Helloooo ! Et voici le chapitre 11 !
Chapitre où arrive en scène… Rajan ! Le maître de Deathmask ! En espérant que ce personnage original vous plaise (ou que vous preniez un malin plaisir à le détester). Chapitre où on découvre, de son point de vue seulement, l'environnement dans lequel les futurs chevaliers du Cancer s'entraînaient mais aussi ce qui s'est à peu près passé le jour où Deathmask a obtenu son armure.
Bonne lecture !
Vimiki : merci pour ta review ! Contente que les chapitres t'aient plu ^^ Et oui c'est bien Hans qui a prévenu Shion du cas de Deathmask. Donc oui je te rassure, c'est le vrai Camus )
Svoboda : merci pour ta review ! ^^ Y'a plus de chances que ce soit Milo :) concernant l'âme de sa mère, malheureusement ce n'est pas possible qu'il la recroise de nouveau car elle s'est jetée dans le Puits donc elle est aux Enfers d'Hadès et non dans les Limbes, le royaume de Hel. Donc il ne la reverra jamais :(
- Bon retour au Sanctuaire, lâcha Camus à leur sortie du jet.
Milo ne répondit pas et se contenta de regarder les différents temples avec la main en visière. Le soleil resplendissait et une chaleur estivale avait pris place, bien qu'on ne soit encore qu'à une semaine du solstice d'été. Au loin, ils pouvaient entendre les cigales chanter.
- Oh bon dieu, ça cogne ! fit Hans derrière eux, qui n'était plus habitué au climat méditerranéen. Il avait accompagné les deux chevaliers pour donner un rapport complet et détaillé à Shion.
Ils utilisèrent la téléportation de Mû pour arriver au Palais du Pope. Là, dans la salle du trône, pratiquement tous les chevaliers d'or les attendaient ainsi que Saori Kido. Elle eut un sourire joyeux en voyant Milo. Mais ce dernier perdit rapidement en éclat quand elle vit l'urne de la Gold Cloth du Cancer sur l'épaule de Hans. Sans Deathmask.
- Milo… Je suis si heureuse de te voir…
Le Scorpion ne répondit pas et se contenta de regarder le sol, un genou à terre. Camus fit une moue : c'était la première fois depuis leur résurrection qu'il avait un regard si triste. De plus, c'était rare qu'il soit si silencieux.
- Pardonnez moi Déesse Athéna, Grand Pope… finit-il par dire. J'ai échoué dans ma mission.
- Non ne t'en fais pas, dit Shion sur un ton doux. C'est nous qui avons sous-estimé le danger. Va te reposer dans ton temple pour le moment. Dès que ce sera bon pour toi, nous pourrons parler de cette mission et de ses conséquences.
- Non !
Milo avait répondu sur un ton si brusque que cela surprit l'assemblée : jamais il n'avait osé remettre en cause une autorité quelle qu'elle soit malgré son caractère violent. Conscient du ton qu'il avait employé, il se ressaisit.
- Pardonnez moi, déesse Athéna… C'est juste que… Je me sens capable de tout raconter. Là maintenant.
Shion regarda Saori qui affichait une expression neutre.
- Si cela peut aider, tenta Hans, je peux aussi vous apporter ma version des faits. Je me sens d'attaque pour le faire.
- Bon… Très bien… finit par dire Saori. Hans je t'invite à commencer.
Et la sentinelle raconta les débuts de la mission, puis Milo enchaîna. Au fur et à mesure qu'ils parlaient, tous prirent conscience de la menace que représentait cette créature et de ses pouvoirs. Seule Saori ne disait rien, se contentant de l'écouter attentivement. Quand il eut fini, le comité avait du mal à savoir si elle était soucieuse ou non tant son visage n'exprimait aucune émotion.
- Avez-vous eu une démonstration de l'entièreté de ses pouvoirs ? demanda Shion.
- J'ai bien peur que non… Il semble très puissant. Mais le plus étrange dans cette histoire est son origine : on ne sait pas d'où il vient. Tout ce qu'on sait c'est qu'il connaît Deathmask.
- Comment se fait-il ?
- Il semblerait qu'il l'ait connu durant ses années d'entraînements.
- Mais encore ?
- Je n'en sais pas plus Grand Pope.
