Une vie de misère
Encore une fois, la journée de l'enfant de sept ans vivant dans le placard sous l'escalier au 4 Privet Drive avait été horrible. Harry avait dû se lever à cinq heures, comme tous les matins depuis deux ans, afin de faire le petit déjeuner de la famille Dursley.
Tout d'abord, il décida de préparer le petit déjeuner de Pétunia car elle se levait une demi-heure avant les deux hommes de la maison. Celle-ci préférant manger sucré le matin, ce qui était plutôt rare pour une anglaise, l'enfant sortit les confitures de fraises, d'abricots, de figues, de rhubarbe et d'oranges du réfrigérateur. Il prit ensuite une baguette de pain et la découpa afin de donner dix petites tartines qu'il beurra et recouvra ensuite généreusement de confitures. Harry les disposa sur des assiettes et y rajouta un yaourt nature sucré.
Le garçon choisit ensuite une banane, des fraises et des framboises surgelées et se rendit les fourra dans le Blender de sa tante avec un peu de crème et de lait. Une fois le smoothie de sa tante prêt, il le déposa sur la table et fit chauffer une tasse d'eau chaude dans le micro-ondes. Il la sortit en tentant de ne pas s'ébouillanter et glissa un sachet de thé vert ainsi que deux sucres dedans. Il ne comprendrait jamais comment sa tante faisait pour manger autant et ne prendre aucun gramme, voir maigrir.
Il était 5h23, tante Pétunia arriverait dans deux minutes, l'observerait pendant cinq en cherchant une erreur et le punira ensuite pour le plaisir, généralement une gifle. Son thé serra alors à la température idéale.
Mais ce matin là, alors que que sa tante descendait les escaliers et que lui se retournait vers le frigo afin d'en sortir le nécessaire pour préparer le repas des deux autres membres de la famille, Pétunia ne prit pas la peine de le regarder et s'assit directement sur sa chaise. Elle prit la tasse entre ses longs doigts et l'approcha de son visage. Et au moment où la première goutte d'eau toucha sa langue, elle se releva et se dirigea vers l'enfant qui venait de contempler cette scène avec horreur.
- Essaye-tu de me blesser en me brûlant avec mon thé ?
- N-Non tante Pé-Pétunia. Tenta de se défendre Harry.
- Et en plus tu mens ! Je vais t'apprendre ce qu'on fait aux petits monstres qui mentent. Aussitôt sa phrase terminer que la femme renversa le contenu de sa tasse sur l'enfant qui tenta tant bien que mal de ne pas crier, ce n'était rien comparé aux punitions de Vernon. Voyant le peu d'effet que l'eau chaude faisait au monstre, celle-ci décida de passer à l'étape supérieur. Elle leva sa main le plus haut possible et fracassa sa tasse rose sur le visage de l'enfant. Celui-ci se contenta de reculer de quelques pas mais aucun son ne sorti de sa bouche, seule une légère grimace barra son visage désormais ensanglanté.
Alors Pétunia décida de passer à l'étape supérieur. Il avait voulu la brûler, alors elle aussi elle le ferait. Elle alluma rapidement la gazinière et attrapa le bras de son neveu qu'elle plongea dans les flammes. Malgré les hurlements de douleur du petit, Pétunia continua sa torture quelques secondes de plus.
Lorsqu'elle le relâcha enfin, le garçon continua de gémir sur le sol. Afin de stopper ses jérémiades, tante Pétunia tira vers l'évier et l'obligea mettre le membre blessé sous le jet d'eau glacée que crachait le robinet.
«Je ne veux pas que mon Dudlinouchet fasse des cauchemars à cause de ton horrible visage, file dans ton placard garçon !»
Harry n'eut pas à se le faire dire deux fois qu'il s'enfuit en courant loin de cette femme monstrueuse. De son placard, il entendit Pétunia préparer le petit-déjeuner de son mari et de son fils tout en pestant contre lui et son inefficacité.
Lorsque Vernon descendit à son tour dans la cuisine et qu'il vit sa femme au fourneau à la place de ce foutu monstre, il demanda immédiatement à sa conjointe des explications. Explications que Pétunia lui fournit avec plaisir.
«Le monstre a essayé de me blesser en m'obligeant à boire de l'eau bouillante, alors je l'ai puni comme tu me l'as appris. De plus, j'ai remarqué que sa tignasse était particulièrement sale, hors de question qu'il contamine mon Dudley d'amour avec des poux ou autres maladies.
- Très bien ma chérie, je m'occuperai de ça avant d'aller au travail. J'en profiterai également pour punir ce monstre pour avoir essayé de te blesser.
Ne pas pleurer, ne pas pleurer… Harry se répétait inlassablement ses trois petits mots. Il s'était promit le jour de ses trois ans de ne plus pleurer. La douleur, il la connaissait par cœur. La tristesse, il n'en éprouvait plus depuis longtemps. La joie, il ne l'avait jamais connue. Le soulagement, comme si les Dursley le laisserait en éprouver. Non, il n'avait définitivement aucune raison de pleurer.
En attendant son oncle, le garçon entrepris de retirer du mieux qu'il put les morceaux de verre qui logeait désormais dans la peau de son visage. Cependant cela ne fut pas chose aisée sans miroir et sans aide.
Vingt minutes plus tard, il fut interrompu pas Vernon qui ouvrit la porte de son placard. Il prit le petit garçon par le bras et le traîna à l'étage, en passant dans le couloir, ils rencontrèrent Dudley qui s'apprêtait à aller manger. Le garçon ne fit pas attention aux deux autres et dévala les escaliers, ne voulant pas voir, ou plutôt entendre, son cousin se faire punir.
