Hello !

Je n'avais pas mentis, quand je disais que je reprenais cette histoire. Je m'étonne moi-même. J'ai une ribambelle d'idées pour la suite (j'ai revu mon scénar, quoi que ça reste assez classique) et j'en suis très heureuse ! Comme dit précédemment, je prends de nouveau du plaisir à écrire.

Encore et toujours la même rengaine, One Piece ne m'appartient pas, malheureusement. Remercions tout de même Eiichiro Oda pour son œuvre et je vous souhaite une bonne lecture !

oOoOo

Chapitre 12 : les prémices d'une grande amitié

Prenant ma tête entre mes mains, je cache mes rougeurs en enfouissant mon visage contre mes genoux repliés. Quelques heures auparavant, je riais aux éclats dans l'infirmerie avec un Ace hilare et un médecin -Deuce, si mes souvenirs sont exacts- complètement exaspéré par notre comportement d'enfants braillards et perturbateurs.

Non seulement je trouve le temps de faire le pitre alors que je suis blessée, autant physiquement que mentalement, mais je n'ai visiblement aucune honte à oublier mes camarades restés combattre, ceux m'ayant permis de m'enfuir et de rester en vie.

Je me mords les lèvres jusqu'au sang, me sentant terriblement coupable. Si Jack avait été là, il m'aurait très probablement asséné un coup derrière la tête pour penser à de telle, je cite "sottise". Mais Jack n'est pas là, et une infime partis de moi, celle plus sombre, me souffle que je ne les reverrai sans doute jamais.

Pourtant, lorsque j'ai expliqué la situation à Ace, ce dernier m'a souri calmement, m'assurant que tout aller s'arranger. Puis, il s'est levé et a ordonné à son équipage de mettre le cap vers Lagune, l'île sur laquelle vit la famille de Jack, ainsi qu'étant l'endroit où devait se dérouler le mariage de sa fille, Mélisande.

Et maintenant, j'attends, seule, tourmentée par mes problèmes et incapable de réfléchir correctement.

- Hey ! Me fait une voix sur la gauche.

Le garçon brun se tient dans l'encadrement de la porte, il m'a amené de quoi manger, sûrement pour que je reprenne des forces. Même si, dans l'instant je ne pense pas pouvoir avaler quoi ce soit, je suis obligée d'admettre que me remplir l'estomac me ferra plus de bien que mal, surtout au vu des récents événements.

Il me faut suffisamment de force pour rester debout, et encaisser les chocs. Qui plus est, broyer du noir ne me rendra pas ce que je viens de perdre, ni ne changerai ce qui a été fait.

Frank me l'avait dit, une fois, que de rester seule face à ses problèmes n'était pas la bonne solution. Que si l'on rencontre des difficultés, il fallait en parler. Moi qui n'avait connu que la solitude, ne comptant que sur moi-même pour survivre, tomber sur un équipage de pirates soudés et qui ramassait les gamines perdus en manque d'affection m'avait grandement déstabilisée.

- Je sais pas à quoi tu penses, mais arrêtes, t'as vraiment une sale tête.

- Merci du compliment.

Il me fait un grand sourire lumineux, étirant son faciès, puis s'assoit sur une chaise, me donnant mon plateau-repas. Je le remercie d'un vague mouvement de tête, et alors que je m'apprête à manger, le pirate commence à dévorer un énorme gigot sorti d'on ne sait où sous mes yeux ébahis.

- Tu devrais manger toi aussi. Me dit-il la bouche pleine. Quand je suis triste, il n'y a que quand j'ai le ventre plein que je me sens mieux.

Enjoignant le geste à la parole, il dégomme un deuxième, puis un troisième, puis un quatrième morceaux de viande à une vitesse phénoménale. Je manque de m'étouffer de rire.

Ce pirate, et j'ignore comment cela est possible, de par son attitude singulière, à le don de me fait oublier tous mes problèmes comme par magie. Je ne saurais dire si cela est à cause de ses sourires ou juste de sa façon d'être, mais il y a quelque chose chez lui qui vous pousse à vouloir le suivre et le comprendre.

- Euh, tu diras rien, hein ? Il joint ses mains en signe de prière. J'les ai volés en cuisine, s'ils l'apprennent, Mihal et Deuce vont me faire la peau.

- Mais, c'est toi leur capitaine, non ? Demandais-je, plutôt curieuse.

- Ouais mais... disons que j'ai été interdit de m'approcher du garde manger.

- Pfff...

N'y tenant plus, j'éclate de rire. Le voir, lui, une main derrière la tête, tout gêné et un peu penaud m'achève. Faussement outré, le brun me jette l'oreiller du lit à la figure, un petit sourire amusé aux coins des lèvres.

Une sorte de chamaillerie puérile débute alors entre nous afin de savoir qui de nous deux sera le plus fort. Sans surprise, ma force est moindre par rapport à lui. Ace se jette alors sur moi quand je tente de fuir, me faisant des chatouilles au niveau des côtes.

- Arf... non... arr-ête... je... je crains les chatouilles !

