Chapitre 23 : Hyrule Nightmares

Link resta bêtement figé, regardant sans parvenir à comprendre l'absurde horreur qui l'entourait. La Lune de Sang baignait le monde de sa lueur écarlate, malsaine, rendant la moindre ombre monstrueusement difforme. Les êtres aussi étaient monstrueusement difformes, hommes, bêtes… monstres… Mais les créatures étaient-elles vraiment des monstres comme les autres ?

Il se rappelait de sa rencontre avec le chercheur Caly, au début de son voyage, de la terreur diffuse de sa voix à la mention de ces ''Choses'' dont il semblait craindre même de prononcer le nom, de l'effroi dans ces yeux en parlant de morts marchant, bien différents des vulgaires monstres de type Stal… Link le comprenait. Il les comprenait enfin tous, ces voyageurs le mettant en garde contre les nuit de Lune de Sang.

Des cadavres de monstres en décompositions, pourvus des yeux vitreux de la mort pour ceux qui en avait encore, leur chair s'étiolant en lambeaux putrides, retenus parfois par de simples morceaux de peau ou un tendon. Des Bokoblins, des Moblins, des Lézalfos... Link les observait, l'épée au poing, alors qu'ils attaquaient avec une sauvagerie innommable les hommes avec qui il discutait quelques heures plus tôt.

Sous ses yeux, les Choses se jetaient sur l'homme avec lequel il avait discuté durant le repas, leurs corps putréfiés, boursoufflés se tordant sans entrave en des postures grotesques alors que le marchand tentait d'échapper à leur emprise. Les Choses plantèrent leurs griffes cassées et leurs crocs pourris dans le bras du malheureux, dans ses jambes, dans son corps tout entier, le déchiquetant vivant sans que quiconque puisse faire quoi que ce soit pour l'aider.

Ses hurlements ne durèrent pas longtemps, mais suffisamment pour que Link sache qu'ils le hanteraient jusqu'à la fin de sa vie. Son estomac protesta violement à l'horrible spectacle, le forçant à se courber en deux pour vomir le gruau avalé plus tôt.

Un hennissement strident le fit relever les yeux.

_ Sulkik…

Sa jument fracassait le crâne d'un monstre qui avait été un Bokoblin, le piétinant sous ses solides sabots sans pour autant parvenir à l'empêcher de bouger. Link se précipita vers sa monture et frappa le monstre de son épée, sans relâche. La Chose finit par cesser de ramper quand les sabots de Sulkik pulvérisèrent son dernier os.

Link s'appuya contre le flanc de sa monture, tremblant autant de fatigue que de terreur. Autour d'eux, le carnage se poursuivait, les hommes luttant pour leur survie, les monstres dévorant ceux qui tombaient, qu'ils soient vivants ou morts, humains ou animaux.

Le jeune homme resserra sa prise sur son épée. Il lui serait si facile de sauter sur le dos de Sulkik et de s'enfuir loin de cet enfer, mais il supposait que l'horreur était partout en cette nuit funeste. Mais abandonner les autres… Aussi longtemps qu'il en resterait un debout, il combattrait. L'épée au poing, il s'élança vers les cadavres décomposés se mouvant entre les vivants.

_oOo_

Loin de là, au bord de la rivière serpentant à la frontière de la plaine d'Hyrule, Sidon faisait tournoyer ses deux lances pour repousser les horreurs les assaillant sans relâche. Dans son dos, Sélène se battait avec fureur, couvrant ses arrières autant qu'il le faisait des siennes.

_ Il fallait qu'il y ait une Lune de Sang alors que nous sommes hors du Domaine…

_ Si la femme de Nelsine était toujours en vie, aujourd'hui, je doute qu'elle le soit encore après cette nuit.

La Zora noire arracha son trident de l'orbite d'un Moblin décomposé et fendit l'air devant elle pour dégager l'espace. Ses sens étaient saturés par la présence des ennemis, leurs grognements, les bruits de leurs déplacement, leur odeur de putréfaction couvrant toutes les autres…

_ Ils sont trop nombreux, Sidon.