Milo avait décidé de passer sous silence leur nuit de confidences. Il ne voulait pas mettre à nu le Cancer devant tous ses camarades. Saori entendit Shion pousser un soupir, comme s'il était soucieux.
- Quelque chose ne va pas Shion ?
- C'est juste que… J'ignorais que Rajan avait eu d'autres disciples… Je croyais qu'il n'y avait eu que Deathmask…
Le Scorpion regarda Shion en fronçant les sourcils. Visiblement, il était bien spécial ce Rajan. Saori ferma les yeux un instant pour réfléchir puis parla :
- Vous dites que cette créature se trouvait dans le royaume de cette déesse, Hel ?
- C'est exact
- Dans ce cas… Shion, pouvons-nous en référer dans ton bureau ?
- Bien sûr,.
- L'assemblée est levée chevaliers, dit Saori.
Cette simple demande jeta un froid sur les chevaliers, comme un signe de mauvais augure.
OoOo
Les chevaliers attendirent dans l'antichambre la décision prise dans le bureau. Aucun ne disait mot. Tous se regardaient en chiens de faïence. Finalement, Aiolia craqua le premier :
- Milo ?
- Hm ?
- Ça… s'est bien passé avec Deathmask ?
Milo regarda Aiolia. Il savait qu'il n'avait pas d'arrières-pensées spécialement méchantes en disant ça. Il était curieux c'est tout. Comme tous les autres chevaliers d'or d'ailleurs.
- Oui, ça s'est bien passé, répondit-il nonchalamment.
Oui il est plus sympathique qu'il en a l'air. Oui il est doux et sensible en réalité. Et oui il a une putain de connaissance en cinéma et c'est super intéressant d'avoir une discussion avec lui à ce sujet.
Tout ça… étaient des mots que Milo aurait pu dire pour compléter sa réponse. Mais il ne le voulait pas. Il voulait garder ça pour lui. Comme pour préserver encore le cocon chaud de leur cabane
Aiolia n'insista pas et se contenta d'hocher la tête. Comme beaucoup de ses camarades, il avait été surpris et soucieux de savoir que Milo partait en mission avec l'assassin du Sanctuaire, bien qu'il comprît les raisons qui avaient poussé Shion à les mettre en duo. Cependant, il ne pouvait s'empêcher de se demander comment le courant était passé entre les deux.
Une demi-heure passa et Saori demanda mentalement à ses chevaliers de les retrouver dans la salle de trône. La réincarnation était assise sur le trône, la mine grave.
Oh ça ne sent pas bon… pensa Milo. Et il n'était pas le seul à le penser.
- Chevaliers, à l'heure actuelle, nous ne connaissons pas les réelles motivations de cette créature, envers la Gold Cloth du Cancer. Possède-t-elle un atout supplémentaire dans l'exercice de ses pouvoirs ? Cherche-t-elle seulement la revanche ? Cela est compliqué à savoir. De plus, nous ne connaissons pas non plus les réelles motivations de la déesse de la Mort, Hel, fille de Loki. Néanmoins, compte tenu de ce que nous a raconté notre ami le chevalier du Scorpion, il ne semble qu'elle ne soit pas un danger, en vue de l'aide qu'elle lui a apportée.
Un silence se fit et Saori reprit la parole.
- Pour l'instant, nous avons décidé avec Shion de rechercher dans les archives du Sanctuaire quel est le lien entre cette créature et la Gold Cloth du Cancer mais aussi sur l'environnement de ce royaume des morts grâce aux nombreux documents qu'Hilda de Polaris nous a donnés. Entre temps vous vous relierez pour surveiller la Gold Cloth dans son temple.
Les chevaliers acquiescèrent et l'assemblée prit fin et Athéna en profita pour détailler à ses chevaliers d'or le plan qu'ils avaient prévu pour leur Sanctuaire.
- Il faudra vous relayer pour deux choses. D'une part chercher dans les archives et d'autre part surveiller l'urne du Cancer. Pour que cela puisse se mettre en place : une personne sera dédiée pour chercher dans les archives tandis que quatres autres personnes se relayeront pour l'urne ; deux la journée, deux le soir. Nous commençons dès ce soir pour le tour de garde…
- Je veux bien faire le premier round, déclara subitement Milo.
Saori le regarda, très surprise.
- Milo, je ne suis pas sûr que tu sois en état, dit Shion.
- Ça ira Grand Pope. Déesse, permettez moi de le faire.