L'oncle Vernon continua tranquillement son chemin vers la salle de bain tout en traînant Harry derrière lui. Une fois la porte de la pièce fermée derrière lui, l'homme, ou devrais-je dire la baleine, assit l'enfant sur le rebord de la baignoire, prit une tondeuse électrique et commença à raser le jeune homme à blanc.
Une fois sa tâche accomplie, l'homme retourna l'enfant qui posa par automatisme ses petites mains sur la porte face à lui. Vernon retira le vieux t-shirt sale que portait Harry, prit sa ceinture et commença à fouetter le dos du garçon. C'est seulement lorsque l'enfant couvert de sang s'écroula sur le sol, ses frêles jambes ne supportant plus son poids, que l'espèce de baleine quitta la salle de bain, sans oublier d'ordonner à Harry de nettoyer la salle de bain ainsi que son visage.
Ne pas pleurer, ne pas pleurer…
Par automatisme, Harry obéit à son oncle et, une fois la pièce brillante de propreté, il s'autorisa à souffler. Il se dressa devant le miroir et retira encore quelques éclats de verre, soupirant de désespoir en réalisant qu'il ne voyait plus de l'œil droit. Lorsque sa tante lui hurla qu'il avait déjà assez flemmarder et qu'il avait intérêt à commencer ses tâches dès maintenant, il ramassa son t-shirt et l'enfila par-dessus ses blessures. Le tissu frottait sur les plaies encore ouvertes, mais il avait l'habitude maintenant, il pouvait le supporter.
Harry descendit les marches de l'escalier afin de se rendre dans la cuisine et ainsi récupérer sa liste de corvée à faire. A sa grande surprise, il ne trouva pas Pétunia. Il regarda par la fenêtre de la cuisine et ne la vit pas non plus dans le jardin. Elle devait être à l'étage. C'était sa seule chance de s'enfuir de cette horrible maison.
Mais à peine arrivé au coin de la rue qu'il tomba sur Mrs Figg qui revenait de ses courses. Il n'eut pas le temps de se cacher que cette dernière le héla pour qu'il s'arrête. Une fois à sa hauteur, la drôle de dame lui empila ses courses dans les bras et lui ordonna presque de les emmener chez elle. Et c'est avec horreur que le garçon remarqua tante Pétunia l'attendre de pied ferme devant le perron du 4 Privet Drive.
Il allait encore se faire punir.
L'enfant passa donc sa journée dans le jardin alors qu'il faisait seulement dix degrés Celsius en short T-shirt. En fin d'après-midi, il eut le privilège de participer à une chasse au monstre, Dudley et ses amis étant les chasseurs et le pauvre enfant le monstre. Encore affaiblit par ses blessures, Harry ne put aller bien vite et se fit rapidement rattraper.
C'est donc couvert de boue, de sang et de bleus que le garçon se présenta devant sa tante à 17h30. Horrifiée à l'idée que Harry puisse salir son intérieur, Pétunia le poussa à l'arrière du jardin. Pendant qu'elle déroulait le tuyau d'arrosage, Harry se déshabilla. Il savait ce qui allait suivre. La femme au visage chevalin se plaça à trois mètres du garçon afin de ne pas être éclaboussée et commença à le nettoyer.
Lorsqu'elle l'eut jugé assez propre pour rentrer dans sa maison, Pétunia ordonna au garçon de lui donner ses vêtements tout en râlant car elle serait obligée de faire une machine pour les laver, leur état étant trop dégradé pour qu'un simple jet d'eau puisse suffire à les nettoyer. Harry s'exécuta et se pressa de se sécher avec une vieille serviette de plage qui avait certainement été rongée par des souris. Une fois sec, le petit garçon courut jusqu'à son placard afin de se rhabiller.
Ensuite, Harry eut le droit de préparer le dîner des Dursley. Une fois sa mission terminée, il se dirigea vers son placard et tenta de s'y endormir. Si les Dursley avait besoin de lui ou si l'envie de le nourrir les prenait, ils sauraient le réveiller.
Ce fut donc aux alentours de vingt-et-une heure que Vernon ouvrit, défonça, la porte de son petit placard. Il prit Harry par le bras et le tira jusqu'à la cave. C'était la première fois qu'il y allait, les Dursley se servant du garage à voiture pour entreposer leur cartons remplies de babioles en tout genre, il n'avait jamais eu besoin de nettoyer le sous-sol. L'adulte le jeta à l'intérieur et, juste avant de lui calquer la porte au nez, il aboya sur Harry ;
- On va acheter un chien à Dudley, ton placard lui servira de niche alors c'est ici maintenant ta chambre.
Harry cligna des yeux quelques instants avant de se reprendre. Il tâtonna quelques instants autour de la porte jusqu'à trouver un interrupteur. Comme il l'imaginait, l'ampoule ne marchait plus. Il faisait nuit noire dans la pièce et ne pouvait donc pas se déplacer dans la pièce sans prendre le risque de tomber. Harry n'eut pas le temps de réfléchir plus longtemps sur sa nouvelle chambre que son oncle ouvrit à nouveau la porte.
- Je n'ai pas rêvé ! Tu as encore fait pousser tes cheveux sale petit … monstre !! Harry passa sa main dans ses cheveux pour vérifier les dire de son oncle et effectivement, ils étaient à nouveau là. Vernon, rouge de colère, claqua la porte. Harry entendit le bruit de ses pas qui montaient les escaliers pour les redescendre deux minutes plus tard.
