. Une magnifique jeune femme aux cheveux noirs hérissés et habillée par de grands couturiers nous ouvrit. Alice.

Elle était en train de parler à quelqu'un et elle ne se tourna vers nous qu'une fois qu'elle eut finit. Son sourire radieux s'estompa peu à peu en remarquant notre présence.

- Bonsoir Alice, lançai-je timidement.

J'avais bien vu qu'elle avait été déstabilisée quelques minutes mais elle nous lança, en arborant son éternel sourire :

- Jacob, Bella ! On commençait à vous attendre ! Bienvenue, entrez, entrez ! Allez-y montez, tous le monde est en haut.

Nous la remerciâmes tous les deux en même temps, et nous gravîmes les escaliers de la villa sous l'œil attentif de mon ancienne amie.

Arrivés en haut, je dois avouer que je fus bluffée. Je savais qu'Alice était folle. Mais là, je pensais sérieusement qu'elle était bonne à enfermer.

Tout le premier étage de la villa avait été réquisitionné pour la fête. Ce qui ne faisait pas moins de sept pièces entièrement décorées avec des objets assortis à chaque fois. Il y avait une pièce bleue, une rouge, une verte, une jaune, une violette, une orange et une rose. C'était juste … magnifique. Et toutes ces pièces communiquaient sur le couloir dans lequel nous nous trouvions, tout en noir et blanc au milieu duquel trônait une fontaine qui déversait des litres d'eaux inimaginables.

On se serait crus dans un compte de fées.

Je fus heureuse d'avoir sorti mes Louboutins pour l'occasion et soufflais discrètement :

- Alors là, c'est officiel, Alice a pété un câble.

Jacob rit doucement et j'entendis une grosse voix s'approcher :

- J'ai toujours dit que ma sœur avait un sérieux problème mental … Vous vous en rendez compte, seulement, maintenant ! C'est ça qui fait toute la différence !

Je ne pus m'empêcher de rire en voyant Emmett s'approcher et ce fut pire quand il écarta les bras en espérant que je lui saute dessus. Jacob me lâcha et rit lui aussi quand notre ami me fit virevolter dans les airs.

- Salut, Emmett, lançai-je quand il me reposa sur la terre ferme.

- Salut Bellaninette ! A ce que je vois, tu tiens enfin sur tes pieds …

J'allais protester mais il me fit un clin d'œil. Jacob s'approcha de lui et lui serra la main. Ils échangeaient de grands sourires. Il n'y avait pas qu'à moi qu'Emmett avait manqué.

- Ca fait vraiment longtemps, Em'. La prochaine fois, donne signe de vie, on se sentait presque seuls. Est-ce que t'imagines seulement ? Tu nous manquais PRESQUE Emmett Cullen. C'est impensable !

Ils rirent de plus belle et je ne tardais pas à en faire de même. Au bout de quelques minutes, Emmett se calma et nous admira.

- Qu'est-ce que vous êtes mignons tous les deux … Ca me donnerait presque envie de faire pareil … Oh mais j'y pense ! lança-t-il soudain en souriant de plus en plus. Rosie ? Tu peux venir s'il te plait ?

L'idiot. Il était évident qu'il avait tout planifié. Mais j'avais tout de même du mal à y croire … Emmett en couple ? C'était comme un éléphant qui s'accouple avec une souris … Im-po-ssi-ble.

Mais pourtant, une blonde sculpturale et, oh combien sexy, se dirigea vers nous et attrapa la main de notre ami avant de lui poser un baiser sur la joue. J'eus la grande surprise de voir Emmett rougir. Et je le comprenais : il s'agissait de la plus belle femme que j'avais jamais rencontrée.

- Bella, Jake. Voici Rosalie Hale. Ma petite amie. Fiancée, par la même occaz. Rose, voici Isabella et Jacob Black. C'est les amis d'enfance de mes frangins.

- Très honorée de rencontrer enfin la célèbre Madame Black, dit-elle en me souriant.

- Célèbre ? manquais-je de m'étouffer.