- Hm… d'accord Milo. Mü te relèvera ensuite.
Milo s'inclina pour remercier sa déesse. Au moins qu'il serve à quelque chose.
OoOo
La nuit tombée, tous les chevaliers d'Athéna étaient réunis devant le temple du Cancer, leur déesse au centre. Même Saga était présent. Saori s'avança, tenant dans ses mains une coupelle en porcelaine blanche remplie d'eau. Flottaient en son centre une bougie et quelques lys. Habitué au langage des fleurs, Aphrodite se demanda pourquoi elle avait choisi celles qui représentaient la pureté et l'innocence pour Deathmask du Cancer. Mais il décida de mettre ses interrogations de côté : l'heure n'était pas à remuer le passé. De son côté, Camus observait son meilleur ami. Il avait une expression neutre et les sourcils froncés, le genre de regard qu'il affichait quand il ne voulait rien laisser transmettre. Mais le chevalier du Verseau ne le connaissait que trop bien : à l'intérieur de lui, il devait bouillonner.
Tout va bien ? lui demanda mentalement une voix dans sa tête
Oui oui… Je m'inquiète juste pour Milo, répondit Camus de la même manière en reconnaissant la voix de Kanon.
Je comprends… Si besoin, je suis là.
Merci Kanon.
Il tourna son regard vers le Gémeaux qui lui adressa un léger sourire. Bien qu'il en ait très envie, Camus garda son masque de glace : il ne voulait pas que Milo remarque quoique ce soit entre lui et Kanon. Ce n'était pas encore le moment pour lui avouer.
Milo, de son côté, avait le regard dans le vide. Saga l'observa également. Il se demandait comment cela s'était passé avec Deathmask, comment avait été ce dernier. Il n'avait pas arrêté de culpabiliser et de ressasser ce que le Cancer lui avait avoué il y a quelques semaines. Il s'en voulait encore terriblement. Plus encore : il s'en voulait de ne pas avoir pu l'aider. Il eut un bref sursaut quand son regard croisa celui de Milo. Ce dernier avait les sourcils froncés et le regardait avec une expression neutre. Saga se demandait pourquoi il le dévisageait.
Attends… Ne me dis pas qu'il est au courant…
Il eut une lueur de peur dans les yeux et eut le sentiment en croisant de nouveau le regard de Milo que c'était le cas…
Soudain, tous les chevaliers arrêtèrent de penser quand la voix cristalline de Saori Kido s'échappa de sa gorge dans une mélodie douce. C'est comme si le monde venait de s'arrêter, comme suspendu au chant merveilleux de la déesse de la justice et de la guerre. La voix s'élevait dans les yeux. Il atteignait le cœur de chaque chevalier, chaque soldat. Tous furent émus en entendant ce chant empli d'amour et de compassion, dédié pourtant au plus terrible des chevaliers. Mais sur ce point, ils n'avaient aucune envie de contredire leur déesse. Au bout de longues minutes, la voix s'éteignit et le silence emplit de nouveau le Sanctuaire.
- Deathmask… fit de nouveau la voix de Saori. Tu étais un de mes chevaliers et pourtant tu étais celui que je connaissais le moins bien. J'étais au courant de tes méfaits, de tes crimes. Mais j'ignorais les raisons qui t'avaient poussé à cela. J'aurais aimé te connaître davantage. J'aurais aimé t'aider plus que je ne l'ai fait. Malheureusement, je ne l'ai pas fait. Et tu es mort dans l'exercice de ta fonction. Mort dans ta fidélité envers moi. Alors de tout mon coeur, je voudrais te dire merci…
Et elle versa une larme qui rebondit dans l'eau de la coupelle.
- Milo ? demanda-t-elle
- Oui ma déesse ?
- Si tu le souhaites, je t'invite à déposer cette bougie devant l'urne. En hommage à ton frère d'armes.
Milo ne répondit rien et s'exécuta. Il prit la coupelle et lentement, la déposa devant l'urne. Il resta un moment un genou à terre. Il avait du mal à réaliser ce qu'il se passait. Voilà qu'il y a quelques jours, il partait en mission avec Deathmask et voilà qu'à peine une semaine après, il l'enterrait, ou du moins symboliquement, vu qu'ils n'avaient pas son corps. En pensant à cela, il serra le poing et les dents. Une rage commençait à naître en lui. Les vagues de chagrin qui s'étaient accumulées devant le barrage de la raison le faisaient s'écrouler petit à petit. Bientôt, il n'en resta plus rien.