L'adulte rouvrit la porte et l'enfant remarqua qu'il tenait cette fois-ci une tondeuse électrique sans fil dans sa main droite et de la gauche une lampe torche qu'il accrocha sur une étagère. Pendant que Vernon lui rasait la tête, Harry prit le temps de contempler la pièce. Celle-ci était complètement vide, seule une étagère, une vieille boite à chaussures et une tonne de poussière restaient dans la cave. Lorsque l'homme éteignit la tondeuse, Harry s'éloigna de lui afin de se coucher un peu plus loin. Mais Vernon le retint par l'épaule et l'obligea à agenouiller face à lui.
- Tu sais ce qui te restes à faire maintenant, petit insolent. Déclara l'espèce de baleine, un sourire pervers et malsain collé sur le visage.
- Non, je vous en prie mon oncle, je ferai tout ce que vous voulez, mais pas ça. Supplia l'enfant.
Ne supportant plus les pleurnicheries du garçon, Vernon ouvrit sa braguette et baissa d'un coup son pantalon et son slip et enfourna son sexe déjà dur dans la bouche de l'enfant. Celui-ci avait beau se débattre, il ne faisait pas le poids face à la force monstrueuse de ce tas de graisse, alors le garçon se laissa faire. Il avait l'habitude. Oncle Vernon lu mettait souvent son machin dans la bouche.
Harry s'était juré de ne plus pleurer, alors, malgré ses yeux qui lui criaient de les laisser recouvrir son visage de larmes, il tint sa promesse. Bientôt, son esprit se perdit dans un monde imaginaire où il pourrait vivre avec des parents aimants et serait félicité pour toutes les monstruosités qu'il savait faire. Si bien qu'il ne reprit pied qu'au moment où son oncle reprit la parole d'un ton hargneux.
- Tu ne sortiras pas d'ici tant que tu n'auras pas compris la leçon ! Cracha-t-il lorsqu'il quitta la pièce.
Cela faisait longtemps que Harry était enfermé dans cette foutue cave, il avait perdu la notion du temps, plongé continuellement dans cette obscurité désormais familière. Tout ce qu'il pouvait dire, c'est que cela faisait longtemps, mais surtout qu'il ne comprenait pas. Il ne comprenait pas pourquoi ses cheveux continuaient de pousser, encore et encore. Son oncle espaçait de plus en plus ses visites, ou en tout cela semblait être le cas pour Harry. L'adulte était visiblement agacé de comprendre que peu importe ce qu'il ferait, le petit monstre continuerait de faire pousser ses cheveux.
Désormais Harry recevait aussi la visite de sa tante qui lui apportait les restes du dîner. Harry s'arrangeait pour faire durer ses maigres provisions le plus longtemps possible, ne sachant jamais lorsque la prochaine ration lui serait donné. Il avait même parfois l'impression que Pétunia l'oubliait pendant quelques jours et se sentait donc obligée de lui apporter alors une plus grande part de nourriture.
Le garçon n'avait plus la force de se débattre ou même de crier lors des visites de son oncle. Sa seule occupation étant de marcher en rond dans la petite cave et de trébucher continuellement sur le même pied d'armoire à chacun de ses tours, d'insulter l'armoire qui se tenait sur son chemin, de ricaner et de recommencer son tour. Parfois il changeait de sens pour équilibrer la douleur de l'impact entre ses deux pieds. Et lorsqu'il n'avait plus assez d'énergie pour continuer à marcher, le garçon s'affalait sur le sol et inventait des histoires. Parfois, sans s'en rendre compte, il les inventait à voix haute et alors sa tante lui hurlait depuis l'étage de la fermer.
Mais peu à peu, ses histoires perdirent en charme. Si auparavant des images de colline verdoyante et de forêt enchantée envahissaient ses songes, il était désormais question de paysages grisonnants ou de nuits macabres. Les couleurs quittaient progressivement ses souvenirs pour ne laisser place qu'à l'obscurité.
Alors que Harry s'interrogeait encore une fois sur sa possible folie, l'unique porte de la pièce s'ouvrit sur son oncle. Comme à chaque fois, l'homme commença par pester sur sa foutue monstruosité. Il alluma ensuite la lampe torche et l'accrocha à un fil qui était accroché à l'armoire afin d'avoir les deux mains libres. Puis il démarra sa tondeuse électrique et commença à raser une nouvelle fois la tignasse de son neveu. Pendant ce temps et comme à chaque fois, Harry redécouvrit la pièce du regard et se désola de n'y voir que des murs en béton gris, de la poussière et le bois de l'armoire assombrit par le temps. En plissant les yeux, le garçon réussit à délimiter les contours du meuble, fier de réussir à y voir sans porter ses lunettes.
Une fois sa tâche terminée, son oncle enleva sa ceinture et frappa le dos de l'enfant. Harry songea qu'il devait être particulièrement énervé ce jour-là car les coups furent plus violents et puissants que les fois précédentes. Une fois défoulé, Vernon essuya sa ceinture sur un torchon qu'il emmenait toujours avec lui et la replaça dans les passants de son jeans. Mais alors qu'il levait la main pour donner quelques gifles à son neveu, la voix de sa femme parvint de la cuisine. Le repas était prêt. Vernon remonta les escaliers en râlant.
Harry fixa l'homme quitter sa «chambre» et détourna le regard face à la trop grande luminosité qui s'échappait de l'entrebâillure de la porte. Une fois à nouveau seul, il se recoucha sur le sol poussiéreux de la cave et fixa le plafond.
Puis il réalisa. Il voyait le plafond. Normalement il ne pouvait que l'imaginer, puisqu'il était entièrement plongé dans le noir. Alors Harry releva lentement son regard vers l'armoire et réalisa que son oncle avait oublié de reprendre sa lampe torche. Soudain prit de frénésie, Harry se jeta sur ses pieds et arracha la lampe de son attache.
