Jack arpentait les couloirs du SGC, les mains dans les poches. Ses pas ne tardèrent pas à l'emmener vers le labo de Sam. L'heure du dîner était largement dépassée et il savait pertinemment que s'il ne venait pas la chercher elle y resterait jusqu'à l'épuisement. C'était devenu une habitude depuis quelques semaines. Il soupira avant d'entrer, pensant au mois qui venait de s'écouler depuis leur retour de vacances…depuis Jolinar. Hammond leur avait donné deux missions soi-disant tranquilles. Et comme d'habitude, tranquille n'était pas un qualificatif adéquat pour les missions de l'équipe. A la première, ils avaient laissé s'échapper Linéa, une vieille folle qui se faisait appeler la destructrice de monde. Et dans la seconde ils avaient dû revivre encore et encore de pénibles moments de leur passé. Daniel en était d'ailleurs le plus chamboulé.

Le colonel entra dans l'espace purement réservé à sa femme cherchant une blague afin de la faire un peu sourire. Il la trouva endormie sur sa table de travail, la tête posée sur ses bras. Il s'approcha doucement. Posant une main délicatement dans son dos et l'autre sur la table il se pencha afin de la réveiller le plus délicatement possible. Les caméras lui importaient peu, tout le SGC était à présent au courant de leur relation et ils n'étaient pas en service.

« Carter… »

Elle bougea légèrement puis leva enfin la tête, Jack lui caressait tendrement le dos. Elle adorait ça, cela la calmait toujours. Il la vit soupirer et éviter son regard.

« Mon estomac crie famine. »

C'était bien évidemment faux, il était plus de onze heures du soir et il avait dîné avec Teal'c et Daniel.

« Je n'ai pas très faim Jack. »

« Alors allons dormir, tu veux ? »

Sans un mot elle se laissa guider vers la sortie puis suivit Jack jusque dans leurs quartiers. Ils avaient à présent une seule chambre, cela ne servait plus à rien de se cacher.

Sam eut un élan de tendresse envers son mari en entrant dans la pièce.

« Un petit doggy bag pour madame. »

En effet sur la petite table de travail étaient disposés un sandwich poulet-salade, un soda light et une coupe de gelée bleue.

« Tu veux bien essayer…pour moi ? »

Le jeune capitaine savait qu'elle devait se nourrir, elle était déjà épuisée et cela ne l'aiderait en rien de s'affamer. Et Jack était si patient avec elle. Elle se sentait coupable de lui faire endurer tout cela.

Elle mangea en silence, pendant que Jack regardait une énième rediffusion des Simpsons. Ou du moins faisait semblant, son attention était focalisée sur Sam. A minuit, ils se trouvaient dans le noir au lit dans les bras l'un de l'autre. Sam blottie contre son mari avait la tête dans le creux de son cou et un bras en travers de sa poitrine. Ce dernier l'entourait de ses bras, caressant son dos afin de l'apaiser du mieux qu'il le pouvait. Et c'est sans un mot qu'ils finirent par s'endormir, une heure du matin ayant sonné.

Deux heures plus tard, un cauchemar la réveilla. Elle s'assit en sueur sur le lit, Jack l'imita immédiatement. Il attendit patiemment que la respiration de son second se calme. Cette fois, les doux va et viens de la main du colonel ne servirent à rien. Sam était beaucoup trop secouée. Elle finit par éclater en sanglots dans les bras de son mari. Il sursauta presque lorsqu'il l'entendit enfin parler. Elle s'excusait. Jack en eut le cœur brisé, il raffermit son étreinte sachant pertinemment pourquoi elle se sentait aussi coupable.

« Shhhhh. C'est fini bébé. Je suis là, je ne bouge pas. »

Elle secoua la tête se détachant soudain de son étreinte et plongeant ses yeux dans ceux de son mari. Jack sentit son pouls s'accélérer. Elle avait ce regard perdu, qu'elle avait réussi à quitter après la mort de Jolinar.

« Je refais sans cesse ce rêve….je…je suis désolée Jack. »

« Ce n'est pas de ta faute. Ce n'est pas toi dans ce rêve tu entends ? C'est Jolinar pas toi. »

Elle hocha faiblement la tête peu convaincue. Jack sentit qu'il y avait autre chose, il reprit aussitôt.

« Et nous allons retrouver cette Linéa et l'enfermer pour de bon. Nous avons tous été bernés, pas seulement toi. Tu n'es en rien responsable. »

« Je sais… »

Jack lui répétait cela depuis la fuite de la Destructrice de Mondes et elle avait finit par quasiment l'accepter et l'admettre. Elle ne pouvait cependant s'empêcher de se sentir coupable. Mais ce n'était rien comparé à ce qu'elle éprouvait après ses rêves à propos de Jolinar. Il y avait un autre homme dans ses songes, et chaque fois qu'il y apparaissait, elle se sentait attirée par lui. Elle avait peur de mettre des mots sur cette relation tant cela lui faisait mal vis à vis de Jack. Elle avait cette horrible sensation de tromper son mari. Ce dernier avait fini par lui faire avouer ce qui la rongeait lorsqu'ils étaient au chalet. Il lui avait assuré qu'elle n'était pas responsable des souvenirs de ce serpent, que ce n'était pas elle mais une autre et qu'il ne lui en voulait pas. C'était à ses serpents qu'il vouait une rage sans nom.

Il posa délicatement ses mains de chaque coté du visage de sa femme plongeant son regard dans le sien. Tentant ainsi de lui insuffler tout l'amour qu'il lui portait et également un peu de force dont elle avait grandement besoin.

« Est-ce que tu m'aimes ? »

Elle parut surprise par les paroles de son colonel.

« Sam, est-ce que tu m'aimes ? »

Sam posa son front contre celui de Jack et soupira. Les mots étaient bien trop faibles lorsqu'il s'agissait des sentiments qu'elle lui portait. Cela aurait dû lui faire peur. Bien au contraire c'était cette force entre eux qui lui permettait d'avancer et de tenir dans des moments comme celui là.

« Si tu savais Jack…. »

« Je le sais Carter mais je t'interdis d'en douter tu entends ? Lorsque tu te sens disparaître au profit de cette….chose. Accroche-toi à cela, à nous. »

Elle hocha de nouveau la tête et l'embrassa avec toute la passion du désespoir qui l'habitait.

« Et interdiction de se sentir coupable de quoi que ce soit. Tu n'as pas à te haïr pour des choses qui ne t'appartiennent même pas. »

Nouveau hochement de tête, les larmes étaient revenues.

« Très bien maintenant dodo. »

Ils se recouchèrent dans la même position que deux heures plus tôt. Sam une fois calmée finit par enfin lui parler.

« Comment est-ce que tu fais ? »

« Faire quoi ? »

« Pour me connaître mieux que moi-même ? »

« C'est un don je crois…je suis extrêmement doué c'est pour cela. »

Il la sentit sourire et il raffermit son étreinte.

« Et aussi parce que tout ce que tu ressens pour moi Carter….je le ressens aussi. Même si je ne te le dis pas aussi souvent que tu le voudrais. Et même si je suis un vieux colonel bourru. »

Elle embrassa son torse et ferma les yeux, totalement apaisée cette fois-ci.


Salut à tous, désolée du retard dans les posts, je suis tombée malade et j'ai aussi eu un léger blocage avec ce chapitre dont je ne suis pas trop trop fière. En tous cas merci à ceux qui me laisse des reviews et auxquels je ne peux répondre.