Cela faisait déjà quelque mois que Tom était partit. Il n'avait donné aucune nouvelle à personne, avait laissé ses cheveux long, mais enlevé ses dread. Il vivait au jour le jour attendant un signe du destin. Il allait d'hôtel en hôtel, de peur qu'on le retrouve. Il était devenu méconnaissable. Les traits tirés, ses yeux autrefois rieurs étaient devenu tristes, fatigués. Il ne mangeait plus, ne dormait plus, il ne vivait pas non, il survivait. Mais c'était le prix à payer pour que son frère ne soit jamais au courant de ses sentiments, et il ne fallait pas qu'il le soit. Il imaginait déjà le regard haineux qu'éprouverait Bill envers lui et il ne pouvait pas le supporter. Il s'était donc coupé du monde, ne lisait pas les magasines, ne regardait pas lé télé ... Mais la vie finit toujours par nous rattraper, un jour ou l'autre. C'est ce qu'il s'était produit, d'ailleurs.

4h23.
Une sonnerie de téléphone.
Puis 2 ...
Et si c'était quelqu'un qui l'appelait pour lui dire que quelque chose de grave était arriver à Bill ?
Puis 3 ...
Mais non, comment aurait-ils pu le retrouver dans ce trou à rats ?
Puis 4 ...
Devait-il répondre ? La curiosité fut plus forte que tout, il répondit :

- Allô ? Dit il d'un air mal assuré, son coeur manquant de rater un battement.

- Youhou, Allô ? Tom commençait à s'impatienter, ce n'était qu'une farce. L'espace d'une seconde, il avait cru qu'enfin il aurait des nouvelles de son frère mais finalement il ...
- C'est moi. Lança quelqu'un, à l'autre bout du combiné.
- Bill ?
- Oui, oui, c'est moi.

Puis un silence s'était installé. Que voulait il ? La voix de Bill paraissait lointaine, il avait l'air tellement ... Tellement triste. Oui c'était le mot, triste.

- Comment ... Comment as tu eu ce numéro ? Demanda Tom, encore sous le choc.
- J'ai ... Regardé les relevé de banque de ta Carte Bleu, tout simplement ...

"Merde ! La Carte Bleu", pensa Tom. Comment avait il été assez bête pour s'en servir. Bill savait donc ou il était, et ce qu'il avait fait pendant tout ces mois. Mais alors ... Pourquoi n'avait il pas appelé plus tôt ?

- Ah ...
- J'ai hésité, avant de t'appeler tu sais. Plusieurs fois j'ai composé le numéro et puis je raccrochais à chaque fois. Je ... [La voix de Bill, faible jusque là si fit plus forte] Pourquoi t'es parti, Tom, hein ? Pourquoi tu m'as fait ça ? Pourquoi tu nous a fait ça ? Je comprends pas. Pendant des jours et des jours, je me suis posé la question ! Avais-je fait quelque chose de mal ? Qu'est ce qu'il s'est passé Tom ? Tu as pensé à moi quand tu es parti !? Tu as pensé à mon désarroi quand j'ai compris que tu t'en allais, que tu ne reviendrais pas ? J'ai espéré. Oh ça oui, j'ai espéré, chaque seconde, chaque minutes, que tu franchisses le seuil de l'hôtel, que tu reviennes en t'excusant d'être parti comme tu l'as fait, de m'avoir abandonné. Parce que c'est ce que tu as fait, Tom, tu m'as laissé. Tu nous abandonné, moi et le groupe. Tu es parti sans penser au conséquences que ça aurait sur nous. As tu au moins lu les journaux ces derniers jours ? C'est la fin, Tom. C'est ... C'est fini, on est plus rien. Et sans toi, je ne suis plus personne.

Et Bill raccrocha, sans même laisser à Tom le soin de répondre. Il en était resté sans voix ... Il avait l'impression d'avoir été égoïste ...Il avait tout laché, laissé les membres du groupe se débrouiller tout seul ... Mais il avait pensé qu'il retrouverait vite un guitariste, aussi bon que lui ...

Il n'avait pas osé le rappeler. Il passa la nuit à réfléchir à ces derniers mois, ce qu'ils s'étaient passé. Il commençait tout juste à croire que l'amour qu'il avait éprouvé pour son frère était parti mais le fait d'entendre sa voix à nouveau ... Le doux son de sa voix ... Il avait compris que ce n'était pas fini. Il prit donc une solution qui le soulagea et s'endormit.