_ Je m'en rends parfaitement compte, ma douce Sélène. Tu crois qu'on va mourir ?

Sélène ne répondit pas, mais ses attaques se firent plus virulentes. Non, elle ne voulait pas mourir, et plus encore, elle ne laisserait pas Sidon mourir.

Elle perçu vaguement deux présences lointaines, familières, mais ne s'attarda pas.

_oOo_

Au relais du pied de la montagne, Link regarda le tronçon d'épée restant dans sa main. Un Lézalfos avait finit par briser sa lame déjà bien abimée par ses nombreux combats. Il recula alors que la Chose avançait, jusqu'à ce que son dos heurte un pilier de bois ayant soutenu la toile du relais. Il n'en restait presque rien.

Le jeune homme se savait perdu. Cette bataille était une horreur, ni plus, ni moins. En avait-il enduré une plus atroce dans son passé oublié ? Ce qu'il ne devait surtout pas se souvenir était-il plus effroyable encore ?

Il allait mourir là, entouré de monstres qui le dévoreraient, comme ils avaient dévorés les autres.

Il ne se souvenait même pas du visage de la lumière de sa vie…

_oOo_

Bien loin de là, même les ténèbres les plus profondes étaient nimbées de rouge. Zelda sentait l'être qu'elle luttait pour retenir depuis un siècle s'agiter. Ce n'était pas la première Lune de Sang qu'elle affrontait, mais c'était bien la première fois que son ennemi remuait ainsi pour la repousser.

Elle joignit les mains en cherchant toute la Lumière en elle.

Elle la relâcha d'un seul coup, consciente que le choc en retour la laisserait épuisée. Mais qu'importe, elle ne devait en aucun cas laisser son ennemi venu du fond des âges renaitre.

Astor se jeta sur elle sans prévenir, bravant la Lumière se déversant de son corps. Il la fit basculer et la plaqua sur le sol aussi noir que le reste.

_ Trainée de la Déesse !

Zelda ferma le poing et le jeta en plein visage de son agresseur. La douleur fit vibrer ses phalanges mais elle se releva. Elle n'avait jamais été une princesse appelant son chevalier servant à l'aide, et ne comptait pas le devenir. C'était à elle de protéger son chevalier, à présent, et pour cela elle devait rester en vie.

Sa Lumière n'avait jamais été aussi vivace, et même l'ancienne Zelda observant le combat sans pouvoir s'en mêler plissa les yeux, éblouie.

Si elle avait eut autant de volonté, elle aurait épargné tant d'épreuves à son meilleur ami…

_oOo_

Link se demanda si c'était ça la mort, une vive lueur dorée envahissant soudainement le monde, puis le calme le plus doux, le plus indescriptible, aussi silencieux qu'une caresse de plume.

Pourtant il doutait que voir des cadavres affreusement mutilés fasse partie de ce que l'être humain aimait appeler ''au-delà''. Il tourna la tête à l'est et regarda le soleil déverser la lumière chaleureuse sur le monde, crevant l'horizon pour chasser les ombres de la nuit.

Les morts marchant amenés par la Lune de Sang avaient tous disparus sans laisser d'autres traces de leur passage que le carnage immonde de leur tuerie. Link se releva, sa tunique verte devenue presque entièrement rouge, de son sang, de celui des autres hommes, de celui des animaux... Ils étaient trois, en plus de Link, à avoir survécus à la nuit de cauchemar. Le gérant du relais faisait parti du nombre. Ce n'était pas sa première Lune de Sang, loin s'en faut. Comme habitué par le spectacle macabre des corps dévorés vomissant leurs viscères par des plaies béantes, il commença à siffler pour rappeler les chevaux ayant put s'échapper.

Link retrouva Sulkik et entoura son encolure luisante de sueur de ses bras, puisant dans sa chaleur et son odeur un réconfort sans pareil. Sa jument aussi avait dû affronter plusieurs nuits comme celle-ci pour avoir sut comment survivre face aux Choses, du temps où elle vivait à l'état sauvage.

