Chapitre 21 : The Shape of Fire

Link regretta le calme relatif de son arrivée au village Goron et de l'ascension du volcan à la seconde où il parvint au sommet. A l'exception des Gardiens volants ne faisant pas le poids contre ses flèches archéonique et quelques Moblins, la route avait été tranquille.

Mais à présent, Vah Rudania se trouvait juste devant lui, gigantesque lézard mécanique brillant de corruption malsaine. Son corps souple ondulait tout autour du cratère, provoquant éboulements et coulées de lave. A ce rythme, il provoquerait l'effondrement du volcan d'Ordinn et la destruction d'une bonne partie de la région.

Link avait la désagréable impression d'avoir déjà vécu cela chez les Zora. C'était à croire que les Créatures Divines étaient conçue pour tout détruire à des kilomètres à la ronde. S'il les laissait faire, et avec un peu de chance, elles détruiraient Ganon dans la foulée. Mais le jeune homme n'avait aucune envie d'avoir la mort de milliers de personnes sur la conscience, aussi s'installa-t-il sur le monumental canon de métal noir se trouvant sur un pilier naturel.

Yunobo inspira et se glissa à l'intérieur, son bouclier orange déployé.

_ Quand Rudania passera à proximité, tu pourras tirer…. Tu n'auras qu'une seule chance, parce que le temps que je revienne, il pourrait s'énerver et te tuer.

_ Cette chose n'est pas vivante, il ne s'énervera pas à proprement parler. Ne t'inquiète pas, je vais m'en sortir, j'ai déjà fait ça.

_ Quand ?

Quand ? C'était une bonne question, mais Link avait la certitude que c'était vrai dès l'instant où les mots avaient franchis ses lèvres. Sans doute dans son passé oublié, en compagnie de Daruk. Peut-être même que la lumière de sa vie l'avait vu…

Le jeune homme soupira. Ne même pas ce souvenir de son visage, mais sentir son cœur se serrer en pensant à sa simple existence… C'était impossible de décrire ce vide absurde en lui.

Il secoua la tête et observa Rudania se promener en poussant de temps à autre un cri métallique particulièrement désagréable. La Créature Divine disparu dans le cratère pendant quelques instants. Link resta silencieux, concentré, entendant la respiration saccadée par la peur de Yunobo sortir du canon. Soudainement, Link se jeta de tout son poids sur le levier et parvint à le faire basculer, déclenchant le tir du canon. Yunobo décrivit une courbe orangée au-dessus du volcan et heurta de plein fouet Rudania, qui s'immobilisa sous le choc, à moitié sorti du cratère.

Il s'empressa d'escalader la roche aux arrêtes coupantes pour rejoindre Yunobo, juste devant la Créature Divine.

Le corps mécanique à moitié immergé dans la lave laissait échapper de la fumée par ses nombreuses articulations, plus épaisse au niveau d'une entrée un peu plus haut. Link se servi des roches pour se hisser à son niveau, suivit d'un Yunobo tremblant qui hurla de terreur sitôt que la porte se fut refermée dans leur dos.

_ Nous sommes piégés ! On va mourir !

_ Non, c'était comme ça aussi avec la Créature des Zoras. Une fois les terminaux activés, tout rentrera dans l'ordre. Dommage que Sélène ne soit pas là, elle arriverait à les trouver en une fraction de seconde…

_ C'est qui, Sélène ?

_ Une amie Zora aveugle, mais le reste de ses sens fonctionnent mieux que pour les autres gens, on en oublie qu'elle ne voit pas. Elle sentait les vibrations des terminaux et nous y a guidés, Sidon et moi. Sidon c'est un autre ami Zora.

Yunobo hocha la tête, remerciant intérieurement Link de lui raconter tout cela pour distraire son esprit. Il dégluti et se força à regarder autour de lui. L'intérieur de Vah Rudania était incliné dans l'angle où le lézard mécanique s'était arrêté en s'extrayant du cratère. Il y régnait une chaleur extrême, même pour un Goron, si forte que les murs constitué d'une étrange matière noire semblait se distordre sous son effet. L'air était brûlant, atrocement brûlant, et une lueur orangée créait des ombres d'un noir absolu terrorisant le jeune Goron.