Il commença par étudier chaque aspérité des quatre murs qui l'entourait pour ensuite observer les petites araignées se mouver sur leur fragile toile. Peu à peu, ses pas le guidèrent devant l'armoire et Harry fut soulager de découvrir qu'elle n'était pas fermée à clé. Sur le premier étage se trouvait divers outils rouillés dont son oncle avait certainement refusé de s'en séparer, sa tante avait donc dû les ranger ici. Il trouva ensuite les vieux cours que tante Pétunia avait conservé depuis sa maternelle jusqu'à son lycée.
Cependant rien aurait pu le préparer à ce qui l'attendait sur la dernière étagère. Trois boîtes à chaussures était alignées et Harry batailla un long moment pour les attirer à lui sans les faire tomber. Le moindre bruit pourrait alerter Vernon. Le garçon ouvrit la première et y découvrit une centaine de photos empilées. Toutes représentaient Lily, sa mère, parfois elle était accompagnée de Pétunia, de leurs parents ou encore de ses amies de l'école primaire. Cependant les plus étonnantes se trouvaient au fond de la boîte. Juste-là ce trouvait trois photos. Trois photos qui bougeaient.
La première représentait une jolie rousse de douze ans, qu'il identifia comme étant sa mère, d'une belle blonde du même âge et d'une charmante jeune femme qui devait les dépasser de trois ou quatre ans. Harry fut subjugué par cette adolescente de seize ans aux traits aristocratiques et à la chevelure ébène qui ondulait dans tous les sens. Pendant quelques instants, il se dit même qu'il aurait préféré que ce soit elle sa maman, elle était si belle. Pourtant l'enfant ne loupa pas la touche de folie latante qui brillait au plus profond de son regard émeraude. C'est alors qu'il réalisa que l'adolescente avait le même regard émeraude que l'iris droite de ses yeux hétéromorphe, peut-être était-ce quelqu'un de sa famille paternelle?
La seconde photo avait été prise lors du mariage de Lily et de James Potter, certainement celui qui devait être son père. Harry trouva qu'il n'avait rien en commun avec ses parents, à part peut-être le style décoiffé de son père. Même sa mère qui avait les yeux verts ne possédaient pas la même teinte que les siens, ceux de Lily étant vert pomme et non aussi sombre que l'émeraude.
La troisième photographie animée se déroulait lors de l'anniversaire de Harry et de Néville qui fêtaient visiblement leur un an en même temps si la banderole avec écrit dessus «Joyeux Anniversaire Néville et Harry» ainsi que les deux gâteaux à une bougie étaient des signes.
Au centre de la photo se tenaient trois femmes et deux enfants, les trois mêmes femmes de la première photo. La blonde tenait un bambin qui lui ressemblait déjà beaucoup, malgré son jeune âge et ses joues potelées. Celle aux cheveux noirs tenaient un bébé que Harry reconnut comme étant lui lorsqu'il n'avait qu'un an. Lily se trouvait entre elles avait passé ses bras autour de leur cou.
Derrière chacune d'entre elles, leur mari souriait à l'appareil photo. Le premier avait les mêmes yeux bleus que son fils tandis que ses cheveux étaient châtains et non blonds. Il reconnut le second comme étant encore un fois James. Harry fut subjugué par la beauté et le charisme qui se dégageaient du dernier couple. L'homme avait un regard métallique, tout comme l'iris gauche de Harry. Ses cheveux noirs étaient les mêmes que ceux de la femme, cependant il semblerait que les lui ait coiffés de telle sorte à ce qu'ils cascadent sur ses épaules. Harry se dit finalement que ces deux personnes se ressemblaient trop pour être marié, peut-être des frères et sœurs ou des cousins.
Harry replaça les photos dans la boîte et la referma avant de finalement la rouvrir pour reprendre les trois photos qui pouvaient se mouver et les plia en deux pour les cacher sous l'armoire. L'interstice la séparant du sol était assez large pour qu'il puisse y passer son bras sans pour autant laisser la place à celui de Vernon ou de Pétunia. Il l'a récupèrerai le jour où il pourrait s'enfouir de cette maison.
Le garçon ouvrit ensuite la seconde boîte et en sortie trois livres étranges portant sur des potions magiques et des incantations bizarres. Et dire que Pétunia lui criait dessus parce qu'il faisait repousser ses cheveux sans le faire exprès alors qu'elle gardait des trucs aussi bizarres dans sa cave. Le petit garçon feuilleta rapidement les ouvrages avant de les refermer brusquement et de les remettre dans leur boîte. Il ne pouvait pas se permettre de vider la batterie de la lampe sans avoir pu regarder le contenu de la dernière boîte.
Il découvrit à l'intérieur de celle-ci une enveloppe ainsi qu'une petite pile de pièce d'or.
«Ouaw! Je ne savais pas que tante Pétunia était aussi riche!» S'exclama le petit garçon d'une voix rocailleuse car peu utilisé si ce n'est pour crier de douleur. Plus habitué à parler, une toux sèche lui prit la gorge, quelques gouttes de sang se déposant sur sa main, cependant il n'y fit pas attention et se contenta de l'essuyer sur son jean.
Il ouvrit l'enveloppe déjà décachetée et en extirpa une lettre. L'écriture était fine et distinguée, mais hélas aussi très petite. Harry dut plisser les yeux à l'extrême jusqu'à ce qu'il se souvienne que son œil droit fut blessé lorsque sa tante lui avait fait rencontrer une tasse en verre et que depuis, il ne pouvait plus voir que de l'œil gauche. Alors il se concentra davantage sur cet œil- là et sa vision s'améliora peu à peu jusqu'à ce que l'écriture devienne lisible.
«Cher Pétunia,
Nous ne nous connaissons pas, mais sachez que je m'appelle Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore. Je fus un grand ami de votre sœur, Lily. Je me dois de vous annoncer qu'elle est morte durant la guerre qui faisait rage dans notre monde. Décédée en se sacrifiant afin de protéger son fils d'un sort mortel.