- Bien sûr. Jacob m'a souvent parlé de toi… Je peux te tutoyer bien sûr ?

Jacob parlé de … Hein ? Quoi ? Je glissais un coup d'œil discret vers mon mari et remarquais qu'il était tendu.

- Euh … oui bien sûr, mais est-ce que quelqu'un pourrait m'expliquer ? Vous vous connaissez ? demandai-je alors que mes yeux faisaient la navette entre Jacob et elle.

- C'est elle qui m'a confié la Mustang, Bella, m'expliqua mon mari.

- Mr Black, il me semblait avoir précisé que …

Elle ne put pas finir sa phrase.

- UNE MUSTANG ? MAIS C'EST GENIAL ! hurla Emmett. Merci Rosie, dit-il en lui claquant des milliers de bisous sur la joue.

Elle eut un petit soupir excédé mais ne put s'empêcher de rire. Jacob la rejoignit vite et moi, je restais là sans rien comprendre. Jacob parut le comprendre d'ailleurs. Il me glissa à l'oreille :

- Je crois que c'était une surprise pour son anniversaire …

Je ris alors doucement. Emmett frappa dans ses mains.

- Bon les enfants, c'est pas que je vous aime pas, mais faudrait songer à profiter de la fête. Si vous voulez bien me suivre…

Il avança dans la pièce verte et nous le suivîmes tous. Je jetais des regards soucieux autour de moi. Je reconnaissais toutes les têtes : Mike Newton, Tyler Crowley, Jessica Stanley, Eric Yorkie, même Tanya au bras d'un sublime jeune homme … Et toutes ces têtes étaient tournées vers moi et Jacob. Les souvenirs du lycée refirent surface à la vitesse de la lumière.

Je vis qu'Emmett nous entrainait dans un coin de la pièce. Et il appela tout à coup :

- Hey, frérot ! Regarde un peu qui vient d'arriver !

Une boule se forma automatiquement dans mon estomac. Plus loin, un homme tourna la tête vers celui qui l'appelait. Jacob passa son bras autour de ma taille avec une force incroyable. Et moi je le fixais, lui.

Edward Cullen était toujours aussi resplendissant. Même plus, si cela était possible. A chaque fois que je le voyais, mon cœur se mettait à marteler ma poitrine de ses battements désordonnés. Ses iris étaient … Oh mon dieu. Ses iris étaient exactement de la même couleur que la pièce. Je pense que j'aurais pu défaillir rien qu'à cette constatation. Heureusement que Jacob me tenait.

Ressaisis-toi, Bella. Tu es mariée, pas question que tu craques devant les beaux yeux de ton vieil ami.

Il fut à notre hauteur très rapidement. J'essayais de garder un sourire poli mais il m'était quasiment impossible de rester calme. Deux solutions s'offraient à moi : soit je me jetais dans ses bras tout de suite, soit je partais en courant très loin d'ici. Mon cerveau débattait cette grande question philosophique quand je vis quelque chose qui ne me plaisait, mais alors, pas du tout.

Une blonde. Voilà où était le problème. Une fichue blonde refaite qui m'avait tout l'air d'être une pétasse finie. Moi, vulgaire ? Non jamais … Sauf quand c'est mérité. Et là, c'était bien plus que amplement mérité. Mademoiselle portait une robe rose bonbon à froufrous et des talons hauts de la même couleur. Ses cheveux d'un jaune terne étaient lâchés sur ces épaules. On aurait cru à une incarnation de la poupée Barbie dans le monde des humains.

- Bonsoir vous deux, lança Edward en me tirant de mes pensées. Je suis heureux de vous voir ici. Ca faisait vraiment longtemps …

Je bafouillais un bonsoir mal assuré alors que Jacob se contentait d'acquiescer. Il paraissait énervé. Et je ne savais absolument pas pourquoi.

Edward nous fixa pendant quelques instants et, remarquant qu'aucun de nous deux ne faisaient des efforts pour lancer la conversation, continua :

- Je voudrais vous présenter Lauren, ma fiancée. Lauren, voici Bella et Jacob Black. Ce sont mes amis d'enfance.