Link posa sa main sur sa massive épaule pour le réconforter. La bénédiction du gardien du volcan le protégeait en partie de la chaleur, mais il sentait la sueur couler sur son visage, collant ses cheveux à son front et ses joues.

_ Tu es prêt, Yunobo ?

_ Je crois…

_ C'est déjà pas mal, de croire…

Le Goron esquissa un sourire incertain et s'avança avec l'Hylien en direction des entrailles de Rudania.

_oOo_

Bien loin du volcan d'Ordinn, dans des ténèbres opaques, Zelda regarda Astor s'approcher d'elle avec prudence, tentant une nouvelle fois de la repousser. Elle tendit la main devant elle et regarda une marque en triangle constitué de trois triangles plus petit apparaitre sur le dos. La Triforce, c'était ainsi que l'avait nommée la Zelda des temps anciens. Pour la plus jeune, cette Triforce était une légende venue de la nuit des temps, un cadeau des dieux n'apparaissant que dans les plus vieux contes ; et sur les emblèmes de la famille royale.

Une vive Lumière s'élança de sa paume ouverte et contraignit Astor à reculer dans une grimace hideuse.

_ Sois maudite, Zelda… Tu ne pourras pas lutter éternellement, je le vois bien… Tu t'épuises dans cet univers qui n'est pas le tien, cernée par les Ténèbres. Moi, je ne fais que me renforcer ! Le Seigneur Ganon me nourrit de sa puissance.

_ C'est plutôt lui qui s'est nourri de toi. Tu n'es rien de plus qu'une ombre, à présent, un vague vestige de ce que tu as été, qui se raccroche encore à son existence. Tu refuses de voir la vérité en face, d'admettre que ton maitre s'est servi de toi pour renaitre et qu'il n'avait aucunement l'intention de partager sa gloire avec toi.

_ C'est faux !

_ Elle dit pourtant vrai.

Astor tourna la tête et plissa les yeux devant la Lumière émise par la plus ancienne Zelda, belle et simple tout à la fois dans sa robe rose.

_ Ganon n'est rien de plus que la haine ancestrale personnifiée de l'Avatar du Néant, il est né de cette rage aveugle de détruire la Lumière, prenant corps renaissance après renaissance, accumulant sa fureur à chaque défaite. Et toi, comme l'a un temps été le démon ayant cherché à sacrifier mon âme, tu n'es qu'un outil pour cette haine.

Astor se drapa dans sa cape élimée avec un éclat de rire froid. Il tourna les talons pour s'enfoncer dans les ombres. Un symbole brodé au fol d'or étincela un bref instant sur le dos de sa cape.

Les deux Zelda se regardèrent en silence avant que la plus ancienne n'incline la tête avec un soupir profond.

_ L'histoire se répète encore et encore… Ce cycle de haine n'en finira-t-il donc jamais ?

_oOo_

Sur le volcan d'Ordinn, dans la chaleur infernale régnant à l'intérieur de Vah Rudania, Link se tordait de douleur en tenant son pied. Il avait réussi à activer deux terminaux, non sans mal. La lave entrait à l'intérieur de la Créature Divine émergeant du cratère, sans doute par une ouverte. Link avait bêtement glissé, sans même comprendre comment. Un pas de travers, un petit obstacle l'ayant fait trébucher, un glissement sous sa semelle, peu importe. Il était tombé et son pied avait touché la lave, pas assez pour le calciner, mais suffisamment pour faire fondre le cuir de sa botte et le coller à sa chair grésillant comme de la viande de sanglier sur un feu de joie. L'odeur était presque la même, aussi, mais si la première lui mettait toujours l'eau à la bouche, la seconde lui retournait l'estomac.

Il devait à Yunobo de ne pas être totalement tombé dans la substance incandescente. Le jeune Goron l'avait rattrapé et tiré à l'écart de la lave ardente.

_ Tu es blessé ! Qu'est-ce que je peux faire ! Qu'est-ce que je peux faire !?