Link se contraignit à se détacher d'elle et se tourna vers les trois autres, les regardant commencer à rassembler les restes de leurs camarades, les empilant comme de vulgaires morceaux de bois, aves de véritables morceaux de bois provenant des décombres du relais.

_ Pourquoi ne pas construire des relais en pierre ?

Le gérant regarda Link et esquissa un sourire sans joie.

_ On ne s'échappe pas de la pierre. Dans le temps, les relais étaient tous de pierre. A la première Lune de Sang, les voyageurs se sont réfugiés à l'intérieur, pensant échapper aux monstres comme ils le faisaient avec les Stals. Mais cette fois, ça n'a pas marché. Les Choses sont entrées et, piégés à l'intérieur, ils se sont tous fait dévorer. A ce qu'il parait, le spectacle était tellement affreux que les gens de l'époque ont préféré abandonner les ruines aux charognards et ne sont revenu qu'une fois certains que tous les restes avaient été nettoyés. Depuis, on construit les relais en toile. Tu peux trancher d'un coup d'épée la toile pour t'enfuir, pas la pierre. Mais curieusement, les marchands et les voyageurs se battent toujours ensemble lors des nuits de Lune de Sang plutôt que de prendre aveuglément la fuite. Toi-même tu es resté alors que tu aurais put t'échapper et sauver ta vie.

Link hocha la tête et s'approcha d'un cadavre dont une bonne partie du tronc et de la tête avait disparu, aidant un homme à le ramener sur ce qu'il comprenait être un bûcher en devenir.

Il admira la capacité de résilience des trois hommes avec lui, allumant le bûcher funéraire, adressant une prière à la Déesse pour leurs compagnons tombés au combat, puis aidant le gérant à vérifier la structure du relais avant de tendre une nouvelle toile tout autour. Le bois avait tenu le choc, et l'immense tête de cheval faite de planches le dominant était intacte.

A la fin de la journée, c'était presque comme si rien ne s'était passé. Link mit ses talents de chasseur à contribution et ramena des flancs du volcan d'Ordinn tout proche l'un de ces étranges oiseaux sans ailes. Il resterait avec les autres cette nuit, puis chacun reprendrait sa route dès l'aube.

Sans appétit, Link mordit dans son morceau de volaille, les yeux levés vers le volcan.

Il espérait que Yunobo, Buldo et les autres Gorons avaient réussi à survivre à la nuit. Mais eux aussi devait avoir connu d'autres Lune de Sang.

_oOo_

Au-dessus du village Goron, Yunobo regarda la lune d'un argent doux éclairer le monde de sa lumière saine, bien différente de celle de la nuit précédente. Il détestait les Lune de Sang, mais se savait chanceux d'être un Goron. Les morts marchant ne semblaient pas beaucoup aimer son peuple et préféraient les éviter.

_ Les Gorons sont surtout fait de pierre, les morts ont besoin de chair et de sang.

Le jeune Goron leva les yeux et manqua de tomber de son rocher, autant sous l'effet de la peur que de la surprise, alors que le gardien du volcan se tenait juste côté de lui.

_ Tu es vraiment un poltron…

_ Je… Désolé…

_ Ne le sois pas, ta peur te permet de rester en vie.

Le gardien esquissa un sourire à fendre l'âme avant de disparaitre, laissant Yunobo seul avec sa surprise et sa peur.

_oOo_

Quelque part dans la plaine d'Hyrule, Asahi avançait au petit galop sur son imposant Sheïtan. La lumière de la lune lui permettait de bien voir où elle allait, traversant l'immensité herbeuse d'est en ouest. Pour elle et ses Yigas aussi, la nuit précédente avait été éprouvante. Mais ce n'était ni leur première Lune de sang, ni leur dernière ; sauf si Link éliminait Ganon prochainement, ce qu'elle était bien décidé à empêcher. Si les Choses les attaquaient tout autant que les autres, les Yigas parvenaient bien souvent à s'en tirer, et elle n'avait perdu aucun hommes la nuit précédente. Mais elle avait des blessés, et refusant de les voir courir le moindre risque, elle avait renvoyé toute sa troupe au repaire de son clan, poursuivant seule sa route.