Ainsi Barbie avait un Ken. Berk. Edward était tombé bien bas. Tête-de-poisson (il lui fallait bien un surnom représentatif non ?) ouvrit sa grande bouche bariolée comme pour manifester une émotion. Mais elle fut incapable de prononcer un mot. Comment pouvait-on se fiancer avec quelqu'un qui ne savait que faire des bulles ?

- Et ben, on vous en présente du monde ce soir ! lança Emmett. Bon, on va vous laisser discuter … Viens Rose, on va voir ce qu'Alice fabrique.

Sur ce, ils nous quittèrent, nous laissant dans une posture pour le moins … inconfortable.

Je vis que Jacob faisait un effort surhumain pour rester devant lui. Personnellement, je me contentais de mémoriser le schéma de ses mèches bronze soigneusement organisées en un style décoiffé inimitable. Dieu qu'il était beau … C'était officiel : je haïssais Lauren.

- Tu as poursuivi la mécanique, alors Jacob ? demanda Edward.

- Ouais … Je bosse dans un garage et je retape des voitures. Ca paie plutôt bien et j'adore ça. Et toi ? demanda-t-il par pure et simple politesse.

- J'ai fini mes études de droit il y a quelques mois. Et j'envisage bien de devenir procureur. Mais d'abord, j'envisage bien de me marier, dit-il en souriant béatement à sa pimbêche.

Cette dernière se mit à glousser comme une poule. Oh mon dieu … Il fallait que je parte d'ici tout de suite. Vite, un prétexte …

- Je … Je vais aller me chercher à boire. Tu veux quelque chose, mon chéri ? demandai-je à Jacob.

- Une bière, s'il te plait, ma puce.

Je tournais les talons en prenant soin de ne pas croiser les pupilles d'Edward quand je sentis quelque chose s'agripper à mon bras.

- Attends-moi ! demanda Lauren. Je t'accompagne. J'aimerais beaucoup te connaître.

Et c'est ainsi que Barbie me raconta toute sa rencontre avec Edward. J'avais presque envie de vomir. C'est avec soulagement que j'atteignis le buffet que j'avais repéré dans un coin. J'attrapais une canette de bière pour Jacob. Elle, continuait de me parler de sa vie pathétique. Bon sang, finalement elle n'était pas muette. Coupez-lui cette langue ! La laissant parler toute seule, j'attrapais une coupe et me versais un peu de champagne. Les petites bulles avaient un effet relaxant sur moi. Je fus coupée dans mon élan par une main qui se posa sur mon bras.

- Voyons Bella … Pas dans ton état !

Je me tournais, offusquée, pensant que Lauren me sortait un nouveau délire. Et c'est avec surprise que je vis Alice qui me fixait d'un air sévère. Sous le choc je posais et ma coupe et la bière de Jacob.

- Ja… Jacob t'as prévenu ? demandai-je en balbutiant.

Quand est-ce qu'il aurait pu lui dire que j'avais choppé la grippe ? Nous ne l'avions vue que quelques instants et il ne m'avait quittée à aucun moment. Et puis, je pouvais boire quand même… Ma maladie était passée et, quand bien même, ça ne faisait de mal à personne !

- Bien évidement, Bella ! Toutes mes félicitations, c'est merveilleux !

Elle me prit dans ses bras et moi, je restais là sans comprendre. Une grippe, c'est merveilleux ? On aura tout vu … J'en profitais pour récupérer discrètement ma flûte.

- Dis moi, Alice, t'as pas un peu forcé sur le champagne toi ?

- Mais non, Bella … Un tel évènement, ça mériterait presque un toast … Je vais voir si Jasper peut m'organiser ça … Lauren, je suis sûre que tu aimerais parler avec Bella de son expérience en la matière. Je sais qu'Edward attend avec impatience son premier rejeton.

Minute. Quoi ?

