Bonjour à tous !

Je suis très heureuse de vous retrouver pour ce dix-septième chapitre !

Ce n'est pas la fin, il y a encore quelques évènements à venir, mais on s'en rapproche !

Et si vous voulez toujours plus d'Irondad et Spiderson, j'ai publié une nouvelle histoire, "Future Days", n'hésitez pas à jeter un coup d'oeil !

Bonne lecture !


De l'autre côté de la vitre, l'homme le jaugeait d'un regard mauvais. L'orage grondait au fond de ses prunelles vertes, ses traits étaient crispés par la haine.

De la haine, c'était aussi ce que ressentait Tony. Il la sentait bouillonner dans ses veines, aussi corrosive qu'un poison. Durant son existence, il avait eu l'occasion de rencontrer un certain nombre de monstres ; certains le revendiquaient, d'autres le dissimulaient derrière un visage angélique, attendant patiemment qu'il leur tourne le dos pour y planter un poignard.

Mais lui…

Cet homme n'était pas seulement un monstre. Il était l'incarnation de tout ce que Tony détestait, la matérialisation de ses pires cauchemars.

— Vous n'avez pas le droit de me garder ici, et vous le savez, siffla l'homme en pressant ses phalanges contre la vitre. C'est de l'abus de pouvoir !

— Et ce que vous avez fait à Peter ? rétorqua Tony à voix basse, surpris par son propre calme. Comment est-ce que vous appelez ce que vous lui avez fait subir ?

Le visage de James se fendit, une parodie de sourire se glissant sur ses lèvres.

— CE que je lui ai fait subir ? Quand, exactement ? Quand j'ai accepté de m'occuper de lui ? De l'éduquer ? De pourvoir à ses besoins ?

Un éclair de rage traversa le cœur de Tony. Il regretta soudainement la vitre qui les séparait, dressant un écran infranchissable entre leurs visages. Les mots se bousculèrent sur ses lèvres avec une amertume qu'il ne cherchait pas à contenir :

— Vous l'avez battu, vous l'avez insulté, vous l'avez maltraité ! C'est comme ça que vous imaginez qu'on prend soin d'un enfant ?

— Et qu'est-ce que j'aurais dû faire ? riposta James en le toisant avec mépris. Le laisser s'éparpiller comme une mauvaise herbe ? Le laisser devenir un voyou ?

Il précisa, avec une pointe de moquerie qui n'échappa pas à Tony :

— Le laissez devenir comme vous, peut-être ?

Ses lèvres se retroussèrent avec dégoût :

— Vous faîtes bien ce que vous voulez avec votre fille, je ne me permets pas de vous donner des leçons, alors laissez-moi faire ce que je veux avec lui !

— Peter n'est pas votre fils !

Un ricanement dépourvu de joie sembla échapper à James :

— Ni le vôtre, M. Stark.

Tony serra les poings si fort que ses ongles lui firent mal. Il ne savait plus exactement quel sentiment l'aveuglait entre colère, haine et répugnance. Il savait seulement qu'il rêvait d'enfiler son costume, de brandir le poing vers cet homme et de lui arracher son air suffisant à grands renforts de lasers. Ou de le rôtir à la broche comme un poulet.

— Vous avez raison, ce n'est pas mon fils, répondit-il lentement, prenant soin de détacher chacun de ces mots. Ce n'est pas mon fils, mais contrairement à vous, j'éprouve du respect pour lui. Pour l'enfant qu'il est aujourd'hui, pour l'homme qu'il sera demain. Je le respecte, je l'admire, je veux l'accompagner où qu'il aille et quel que soit le chemin qu'il choisira, et jamais — jamais — je ne lui ferai volontairement du mal, ou je ne laisserai quelqu'un lui faire du mal. Jamais je ne chercherai à le changer, à le modeler à mon image, à détruire ce qu'il est pour le remplacer par une pâle copie de moi-même.

« Vous le voyez comme un objet, quelque chose que vous pouvez détruire pour le reconstruire comme vous le souhaitez, pour qu'il corresponde à vos idéaux complètement tordus. Moi, je le vois comme un être humain.

Il s'interrompit pour reprendre sa respiration, sans quitter du regard les prunelles de son interlocuteur, et desserra lentement les poings. Ses ongles avaient laissé de petites demi-lune rose pâle dans le creux de ses paumes.

De l'autre côté de la vitre, l'œil droit de James fut agité d'un léger soubresaut, mais le reste visage restait fermé. Froid. Lorsqu'il reprit la parole, sa voix était plus glaciale qu'un iceberg :

— Vous entendrez parler de mon avocat, Stark. Ce que vous faîtes, en m'enfermant au sous-sol de votre tour de merde, ça s'appelle de l'emprisonnement illégal. Vous n'avez jamais entendu parler de l'Habeas Corpus ?