La jeune femme fit ralentir sa monture et se retourna sur sa selle pour contempler le château d'Hyrule, ses longs cheveux blancs froissés par le vent étincelant sous la lune d'argent. Elle aimait voir cette lueur d'un rose malsain entourant le palais royal, signe que le Fléau Ganon était toujours là.

Son massif cheval noir agita sa crinière rousse et reparti au trot lorsqu'elle le talonna légèrement. La plaine était infestée de Gardiens, et Asahi n'avait aucune envie de se retrouver nez à nez avec ces êtres mécaniques.

_oOo_

La journée serait pluvieuse, Link le senti à l'instant où il sorti du relais du pied de la montagne. L'air était lourd d'humidité et chargé d'une odeur de terre mouillée assez agréable. Plus que l'odeur des corps brûlés de la veille en tout cas. Après avoir prit le temps de vérifier les cuirs du harnachement de Sulkik tout en avalant un rapide petit déjeuner, le jeune homme sella sa jument et se mit en route.

Il chemina toute la journée sans rencontrer le moindre problème, ni même le moindre monstre. Grâce à un sommaire plan dessiné sur un vieux parchemin par le gérant du relais, le jeune Hylien put parvenir au relais de la forêt avant la fin de la journée, en prenant même le temps d'activer quelques sanctuaires. Sulkik avait accepté de soutenir un galop rapide durant une bonne partie du trajet.

Le relais de la forêt se trouvait à l'ouest du volcan d'Ordinn, dont la silhouette dominait la région, mais pour l'atteindre il avait fallut contourner toute la montagne par le sud, puis remonter au nord en longeant une rivière. Link se trouvait à présent dans une région dont il n'avait pas encore la carte sur sa tablette Sheikah, mais comptait bien l'obtenir dès le lendemain pour trouver la forêt Korogu qu'il recherchait. Il avait aperçut la haute silhouette orange d'une tour un peu au nord du relais, et la fille du gérant lui confirma sa présence, dans un ancien champ de manœuvres militaire depuis longtemps à l'abandon et habité par des monstres.

Link paya son repas, laissant sa jument libre de brouter l'herbe verte et grasse dans cette zone, et s'installa à l'extérieur pour manger. Ce n'était que du simple pâté de sanglier sur une épaisse tranche de pain, mais il apprécia la saveur doucement épicée. Laissant son regard dériver vers l'ouest, il regarda la silhouette du château d'Hyrule, entourée de son vague halo rosé, témoignage de la présence de Ganon. C'était là-dedans que luttait la princesse Zelda depuis cent longues années. Link sentit sa gorge se nouer, comme à chaque fois qu'il y pensait. Ça lui donnait envie de sauter en selle et de galoper à bride abattue jusque là-bas sans attendre. Ça serait de la folie, il le savait, sans le soutient de toutes les Créatures Divines, sans épée, sans rien d'autre que son courage presque suicidaire.

Les naseaux de Sulkik frôlant sa joue le firent sursauter. Il caressa l'encolure de sa jument pour la rassurer avant de s'apercevoir qu'il avait les joues mouillées de larmes.

Il ne se souvenait pas du visage de la princesse Zelda, il ne se souvenait pas de la lumière de sa vie… il avait oublié ce qu'il avait de plus précieux au monde ; et la silhouette sinistre du château corrompu par Ganon était là pour le lui rappeler.

_oOo_

Link reprit la route le lendemain, dès l'aube, réfrénant son désir de partir droit à l'ouest, vers le château, pour la tour au nord du relais. L'atteindre ne fut pas une partie de plaisir, le contraignant à abattre un à un les monstres vivants là avec ses flèches, puis à se frayer un chemin dans les ruines de l'ancien champ de manœuvre transformé en bourbier où s'enfoncer lui serait fatal.