_ Rien… ça va passer…

Mais Link en doutait. Il devait sortir de cette fournaise et faire soigner son pied, en l'état actuel des choses, il ne valait rien. La douleur troublait sa vision et faisait s'égarer son esprit. Il parvenait vaguement à se rappeler du cristal que lui avait remit l'esprit de Mipha, capable de guérir les blessures, mais il était incapable de savoir où il l'avait rangé. Cela dit, il avait tellement mal qu'il pourrait l'avoir juste sous les yeux qu'il ne le reconnaitrait pas.

_ Décidément, ça doit être vrai, cette histoire de malédiction des Héros… Vous finissez tous un jour avec un pied dans la lave…

Yunobo poussa un cri et Link se retourna en étouffant un grognement de douleur. L'élancement remontait comme une langue de feu le long de sa jambe.

Le gardien du volcan sortait de nulle part, sans un bruit. Il était toujours aussi beau, et toujours aussi triste. Il regarda Yunobo et son sourire se fit plus triste encore.

_ Tu ressembles à un très vieil ami… c'était un Goron très gentil, bien qu'un peu trouillard…

Il s détourna, comme si cette vision était trop douloureuse à soutenir pour lui. Il s'approcha de Link et passa sa main au-dessus de son pied blessé, un rouge apaisant illuminant sa paume.

_ Si tu savais le nombre de Héros que j'ai vu se brûler un pied sur mon volcan, le nombre de fois que j'ai guéri ce type de blessure…

Son magnifique visage reflétait la nostalgique lassitude de sa longue existence. Il se redressa une fois sa guérison effectuée et esquissa un léger sourire.

_ Il vous reste trois terminaux à trouver, et l'unité centrale se trouve sur le dos de la Créature… Moi… je ne peux pas rester…

_ Merci.

Le gardien inclina la tête et jeta un dernier regard douloureux à Yunobo avant de disparaitre purement et simplement.

Yunobo poussa un nouveau glapissement devant ce phénomène. Il se reprit difficilement et regarda Link en hochant la tête.

_ Ça va mieux ?

_ Oui… Je n'ai plus mal, et même ma botte est réparée.

Le jeune homme se releva avec l'aide du Goron et ils reprirent leur exploration.

Il leur fallut du temps pour trouves les trois derniers terminaux. L'un d'eux était juste face à eux, cerné par de la lave, et il fallut à Link toute son intelligence pour utiliser sa tablette Sheikah et s'ouvrir à la voix à l'aide des divers module. Lorsqu'il l'activa, il senti Rudania se remettre en mouvement. Il l'imagina s'extirper du cratère et se stabiliser au sommet du volcan, sur la caldera. La lave à l'intérieur s'écoula par les ouvertures, désertant rapidement les lieux. Le calme régnait désormais.

Yunobo regarda autour de lui et retrouva lui aussi un semblant de calme.

_ C'est finit… Rudania ne bouge plus.

_ Pas encore. Il faut relancer l'unité centrale. Si ça se passe comme pour Vah Ruta, il y aura un monstre. Et je pense que ça sera le cas, c'est ça qui a prit le contrôle des Créatures Divines et tué leurs pilotes il y a cent ans.

_ Daruk aussi ?

Link revit brièvement le sourire avenant du Goron et sa grande main lui assénant une tape colossale dans le dos. Sa gorge se noua. Il ne s'en souvenait pas, mais il avait connu ce Goron, et ce vague vestige de mémoire lui donnait envie de pleurer.

_ Oui, Daruk aussi…

Il prit la direction d'une volée de marche aménagée dans le flanc de Rudania pour rejoindre le dos de la Créature Divine, Yunobo sur les talons. Ils arrivèrent rapidement à l'air libre, balayés par les vents chauds du volcan. Le cratère fumait plusieurs dizaines de mètres plus bas. Link repéra immédiatement l'unité centrale, grosse chose ressemblant à un cœur pulsant d'une lumière orange.