— Pas plus que vous n'avez entendu parler des droits de l'enfant. Mais ne vous inquiétez pas, nous serons bientôt tous les deux à jour sur ces notions juridiques qui nous échappent. En revanche, j'ai bien peur que seul l'un d'entre nous finisse derrière les barreaux, et j'ai la conviction qu'il ne s'agira pas de moi.

— Vraiment ? Vous avez la moindre preuve contre moi, peut-être ?

Pour la première fois depuis le début de leur conversation, Tony s'autorisa un sourire sardonique.

— Parce que vous croyez que le téléphone, la montre et les lunettes que j'ai donnés à Peter n'avaient ni micro, ni caméra ? Qu'il n'y a aucun enregistrement de ce que vous avez fait ?

Le visage de James se crispa à nouveau. Un bref instant, Tony crut qu'il allait se mettre à hurler — ou abattre son poing sur la vitre —, mais il se contenta de cracher dans sa direction.

Sa salive s'écrasa dans une bouillie blanchâtre sur la cloison de verre. Un léger rictus retroussa les lèvres de Tony :

— Essayez encore, pour voir ?

— Hey, Spidey. Prêt à rentrer chez toi ?

Peter hocha la tête. Le Dr Cho avait enfin donné son feu vert pour qu'il soit libéré de l'aile médicale.

Après l'épisode dans l'appartement de James, elle avait insisté pour qu'il y reste quelques jours, bien qu'il n'ait pas eu l'impression d'avoir été spécialement malade. Il était simplement… lessivé. Vidé de ses forces. Comme si on avait planté une aiguille dans sa poitrine pour y retirer toute énergie vitale, et n'y laisser qu'un grand vide qui menaçait de se répandre dans tout son corps.

— Comment tu te sens ? demanda Tony en inspectant son visage avec attention.

Il haussa les épaules :

— Normal.

— Ta gorge ne te fait plus mal ?

— Non.

— Ta tête ?

Il fit un signe de dénégation.

Il sentait le regard de son mentor peser sur lui et il détourna le regard, embarrassé. Il se souvenait encore de leur dernière conversation, et une pointe de honte brûla son visage. Il avait crié sur Tony. Il l'avait repoussé, il avait refusé de lui parler de James. Il avait agi comme un bébé — ou comme un fou.

Son mentor devait le détester, maintenant. Être ravi de se débarrasser de lui.

— Hey, bambino ?

Son ton — davantage que le surnom affectueux — le poussa à relever légèrement les yeux. Tony l'observait avec ce mélange familier de sollicitude, d'inquiétude et de tendresse qui lui comprima le cœur.

— Je t'aime. Tu le sais, n'est-ce pas ?

L'adolescent ouvrit la bouche, mais fut incapable de lui répondre.

— Quoi qu'il se passe, quoi que tu dises, je t'aimerais toujours. Même quand tu fais ta tête de mule. Il en faut bien plus pour me décourager.

Il ajouta, avec un léger rictus en coin :

— Désolé, Spider-Baby, mais tu es définitivement coincé dans le cœur du vieil homme que je suis devenu.

Sa main métallique s'approcha de son visage, ébouriffa une mèche trop longue que James lui avait mille fois ordonné de faire couper, arguant qu'il ressemblait à un sauvage avec ses cheveux qui partaient dans tous les sens.

Il ne put s'empêcher de poser sa main par-dessus la sienne, touché au-delà des mots.

— M-moi aussi, Tony… je veux dire, euh…

Il se sentit rougir. Tony eut un sourire très doux :

— Je sais.

— Désolée de vous interrompre, mais est-ce que je peux parler à Peter, avant qu'il s'en aille ?

Tony et Peter se tournèrent d'un même geste vers l'entrée de l'aile médicale. Le Dr Cho les observait avec un léger sourire. Elle pressait un petit carnet contre sa poitrine, et Peter crut reconnaître son dossier — suffisamment épais pour caler le pied de la table branlante de la cuisine, dont les secousses faisaient toujours soupirer May.

— Je suis ravie de voir que vas mieux, ajouta-t-elle en s'approchant d'eux, accompagnée du froissement bruyant de sa blouse blanche.