- C'est ridicule, dit-il en se levant.
- Qu'est ce que tu dis Milo ? demanda Shion.
Le Scorpion craquait.
- C'est ridicule cette cérémonie.
Tous les chevaliers retinrent leurs souffles : c'était la première fois que Milo manquait de respect à sa déesse.
- Il n'est pas mort ! dit-il en serrant le poing.
- Milo… nous avons cherché partout, tenta Camus en s'approchant de lui.
Mais cette fois-ci, le calme légendaire du Verseau ne parvint pas à calmer le fougueux Scorpion qui rejeta sa main d'un coup sec. Le claquement fut tellement sonore que tout le monde avait les yeux rivés vers eux.
- Il n'est pas mort. Vous vous trompez !
Et sur ce, Milo retourna dans son temple, les laissant tous en plan. Arrivé à destination, il s'appuya contre une des colonnes et se laissa tomber par terre. Bien sûr qu'il n'aurait pas dû répondre comme ça à sa déesse. Bien sûr que la cérémonie était belle et qu'il était très probable que Deathmask ne soit plus de ce monde. En réalité, Milo était surtout en colère contre lui-même. Il s'en voulait de ne pas avoir vu à quel point il allait mal, à quel point il voulait mourir. Il s'en voulait aussi d'avoir cédé à ses pulsions : si cela se trouve, cela avait heurté Deathmask de savoir qu'une nouvelle fois il baisait sans qu'on ne l'aime. Mais surtout, il s'en voulait d'avoir fait fi de sa perte de pouvoirs et d'avoir voulu continuer la mission comme si de rien n'était, pour ne pas le laisser tomber. L'expression "L'enfer est un chemin pavé de bonnes intentions" prenait tout son sens. Pour tout ça, Milo s'en voulait à mort.
S'il n'y avait pas eu tout ça… Si j'avais fait attention… Il aurait survécu.
Mais il avait beau dire "Si", il savait très bien que la réalité resterait intangible : on avait beau vouloir refaire le monde avec des "Si", ce dernier ne bougeait pas. Il finit par se recroqueviller contre sa colonne, les bras entourant ses genoux, le front collé contre ces derniers.
Pardonne moi Deathmask…
OoOo
Sicile, durant les années d'entraînement de Deathmask.
Le réveil matin en cuivre tira brusquement Rajan de son sommeil. Il grommela, se massant les yeux. Presque comme un automate, il enfila un peignoir et alla chauffer le café. Il fonça sous la douche et en ressortit dix minutes après, propre comme un sous neuf. Enfin la partie la plus intéressante du matin commençait. Il s'assit à une table de bridge. Cette dernière était située face à une fenêtre qui surplombait un petit village typiquement sicilien, perdu au milieu de cette campagne à la fois sèche et verdoyante. Un étrange paradoxe dont seuls les pays limitrophes de la mer Méditerranée avaient le secret. Leur camp d'entraînement étant situé dans les collines, il pouvait ainsi le surveiller sans problème depuis ses appartements. Il tartina deux tranches de pain avec de la pâte chocolat-noisette et entreprit de regarder le journal.
Il finit son petit déjeuner et enfila ses vêtements. Il avait troqué à tout juste 30 ans son armure de chevalier d'argent du Corbeau pour une simple tenue d'entraînement donnée par le Sanctuaire. Il se regarda dans le miroir. Il avait conscience du charme et de la prestance qu'il dégageait : de grande taille, ses épaules étaient développées et le reste de son corps supposait une musculature puissante bien qu'il apparaisse mince. Ses cheveux étaient courts et bruns, comme ses yeux. Sa barbe était taillée avec soin, avec une attention portée sur la moustache. Il finit de se peigner et eut un sourire en coin en se regardant dans la glace. Bien que son corps laissait envisager une fougue combative, tout son être respirait le calme et la confiance en lui : les gens se sentaient en sécurité auprès de lui, aimés et choyés.
Il prit son carnet de notes et sortit de ses appartements. En passant la porte, il ne put s'empêcher de regarder le masque accroché à l'entrée. C'était un rituel : à chaque fois qu'il sortait ou rentrait, il regardait ce masque représentant l'esprit de la mort dans une chefferie du Cameroun. Pour lui, il symbolisait sa fonction, agissant comme un leitmotiv : faire en sorte qu'un de ses disciples devienne le futur chevalier d'or du Cancer.