- Vengeance ! S'exclame-t-il. C'est pour t'être moquée de moi !

Quand il estime avoir fini de me torturer, il me relâche, fière de lui, et moi, faisant honneur à nos gamineries, je lui tire la langue, ce qui le fait pouffer de rire. Nous sommes complètement débraillés, les cheveux en pétard, et les vêtements froissés, mais bizarrement, je me sens bien plus légère, comme si un poids venait de m'être retiré des épaules.

- Merci.

Il semble comprendre, et ne m'en demande pas plus.

- De rien ! Ça sert à ça, les amis !

Mon cœur se gonfle de bonheur. Il n'a aucune idée du cadeau qu'il vient de me faire, ni même de ce que ça représente pour moi. Mais je lui en suis profondément reconnaissante. Cette amitié n'a pas de prix, et me prouve encore une fois que, malgré toutes les barrières que j'avais érigé entre mes sentiments et le monde extérieur afin de me préserver des déceptions et de la douleur, que je ne suis pas bien différente des autres. Le besoin d'être entourée se fait ressentir.

Un ami, mon premier vrai ami. Merci Ace, merci pour tout ce que tu fais pour moi.

- Au fait... M'interrompt t-il.

- Hmm ?

Il semble réfléchir à la façon dont il compte formuler sa phrase.

- Tu as réfléchi à ce que tu voudras faire, une fois que tu les auras retrouvés ?

- Non... à vrai dire, Frank m'avait proposé de rester avec eux. J'hésite à poursuivre, n'aimant pas spécialement m'épancher sur ma condition. Je... je n'ai nulle part où aller. Pas de maison, ni de famille, rien...

- Tu... tu ne voudrais pas rester avec nous ? Enfin, si tu le veux, bien sûr !

Dans un premier temps, très surprise par sa proposition, aucun mot ne sort d'entre mes lèvres. Je ne fais qu'ouvrir puis refermer ma bouche comme un poisson dans l'eau. En réfléchissant, l'idée même de rester ne me dérange pas du tout. Je pense sincèrement que vivre avec Ace est ses compagnons de route doit être amusant, excitant et merveilleux.

Partir à l'aventure avec ces pirates, vivre librement, exactement comme je me l'étais promis, mais cette fois-ci entourée. Ça ne doit pas être trop mal...

- Je... je ne sais pas me battre Ace. Je n'ai aucune notion en navigation, et je... hum... ça ne pose pas de problèmes aux autres membres de l'équipage ?

- J'en ai bien conscience, et je ne te proposerai pas cela si je savais inenvisageable de te voir nous rejoindre. Et puis, si ça t'inquiète tant que ça, je te rappelle que je suis le capitaine, personne ne contestera mes ordres. Je pourrai aussi t'apprendre à te battre !

- Je ne comprends vraiment pas pourquoi tu fais tout ça pour moi.

Sans m'en rendre compte, mes doigts se sont crispés sur le dessus-de-lit. Ace semble aussi le remarquer.

- Il n'y a pas de raison particulière... je t'aime bien, je trouve que c'est suffisant pour t'aider. Et... tu me ressembles, un peu.

Son honnêteté me touche. N'étant pas réellement habitué à ce que l'on me dise ceci, je sens des larmes commencer à perler aux coins de mes yeux. Jamais ma mère ni mon père ne m'ont dit qu'ils m'aimaient. Et voilà que ces mots sortent de la bouchent d'un garçon rencontré il y a peu, qui ne me connaît pas, mais qui dit "bien m'aimer". L'ironie de mon sort est cruelle.

- Je sais pas ce que t'as vécu, mais je pense être capable de dire que je comprends ta douleur.

On se regarde quelque seconde dans le blanc des yeux. Nous sommes tous les deux des victimes de la vie, je l'avais compris à l'instant même où j'ai rencontré Ace. Cette lueur triste dans son regard qui ne le quitte pas, lui aussi, cache une grande souffrance interne qui guérira difficilement avec le temps.

- Ok.

- Quoi ?

- Je veux bien rejoindre l'équipage, mais tu dois m'apprendre à me battre ! Lui dis-je avec une détermination nouvelle que je ne pensais pas moi-même posséder.

- Dans ce cas, je suis heureux de te conter parmi nous. Bienvenue à bord Océane !

Ceci est le début de ma nouvelle vie. Mais avant ça, je me dois de retrouver Frank, Jack et tous les autres. Sinon, je ne pourrai jamais avancer tranquillement. Ce jour là, ce fut le sourire aux lèvres que je serrai la main de mon nouveau capitaine.

- Du coup, comment je dois m'adresser à toi ? Est-ce que je dois t'appeler capitaine ?

- En principe oui. S'il y a du monde autour de nous, je préfère que tu le fasses, mais si nous sommes seul comme maintenant, ça ne me dérange pas que tu m'appelles par mon prénom.

- Bien reçu mon capitaine !

Je me redressais pour effectuer un salut militaire, ce qui nous fit rire de plus belle.

En fin de compte, ça à du bon, de vivre...


À suivre...