— Merci, Helen. C'est grâce à vous que notre araignée adorée est en pleine forme. Bientôt, on le retrouvera perché sur le plafond, et on regretta ces moments où il était cloué au lit avec l'interdiction formelle d'en sortir, dit Tony avec un clin d'œil en direction de Peter, qui grimaça :

— Okay, là, Tony, tu commences à ressembler à un oncle gênant.

— Et encore, tu n'as rien vu !

Le Dr Cho fit mine de toussoter. Tony et Peter reportèrent aussitôt leur attention sur elle.

— Peter, j'aimerais te parler un peu de ta santé.

— De ma santé ? Répéta l'adolescent sans comprendre. Je croyais que j'étais en bonne santé !

— Et tu l'es, le rassura le Dr Cho. Mais je voulais revenir sur ces dernières semaines, et sur la perte de tes pouvoirs…

Peter se redressa les épaules, soudainement anxieux. Son inquiétude dut se lire sur son visage, car Tony s'empressa de dire :

— Doucement, Spidey, j'entends ton cœur battre d'ici. Tout va bien.

— Qu'est-ce qu'ils ont, mes pouvoirs ?

— Tony et moi avons réalisé de nouvelles analyses pour préciser la source de leur affaiblissement, et avons pu affiner nos résultats.

— Vous aviez dit que c'était à cause de l'Eclispe, dit Peter, la bouche sèche.

Le Dr Cho hocha la tête :

Peter hocha la tête, la bouche sèche.

— L'élément déclencheur a bien été l'Eclipse. Lorsque ton corps s'est désagrégé, tes pouvoirs ont tenté de te régénérer, mais d'une façon ou d'une autre, ils ont fini par… eh bien….

— Lâché l'affaire, compléta Tony.

— Lâché l'affaire ?

— S'ils avaient continué de fonctionner, ton corps aurait continué de disparaître tout en s'efforçant de reconstruire les cellules manquantes. Tu aurais été… coincé. Ni vraiment parti, ni vraiment parmi nous. Tu aurais continué de ressentir ce que tu as ressenti lorsque tu as disparu, encore, encore, et encore.

A cette idée, un frisson d'horreur dégringola le long de sa colonne vertébrale. Il se souvenait un peu trop bien des sensations qui l'avaient envahi après le claquement de doigts de Thanos, de la terreur et de la douleur qui s'étaient répandus sous sa peau, de ses tentatives désespérées de s'accrocher à Tony dans l'espoir vain de ne pas quitter le monde.

Le Dr Cho continua :

— Alors tes pouvoirs se sont… mis en veille. Ils sont revenus dès ton retour, mais à partir de cet instant, ils ont été un peu chamboulés. Lorsque tu allais bien, ils étaient là, mais lorsque tu as commencé à avoir des doutes, des sentiments négatifs, ils ont… senti que tu n'allais plus exactement bien, et ils se sont de nouveau… retirés.

Peter cilla, perdu :

— Mais… pourquoi ? Pourquoi se retirer lorsque j'avais le plus besoin d'eux ?

— Pour la même raison qu'ils se sont retirés pendant l'Eclipse. Parce qu'à cet instant, ils t'auraient fait plus de mal que de bien.

Mais Peter ne comprenait toujours pas. Ce fut Tony qui tenta de lui apporter une réponse :

— Parce que tu avais besoin d'aide, Peter. Pas de Spider-Man. Tu avais besoin d'une aide extérieure, parce qu'au fond de toi, tu avais conscience que tu ne pouvais pas affronter ces dangers seul. Le moment n'était plus de te battre, mais de prendre soin de toi.

L'adolescent secoua la tête. Il voulut protester, leur dire que leurs explications étaient impossibles, mais il se souvint brusquement des émotions qu'il avait ressenti à son retour de l'Eclipse. De sa détresse face à une New-York transformé, à une May qui avait refait sa vie, à un Tony qui avait fondé sa propre famille et déménagé à l'autre bout du pays.

Et puis il y avait eu James…

— Mais ce remède que tu m'as donné… commença-t-il. A quoi il servait, alors ? C'était juste de l'eau et du sucre ?

— Ce remède a donné un sacré coup de pouce à tes pouvoirs, mais il ne pourra pas être efficace à long terme si nous ne soignons pas directement la cause de leur perte. Sinon, ils risquent de repartir, encore et encore. Bien sûr, je préparerai autant de remèdes qu'il le faut, mais nous ne pourrons pas les utiliser éternellement.

Peter fixa le vide. Il avait l'impression d'avoir reçu une douche froide.

— Je croyais que j'étais guéri, dit-il finalement.

Il leva un regard accusateur vers Tony et le Dr Cho :

— Vous m'aviez dit que j'étais guéri !