Il prit le grand escalier menant au camp d'entraînement. Ce dernier était constitué d'une grande arène sableuse ainsi que d'un vaste réseau de pièces creusées à même dans la roche, comme une immense maison troglodyte. Azur et Azan, ses deux acolytes, étaient en train de s'occuper de deux des dix disciples, Ryan et Andy. Comme c'étaient les élèves les plus énergiques et violents du camp, les jumeaux médiums leur faisaient souvent faire des exercices de tai-chi et d'arts martiaux pour canaliser leur tempérament. Il passa devant le réfectoire où quelques locaux et autres italiens avaient été engagés, moyennant leur silence contre de l'argent. Il entra dans un passage aménagé de la colline où une pièce avait été installée. Dans cette dernière, appelée "la salle de jeux", se déroulait les exercices de télékinésie : il vit que la majorité des élèves, douze au total s'il comptait Ryan et Azura, étaient dans cette pièce. Rajan prenait grand soin à ce que les pouvoirs psychiques soient correctement appris par ses élèves car il estimait qu'un chevalier du Cancer digne de ce nom devait avoir les mêmes capacités qu'un chevalier du Bélier sur ce point. Il entra dans la salle et toutes les têtes d'enfants se tournèrent vers lui.
- Bonjour Maître, firent tous en coeur les élèves.
- Bonjour les enfants, répondit ce dernier sur un ton doux et chaud, avec son éternel sourire paternel.
Il s'approcha d'un des enfants qui tentait de faire léviter plusieurs cubes.
- Tu as fait beaucoup de progrès en télékinésie de ce que je vois Ezekiel.
- M…Merci maître… répondit timidement ce dernier, avec le sourire de l'enfant heureux de voir un parent fier de lui.
Se disant qu'il allait prendre en charge l'enfant pendant la matinée afin de parfaire ses techniques, Rajan continua de lui parler :
- Est-ce que tu serais prêt à faire plus d'efforts aujourd'hui ?
- Oh oui maître !
- Alors suis-moi.
Ils quittèrent la pièce pour se rendre dans la chambre du petit. Chaque élève avait sa chambre, soit une pièce d'à peine 5m2, creusé à même dans la colline rocheuse. L'humidité y était constante, mais Rajan estimait que c'était bon pour les élèves afin de parfaire leur force psychique.
Ezekiel s'assit sur le lit et attendit que son maître lui donne les directives.
- Bon, ferme les yeux et concentre-toi maintenant sur ton environnement. Tente de le représenter et de le visualiser.
L'enfant s'exécuta et tenta de reproduire la chambre dans sa tête. Petit à petit, il vit une forme de couleur argentée se distinguer dans les ténèbres : c'était le cosmos de son maître. Il se concentra et le cosmos vint reproduire la forme humanoïde de son porteur. Puis des lignes rouges se tracèrent dans le noir, représentant la chambre dans laquelle il se trouvait.
- Ça y est, je vois ma chambre.
- Très bien. Maintenant, fais-en sorte que ton esprit quitte cette chambre.
Ezekiel fronça les sourcils, signe de l'important effort psychique qu'il tentait de mettre en place. Il savait que séparer l'âme de son corps était une étape essentielle s'il voulait acquérir l'armure d'or du Cancer. Il redoubla d'effort et les lignes bougèrent. Désormais, elles étaient en ligne droite, comme dans un couloir.
- Je suis dans le couloir.
- Parfait. Continue maintenant. Va dans les autres pièces, entendit-il dans les ténèbres.
L'enfant voyait des formes bouger dans la salle réservée au réfectoire : cela devait être les habitants du village qui devaient préparer le repas. Il tentait de les distinguer très clairement quand il ressentit une cosmo-énergie particulièrement malveillante en provenance de la salle de jeux. Intrigué et ressentant soudainement une légère peur, il entreprit d'aller voir ce que c'était.
En voyant les sourcils de l'enfant se froncer davantage et de la chair de poule apparaître sur la peau, Rajan intervint :
- Que se passe-t-il ?
L'enfant ne répondit pas. Toutefois, Rajan le vit haleter de peur et ses membres se raidir.
- Ezekiel ? Réponds moi.