- Oh Bella ! Il t'arrive la même chose qu'à la grande tante d'Edward ? Mais c'est merveilleux ! Elle s'appelle comme toi d'ailleurs et elle est aussi enceinte de peu ! lança tout à bloc Lauren.

Il y eut deux détails que mon cerveau ne parvint pas à emmagasiner : premièrement, le nom de la grande tante d'Edward. Elle s'appelait Carmen, pas Bella. Et elle était bien trop vieille pour être enceinte. Et le deuxième détail … me fit hurler et laisser tomber mon champagne.

Le silence se fit tout à coup dans la pièce. Tout le monde me fixait. Lauren avait encore une fois la bouche ouverte. Et Alice s'était arrêtée sur le pas de la porte. Un léger sourire ornait ses lèvres qu'elle s'empressa de faire disparaitre quand elle remarqua que je la fixais. Un coup d'œil sur la droite me montra que mon mari était devenu livide et qu'Edward haussait un sourcil interrogateur.

- ALICE CULLEN WITHLOCK ! hurlai-je à travers la pièce. D'OU EST-CE QUE TU SORS UNE CONNERIE PAREILLE ?

Elle avança rapidement vers moi et me prit les mains.

- Bella, je suis désolée, si tu ne voulais pas que j'ébruite le fait que Jacob et toi allez devenir parents, je vais …

- MAIS JE NE SUIS PAS ENCEINTE ! T'AS RESSORTI TA BOULE DE CRISTAL EN PLASTIQUE ? continuai-je à hurler alors que tout le monde suivait l'échange avec grand intérêt.

- Mais enfin Bella ! C'est Jacob qui me l'a dit quand il a confirmé votre venue par téléphone ! Je n'invente rien ! finit-elle par s'énerver.

Je me calmais sur le champ. J'étais bien trop choquée par ce que j'avais entendu. J'étais sûre d'avoir changé de couleur. Je devais être verte. Je me sentais verte. Comment avait-il pu …

- Jacob t'as dit que j'étais enceinte ? répétai-je doucement avec une voix glaciale.

Elle recula rapidement. Elle savait très bien que j'étais beaucoup moins dangereuse quand je hurlais.

- Euh … Ben … Oui.

J'inspirais et expirais lentement pour tenter de faire le tri dans la profusion d'idées de meurtre qui étaient apparues dans mon esprit. J'allais le tuer.

Je glissais une de mes mèches qui s'était échappée de mon chignon derrière mon oreille puis me tournais en direction de mon mari. Il n'était plus là. Il restait juste un Edward complètement déboussolé. Je me dirigeai avec le plus de calme que je pouvais avoir vers lui.

- Dis-moi où il est, grondai-je.

- Euh … Bella … Je suis pas sûr que ce soit une bonne … tenta-t-il d'expliquer.

J'attrapais d'une main sa cravate, la tirant vers moi, ce qui l'étrangla quelque peu.

- Edward, ne me force pas à te faire du mal. Dis-moi où est Jacob.

- Il est parti aux toilettes, chuchota-t-il, le souffle coupé.

Je le lâchais aussitôt, ne pouvant m'empêcher de penser à la sensualité de la situation. J'aurais juste aimé l'attraper par la cravate dans une autre situation.

Je le vis alors, Jacob, sortir comme si de rien était. Je me précipitais vers lui et lui collais une gifle magistrale.

- NAN MAIS CA VA PAS BIEN DANS TA TETE ?

Il passa sa main sur la marque rouge qui s'était dessinée sur sa joue et me fixa sans comprendre.

- Où est-ce que tu as vu que j'étais enceinte ? Dans mes souvenirs, TU étais réticent à ce que je le sois. Pas moi !

- Bella chérie, je …

- Y a pas de « chérie » qui tienne, Jacob Black ! Tu te fous de moi, c'est ça ? Qu'est-ce tu avais besoin de raconter ça à Alice ? Ca t'es pas venu à l'esprit que je finirais par le savoir ?

- Mais je pensais que ça pouvait être vrai, vu ton humeur en ce moment, moi !