_ Yunobo, tu n'es pas obligé de rester. Quand je poserais la tablette Sheikah sur cette stèle, si tout se passe comme dans Ruta, un monstre surgira. Une créature extrêmement forte, nous étions trois et nous nous en sommes sorti de justesse. Je ne veux pas te forcer à te battre contre ça. Personne ne devrait être forcé de se battre contre quoi que ce soit…

Le jeune Goron se tordit les mains. Il inspira et s'avança.

_ Je reste. Je ne te gênerais pas, je te le promets.

Link esquissa un léger sourire et posa sa tablette sur l'unité centrale. Il ne fut pas surprit de voir la lumière de l'unité principale palpiter follement. Ça avait commencé ainsi, à l'intérieur de Ruta.

_ Yunobo, prépare-toi.

Un bras décharné creva le bubon qu'était le dispositif, long, maigre, couvert d'une chair violacée, boursoufflée, dévorée par la corruption. Une face protégée par un masque lisse et imposant émergea, une massive chevelure rouge formant deux cornes hirsutes renforçant son impression de gigantisme. Le monstre s'arracha à l'unité centrale comme d'un œuf absurde.

Cette fois, l'odeur qui assaillie les narines de Link fut celle de corps brûlés, étouffante, plus âcre que celle qu'avait dégagée son pied, plus prenante. Elle faisait remonter une bile amère dans sa bouche. Il grimaça, se contraignant à la ravaler. Yunobo n'y parvint pas t se courba pour vomir. Link plongea devant lui pour le protéger du bras du monstre s'abattant sans attendre, une lame large d'un bleu brillant apparaissant dans le mouvement, heurtant le bouclier de Link. Le jeune homme fut presque surprit de voir le bois tenir le coup, gémissant à peine sous la pression.

Il ignorait où le vieil ours du plateau du Prélude avait trouvé son bouclier, mais c'était un bouclier de bonne qualité, et il ne regrettait pas de l'avoir préféré au bouclier Zora. Il repoussa le bras du monstre et cria pour l'attirer loin de Yunobo. Il tira son épée et la fit tourner au bout de son bras, scrutant la créature.

_ A nous deux.

Comme pour lui répondre, le monstre hurla et sa chevelure rouge s'embrasa. Ils se jetèrent l'un sur l'autre, lame bleu contre lame d'acier.

Link serra les dents. La force de la créature de cauchemar était bien supérieure à ce qu'il avait imaginé, le contraignant à fléchir les genoux. L'unique œil bleu du monstre, en plein centre de son masque, vira au rouge le plus inquiétant. Il se jeta sur le côté juste à temps pour éviter un rayon mortel, se relevant une fois sa roulade terminée, son épée à nouveau brandie.

Le monstre poussa un grondement sourd en agitant sa main décharnée, comme incommodé par un insecte et se retourna, délaissant Link. Le jeune homme aperçu Yunobo courir se réfugier derrière un pilier, lâchant une pierre qu'il tenait jusque là. Rudania se déplaçant sur le volcan, de nombreuses roches volcaniques essaimait sa surface. Le Goron devait en avoir lancé une sur le monstre, qui n'appréciait visiblement pas la manœuvre. Il s'éleva dans les airs et leva sa main aux doigts acérés, créant un orbe enflammé au-dessus de sa paume. La boule de feu grossit encore et encore. Avec un rugissement, la créature libéra les flammes. Elles se déversèrent sur toute la surface de Vah'Rudania, avalant tout sur leur passage. Link leva son bouclier en se demandant s'il serait suffisant, cette fois.

_ Link !

Il leva les yeux et regarda Yunobo accourir jusqu'à lui. Le Goron le poussa sur le sol et déploya son bouclier orange. Les flammes les engloutirent pendant d'interminables secondes.

Lorsqu'elles s'essoufflèrent, Yunobo roula sur lui-même pour libérer le jeune Hylien qui se releva d'un bond, l'épée au poing. Le monstre se trouvait un peu plus loin, étrangement éteint, comme épuisé par la puissance de sa propre attaque, telle une flamme ayant totalement consumé une bougie. Link s'élança sans attendre et lui asséna une pluie d'attaques, tentant d'atteindre son œil bleu. C'était ainsi qu'il avait vaincu le premier monstre, et il n'y avait aucune raison pour que ça soit différent cette fois. Mais le monstre avait conscience que son œil était son point faible, et le protégeait malgré son état apathique.