Le dénommé ouvrit ses yeux remplis d'effroi.
- Ils…. ils sont tous morts.
- Quoi ?…
- Mes camarades… Ils sont tous morts….
Alerté, Rajan se rendit compte que des hurlements parvenaient de l'extérieur de la chambre. Lentement, il se tourna et s'avança vers la porte. Mais il eut à peine le temps de mettre la main sur la poignée que la porte vola en éclat et le projeta violemment contre le mur.
Il finit par se réveiller, complètement sonné. Ses oreilles bourdonnaient et il était incapable d'entendre le moindre son. Il mit la main à sa tempe gauche et vit malgré sa vue brouillée qu'il saignait. Il se releva tant bien que mal et dû s'appuyer contre le mur rocheux pour ne pas tomber. Il finit par arriver à la salle de jeux et vit une scène d'horreur : tous les élèves étaient morts. Leurs os étaient brisés et ils gisaient dans des mares de sang comme des pantins désarticulés. Certains n'avaient même plus de yeux… Rajan regarda avec effroi les orbites vides dégoulinantes de sang.
- Rajan ! Rajan ! Fit une voix dans sa tête.
- A… Azan ?
- Oh déesse merci tu es en vie ! On va bien avec Azur. On a survécu.
- Il s'est passé quoi ?
- J'en sais rien… On vient juste de sortir des décombres.
L'idée qu'ils aient subi une attaque jaillit dans l'esprit de Rajan qui venait brusquement de reprendre pied dans la réalité. Malgré son état, il se mit à courir en direction de la salle hautement gardée d'habitude : celle où se situait l'urne de la Gold Cloth du Cancer.
En chemin, il se retint de ne pas voir dans la chambre d'Ezekiel mais il devina en l'absence de cosmo énergie que l'enfant était mort lui aussi. Il arriva essoufflé devant la salle et retint un haut les corps en voyant les soldats complètement éventrés et désarticulés.
Il poussa la porte et entra dans la salle.
Tout était plongé dans le noir. Seul le bruit d'une respiration laborieuse parvenait à ses oreilles. Il prit une torche et l'alluma. Ce qu'il avait devant les yeux le titanisa immédiatement. Il ouvrit la bouche et ne put articuler que ces mots :
- Qu'as tu fais ?…
Deathmask, alors âgé de 13 ans, le regardait sans rien dire avec un regard neutre. Des larmes de sang coulaient de ses yeux et il semblait épuisé. Mais détail plus important encore.
Il portait la Gold Cloth du Cancer.
- Deathmask… qu'as tu fais ?
OoOo
Les Limbes, quelques jours après le retour de Milo au Sanctuaire
Rajan fumait une cigarette quand il repensa à cette scène du passé. Il écrasa le mégot et passa sa main dans ses cheveux bruns, désormais piqués de quelques cheveux blancs. Les années étaient passées mais elles n'avaient rien enlevé à son charme, ni à sa prestance.
Il se leva et quitta la salle du réfectoire, s'engageant dans les tunnels tortueux de cette reproduction de l'ancien camp d'entraînement. Il se plaça devant une chambre, inspira un coup, et entra.
Deathmask était allongé sur le lit, encore endormi. Pendant un temps, Rajan s'appuya contre la porte et l'observa. Il eut un sourire de nostalgie en repensant à l'enfant qu'il avait vu grandir et qui était désormais un beau jeune homme. L'observé finit par cligner prestement des yeux, puis par les ouvrir franchement. Comprenant qu'il n'était pas dans un lieu familier, il se redressa d'un coup, paniqué, le souffle erratique. Il se tourna vers Rajan et ouvrit des yeux horrifiés.
- Ra…
- Bonjour Deathmask, répondit ce dernier avec son éternelle assurance.
Le Cancer regarda partout autour de lui. On ne voyait que trop qu'il était sous le choc. Rajan tenta de se rapprocher.
- Je sais. Tu as peur de moi. Peut être même que pendant tout ce temps tu en es venu à me haïr. Mais tout ce que j'ai toujours voulu, même si cela semble dur à croire, c'est t'aider. Et là, tout de suite, je pense que tu as besoin de mon aide. Tu n'as plus de pouvoirs. Ils t'ont été confisqué.Et je pense savoir pourquoi.
Plus Rajan se rapprochait de lui, plus Deathmask tremblait de peur.