- ESPECE D'IDIOT ! J'avais choppé la grippe, bon sang ! Ca ne te parait pas normal d'être énervée quand un con dans ton genre me ramène une robe de pouf à la maison en m'annonçant que c'est ce que je porterais à la fête ? C'est plus fort que toi, il faut que tu le rendes jaloux ! Merde !

- Bells, je t'avais déjà dit que …

- Que quoi ? Comment j'aurais pu être enceinte de toute façon ? Je n'ai vraiment pas envie de divulguer tous les détails de notre vie sexuelle devant tous nos anciens camarades, mais tant pis, tu ne me laisses pas le choix ! Depuis que j'ai arrêté cette foutue pilule, on n'a pas couché une fois ensemble, Jacob ! Y en avait que pour tes bagnoles !

- Bella … Tu sais que je t'aime, voyons …

Je reculais de plusieurs pas, totalement dégoutée. Je sentais le regard des autres sur nous, mais je m'en fichais. Non seulement, il avait détruit la fête d'Alice mais il avait également détruit ma confiance en lui. Mes yeux s'embuèrent de larmes tout à coup, ce qu'il vit. Il s'approcha de moi, me prit les mains. Je les retirais aussitôt.

- Bella … me supplia-t-il.

- Fous-moi la paix, Jacob. Je savais qu'il ne fallait pas venir ici ce soir. Tu ne pourras jamais t'empêcher d'essayer d'être supérieur à Edward. Et ça, j'arrive plus à le supporter …

- En même temps ..., commença-t-il à s'énerver à son tour.

- Ce n'est pas le moment pour avoir cette discussion, Jake. Tu aurais du t'y prendre avant si tu avais des reproches à m'adresser. Pas au beau milieu d'une fête, merde !

Et sur ce, je tournais les talons et me réfugiais, dehors, sur une terrasse également aménagée pour l'occasion. Je pris bien soin de fermer la porte derrière moi, et m'affalais sur un siège tressé, le plus loin possible de cette porte.

C'était magnifique. Alice avait posté des bougies tout le long des rambardes, des sapins miniatures rappelant étrangement les séquoias du jardin étaient placés dans chaque coin. A l'intérieur, les conversations reprirent petit à petit, mais personne ne lança la musique.

Je fixais la nuit, au dessus des bois. Cet endroit me rappelait tellement d'évènements … Je sentis mes yeux déborder et les larmes se mirent à ruisseler le long de mes joues. Tant pis pour mon maquillage. J'avais mal. Trop mal. Il m'avait trahie et moi, j'avais marché, couru tout le temps. Jusqu'à ce qu'il finisse par m'humilier devant tous mes amis. Amis que j'avais abandonnés pour lui. J'avais été jusqu'à abandonner l'amour, le vrai pour lui. Aujourd'hui, plus encore qu'avant, je le regrettais. Edward m'avait offert une chance d'éviter ce qui m'arrivait en ce moment. Chance que je n'avais pas saisie.

J'entendis de brefs coups retentir contre la baie vitrée. Je me retournais brusquement, me jurant d'incendier celui qui avait décidé de m'importuner. Il avait déjà ouvert la porte et je vis une paire de prunelles émeraude qui me fixaient étrangement.

- Je peux venir avec toi, Bella ? demanda Edward.

Je ne répondis pas, me contentant de fixer à nouveau le vide pour pas qu'il remarque les larmes qui ne s'arrêtaient plus de couler. Je l'entendis s'approcher, tirer une autre chaise et s'assoir près de moi.

- Hey, Bella, souffla-t-il. Je suis vraiment désolé pour ce qui s'est passé tout à l'heure.

- C'est pas ta faute, répondis-je, la gorge nouée par des sanglots irrépressibles.

- Si, un peu, …

Je levais mon regard vers lui, mais ne cherchais pas à comprendre plus. Non, il n'y pouvait rien, je ne changerais pas d'opinion là-dessus.

- J'espère que vous pourrez vous remettre ensemble, continua-t-il.

- Y a comme un risque tu sais … murmurai-je.