Vous trouverez dans la bourse ci-jointe l'argent qu'elle vous a légué dans son testament, il vous suffira de vous rendre dans une banque du nom de «Gotts Grin» dans le centre du Londres Moldu afin de le changer en Livres Sterlings.
Vous devez savoir qu'une prophétie indique Harry comme étant celui qui sauvera notre monde d'un puissant mage noir dans quelques années. Mais pour cela, il doit vivre entouré de l'amour de sa famille. Ses parents étant décédés, il ne lui reste plus que vous, chère Pétunia. J'espère que vous comprenez que nous ne pouvons pas nous permettre de lui retirer cet amour. C'est pour cela que je vous le confit, j'espère que vous l'aimerez comme s'il était votre propre fils.
J'aimerai également vous avertir que Harry ne doit pas savoir que le monde magique existe avant ses onze ans, date à laquelle je viendrai le rechercher. J'espère pouvoir compter sur votre compréhension, c'est l'avenir de toute une population qui est désormais entre vos mains.
Avec mes plus sincères condoléances,
Albus Dumbledore, président du Magenmagot, Manitou Suprême de la Confédération Internationale des sorciers et directeur de l'école de magie Poudlard.»
Pourquoi avoir gardé cette lettre ? Et les photos ? Mais la question que se posait le plus le petit garçon était plutôt, pourquoi m'avoir confié au Dursley ? Cet Albus me détestaient-ils tant que ça ? Apparemment non vu que je suis censé sauver son monde imaginaire.
Ne pas pleurer, ne pas pleurer…
Une fois ses émotions calmées, Harry relut une nouvelle fois la lettre. Il en déduisit qu'il haïssait ce Dumbledore et sa foutue prophétie et que finalement, il n'avait peut-être plus très envie de rentrer dans son école de magie. Cependant ce que Harry retint prioritairement fut qu'il n'était pas un monstre, mais un sorcier!
Puis les trois livres bizarres lui revinrent en mémoire et se pressa de les reprendre en moins. Après un très long moment d'hésitation, Harry prit celui sur les potions magiques en main et commença à en décrypter le sens. Il y avait de nombreux mots bizarres qu'il ne comprenait pas et des explications trop ardues à déchiffrer pour un enfant de son âge. C'est pourquoi après avoir lu une dizaine de page incompréhensible pour lui, le garçon reposa le bouquin dans la boîte et décida d'entamer celui s'appelant « Sortilège pour débutant». Et comme l'indiquait son titre, ce livre-là était bien plus simple à lire.
Ce fut seulement plusieurs heures plus tard que Harry dû stopper sa lecture. Non pas par envie, mais parce que sa lampe s'était soudainement mise à clignoter avant de s'éteindre définitivement. C'est alors que l'irrépressible envie de vérifier s'il était un véritable sorcier se fit ressentir. Il chercha alors au plus profond de lui cette source d'énergie qui était censé l'habiter et lui ordonna de rallumer la torche électrique. Cependant, le petit garçon n'avait pas prévu que la magie et l'électricité ne faisaient pas bon ménage, c'est donc avec surprise qu'il vit la lampe clignoter pendant quelques secondes avant de subitement prendre feu.
Pris de panique, le garçon la lança le plus loin possible et souhaita que les flammes s'éteignent. C'est alors qu'un jet d'eau sorti de ses mains et frappa le petit feu. Un soupir de soulagement lui échappa avant qu'il ne réalise qu'il avait cassé la lampe de son oncle et que si ce dernier venait à le découvrir, il ne donnerait pas cher de sa peau. Harry s'empressa donc de l'attraper du bout des doigts et de la jeter dans l'une des trois boîtes et de toutes les ranger à nouveau dans l'armoire, tout cela dans la nuit la plus totale. Le seul témoin de ce qu'il venait de se dérouler dans cette cave était l'odeur de plastique brûlé qui régnait dans la petite pièce.
Harry s'endormit peu de temps plus tard en songeant que s'il était bel et bien un sorcier, alors il pouvait bien ordonner à ses cheveux de ne plus jamais repousser.
« Je t'en supplie Magie, ne fait plus jamais pousser mes cheveux. Je t'en supplie Magie, ne fait plus jamais pousser mes cheveux. Je t'en supplie Magie, ne fait plus jamais pousser mes cheveux…» supplia-t-il jusqu'à ce qu'il plonge dans un sommeil réparateur.
C'est seulement quatre jours plus tard, quand Vernon lui rendit à nouveau visite, qu'il put observer que sa magie avait entendu sa prière. Son crâne était resté tondu à deux millimètres. Vernon sembla satisfait.
Son oncle le traîna par le bras jusqu'à la salle de bain, Harry crut qu'il allait pleurer de joie. À cet instant, peu lui importait de se taper la tête contre les marches, d'avoir l'impression que son bras allait se disloquer de son corps ou même que l'oncle Vernon allait probablement le toucher dans la salle de bain. Ce qu'il retint, c'est qu'il n'était plus dans cette maudite cave où il faisait nuit, trop nuit.
Un rire roque lui échappa, il était tellement heureux de sortir de cet enfer. Il avait l'impression d'être fou, non ce n'était pas une impression, il en était sûr. Il repensa à une torture consistant à placer quelqu'un dans une pièce entièrement blanche, l'habiller en blanc, lui donner à manger sur une assiette blanche… On avait fait la même chose avec lui, mais avec du noir. Alors oui, il devait être fou.