Le jeune homme finit pourtant par parvenir au sommet et à récupérer la carte de la région si justement nommée région de la tour sylvestre. Au nord, à même pas une heure de cheval, Link pouvait voir une forêt dense envahie par la brume, sa destination sans l'ombre d'un doute. Il redescendit de la tour à l'aide de sa Paravoile et retrouva Sulkik errant tranquillement entre les arbres clairsemés bordant le chemin. Il rejoignit la forêt Korogu rapidement et scruta l'entrée, marquée par deux flambeaux. Au-delà des premiers arbres, il ne discernait rien d'autre que la brume. Le vent agitait légèrement les flammes, et parfois il lui semblait voir de petites silhouettes entre les nappes de brouillard.

_ Reste ici, Sulkik, elle ne me plait pas, cette forêt. Je ne devrais pas être long.

Le jeune homme retira ses sacoches de selle et les jeta sur son épaule pour soulager sa jument de leur poids. Il ramassa une branche à l'air solide en guise d'arme de fortune avec le sentiment d'être revenu au plateau du Prélude, là où tout avait commencé. Il hésita quelques instants avant d'embraser sa modeste arme de bois, espérant que la flamme dissuaderait les bêtes sauvages de l'attaquer.

_ En route…

Non sans une certaine angoisse, le jeune homme s'avança dans la forêt et se retrouva rapidement noyé dans la brume. En se retournant, il ne parvenait même pas à voir l'entrée de la forêt, pourtant à quelques mètres. Sa flamme tremblota sous l'effet d'une brise et s'inclina gracieusement.

Un son de grelot, lointain, le poussa à se retourner, juste à temps pour voir une petite silhouette courir entre les arbres.

Le jeune homme dégluti et se mit à avancer entre les arbres, minces silhouettes noires et décharnées dressant leurs branches vers un ciel blafard à peine visible à travers la brume.

Cette brume n'avait rien de naturel, d'ailleurs. Elle n'était pas humide comme l'était le brouillard, ni lourde comme l'était la fumée. C'était une brume irréelle, opaque, ondulant sous le souffle du vent, mais impalpable, inodore, comme si elle était là sans être là.

Link se retourna à nouveau en entendant un nouveau son de grelot, brandissant sa torche devant lui. Mais il n'y avait rien. Il se retourna pour reprendre sa route et poussa un hurlement en se retrouvant face à un immense visage déformé, la bouche grande ouverte, les yeux d'un rouge dégoulinant se détachant sur le noir de sa face.

Il lui fallut quelques instants pour réaliser qu'il s'agissait d'un arbre, juste d'un arbre avec de la sève rouge coulant de son écorce noire, qui n'était pas là l'instant d'avant.

Il se tourna à nouveau et aperçu un autre arbre, mais le premier avait disparu, comme avalé par la brume. Effrayé, le jeune homme se remit à marcher d'un pas rapide avec l'espoir de retrouver la sortie de la forêt. Elle n'était pas infinie, s'il marchait droit devant lui, il finirait par sortir !

Mais c'était bien mal connaitre ce lieu maudit. Il eut l'impression de marcher des heures entières sans pour autant apercevoir la moindre source de lumière. Et toujours ces silhouettes courant entre les arbres, ces arbres revêtant parfois des traits monstrueux, cette brume qui ne se levait pas, ce vent portant le son des grelots, faisant tressauter sa maigre flamme.

Si elle s'éteignait… Link ne voulait pas y penser.

Il se figea en se retrouvant à nouveau face à l'un de ses arbres monstrueux à la bouche tordu dans un visage d'effroi, la sève rouge coulant comme des larmes de sang et une idée glaçante lui traversa l'esprit devant cette face presque humaine…

Ces arbres étaient tous les voyageurs qui avait eut l'audace de braver la forêt, perdus à jamais dans cette brume étrange. Et lui, qui avait eut la sottise de se croire plus malin que les autres, allait finir par les rejoindre, son visage chargé d'effroi effraierait les suivants assez fous pour venir se perdre dans cette forêt de cauchemar que d'aucun surnommait les Bois Perdus.

Link se laissa envahir par le désespoir et hurla.