- Et je crois savoir comment t'aider à les récupérer. T'aider à redevenir le chevalier du Cancer. T'aider… à revoir tes camarades. Notamment celui qui t'a accompagné dans les Limbes et qui est bien vivant dans notre monde, je te rassure : le chevalier du Verseau est venu le chercher.
Rajan avait fini par poser sa main sur l'épaule de DM dans un geste compatissant
- Alors, accepte qu'on retravaille ensemble… toi et moi… Élève et maître…
En entendant ce dernier mot, une avalanche de souvenirs douloureux se déclencha dans le cerveau de Deathmask : la mission pour surveiller Hadès, la découverte de ses origines, l'obtention de son armure…
- Dégage ! hurla-t-il
Et Rajan se retrouva projeté contre le mur. Il avait oublié que désormais DM était un adulte et qu'il était dans la force de l'âge. Il reprit ses esprits et partit à la recherche de son disciple. Ce dernier s'était enfui dans les couloirs rocheux du camp d'entraînement. Petit à petit, les souvenirs refirent surface : il savait où tourner et où se diriger. Il passa en courant devant la salle de jeux et vit enfin la sortie. Soulagé, il poussa la porte, mit un pied à l'extérieur… et se retrouva brusquement à l'intérieur. Incrédule, il reprit la porte, et encore une fois se retrouva dans les couloirs rocheux.
La terrible réalisation qu'il était bloqué dans ce lieu pour le moins étrange prit place dans son cerveau. Il entendit un bruit de pas derrière lui et vit Rajan.
- Reste calme Deathmask.
Deathmask décida de passer par un autre endroit. Il courut jusqu'au réfectoire. Il savait qu'il y avait une porte située à l'arrière des cuisines. Il la trouva, la prit… et le même phénomène se reproduit. Il s'appuya sur le mur en roche, tentant de comprendre ce qu'il se passait.
Okay donc il est fort probable qu'il ne soit pas dans leur monde. Mais du coup, s'il n'était pas dans leur monde, où était-il ? Dans les Limbes ? Il allait tenter de s'enfuir de nouveau quand il tomba sur deux êtres particulièrement singuliers : deux golems de pierre (1), les orbites illuminés par un cosmos bleu se situaient devant la porte du réfectoire, l'empêchant de passer. Deathmask les regarda et se rendit compte que de ces deux golems s'échappaient une cosmo-énergie. Il se concentra et eut le souffle coupé quand il les reconnut : c'était celles d'Azur et Azan, les deux acolytes de son maître.
- Azur ? Azan ? Mais que faites-vous ici ?... Je vous ai tué…
Les deux golems ne répondirent pas, se regardèrent et bondir sur Deathmask. Ce dernier tenta de leur échapper mais leur force était surhumaine. Ils parvinrent à l'empêcher de bouger. Deathmask donnait de violents coups de pieds et de bras pour s'échapper mais rien n'y fait. Le violent souvenir d'une situation similaire durant son enfance refit surface et il hurla davantage quand les deux golems l'amenèrent dans le couloir. Soudain, il sentit une vive piqûre au niveau de son épaule. Il tourna la tête et vit un des golems, une seringue à la main. Comprenant ce qu'il venait de se passer, Deathmask se débattit de plus belle mais le contenu injecté commença à faire effet. Sa vision devint floue et il lui sembla que ses gestes devenaient lourds. Les golems de pierre le relâchèrent et Rajan le prit dans ses bras, comme quand il était enfant.
- Je suis désolé Deathmask. Je ne voulais pas que ça commence comme ça. Mais tout ira bien maintenant. Tu es à la maison.
Deathmask sombra de nouveau dans les ténèbres.
- Tu es à la maison.
Milo…
(1) : dans la mythologie juive et la magie kabbalistique, un golem est une statue en argile contrôlée par un sorcier qui aurait placé une âme à l'intérieur pour qu'il puisse se mouvoir et accomplir le moindre des ordres du sorcier.
À suivre…
Anedcote : pour le physique de Rajan, je me suis inspirée de notre "Daddy" à tous du moment, l'acteur de The Last of us, Pedro Pascal xD. On ne va pas se mentir, la figure du daron lui va trop bien. Et c'est une figure que j'ai bien aimé travaillé avec Rajan et son influence sur les élèves.
Et oui, il y avait bien d'autres disciples avec Deathmask.