Vernon le jeta dans la salle de bain et le frappa jusqu'à ce que le garçon arrête de rire, ce qui n'arriva qu'un quart d'heure plus tard, Harry ne ressentait presque plus la douleur tellement son cerveau était épuisé et habitué à ce signal d'alarme que lui envoyait ses nerfs. Son rire ne se stoppa que lorsque Harry s'aperçut dans le reflet du miroir. Les cicatrices qui recouvraient la moitié droite de son visage avait cicatrisé. Pourtant, habituellement, lorsqu'il avait des blessures sur les parties visibles de son corps, celles-ci disparaissaient entièrement. C'est seulement lorsqu'il se rendit compte que son œil avait été entièrement régénéré là où après son accident ne se trouvait qu'un globe oculaire à moitié détruit. Il comprit donc que sa magie s'était cette fois-ci concentré sur ce qu'il aurait souhaité, soit conserver ce regard hétéromorphe qui le rendait unique.
S'apercevant que son neveu avait cessé de rire comme un dément, Vernon jeta Harry dans la baignoire et fit couler l'eau sur son frêle corps afin de retirer toute la saleté et la poussière de son corps. Pour la première fois depuis… très longtemps, Harry eut le droit d'utiliser de l'eau chaude. À la vue du corps de l'enfant, Vernon jura. Il avait oublié de le nourrir cette semaine, et dire que son client viendrait la semaine suivante. Il avait dit qu'il les aimait maigre, pas anorexique. Il n'aura pas le temps de faire grossir Harry d'ici là. Il lui donnerait au moins de l'énergie en le nourrissant convenablement.
L'homme souleva le gamin et le plaqua contre un mur. Il sortit ensuite un mètre et mesura Harry, puis le plaça sur la balance. Il retint un nouveau juron. Harry dépassait à peine le mètre et n'atteignait pas les vingt kilos. Autant dire qu'il était largement en-dessous de la moyenne, que ce soit pour la taille ou le poids. Tant pis, ce n'était qu'un détail, son client n'aura cas le faire grossir plus tard. Vernon prit un petit appareil photo qu'il avait posé sur l'étagère au-dessus du lavabo et prit cinq photographies de l'enfant, quatre où il apparaissait en entier sur chacun de ses profils et une où on ne voyait que son visage de face.
Vernon souleva ensuite l'enfant du sol et le plaça sous son bras. Il jeta Harry dans la deuxième chambre de son fils, vidée et rangée pour l'occasion, se précipita dans la cuisine et y prit divers aliments, allant des fruits à la charcuterie en passant par des sucreries, puis les lança sur le sol de la petite chambre.
«Je veux que d'ici huit jours tu sois en pleine forme. Pétunia te cherchera mercredi prochain pour que tu puisses te préparer et faire à manger.» Et sur ses mystérieuses paroles, Vernon claqua la porte et retourna dans le salon.
Harry contempla la chambre tout en entamant grignotant un carreau de chocolat, il comprenait mieux pourquoi son cousin en dévorait toute la journée. Lorsque ses yeux tombèrent sur une horloge accrocher sur un mur. Il apprit qu'il était dix-huit heures seize et le calendrier posé sur la table de nuit qu'il était mardi vingt mai 1987. Après quelques instants de réflexion, Harry vint à la conclusion qu'il avait vécu soixante-treize jours dans cette horrible cave. De plus, le comportement de son oncle était des plus étrange. Il allait se passer quelque chose dans peu de temps et il n'avait pas hâte d'y être.
Lorsque sa tante vint le chercher, Harry remercia sa magie d'accroître son énergie. Pétunia lui annonça que c'était son jour de chance puisque Vernon recevait des invités le soir même et que par conséquence, il devrait être présentable. Elle le traîna jusqu'à la salle de bain et jeta des vêtements propres à ses pieds.
- Tu as vingt minutes pour être impeccable. Ensuite tu commenceras le repas. Dudley et moi mangeons dehors. Puis, elle claqua la porte et laissa l'enfant seul.
Harry fut surpris d'avoir une nouvelle fois l'occasion de profiter d'une douche chaude. Il profita une bonne dizaine de minutes du jet d'eau coulant sur son corps aminci et ses cheveux gras. Sans couper l'arrivée d'eau, l'enfant s'étala du shampoing un peu partout sans oublier de bien frotter son crâne. Ce fut seulement après avoir au moins passé sa main une dizaine de fois dans ses cheveux qu'il réalisa que ces derniers avaient été rasés. Ne voulant pas s'attarder sur cela, l'enfant se rinça rapidement et enroula une serviette moelleuse autour de lui. Autant de gentilles attentions de la part des Dursley ne pouvaient signifier qu'une seule chose, un malheur était proche.
Une fois sécher, il prit le temps de se contempler quelques instants devant le miroir. Avant, il avait des cheveux incoiffable noir de jais, désormais, sa tignasse était entièrement tondue à seulement quelques millimètres de son crâne. Ses yeux hétérochromes ne reflétaient plus une seule émotion à part peut-être un peu de folie, cependant selon lui il avait bien plus le regard d'un cadavre que d'un fou. Son petit corps à la peau légèrement halée à force de travail à l'extérieur était redevenu d'une pâleur maladive à cause de son enfermement forcé. Sa peau était recouverte de cicatrice et d'ecchymoses.
Mais ce qu'il n'arrivait pas à lâcher des yeux étaient la partie droite de son visage barré par plusieurs cicatrices. Heureusement qu'il guérissait vite et que la peau avait le même état que s'il c'était écoulée quelques années depuis l'accident. Cependant Harry soupçonnait également que certaines d'entre elles étaient aussi dû à un ou deux coups de ceintures mal placés. En plus de celle déjà présente sur son front depuis plusieurs années, une nouvelle cicatrice barrait son œil à la verticale en son centre. Une autre commençait juste avant son oreille et formait un arc de cercle jusqu'à son menton tout en passant par ses lèvres. Et enfin, les deux dernières balafres coupaient le haut de la précédente en de courtes perpendiculaires.