— Et tu l'es presque, lui assura cette dernière avec gentillesse. Le remède de Tony a été efficace. Il faudrait seulement le compléter avec une autre sorte de médecine.

Peter fronça les sourcils :

— Quel genre de médecine ? De la lobotomie ? Je croyais que c'était illégal !

— Et tant que je suis en vie, personne ne trifouillera ton cerveau, Spidey, lui assura aussitôt Tony. Les trésors cachés dans tes neurones seront préservés.

— Nous pensions plutôt à une sorte de thérapie, ajouta le Dr Cho. Avec un psychiatre. Quelqu'un de sûr, qui ne te jugera pas.

Les sourcils de l'adolescent se froncèrent de plus belle. Pour lui, les thérapies étaient réservées aux héros dramatiques des séries télévisées qu'il regardait avec May, les samedis pluvieux. Pas aux super-héros qui, par définition, étaient capables de supporter toutes sortes de pression.

Il protesta :

— Je ne suis pas fou.

— Et personne ne pense que tu l'es. Ceci dit, même si tu l'étais, ce ne serait pas un défaut, répliqua calmement Tony. Nous pensons seulement qu'après ce que tu as traversé…

— Je n'ai rien traversé !

— … Après ce que tu as traversé, tu en aurais besoin.

— Nous en avons également préconisé une à ta tante, dit le Dr Cho. Nous lui avons recommandé une personne de confiance.

La surprise coupa momentanément la parole à Peter. Ce fut Tony qui répondit à la question qui brûlait ses lèvres :

— Elle a effectivement refusé… Pour la simple et bonne raison qu'elle avait déjà pris un rendez-vous de son côté. Mais elle nous a chaleureusement remercié pour notre proposition.

Ces paroles eurent le mérite de déverrouiller sa langue :

— May va faire une thérapie ? A cause de moi ?

— A cause de James, à cause de l'Eclipse, à cause de tout ce qu'elle a traversé. Ce n'est pas à cause de toi, Peter, c'est à cause des évènements de la vie que nous sommes tous incapables de contrôler. Nous te conseillons simplement d'en faire de même.

Peter se mordit la langue, n'ayant plus rien à répliquer.

— Nous ne te forçons à rien, Pete. Si tu refuses, je te promets que nous n'insisterons pas lourdement.

— Mais réfléchis-y. Et quelle que soit ta réponse, tu auras toujours le droit de changer d'avis.

Il soupira, puis hocha la tête, vaincu.

— Okay… je vais y réfléchir, concéda-t-il en fixant ses paumes, comme si la réponse à toutes ses interrogations étaient gravés dans les lignes de ses mains.

Tony et le Dr Cho eurent chacun sourire compatissant.

"Super Spider" a ajouté "Super Tony" et "Super Happy" à la conversation.

Super Happy : Qu'est-ce que c'est que ces noms ?

Super Tony : Hey, Baby Spider. Jolie photo de profil ;)

Super Spider : SUPER Spider ! Je m'appelle SUPER Spider ! è_é

Super Tony : Spider-Man n'était pas suffisant ?

Super Spider : Je dois entretenir mon anonymat ! è_é

Super Happy : Comment tu as fait pour modifier nos noms ?

Super Tony : Tu n'es pas censé être chef de la sécurité, Hap ?

Super Spider : Héhé :D

Super Happy : Réponds-moi, Peter !

Super Spider : CHUUUT ! Ne dis surtout pas mon vrai nom, imprudent, où mes ennemis pourraient me retrouver ! è_é

Super Happy : …

Super Tony : …

Super Spider : Bon

Super Spider : Maintenant que nous sommes tous réunis…

Super Tony : Tu sais que je suis littéralement dans la pièce d'à côté ?

Super Spider : MAINTENANT QUE NOUS SOMMES TOUS RÉUNIS…

Super Happy : Ok ok

Super Tony : On t'écoute Baby Boy

Super Spider : Je voulais juste vous dire…

Super Spider : Euh…

Super Spider : Merci.

Super Spider : Merci pour tout ce que vous avez fait. Pour m'avoir aidé. Pour avoir été là pour moi.

Super Spider : Pour m'avoir sauvé de J.

Super Spider : Merci merci merci.

Super Spider : *coeur*

Super Tony : Oh…

Super Tony : Attends, je change de pièce

Super Tony : Ton oncle gênant préféré a soudainement envie de te serrer dans ses bras

Super Spider : :)

Super Happy : Ce qu'on a fait est normal. On prendra toujours soin de toi, Peter.

Super Spider : Merci Hap

Super Spider : Et N'ÉCRIS PAS MON NOM !