Le lendemain, Tom entreprit d'acheter tout les magasines qu'il trouverait sur Tokio Hotel, pour savoir ce qu'il s'était passé et puis ... Et puis il rentrerait et retrouverait Bill et le groupe. Et puis tout redeviendrait comme avant. La seule chose qu'il devait faire était de taire son amour, et il y arriverait. Mais plus jamais, plus jamais, il ne voulait entendre cette tristesse, cette détresse dans la voix de son frère. Il ne voulait plus l'abandonner, il voulait être avec lui, lui prouver qu'il était quelqu'un.

Il se posa un instant sur son lit et ouvrit les pages une a une. Il avait peur de ce qu'il allait découvrir, peur de savoir ce qu'avait engendré sa fuite... Et il avait eu raison de s'inquiéter. Les journaux disaient tous a peu près la même chose, et tentaient de comprendre pourquoi il s'en était allé. Certain prétendait même qu'il était aller se marier avec une fan dans le plus grand anonymat. Ca le faisait presque sourire ... Et Dieu sait que ça faisait longtemps qu'il n'avait pas ri. Mais, aussi vite que son sourire était apparu, des larmes se mirent à couler le long de sa joue. Le journal disait que Bill faisait une dépression et qu'il avait tenté de ... Nan, ça ne pouvait être possible ! Son frère n'aurait jamais tenté de se suicider ! ... Mais après tout ... Il avait eu l'air tellement désespéré au téléphone ... Tom se leva d'un bond et décida qu'il était temps pour lui de rentrer. Il ne voulait plus passer une seconde de plus loin de Bill. Comment avait-il pu être assez bête pour partir comme ça et laisser son frère qui était si fragile ...

Il prit un billet d'avion pour l'Allemagne, et pria pour retrouvé Bill en bonne santé ... Il s'inquiétait pour lui. Et s'il recommençait ? Et s'il retentait de se suicider ? Tom arrivait à tenir debout, tant qu'il savait son frère en bonne santé mais s'il venait à mourir ! Il ne se le pardonnerait jamais !

Une fois arrivé dans son pays natal, Tom prit soin de passer inaperçu. Il avait appris par un magasine que le groupe serait à Berlin. Il ne restait plus qu'à le trouver, mais comment faire ? Il pouvait toujours appeler Georg ou Gustav ... Mais il n'arrivait pas à s'y résoudre. Cepandant, au bout d'heure de recherche dans la ville, il composa le numéro du bassiste, espérant qu'il ne le jetterait pas ...

- Georg c'est moi. C'est Tom. Ca va ?
- Tu ferais bien de m'expliquer tout de suite ce que tu veux, qu'est ce que ça peut te faire, que j'aille bien ou non ?
- Pardon ...
- C'est ça, pardon. C'est trop facile, t'as bousillé ce pour quoi on s'était battu, putain !
- Je sais ... Je ... Ecoute, on en reparlera plus tard, d'accord ... Je veux juste savoir ou est Bill.
- Ca n'te regarde pas ! Laisse le tranquille.
- S'il te plait j'ai besoin de savoir.
- Tu crois pas qu'il avait besoin de savoir ou t'étais, toi pendant tout ces mois ?
- ... Tu as raison, tu as raison ... Désolée, pardon, vraiment je ... Au revoir.
- Nan attends.

Tom n'avait pas très envie de se faire engueuler encore une fois par son "ami" ... Mais quelque chose le retins, il ne pouvait pas raccrocher.

- Je vais te dire ou il est. Mais je fais pas ça pour toi. Je fais ça pour Bill, parce que je sais pas si ça t'interesse, mais il était à deux doigts de frôler la mort et je veux pas que ça se reproduise !
- Je sais, c'est pour ça que ...
- Je m'en fous. Tu te souviens de l'hôtel ou on était, la première fois qu'on est venu à Berlin ? Et ben c'est la bas qu'il est. Vas-y, et répare tes conneries.

Sur ces mots plein de froideur, Georg raccrocha, laissant Tom dans un grand désarroi. Jamais il ne l'avait entendu aussi en colère ... Ca lui avait fait mal. Il avait échoué d'accord, mais n'avait il pas droit à l'erreur, comme tout le monde ? Il rangea son téléphone dans la poche de son pantalon et se dirigea vers l'hotel que le bassiste avait mentioné. Arrivé à la récéption de l'hôtel, Tom demanda à connaitre le numéro de la chambre de son frère. Il s'attendait à ce qu'on lui refuse, par sécurité mais on lui donna, sans même le regarder.
Il monta les escalier lentement, les battements de son coeur s'accélérait au fur et à mesur qu'il s'approchait du numéro 384.
Il s'arrêta net, une fois arriver à la hauteur du numéro. Il hésitait, faisait demi-tour puis revenait sur ses pas. Et puis la porte s'ouvrit sans qu'il est besoin de frapper.

- On m'a prévenu de ton arrivé, lança Bill.