Le garçon soupira avant d'enfiler son jolie costume vert bouteille qui était, pour une fois en bon état et à sa taille. C'est donc exactement dix minutes plus tard que Harry se présenta dans la cuisine et lut le papier que sa tante lui avait laisser. Ça sera donc des petits œufs cocotte au foie gras en entrée, du homard au champagne en plat principal et une Pavlova en dessert.
Mais le plus surprenant était les quantités d'ingrédients par plat, c'était des doses pour un humain normale, pas pour un Dursley ! Et surtout, il participerait à ce repas alors que son cousin et sa tante non. Son mauvais présentiment ne faisait que s'intensifier.
C'est donc à dix-neuf heures tapantes que son oncle se présenta devant lui accompagner d'un autre homme. Celui-ci était grand, le crâne rasé, portait un costard noir qui cachait quelques rondeurs et devait avoir dans la trentaine. Il se présenta en tant que Gambino Rosso.
Les deux hommes rigolèrent, discutèrent parfois affaire et d'autre fois de femmes, c'est donc dans l'incompréhension la plus totale de la raison de sa présence à cette table que le petit garçon déposa les desserts devant les adultes et entama rapidement le sein. Il n'avait pas l'habitude de manger à sa fin, alors Harry en profitait pour se remplir le ventre. Mais soudain, l'ambiance changea du tout au tout et les deux hommes prirent un air sérieux.
- Il me semble, Vernon que nous avons un contrat de quatre ans à signer. À peine sa phrase terminée que Rosso sortit un tas de feuille de son sac posé à ses pieds et les tendit à l'autre homme.
Vernon prit soin de lire chaque page et signa en bas de chacune d'entre elles. Lorsqu'il rendit les papiers signer à Gambino, un sourire sadique apparu sur les visages des deux adultes.
- D'après l'une de vos clauses, vous souhaiter tester la marchandise avant de partir. J'ai une chambre à l'étage qui sera parfaite pour vous. Garçon, va dans la chambre d'ami.
Et pendant que Harry sortit de table, celui-ci comprit. Il comprit la raison de sa présence, de celle de l'autre homme et de l'absence de Dudley et de Pétunia. Ce gros porc qui lui servait d'oncle venait de le vendre à quelqu'un. Il ne voulait pas savoir ce que signifiait tester la marchandise, bien qu'il en ait une petite idée.
Mais alors qu'il prenait la décision de s'enfuir par la porte d'entrée lorsqu'il passerait devant, son acheteur posa une main sur son épaule. C'était comme si l'homme avait lu dans ses pensées. Plus il se rapprochait de sa chambre, plus la peur lui tiraillait l'estomac. L'impression d'être arrivé à l'abattoir envahit son esprit lorsque l'adulte referma la porte derrière aux et ferma à clé. Cependant Harry savait comment les choses de dérouleront s'il montrait de la résistance. L'homme s'énerverait, se plaindrait à son oncle et se dernier le frapperait. Et si les coups d'un Vernon normal était déjà dur à supporter, ceux d'un Vernon en colère l'était bien plus.
Alors Harry attendit que l'homme s'asseye sur le lit pour se rapprocher de lui. Il se laissa tomber à genoux devant lui et alors qu'il tendait la main pour ouvrir sa braguette, il se fit brusquement attraper le bras par l'adulte qui lui ordonna d'arrêter cela et de s'assoir sur le lit sans bouger.
«Je ne te ferai rien Harry. Je ne vais pas t'acheter ou quoi que ce soit dans le genre.»
Harry ne put s'empêcher de frissonner d'effroi en songeant à la colère qu'allait piquer son oncle lorsqu'il apprendrait cela.
«Je suis de la police. Mon boulot c'est de capturer les méchants types comme ton oncle. Alors on va attendre ici quelques minutes le temps que mes collègues arrivent. On va prendre soin de toi Harry et t'emmener loin d'ici. On te trouvera une famille aimante et tu ne subiras plus jamais tout ça, d'accord?» Le ton était posé et doux.
Pourtant Harry ne pouvait s'empêcher de se méfier. Il n'avait encore jamais rencontré d'adulte voulant lui apporter son aide, ce n'était pas normal, les monstres n'avaient pas le droit de revoir de la gentillesse. Puis il se souvint qu'il n'était pas un monstre mais un sorcier. Mais cela changeait-il réellement les choses? Il savait qu'il y a longtemps, on brûlait les sorcières à cause de leurs étranges pouvoirs. Ne sachant pas comment gérer cette situation, Harry se contenta de hausser ses épaules. Il verrait bien comment la situation allait évoluer et il verrait que faire à ce moment-là.
L'adulte semblait mal à l'aise. Il ne travaillait pas longtemps dans ce service, faisait auparavant partie de brigade des stups. Mais après sept ans de service il avait souhaité changer d'air et il commençait à le regretter. Il n'avait pour l'instant que fait deux interventions dans le cadre de la prostitution infantile et il devait avouer qu'il était beaucoup plus simple de gérer un groupe de drogués qu'un enfant traumatisé. La dernière fois il s'agissait d'une petite fille qui s'était mise à hurler et à le frapper aves ses petits bras. Ce qu'il apprit par la suite fut que ses parents lui avaient fait un lavage de cerveau et appris que la police ou toute autre institution gouvernementale voudrait lui faire du mal. Mais cette fois-ci la réaction était tout autre, le garçon se contentant de sourire dans le vide. Le policier fut soudain sorti de se pensées par la voix rocailleuse de l'enfant.