- Vous ne pouvez pas vous séparer pour ça. Il y a tellement plus important qu'un simple mensonge, relativisa-t-il.

- Si seulement il n'y avait que ça, Edward.

- Où tu veux en venir ?

- Tu le sais très bien.

Il resta silencieux quelques minutes et glissa ses doigts entre les miens. Je ne protestais pas, les serrais même plus fort.

- C'est de moi dont vous parliez, tout à l'heure … soupira-t-il.

- C'est évident non ? Il n'a jamais digéré ce qui s'est passé en terminale. En témoigne ce qu'il a fait, ce qu'il a dit. Moi j'en souffre. Il aurait pu dire n'importe quoi pour te rendre jaloux. J'espère juste que ça ne t'affecte pas. Après tout, tu as Lauren …

- Bella, à propos de ce qu'il s'est passé l'année là …

- On est vraiment obligés de revenir dessus ?

- Oui. Sinon, comment veux tu qu'on puisse redevenir amis ?

Les larmes qui s'étaient calmées remontèrent doucement à la surface. Il voulait que l'on ne soit que de simples amis. Tant d'années à avoir espéré que ce qui s'était passé signifiait vraiment quelque chose. Tant d'années à m'être concentrée sur mon histoire d'amour avec Jacob pour ne pas le blesser en revenant vers lui. Tout ça pour ça. Il ne voulait qu'une simple amitié.

- Parce que tu veux qu'on soit amis, hein ?

- Bien sûr, Bella. Pourquoi ne le voudrais-je pas ?

Et ce fut plus fort que moi. Je mis à pleurer, encore. Cette fichue fête avait d'horribles effets sur mon canal lacrymal. Un sanglot me secoua et il me jeta un regard affolé.

- Bella, tu pleures ?

Pour toute réponse, je sanglotais à nouveau. Il se leva de sa chaise et se mit à genoux devant moi. Il me regarda pendant quelques secondes, dans les yeux.

- Bella, je … tenta-t-il d'expliquer.

Il resta quelques secondes ainsi, cherchant ce qu'il allait bien pouvoir me dire. Puis, finalement.

- Oh, et puis merde.

Il crocheta ma nuque avec sa main libre et attira mon visage vers le sien. Je glissais doucement de ma chaise, me retrouvant à genoux en face de lui. Il jaugea la situation et approcha ses lèvres des miennes. Je fermais les yeux, voulant savourer le moment le plus possible. Et, enfin elles se rencontrèrent. Sa bouche était à la fois avide et douce. Je lui rendis son baiser avec force, y mettant toute l'ampleur de mes sentiments reflués.

Il le brisa cependant très vite, recula quelque peu.

- Je suis désolé, Bella, j'aurais pas du … dit-il en passant nerveusement sa main dans ses cheveux.

- Tais-toi, imbécile et embrasse-moi, le coupais-je en pressant mon corps contre le sien.

Il passa alors ses bras autour de ma taille tandis que mes mains fourrageaient dans ses boucles bronze. Et ses lèvres se posèrent à nouveau sur les miennes, avec toute la passion dont nous étions capables.


Ah Ah Ah. Je coupe. Oui vous avez bien lu. Je coupe. En tant que lectrice, j'aurais crié au scandale. Mais c'est tellement amusant de faire ça en tant qu'auteur ! Ne vous en faites pas, je vous soutiens dans votre cause. Mais il fallait quand même bien que je coupe quelque part, non ?

Résumons donc, Bella a fini par apprendre le mensonge de Jacob (ah bah tout de même) et Bella et Edward ont craqué (5 chapitres ... Franchement, je tiens pas longtemps).

Mes chères lectrices, la fête n'est pas finie ! Loin de là ! Au programme, du clash, de la musique et ... Et vous verrez bien =)

Quelles sont vos impressions ? Plutôt Bella/Jacob ou Bella/ Edward (quelle question facile...) ? Et Lauren dans tout ça ?

Vous en saurez plus au prochain chapitre ...

Bisous, bisous