Yunobo rassembla tout son courage pour s'approcher à son tour en frappant de ses poings massifs.

_oOo_

Depuis un piton rocheux surplombant la Créature Divine, le gardien du volcan observait le combat, et ce jeune Goron lui rappelant de beaux souvenirs désormais effroyablement douloureux. Il pouvait voir sa peur malgré la distance, et pourtant il s'était lancé dans la bataille. Il avait quelque chose, ce Goron, qui attirait son attention. Il ne s'était visiblement jamais battu de sa vie, n'avait sans doute même jamais apprit, mais pourtant il faisait de son mieux. Il se pencha en avant, ne se rappelant pas à quand remontait la dernière fois que son intérêt avait ainsi été piqué.

_oOo_

Le monstre sur le dos de Rudania finit par se remettre à bouger sans que la lame de Link n'est put atteindre son œil. Le jeune homme grimaça de frustration et rangea son épée dans son fourreau dorsal.

Il recula en attrapant son arc et une flèche normale dans son carquois. Il le banda et siffla pour attirer la créature horrifique sur lui. Son œil vira une nouvelle fois au rouge alors qu'il se fixait sur lui. Le monstre se jeta en avant pour se rapprocher et Link relâcha la corde, presque calmement, comme d'autres relâchent leur souffle.

La flèche siffla dans l'air chaud et atteignit l'œil s'apprêtant à cracher son rayon mortel. Elle s'enfonça dans la surface molle et sa pointe d'acier ressorti de l'autre côté de la tête hideuse, entre les mèches de cheveux rouges.

Link encocha une seconde flèche et tira à nouveau, mettant à nouveau dans la cible. Une troisième flèche rejoignit les deux premières. Le monstre hurla en plaquant ses mains sur son visage, enfonçant davantage les flèches dans son orbite, le faisant hurler à nouveau. Son corps se tordit dans un angle improbable alors que des flammes commençaient à lécher sa chair putréfiée en dégageant une odeur qui souleva le cœur de Link. Il plaqua son bras contre son nez pour tenter d'échapper aux remugles de chair brûlée. Il regarda le monstre enfler de façon grotesque, jusqu'à finalement exploser en vomissant des flammes ardentes à l'aspect malsain.

Puis plus rien, juste le silence le plus assourdissant.

Link soupira et regarda Yunobo, blotti contre un pilier et protégé par son bouclier. Le Goron se redressa prudemment en tremblant sur ses courtes jambes.

_ Il est mort ?

Link ouvrit la bouche pour répondre, mais une autre voix le devança, profonde, un peu rocailleuse, mais surtout incroyablement chaleureuse.

_ Oui, bel et bien mort ! Merci à vous deux, infiniment, pour l'avoir vaincu, pour m'avoir libéré. Je vous en dois une !

Link se retourna et regarda l'esprit nimbé de flammes vertes se diriger vers eux, solide Goron au visage avenant malgré ses muscles impressionnant.

_ Daruk…

Link ne se souvenait pas de lui, pas plus qu'il ne se souvenait de Mipha ou des deux autres Prodiges n'ayant même pas de noms dans son esprit, mais il sentait son cœur se serrer. Il n'avait pas éprouvé cette douleur face à l'esprit de Mipha, alors qu'il savait avoir été proche d'elle. Mais ça, il l'avait oublié, ne se rappelant que de la princesse lui tournant autour ; alors que les rares souvenirs récupérés sur Daruk étaient tellement plus… simples, comme deux vieux amis partageant un repas.

_ Eh bien p'tit gars, si je m'attendais à te voir pleurer devant ma trogne !

Le jeune homme porta ses doigts à ses joues et fut surprit de les découvrir trempées. Sa poitrine se gonfla d'un sanglot qu'il ne parvint pas à réprimer alors que la douloureuse réalité s'imposait à lui. Il avait vécu cent ans plus tôt, était devenu ami avec Daruk, et son ami était mort alors que lui vivait encore.