«Est-ce que je reviendrai ici?
- Non Harry. Ta tante et ton oncle seront jugés et envoyés en prison. Tu ne les reverras plus et on te trouvera une gentille famille pour s'occuper de toi.» tenta de le rassurer l'adulte.
«C'est quoi votre vrai nom? Parce que vous n'avez pas une tête à vous appeler Gambino.
- Je m'appelle Jack, Jack Doxton.» rigole le policier, ne s'insurgeant pas du ton effronté qu'avait employé le gamin.
Soudain du vacarme se fit entendre au rez-de-chaussée et cinq minutes plus tard, une voix de femme se fit entendre dans le couloir.
«Jason? Tu peux sortir, la situation est sous contrôle.»
Doxton fit signe à Harry de le suivre et ouvrit la porte de la chambre. Une fois dans le couloir, ils tombèrent sur une jolie brune qui leur demanda si tout allait bien. Puis Jack dut rejoindre ses collègues pour répondre à quelques-unes de leurs questions et éclaircirent quelques détails. La jeune femme fut laissée seule avec l'enfant et Harry compris rapidement que son rôle serait de prendre soin de lui jusqu'à ce qu'il soit confié aux services de l'enfance.
«Enchantée de te rencontrer. Moi c'est Penny, et toi?
- Harry.» Ne prenant pas attention au ton froid de l'enfant, elle continua.
«C'est très joli comme prénom. Est-ce que tu veux récupérer quelque chose dans ta chambre Harry?
- Ce n'est pas ma chambre.» annonça froidement le garçon. «J'avais des affaires dans le placard, mais je suppose que le chien de Dudley les a mangés.
- On peut aller vérifier si tu le veux.» proposa la jeune femme, un pincement au cœur faisant trembloter sa voix.
Ils descendirent les escaliers et Penny suivit calmement l'enfant. Elle écarquilla les yeux en réalisant qu'il se dirigeait vers le placard à balais sous l'escalier et fut d'autant plus horrifié en réalisant qu'était écrit à l'intérieur de la porte «La chambre d'Harry» au feutre vert. Puis elle posa ses yeux sur le contenu du petit rangement et réalisa qu'il y avait un peu partout des poils de chiens mélangé à des bouts de coussins et de couverture mâchonnée.
«Je m'en doutais.» marmonna l'enfant en posant son regard sur la couverture déchiquetée. Une expression de tristesse passa brièvement sur son visage avant de disparaître pour laisser à nouveau place à une expression de froideur.
«N'y a-t-il rien d'autre?» proposa timidement Penny. «Si cette pièce est occupée par le chien de ton cousin, c'est que tu as une autre chambre maintenant.»
L'enfant leva sur elle des yeux horrifiés sur elle, il ne voulait plus jamais retourner dans cette horrible cave. Mais il devait le faire pour rechercher les photos qu'il y avait caché.
«Si tu ne veux pas y aller, je peux aller chercher ça pour toi?» tenta-t-elle de le consoler.
Cependant l'effet ne fut pas celui escompté, au lieu de la remercier, l'enfant lui lança un regard méfiant. Jamais il ne laisserait une adulte toucher à ses affaires. De plus, les photos étant magiques, il ne pouvait pas prendre le risque qu'elle découvre sa monstruosité. Alors il lui demanda simplement si elle n'avait pas une lampe pour l'éclairer et quelque chose pour caller la porte afin qu'elle ne se referme pas. Il supposait que s'il pouvait voir à l'extérieur, alors ce ne serait pas aussi horrible.
Ne supportant pas d'entendre ses pas le suivre, Harry lui demanda de passer devant elle et ne lui tourna plus aucune fois le dos. Bien qu'elle ne le montrât pas, Penny fut peiner de découvrir encore un fois ce que pouvait faire des adultes irresponsables à un enfant innocent. Le petit garçon s'agenouilla et glissa sa main sous l'unique armoire de la pièce. Il vit du coin du regard Penny entrain de chercher l'interrupteur afin de lui fournir un peu plus de lumière.
«L'ampoule est cassée, ça ne sert à rien.» L'informa-t-il tout en fourrant les trois photos dans la poche arrière de son pantalon.
Harry sembla hésiter quelques instants avant de finalement ouvrir la porte du meuble et d'en récupérer trois boîtes. Il ouvrit la première et récupéra uniquement ce qui semblait être une lettre et quelques jetons en or. Peut-être était-ce un jeu qu'il avait eu le droit de conserver. Puis il ouvrit la seconde, fixa quelques instants son contenu avant de la refermer, ces photos là ne lui serait d'aucune utilité. Il pris en main la dernière boîte et plaça ses petites mains à l'intérieur tout en fermant brièvement ses yeux.
Ce que ne comprit pas la jeune femme, c'est qu'il usait de son don pour transformer les pages de couvertures des trois ouvrages afin que n'apparaisse plus des potions magiques ou des mots sorciers mais de simple livre de biologie et de mathématiques Moldues. Une fois tout cela fait, le garçon jeta dans la boîte la petite dizaine de pièce qu'il avait récupérer tantôt ainsi que la lettre. Il garda cependant les trois photographies sur lui.
Une fois cela fait, Harry se précipita dans les escaliers tout en bousculant Penny et s'arrêta uniquement lorsqu'il fut à nouveau au rez-de-chaussée. Il prit une grande bouffée d'air et fut finalement prit d'un fou rire. Il venait de réaliser qu'il était enfin libre. Il s'était débarrassé des Dursley, il n'aurait plus jamais mal.
Il ne se calma que lorsqu'il eût réalisé que tous les policiers le fixaient étrangement, comme s'il était fou. Mais il n'était pas fou. Non, il ne l'était pas.
